La pop sauvage de Metro Verlaine

Un coup de foudre, et puis le romantisme comme mode de vie, Metro Verlaine est avant tout une histoire de passion. Fondé en 2013, après un voyage à Londres qui a laissé des cicatrices et un sale goût de ‘lose’ au fond de la gorge, l'histoire de Metro Verlaine…

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Luc Herpoel

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mercredi, 17 août 2011 02:00

Orion

Premier album pour cette toute jeune formation francophone belge. Son titre ? « Orion ». Le line-up renseigne quatre membres : Yacine Souchane au chant et aux guitares, Benjamin Paulet à la basse, François Walravens aux guitares ainsi qu’aux claviers et Olivier Fontaine aux drums. Etrangement, ils ne sont que trois sur la photo de la pochette ! Où est donc passé le dernier mousquetaire ? Olivier Fontaine ne participant pas aux travaux d’écriture n’a-t-il donc pas eu droit à prendre la pose ?

Autodidactes, les jeunes gens se rencontrent sur les bancs de l’école et se décident à monter un groupe dès 2007. Seize ans à peine, mais bourrés… d’ambition.

Quelques compos sous le bras, Abyss écume les petits festivals et les concerts locaux à travers le pays. Leur set, énergique à souhait étonne et suscite l’intérêt de Moonzoo, filiale d’Universal Music.

Résultat des courses, Abyss publie un premier opus 10 titres, en mai dernier.

Emmené par leur single « Liquid Sky », titre électro-rock très énergique, Abyss exécute ses premiers pas dans le monde musical rock. Leur premier disque, sans casser des briques, est à la hauteur de leurs ambitions. Un rock inspiré (par Muse entre autres), des compos carrées, bien soutenues par une rythmique percutante et des guitares tranchantes aboutissent à un résultat plus que satisfaisant. Sans oublier des séquences de claviers qui apportent une dimension électro juste ce qu’il faut. Juvéniles, un peu naïfs et empreints de beaux sentiments où se croisent solitude, amour, mystère, les textes sont écrits en français. Pas évident dans ce style ; mais la langue de Molière a l’avantage de pouvoir être facilement reprise en chœur. Abyss réussit son pari et propose même quelques très jolies plages voguant allègrement entre rock progressif (« Index Expurgatorius », « Miroirs) » et variété française (« Balade au Paradis », « Orion », « Songes d’Automne ») que ne renieraient pas Mylène Farmer, Pascal Obispo ou Saez.

Les lyrics et la musique ne demandent qu’à prendre de l’ampleur et de l’indépendance. Abyss est donc sur la bonne voie et dispose de pas mal d’atouts dans son jeu pour percer et jouer un jour dans la cour des grands.

Jolie découverte à encourager !

 

mercredi, 17 août 2011 02:00

Doctor Faith

Christopher Cross vit encore… promis, juré !

Plus de trente ans ont passé ; et personne n’a sans doute oublié « Ride Like the Wind », « Sailing », « Never Be The Same» et « Say You'll Be Mine», ballades baignées par le soleil californien, salées/sucrées, qui émanaient de son premier effort solitaire, réalisé en 1979. Six années plus tard, ce Texan d’origine remet le couvert en inondant les ondes, déjà, d’un dernier succès planétaire, « All right ». Depuis lors, silence radio. Rien de bien valable à se mettre dans l’oreille, malgré quelques tentatives peu concluantes, opérées jusqu’en 1998. Le succès, hélas, boude notre homme, nonobstant des compos de qualité, mais le brin de réussite en moins, sans doute.

Après avoir vécu une grosse dizaine d’années dans une semi-retraite, entrecoupée, business oblige, par la publication de l’une ou l’autre compile ou encore de l’un ou l’autre recueil de reprises acoustiques, Christopher revient à la surface. Il nous propose enfin un nouvel opus découpé en 13 titres qui ne feront pas tache dans son répertoire et devraient ravir ses fans nostalgiques.

La voix est inchangée, la même qu’à ses débuts, caressante, chaude, aussi efficace à 60 printemps qu’à 30.

La recette également est identique : des ballades soyeuses, alimentées par des accords de piano et des interventions de cuivres ainsi que de cordes subtiles.

