Une cassette maxi-single de Tropical Fuck Storm paraîtra ce 26 août. Son titre ? « Mooburn ». En attendant le combo australien nous propose un extrait, sous la forme de single, en l’occurrence une reprise de « Ann » des Stooges. C’est la bassiste Fiona…

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« Misneach », c’est le titre du troisième album du groupe irlandais Tau & the Drones of Praise. Après « Tau Tau Tau » en 2016 et « Tau & the Drones of Praise » en 2019, ainsi que l’Ep « Seanóirí Naofa, » il s’agit d’une nouvelle étape dans la vision folk de…

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dimanche, 07 août 2022 07:56

Giant Palm

Née à Glastonbury d’un père brésilien et d’une mère grecque, Naima Bock, mieux connue sous le pseudonyme Naima Jelly lorsqu’elle militait au sein de la formation de post-punk anglaise Goat Girl, a décidé, sur ce premier opus solo, de rendre hommage au Brésil, pays où elle a passé une partie de son enfance. Mais aussi au folk britannique. A l’instar de « Tou ». A cause des arrangements et puis du timbre de voix qui évoquent Nick Drake.

Pour la bossa nova brésilienne, elle s’inspire de légendes telles que Veloso, Joao Gilberto, Tom Jobim ou encore Vinicius de Moraes dont elle reprend « O Morro ».

Vu la participation d’une trentaine de musiciens, dont de nombreux cuivres sur les excellents « Working » et « Campervan » et de la clarinette pour « Natural »), l’instrumentation est étoffée, diversifiée, mais parfaitement dosée.

Lors des sessions, elle a bénéficié du studio de Dan Carey (Fontaine D.C, Squid, Black Midi et Goat Girl) à Londres et, derrière les manettes, elle a pu compter sur Syd Kemp (Thurston Moore, Sinead O’Brien, Spiritualized, …) Et c’est Joel Burton qui s’est chargé des éléments synthétiques et électroniques.

L’expression sonore de Naima puise dans la famille, la terre et la transmission de la musique de génération en génération.

« Giant Palm » est un album riche qui nécessite plusieurs écoutes avant que les mélodies se dévoilent. Le songwriting de Naima Bock est original et se démarque clairement de ses contemporaines.

dimanche, 07 août 2022 07:52

Ramon

Il y a quelques années qu’on avait plus entendu parler de Caleb Nichols. La dernière fois, c’était en 2009, lors de la sortie du dernier album de Port O’Brien, groupe au sein duquel il se consacrait à la basse. Depuis lors, après s’être lancé dans des études de littérature américaine, il a enseigné et travaillé dans une librairie. A côté de ces activités, il n’a cessé de publier des poèmes et autres écrits engagés qui ont reçu un accueil favorable.

Le Californien revient donc à la musique en proposant son premier elpee solo, paru chez le label mythique Kill Rock Stars. Sur « Ramon » qu’il qualifie d’‘opera queer rock’, Nichols raconte ses aventures de figure queer, porte-drapeau de la scène LGBT californienne à travers les personnages de Mean Mr.Mustard et de sa sœur Polythene Pam. Joli clin d’œil aux Fab Four ! C’est d’ailleurs un fan des Beatles ; ainsi ses chansons sont manifestement hantées par McCartney. Mais aussi Elliott Smith. Le premier pour la voix. Le second pour le style folk/rock DIY. « Ramon » et « Listen to the Beatles », en sont certainement les plus belles illustrations. Encore que sur « Dog days », c’est le spectre de l’illustre Daniel Johnston qui se met à planer.

Impossible de rester de marbre à l’écoute des mélodies particulièrement efficaces torchées par Nichols, a l’instar de l’incroyable « Run Rabbit Run ».

Enfin, tout au long de cet opus, il a le bon goût d’alterner ballades acoustiques (« Captain Custard ») et plages plus rock (« She’s the Beard »).

