Le DJ et producteur Joachim Garraud, qui est également le fondateur d'un des plus gros festivals de musique électronique en France ("Elektric Park"), mais aussi un geek absolu, a remodelé un tour bus à la taille XXL en studio d’enregistrement solaire mobile,…

logo_musiczine

Responsable d’un cocktail entre punk-funk, electronica popping, rock psychédélique, post-punk et rock garage, The Lounge Society sortira son nouvel album, « Tired of liberty », ce 26 août 2022. Un disque qui fera suite à « Silk for the starving », un Ep, paru…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Concerts

Julia Jacklin

Sans voix, il n’y a pas d’écho (Bélaïd Saïdji)

Écrit par

Julia Jacklin est chanteuse et compositrice. Une Australienne responsable de deux albums à ce jour. Le premier, « Don’t Let The Kids Win », remonte à octobre 2016. Deux années de tournées intenses et une déception sentimentale plus loin, elle enregistre son second, « Crushing », un elpee paru en février dernier. Elle s’était déjà produite à deux reprises, au Club, en première partie de Whitney. Elle pratique une forme d’alt country teintée de dream pop et reconnaît, pour influences majeures, Billy Bragg, Björk, Doris Day, The Andrews Sisters et Leonard Cohen.

Il y a déjà pas mal de peuple dans le club, lorsqu’Olivia Bartley, alias Olympia, débarque. Elle assure le supporting act. Blonde, plutôt jolie, cette Australienne (NDR : elle est originaire de Melbourne) chante d’une voix fragile et atmosphérique en s’accompagnant à la gratte électrique. Interactive, elle possède un humour décapant. Elle entame son set par « Biscuits » (NDR : pas aux ivoires, comme sur disque, mais à la guitare). Son toucher de cordes est empreint de délicatesse et évoque celui d’Annie Clark, aka St Vincent. « Somewhere To Disappear » monte graduellement en puissance. Tant la voix que ses cordes, à la fois métalliques et nerveuses. Sa setlist est puisée au sein de ses long playings « Resurrection » et « Self Talk », dont « Smoke Signals », un morceau à la mélodie contagieuse. Pas de trace de « Honey » cependant, mais en 30’, l’artiste est quand même parvenue à afficher de nombreuses facettes de son talent. Franchement, c’est une excellente surprise !  

Setlist : « Biscuits », « Somewhere To Disappear », « Smoke Signals », « Atlantis », « Nervous Riders », « Shoot To Forget », « Star City ».

Place ensuite à Julia Jacklin, la tête d’affiche. Soutenue par un backing group, impliquant un drummer, un bassiste ainsi que deux guitaristes, l’un masculin et l’autre féminine, cette dernière doublant aux claviers et aux chœurs, elle se réserve le micro et la gratte. Dès qu’elle a grimpé sur les planches, elle signale être enrhumée et rencontrer un petit problème de voix. Pour tenter de la sauver, son gratteur lui file son verre de whisky. Lorsque les trois sixcordistes conjuguent leurs instruments, l’intensité est alors à son apogée. Malheureusement, la voix de Julia manque cruellement de relief, et empêche le concert de véritablement décoller. Dommage ! A revoir en pleine possession de ses moyens…

Une petite déception largement compensée par le récital d’Olympia…

Setlist : « Body », « Eastwick », « Leadlight », « Motherland », « Don't Know How To Keep Loving You », « Good Guy », « When The Family Flies In », « Don't Let The Kids Win », « You Were Right », « Turn Me Down », « Pool Party », « Head Alone », « Pressure to Party ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Idles

Une claque dont il faudra bien des concerts pour se remettre…

Écrit par

Véritable révélation outre-Manche, Idles est également parvenu à percer sur le Vieux Continent. La preuve ? Plus aucune place n’était disponible pour assister à son concert programmé en Belgique ; en l’occurrence à Anvers. Souhaitant résolument découvrir la puissance du band de Bristol en ‘live’, il ne restait plus qu’à chercher des tickets disponibles, pour une autre date de la tournée. La Cartonnerie à Reims n’est pas encore sold out pour ce show. Votre serviteur décide donc de rejoindre la ‘Cité des sacres’ pour y assister. Le parcours est long avant d’arriver à destination. Aussi, quand on débarque dans la salle, le set de Life est déjà terminé. Dommage mais l’essentiel est préservé. On est bien à l’heure pour assister à la prestation de la tête d’affiche.

Grâce à Idles, le punk est de retour. Les cinq musicos sont issus d’une ville ouvrière, sise dans le Sud de l’Angleterre. Leurs textes sont engagés. Outre leur combat contre le racisme et le machisme, les Britanniques mettent l’amour au centre de leurs préoccupations. Et leur message, véhiculé par la voix presque fausse mais tellement énergique de Joe Talbot, se fraie un chemin au milieu de guitares et de percussions déchaînées.

La formation s’est forgée une solide réputation en ‘live’ et on comprend vite pourquoi. Sur les planches, aucun répit n’est accordé. Les morceaux issus de ses deux elpees défilent alors que la foule devient rapidement incontrôlable. L’auditoire est composé de connaisseurs, c’est sûr. Les refrains les plus accrocheurs sont repris en chœur par les spectateurs, comme tout au long de « Dany Nedelko », premier sommet du concert. Pendant 1h30, le band va plonger la foule dans une ambiance propice à la danse nerveuse et virile. Le set va cependant nous réserver son lot de surprise, à l’instar de « Queens », un extrait d’un ancien Ep ou encore une version complètement improbable du « All I Want For Christmas i You » de Mariah Carey… A la sauce punk évidemment !

