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Pascal Obispo

Lucie in the sky with Obispo…

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Obispo a décidé d'entamer sa tournée 2019 par la Belgique. Elle va se dérouler à guichets fermés. Ce soir, il est programmé pour le deuxième jour consécutif au Cirque Royal. Une semaine bien chargée, puisqu'il se produit encore à Liège et à Charleroi, avant de revenir aux Solidarités de Namur et le 29 novembre à Forest National (tickets en vente ici). Obispo a publié son onzième elpee studio, en octobre dernier. Il est éponyme. Pourquoi débuter son périple dans la capitale européenne ? Parce qu’il s'y sent bien, y possède une solide fan base et estime que le public y est chaleureux.

A 19h45, le maître de cérémonie vient annoncer la première partie : Antoine Galey. Un jeune artiste qui a participé au télé-crochet, 'The Voice France’, en 2016. Ne pas oublier qu'Obispo a été membre du jury de cette compétition. Et puis, Antoine est la vedette du clip d’Obispo, « Rien Ne Dure ». Cheveux longs, il chante en s'accompagnant à la gratte semi-acoustique et en s'éclairant à l'aide d'une lampe de chevet. Petit prodige de la six cordes, il va nous présenter quelques extraits de son premier album, « On Ne Sauvera Pas Le Monde Ce Soir ».  

Le temps de déménager la lampe de chevet et le micro, et Pascal Obispo grimpe sur les planches. A brûle-pourpoint, il concède que le public belge est indulgent. Son backing group implique un drummer –barbu, il est installé sur une estrade dans le fond à gauche, derrière un paravent en plexi, deux guitaristes, dont un coiffé d'un chapeau haut de forme de couleur rouge, ainsi que deux claviéristes dont l’un double aux cuivres (sax, clarinette, trompette). Pascal se charge de la basse. Il signale d'ailleurs qu'il n'est pas facile d'en jouer et de chanter en même temps ; et puis qu'il souhaite ébranler la machine à hits pop/rock empreinte de nostalgie qui fait rêver, à Bruxelles. Vu la réaction du public, on peut affirmer qu’il est entièrement acquis à sa cause. Une rampe composée de 40 spots tapisse le fond du podium devant quatre immenses écrans led sur lesquels sont projetées les paroles en mode karaoké. Pascal Obispo est un artiste sympa mais particulier. Généreux, il n'hésite pas à accorder des prestations de plus de 3 heures. Ce sera encore le cas ce soir dans un Cirque Royal bourré comme un œuf.

Le set débute par « Je Rentre ». Le natif de Bergerac glisse au milieu de la chanson un 'Vous m’aviez manqué', particulièrement touchant. Il est largement applaudi pour sa déclaration. Conquis, le public se lève de son siège pour entamer « Au paradis », et tout particulièrement le refrain. La soirée sera électrisée, rock, nostalgique et fortement teintée de sonorités issues des années 80. Pascal rend hommage à John et Paul à travers « A Forthlin Road », un morceau qu'il a coécrit. Caractérisée par des guitares un peu dark et des effets de pédales, il baigne au sein d'un climat réminiscent du célèbre "Sgt Pepper's" des Fab Four.  Premier hommage à Souchon qui apparaît en hologramme pour remercier Pascal et le public. Et c’est parti pour « Les Chansons De Souchon et Voulzy », des pointures de la chanson française, dans les années lumières. On ressent l’empreinte du fan avant d’être un artiste. Ensoleillé, « Ou Et Avec Qui Tu M’aimes », issu de l'elpee « Millésimes », est balayé de rythmes africains. « Assassine » se révèle particulièrement percutant. Mais c'est lors des titres les plus doux que Pascal se révèle le plus séducteur, sa voix montant alors dans les tours. Chaque trait d'humour fait mouche, renforçant l'interactivité entre l'artiste et la foule. Des roadies apportent un piano sur le podium. Place au moment « Lucille ». Pascal sollicite une Lucie de 23 ans, dans l'auditoire, en référence à sa chanson du même titre. Plusieurs bras se lèvent donc celui de votre serviteur qui tente sa chance. Directement, Pascal le regarde et s'exclame : ‘ Toi le barbu sympa, tu t’appelles Lucien, pas Luciole’. Après un contrôle d'identité, une Lucille de 31 ans grimpe sur scène et vient se placer à la gauche de Pascal. La fille est jolie, émue et… elle ‘a chaud’. Après quelques embrassades et quelques selfies, le duo nous réserve un joli duo plein d'émotion. Lucie est alors dans les cieux, avec Obispo dans les yeux. Mais l'hommage qu'il rend à sa pote, feu Maurane, sur « Rentrer Chez Soi », est bien plus bouleversant. Claudine apparaît alors en hologramme, derrière, sur l’écran. « Et Bleu » constitue une ode passionnante consacrée à la femme. A la fin de « 1980 », les musicos embraient par « Someone, somewhere in summertime » de Simple Minds, puis « Relax » de Frankie Goes To Hollywood, et enflamment inévitablement la fosse. Max s’invite à la trompette pour « D'un Ave Maria ». C’est à la fois beau et déroutant. Avant qu’Obispo ne nous incite à rejoindre le dancefloor, grâce aux rythmes endiablés et africains qui dynamisent « Chante La Rue Chante ». On se croirait alors, à Bamako.

(Organisation : Next Step / AA productions en accord avec Arachnée Productions)

 

Flogging Molly

Trop peur d’en perdre une goutte…

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Plus de 20 ans que Flogging Molly écume les concerts en proposant une musique qui mêle punk, rock et folk celtique. Partout où il passe, on assiste ou plus exactement participe, à une fête géante. Un peu comme si on fêtait la Saint Patrick. Dans l’esprit de The Pogues, Social Distortion, Rancid, Bad Religion ou encore Dropkick Murphys, pour lequel il avait assuré le supporting act, en février dernier, au même endroit. Bien que fondé en 1997, à Los Angeles, aux Etats-Unis, son guide, Dave King, est fier de ses origines irlandaises. Pas étonnant qu’il tape les paroles de ses chansons sur une machine à écrire datant de 1916, année au cours de laquelle s’est déroulée l'insurrection de Pâques, en Irlande.