Une œuvre qui mérite de figurer auprès de la discographie d’Elliott Smith sur Kill Rock Star…

dimanche, 24 juillet 2022 15:54

Big Time

En quelques années, Angel Olsen a complètement changé de statut. Après avoir été choriste auprès de Bonny Prince Billy, la native de Saint-Louis a décidé de se lancer dans une carrière solo. Depuis, elle a publié six albums (partagé entre compositions personnelles et reprises). Son premier, « Half Way Home », est paru en 2012. Intitulé « Burn Your Fire For No Witness », le deuxième émargeait au folk rock. Un style qu’elle va embrasser jusqu’en 2019, moment choisi pour se plonger dans la dream pop aux accents 80’s, en gravant « All Miror ».

Tout au long de « Big Time », Angel explore le terroir américain en revisitant la country. Riche et soignée, l’instrumentation (lap steel, cuivres, orgue, …) met bien en exergue la magnifique voix d’Olsen. A l’instar des superbes « All The Good Times » et « Right Now ». Certaines plages sont propices à l’introspection. Une compo comme « Big Times » a été marquée par son ‘coming out’ et le décès de ses parents. Et des morceaux tels que « Ghost on » ou « All the Flowers » baignent au sein d’un climat particulièrement mélancolique.

A 35 ans, Angle Olsen est devenue une des songwritrices les plus talentueuses de sa génération…

dimanche, 24 juillet 2022 15:49

Love on my Mind (Ep)

A l’origine, soit en 2001, cette formation répondait au patronyme de 23jinx. C’est dès 2007 qu’elle décide de le changer en Bambara. Et depuis, sa musique est en évolution constante. Originaire de Géorgie, le band s’est cependant établi à Brooklyn, en 2013.

Enregistré dans l’appartement d’un des musicos, le tout premier elpee, « Dreamviolence », était naturellement lo-fi. Le deuxième, « Swarm », devait se distinguer par ses sonorités abrasives et distordues de guitare (NDR : c’est sous cette forme qu’avaient été enregistrées les démos initiales) ; mais suite au vol de l’ordinateur contenant les pistes de cet LP, la version finale se révèlera moins décapante. Le combo a ensuite gravé un Ep expérimental de bruit pur intitulé « Night Chimes », en août 2015.

Sorti en 2018, « Shadow on Everything » développait un post-punk aux accents noise et aux rythmiques sémillantes. Deux ans plus tard, « Stay » adoptait un ton plus cool tout en s’ouvrant au country & western. Ce qui a permis au combo d’acquérir une certaine notoriété et d’assurer la première partie de la tournée européenne d’Idles.

Nouvel Ep, « Love on my Mind » poursuit la métamorphose, même si l’expression sonore continue de baigner dans le post punk. Un post punk ténébreux qui marche sur les traces d’un Nick Cave voire de Swans. Lors des sessions, le trio drivé par les frangins Bateh et William Brookshire a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord aux vocaux. Soit Bria Salmena et Drew Citron. La première avait assuré les chœurs pour Orville Peck ; mais c’est surtout la moitié du duo Bria. La seconde a milité ou milite encore au sein du backing group de Frankie Rose, de The Pains Of Being Pure At Heart, de Bervely, de Public Practice et se produit même en solo. Enfin, Jason Disu et Jeff Tobias (Sunwatchers) se chargent respectivement du trombone et du saxophone.

Ecorchée et reconnaissable entre mille, la voix de Bateh est susceptible de vous flaquer des frissons partout. Etincelantes et précises, les sonorités de gratte semblent extraites d’une B.O. pour ‘western spaghetti’. Enfin, les compos imprimées sur un low tempo prennent le temps d’installer l’ambiance tout en s’autorisant quelques fameux crescendos.

Les six titres sont particulièrement réussis. De quoi espérer la sortie prochaine d’un nouvel elpee…

mardi, 12 juillet 2022 15:49

Texas Moon

Deux années après avoir ouvert la voie à leur collaboration, Khruangbin est de retour en compagnie de Leon Bridges. Pour la circonstance, les Texans ont également embarqué Austin Jenkins dans l’aventure, un guitariste, chanteur, compositeur, producteur qui a régulièrement apporté son concours à White Denim. 

