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Pierre Vangilbergen

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mardi, 08 décembre 2015 21:21

Trivium se sépare de son batteur

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Trivium a annoncé s'être séparé d'un commun accord de son batteur Mat Madiro. "Créativement parlant, nous avons senti qu'un changement devait avoir lieu. Chaque changement, chaque décision difficile ainsi toute évolution que le groupe a décidé de prendre, ou a été forcé de prendre, a toujours été nécessaire afin que le band  puisse continuer de fonctionner. Ce qui se passe en coulisses, et ce qui implique donc directement les membres de Trivium, n'est pas toujours visible de là où se trouvent nos fans", a expliqué le groupe.
 
Ne perdant pas leur temps, les Américains ont d'ores et déjà annoncé le nom du remplaçant de Mat Madiro, chaudement recommandé par Mike Mangini (Dream Theater). Il s'agit de Paul Wandtke (Rock of Ages, Kill Hannah), musicien peu connu, mais qui a déjà pu faire connaissance avec le public de Trivium lors de son premier show avec le band, le 24 octobre dernier au Knotfest (Californie).
 
 

Bravant héroïquement le niveau trois d’alerte terroriste, le public belge s’est déchaîné corps et âme, suite à l’appel des furieux Mass Hysteria. Leur « Matière Noire » sous le bras (NDR : 8ème LP studio fraîchement sorti le 23 octobre dernier), les Français n’ont pas failli à leur réputation : ils ont mis le feu. Retour sur cette soirée liégeoise haute en sueur, décibels et autres moshpits.

Initialement programmé le samedi au Centre Culturel de Chênée, mais reporté le lendemain suite à des problèmes d’infrastructure, c’est finalement en plein cœur de Liège que s’est déroulé le show. Un changement de date qui a malheureusement évincé les Stoners de Deep Show, de l’affiche. Dommage ! C’est par ailleurs un choix cornélien qu’ont dû poser les Metalleux de Belgique en cette soirée pluvieuse : Sylosis/Children of Bodom à Courtrai ou Libertas Gentes/Mass Hysteria à Liège ? Quoi qu’il en soit, dans le Nord du pays, bon nombre d’aficionados ont visiblement bravé le crachin national afin de remplir comme il se doit la petite salle du Reflektor. En témoignent le niveau de chaleur et le taux d’humidité rapidement atteints entre ces quatre murs ; d’ailleurs on n’était pas très loin du sold out. Autre constat : en vingt-deux années d’existence, Mass Hysteria a pu toucher quelques générations, rameutant désormais autant de tempes grises que des plus jeunes en crise. Autant dire un public aux tranches d’âge variées, les old school de l’époque du « Bien-être et la Paix » rejoignant les nouvelles recrues fraîchement contaminées par la « Matière Noire ».

Tout brasier nécessitant toujours une étincelle, c’est aux Liégeois de Libertas Gentes qu’est confiée la lourde tâche de l’allumer. Un pari audacieux, vu le style proposé, soit un Hip-Hop doublé d’une carapace de Rock dur au sein duquel militent les musiciens. Outre quelques inconditionnels acquis à leur cause et donc réceptifs dès les premiers riffs, les spectateurs, d’abord perplexes et sur la défensive, vont se laisser progressivement emporter par le flow enivrant du quintet. Affichant un certain charisme, le duo vocal formé par Mangouste et Alihyene va même réussir à arracher à la fosse quelques pogos et levées de bras au rythme de leurs morceaux. Une bonne entrée en matière, pourtant pas gagnée d’avance.

A peine le temps d’aller se rafraîchir qu’un grand backdrop (de la largeur de la salle !) est déplié à l’arrière de la stage. Le logo de Mass Hysteria envahit désormais cet espace, seul et unique artifice visuel du groupe. Après quelques vérifications usuelles des instruments, les lumières s’éteignent enfin. L’auditoire commence à vociférer. Le thermomètre grimpe encore de quelques degrés. Sans doute stressé par le bruit d’un incessant tic-tac, l’assistance, impatiente, finit par applaudir. Baguettes en l’air, Raphaël Mercier, acclamé par la foule, prend place derrière son kit de batterie. Yann Heurtaux, guitariste des premiers jours, déboule à son tour sur l’estrade, son impressionnante carrure dominant le panorama, suivi de près par Vince Mercier à la basse et Frédéric Duquesne à la seconde gratte. L’occasion pour ce dernier de se présenter (NDR : il remplace Nicolas Sarrouy, qui a quitté le combo cet été). Une présentation cependant toute relative, car Frédéric est loin d’être un inconnu de la scène Rock/Metal, puisqu’il sévit encore chez Bukowski, après s’être forgé une belle expérience chez Watcha et Empyr.

Deuxième salve de clameurs lorsque déboule finalement Mouss Kelai, frontman charismatique du band, agrippant le pied de son micro et le brandissant vers la fosse, procurant aux badauds l’opportunité d’expulser vocalement la tension contenue jusqu’alors. ‘Bonsoir Liège ! Oufti !’ braille-t-il sous les hurlements et les premiers riffs de « Tout doit disparaître ». La course folle est lancée, il n’en faut pas moins pour faire jumper le peuple, déjà acquis à sa cause avant même qu’une note n’ait pu résonner.