La prestation s’achève par « Rottweiler », le dernier morceau du second opus du combo, gravé en 2018. Une sortie qui, vous vous en doutez, ne se fait pas sans dégâts. La compo parfaite chanson pour clore un show.

Fort d’une communauté passionnée, Idles remet le punk au goût du jour. Jusqu’à être nominé au prestigieux British Awards ! De nombreux groupes (Shame, Fontaine DC, Heavy Lungs) profitent d’ailleurs de l’impulsion provoquée par les gars de Bristol. La prestation confirme en tout cas que ce genre musical est un des plus adaptés au live. Et qu’Idles est sans doute le meilleur dans le genre actuellement. Une claque dont il faudra bien des concerts pour se remettre.

(Organisation : La Cartonnerie)

Beautiful Badness

Avancez d’une place !

Écrit par

La Rotonde du Botanique constitue un endroit idéal pour une release party. Et celle de Beautiful Badness, qui va se dérouler ce mercredi 3 avril, va de nouveau le démontrer.

Beautiful Badness vient de sortir un troisième Ep, baptisé « Walking A Mirror », en mars dernier, des plages qui figureront sur le futur elpee « Rewind », dont la sortie est prévue pour cette année, un disque mis en forme par Marlon B (Brigitte, Benjamin Clementine, Juliette Armanet) et pour lequel Albin De La Simone a participé.  

Le supporting act est assuré par Léo Nocta. Il milite également au sein d’autres groupes, et notamment chez Delta, formation que votre serviteur avait découverte dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017. Elle va d’ailleurs repartir en tournée, à partir du 25 de ce mois. De grande taille, il est soutenu par un drummer. Les interventions au piano de Léo sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, finalement assez proche de celle de Sesboué, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion. Pas étonnant que Gabriel l’ait choisi pour se produire en première partie. Il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, dont « Satellites », en ouverture, et son nouveau single « When We All Fall », gravé en février dernier, pour clore ce set bref, mais de très bonne facture…

Setlist : « Satellites », « How Many Roads », « Higher Than Here », « Rose », « I Can’T Feel My Face », « When We All Fall ».

Outre le chanteur Gabriel Sesboué, Beautiful Badness implique Olivier Delescaille (NDR : d’ordinaire préposé à la gratte, ce soir il va se consacrer, à la basse, aux claviers et aux machines) et Gilles Servais (drums), un trio soudé depuis 7 longues années. Il s’est quand même élargi à un quatuor depuis l’arrivée de Lou Wery, qui se charge des claviers et également des vocaux.  

Gabriel vit intensément ses chansons. Il s’exprime aussi avec les mains, un peu à la manière de feu Joe Cocker. Capable de passer des graves aux aigus avec une facilité déconcertante, son spectre vocal est ample et lyrique.

La salle est comble et tous les spectateurs sont debout. « A Sunny Morning » ouvre le concert, un morceau au cours duquel Gabriel étale déjà toutes ses capacités vocales. Tour à tour, cette voix me fait penser à Jón Þór Birgisson (Sigur Rós), Antony/Anhoni Hegarty, Rufus Wainwright, Agnès Obel, Woodkid ou encore Freddy Mercury. Et lorsqu’elle se conjugue à celle de Lou et d’Olivier, on assiste à de véritables exercices de polyphonie vocale. Quant à l’univers sonore de Beautiful Badness, il navigue à la croisée des chemins empruntés par AaRON, Queen, ou encore Jeff Buckley.

L’atmosphère au sein de la Rotonde est tellement feutrée qu’on se croirait au sein d’une cathédrale. « Blackbird In The Storm » est littéralement raffiné par les ivoires. Gab signale qu’il s’agit de la 10ème fois qu’il se produit au Bota, et pour la première, comme tête d’affiche. Et il en est très fier. Mais encore qu’il a écrit « The Train », entre les sessions d’enregistrement, lorsqu’il se déplaçait de Paris à Bruxelles ou inversement. On le sent à la fois concentré et étonnamment cool…

 « I’ll Be There For You » se distingue par sa mélodie contagieuse. Bonne surprise, Sasha et Julie (Juicy) débarquent sur les planches pour assurer les chœurs de « Walking On The Mirror », en compagnie de Lou (NDR : on comprend mieux pourquoi Gab et Oli avaient assisté à leur show, samedi dernier). Toute l’équipe est en cercle sur le podium pour interpréter cette chanson, a cappella. Magique ! A vous flanquer des frissons partout !

En rappel, les filles sont encore de la partie pour nous réserver « Silent and still », avant que le groupe n’achève le concert par une plus ancienne compo, « One Step Forward »… et c’est le cas de le dire, Beautiful Badness, avancez d’une place…

Setlist : « A Sunny Morning », « Blackbird In The Storm », « Freedom », « Wave On Me », « 11011 Days », « The Game Is Over », « Winds Blows », « The Train », « I’ll Be There For You », « Everything I Have », « Walking On The Mirror » (avec Juicy)

Rappel « Silent And Still » (avec Juicy), « One Step Forward ».

(Organisation : Botanique)

Photo : Pierre Destrebecq

Larkin Poe

Entre roots, blues et rock’n’roll sudiste…

Écrit par

Larkin Poe est une formation yankee drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du groupe est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. La formation vient d’achever une tournée, pour laquelle elle assurait le supporting act de Bob Seger, et se produira en ouverture du concert de ZZ TOP, ce 25 juin, à Forest National, dans le cadre des 50 ans de carrière du célèbre trio de blues/rock.

Ce soir Larkin Poe se produit à la Madeleine de Bruxelles, devant une salle à moitié pleine (ou vide, selon). D’ailleurs des tentures ont été tirées pour délimiter l’espace réservé à l’auditoire. Le quatuor va nous proposer de larges extraits de son troisième elpee, « Venom & Faith », paru en novembre dernier.