Buster Shuffle est programmé en première partie. Son dernier LP, « I'll Take What I Want », remonte à 2017. Son principal slogan ? ‘Fuck the Brexit’ ! Et il va nous le rappeler, tout au long du set. Lorsqu’il grimpe sur le podium, à 19h45, il y a déjà bien du peuple dans l’AB. Le quatuor réunit le chanteur/pianiste –coiffé d’une casquette noire– Jet Baker (NDR : dont la voix évoque curieusement Suggs, le vocaliste de Madness), le drummer Terry Mascali, le guitariste rythmique James Stickley ainsi que le bassiste Gravy (NDR : son chapeau mou vissé sur le crâne lui confère une binette bien sympathique). Un rideau noir masque le matériel –imposant, par ailleurs– de Flogging Molly. Le show s’ouvre par « Brothers and sister », un ska incendiaire qui incite déjà la foule à sautiller. Le combo va nous réserver deux superbes covers. Tout d’abord le « You Never Can Tell » de Chuck Berry, puis le « Out of Sapce » de Prodigy, un rock steady qui va mettre une ambiance du tonnerre. Le chanteur est hyper-interactif. De quoi entretenir le souk qui agite la fosse. Point d’orgue du concert, un pot-pourri constitué de reprises de Queen, Madness et Specials…

Setlist : « Brothers And Sisters », « I'll Get My Coat », « Petit Pot Pourris », « We Fall To Pieces », « You Never Can Tell (cover Chuck Berry), « Our Night Out », « Out Of Space (cover The Prodigy).

Le line up de Flogging Molly réunit Dave King (gratte semi-acoustique et chant), Bob Schmidt (mandoline, banjo, bouzouki), Matt Hensley (accordéon), Nathen Maxwell (basse, chant), Dennis Casey (guitare électrique), Bridget Regan (violon, flûte irlandaise, uilleann pipes) et le drummer George Schwindt, qui se plante au centre, légèrement en retrait sur une estrade. Ce soir, le septuor va puiser généreusement dans son dernier elpee, « Life Is Good », paru en 2017, mais également au sein des 9 autres long playings, en privilégiant, bien entendu, ses hits. En toile de fond, le sigle distinctif du band est affiché, soit un énorme trèfle à 4 feuilles au cœur duquel 2 serpents sont entrelacés, l’un d’entre eux brandissant dans sa gueule, un poignard vengeur, lame vers le haut.

Dès le début du set on est plongé dans un univers bien celtique. Banjo, violon, fifre et accordéon favorisant cette impression. Les mélodies sont irrésistibles. Les refrains, contagieux. Les chansons, rafraîchissantes, allègres et récréatives. Et lorsqu'un pogo impliquant 1200 personnes éclate, c’est impressionnant. Le personnel de sécurité ne chôme pas. Il y a d'ailleurs longtemps que votre serviteur, calé dans son fauteuil au balcon, n’a plus assisté à un tel spectacle !  Sur les planches, les musicos profitent du moment présent autant que l'auditoire, régulièrement illuminé par un light show dominé par les lumières bleues, vertes et jaunes. King est partout, harangue les premiers rangs et arpente la scène dans tous les sens en sautillant comme un cabri. Hormis « Laura », un vieux standard que votre serviteur apprécie, tous les tubes sont passés en revue, des compos aux textes intelligents et engagés. Et pas question de profiter des titres plus mélancoliques pour prendre une pause, aller aux toilettes ou aller chercher un rafraîchissement. Trop peur d'en perdre une goutte. Et de manquer, par exemple, le magique « Crushed (Hostile Nations) ».

Le rappel est carrément bordélique. Et lors du final, le groupe au grand complet fait le mariole sur l’air du ‘montypythonesque’ « Always Look On The Bright Side Of Life », les musicos balançant tout ce qu'ils ont sous la main, Dave King se délestant même de sa chemise, chargée de transpiration. Un moment à revivre le plus tôt possible.

Setlist : « There's Nothing Left Pt. 1 », « (No More) Paddy's Lament », « The Hand of John L. Sullivan », « Drunken Lullabies », «The Likes Of You Again », « Swagger », « The Days We've Yet To Meet », « Requiem For A Dying Song », «Life In A Tenement Square », «Float », «The Spoken Wheel, Black Friday », The Spoken Wheel, Black Friday », « Life Is Good », « Rebels Of The Sacred Heart », « Devil's Dance Floor », «  Crushed (Hostile Nations) », « What's Left Of The Flag », « The Seven Deadly Sins ». 

Rappel : « If I Ever Leave This World Alive », « Salty Dog », « Always Look on the Bright Side of Life » (Monty Python cover).

(Organisation : Ancienne Belgique)

Photo : Richie Smyth

Mortiis

Comme un zombie dans un cimetière…

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Håvard Ellefsen est un des membres fondateurs du légendaire groupe de black metal symphonique, Emperor. Il n’y est cependant resté qu’un an, montant ensuite différents projets, dont Mortiis, qu’il lance dès 1993. Ce Norvégien le pilote, tantôt en solo ou flanqué d’un groupe. Sa musique mêle darkwave, synthpop et rock industriel. Ce soir, il se produit en solitaire, au Magasin 4.  

Le supporting act est assuré par The Nightstalker. Il ne s’agit cependant pas du groupe grec qui porte le même patronyme, sans le ‘The’, un combo responsable d’une forme d’atmospheric gothic/dark metal. Et rien à voir avec le livre du Liégeois Steve ‘Serpent’ Fabry, ‘Le journal de Nightstalker’. En fait il s’agit d’un duo issu de la région gantoise impliquant un guitariste et un drummer. A son actif, deux albums. Intitulés « Death Bringer » et « Destination Dystopia », ils sont vendus lors de leurs concerts sous la forme de cassettes, vinyles ou alors en numérique, via Bandcamp.

A l’arrivée du tandem, le guitariste reproduit le signe de ralliement des métalleux, soit le ‘V’ des cornes du diable. Il saisit un le squelette d’un crâne, placé à sa gauche, puis le remet à sa place. Des images défilent sur l’écran placé derrière le drummer, qui se sert d’un kit de batterie électronique.  Les sonorités de de trompettes et de cuivres sont issues de samplings. Atmosphérique, instrumentale, la musique est plutôt agréable à écouter, mais lorsqu’elle monte dans les tours, elle devient ténébreuse et glaciale, rappelant alors les B.O. des films d’épouvante nés au cours des eighties. Synthwave elle est également baptisée outrun ou retrowave. Et puis quand la guitare s’impose, elle vire vers une forme de black-death-indus métal. Le leader du band se qualifie lui-même de ‘John Carpenter qui rencontre les années 80 et l’Electro Body Music (EBM) qui a popularisé Front 242’. C’est somme toute très cérébral, mélodique à souhait et finalement une belle découverte.