On peut résumer la prestation de ce soir à une heure et demie de folie. Il faut dire aussi que la setlist était explosive : « World on Fire », « P4 », « Pulsion » ou encore « Une somme de détails », autant de titres qui ne peuvent que communiquer la fièvre au sein du public local. Confiant en coulisse qu’il se sentait un peu grippé, Mouss paraît néanmoins en belle forme ce dimanche, peut-être revigoré par ces quelques verres de vin chaud avalés juste avant sur la place de la Cité Ardente... Fidèle à lui-même –y compris quelques cafouillages concédés de temps à autre dans les paroles– le frontman est parvenu à maintenir cette tension frénétique tout au long des vingt titres du set. Le public, déchaîné, ne cesse de se lancer dans des pogos ou de monter sur le podium afin de se relancer aussitôt dans la foule. Problème : il n’y a qu’une cinquantaine de centimètres entre les barrières Nadar et la scène. Impossible de s’en rendre compte dans l’obscurité. Conclusion, les acrobaties provoquent rapidement de multiples éraflures et/ou chutes. Sans compter les quelques stage divings ratés, finissant dès lors tête la première sur un sol maculé de bière. ‘Oh mec, ça va ?’ lance Mouss à un fan fraîchement tombé. ‘Ah merde, tu saignes de la tête ! Y a des secours ici ?’, poursuit-il, précédé de Vince, le bassiste, ôtant son t-shirt afin d’en faire un bandage de premier secours. Mais plus de peur que de mal, et l’alcool aidant peut-être, l’éclopé semble plutôt bien s’en sortir. Ambiance, je vous le disais.

Cette soirée constitue également l’occasion de découvrir quelques nouvelles cartouches issues de « Matière Noire ». En veux-tu, en voilà : plus d’un tiers du show lui sera consacré. Et quel bonheur ! Ces dernières compositions, interprétées en live, dévoilent dès lors tout leur potentiel de puissance. « Chiens de la casse », morceau d’ouverture du dernier album, explose littéralement, stimulé par une batterie se muant pour l’occasion en un rouleau compresseur corrosif. Vous avez survécu ? Tant mieux, vous reprendrez donc bien une ou deux bonnes claques. Elles seront assénées par « Vae Soli » et « Vector Equilibrium » ! Une soirée forte en émotions, où l’exutoire et le déchaînement ont néanmoins fait place nette au recueillement après quelques morceaux. ‘Nous dédions ce morceau à toutes les victimes du vendredi 13. A Paris, à tous nos amis qui s’en sont sortis ainsi qu’aux autres…’, confie Mouss, la voix chargée d’émotion. Il repose son micro sur son pied et agrippe fermement ce dernier tout au long de « L’enfer des Dieux ». Yann semble vivre chaque note qu’il tire de ses cordes de guitare  Les visages des artistes sont durs, fermés et visiblement marqués par les évènements. C’est le point levé qu’ils achèvent le morceau, ponctué d’applaudissements retenus et empreints de respect.

Après deux décennies de carrière, le band hexagonal peut se targuer d’un répertoire plutôt large. C’est par l’option old school qu’il a ce soir décidé de finaliser sa prestation. ‘On va vous jouer un morceau du siècle dernier... retour en ’99 !’ clame le chanteur avant de balancer « Contraddiciton ». Un retour dans le passé qui parvient à faire monter la température d’un nouveau cran, tout au long de « Donnez-vous la peine » et « Respect to the Dancefloor », deux plages issues du premier LP, gravé en 97, un disque composé et enregistré à Liège. Le clin d’œil méritait donc d’être souligné… Après l’hymne consacré à l’honneur des mélodies au triton, « Plus que du Metal », c’est par le sacro-saint « Furia » que Mass Hysteria met fin à sa messe hérétique. Les derniers survivants finissent à genoux. Quelle que soit l’énergie initiale, tout le monde finit lessivé par la tornade française. On vous avait prévenu : les Furieux sont des bêtes de scène et ont la fâcheuse réputation de mettre un beau boxon. Ce soir, à Liège, ils en sont sortis vainqueurs. Une fois de plus.

Setlist : Tout doit disparaître - World on Fire - Chiens de la casse - Notre complot - Une somme de détails - Babylone - L'Enfer des Dieux - Vector equilibrium - P4 - Failles - L'Archipel des pensées - Vae Soli - Tout est poison - Pulsion - Positif à bloc // Rappel : Contraddiction - Donnez-vous la peine - Respect to the Dance Floor - Plus que du métal – Furia

(Organisation : Les Fruits de la Passion - Concert Promotion ASBL)

dimanche, 22 novembre 2015 20:30

Flashing Nightmare

Après avoir publié deux albums studio, accompli une tournée en compagnie de la formation (belgo)-américaine Pro-Pain, écumé les planches du festival de Dour en 2010 et 2012, sans oublier celui du Brussels Summer Festival et du Graspop, l’an dernier, Komah n’est manifestement plus un inconnu sur la scène Metal belge. Signé chez Spinal, le quintet francophone nous propose son troisième album, « Flashing Nightmare », un disque qui pourrait furieusement lui permettre de rejoindre les incontournables heavy bands du plat pays.