La première partie est dévolue à Foreign Affair, un duo issu de Bristol qui pratique une forme de country/rock, assez proche de celui pratiqué par les Pierce Brothers. Encore une histoire de famille, puisqu’il réunit les frangins Adam et Lawrence Purnell…

Puissante et lyrique, la voix de Lawrence, le cadet de la fratrie, est grisante. Les grattes (une semi-acoustique et une électrique) trament les compos soignées mais énergiques, des compos dynamisées par une cymbalette, pour l’un, et par une grosse caisse, pour l’autre, manœuvrées au pied. Une excellente entrée en matière !   

Setlist : « The Opener », « Piece Of Work », « Name On It », « Name On It », « I'm Your Man », « Faded », « Say What You Want About Me », « We Don't Know ».

Une bande enregistrée diffuse de la musique d’ambiance feutrée, comme celle programmée sur des tas de radios FM aux States, alors que le light show inonde la scène de tonalités bleutées... 

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) au chant et à la lap steel guitar. Si cette dobro se joue posée sur les genoux, contre le corps, elle est adaptée pour s’en servir en position debout. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, en retrait, et Chad Melton à la basse.  

C’est d’ailleurs ces deux derniers qui débarquent les premiers sur le podium. Lorsque Rebecca rapplique, d’un pas décidé, sa superbe Gibson à la main, elle s’adresse immédiatement aux premiers rangs en leur demandant : ‘Are you ready to rock’n’roll’, ajoutant sur un ton persuasif : ‘We do Rock’n’roll’.

Le show s’ouvre par « Summertime Sunset ». Déjà elle arpente les planches de long en large. Sa voix me fait penser à un hybride entre Beth Hart et (la petite fille de) Tina Turner. Le son est excellent. Très électriques, ses interventions aux cordes sont hantées par Joe Bonamassa voire Jimi Hendrix. Celles de Megan à la lap steel guitar sont particulièrement métalliques. Elles entrent régulièrement en duel, face à face. Les deux sœurs sont d’ailleurs très complices. On s’en rend compte à travers les regards qu’elles s’adressent. En général, Megan assure les chœurs. Son timbre est plus doux et éthéré. On le remarque dès qu’elle se réserve le lead vocal. Plus paisible, « Trouble in Mind » est un blues qui nous entraîne dans le Delta. La cover du traditionnel « Black Betty », popularisé par Ram Jam en 1977, galvanise le public. Lorsque la section rythmique s’emballe, c’est pour entretenir un rock bien sudiste.

Rebecca reprend le leadership au chant pour « Bleach Blonde Bottle Blues ». Les filles frappent sur le sol en cadence et les chœurs sont impeccables. La musique passe très facilement des traditions du roots & blues contemporain au rock & roll musclé, métallique et sauvage. Empreint de sérénité, « Look Away » permet à ce petit monde de reprendre sa respiration. La setlist va nous réserver quatre reprises. D’abord la version très roots du « Preachin’ blues » de Son House. Une autre adaptation d’un traditionnel, « John The Revelator ». En finale le « Wanted woman » d’AC/DC et lors du rappel le « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson…

Rebecca troque sa gratte pour pour un banjo sur deux morceaux, « Mad As A Hatter », dédié à son grand-père paternel, et « Run For Your Money ». Avant d’attaquer ces compos, elle explique la thématique. Elle demande souvent à la foule si le public est satisfait du concert et s’il apprécie la musique proposée.

Au bout de 90 minutes, Larkin Poe tire sa révérence sous les acclamations nourries du public. ZZ Top a certainement eu le nez creux en choisissant ce combo pour ouvrir son concert-anniversaire à Forest National…

Setlist : « Summertime Sunset », « Trouble in Mind », « Black Betty » (traditional cover), « Bleach Blonde Bottle Blues », « Look Away », « Preachin' Blues » (cover de Son House), « Freedom », « California King », « John The Revelator » (traditional cover), « Might As Well Be Me », « Black Echo », « Hard Time Killing Floor Blues », « Mad As A Hatter », « Run For Your Money », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman (cover d’AC/DC »).

Rappel : « Come On In My Kitchen » (cover de Robert Johnson).

(Organisation : Gracia Live)

 

Juicy

Fallait pas manquer le début de la soirée…

Écrit par

Ce samedi 30 mars, Juicy vient présenter présenter son second Ep, « Crumbs », au Vaartkapoen (Vk). Mais au cœur d’une soirée qui proposera 5 sets, dont ceux de Commander Spoon et Darrell Coole, qui ont déjà participé aux tournage de clips des deux filles, ainsi que Dj Lefto, en after party. Et elles vont nous réserver une belle surprise, en nous livrant, dès l’ouverture, un petit concert acoustique. Il s’agit de la seconde release party, puisqu’une première avait déjà été accordée à Paris, une semaine plus tôt.

Quand on débarque dans la salle, on remarque la présence de six sièges devant la table de mixage entourant un énorme clavier (celui de Julie), des chaises devant lesquelles sont installés des supports de partitions. Elles sont destinées à un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes (NDR : dans le désordre Élise Rens, Amandine Flandre, Pascale Simon, Philippe Laloy, Pauline Boron, Marie-Sophie Van Goethem Sgarioni et Fil Caporali). Tout ce beau monde est tiré à 4 épingles. Les nanas de Juicy se plantent derrière les ivoires pour un duo à quatre mains. Cet hors-d’œuvre va nous réserver cinq morceaux réarrangés par Jean-Marie Rens (qui doit être le père de Julie), dont « Seed And Ride » et « I Wanna, Yes, I Wanna », deux plages issues du nouvel Ep. Et le moment est tout bonnement magique. La foule, déjà bien compacte, entoure le cercle et se montre particulièrement attentive. Bref, grâce à cet exercice de style périlleux, les filles ont démontré qu’elles étaient capables de se fondre au sein d’un autre environnement sonore. Une nouvelle preuve de leur immense talent ! Fallait donc pas manquer le début de la soirée… Rendez-vous à 23 heures pour le retour de Juicy, mais sur les planches…

Setlist : « Something Is Gone », « Seed And Ride », « La Gigue De La Ket », « I Wanna, Yes, I Wanna », « For Hands On Ass ».