Recouverte d’un drap noir, une immense table envahit la partie centrale du podium. Y sont disposés plusieurs synthétiseurs. Mortiis vient se placer derrière, sous un déluge de lumières bleutées et dans un épais brouillard de fumée. Son look est impressionnant : piercings, dreadlocks et visage maquillé de blanc, pour ne pas dire blafard. L’artiste va nous livrer de larges extraits de son troisième album, « Ånden Som Gjorde Opprør », paru en 1994. Son rock industriel est uniquement instrumental. En ‘live’, ses compos se révèlent plus puissantes et énergiques, mais toujours soignées. Certaines sonorités de claviers adoptent même celles d’orgues d’église. Pas question ici de voyage au cœur des fjords, mais plutôt au sein d’un univers anxiogène, un peu comme chez The Nightstalker, raison, sans doute pour laquelle, ce duo a été choisi pour assurer la première partie. Et au sein de cet univers, Mortiis se sent comme –non pas un poisson dans l’eau, sinon on parlerait de cœlacanthe– un Zombie dans un cimetière…

(Organisation : Hellhole Project). 

Hooverphonic

Encore à décanter…

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C’est la première fois que Hooverphonic foule les planches du Lotto Arena. La salle est archicomble pour accueillir la formation drivée par Alex Callier et Raymond Geerts, dont une nouvelle chanteuse vient d’être recrutée. En l’occurrence une lauréate du télécrochet ‘The Voice’ versus Flandre : Luka Cruysberghs. Toute jeune chanteuse, elle n’avait alors que 17 printemps. Lors de ce concours, elle avait brillé en interprétant « Mad to you », un hit du groupe. Son coach, Alex, avait alors décidé de l’intégrer à son combo. Une première ! Hooverphonic a prévu de partir en tournée, cet été, aux USA. Mais, le baptême du feu de Luka est prévu ce vendredi 28 décembre, à Anvers. La sixième vocaliste du band a la lourde tâche de reprendre le flambeau laissé, par ses ‘prédécesseures’. Elle a cependant, déjà participé aux sessions d’enregistrement du 10ème opus, « Looking For Stars », un disque paru ce 16 novembre ; et le résultat est concluant. On attend donc de la voir et surtout de l’entendre, en ‘live’…

Une cape noire recouvre la tête de Luka qui laisse néanmoins entrevoir de longs cheveux blonds platine. A côté d’Alex ou de Raymond, elle paraît toute petite. Ils auraient d’ailleurs pu être leur père.

Tour à tour rouge ou bleu, suivant les variations du light show (NDR : 6 rampes de 4 spots superposés, sont disposés de chaque côté du podium alors que 6 projecteurs sont destinés à se focaliser sur les différents artistes), un rideau est tendu derrière le drummer planté sur une estrade. A sa droite, Pieter Peirsman se charge de claviers, d’une gratte semi-acoustique et assure les backing vocaux.

Le set s’ouvre par deux titres issus du dernier elpee, « Concrete Skin » et « Lethal Skies », des compos qui collent parfaitement à la voix de Luka. A l’issue de ce dernier morceau, elle ôte sa cape, laissant apparaître une robe bouffante de couleur rouge, enfilée au-dessus d’un pantalon, lui même enfoncé dans des bottes ; le tout de teinte noire. Alex troque ses claviers contre une basse et attaque « Ether » (« Reflection »). A cet instant, malgré son potentiel vocal, on se rend compte qu’elle n’a pas encore complètement assimilé l’ancien répertoire de Hooverphonic. Alex évoque les 23 années de carrière du band, au cours desquelles la formation a eu recours à des cuivres, des cordes et même à un orchestre symphonique. Mais ce soir, il en est revenu à une formule plus basique. D’ailleurs ces cordes et ces cuivres sont samplées par les synthés de Peirsman. Luka enlève sa robe et se retrouve en body, falzar et bottillons. Peirsman la seconde tout au long de « Horrible Person » et « Badaboum », aux vocaux. Caractérisé par ses grandes envolées, de riches contrastes, des touches subtiles et une mélodie envoûtante, le futur single, « Romantic » (NDR : sortie prévue le 18 avril), baigne au sein d’un climat vintage. Plus dansant, « Uptight » reflète très bien l’ambiance du nouvel opus. Et dans le même esprit, « Looking For Stars » est hanté par un Simple Minds au sommet de son art. Alex à la gratte et Luka, qui pour la circonstance a endossé une mante argentée, interprètent en duo l’inévitable « Mad About You ». Le contraste est flagrant, mais la voix manque de maîtrise. Et au bout de 90’, Hooverphonic clôt le show par un « Amalfi » d’anthologie.

Les artistes saluent et vident les lieux, mais accorderont un rappel dont une cover du « Suspirium » de Thom Yorke, bien réappropriée. Et c’est « Long Time Gone qui achève un concert au cours duquel on s’est rendu compte que l’intégration de la nouvelle chanteuse était encore en pleine phase de rodage…  

Setlist : « Concrete Skin », « Lethal Skies », « Ether », « Vinegar & Salt », « Heartbroken », « Anger Never Dies », « Horrible Person », « Eden », « Romantic », « Sleepless », « Jackie Cane », « The Night Before », « Hiding In A Song », « Mad About You », « Uptight », « One Two Three », « Badaboum », « Looking For Stars », « Amalfi ».

Rappel : « Suspirium » (Thom Yorke cover), « 2Wicky », « Long Time Gone ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Fleddy Melculy

Un débordement d’énergie et d’humour…

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Située à Opwijk, la salle Nosta est réputée à la fois pour sa convivialité et la qualité de son matos audio. Ce soir, on y célèbre la Chlistmasfest, une soirée organisée par Fleddy Melculy, un groupe plutôt insolite, puisque non seulement ses textes –à prendre au second, voire au troisième degré– sont torchés en patois flamand bruxellois, mais aussi parce qu’il pratique une forme de recyclage écologique de l’histoire du métal. Leader du combo, Jeroen Camerlynck (NDR : c’est également la tête pensante de la formation De Fanfaar) s’autoproclame fils illégitime de Lars Ulrich et de Lita Ford ; et il n’a pas tout à fait tort. Les influences majeures du combo oscillent cependant de Motörhead à Aborted en passant par Korn et Metallica. Les lyrics abordent les sujets aussi hétéroclites que la faim, la nourriture, l’humeur, la boisson, le nightshop du Paki, la musique qu’il déteste (le jazz) ou encore le t-shirt de Metallica.