Tout en teintes de noirs et de rouges, le digipack (le jewel case devient aujourd’hui une espèce en voie de disparition) affiche en couverture, un homme qui, se relevant de son fauteuil de cuir, lutte contre le téléviseur, installé devant lui, pour ne pas se faire absorber par les ondes qu’il libère, malgré un masque à gaz qui recouvre l’intégralité de son visage. L’éternelle lutte du ‘je t’aime, moi non plus’ entre l’être humain et les médias. C’est d’ailleurs par le grésillement caractéristique, très cinématique, de chaînes de télévision, que débute cet LP, avant de tailler directement dans le gras à travers un « Bullets Replaced Words » qui, comme son titre l’évoque, entame déjà ses munitions. Pas le temps de s’échauffer, le rouleau compresseur prend directement sa vitesse de croisière. Les riffs sont lourds et accrocheurs, s’autorisant quelques envolées heavy sur certains morceaux. Les parties vocales alternent entre cris rageurs et chants plus lancinants. Le drumming est ravageur, insufflant aux compositions cette vitesse et cette puissance destructrices, pondérées par des breaks ou des passages plus lents qui permettent de reprendre son souffle afin de mieux repartir en guerre.

Komah a également eu l’intelligence, depuis ses débuts, de ne pas s’enfermer dans un style particulier. Ils font du Metal, point. Une liberté à double tranchant, que seul des musiciens chevronnés peuvent se permettre s’ils veulent tirer efficacement leur épingle du jeu. Des exemples ? Komah est un groupe qui puise notamment son inspiration dans une partie du Thrash. En témoignent les riffs groovy d’ouverture de « Walking Ghosts » que Dimebag Darrell de Pantera aurait très bien pu sortir de sa gratte, il y a plus de vingt ans. Pas étonnant par ailleurs que les Belges aient choisi ce morceau pour single, incontestablement la meilleure piste de cet opus. Celui qui ne ‘headbangue’ pas à son écoute ne peut avancer que deux justifications : soit il est sourd, soit il n’a rien compris ; et il ferait alors mieux d’éjecter le cd de son lecteur.

La Belgique, terre du Hardcore, fait également sentir ses influences. A l’instar de « Buried », au cours duquel le chant en est teinté, tant en lead que lors des ‘I’m constrained / I’m detained’ prononcés lors des refrains assurés en backing vocals, où apparaissent en filigrane des traces de Sick of it All, Madball ou autre Agnostic Front. Un dernier pour la route : le dixième titre, « So Sick ». Fermez les yeux. Je vous le donne en mille : l’image de la bande à Machine Head traverse votre esprit. Et c’est une fois de plus dans ces circonstances que le savoir-faire du groupe apparaît : s’en inspirer sans se laisser submerger. Est-ce donc un hasard ou parce qu’il cherche à adresser un clin d’œil, que Leny, le vocaliste de Komah, crie en fin de morceau : ‘Yeah !! Blackened !!’ ?

En publiant ce 3ème long playing, Komah semble avoir atteint un nouveau palier, confirmant un statut en Belgique, qui devrait lui permettre –et on l’espère franchement– de franchir, dans un futur plus ou moins proche, les frontières parfois fort étanches du pays. Tous les ingrédients sont en tout cas dans la marmite, il ne reste plus qu’à traduire l’énergie contenue dans ce « Flashing Nightmare », en live, sur les planches. Guidé par la bonne étoile, le destin devrait faire le reste…

mardi, 17 novembre 2015 22:33

Avantasia : de la cover et des guests!

"Ghostlights", tel sera le titre du 7ème album d'Avantasia qui sortira le 29 janvier prochain chez Nuclear Blast. En-dehors de la (très belle!) cover de ce nouvel opus (cliquez ici pour la voir en grand), Tobias Sammet, leader du band de Metal opéra, a annoncé qu'un beau panel d'artistes figurera également sur le nouvel opus :  Dee Snider (Twisted Sister), Geoff Tate (Queensryche), Marco Hietala (Nightwish), Sharon Den Adel (Within Temptation), Michael Kiske (Helloween), Ronnie Atkins (Pretty Maids), Bob Catley (Magnum), Jorn Lande (Ark, Masterplan), Bruce Kulick (ex-Kiss), Robert Mason (Warrant), Herbie Langhans (Sinbreed), Oliver Hartmann (At Vance) and Sascha Paeth (Luca Turilli).
 