Commander Spoon réunit le saxophoniste Pierre Spataro (Oyster Node, Rue des Pêcheries), le guitariste Florent Jeunieaux (Murmures, Geffrey Fiorese Tentet, La Chiva Gantiva, Aneta Nayan, Echt), le contrebassiste Fil Caporali et le drummer Samy Wallens. Le combo est venu défendre son premier Ep 4 titres, « Introducing », paru en novembre dernier. La musique du groupe bruxellois est essentiellement instrumentale. Les titres des morceaux respectent une simple numérotation logique (part1, 2, 3 et 4), un peu comme pour les concertos de musique classique. Pourtant, le quatuor pratique un jazz/rock contemporain, électrique et chargé de groove. Les duels sont permanents entre les différents instruments. Jimi Hendrix et Carlos Santana semblent hanter le gratteur, Florent. Mais bien que d’excellente facture, la musique de Commander Spoon s’adresse surtout à un public averti…

Darrell Cole est né à Londres, en 1989 à Londres. Sierra-léonaise, sa famille a fui les tensions politiques de son pays et s’est finalement réfugiée à Anvers, en Belgique. Très tôt, il s’est tourné vers le hip-hop. Son dernier elpee, « Fully Loaded », est paru en octobre dernier. Il va nous en proposer de larges extraits. Plutôt remuant sur le podium, il est soutenu par un préposé aux platines qui dispense des sonorités assez dansantes. Le flow de Cole est constant. Il invite la foule à se rapprocher de l’estrade. A partir de cet instant, l’interactivité va parfaitement fonctionner entre l’artiste et l’auditoire. Un second MC’s vient l’épauler le temps de quelques morceaux. Bref, un show aussi efficace que technique…

Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, Juicy pratique une forme de r&b insolite et complètement déjanté. Fidèles à elles-mêmes, elles continuent ici à développer leur univers délirant, à prendre cependant au second degré, en posant leurs voix singulières sur un visuel plutôt réussi.

A 22h00, les lumières s’éteignent. La foule est impatiente d’assister au spectacle ; et pour cause, il est chaque fois différent. Que ce soit la chorégraphie, l’interprétation et même l’interactivité. Sans oublier les costumes. Presque fusionnelles, les filles sont très complices. On imaginerait presque qu’elles sont sœurs.  

Les lumières bleues se focalisent vers le fond de la salle où elles tournent le dos à l’auditoire, les bras en l’air. Elles ont enfilé des pantalons et des vestes à capuche et franges de couleur noire. Et entament leur prestation par « LTGL ». Elles se consacrent aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty en dubstep. Les donzelles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Un fantôme remplace Julie derrière les machines. A l’issue de ce morceau, Sasha signale qu’elles sont contentes d’être là et ajoute que la foule est magnifique. Bien que d’ordinaire paisible, « Seed And Ride » se révèle davantage r&b et nerveux sur les planches. Pierre Spataro vient souffler dans son saxophone sur « I Wanna, Yes, I Wanna », une nouvelle compo. Elles en profitent pour nous proposer une chorégraphie très étudiée et dansante. Il est encore de la partie pour « What You Can’t Confess », mais également Darrell Cole au micro. Sasha se sert de sa gratte électrique tout au long de « Didn’t Knockout », un morceau au vocal empreint de sérénité. Les lumières s’éteignent pendant « Knock ». Julie dirige un spot orange vers son visage et Sasha de couleur verte. Et l’effet est bluffant. « See Me Now » clôt le set.

Lors du rappel, « Something Is Gone » et « Count Our Fingers Twice » vont mettre littéralement le souk dans la fosse.

A l’issue de la superbe prestation de Juicy, une bonne partie de la foule vide les lieux. Dommage pour Lefto, mais au bout de quatre spectacles, elle semble rassasiée…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Hard Nut To Crack », « I Wanna, Yes, I Wanna », « Didn’t Knockout », « Knock », « What You Can’t Confess » (Avec Pierre Spataro et Darrell Cole), « Over My Shoulder », « Ghb », « Mama Told Me », « See Me Now » 

Rappel : « Something Is Gone », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : VkConcerts et Back In The Dayz)

 

Hoshi

L’univers intimiste de Hoshi…

Écrit par

De son véritable nom Mathilde Gerner, Hoshi est originaire de Versailles. Cette chanteuse a choisi ce pseudo (NDR : qui signifie étoile en japonais), car c’est une fan de culture nippone. Elle ressemble d'ailleurs à une héroïne de mangas (NDR : grands yeux pétillants bordés de khôl, tatouages, cheveux relevés en chignon) qui aurait grandi en écoutant Nirvana. D’ailleurs, la bande à feu Kurt Cobain figure parmi ses influences majeures, tout comme Brel, Serge Gainsbourg ou encore Patti Smith.