Le supporting act est assuré par The Curse Of Millhaven, dont le patronyme est emprunté à une compo de Nick Cave. Issu d’Ypres, ce quintet réunit le chanteur Jasper Lobelle, le bassiste Bram Dewilde, le drummer Bart Rambour (NDLR : on n’a pas dit Tambour !) ainsi que les guitaristes Jeroen Debruyne et Kurt Mylle. Il pratique un death métal mélodique teinté de deathcore. Bref, c’est du lourd ! Sombres, les lyrics traitent de thèmes aussi joyeux et divers que l'infection, la maladie la mort et l’enfer. Bref, tout ce qui pourrait détruire notre race humaine. Bel enchaînement !

Le musicos sont en ligne pendant la diffusion d’une intro préenregistrée. Ils regardent le drummer frapper ses cymbales pendant qu’une voix d’enfant pose des questions existentielles. Jasper lève un poing vengeur, se retourne vers le public, le salue, l’incite à se rapprocher et à entamer des pogos juste devant lui. La setlist est partagée entre morceaux du premier elpee, « Vestibulle Of Hell », paru en 2017, et le nouvel Ep 8 titres, « Plagues », gravé en août 2017. Le drumming est incendiaire, démoniaque même.

Très technique, tour à tour rapide ou flemmard, le sixcordiste excelle sur son instrument. Et il le démontre tout particulièrement tout au long de « Black Death ». La voix de Lobelle est rageuse et âpre, mais parfaitement mélodique. Le chanteur invite la foule à se lancer dans un circle pit pendant « Simony », mais il ne prend réellement forme qu’à partir de « The Infection ». Pour remercier le band, certains spectateurs aux premiers rangs courbent le corps, en signe de reconnaissance. C’est un peu une chorégraphie rituelle exécutée lors des concerts de métal. Une bonne entrée en matière… (Pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Bringer Of Disease », « Frame Of Deceit », « Black Death », « Downfall Of Inquisition », « My Reign, My Wrath », « Shelter », « Left In Steench », « Simony », « The Infection », « Plagues ». 

Comble, la salle accueille 300 personnes. Le set de Fleddy Melculy démarre à 22h00 précises. Une voix ‘off’ annonce le concert de Channel Zero (humour melculyal). Puis signale qu’il s’agit d’une erreur et rectifie le tir. Le ton est donné. Jeroen rectifie, on va bien assister au concert de Noël de Melculy. Il vient de débarquer au son de cloches d’église et de clochettes chères au Père Noël. Il est vêtu d’une chemise à carreaux de couleur rouge et noire (NDR : de bûcheron, si vous préférez). Le bassiste et l’un des deux gratteurs portent des masques de cuir. L’autre est coiffé d’un chapeau. En retrait, le drummer est planté sur son estrade. Outre la double grosse-caisse plantée à l’avant, son kit est décoré de guirlandes de Noël.

Morceau qui ouvre le set, « Kerk » est slammé. Le flow est constant. La compo évoque la difficulté de chauffer un édifice aussi spacieux qu’une église. Samplées, les sonorités aux ivoires sont puissantes. Les cordes de grattes grondent. Infernales, torturées elles menacent de vous conduire sur les rives du Styx. Ce déchaînement se poursuit tout au long de « 2 Dagen Te Laat » et « Feestje In Uw Huisje ». Deux gamines, âgées de tout au plus 10 ans, montent sur les planches, tendent les bras et entament un crowdsurfing jusqu’au fond de la salle, un exercice qui va se répéter tout au long du show. Mais également entraîner de nombreux spectateurs à les imiter. D’autres préfèrent s’abandonner dans des moshpits. Le groupe n’en oublie pas son hit explosif, « Geen Vlees Wel Vis ». Que ce soit du punk, du punk core, du death core, du metal core ou du truc core, l’ambiance, au sein de la fosse, ne baisse jamais d’un cran. « Apu Van De Nightshop » incite votre serviteur à se joindre à la fête. Ce débordement d’énergie et d’humour met tout le monde d’accord et surtout de bonne humeur.

Autre titre incontournable, « T-Shirt Van Metallica » clôt le concert. Le meilleur moment de la soirée ! La formation se produira au Zik Zak de Ittre le 27 avril 2019. Et le supporting act sera assuré par Baraka, d’autres barakis qui décoiffent tout autant… (POur les photos, c'est )

Setlist : «  Kerk », « 2 Dagen Te Laat », « Feestje In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « Camouflage », « Ik Ben Kwaad », « Moeidunidotcom », « 668 », « Apu Van De Nightshop », « Varken », « Brood », « Pinker », « Nooit Meer Drinken », « Fuck Dees Fucking », « Ik Haat Jazz », « Voor Altijd Jong ».

Rappel : « T-Shirt Van Metallica ».

(Organisation : Nosta)

 

Douglas Firs

Au bout de l’ennui…

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Douglas Firs c’est le band du Gantois Gertjan Van Hellemont, une formation active depuis 2012. Un quatuor responsable de trois albums à ce jour ainsi que de quelques singles qui ont cartonné au Nord de la Belgique, comme « Caroline » ou « Pretty Legs And Things To Do ». Son style ? Une forme de folk/country/americana qui a valu au groupe des comparaisons flatteuses avec Ryan Adams. Il s’était déjà produit en 2017 à l’ABClub, dans une salle comble. Ce soir, il est programmé à l’AB Box.

Pitou assure le supporting act. De son véritable nom Pitou Nicolaes elle est amstellodamoise. Après avoir gravé un premier Ep éponyme en 2016, elle a publié son second, « I fall asleep so fast », en mai dernier. Sept titres qui reflètent ses influences oscillant du folk au rock en passant par la world. Timide, elle chante d’une voix fragile, attachante, mais quelque peu monocorde, en s’accompagnant à la gratte électrique qu’elle ré-accorde entre chaque morceau. Cependant, c’est lorsqu’elle va opter pour la guitare semi-acoustique, en l’occurrence lors des deux derniers titres, que son set va véritablement décoller, sa voix adoptant un profil davantage atmosphérique…

Setlist : « Problems », « Melody », « OCut A Hole », « Give Me A Glass », « Animal », « Run Boy Run », « I Fall Asleep So Fast », « Helium », « Debt Of A Lover ».