Tracklisting
  • 01. Mystery Of A Blood Red Rose
    Lead vocals: Tobias
    Lead guitar: Sascha Paeth
  • 02. Let The Storm Descend Upon You Lead
    vocals: Tobias, Jorn Lande, Ronnie Atkins, Robert Mason
    Lead guitar: Oliver Hartmann
  • 03. The Haunting
  • Lead vocals: Dee Snider, Tobias
    Lead guitar: Sascha Paeth
  • 04. Seduction Of Decay
    Lead vocals: Geoff Tate, Tobias
    Lead guitar: Sascha Paeth
  • 05. Ghostlights
    Lead vocals: Michael Kiske, Tobias, Jorn Lande
    Lead guitar: Sascha Paeth, Oliver Hartmann
  • 06. Draconian Love
    Lead vocals: Herbie Langhans, Tobias
    Lead guitar: Sascha Paeth
  • 07. Master Of The Pendulum
    Lead vocals: Marco Hietala, Tobias
    Lead guitar: Sascha Paeth
  • 08. Isle Of Evermore
    Lead vocals: Sharon Den Adel, Tobias
  •  09. Babylon Vampyres
    Lead vocals: Tobias, Robert Mason
    Lead guitar: Bruce Kulick, Oliver Hartmann, Sascha Paeth
  • 10. Lucifer
    Lead vocals: Jorn Lande, Tobias
    Lead guitar: Bruce Kulick
  • 11. Unchain The Light
    Lead vocals: Tobias, Ronnie Atkins, Michael Kiske
    Lead guitar: Sascha Paeth, Oliver Hartmann
  • 12. A Restless Heart And Obsidian Skies
    Lead vocals: Bob Catley, Tobias
    Lead guitar: Bruce Kulick

Le band n'a pas encore annoncé de passage par la Belgique. Le show le plus proche de notre pays est dès lors celui au Trianon, à Paris, le 9 mars !

 
 
Les Suédois de Therion et leur Metal symphonique seront de passage par la Belgique, le 10 janvier prochain, au Muziekodroom d'Hasselt. L'occasion de voir en live la nouvelle vocaliste du band, Chiara Malvestiti, en remplacement de Lori Lewis. Therion sera accompagnés durant cette tournée des rockers occultes de Luciferian Light Orchestra, des Mongols nomades d'Ego Fall et des Russes symphoniques d'Imperial Age. Une belle affiche internationale !
 
"On a demandé à nos fans sur Facebook ce qu'ils désiraient entendre. Des centaines de personnes ont voté et nous en sommes arrivés à la conclusion que les gens voulaient entendre nos classiques, en particulier ceux en provenance de "Secret of the Runes", "Vovin" et "Theli". On mettre donc l'accent sur ces albums. Mais certains de nos fans ont également demandé d'entendre autant des morceaux rares que particuliers que nous n'avions jamais en live auparavant. On ajoutera donc dans notre playlist certaines compositions que nous avons faites que deux ou trois fois tout au long de notre carrière", a expliqué Christofer Johnsson, chanteur, claviériste et guitariste du groupe.
 
Fans de mélodies, le rendez-vous est pris !
 
 
 
 
 
mardi, 10 novembre 2015 16:15

Matière noire

Il y a maintenant six ans, Mass Hysteria opérait un virage musical plus sombre et plus mature, en publiant l’album « Faille », virage confirmé en 2012 par un excellent « L’Armée des Ombres ». La barre était donc mise très haute, en attendant la sortie du troisième opus, mystérieusement intitulé « Matière Noire ». Pari relevé ?    

Avant toute écoute, penchons-nous sur l’artwork. Très épuré, il affiche un visage féminin quasi-intégralement recouvert d’une substance épaisse et sombre, une obscure et goudronneuse ‘matière noire’ (un détail exploité dans la version limitée de l’opus, car il est emballé dans un fourreau insérant une pochette translucide de liquide noir). Une ligne graphique qu’on retrouve tout au long du livret, réunissant les paroles des onze pistes. Inimaginable en effet que le groupe n’y insère pas ses lyrics tant Mass Hysteria symbolise autant une puissance musicale que lyrique. La verve engagée, révoltée et progressiste de Mouss, vocaliste de la formation, est en effet une des clés de la réussite du quintet français.

« Chiens de la casse », titre d’ouverture de ce huitième elpee, ouvre la brèche. Les premiers riffs, typiquement colorés Mass Hysteria, sont suivis d’une déferlante de batterie amplifiée par des effets sonores dramatiques. ‘Vous avez pris notre tolérance, pour une faiblesse ! Souffrez que votre impatience, vous blesse !’, clame vindicativement Mouss. Le doute n’a été que bref : les Français sont de retour, remontés à bloc. Une nouvelle cuvée marquée par un changement de line up à la guitare, Nicolas Sarrouy annonçant son départ l’été dernier pour vaguer vers d’autres cieux (NDR : un nouvel élan bien malheureusement terni par un grave accident, plongeant le musicien dans le coma ; oscillant entre la vie et la mort, la force de vivre a finalement pris le dessus et Nicolas est actuellement en centre de revalidation). C’est Frederic Duquesne, connu notamment pour avoir milité chez Watcha et Empyr, qui se consacre à présent à la seconde gratte. Un proche du combo, vu qu’il est également leur producteur depuis huit ans. On reste en famille.