L’accent a cependant été placé un peu plus sur les guitares qu’auparavant. Aucune autre surprise pour cet album qui aurait pu paraître n’importe quand entre 1981 et maintenant. En dehors de toutes modes, ce style musical est toujours aussi plaisant, empreint de fraîcheur et d’énergie.

Michael McDonald, complice depuis l’avènement de Christopher est toujours fidèle à son poste, en lui assurant les chœurs depuis plus de trente ans. « Doctor Faith », plage qui donne son titre à l’album, voit se reformer le duo pour une chanson particulièrement réussie, sans doute la plus aboutie de ce dernier elpee.

Comme à son habitude (très bonne d’ailleurs), Christopher Cross a soigné son travail. Rien ne laisse penser qu’il aurait bâclé l’un ou l’autre titre. Les 13 chansons sont toutes de qualité égale, aucune faiblesse n’est à relever. Le tout s’écoute sans fatiguer ni lasser un amateur de bonnes mélodies bien ficelées.

Pas de mal à ça !

Retour gagnant pour un sexagénaire qui a encore beaucoup de bonnes vibrations à faire partager.

 

mercredi, 10 août 2011 02:00

Dancing With The Sound Hobbylist (BO)

Zita Swoon Group est une suite (il)logique à Zita Swoon tout court. Band éclectique par excellence, le combo flamand, naît en 1990, à Anvers, fondé par Stef Kamil Carlens (chanteur, auteur) et Aarich Jespers (batterie).

A cette époque, Carlens vient de quitter dEUS pour donner vie à ses propres idées.

Patchwork musical, mélangeant rock, pop, blues, disco et influences afro-cubaines, Zita Swoon publie deux albums plutôt blues avant de s’ouvrir au public en apportant une coloration plus disco/électro à ses réalisations, dès 2001. En 2005, Axelle Red leur donne même un petit coup de pouce sous la forme d’un duo afin de leur ouvrir un public plus large encore.

« Big City », dernier véritable album studio de Zita Swoon, confirme son empreinte d'authenticité acoustique tout en élargissant son univers musical : ska, soul, reggae, funk et chanson française sont à la fête de ce nouvel opus.

Parallèlement aux enregistrements, Zita Swoon se lance également dans la conception d’‘albums projets’ dès 1997. Après avoir concocté la bande sonore de « Sunrise » (1997) et « Plage Tattoo / Circumstances » (2000), Zita Swoon devenu Zita Swoon Group pour l’occasion, dévoile son ultime projet, « Dancing With The Hobbylist ».

L’enregistrement de cette bande-son est issu d'une collaboration du groupe avec le danseur Simon Mayer et la chorégraphe Anne Teresa Dekeersmaeker de la compagnie Rosas. Une association qui, à première écoute, a débouché sur un elpee sans queue ni tête… Il est vrai que se farcir 10 instrumentaux tous plus inaudibles les uns que les autres est une épreuve que l’on ne souhaite pas à son meilleur ennemi !

Mais la critique musicale d’un album concept, BO d’un spectacle de danse moderne, privé de son support visuel, ne vaut rien ou pas grand-chose, s’il est écouté ‘bêtement’ sans référence au spectacle qu’il complète.

Totalement indigeste, cette suite d’instrumentaux ressemble plus à une série d’improvisations que de morceaux savamment construits. Elle plonge même l’auditeur dans un état proche de la dépression comateuse…

 

mercredi, 03 août 2011 19:49

Destroyed

Le divin chauve new-yorkais, quadra bien sonné (46 ans dans quelques semaines) nous propose son 24ème album !!! Hein, quoi ? Pas possible ! Ben oui, ce pro des platines (DJ à ses débuts) en est à sa 24ème galette, remixes et ‘best of’ inclus, of course. Quel appétit, quelle boulimie plutôt…

Rendu célèbre grâce à sa trilogie « Play », « 18 » et « Hôtel » qui fourmille de hits monumentaux, Richard Melville Hall (de son véritable patronyme) a été sacré prince de la pop électro et empereur des dance floors dans la foulée. Deux titres que personne n’oserait lui contester, avouons-le.

