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Derrière Zaïmoon se cache Simon Rakovsky, conteur bruxellois et anthropologue musical de sa cité. Amoureux éperdu de Bruxelles, il promène son enregistreur dans la capitale comme Björk capte chaque soubresaut d'un volcan. Son terrain de jeu à lui, son…

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Laurent Deger

Laurent Deger

jeudi, 30 janvier 2014 16:48

Love Your Dum and Mad

Je m'attendais à retrouver Nadine Shah dans bien plus de tops pour l’année 2013. La presse, surtout anglaise, s'était en effet enthousiasmée sur ces deux premiers maxis et la bombardait, avec sa mesure habituelle, nouvelle PJ Harvey.

Originaire de Whitbur, petite bourgade au nord de Sunderland et née de parents norvégiens et pakistanais, la Londonienne propose en effet des atmosphères sombres et tourmentées que ne renierait pas Polly Jane.

Produit par Ben Hiller, collaborateur entre autres de Blur et Depeche Mode, "Love Your Dum and Mad" peut se décomposer en trois parties. L'album débute par les titres les plus rock, entre post-punk et rock sombre dans une veine Bad Seeds (le single qui l'a fait connaître "Aching Bones", "To Be a Young Man", l'épique "Runaway"). Puis guitares et basses s'apaisent sur le folk crépusculaire de "The Devil" et le délicieux et fort bien intitulé "Floating" aux relents  jazzy.

La suite laisse la place centrale au piano, l'instrument de prédilection de Nadine. Le chant sombre et profond de la jeune Anglaise devient plus lyrique. Les arrangements de cette fan de Scott Walker sont raffinés, les ambiances poignantes ("Dreary Town", "Remember"). Les notes gothiques du clavier sont soutenues par quelques sonorités feutrées de cordes et d'instruments à vents. Le propos est de plus en plus intimiste, sorte de folk de chambre glacial et hanté. L'apothéose survient lors du morceau final, le déchirant "Winter Reigns".

Des notes agressives de la première plage jusqu'aux dernières, évanescentes, Nadine Shah maintient une tension permanente. Inspiré en partie par les suicides de deux amis proches, "Love Your Dum and Mad" ne respire la gaieté mais il interpellera certainement celles et ceux qui comptent parmi leurs compagnons de route des artistes comme Cat Power, Scout Niblett ou Emily Jane White.

 

jeudi, 30 janvier 2014 16:45

Today We Are Believers

Vous pouvez écouter certains disques des dizaines de fois et ils vous font autant d'effet qu'une compétition de curling. Vous avez beau lire des chroniques élogieuses de vos confrères, rien n'y fait. Vous l’estimez creux, vide, limite énervant. C'est l'effet que m'a fait le second album de Royal Canoe, sextet de Winnipeg dans le Manitoba.

Signé sur Nettwerk, le label des Born Ruffians entre autres, "Today We Are Believers" fait suite à deux maxis sortis début 2013 et à "Co-Op Mode", une première réalisation tellement confidentielle qu'elle n'est même pas signalée dans le communiqué de presse.

Royal Canoe pratique une musique assez hybride entre electro-pop à grand renfort de claviers analogiques, folktronica et influences soul, funk 70's et 80's. Prince semble d'ailleurs être une des influences majeures, ne fut-ce que par l'emploi régulier du falsetto. On retrouve aussi çà et là des rythmiques vaguement africaines à la Vampire Weekend.

Les compositions sont loin d'être simplistes, chaque morceau proposant différentes atmosphères et la production est plutôt audacieuse. Mais il y a tel magma d'effets (sur les voix notamment) et de directions que l’ensemble en devient parfois un peu écoeurant. On sent bien que le groupe a voulu multiplier les propositions, ajoutant au passage quantité de samples, mais au final, ce développement déconcerte et lasse plus qu’il ne convainc. Et si le début de l'album, qui reprend les premiers singles ("Today We're Believers", "Hold On To The Metal") peut séduire, la seconde partie est profondément ennuyeuse. Trop ambitieux, trop long, "Today We Are Believers" pouvait se passer d'un bon tiers des morceaux. Il en aurait été bien plus digeste.