Une intro préenregistrée prélude l’arrivée de Gertjan sur les planches. Il est seul pour attaquer « I Will Let You Down » et il excelle à la six cordes. Puis les trois autres musicos le rejoignent, soit son frère Sem, aux claviers, Simon Casier Simon Casier (Balthazar), à la basse et Laurens Billiet, aux drums. « The Both Of Us » nous entraîne à travers les vastes plaines du Far West. Sem donne de la voix ou souffle dans son harmonica tout au long de « Hannah ». Gertjan se réserve deux autres compos en solitaire, « Motel Blues » et « That King Of Thing ». A cet instant on ferme les yeux et on ouvre bien grand les oreilles pour savourer ce moment de tendresse et de délicatesse. Les frangins et Casier chantent a cappella « The Waiting Around ». Superbe ! Mais à partir de « A Long Time Ago », tramées dans une forme de country un peu trop conventionnelle, le concert traîne sa monotonie. Et au bout de 50 minutes, votre serviteur commence à s’endormir ; aussi, il préfère s’éclipser préférant retrouver les bras de Morphée… dans son lit…   

Setlist : « I Will Let You Down » (Solo), « The Both Of Us », « Hannah », « 45 Days », « Caroline », « How Can You Know », « Shimmer And Glow », « Motel Blues » (Solo), « That King Of Thing » (Solo), « The Waiting Around » (Trio), « A Long Time Ago », « Undercover Lovers », « Everythings A Lie », « Pretty Legs ».

Rappel : « Never Cared Enough », « Judy ».  

(Organisation : Ancienne Belgique)

Bénabar

Les bons mots de Bénabar…

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Le Palais 12 est une salle modulable. Ainsi, pour accueillir les 3 000 spectateurs qui vont assister, ce soir, au concert de Bénabar, elle a été configurée en ‘Théâtre’, une forme plus conviviale et intimiste qui rapproche l’artiste de ses fans. Réalisé par Mark Daumail, le leader du groupe Cocoon, le huitième opus du bientôt quinquagénaire, « Le début de la suite », est sorti en mars dernier. Il y renoue avec la finesse de plume et la rondeur des chansons qui ont forgé son énorme succès, à ses débuts, en 2000. Un album qu’il a voulu joyeux et lumineux dans lequel il met en scène des personnages, dont une petite vendeuse, un vigile, un marathonien, un chevalier sans armure, un chauffard et un sédentaire. Ses textes imprégnés à la fois d’humour cynique et de tendresse dépeignent avec justesse le monde qui l’entoure et les tracas de la vie quotidienne. Bref, Bénabar décortique, Bénabar se moque, Bénabar analyse la nature humaine, à la manière de Renaud, en sondant la nature humaine, dont il épingle au vitriol, les différentes facettes et pas toujours les meilleures.

Le supporting act est assuré par Laurent Lamarca, un Lyonnais établi à Paris. Ce troubadour compte deux albums à son actif : « Nouvelle Fraîche », paru en 2013 et le second « Comme Un Aimant », en avril dernier. Il est surtout connu pour ses deux singles, « Le Vol des Cygnes » et « Bella Vida », diffusés régulièrement sur les ondes francophones. Apprécié par, notamment, Julien Clerc et Francis Cabrel, il a imaginé un concept de concert futé : le ‘Homme Sweet Home’, où il propose à ses fans de le rejoindre dans des lieux confidentiels et inattendus, comme une église, une maison d’hôtes ou une grange.

Il débarque seul sur les planches et chante en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, d’une percussion électronique, qu’il active du pied droit, et parfois il souffle dans un harmonica. Comme sur le titre qui ouvre le set, « Main dans la main ». Sa voix est puissante et sableuse. Il signale être content de nous voir, ce soir, et demande de rester sur place pour le petit gars qui va le suivre, parce qu’il s’agit de son premier concert. Une forme d’humour qui établit déjà l’interactivité avec la foule. Adapté dans la langue de Voltaire, le « Ho hey » des Lumineers met littéralement le feu aux poudres. « Taxi » est une compo qui roule… Il nous réserve, bien sûr, des titres issus de son dernier elpee –une œuvre empreinte de mélancolie douce– à l’instar de l’inévitable « Vol Des Cygnes », une chanson qui incite au voyage, ainsi que « Croire en toi et moi », titre qui clôt son récital. Conquis, l’auditoire se lève pour l’applaudir chaleureusement…

Setlist : « Main Dans La Main », « Le Vol Des Cygnes », « Taxi », » Ho Hey » (The Lumineers Cover), « Croire En Toi Et Moi »

C’est la dernière date de la tournée de Bruno Nicolini, aka Bénabar. Son backing group réunit un drummer, deux claviéristes dont un double aux percus, un bassiste, un guitariste, un bugliste et un saxophoniste/accordéoniste.

L’entrée en matière est percutante. Une voix d’enfant samplée prélude « Brève Et Approximative Histoire De France ». Lors de la version acoustique de « Quatre Murs et Un Toit », encouragé par les applaudissements du public, le guitariste se consacre au banjo. Long monologue humoristique consacré aux enfants qui se cassent à 20 ans. Bénabar signale que lui et ses musicos sont tous pères de familles et que les gosses sont dans la salle, mais qu’ils peuvent parfois être ‘casse-couilles’. La foule reprend en chœur le refrain de « L'effet Papillon ». Bénabar ne tient pas en place se déplace aux quatre coins du podium. Et le duo de cuivres danse également régulièrement sur place. Coloré par le mélodica, « A Notre Santé » nous entraîne sous le soleil, sur les plages de Kingston. Bénabar remercie l’auditoire à la fin de chacune des ses chansons, en concédant son rituel ‘Merci M’sieurs dames’

« Le Zoo De Vincennes » décrit les déboires des animaux vieillissants, confinés au sein d’un enclos restreint. Une leçon de vie ! « La Petite Vendeuse », Bruno l’a rencontrée, elle fumait sa clope derrière le Leclercq. Il ajoute cependant, qu’en Belgique, cette situation se déroulerait au Delhaize. Et c’est le hit « A La Campagne » qui clôt la première partie du set. Des roadies apportent un piano rouge sur le cercle blanc formé par le faisceau lumineux. Bénabar plaisante. Il est très interactif. Il rabat un support en bois de couleur blanche contre celui-ci, et l’instrument devient à queue et de cette teinte immaculée. Seul derrière ses ivoires, Bénabar interprète « Le 115 », « Bon Anniversaire », « L'itinéraire », « Maritie Et Gilbert Carpentier », « Politiquement Correct », « Les Rateaux » et « Dis-Lui Oui ».