Surprise, surprise pour ce dernier opus, Moby revient à ses premières amours. Terminés les morceaux qui décoiffent et qui rendent complètement hystériques, voire fous. Place à une musique électronique subtile, à des ambiances planantes, à des ballades atmosphériques sans paroles qui enchantent les tympans, « The Violent Bear it Away ». Retour donc aux origines pour ce génie de l’électro. Il suffit d’insérer le Cd dans votre lecteur et vous serez emportés au sein d’univers fantastique, dans un véritable film, rêve musical où se bousculent rythmes disco, beats sourds, synthés entêtants, envolées lyriques musées…

Rien ni personne ne vous empêchera cependant de vous éclater comme autrefois sur quelques morceaux plus dansants tels « The Day », « After » ou encore « Victoria Lucas » pour ne citer que ces trois-là.

Multi instrumentiste, auteur et compositeur, Moby ne s’autorise qu’une seule collaboratrice ‘longue durée’, la vocaliste Inyang Bassey, préposée aux partitions chantées. Pour le reste on épinglera également la voix de Joy Malcolm sur « Lie Down in Darkness » et celle d’Anna Maria Friman pour « Stella Maris ».

« Destroyed » surprendra les amateurs d’un Moby qui avait envoûté ses fans sur les 3 albums précités ; mais il convient de rendre à César ce qui lui appartient : un véritable talent de compositeur, une créativité sonore inégalée et surtout une place faite aux rêves dans la musique.

 

mercredi, 15 juin 2011 21:09

Le désir des grands espaces

Djinn Saout est une formation issue de la région namuroise. Un quatuor fondé par Olivier Godfroid et Corentin Simon (auteurs-compositeurs, chanteurs et guitaristes), rejoints ensuite par Nicolas Fieremans (basse) et Maxime Champion (batterie). Il y a dix ans que le groupe existe et manifestement l’envie est toujours bien présente chez les musicos. Désireux avant tout de créer une musique différente, ils n’hésitent pas à laisser leur imagination voguer au gré d’un rock progressif tel que le pratiquait autrefois, à une autre échelle, Ange.

Leur premier cd ne sort qu’en 2009. Il leur aura donc fallu huit longues années pour trouver la bonne voie et peaufiner un premier album. Fort de huit titres, « Le souffle des pantins » avait bénéficié de la complicité de Walter Prévoo (ex-musicien d’Abbey Road, claviériste de Cannon Ball). Déjà à cette époque, pour pouvoir apprécier leurs compos, il fallait oser pénétrer l’univers du quatuor, amoureux d’originalité et de beaux mots.

« Le désir des grands espaces » se décline en douze titres et deux bonus qui sont autant de tableaux différents que Corentin et Olivier ont barbouillé de leur poésie surréaliste.

Mêlant énergie et mélodie, Olivier et Corentin sont véritablement amoureux de la langue française et ne cachent pas leur attirance pour une chanson brillamment construite. Le phrasé est très (trop) soigné et pêche peut-être par manque de simplicité. Visiblement, Djinn Saout ne boxe pas dans la même catégorie que la grosse majorité des auteurs-compositeurs-interprètes de chanson française. Attention, cette qualité ou richesse, pourrait rebuter plus d’un mélomane lambda, car leurs chansons ne sont pas toujours très faciles d’accès.

Accrochez-vous, ouvrez grandes vos oreilles et aérez-vous le cerveau avant d’entrer dans le monde mystérieux et chevaleresque de Djinn Saout. Mais attention, l’œuvre ne se laisse pas apprivoiser à la première écoute…

 

mercredi, 15 juin 2011 21:01

Initiale

Précédée par l’excellente réputation de son single « Petite », succès qui lui a permis d’être déjà comparée à Nougaro, Brel ou Barbara, L, alias Raphaëlle Lannardère, se fend de son premier ouvrage ‘longue durée’. Hélas pour les connaisseurs de la génitrice de la ‘petite’, il ne s’agit ici que du bois de rallonge. En effet, aux 6 titres présents sur son premier Ep, « Premières lettres », paru en février 2008, se sont seulement ajoutées cinq nouvelles compos. Un peu décevant pour tous ceux qui le possédaient déjà…

Pour tous les autres, mais qui est donc Raphaële Lannadère, alias L ? Une jeune artiste française, auteur, compositrice et interprète, qui ose un chant très personnel et s’est choisi pour nom de scène une simple initiale.