Comme évoqué un peu plus haut, cet LP est la suite logique du précédent (et c’est tant mieux !) ; mais il recèle son lot de petites perles. En témoigne l’intervention totalement inattendue de sonorités d’harmonica sur « Vae Soli », conférant à la piste une profondeur mélancolique non négligeable. Ou encore « L’enfer des dieux », à l’architecture atypique et à l’ambiance lourde, autant musicalement parlant que par le message véhiculé, à l’éternelle relation ambivalente entre déité et humanité.

Redoutable parolier, Mouss offre une fois de plus son lot de ‘punchlines’ positives, où il tente, bien souvent avec succès, d’insuffler une énergie positive afin de sortir d’un merdier poisseux. S’extirper tant bien que mal d’une matière noire ? 

‘Je suis donc je pense. J’ai choisi la joie comme vengeance, vae soli’ ou encore ‘Soit tu votes blanc, soit tu restes à la maison, matière noire, masse manquante dans le débat, je ne vois aucun nouveau Jaurès à l’horizon, où sont les vrais hommes venus d’en bas ?’ Deux flèches décochées parmi d’autres, terminant généralement leur course au cœur de la cible.

En vingt-deux années d’existence, Mass Hysteria a pris plaisir en goûtant à différents styles. Mais le message semble à présent clair : les Français comptent plus que jamais jouer la carte du Metal. Preuve en est lors de l’hymne « Plus que du Metal ! », véritable plaidoyer pour les amateurs de la note du diable. Nul doute que ce morceau a été taillé pour être joué en live et provoquer, comme est scandé ‘L’unité dans l’ivresse…’ Car même si ce long playing constitue certainement une des plus grosses sorties cette année dans l’univers du Metal français, il sert surtout de tremplin à Mass Hysteria pour décupler en live la puissance de ses compositions. Ce n’est plus un secret pour personne : les musicos sont devenus, au fil des années, d’incontournables bêtes de scène.

Un petit bémol pour la forme ? On regrette parfois l’une ou l’autre instru un peu trop ‘foraine’, comme par exemple ce bruit de flipper sur « Vae Soli » ou cette sirène qu’on pourrait retrouver en boîte, tout au long de « L’espérance et le refus ». Mais c’est bien là un des seuls points faibles de « Matière Noire ». Une étoile de plus sur leur maillot, qui ne fait que confirmer leur aura, travaillée au corps depuis plus de deux décennies. Car outre sa capacité à envoyer généreusement des giclées d’adrénaline salvatrices, Mass Hysteria suscite la réflexion et la remise en question, tout en poussant à l’émancipation. Compte tenu du contexte sociétal actuel, cette impulsion positive est tout, sauf dérisoire.

 

jeudi, 15 octobre 2015 01:00

Deux concerts en un…

Il paraissait difficile de ne pas célébrer un quart de siècle d’existence pour Opeth. Et manifestement, la formation suédoise n’a pas lésé ses fans pour cet anniversaire : un peu moins de trois heures de concert, au cours duquel les figures de proue du Metal progressif ont tout d’abord interprété l’album « Ghost Reveries », avant de parcourir, dans un second temps, certains moments marquants de leur discographie.

La soirée n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices. Arrosée par une fine pluie d’automne, la circulation au cœur de Bruxelles tourne, ce jeudi soir, au ralenti, frôlant la paralysie à certains endroits. C’est donc tant bien que mal que votre serviteur débarque à l’Ancienne Belgique, concédant un quart d’heure de retard au compteur. Rage et colère face à une situation incontrôlable, où je ne suis apparemment pas le seul à m’être empêtré dans ce magma urbain. A peine entré dans l’AB, on entend les basses vibrer au loin. Le show a déjà commencé... Je pousse les portes de la salle, me faufile et déniche finalement une place pas trop mal située, sur la droite.

Mikael Åkerfeldt, chanteur/guitariste de la formation, est planté au milieu du podium, sobrement vêtu de noir, le visage partiellement caché par sa chevelure ondulée. Il est entouré par Fredrik Åkesson et Martín Méndez, respectivement guitariste et bassiste. Les visages sont fermés, marqués par la concentration. Derrière eux, Martin Axenrot, décentré sur la gauche, jongle entre effleurements de cymbales et martèlement de ses fûts. Car il s’agit bien là d’une des facettes incroyables de ce groupe, aussi bien capable de s’exprimer à travers des passages lents, sentimentaux et atmosphériques que dans un climat propice aux rafales de blasts et riffs dévastateurs. La plume ou l’acier, la douceur ou le rouleau compresseur, oscillant constamment de l’un à l’autre, sans ambages. Joakim Svalberg parcourt de ses doigts les deux claviers, quand il n’imprime pas le tempo à l’aide de ses percus, dissimulés derrière ses synthés.

