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Akim Serar

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jeudi, 27 juin 2013 20:43

Welcome Oblivion

Difficile de se dépatouiller de cette sensation de déjà étendu sur ce « Welcome Oblivion ».

Projet parallèle, perpendiculaire et transversal de Trent Reznor, How To Destroy Angels ne se résume pourtant pas qu’à la seule identité du gaillard. Mais son influence autant que sa patte ne pouvaient qu’imprimer, sur disque, sa vision distordue de la réalité.

Quand on sait que sa compagne de tous les jours est le pendant féminin de ce projet, on comprend alors pourquoi on nage dans les mêmes eaux troubles, même si moins oppressantes que NIN.

On sent néanmoins un désir de se détacher de l’univers habituel, et quelques coups de lames acérées viennent déchirer ça et là des pans de ciel gris pour laisser entrevoir quelques rayons de lumière bienvenus.

Sur « How Long », on approche même d’un format chanson plus traditionnel.

Une sorte de calme de surface qui masque les bouillonnements intérieurs et empêche toute teinte sombre d’éclater au contact de l’air.

Le résultat reste néanmoins mitigé. Pas à la hauteur de l’éponyme Ep de 2010, mais supérieur à « Au Omen », paru l’an dernier

Entre apaisement et angoisse, on se retrouve au final tournoyant au milieu d’une clairière bordée d’arbres séculaires menaçants, scrutant le ciel qui défile à vive allure.

Il ne s’agit donc pas ici d’un Nin Inch Nails édulcoré, mais bel et bien d’un projet ouvert aux expériences et éloigné de tout mercantilisme, même si à présent signé sur une Major.

Et dont il est difficile de dire à l’heure actuelle s’il laissera une quelconque trace.

 

jeudi, 27 juin 2013 12:16

Via

Pour ceux qui connaissent Thalia Zadek, notamment au travers de Come, cet album ne changera pas la donne, tant il est marqué de son inégalable empreinte.

Pour les autres, que dire de « Via » ?

Si l’on écarte l’historique de cette artiste underground, ce qui implique mettre entre parenthèses une part du respect poli dû à son parcours, force est de constater que cet album est somme toute assez insipide (NDR : et si on s’est levé du mauvais pied, on pourra même le taxer franchement de ‘pelant’).

Surtout quand l’instrumentation se fait lourdingue et plombe du coup des chansons honnêtes mais qui mériteraient sans doute d’être traitées plus sèchement.

Et puis, bien sûr, il faut s’accommoder de cette voix à la limite androgyne, qui n’en fait jamais trop mais semble toujours avancer dans le noir, à tâtons. Et dont le dernier souci est de vous prendre par la main.

On reste donc un peu dans la boue, les pieds englués, et on avance tout en essayant de ne pas se vautrer.

Thalia, elle, déjà loin devant, ne nous a pas attendus.

Tombée, elle s’est relevée. Et puis, elle connaît la chanson, vu qu’elle nous la ressert depuis des années, maintenant.

Du coup, reste à se débrouiller seule avec ses neuf titres éparpillés à la surface d’eaux plutôt troubles.

Décevant si l’on excepte le dernier titre « Want You To Know » qui semble enfin réveiller la bête tapie quelque part au fond de la tourbe.

Trop tard…

 

jeudi, 27 juin 2013 11:55

Best Friends

Liège, ses plages interminables de sable fin, sa jetée qui embrasse l’horizon et tend les bras vers un disque solaire suspendu au bout du ponton.

Comme un fil tendu qui trace une route circulaire vers le haut d’un visage hâlé.

Ses beautés exotiques qui se pavanent lascivement sous les regards pétillants.

Sa végétation luxuriante, ses endroits insolites, véritables havres de paix.

J’ai rêvé Liège sous les Tropiques et Pale Grey l’a mis en son.

Des banderoles colorées qui jaillissent de synthés, des trésors étincelants qui rebondissent de rythmes en rythmes, des éclats de lumière fluorescente qui tapissent les structures de verre de ces dix chansons délicieusement pétillantes.

Mis en boîte à domicile mais avec un habillage digne de la Californie, « Best Friends » voit grand, voit large, et ça lui réussi bien.

Une plongée acidulée dans un univers mélangeant beaucoup d’influences, pas si évidentes à pointer.

A découvrir cet été au détour de nombreux festivals.