D’abord, elle étudie le chant, notamment auprès de l’ethno-musicologue Martina A. Catella. Elle découvre le gospel, les chants corses, tziganes, pakistanais… et se produit sur de nombreuses scènes : Les Suds d’Arles, le Festival de Pierrefonds, le Théâtre du Lierre… Début des années 2000, elle ose et effectue ses premiers pas en solo, reprenant des classiques de Piaf, Ferré, Brel, Barbara dont elle se saoule littéralement.

Une seconde imprégnation, dans la chanson lusophone cette fois, auprès de Ricardo Tete et Teofilo Chantre, l’incite à explorer les rythmes et la poésie émanant du fado, style si particulier et si propre à Casaria Evora.

En 2008 donc, elle se décide de publier son premier ouvrage. Il est autoproduit. Arrivées dans l’oreille de M et de Brigitte Fontaine, les mélodies font mouche. Brigitte la prendra d’ailleurs sous son aile et lui confiera ses premières parties.

« Initiale» constitue donc ‘officiellement’ le premier album de Raphaëlle, même si…

Accompagnée de Donia Berriri au piano, Jérôme Boirivant aux guitares, Mathieu Gramoli à la batterie et Xavier Zolli à la basse, Raphaëlle nous propose onze épisodes de climats et de situations qui se succèdent.

Jouant habilement d’une voix subtile comme si elle était juste soufflée, à la fois sombre et limpide, L met en musique ses textes sensuels et féminins. Mêlant les genres, L nous emmène dans ses univers, teintés de plusieurs influences tels le rock ou encore le tango, passant d’une habanera aux relents sud-américains (« Mes lèvres ») à une mélodie rythmée (« Jalouse », « Pas de ciné »).

Dans ses textes, tantôt, elle rêve d’amour (« Mescaline », « Petite »), tantôt elle chante la misère et les déviances des villes (« Château Rouge », « Romance », « Série Noire »). Heureusement que de temps à autre son imaginaire lui permet de s’évader de ce triste monde (« Initiale », « Pareil »).

L a osé prendre le contrepied de beaucoup de chanteuses actuelles et c’est tant mieux car à force de toujours utiliser le même moule et les mêmes ingrédients, les saveurs et les formats deviennent tous plus ou moins semblables. Oserez-vous, vous aussi, trancher avec ces habitudes ?

mercredi, 08 juin 2011 21:26

Salt on Sea Glass

Une fois n’est pas coutume, Chimera Music sort de l’ordinaire…

Sous le patronyme ‘improbable’ de If By Yes, se cache en fait un quatuor assez original ; et pour cause il réunit un trio issu de l’Empire du soleil levant, auquel est venu s’adjoindre la Newyorkaise Petra Haden.

Cette dernière est vocaliste au sein de That Dog et des Rentals, mais soutient occasionnellement Bill Frisell, lorsqu’elle n’apporte pas son concours aux Decemberists. Sa voix et surtout sa technique vocale sont bien au-dessus de la moyenne.

Surtout reconnue dans le petit monde du jazz, Petra a donc rejoint trois artistes en vogue, venus des confins du Japon.

La première, Yuka Hunda, est une chanteuse de la même trempe. Ses cordes vocales sont solides et puissantes ; mais cette virtuose sévit plutôt dans l’univers pop ‘jaune’. Enfin, pour compléter le line up, le drummer Yuko Araki et le guitariste Hirotaka Shimizu, impliqués tous deux chez Cornelius, soutiennent les deux divas.

David Byrne, en fin connaisseur, et toujours à la recherche de sons nouveaux, a brillamment secondé les deux chanteuses sur « Eliza », transformant ce titre en création particulièrement originale. Nels Cline (Wilco) a également collaboré aux sessions d’enregistrement, renvoyant par la même occasion l’ascenseur à Yuka Hunda pour l’aide accordée lors de la confection de son dernier elpee studio, paru en 2010.

Onze titres peuplent “Salt on Sea Glass”, fruit d’un mélange entre genres musicaux qui bien que différents, se conjuguent harmonieusement. L’accent est placé sur la musicalité ainsi que l’alternance des voix. En outre, le quatre membres du groupe sont parfaitement complémentaires.