 

jeudi, 30 janvier 2014 16:05

Dreamstone

L'éclectique label londonien Monotreme élargit encore un peu plus ses horizons en accueillant une des étoiles montantes de la bass music anglaise, Sorrow. Ce jeune producteur originaire de Birmingham et résidant à Bristol a, au cours de ces deux dernières années, accumulé les maxis et les collaborations (Stumbleine, Asa, Submerse) dans une veine UK garage/dubstep. Pour son premier album, J.Healing ralentit le tempo et nous propose un univers mélancolique entre post trip-hop et ambient dubstep. Des voix féminines spectrales croisent des cordes synthétiques sur une basse ronflante plutôt downtempo ("Elixir", "Embrace").

Confortablement installé dans ces atmosphères synthétiques délicates plutôt bien troussées mais un peu redondantes, on a l'heureuse surprise d'être tiré de notre engourdissement par des morceaux plus vivifiants. La trilogie "Maelys", "Supernova", "Flowerchild" mêlant UK Garage et Deep-House parle autant à la tête qu'au corps et constitue, à mon sens, le meilleur moment de "Dreamstone". C'est intelligent, c'est raffiné. On comprend mieux le buzz autour du monsieur.

La fin de l'album replonge dans des contrées plus down-tempo, lounge contemporain (Gallow Hill et son côté Kruder & Dorfmeister 2014). Un ultime soubresaut survient sur "Intruder" au cours duquel les beats et des samples de violon s'entrechoquent en clôturant un album finalement plutôt varié et réussi. Le premier elpee de Sorrow amène un peu de classe, de fraîcheur et de profondeur à un style qui tourne un peu sur lui même et collectionne les productions vulgaires. "Dreamstone" n'est pas un chef-d'oeuvre mais certainement un premier essai prometteur.

 

jeudi, 26 décembre 2013 11:31

The Laden Soul Desires In The Sun (Ep)

Difficile de classer le projet Tarana dans un style de musique bien précis. Le duo va puiser ses influences au sein du jazz, de la world music et des BO de Bollywood, puis les enrobe de sonorités électroniques. Et le résultat est plutôt séduisant.

Tarana est né de la rencontre entre le percussionniste indien Ravish Momin et le tromboniste américain Rick Parker. Momin est le leader du Trio Tarana (à ne pas confondre donc), un band acclamé pour sa relecture de différentes traditions musicales asiatiques (japonaises, afghanes, indiennes...)

Sa virtuosité lui a permis d'accompagner sur scène différents jazzmen mais aussi Shakira lors de certaines apparitions télévisées de la Latina. Il a également apporté sa collaboration à Alap Momin, aka The Oktopus, le génial producteur de Dälek. Bref, un CV plutôt éclectique.

Un adjectif qui colle également parfaitement à Parker puisque le jeune jazzman new-yorkais participe à pas moins de dix projets. Il a, entre autres, sorti deux elpees en compagnie de son quintet, le Rick Parker Collective et est également le leader du quartet 4Limones. Il est également impliqué dans les aventures de différentes formations rock, electronica ou expérimentales quand il ne revisite pas l'oeuvre de Bartok au sein du trio Little Worlds.

On ne s'étonnera donc pas que leur collaboration débouche sur un melting-pot musical. Ils nous proposent ici leurs deux premiers morceaux. Une excellente reprise d'AR Rahman qui plonge les mélodies bollywoodiennes de ce grand compositeur indien dans un tourbillon de sonorités électroniques portées par des tambours aux rythmiques quasi hip-hop. La deuxième plage démarre en mode jazz ethnique. Les notes de trombone se mêlent à des mélopées féminines hypnotiques. Puis le morceau accélère avant de nous entraîner dans un tunnel psychédélique aux effets électroniques. On saluera la production des deux compères, audacieuse, un peu expérimentale mais pas du tout hermétique. Et on a hâte d'écouter le premier elpee de Tarana qui devrait faire parler de lui, si Momin et Parker parviennent à conserver cette qualité et cette originalité sur la longueur.

 

mercredi, 11 décembre 2013 02:00

Dub etc.