Alors que « Texas Sun », le premier elpee de Khruangbin & Leon Bridges, se distinguait par ses plages ensoleillées, voire enjouées, « Texas moon » nous propose la face cachée de son astre sonore. Un Ep qui se révèle bien plus mélancolique et paisible. Quatre pistes sur les cinq baignent ainsi au sein de ce climat. Seul « B-Sides » élève légèrement le tempo.  

Mais malgré ce changement d’atmosphère, le style de Khruangbin est toujours aussi facilement identifiable, à cause de cette basse caoutchouteuse et de cette ligne de guitare funk/psyché. Sans oublier la voix soul de Leon Bridges qui colle toujours bien à la musique, qu’elle soit bien ou mal lunée…

On regrettera cependant que le fruit de cette nouvelle coopération se soit limitée à un Ep et pas un véritable elpee. 22 minutes, c’est un peu court pour s’imprégner de l’ambiance ! 

jeudi, 07 juillet 2022 08:36

Crease

Vicky Mettle, alias Kee Avil, n’est clairement pas l’artiste la plus notoire du mythique label montréalais Constellation. Elle appartient à cette catégorie d’artistes expérimentaux qui gravitent autour de locomotives telles que Gospeed You ! Black Emperor ou A Silver Mount Zion. Pourtant, la jeune guitariste et productrice est parvenue à se forger un nom au sein de la scène locale, notamment grâce à un premier Ep paru en 2018. Ce qui lui a permis de jouer en compagnie de Land of Kush et d’assurer les premières parties de Pere Ubu, Marc Ribot ou encore Suuns.

« Crease » constitue son premier album. L’univers de Kee Avil se distingue par son originalité, car tout en se révélant expérimental, il s’avère accessible. Un challenge plutôt difficile à accomplir, il faut le reconnaître. Le spectre d‘influences de la Canadienne est plutôt large. Du moins sur cet opus. Parmi les plus marquantes, on citera Fiona Apple, Juana Molina, Gastr Del Sol et même Björk. Enfin, c’est ce que l’artiste a déclaré.

Elle chante ou plus exactement chuchote, en se servant d’une gratte électro-acoustique. Son jeu de guitare est atypique, intuitif, tout en nuance et délicatesse. Minimaliste, sa musique est subtilement teintée d’électronique. Mais manifestement, le climat qui règne tout au long de cet elpee n’est clairement pas propice à la joie. De ses compos, il émane même une forme de mal-être ; un peu comme chez Jenny Hval.

En outre, plusieurs écoutes de cet LP sont nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner. Et même si l’atmosphère qui y règne est manifestement sombre, sa singularité mérite une attention particulière...

mardi, 28 juin 2022 16:58

The Fellowship

Ce compositeur et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir posé ses lignes de saxophone au sein de groupes d’envergure tels que War on Drugs ou Destroyer. Joseph Shabason s’est cependant lancé dans une carrière solo, en 2020. « The Fellowship » constitue déjà son 3ème opus.

Partagé en huit morceaux, cet album est plutôt difficile d’accès. A la limite, il est même inaccessible. Pour l’apprécier, il faut être réceptif à ce type de jazz-electronica expérimental. En tirant parti essentiellement de claviers, Joseph Shabason exécute une musique contemplative. Aucune place n’est laissée aux mélodies. Et lorsqu’on pense être parvenu à repérer un fil conducteur, l’artiste prend plaisir à injecter des bruitages ou des sonorités instrumentales parasitaires, à l’instar de « 13-15 » …

Difficile dans ces conditions de réellement s’accrocher à « The Fellowship ». Hormis la plage finale (« So Long ») qui, nonobstant son tempo lent, se distingue par sa rythmique et d’élégantes notes de saxophone jazzyfiantes, il faut bien avouer que l’écoute de cet elpee est loin d’être une partie de plaisir…

jeudi, 16 juin 2022 09:57

Nicotine Bunker

Dès les premiers accords de « Nicotine Bunker », on se doute que Freyr nous vient des pays nordiques. Intimiste et minimaliste, sa musique évoque son climat polaire, ses terres arctiques, sa banquise, sa taïga, sa toundra mais aussi ses fjords…

Pas étonnant, puisque Freyr Flodgren est suédo-islandais. Avant d’entamer une carrière en solitaire, il a composé des B.O. pour spots publicitaires, jeux et séries télé.