‘Nous allons maintenant commencer le troisième morceau de Ghost Reveries’, annonce Åkerfeldt. Bonheur, je n’ai pas manqué grand-chose, bien qu’il faille reconnaître que ceux d’Opeth sont toujours assez longs. ‘Oh mince, c’est quoi le troisième morceau ? J’écoute toujours en mode shuffle avec mon iPod’, se moque ironiquement le chanteur. Ce dernier est d’ailleurs le seul à véritablement entrer en contact avec la fosse, les autres membres préférant rester en retrait, comme absorbés par leur partition. Une ambiance qui par ailleurs semble avoir contaminé les spectateurs : les mines sont fermées et toute l’attention se focalise sur les musiciens. On n’est pas loin du recueillement. En dehors de quelques zélés pour qui tout rythme est propice à se déhancher dans tous les sens, les metalheads écoutent quasi religieusement les compositions envoûtantes des Scandinaves. Des candélabres sont disposés ça et là sur l’estrade, en référence à la pochette de l’elpee à succès « Ghost Reveries », paru il y a tout juste dix ans. Les titres se succèdent naturellement, soutenus par un triptyque d’écrans situés en arrière-plan, tantôt reproduisant des illustrations proches de l’artwork de l’album en question, tantôt affichant des animations dignes d’un fond d’écran Windows des années 90. Un petit bémol pour un combo qui, pourtant, a l’habitude de soigner subtilement le visuel. ‘C’est le dernier morceau de l’album. Ne vous en faites pas, on revient après le break’, annonce Åkerfeldt en fin de set, d’une voix chaude, colorée d’un très bel accent anglais.

Une petite mousse s’impose. Non pas pour avoir spécialement crié à tue-tête en compagnie du groupe, mais bien pour savourer ce moment qui, il faut le reconnaître, est assez atypique et plutôt agréable. Non seulement il n’est pas fréquent de voir et d’écouter une formation jouer un long playing dans son intégralité ; mais qu’il poursuive ensuite par un second set composé de grands moments de son existence est tout simplement jouissif.

Les lumières de l’AB s’éteignent, ne laissant allumés que les écrans en fond, affichant le logo du band, dominé par des teintes rougeâtres. Les musicos opèrent leur retour sur l’estrade. La disposition scénique est la même, candélabres en moins. C’est par « Eternal Rains Will Come », plage issue de son dernier LP, « Pale Communion », qu’Opeth débute son périple au cœur de son quart de siècle d’existence. L’ambiance monte d’un cran ; et pour cause, les titres sélectionnés sont parfois un peu plus pêchus que ceux dispensés en première partie. Ce voyage dans le temps va nous ramener en 2001, pour l’explosif « The Leper Affinity ». S’ensuivent « To Rid the Disease », « I Feel the Dark », « Voice of Treason » et « Master’s Apprentices ». Les intermèdes entre les compos sont parfois un peu particuliers, l’auditoire sollicitant certaines chansons et Åkerfeldt acceptant de jouer le jeu en interprétant la première partie de ces titres, en totale improvisation, suivi tant bien que mal par le reste de la troupe. Des moments de bonne humeur et d’échanges sincères entre le quintet et ses fans ; le frontman se fourvoyant quelquefois dans certains accords. Ou tout simplement se voit forcer de reconnaître qu’il les a tout simplement oubliés. Il confesse même : ‘Merde… je ne me souviens plus de celle-là…’ Il est même pris au dépourvu, juste avant d’attaquer le rappel, The Lotus Eater », lorsqu’il découvre une affiche déployée devant lui, le menaçant ni plus ni moins de mourir s’il n’offrait pas un guitar pick à sa fan. Tenant à sa vie, il n’a pu que s’exécuter. 

Nul doute que cette soirée a marqué les esprits de l’auditoire, autant par la qualité acoustique du concert que par le choix des titres, permettant durant ces quasi trois heures de show de rencontrer pleinement les aficionados d’hier et d’aujourd’hui. Après autant d’années de parcours et d’expériences vécues, les Suédois n’avaient plus rien à prouver. Alors que certains se seraient servis de cet anniversaire à des fins commerciales, Opeth n’est pas tombé dans le piège de l’effet d’annonce et a offert à son public une très belle soirée, démontrant au passage que le Metal mérite tout autant ses lettres de noblesse que d’autres courants musicaux unanimement reconnus.  