Après avoir opéré quelques passages dans les télé-crochets ‘The Voice’ (NDR : où elle avait claqué la porte parce qu’on lui imposait une chanson) et ‘Rising Star’, elle est repérée par un label. En mars 2017, elle sort son premier single, « Comment je vais faire ». En octobre 2018, elle publie son premier elpee, « Il suffit d'y croire », dans lequel figurent certains titres qui vont la révéler au grand public, dont « Je Vous Trouve Un Charme Fou », un titre signé par Gaëtan Roussel, qu’elle chante en duo avec le leader de Louise Attaque. Dans ses chansons, armée d'une simple guitare acoustique, elle balance tout, sans s'économiser. Depuis, elle fait l’unanimité dans le paysage musical hexagonal.

Le supporting act est assuré par deux frangines, Celena et Sophia, prénoms qu’elles ont décidé de contracter pour la scène en CelenaSophia. Issues de Chapelle-Lez-Herlaimont, les sœurs ont publié un premier Ep intitulé « A l’Aventure », en 2015. Dans la foulée, elles sont parties en tournée, en Belgique, mais également à travers le monde (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire), participant à deux reprises aux rencontres d'Astaffort. Ce qui va convaincre Francis Cabrel et son équipe de les aider à peaufiner leur répertoire. Depuis 2016, elles sont épaulées par Jérôme Magnée (Dan San, Yew, Ebbène). C’est lui qui va se charger de direction du premier opus, qui devrait paraître au cours de cette année.

Sur les planches, elles sont soutenues par le drummer (pads électroniques, boîtes à rythmes) Mathieu Catala. Il doit y avoir de nombreux aficionados dans la salle, car lorsqu’elles grimpent sur l’estrade, elles sont chaleureusement applaudies. Brune, Céléna se consacre à la sèche ; blonde, Sophia, à la gratte électrique. Elles vont nous proposer de la chanson française réaliste et urbaine. Le set s’ouvre par « On s’en souviendra pas ». Mais ce qui frappe d’abord, ce sont les superbes harmonies vocales. Moins folk, davantage rock, mais aussi plus contemporain, vu le concours des percus électroniques, leur expression sonore se veut d’ailleurs de plus en plus urbaine. Et un nouveau morceau comme « Je cours après le temps », en est une parfaite illustration.  Bien sûr la setlist n’en n’oubliera pas pour autant de partir « A L’Aventure » (NDR : cette compo remonte à 2015) mais bien le tout nouveau single, « Seul Hôtel », un titre joliment teinté d’électro, qui paraîtra ce 29 mars. Dommage !  Un duo à suivre de très près…

Setlist : « On s’en souviendra pas », « Les Vents Contraires », « Je m’en remets a elle », « Je Te Vengerai », « Dis-Moi Le Plus Fort », « Je Cours Après le Temps », « Pile Ou Face ».

Le set débute à 21 heures précises. Des néons verticaux inondent le podium de leurs lumières aux teintes bleues et blanches, pendant que les musicos s'installent derrière leurs instruments. On remarque la présence d'un drummer ainsi que de deux multi-instrumentistes qui se partageront basse et claviers.

Pendant plus ou moins une minute, soit avant que Hoshi n’apparaisse, les haut-parleurs crachent une musique instrumentale. Soudain, elle débarque sous un tonnerre d’applaudissements. Elle est coiffée d'un chignon haut, vêtue d'un tee-shirt et d'un jeans classique. Sa voix est rauque, éraillée même, et lui arrive de la pousser à la limite de la rupture. Interactive, elle est parfaitement à l'aise derrière son micro. Après « Il Suffit d’y croire », elle embraie par « Ma Merveille », une chanson émouvante dédiée à sa maman dont le titre repose sur un subtil jeu de mots (sa mère veille) et qui relate la complicité établie entre la mère et la fille. Hoshi manie parfaitement la langue de Molière : les jeux de mots sont précis, recherchés et soignés.

Hoshi enthousiasme la foule, lorsqu'elle élève le tempo; à l'instar de  « Comment Je Vais Faire », « Te Parler Pour Rien », « Ta Marinière » ou « Femme A La Mer ». Un auditoire qui s'enflamme même tout au long de « Poupée Russe » et « Parking Sonne ». Le thème de l’eau revient souvent chez Hoshi, mais de manière différente d’un Flavier Berger, un compatriote un peu plus déjanté. Elle se consacre aux ivoires, sur « Je Pense A Toi », une ballade plus paisible, qui rappelle « La complainte De la Butte », une chanson écrite par Jean Renoir, au cours de laquelle la voix de Hoshi évoque Edith Piaf. Et en rappel, elle ose une version acoustique de « Ta Marinière ».

A travers ses chansons aux mélodies singulières, elle exprime la rage de sa jeunesse, relate son parcours chaotique, nous confie ses espoirs et ses doutes, nous parle tendrement de ses amours et de sa mélancolie. En outre, cette solitaire a le don d’observer en silence les gens qui l'entourent, avec finesse, sans jugement, avant de brosser leurs portraits. Un univers intimiste qu’elle nous invite à partager…

Setlist : « Il Suffit d’y croire », « Ma Merveille », « Manège A Trois », « Te Parler Pour Rien », « Je Vous Trouve Un Charme Fou », « Poupée Russe », « Parking Sonne », « Je pense à Toi », « Comment je Vais Faire », « Elle Rêve Encore », « En Gros Tout Est Gris », « Femme à La Mer », « Après Coup », « Ta Marinière ».

Rappel : « Ta Marinière ».

(Organisation : Live Nation en accord avec Caramba Spectacles)

Crystal Fighters

Tropical !