Ses musicos reviennent sur le podium à partir de « Le Slow ». Bruno nous parle de ses musicos. Des alcoolos, insinue-t-il, qui le suivent depuis 20 ans. Mais également de sa compagne et de ses enfants. Le public ne tient plus en place, et se lève de plus en plus de ses sièges. Le son est excellent, le light show est soigné. Toutes les chansons se succèdent harmonieusement et on se surprend à plonger tête baissée dans cet univers unique où l’artiste multiplie les bons mots tout en nous réservant des mélodies imparables. « Feu De Joie » clôt le concert dans un climat joyeux et presque enfantin, avant que la troupe ne réserve trois titres en rappel…   

Setlist : « Brève Et Approximative Histoire De France », « Quatre Murs et Un Toit », « L'effet Papillon », « A Notre Santé », « L’Agneau », « Le Zoo De Vincennes », « Chauffard », « La Petite Vendeuse », « Le Regard », « A La Campagne ».  

Pot-pourri, medley joué seul au piano : « Le 115 », « Bon Anniversaire », « L'itinéraire », « Maritie Et Gilbert Carpentier », « Politiquement Correct », « Les Rateaux », « Dis-Lui Oui ».

Pot-pourri, medley joué avec les musiciens : « Le Slow », « Y'a une fille qu'habite chez moi », « Monospace », « La Berceuse ».

« Ça Ne Sert A Rien Une Chanson », « Le Début De La Suite », « Les Mots D’Amour », « Paris By Night », « Les Epices Du Souk Du Caire », « Chevaliers Sans Armure », « Le Dîner », « Feu De Joie ».

Rappel : « Je Suis De Celles », « Majorette », « La P'tite Monnaie » 

(Organisation : UBU Production en accord avec Caramba Spectacles et Alias Production)

Soldout

Que d’émotion lors de la 'der' de Soldout à l'AB !

Un sentiment de nostalgie, voire de tristesse, plane ce soir sur l'Ancienne Belgique. Soldout, le duo électro-pop bruxellois accorde son dernier concert. Charlotte et David ont en effet décidé de refermer le chapitre Soldout.

En 15 ans, ce projet a permis au couple de voyager à travers le monde entier. Il a vécu des moments inoubliables et s'est réinventé en permanence, en toute sincérité, depuis le premier jour. Aujourd’hui, les musicos veulent prendre d’autres risques, tout remettre en jeu, démarrer de nouveaux projets musicaux, retrouver l'innocence de leurs débuts.

Le public est venu en masse pour assister à la dernière prestation du duo. Même Charlotte ne résiste pas à la tentation de faire le jeu de mot : 'Le concert de Soldout est soldout ce soir !' Sur le podium, ils sont accompagnés par leur fidèle batteur et la scénographie est, comme d'habitude, très minimaliste, articulée autour de néons dressés verticalement. Dès les premiers morceaux, « The Call » et « Wazabi », l'ambiance est électrique. Mais c'est « I Can't Wait », leur classique électro-clash de 2004, qui provoque les premières vagues dans la foule.

Après une séquence plus calme (« Forever » et « My Love »), les Bruxellois remettent le turbo et attaquent « Oppression », le tour de force électronique qui s'étend sur sept minutes, suivi du hit incontournable : « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte s'approche du bord de l’estrade ; ce qui déchaîne les fans des premiers rangs. On imagine un retour au calme, mais on assiste à la première surprise de la soirée. Bim ! Le « Mine » de Ghinzu bénéficie du concours d’un invité de marque : John Stargasm himself ! Souvez-vous que le track était paru sur « Dead Tapes », l'album de collaborations sorti en 2005.

Et après « One Word », re-bim ! Deuxième surprise car, pour transfigurer « The Box », Soldout a invité Richard 23 de Front 242. Ce titre power-electro correspond parfaitement à un des plus grands showmen de ce côté-ci du Rio Grande. Il ne se gêne pas pour rouler les mécaniques et faire monter l'ambiance d'un cran, grâce à sa présence très.... body !

Quand la dernière note retentit, Soldout se retire. Première impression : le temps a passé très vite. Il est déjà 22h et le duo revient pour une troisième surprise... C'est Lionel, des Girls In Hawaï qui vient prêter sa voix et sa guitare à la version acoustique de « I Don't Want To Have Sex With You », également extraite de « Dead Tapes ». Un moment émouvant.

Le premier rappel se poursuit par « Do It Again », « Get Out », « Ocean » et « Dune », et Charlotte en profite pour aller prendre un bain de foule en emportant son micro sans fil. L'occasion pour elle de communier auprès de ses fans et de taper des 'high-fives' avec les spectateurs qu'elle reconnaît, dont votre serviteur.

En toute logique, le deuxième rappel est consacré à « The Flow », le 'chant du cygne' du duo, un cadeau d'adieu publié il y a quelques jours en édition limitée sur vinyle transparent. C'est un petit joyau électro de 13 minutes qui permet à David de montrer toute l'étendue de sa maîtrise aux synthés. Il y part dans un délire électro-kraut digne de Klaus Schulze période « X ». Un véritable trip d'une beauté sidérale, qui nous laisse la gorge nouée. Un magnifique point d'orgue pour une soirée inoubliable. ‘Farewell’, les amis, et continuez de nous enchanter dans vos prochains projets !

Dj Salas assurait le supporting act. D’origine péruvienne, ce Bruxellois est également producteur. Il a publié des maxis et des remixes sur des labels aussi prestigieux que Relish, Toys For Boys, petFood, Kill The DJ ou B-Pitch Control. Il est hébergé par l’écurie Biologic depuis 2012 et a publié son premier elpee, « The Unspoken », en 2017. De son véritable nom Diégo Cortez Salas, il adore mêler les styles, depuis la house à la new beat, en passant par le disco. Sans oublier d’injecter dans sa solution sonore, des percussions. Quoique brillant derrière ses platines, il manque quand même d’interactivité ; d’ailleurs, il n’a jamais adressé le moindre regard à la foule… (D.D.)