Portée par ce duo de chanteuses impressionnantes, l’expression sonore est chargée d’intensité. Elle oscille entre jazz, électro-pop et pop-rock, tout libérant énormément de groove. Bref, si cet opus n’est pas fondamentalement révolutionnaire, il est néanmoins très rafraîchissant, plutôt soigné et très prometteur. D’ailleurs, son écoute ne suscite jamais le moindre instant de lassitude.

 

mercredi, 01 juin 2011 02:00

En t’attendant

Parisienne pur jus, née en février 1983, Mélanie Laurent est surtout connue pour sa carrière cinématographique et quelques (très bons) rôles, dont l’excellente prestation dans ‘Je vais bien, ne t’en fais pas’, qui lui vaudra par ailleurs le César du meilleur espoir féminin en 2007.

Ça, c’est le côté pile.

Côté face, Mélanie Laurent a un petit jardin secret qu’elle cultive en cachette depuis un bon bout de temps déjà. La première récolte avait bénéficié de la précieuse collaboration du folksinger irlandais Damien Rice. Et il est discrètement présent tout au long de ce nouvel ouvrage…

Les ‘légumes’ que nous propose l’actrice/chanteuse sont de première qualité. Deux instrumentaux, issus de la plume de Mélanie encadrent 10 chansons habilement écrites, principalement seule, mais également et de façon plus épisodique, avec Damien Rice, Olivier Coursier (Aaron) ou Joël Shearer (Pedestrian).

Et cet album, c’est pas du cinéma ! Car Mélanie Laurent est une chanteuse et c’est une évidence. Cet album, emmené par l’excellent premier single « En t’attendant », elle l’a écrit, composé, produit et assumé quasi seule.

Jouant habilement sur les cordes, les partitions musicales surfent sur la sensibilité, l’angoisse et la vivacité. Lors des complicités partagées en compagnie de Damien Rice, le violoncelle inonde les mélodies de classe mais transpire également de tristesse, faisant de « Il fait gris » ou de « Pardon », par exemple, deux chansons magnifiques et bouleversantes.

Le talent est réellement présent. Mélanie nous livre son premier essai et tout en nous racontant une histoire d’amour par-ci, la perte d’un être cher par-là ou la relation avec son père, elle nous transporte dans son univers.

Damien Rice la rejoint pour deux titres interprétés en duo. Le premier, qui est aussi le dernier single paru, « Everything you’re supposed to be », est entièrement interprété en anglais et le second, « Uncomfortable », campe plutôt un dialogue où chacun des interprètes échange avec l’autre dans sa propre langue. Amusant !

Une nouvelle voie s’ouvre de façon royale pour cette jeune femme aux talents multiples.

Dire qu’elle en rêvait depuis ses 14 ans… Une réussite, assurément ! Et un César de plus, un !

Mélanie Laurent se produira aux Francofolies… de La Rochelle (hélas) le 15 juillet prochain.

Avis aux vacanciers locaux…

 

mercredi, 01 juin 2011 02:00

Freedomatic (b)

Huit mois après sa parution et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, voyons un peu ce que le premier opus de ce duo belgo-belge nous réserve. 

My TV Is Dead est un duo réunissant Joël Grignard et Amaury Massion. Le premier cumule la basse et les guitares. Le second prend en charge les vocaux. Suite à une collaboration commune opérée pour « Convulsions », un spectacle musical mi-rock, mi-danse contemporaine, le tandem décide de pousser plus loin l’aventure et décide de se produire en petit comité (accompagné d’un batteur pour l’occasion), à six reprises, de l’autre côté de l’ex-rideau de fer, à Berlin Est.

L’un et l’autre souhaitant partager leur univers musical, ils décident ensuite de passer à table (de mixage évidemment). Lauréat de ‘Pure Démo’ via la station Pure FM, un premier single paraît en avril 2009, « Love in Stereo », suivi à intervalles plus ou moins réguliers, comptez deux à trois mois, par deux autres, « Thinking of You » en juin et « Riot Love » en septembre. Dès novembre de la même année leur premier elpee tombe dans les bacs des disquaires. Il reprend les 3 premiers singles ainsi que douze nouveaux titres.