Écrit par

Crystal Fighters est une formation anglo-basque dont la musique résulte d’un mélange d’influences culturelles, musicales et stylistiques. Fruit d’un cocktail entre folk, électro, punk, techno, dubstep, world, hip hop et pop espagnole, elle se singularise par le recours à des instruments traditionnels, comme le txalaparta, le danbolin et le txistu, mais se veut d’abord festive. La formation est venue défendre son quatrième elpee, « Gaia And Friends », paru le 1er mars dernier. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Low Island, un groupe issu d’Oxford, cité universitaire qui a donné naissance à des band devenus notoires comme Radiohead, Swervedriver, Foals, Stornoway ou encore Glass Animals. Il implique deux Djs/producteurs, Carlos Posada (chant, guitare, claviers) et Jamie Jay (chant, guitare, claviers), ainsi que Jacob Lively (basse) et Felix Higginbottom (batterie, percussions). Elaborée, l’électro/pop de ce quatuor se singularise par la voix éthérée des vocalistes, ainsi que par le drumming jazzyfiant de Higginbottom. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Low Island And Friends 17-18 », gravé en octobre dernier. Un set fort intéressant pour un quatuor à suivre –suivant la formule consacrée– de très près… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « We Drift Apart », « Stop Start », « I Do It For You », « Holding It Town », « Search Box », « In Person ».

Le line up de Crystal Fighters implique le chanteur/guitariste Sebastian Pringle, les gratteurs/percussionnistes Gilbert Vierich et Graham Dickson ainsi que les chanteuses Eleanor Fletcher (Ellie) et Tobi Gems (NDR : apparemment, elle remplace Nila Raja), une black remuante, assez sexy, dont la voix est susceptible de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves, avec une facilité déconcertante. Le drummer est perché sur une estrade assez haute, juste devant deux énormes balafons maliens, placés en miroir, dont tous les musicos, multi-instrumentistes, vont se servir, à tour de rôle.

Un light show de couleur blanche et bleue inonde le podium et la fosse, lorsque les musiciens, tous habillés de blanc, grimpent sur les planches, sur lesquelles une belle plante verte a été posée entre deux haut-parleurs. 

Le set s’ouvre par le frénétique « I Love London ». Dès les premières sonorités du txalaparta, ce fameux instrument basque si cher à la formation, l’ambiance contamine tous les étages de la salle. Elle va d’ailleurs croître graduellement au fil du set pour rapidement devenir tropicale. Le band embraie par le nerveux et désormais classique « Follow », un morceau très électro et au titre judicieusement choisi. Les compos vont rarement au-delà des 2 minutes. Et partout, la foule danse. Rarement vu une telle atmosphère à l’AB ! Sebastian Pringle et Gilbert Vierich occupent totalement l’espace scénique. Les deux chanteuses se déhanchent sensuellement. Et la jam de percus à laquelle participe l’ensemble du combo fait encore grimper la température de quelques degrés. Caractérisé par leurs mélodies ultra-accrocheuses, « Gaia & Friends », « The Get Down » et « Wild Ones » passent comme des fusées supersoniques. Acoustique et plus paisible, « Boomin’ In Your Jeep » permet aux musicos et à l’auditoire de reprendre leur souffle. Avant le calme, place alors à la tempête tropicale qui va se prolonger lors d’un rappel de trois morceaux. Bonne humeur communicative, énergie, intensité, rythmes exotiques, instrumentation insolite et beats bien percutants, tout était réuni pour passer une soirée inoubliable. Honnêtement, pour votre serviteur, il s’agit d’un des meilleurs concerts auxquels il a assisté, depuis le début 2019… (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « I Love London », « Follow », « La Calling », « Yellow Sun », « Love Is All I Got », « Boomin’ In Your Jeep », « Circuit Of Life », « Percussion Jam », » Wild Ones », » I Do This Everyday », «  All My Love », « Runnin’ », « All Night, Champion Sound », « Love Natural « , « The Get Down », « Bridge Of Bones », « Xtatic Truth », « You And I ».

Rappel : « Everything Is My Falily », « At Home », « Plage ».      

(Organisation :  Live Nation)

 

 

 

The Young Gods

La voie de la sagesse passe aussi par l’expérimentation…

Écrit par

Après 8 longues années d’absence, les Young Gods viennent de publier leur 12ème elpee, un disque qui signe le retour du préposé aux samplers et aux machines, Cesare Pizzi, membre fondateur du trio. Mis en forme par Alan Moulder (Depeche Mode, Nine Inch Nails, Foals, Arctic Monkeys, Placebo, U2, …), il replonge dans l’expérimentation, mais une expérimentation tour à tour sonique, ambient ou psychédélique. La salle est comble (NDR : elle recense une majorité de quinquas) lorsque le trio helvète grimpe sur les planches. Compte-rendu.

La première partie du show va se focaliser sur « Data Mirage Tangram », le dernier opus du band. Et il s’ouvre par « Entre en matière » (NDR : titre judicieux…), une compo atmosphérique, truffée de bruitages qui va monter en crescendo. Et bonne nouvelle Franz Treichler se consacre à la guitare. Qui libère des sonorités floydiennes tout au long du plus enlevé « Figure sans nom ». Pendant le plus techno, « Tear up the red sky », les lumières rouges envahissent la scène, lorsque Franz prononce ces mots. Et puis, « All my skin standing » va nous asséner la première claque de la soirée. Un morceau envoûtant, hypnotique, tribal, déchiré par les interventions de Franz à la six cordes, des interventions réminiscentes de celles dispensées par Erik Brann sur le fameux « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. Mais c’est la densité du drumming de Bernard Trontin qui impressionne le plus. Et pourtant, il frappe ses fûts avec une facilité déconcertante. Il rappelle même un certain Christian Vander (Magma) lorsqu’il doit déstructurer ses mouvements. A l’instar du blues « Moon above ». Et lorsque Treichler souffle dans son harmonica, on ne peut s’empêcher de penser à une BO de western spaghetti (Ennio Morricone ou Sergio Leone, au choix !) C’est aussi le moment choisi par le leader, pour quitter sa gratte. Cesare entretient des infrabasses tout au long du tribal « About time », dans un registre particulièrement techno, au cours duquel Franz se met à danser. Place ensuite aux titres les plus notoires du répertoire…