 

mercredi, 19 juin 2013 14:17

Ex Tropical

A force de l’emmener partout avec moi depuis quelques jours, j’ai fini par égarer cet album.

Pourtant, ses mélodies suavement addictives et ses rythmes langoureux ne me quittent pas pour autant.

La nuit, les relents chaloupés de Marimba et autres saveurs exotiques viennent encore fouetter mes tympans lors de caresses langoureuses qui appellent au retour sur les plages chaudes et acidulées d’« Ex Tropical ».

Un élixir sonore qui prend à la gorge dès la première lampée.

D’emblée, « Beat Goes On » vous signifie que vous pénétrez une terre sulfureuse, venimeuse, faussement innocente.

La voix nasillarde insuffle une distance bien vite ramenée à peau de chagrin, jetée négligemment sur la carrure imposante de ce duo issu de Melbourne.

On vacille, on tangue, on chavire au fil des écoutes répétées de ce disque, diablement original, malicieusement entêtant.

On explore différentes facettes, différents horizons, différents états d’âme, on se laisse diluer dans ces ambiances ouatées, et emporter par le cours de ces sillons hypnotiques ou avaler dans ces mers agitées par des vagues de synthé obsédantes et on en redemande.

Mais bon sang, où ai-je laissé cet album dont j’ai bien du mal de me passer ????

 

samedi, 15 juin 2013 03:00

Music For The Masses

De ma propre initiative, me trouver devant le stade de France, en ce samedi ensoleillé, me semblait inconcevable…

Votre serviteur en a été pour ses frais lors des grands rassemblements et il émet dès lors plus que certaines réserves lorsqu’il s’agit de s’agglutiner à la masse suintante de milliers de fans frôlant l’apoplexie à la vue de leur(s) idole(s).

Ajoutez-y des prix exorbitants réclamés pour plumer le pigeon ainsi que tout le système machiavélique mis en place pour y arriver ; et en théorie, nous arrivons donc à mon seuil de tolérance ultime.

Pourtant, à mesure que l’événement approche, mon excitation va croissante.

Je pénètre donc l’immense enceinte dénué de tous préjugés, car après tout, je suis venu prendre un max de plaisir offert ce soir, et je ne vais pas tarder à m’apercevoir qu’au-delà de ces quelques détails somme toute futiles, les grandes messes restent encore d’incomparables moments de communions.

Le rôle imparti à Douglas J McCarthy ce soir est des plus ingrats.

Jouer en première partie de Depeche Mode est un cadeau empoisonné qui ne se refuse pas.

Si l’univers de l’ex-Nitzer Ebb se prête particulièrement bien au supporting act, d’un point de vue musical, malheureusement perdu sur une scène immense, face à un parterre de fans inconditionnels qui grossit au fil des minutes, la petite stature qui incarnait un glorieux représentant de ce qu’on appelait à l’époque l’Electro Body Music, pourtant énergiquement et inlassablement ballottée de gauche à droite, va rapidement disparaître dans une vaste perspective de l’inattention.

L’accueil n’est certes pas hostile, ce qui du reste est plutôt bon signe, car quelques prédécesseurs garderont à jamais de sombres souvenirs de leur tournée avec DM (demandez donc à Stuart Pierce de Spiritualized !)

Mais il est clair que les titres de « Kill Your Friends » ne sont pas taillés pour se perdre dans l’anonymat. Ils demandent respect et attention.

Ce qui est loin d’être le cas.

Le premier opus qui signe le retour de McCarthy regorge de très bonnes chansons, aux ambiances recouvertes d’un vernis noir et parfois même inquiétant. Mais elles ne sont décidément pas destinées à être semées aux quatre vents comme de vulgaires fétus de paille, juste bons à distraire la foule impatiente.

Qui plus est, le son lui même n’est pas taillé pour un stade, loin s’en faut.

Ainsi, malgré toute sa bonne volonté, DJMC ne capte pas à focaliser la concentration…

La mienne a d’ailleurs été happée en cours par l’impressionnante structure qui héberge tant de monde et engloutit les petites fourmis gesticulantes.

Bref, je ne suis pas déçu de la prestation de Douglas, et lui donne volontiers rendez-vous au sein d’un espace davantage à la mesure de sa carrure.

De carrure, Dave Gahan n’en manque lui certainement pas. Et le poids des ans et de ses frasques vécues n’ont en rien terni son charisme.