Il est clair que devoir qualifier le style musical de cette formation n’est pas chose aisée. Les inspirations sont nombreuses et c’est un véritable kaléidoscope musical qui nous est servi. Les influences sont multiples. Elles oscillent de Radiohead à Muse, en passant par des produits plus locaux tels dEUS, Ghinzu ou encore Girls In Hawai. La musique glisse aisément d’un riff bien appuyé à une rythmique plus électro, avant d’embrasser une pop bien léchée. Elle joue ainsi à saute-mouton durant toute la durée de l’album et de ses 15 plages. Remarquable longueur pour un premier opus, même si la sélection aurait gagné en concision, tant l’impression d’un ‘déjà entendu’ est présente… Malgré ce petit bémol, on est séduit par la voix d’Amaury. Excellente, elle assimile et apprivoise ces changements avec une aisance toute indiquée.

Si aucun morceau ne semble devoir se dégager de la masse pour devenir un hit potentiel, il serait cependant indécent de ne pas reconnaître un certain talent (voire un talent certain) de composition mélodique aux deux p’tits belges.

Plaisant et varié, « Freedomatic » est donc loin d’être décevant, malgré sa carence en originalité. Ses variations de style en sont ses principaux atouts. La paire aurait cependant tout intérêt à digérer complètement ses influences, afin de se forger une personnalité propre et d’éviter de devoir porter l’étiquette ‘héritier de…’.

Cet album était paru en 2009, en Belgique. Il était cependant passé inaperçu. My TV Is Dead (re)tente une percée via le marché français qui semble assez friand de rock belge.

mercredi, 25 mai 2011 02:00

Ring n’ Roll (a)

Dur dur de se relever pour Catherine Ringer. Quatre ans après avoir enterré son alter ego tant au point de vue professionnel que sentimental, l’autre moitié des Rita Mitsuko publie son premier opus solo. Pas facile sans la tête pensante du duo, car c’est en effet bien lui qui assurait essentiellement le boulot de composition musicale et jouait les partitions de guitare, basse, batterie et claviers.

On est donc assez loin, qualitativement parlant, du dernier opus en date, « Variety », qui cassait la baraque…

L’album de Catherine Ringer, « Ring n’ Roll », rend, en réalité, un vibrant hommage à l’homme dont elle a partagé la vie, le travail et le lit durant plus de 25 ans. Fred Chichin constitue, malgré son absence, le fil rouge des douze titres qu’interprète majestueusement sa moitié survivante, usant de sa voix irrésistible et émouvante.

Les premières paroles prononcées sont : ‘Je fais que penser à mon amoureux, je fais que penser à nous deux…’ et les dernières, onze chansons plus tard, ‘On se reverra bien un jour ou l’autre…’ Tout est dit !

Ce premier effort en solo est de qualité inégale. Catherine alterne le bon, le passable, le chiant, le franchement inécoutable et le surprenant…

Débutant joliment par « Vive l’amour » dédié à qui vous savez, elle enchaîne par « Punk 103 » ennuyant à mourir (désolé Fred) puis deux titres interprétés en anglais douteux « Z Bar » et « Yalala » qui se laissent gentiment écouter, sans plus. « Prends-moi » (malgré un joli texte) et « Got it sweet » seront volontiers zappés, car monotones à souhait. « How do you tu » relève un peu le niveau bien que les lyrics, mi-anglais, mi-français, sont assez improbables. Catherine redonne de la voix (ouf, il était temps) dans « Quel est ton nom », un titre limite cependant, tant la ligne mélodique est faiblarde.

« Pardon », petite histoire banale, évoque la renaissance, mais ne vaut que par son refrain…  « Si un jour » replonge l’auditeur en pleine déprime, la peine suintant de chaque note et mot de ce quatrain.

Le surprenant c’est celui-ci, « Mahler ». Empruntant l’Adagietto de la symphonie N°5 du brave Gustave, Catherine Ringer pleure tout au long des 6 minutes son amour disparu sur la seule véritable pépite de l'album, entre parlé et chant susurré, profondément humain, qui décolle au final pour s'envoler, et disparaître en larmes. Splendide ! Mais hélas, trop rare…

« Rendez-vous » joue toujours dans le même registre. Mais le ton est plus gai, plus enjoué, l’accordéon et la boîte à rythmes nous entraînent dans ce fol espoir impossible des retrouvailles…

L’album si sombre, si empreint de tristesse se termine de façon un peu plus optimiste.

Un signe ? Il serait temps que la période de deuil prenne fin afin de permettre à Catherine Ringer de se tourner vers d’autres horizons.

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