Mais avant tout, Treichler remercie ses fidèles aficionados qui le suivent depuis si longtemps. « Envoyé » adopte le rythme du chemin de fer (NDR : Bernard y est une nouvelle fois étincelant), alors que Franz dirige son pied de micro, au bas duquel est accroché un projecteur, vers la foule en clamant ‘Et le gagnant est’ ou alors en anglais, ‘And the winner is’, un titre émaillé de nombreuses explosions électriques. Treichler reprend sa gratte pour « You gave me a name », un morceau psychédélique, atmosphérique, aux percus plus africaines, qu’entretient Pizzi, Bernard achevant le morceau debout, en se concentrant sur ses cymbales à l’aide de mailloches. C’est aussi le dernier morceau du set. Bras dessous, bras-dessus, le trio salue longuement la foule en la remerciant.

Mais il revient pour un premier rappel, au cours duquel « Kissing the sun » va déclencher un beau petit pogo, puis le blues « Gasoline man » et enfin l’inévitable « Skinflowers », dynamisé par ses jaillissements électriques produits par les samples, alors que Franz a de nouveau empoigné son pied de micro pour haranguer l’auditoire, en l’aveuglant du faisceau de lumière…

On aura même droit à un second rappel, mais d’un seul titre. En l’occurrence « Everythem », extrait du dernier elpee. Un morceau mid tempo, atmosphérique, subrepticement dub, au cours duquel les sonorités vaporeuses et frémissantes de la guitare, évoquent le toucher de cordes d’un certain Connan Mockasin.

Ovation dans la foule, vraiment heureuse d’avoir retrouvé les Young Gods en aussi bonne forme, assagis, sans doute, mais toujours aussi branchés sur l’expérimentation. Et le trio de resaluer longuement la foule, la main sur le cœur, avant de tirer sa révérence… (pour les photos, c’est ici)

C’est aMute, aka Jérôme Deuson, qui assurait la première partie. Habile touche-à-tout, il jongle constamment entre les différents instruments, multipliant les boucles, organiques (guitare, percussions, etc.) ou électroniques (pupitre, loops, etc.) Mais si sa musique est particulièrement expérimentale, elle souffre d’une carence en mélodie. Même sa voix se limite à des chuchotements. Dommage… (pour les photos, c’est )

Setlist The Young Gods

Entre En Matière, Figure Sans Nom, Tear Up the Red Sky, All My Skin Standing, Moon Above, About Time, Envoyé, You Gave Me a Name

Encore 1:

Kissing the Sun, Gasoline Man, Skinflowers

Encore 2:

Everythem

(Organisation : Botanique) 

 

Balthazar

La fièvre du dimanche soir…

Balthazar a donc eu la bonne idée de s’arrêter à l’Aéronef de Lille, au cœur d'une tournée impressionnante. Responsable d’une pop alternative, inventive, lumineuse et nonchalante, boostée par une énergie brute, ce groupe belge s'est forgé une sacrée renommée internationale, grâce à ses trois premiers elpees.

Des bus entiers, au sein desquels on ne cause que la langue de Clouseau, ont transporté des centaines d’aficionados impatients d’assister au concert de leur band préféré. Faut dire que ce ‘Fever Tour’ ne s'arrête qu’à trois reprises en Belgique, et qu’il n’était pas aisé de se procurer les sésames.

Balthazar est venu défendre son quatrième opus, « Fever ». Depuis ses débuts, il a bien évolué et surtout pris de la bouteille. En outre, Martin Devolder et J. Bernhardt, les deux têtes pensantes du combo, se sont affirmées en acquérant une belle expérience née de leurs projets personnels, avant de mieux se retrouver.

Le départ de la violoniste Patricia Vanneste nous prive cependant d'une grande artiste et d’une représentation féminine au sein du line up ; mais qu'à cela ne tienne, les cinq gentlemen qui le composent aujourd’hui, ont vraiment tout pour convaincre.

L'Aéronef est donc comble pour accueillir le band coutraisien. Il règne cependant, dans la salle, une ambiance un peu smooth, en cette fin d'après-midi. L’assemblée dominicale a donc besoin d’être secouée...

Ces artistes sont séduisants. Pas étonnant, d’ailleurs que le public féminin se soit déplacé en masse. Faut dire que les musicos affichent un charme fou pour faire la java dans leurs petits pas chaloupés et roulements d'épaules.

Au cours des deux heures de ‘live’, le groupe va, bien évidemment, nous réserver les meilleurs morceaux issus de ses précédents long playings, parmi lesquels il n'y a pas grand-chose à jeter ; mais bien sûr, nous proposer des titres récents, issus de « Fever ». Ces morceaux-là, plus ‘groovy sexy’ se démarquent des trois elpees précédents. Le registre est davantage aigu et suave, mais surtout se nourrit d'électricité séductrice… Si, si !

Les titres s’enchaînent à une bonne cadence : des slows langoureux à danser en duo, empreints d’un chouia de mélancolie, aux refrains chantés en chœur par les cinq musicos, comme une bande d'amis qui passe la soirée ensemble, on frôle l'universel. Des interventions de cuivres (trombone et trompette) communiquent de la chaleur et de la rondeur à certains morceaux... Le tromboniste se prenant même pour la meute à lui tout seul.