Setlist Soldout :

The Call
Wazabi
I Cant' Wait
94
Forever
My Love
Drop of Water
Oppression
I Don't Want To Have Sex With You
Mine (ft. John Stargasm)
One Word
The Box (ft. Richard 23)

Rappel I :

I Don't Want To Have Sex With You (ft. Lionel de Girls In Hawaï)
Do It Again
Get Out
Ocean
Dune

Rappel II :

The Flow

Pour voir les photos de Wim Heirbaut, c'est ici

Pour revoir le concert de Soldout sur Youtube, c'est

Organisation : Progress Booking + Ancienne Belgique

 

Nile Rodgers

Nile Rodgers & Chic : Forest National transformé en temple du funk…

Écrit par

Le guitariste Nile Rodgers et le bassiste Bernard Edwards ont fondé Chic en 1976. Ce groupe de disco/funk yankee a rencontré un succès international fin des 70’s grâce à des titres comme « Le Freak » ou « Good Times ». La conjugaison des grattes des deux membres fondateurs a eu une influence majeure sur la musique de cette époque. Malheureusement, Edwards est décédé en 1996, laissant son binôme seul avec sa guitare rythmique. Souffrant d’un cancer diagnostiqué en 2010, Nile Rodgers a déclaré être guéri depuis 2013. Une épreuve qui a diamétralement changé sa philosophie de vie. Fin septembre, il a publié un nouvel album (NDR : au cours de sa carrière, il en a vendu plus de 300 000 à travers le monde !), un disque pour lequel il a reçu, notamment, le concours d’Anderson.Paak, Emeli Sandé, Lady Gaga, Craig David et Elton John.

Pour cette tournée, Nile a emmené ses fidèles musiciens, qui le suivent depuis 2013. En l’occurrence le batteur Ralph Rolle, le bassiste Jerry Barnes, le claviériste Richard Hilton, le saxophoniste Bill Holloman et le trompettiste Don Harris. Sans oublier les choristes Folami Thompson et Kimberly Davis.

Lorsqu’on débarque à FN, vers 19h00, 3 Dj’s (Star Bar dj's) sont affairés derrières leur table posée en avant-scène. Réunissant Wauter De Sadeleir, Pieter Struye et Koen Hulsmans, le trio jouit d’une solide réputation en Flandre. Ils bossent à l’ancienne et se servent de maxi vinyles et de cds en mixant le tout judicieusement. Pour leur programmation, ils puisent au sein des standards du funk et de la soul des années 70 à nos jours…

Si le concert est sold out, la salle a été adaptée en configuration club. Tant mieux, c’est sous cette forme que le son est le meilleur. Bref, il y a 2 500 personnes pour accueillir cette légende vivante du funk américain.

Un peu avant 21 heures, Nile Rodgers, casquette noire retournée vissée sur le crâne et vêtu d’une veste à paillettes de couleur gris alu, vient saluer son public. Un roadie vient lui apporter sa célèbre ‘Fender Iconic Hitmaker’ (NDR : elle est estimée à 4 500 € !) alors que ses musiciens s’installent, dont un claviériste supplémentaire. Pendant qu’ils accordent leurs instruments, Nile s’adresse à la foule : ‘Nous allons danser ce soir. Chaque soirée est magique. Vous êtes avec moi. Levez les mains’. Il se place ensuite dos au public –intergénérationnel, il faut le souligner– et face au drummer. Les deux choristes lèvent les bras, reculent, puis Nile vient se planter devant son micro et entame le premier morceau,  « Everybody Dance ». La machine à hits est déjà en route. Nile signale que les chansons choisies ce soir ne sont pas des reprises mais des morceaux qu’il a écrit ou produit pour différents artistes (NDR : il a composé, entre autres, pour David Bowie, Diana Ross, Madonna, Daft Punk, Sam Smith, Lady Gaga, Sheila, Sister Sledge, Diana Ross, Debbie Harry [Blondie], Grace Jones, INXS, Mick Jagger, Paul Simon, Al Jarreau, et la liste est loin d’être exhaustive...)

Au centre, le kit de batterie est impressionnant. Le clavier de Richard Hilton est rafraîchi par un énorme ventilateur. La section rythmique est particulièrement solide. Les compos libèrent un groove irrésistible. En retrait, sur leur estrade, les cuivres sont fusionnels. Barnes vient régulièrement affronter Nile, manche contre manche, et incite le public à applaudir. Les voix des deux choristes sont limpides, emphatiques et intarissables. Malgré ses 66 berges, l’artiste semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse.

Lors d’une petite pause, Nile parle longuement de sa collaboration avec Daft Punk et le succès de « Get Lucky » illumine Forest National, comme une voie lactée, et tout particulièrement quand Rodgers invite la foule à allumer ses téléphones portables. Dans la fosse, c’est un dancefloor permanent. De parfaits inconnus dansent ensemble et finissent par se lier d’amitié…

Le show s’achève par « Good Times, Rapper's Delight ». Une cinquantaine de personnes envahit le podium. Pas de panique, il s’agit de spectateurs qui ont opté pour le ‘Good Times package’. A 420 € la place, ce n’est pas donné ! Mais bon, c’est la rançon du marketing ! Une chose est sûre, pendant 120 minutes, Forest National s’est transformé en immense temple du funk.

Comme d’hab, il faudra presque mettre Nile dehors. La foule savoure son bonheur. Nile s’accroupit en bord d’estrade et serre les mains des premiers rangs, des gestes amicaux qui vont s’éterniser, démontrant l’affection qui le lie à ses aficionados.

Setlist : « Everybody Dance », « Dance Dance Dance », « I Want Your Love », « I’m Coming Out » (Diana Ross cover), « Upside Down » (Diana Ross cover), « He's The Greatest Dancer) » (Sister Sledge cover), « We Are Family » (Sister Sledge cover), « Like A Virgin » (Madonna cover), « Lost In Music » (Sister Sledge cover), « Notorious » (Duran Duran cover), « Thinking Of You » (Sister Sledge cover), « My Feet Keep Dancing », « Get Lucky » (Daft Punk cover), « Chic Cheer », « My Forbidden Lover », « Let's Dance » (David Bowie cover), « Le Freak », « Good Times, Rapper's Delight ».