Setlist :

Première partie : ‘Ghost Reveries’ : Ghost of Perdition - The Baying of the Hounds  - Beneath the Mire - Atonement - Reverie/Harlequin Forest - Hours of Wealth - The Grand Conjuration - Isolation Years 

Seconde partie ‘Hits’ : Eternal Rains Will Come - Cusp of Eternity - The Leper Affinity -To Rid the Disease - I Feel the Dark - Voice of Treason - Master's Apprentices

Rappel : The Lotus Eater

(Organisation : Ancienne Belgique)

mercredi, 14 octobre 2015 18:46

The Fabulous Progerians

C’est par quatre gros coups de basse bien lourds que les Bruxellois de The Fabulous Progerians vous accueillent. Après six années d’existence, le band publie (enfin !) son premier album studio. Un opus éponyme. Une sobriété qui s’étend jusqu’à l’artwork du digipack, visiblement centré sur le rôle que peut jouer le cerveau chez l’homme. En témoigne ce contour de visage dessiné de profil, au milieu duquel une météorite semble illuminer un paysage embrumé, irradiant particulièrement dans le bas une ombre qu’on pourrait prendre pour un chamane ou un druide. Le message est clair : cet LP va s’attaquer à votre psyché.

A n’en point douter, The Fabulous Progerians milite dans le Sludge. Rythme lent, voire indolent, caractérisé par une basse à l’avant-plan et une guitare lourde et grave, le tout saupoudré de parties vocales écorchées et languissantes. Tous les ingrédients du genre sont au rendez-vous. En pas moins de onze pistes, les artistes nous emmènent en balade. Détendez-vous, laissez-vous guider tout au long de ce périple alternant entre longues routes et chemins sinueux. A l’instar de « Black Storm », une agréable randonnée qui s’achève en course folle où guitare, basse et batterie rivalisent crescendo en rapidité.

Ce parcours au pays du rocailleux est également une occasion d’inviter quelques potes à faire un bout de chemin. C’est donc avec un plaisir non dissimulé qu’on retrouve Alain Vandenberghe, vocaliste de Goddog, apportant de la couleur et quelques envolées vocales jouissives à « God Speed ». Ou encore Danny M., chanteur de Deviate, formation qui a marqué le paysage Hardcore belge dans nineties, sur l’hypnotique « Out of The Abyss ». Les musiciens se permettent également d’introduire quelques sonorités particulières, communiquant progressivement à ce long playing, une identité atypique. Comme ces allusions robotiques et futuristes, typiques SF, amorcées par exemple sur « God Speed » et poursuivies sur « Stellar ». Ou encore l’introduction de ligne de trompettes (oui, vous lisez bien !) sur « Collapse » et « This Earth is Flat ». Judicieusement dispensées, elles apportent un bon bol d’air frais (NDR : et bien mérité) au sein de ces compositions lourdes et intenses.

Autant ne pas le cacher, même si le style musical au sein duquel s’inscrit le combo permet de se défouler sans grande prise de tête, il n’en est souvent pas moins souvent répétitif et linéaire. Mais The Fabulous Progerians parvient à tirer son épingle du jeu en osant certaines échappées, adressant dès lors un pied de nez à la monotonie qui le guette. On aimerait néanmoins que les grains de folie soient plus nombreux, afin de dépasser cette apparente retenue et finalement laisser exploser ce cocktail Molotov. Se consumant pendant 45 minutes, il finit par ne jamais vous sauter à la figure. Vous avez aimé cet album ? Sortez de chez vous et allez applaudir TFP en live ; vous y vivrez un bon moment de Rock grinçant et crasseux !

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Pillars of Detest

Créé en 2008, Moonreich est le projet solo du Parisien Weddir. Et il nous propose son troisième opus studio, « Pillar of detest ». Un premier coup d’œil au (très bel !) artwork du digipack de cette œuvre ne laisse planer aucun doute : le Français s’inscrit corps et âme dans les méandres du Black Metal. La pochette, en noir et blanc, dépeint un homme encagoulé, siégeant sur un semblant de trône, entouré de lionnes et lions à l’aspect tout aussi fantomatique et vaporeux que leur maître. Le tout baignant dans un décor de ruine, absorbé par une nuit évanescente. Une impression de force et de puissance malsaines en émane, nageant entre réel et sublimation. Il en va de même pour les autres illustrations du triptyque composant ce digipack, où leurs interprétations peuvent se brouiller et s’obscurcir au fur et à mesure de l’écoute de l’album.

Réunissant huit morceaux s’étalant sur cinquante bonnes minutes, « Pillars of Detest » est divisé en deux parties (à en croire du moins visuellement la séparation signifiée à l’arrière de l’opus, entre les quatre premiers et les quatre derniers titres). « Ad Nauseam », la première plage de l’LP donne le ton : les froides distorsions dispensées en guise d’introduction laissent rapidement le relais à un rythme alternant entre passages atmosphériques plus lents et agressivité mordante de la double pédale, sur laquelle vient se poser la voix écorchée et caverneuse de Weddir. Une ambiance lancinante et polaire, toujours en alternance entre haine glaciale et profonde lamentation, qui constitue la trame de fond de la majorité des morceaux. Une alchimie qui fonctionne, accroche, mais souffre parfois d’une certaine linéarité, du moins tout au long de la première partie du cd.