Devant un décor ‘couleurs du moment’ (corail/jaune moutarde/bleu diva) les cinq dandys nous ont présenté un show bien chorégraphié et cadencé, mais également plein de classe et de sincérité.

Le public resté fidèle depuis ses débuts, le lui a bien rendu en ponctuant les refrains de ‘hou, hou’, en toute autonomie !

Parmi les moments les plus fusionnels, on épinglera « Blood like wine » (tous la chopine en l'air) et, sans grande surprise le nouveau tube "Fever", une composition d'une efficacité remarquable ; sans oublier le morceau tout joyeux issu du dernier opus, "Entertainement", parcouru d’autres ‘hou, hou’, mais ‘rollingstoniens’…

Grâce à ce concert pêchu, sexy et contagieux, Balthazar nous a transmis sa fièvre… du dimanche soir… (voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : A Gauche de La Lune)

No One Is Innocent

Même pas eu le temps de souffler…

Écrit par

En arrivant à destination, on constate que le ‘tour bus’ de No One Is Innocent occupe une bonne partie du parking réservé au Zik Zak. Doit y avoir un sacré matos ! Le band se produisait la veille au Reflektor de Liège, et apparemment y a mis le souk… 

Fondé en 1994, N.O.I.I. a publié son neuvième elpee, « Frankenstein », en février 2018. Fruit d'un cocktail entre punk, garage, metal et rock, sa musique est explosive. Ses coups de gueule virulents et ses revendications politiques humanistes véhiculés dans les lyrics déclinés dans la langue de Voltaire, reflètent un engagement jamais pris en défaut. Son patronyme ? C’est le titre d’un single des Sex Pistols ! Pas étonnant que le groupe cherche constamment à casser les codes traditionnels. Lors de leurs derniers concerts, ils ont même invité des survivants de Charlie Hebdo. Enfin, le band tourne régulièrement en compagnie de Tagada Jones, le Bal des Enragés ou Ultra Vomit, des formations qui partagent les mêmes convictions...

Le supporting act est assuré par une formation habituée des lieux : Z Band. Un quatuor réunissant Matt (Matthieu Van Dyck) au chant, Jay (Jerry Delmotte) à la batterie, Dweez (Morgan Twizir) à la guitare et Mich Michel Vrijdag à la basse. Le quatuor puise au sein de ses deux elpees, « No Loose Behavior », paru en mars 2018 et « Apocaliquids » en novembre 2018, pour forger sa setlist, des opus favorablement reçus par la critique. 

Tel le justicier qui pointe de la pointe de son épée le ‘Z’ de Zorro, le band assure souvent les premières parties au Zik Zak, un peu comme s’il servait de rampe de lancement idéale pour les têtes d’affiche. Et ce sera encore le cas ce soir. Les musicos mouillent leur chemise, à l’instar de Matt qui déambule parfois dans la fosse, alors qu’elle commence seulement à se remplir. Musicalement, le band semble surtout s’inspirer de Soundgarden, Rage Against The Machine et System Of A Down, mais probablement aussi de Red Hot Chili Peppers. Bref, back to the 90’s…

Setlist : « Into The Wild », « Always Running », « I Got A Mission », « Stretching My Mind », « YYYY’I D », « Diamonds In The Rough », « El Fush », « Right Here Richt Now », « Sweet Fruit », « Jezebel », « Mozzarella ».

Il est presque 22h00 lorsque No One Is Innocent débarque. Le line up réunit Kemar au chant, Thunder B à la basse, Popy aux drums ainsi que Shanka et Gaël aux guitares. De nombreux fans se sont agglutinés aux premiers rangs. Il est donc impossible de s’approcher du podium, Dès le premier morceau, « A La Gloire Du Marché », on est rassuré, le groupe est en forme. Et puis, les musicos ont de la bouteille et maitrisent parfaitement leurs instruments. Sa musique libère une fameuse dose de violence, une violence qui est portant dénoncée dans les textes des compos, fustigeant tout aussi bien le colonialisme que la guerre. Tout en n’oubliant pas d’incendier l’extrême-droite hexagonale, surtout quand Kemar balance que ‘La jeunesse emmerde le Front National. Le gratteur rythmique possède une excellente technique. Kemar crie son amour pour la foule et le démontre en se jetant dans la fosse pour se laisser porter à bout de bras. Mais les deux sixcordistes ne laissent pas Kemar monopoliser tout l’espace scénique. Ils s’autorisent d’ailleurs chacun leurs solos. Le public est survolté et la température dans l’auditoire grimpe par pallier. Kemar clame ‘Venez- vous prosterner’, alors que les quatre autres membres sont rassemblés autour de lui et du drummer. La formation avale les kilomètres sur les planches tentant de battre le record du monde du saut de kangourou.

Les morceaux défilent à plus de 100 à l’heure dont « Nomenklatura », qui s’achève par une série de ‘ya basta’, déclamés par un Kemar, d’une voix toujours à la limite de rupture. Et pas la moindre pause, puisque « Les revenants » n’est pas même prévu dans la setlist. A l’issue d’un étonnant mais bref solo, Shanka s’amuse à chanter dans le microphone de sa gratte. Pendant « Charlie », interprété en hommage aux disparus de Charlie Hebdo, la foule reprend les paroles en chœur. Une foule qui en demande et en redemande. Mais la prestation s’achève par un « What The Fuck » de circonstance…

Setlist : « À La Gloire du Marché », « Silencio », « Kids Are On The Run », « Ali », « Nomenklatura », « Djihad Propaganda », « La peau », « Solo Shanka », « Bullet », « Liar », « 20 ans », « Chile », « Frankenstein », « Charlie », « What The Fuck ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Page 9 sur 116