Pas plus que les nombreuses rides qui sillonnent à présent son visage ne semblent marquer réellement l’empreinte du temps.

Impeccable showman, il est la figure de proue de Depeche Mode, celle qui permet au band de traverser les époques sans perdre de leur splendeur.

Difficile de rester placide quant il se déhanche, et inutile d’être une jeune fille découvrant ses premiers émois pour vibrer comme un cil sous le vent.

L’homme sait y faire, et épaulé par une machinerie impeccablement huilée, tant au niveau du son que de l’image, les concerts qu’il accorde déçoivent rarement.

Pourtant, il serait réducteur de résumer la magie DM à son leader vocal.

Car Andrew Fletcher et Martin Gore assurent, certes plus discrètement, mais avec autant de brio, leur part de travail.

Bien que ne disposant pas du sex-appeal de son acolyte, Martin ose même se mettre en avant sur certains titres plus dépouillés, offrant une sensibilité différente et plus timide, mais qui rappellent néanmoins à juste titre qu’il est et reste le maître à penser musical de l’entité Depeche Mode.

Alors, oui, il reste peu de place pour les surprises, et aucune pour les imprévus.

Mais il est évident que tel monstre ne se déplace pas au hasard et au gré des humeurs de son équipage.

Tout est mis en place pour que ce show d’envergure ne souffre d’aucun temps mort et tout s’enchaîne donc sans surprise, sans bavure.

Les vingt-trois titres ne varient que très peu d’un soir à l’autre, mais proposent un bel éventail d’une carrière riche en hits ; mais surtout, et c’est là la prouesse par rapport à d’autres dinosaures broutant encore nos plaines, le set est homogène.

Un set qui s’ouvre comme « Delta Machine », par un welcome, et s’achève pareillement sur un goodbye.

Le rituel des rappels assurant définitivement la mise en bière (on reparlera du prix de celle-ci à une autre occasion) avec panache et classe, comme il se doit. Laissant derrière eux un public ravi qui en demande encore plus.

Puis les projecteurs se rallument et en un rien de temps, l’immense champ se vide de ses âmes comblées et aux anges, qui bientôt se dispersent le long de la Seine, des étoiles plein les yeux.

Quant à votre serviteur, il se félicite d’avoir vaincu son agoraphobie, certes toute relative, mais qui aurait pu lui faire manquer un grand moment.

Pour peu, je me sentirais prêt à refaire le Werchter Festival !

Set List :

Welcome to My World
Angel
Walking in My Shoes
Precious
Black Celebration
Policy of Truth
Should Be Higher
Barrel of a Gun
Higher Love Judas
Heaven
Soothe My Soul
A Pain That I'm Used To

A Question of Time
Secret to the End
Enjoy the Silence
Personal Jesus
Goodbye

Rappel :

Home
Halo
Just Can't Get Enough
I Feel You
Never Let Me Down Again

 

jeudi, 13 juin 2013 13:38

Fastlane Candies se dénude

Histoire de nous faire saliver avant la sortie de leur album « Telenovelas »  prévu à la rentrée, les Fastlane Candies sortent en single « Let Yourself Go ».

Un titre aux saveurs estivales dont le clip légèrement émoustillant, pétillant et frais offre un clin d’œil subtil aux références loin d’être évidentes de ce groupe mûr à présent pour les grands rendez-vous.

À voir, écouter, déguster, sans modération.

“Let Yourself Go Video” : http://bit.ly/ZJ5lwq

www.facebook.com/fastlanecandies
http://fastlanecandies.bandcamp.com/

 

mercredi, 05 juin 2013 22:52

The New Life

Une nouvelle vie, tout du moins une nouvelle ère s’ouvre ici sur « Portrait » et s’achève par « The New Life », pour ces trois Irlandais. Plongés très jeunes dans les brûlots Pop de leurs parents respectifs, ils se sont très tôt parés des sombres tenues vestimentaires de leurs aînés New Wave.

En résulte un second album différent du premier, moins évident, mais magistralement orchestré par une batterie martiale, parcouru par le chant grave et éthéré de Cathal Cully, secoué par une basse piquée à l’oncle Gallup, et parsemé de cordes de guitares noyées de Chorus.

Un pont de marbre entre les mélodies de Cristal Stilts et les fleurs fanées des Pastels, entre les tombes fleuries du mal-être juvénile des Smiths et un certain romantisme balayé par l’écume des jours.