« Nicotine Bunker » constitue son deuxième opus. En pimentant son folk de condiments soul, il marche sur les traces de Nick Drake, de Bon Iver (« Permission to Lose ») voire de Sufjan Stevens (« Nicotine Bunker »). Les huit morceaux de cet album glissent comme un traineau sur la neige. Ils nous bercent et même finissent par nous apaiser. Une œuvre à écouter au coin d’un feu de bois, lorsqu’il fait grand froid…

 

lundi, 16 mai 2022 08:46

Tindouf

Fondé en 2015, à Bologne, Savana Funk est né de la rencontre entre l’Italien Aldo Betto (guitare), l’Anglais Blake C.S Franchetto (basse) et le Marocain Youssef Ait Bouazza (drums). Ils décident alors de développer un style original, en agrégeant musique touarègue, funk, blues, rock, psychédélisme et jazz. Mais il faut attendre 2018, pour qu’ils optent officiellement pour le patronyme Savana Funk.

« Tindouf » constitue son second LP. En empruntant le nom de cette ville algérienne située ne plein désert qui accueille un vaste camp de réfugiés, le band a voulu rendre hommage à toutes les victimes de l’immigration.

Sur ce nouvel opus, le trio a reçu le concours de quelques invités. Aux claviers, Nicola Peruch donne de l’épaisseur au son. Elena Majoni au violon et Gianluca Petrella au violon apportent également leur collaboration. Tout au long des huit plages ce long playing, Savana Funk parvient à créer un lien entre les différentes cultures, tout en démontrant la richesse du métissage… 

Cet album alterne morceaux énergiques et caoutchouteux (« Fuga da Gorée », « Il ghepardo ») et pistes atmosphériques (« Afromoon », « Kiki »). Pas de longs exercices expérimentaux cependant, Savana Funk ayant plutôt choisi de nous séduire à l’aide de son expression sonore fouillée mais toujours accessible…

samedi, 30 avril 2022 09:11

Head of Roses

Jennifer Lynn Wasner est à la tête de deux projets (un troisième baptisé Dungeonesse, auquel participait John Ehrens, semble abandonné, pour l’instant). Tout d’abord, son principal, Wye Oak, en compagnie d’Andy Stack, dont le dernier elpee remonte déjà à trois ans. Puis un solo, qu’elle a réactivé, au cours de la pandémie et pour lequel elle est choisi comme patronyme, Flock of Dimes, dont le premier opus, « If You See Me, Say Yes » remonte à 2016.  

« If You See Me, Say Yes » constitue son second et il est paru chez Sub Pop.

Lors des sessions, l’Américaine a reçu le concours de toute une belle brochette d’invités dont Matt McCaughan derrière les fûts (notamment auprès de Bon Iver), Nick Sanborn à la production et aux synthés (moitié de Sylvian Esso) et encore Meg Duffy à la guitare (il milite au sein du band de Kevin Morby mais également chez Hands Habbit). Parcimonieuses, les orchestrations sont particulièrement léchées. La voix et le lyrisme de l’artiste font le reste.

Si « Head of Roses » fait la part belle aux guitares, on y rencontre également des éléments synthétiques, mais savamment dosés. L’œuvre alterne les climats malgré le ton ténébreux et des compos aux accents pop clairement définis. Ainsi, « Price of Blue » s’avère dense et entraînant tandis que « Walking » et « Lightning » se révèlent davantage minimalistes et introspectifs. On épinglera également le cotonneux « No Question », traversé par une magnifique intervention jazzy au saxophone ou encore le plus folk « Awake for the Sunrise ». 

Un album intimiste au cours duquel la songwritrice parvient à nous émouvoir…

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