(Organisation : Live Nation)

GrandGeorge

Grandgeorge dans les petits papiers des fans…

Écrit par

L’univers de Benjamin GrandGeorge vogue entre Paris, Londres et Bruxelles, où il vit actuellement. Il reconnaît pour influences majeures Paul Simon, Jeff Buckley, Mozart, Sting et Richard Bona. Il aurait pu devenir trader à Londres. Il a choisi d'être chanteur. Une chose est sûre, vu les nombreux pays qu'il a visités, ce joyeux trentenaire est parvenu à conserver le meilleur, au fil des rencontres : un regard au Brésil, un rythme en Afrique ou une humeur en Asie ; soit autant de sources d'émotion et donc, d'inspiration. Il doute cependant de tout, sauf de son amour immodéré pour la musique. Et on le ressent particulièrement en ‘live’. Ce vendredi 7 décembre, il se produisait donc à La Madeleine de Bruxelles, date de la sortie de son second elpee, « Face to faith ». Compte-rendu.

Le supporting act est assuré par le duo Ebbène. Echappé des Tellers et de Paon, Ben Baillieux-Beynon s’est associé à Jérôme Magnée (Dan San, Gaëtan Streel, Yew) pour fonder ce duo qui a publié un premier Ep 4 titres, en octobre dernier. Un album est en préparation.

 Les deux compères grimpent sur l’estrade. Et déjà le charme opère auprès du public féminin. Ben se sert d’une gratte semi-acoustique, Jérôme cumule claviers, boîte à rythmes et guitare électrique. « Début De Soirée » ouvre le set. Chargée de spleen, la voix de Ben est douce, attachante et harmonieuse. Elle évoque parfois celle de Jean-Louis Aubert ou de Raphael. Elle s’épanche sur des textes poétiques, parfois empreints de désespoir. Jérôme piaffe déjà d’impatience, derrière ses claviers, sa 6 cordes en mains, alors que quelques sonorités électro émanent du MPD placé devant lui. Le tandem nous réserve deux nouveaux titres, « Vert » et le paisiblement atmosphérique, enrobé de chœurs, « Un » ; probablement des compos destinées au long playing. « Tout oublier » nous invite à se détacher des tracas de la vie quotidienne. Les cordes semi-acoustiques illuminent « Barcelone », un morceau imprimé sur un beat subrepticement électro, alors que la voix vaporeuse de Ben est bien soutenue par les  chœurs de Jérôme. Faut dire que c’est lorsqu’elles sont conjuguées que les harmonies vocales passent le mieux la rampe, un peu comme chez Dan San. Bien équilibré, le concert va cependant proposer autant de compositions empreintes de sérénité que nerveuses…

Setlist : « Début De Soirée », « Vert », « Un », « Tout Oublier », « Barcelone », « Ne Penser À Rien », « Tout Change », « Nuit Américaine ».

Particulièrement chaud, le public attend impatiemment la tête d’affiche. La responsable du fan club a distribué des papiers que les spectateurs sont invités à élever lors de la seconde partie du titre, « Sunny Anyway ». Le set s’ouvre sous un light show de couleur rouge. Aux drums, Sam Rafalowicz vient se placer à droite sur son estrade et le claviériste, Xavier Bouillon, à gauche. C’est toujours Nicolas Lherbette qui se charge de la basse. Stéfy Rika (NDR : elle a notamment prêté sa voix à Akro, Starflam, Axel Red, Selah Sue et Zap Mama) se plante derrière son micro, se retourne et applaudit. Benjamin GrandGeorge débarque enfin, sa gratte semi-acoustique à la main. Les applaudissements fusent. Le concert débute par « Fading Away ». Le refrain est déjà repris en chœur par l’auditoire. Trépidant, Benjamin semble heureux d’être là, ce soir. Avant d’attaquer ce fameux « Sunny Anyway », le premier single du long playing, censé emprunter une nouvelle direction musicale, il se désaltère, puis confesse modestement : ‘Ce second album n’était pas une mince affaire ; j’ai bien cru qu’on ne se retrouverait pas’. Il remercie le public pour sa présence. La voix de Stefy s’envole, bientôt rejointe par Benjamin, qui sans guitare, gigote de droite à gauche, et inversement. D’une durée de 6 minutes, cette version est pourtant plutôt paisible. Les fans soulèvent alors ces petits papiers. L’auditoire reprend le refrain. Emu, Ben lui manifeste sa reconnaissance. La guitare haute, l’oreille tendue vers celui-ci, il embraye par « Stay With Me », une chanson tendre mais complexe. Il doit d’ailleurs la reprendre à zéro et l’interprète d’une voix aiguë. Dominé par les claviers, « Losing You » est davantage électro et surtout dansant. La fosse se transforme d’ailleurs en dancefloor. Stéfy y apporte son grain de voix soul, alors que Benjamin s’applique sur les cordes de sa sèche. Avant d’aborder « Radical Bourgeois », plage d’ouverture du nouveau long playing. Benjamin signale que l’on doit rire, mais que cette chanson n’est pas marrante. Les voix sont parfaitement conjuguées. Au cours de ce titre électro/funk, il invite la foule à lever les bras et à jumper. On passe ensuite à « Dancing In The Morning », le premier bonus de l’album. Benjamin s’adresse à l’assemblée et demande si elle souhaite danser jusqu’aux petites heures, puis embraie par « Dancing in the morning », une compo qui nous entraîne à travers l’Afrique de L’Ouest, et plus exactement le Burkina Faso. Le light show est discret mais efficace. Tout au long de « Warmer » la voix du Grand Ben est vocodée. Pendant « Go For A Ride », Benjamin invite la foule à chanter avec lui. Il interprète seul et unplugged « Just In Time », un titre qu’il entame sous les applaudissements nourris de l’auditoire. Il n’en oublie pas pour autant « So Fine »… mais pas de trace de « How long » ; et c’est vraiment dommage. Opérant un dernier crochet par l’Afrique, « I’ll Be Trying (Comptez Sur Moi) » clôt le show.

On aura cependant encore droit à deux rappels ; et au cours du second, « Petit Dej » va nous plonger au cœur de la Nouvelle-Orléans.

GrandGeorge se produira le 14 mars 2019 au Reflektor de Liège et le lendemain à l’Eden de Charleroi.

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Stay With Me », « Losing You », « Radical Bourgeois », « Dancing In The Morning », « Warmer », « Go For A Ride », « Just In Time », « So Fine », « I’ll Be Trying (Compter Sur Moi) »

Rappel 1 : « Another Day In Heaven », « Easy Emotion »

Rappel 2 : « Petit Dej »

(Organisation : UBU Productions)

 

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