Et le tout est saupoudré d’une touche de nonchalance irrésistible qui donne à cet opus des allures d’œuvre majeure dans une carrière à peine entamée. 

En ce qui me concerne, je leur vends volontiers mon âme.

 

mardi, 27 novembre 2018 17:30

Lady From Shangai

Ames syncopées, priez pour nous !

Trente-sept ans que David Thomas ne fait rien comme les autres ; et on se doute, ce n’est pas demain la veille qu’il va retourner sa veste.

Elément central, dernier rescapé, fondateur et frondeur du Pere Ubu originel, qui en a vu passer du monde, et du beau monde de surcroît, cette figure de proue de Rock dit avant-gardiste perpétue le mouvement initié dès les débuts, conservant toute sa lucidité et sa verve tout au long de ce dix-septième opus sous le pseudonyme royal emprunté au poète et écrivain Alfred Jarry.

« Thanks », morceau d’ouverture rappelle d’ailleurs le premier album, « The Modern Dance », détournant les codes du Disco et usant des mêmes chemins facétieux (on appréciera au passage le traitement réservé au « Ring My Bell » d’Anita Ward).

Ce périple découpé en onze titres d’une modernité déconcertante permet à ce vieux de la vielle de continuer son œuvre dans une semi-indifférence qui lui sied parfaitement.

« Lady From Shangai » creuse donc le même sillon que ses précédents essais, déconstruisant et réinventant la Dance music dans un esprit révolutionnaire et bien sûr, loin d’être évident à comprendre.

En 1978, Allen Ravenstine, alors membre du groupe disait : ‘Les Sex Pistols ont chanté « No Future », mais il y a un futur et nous essayons de le construire.’

Nous sommes en 2013 et les travaux continuent…

 

mercredi, 29 mai 2013 12:54

Wash The Sins Not Only The Face

Déposées tel un fagot de bois à la lisière d’une sombre et épaisse forêt de ronces, les visions crépusculaires qui jonchaient nos imaginaires, à l’écoute de « Violet Cries », ne demandaient qu’à revivre et attendaient patiemment depuis, de nouvelles raisons de se dessiner.

En friche depuis deux mille onze, cet univers désolé et peuplé de lumières étiolées, s’étendait silencieusement dans un recoin de l’esprit, attendant que les trois jardiniers de Brighton ne donnent une suite à l’Ep « Hexagon », dont les six pièces cultivaient une même trame dramatique.

Un laps de temps mis à profit pour se débarrasser de quelques apparats encore évidents, devinés à l’aube d’une jeunesse passée dans l’ombre de la reine Siouxsie.

Une émancipation bienvenue et qui porte ses fruits sur cet album ; des grappes aux couleurs certes toujours violacées, mais teintées à présent de nuances toxiques hautement plus addictives encore.

Un venin qui se propage dans les racines électrifiées de cet elpee et se distille dans les coupes emplies d’un même nectar enivrant.

Un pâle rai de lumière éclaire cet opus, comme un fil serpentant au cœur d’une nature sauvagement abandonnée, incarnée par la voix de Rachel Davies qui prend possession des lieux et nous guide à travers un parcours chahuté. Que ce soit un déluge d’électricité ou de longues plaines désolées, des cieux écrasants ou marécages ensorcelants. Bref, les plages de ce disque s’appréhendent comme autant de terrains que l’on découvre le cœur palpitant, le regard fiévreux et la démarche chancelante.

Retournant sur nos pas avec plaisir, fouillant la tourbe de nos mains et revenant encore et encore sur ces parcelles de chagrins et tourments savamment entretenus.

Et dans le lointain désespoir, comme jaillit le bourgeon au cœur d’un éternel hiver, scintille le désir ardent de prolonger ce moment de grâce.

Se détachant lentement des oripeaux gothiques qu’on lui assenait systématiquement, EATW dirige son embarcation sur des eaux certes toujours troubles, mais à présent habitées par des sirènes aux chants moins lugubres.

Le single « When That Head Splits », par exemple, emprunte des chemins qui ne sont pas sans rappeler Warpaint.

D’autres envolées quant à elles soulignent en pointillés des ponts entre cette Post Wave glaciale et des réminiscences Post Rock.

En parcourant les lyrics, reproduits au sein du booklet, l’esprit se dilue au gré des atmosphères tissées de long en large, et se laisse absorber par le terreau fertile de ces trois jeunes gens affichant décidément une identité musicale singulière.