Quinze ans que Dub Inc. parcourt les routes des tournées. C'est dire si le show des Français est bien rôdé. Professionnel, c'est le mot qui vient en premier pour qualifier le concert de ce mercredi. Tellement pro que notre photographe n’a eu droit qu’à prendre 4 clichés sans flash. Le groupe veut apparemment contrôler son image. Mais pro aussi parce que les Stéphanois ont donné au public ce qu'il était venu chercher : un concert sans temps mort où il a pu amplement participer. De dub, il n'en a été question que lors du premier rappel, le reste se résume à un condensé de musiques urbaines, entre rock, hip-hop, reggae et raggamufin, le tout teinté d’une petite pointe de raï due aux inflexions arabisante du chant de Hakim Meridja.

Le concert débute par un de leurs tubes. ‘Tout ce qu'ils veulent, c'est une claque dans la gueule’ scandent à l’unisson les deux MC sur de gros riffs de guitare. Le ton est lancé, les bras sont déjà levés. Les 350 personnes qui ont pu s'offrir un ticket, malgré le prix rédhibitoire (le cachet est, paraît-il, particulièrement élevé), sont déjà conquis. Un public, plutôt jeune, qui reprend souvent les paroles en choeur et ne se fait pas prier pour balancer les bras, lever le poing, ‘jumper’ ou hurler à l'incitation du collectif.

Les Français vont proposer une sorte de ‘best-of’ et iront donc généreusement puiser dans les anciens albums. Le deuxième track "Monnaie" figure par exemple sur "Dans le décor" qui date déjà de 2005. Et le set continue dans la veine raggamuffin par "Dos à dos", extrait de "Hors contrôle" (2010) puis enfin, ils abordent le nouvel elpee, "Paradise", en attaquant "A chaque nouvelle page". La température monte encore lorsque Dub Incorporation entame "Métissage" et devient torride sur "Bang bang". Petit intermède musette tout au long d’"Il faut qu'on ose", caractérisé par son accordéon de bal populaire avant que le collectif stéphanois se lance dans un freestyle final. Le rappel est l'occasion d'une ‘battle’ géante entre les parties droite et gauche du public. C'est bon enfant et la foule est ravie. Le show se termine par un jump collectif sur "It sounds good".

Il m'a été difficile de m'emballer sur cette musique, que j'écoute peu, et possède ses propres codes. Certains passages du set m’ont paru assez ‘cliché’, comme j'imagine un rasta peut considérer un rien too much certains comportements de rockeurs ou de technophiles. Mais ce n'était pas votre serviteur qui devait être convaincu et un petit sondage au sortir de la salle m'a permis de constater à quel point les fans étaient ravis. Les yeux rougis par la fumée de Jah, des centaines de créatures à bonnets sortent de la caserne, réjouies d'avoir vu leurs idoles, pendant que les Dub Inc. posent en compagnie de certains aficionados devant leur stand de merchandising qui tourne à plein régime...

(Organisation : les Ardentes)

Voir aussi notre section photos ici

vendredi, 06 décembre 2013 02:00

Surconsommation d’énergie cosmique…

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

vendredi, 06 décembre 2013 02:00

Hallucinations collectives

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

samedi, 30 novembre 2013 02:00

Le blues des hommes bleus

Terakaft en Tamasheq, la langue des Touaregs, se traduit par la caravane. Une caravane qui s’est accordée une halte à Bruxelles, ce samedi, pour notre plus grand plaisir. Moins connue que Tinariwen, la formation entretient pourtant pas mal de liens avec les membres du plus célèbre des groupes de blues touareg. Le leader, Kedhou ag Ossad et le guitariste Diara, frère d'un des membres fondateurs, ont d'ailleurs collaboré à l'enregistrement du tout premier album de Tinariwen, en 1992, ainsi qu’à celui des « Radio Tisdas Sessions », en 2001. Khedou est autant adulé par la communauté touareg pour ses compositions que pour sa participation active à la rébellion des années 90. Blessé et annoncé plusieurs fois mort par les médias à l'époque, il demeure un symbole de la révolte des hommes bleus face à l'indifférence des gouvernements maliens et nigériens. 