La quatrième piste, « Sheïtan », amorce une transition atmosphérique et joue moins sur la fibre angoissante qu’énigmatique. Elle crée un pont vers le deuxième volet de l’œuvre. Désormais plus créatif et élaboré que le premier. Que les plus sceptiques se rassurent, le registre du Black Metal est toujours bien respecté. En témoigne la compo « All Born Sick », qui procure quelques respirations à la frontière de l’épique ou encore l’excellent « Freikops » dont le parcours de sept minutes s’engage dans une course effrénée emplie de rage et de haine, profitant de brefs moments de répit pour repartir ensuite avec encore plus d’intensité. Une poursuite effrénée qui s’achève, aux trois quarts de la plaque, par un plongeon abyssal aux milieux des limbes. Sans nul doute la pièce la plus intéressante de cet opus.

Les amateurs de Black Metal ne peuvent se tromper : Moonreich entre dans les clous. Mais c’est également là sa faiblesse, car le Français ne s’autorise que très peu de sorties hors des sentiers battus. Beaucoup de plages sont heureusement sauvées de la linéarité par des lignes de guitares froides et cinglantes, dessinant un certain relief en fonction des compositions. Une appréciation générale qui dépendra de la motivation du mélomane : si elle est basée uniquement sur l’envie d’écouter un bon disque de Black Metal, nul doute que « Pillars of Detest » aura de quoi le contenter. Si par contre, l’expectative se focalise davantage sur une découverte de nouvelles sonorités, le degré de déception risque alors d’être un peu plus élevé ; et d’en conclure par : ‘un de plus’. Des compositions donc de qualité, mais bien souvent sans grande prise de risques.

 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Aether

Un premier pied dans l’eau, puis le second, une lente immersion jusqu’à la taille, puis jusqu’aux épaules, seule la tête est à présent hors de l’eau. Un dernier regard appuyé vers l’horizon ténébreux avant d’entamer une longue apnée, qui se prolongera pendant un peu moins d’une heure, secourue par de brèves respirations. Tel pourrait être le pitch d’ « Aether », premier album studio des Français de Déluge. Rien que par son titre, « Avalanche », le premier morceau de cet opus annonce la couleur : une grêle de doubles pédales accompagnée d’une lourde guitare viennent directement vous écraser. Sans aucun avertissement au préalable, vous êtes directement rincés. De la tête aux pieds. Le rythme ralentit quelque peu avant que la vague ne revienne à l’assaut, emportant avec elle la voix hurlée au timbre Hardcore de Maxime Febvet, vocaliste du groupe. Les Acteurs de l’Ombre, label du band, présente ici une fois de plus une formation qui ne craint pas de mélanger les substances dans le compost, pour finalement parvenir à une solution dense : une base de Black Metal atmosphérique martelée au fer rouge par d’intenses lignes vocales tirées du registre Hardcore.

Tout au long de ce disque, Déluge prend soin d’instaurer une ambiance de fin du monde, où l’élément eau, qu’il provienne du ciel ou de la terre, aurait décidé d’avoir finalement le dessus sur l’espèce humaine. Une bataille perdue d’avance, où il ne restera plus à l’homme qu’à compter les heures avant de se faire liquéfier. ‘Alors étanchez vos soifs tant qu’il est encore temps, De l’autre, de vaincre et d’illusion, Alors abreuvez-vous, De cette pluie d’Ego’ . Menaçant, « Avalanche » sort vainqueur. Tel un tsunami, Déluge lance à intervalles réguliers  des vagues destructrices. Neuf en tout ! Elles emportent tout sur leurs passages, avant de contempler de manière lancinante les dégâts qu’elles ont causés. Une lutte impossible à gagner mais où une mince marge d’espoir est néanmoins laissée à l’espèce, sournoisement, afin d’éteindre petit à petit ce feu de vie et de conclure par « Bruine » : ‘Tout est pourri, que reste-t-il de sain ? Rien’.

Vous l’avez compris, ce premier LP est riche à plus d’un titre. Outre sa construction atypique, le quintet accueille sur sa troisième composition, « Mélas|Khōlé », l’artiste Stéphane Paut, mieux connu sous le pseudonyme de ‘Neige’ responsable du projet solo Alcest. Mais « Aether » est également surprenant par sa présentation. A l’opposé de l’image-type du CD de Black Metal, cette première offensive des Français propose un digipack aux couleurs bleu-outremer, blanc et or, des teintes qui ne sont pas sans rappeler des motifs typiquement helléniques. L’intérieur de l’LP s’ouvre en deux volets et offre à l’auditeur les paroles des morceaux, apport à ne pas négliger si on désire pleinement s’immerger dans l’ambiance de l’oeuvre.

Autant ne pas passer par quatre chemins : Déluge met ici la barre très haute et offre un vent de fraîcheur dans le milieu, où parfois certaines recettes ont tendance à être trop utilisées jusqu’à la nausée. Les Français entretiennent une ambiance lourde, détaillée et dévastatrice, sans pour autant en oublier la face violente et rentre-dedans. Autrement dit : un minutieux équilibre entre une face atmosphérique qu’on pourrait croire tirée d’une B.O. et une rage qu’on aurait canalisée trop longtemps avant qu’elle ne déferle tel un indomptable torrent. Une claque !

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