Tour à tour fleur et serpent qu’elle cache.

dimanche, 26 mai 2013 03:00

Dans le cercle des fées

C’est marrant. Je ne devais pas être là…

Il doit être plus ou moins 22h00, et le set des sœurs Casady est déjà bien entamé. Or, depuis près d’une heure, je passe un excellent moment, en leur compagnie. Les yeux rivés sur la scène en contrebas. Une demoiselle en tutu accomplit une chorégraphie un rien saccadée. Une voix de soprano bat des ailes sous la coupole de ce cirque. Quelques envolées d’arpèges pleuvent en cascade d’une harpe aux pouvoirs féeriques. J’avoue n’avoir jamais prêté qu’une attention distraite au parcours de ce groupe articulé autour de la personnalité de ces deux demoiselles dont j’ignore toujours si elles sont jumelles, oui ou non (NDR : en vérité, il semble que non). Récemment désigné pour suppléer un imminent collègue appelé au chevet d’un festival ensoleillé, je me suis donc penché sur la discographie de CocoRosie.

Tantôt intrigué, tantôt irrité, souvent distrait, je ne me suis que trop mal préparé à ce qui se déroule maintenant. Ou bien est-ce justement l’effet de surprise qui joue ce rôle prédominant dans le plaisir enfantin que me procure le concert de ce soir ? Quoi qu’il en soit, le spectacle est captivant et prouve que j’ai été bien inspiré de prendre la relève. Merci Eric !

La sonnette retentit et annonce le début du spectacle.

Trop tard pour chercher sa place dans les strapontins, j’imite les retardataires et m’installe discrètement en haut d’une volée de marches, alors que le trio Scarlett O’Hanna distille timidement les premières notes servant d’introduction à cette soirée.

Si je suis quelque peu sceptique d’entrée de jeu, c’est que cette musique très intimiste peine à trouver ses marques dans l’ampleur de cet environnement Royal.

Néanmoins, au fil des minutes, les compositions semblent prendre corps, et la voix de la jeune Bruxelloise d’adoption parvient à conquérir l’espace, ainsi qu’un public des plus attentifs.

Une très belle voix, au demeurant, même si pas franchement originale (je ne peux m’empêcher de penser à Chan Marshall) mais qui possède assez d’arguments pour accrocher.

Fort logiquement fière du succès rencontré, elle peut donc quitter l’estrade sous les applaudissements nourris de paires de mains bientôt jointes dans une communion solennelle…

Dans l’intervalle, parmi le brouhaha d’une assistance qui gonfle à mesure que les minutes s’égrènent, trois notes répétées en boucle installent un climat hypnotique. Elles préparent la célébration d’une messe…

Puis les lumières s’effacent et tandis que les cris d’engouement se détachent des gorges serrées ou extasiées, les six membres du collectif prennent tour à tour possession des lieux.

De la scène d’abord, mais très vite de l’ensemble du Cirque Royal.

L’une des sœurs, dans une robe mystique, l’autre surplombée d’une très Led coiffe (des dizaines de points lumineux éparpillés en grappes autour de sa tête).

L’effet visuel est, en outre, assuré par des projections en fond, qui illustrent tantôt par petits films, tantôt par des captations live, le contenu musical de ce show haut en couleurs fluorescentes.

Un contenu époustouflant de maîtrise et d’audace qui va me laisser littéralement sur mon séant, posé négligemment en travers d’une allée.

Alliant magistralement les styles et les formes techniques, le sextet retranscrit parfaitement, en live, l’univers loufoque et quelquefois baroque des sœurs Bianca et Sierra (ok, qui est Coco, qui est Rosie ?)

Le préposé au human beatbox déchaînant quant à lui l’enthousiasme général pendant un break au cours duquel sa virtuosité est mise pour la seule fois de la soirée en exergue.

Alliant pendant près de deux heures les ingrédients disparates de leurs féeries musicales, CocoRosie développe avec classe et panache, l’étendue de son savoir plaire.

Après un rappel au cours duquel figure le très demandé « Beautiful Boyz » (évidemment sans Antony Hegarty), le concert set se termine, laissant derrière lui comme une impression lumineuse sur le négatif de mes préjugés.

Un superbe moment, la tête projetée dans les étoiles, en compagnie de Bianca (Coco) et Sierra (Rosie).

(Organisation : Botanique)

 

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