Nous n'avons malheureusement pas eu droit au line up complet. Le bassiste et le percussionniste ont en effet été remplacés par deux musiciens occidentaux que l'on a senti très heureux de pouvoir partager la scène auprès de tels artistes. Ils ont eu le bon goût de ne pas trop en faire, se contentant d’épauler humblement les deux Berbères. Le batteur va même apporter une dimension légèrement plus dansante aux compositions.

Il est 23h lorsque le concert commence devant une petite assistance qui va très vite être emportée par la transe de cette musique. Enchaînant des morceaux relativement courts, Terakaft a l'intelligence de proposer un set varié. On avait en effet un peu peur d’éprouver une certaine redondance. Ce n'est pas le cas. Tour à tour, on se balance nonchalamment, comme hypnotisés, puis on sautille carrément quand le rythme s'accélère. On perçoit bien toute l'influence de la musique occidentale sur certaines chansons qui vont puiser dans le rhythm’n’blues et le rock psychédélique des années 60 et 70. Le groupe a d'ailleurs souvent cité Jimi Hendrix et John Cipollina (Quicksilver Messenger Service) comme références. Mais la dimension africaine est également très présente. Certaines parties de guitare évoquent le blues gnawa quand d'autres nous entraînent davantage vers l'Afrique noire. Décidément, cette musique est majestueuse et le flow arabisant des deux Touaregs nous transporte loin, très loin. A la fois apaisants et euphorisants, ces chants sont puissants et spirituels. Le corps ne peut que suivre, happé par les notes psychédéliques de ces guitaristes émérites. Que ce dépaysement fait du bien. C'est sans doute un cliché mais un concert de Terakaft est un vrai voyage. Envoûtant, pénétrant, dense, poétique même. De ceux que l'on n'oublie pas.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout)

 

mercredi, 27 novembre 2013 10:31

Une Légende new-yorkaise à Bruxelles

Ed Askew n'est peut-être pas très connu dans nos contrées et c'est une injustice. Ce personnage étonnant, qui fut également un peintre et  un poète acclamé dans le New-York underground des seventies, sera au Shindig (Chaussée de Haecht) dimanche 1er décembre dans le cadre de sa première tournée européenne. Il était temps car le songwriter, vient de fêter ses 72 printemps. Il débute en effet  sa carrière en 68 avec un album culte "Ask The Unicorn" sur le non moins culte label ESP-Disk (Sun-Ra, Ornette Coleman, Albert Ayler, The Fugs...). Son deuxième elpee, composé en 70, ne sort que 33 ans plus tard. Entre-temps, une seule réalisation et des concerts occasionnels. Puis, à partir de 2007, il ne cesse de proposer des morceaux (disponibles ici) 

Son dernier elpee "For The World" est un petit chef-d'oeuvre de sensibilité à placer en-dessous du sapin. Ed Askew y compte des histoires new-yorkaises de son étrange voix. Il y a du Lou Reed et du Robert Wyatt dans l'émotion qui s'en dégage. Cet adepte acharné du DIY s'est cette fois constitué un team royal pour enrober son folk de chambre. Trois membres des Black Swans, une harpiste de renom, l'éminent Marc Ribot et même Sharon Van Etten se sont en effet invités autour du piano du septuagénaire. "For The World" mérite réellement de dépasser le cercle de fans d'Ed Askew. Il peut par sa sincérité et sa palette d'émotions toucher un nombreux public.

 

 

mercredi, 27 novembre 2013 10:30

Garage night

Les Night Beats se produiront au VK le 4 décembre en ouverture de White Fence et Ty Segall dans le cadre de l'Autumn Falls. C'est l'occasion de vous toucher un mot de leur deuxième album, sorti il y a quelques semaines

"Sonic Bloom" est en effet l'un des très bons albums garage de 2013. Si vous cherchez le son des précurseurs du style et avez par conséquent envie de vous replonger dans les sixties, vous avez trouvé de quoi vous repaître. Psychédélique en diable et souvent très influencé par la Beat Music anglaise, les Night Beats ont un vrai sens du groove qui devrait faire fureur en concert. Preuve s'il en est, le groupe de Seattle a été signé par Reverberation Appreciation Society, le label mené par les organisateurs de l'Austin Psych Fest qui les avaient accueillis il y a deux ans.

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