Mustii avant que la fête ne soit finie…

L'auteur, compositeur et acteur Thomas Mustin aka Mustii représentera la Belgique au Concours Eurovision de la chanson avec son nouveau titre « Before The Party's Over », un hymne à la vie, à la fois fragile et puissant. Le titre –comme la vie elle-même– est…

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Luc Herpoel

Luc Herpoel

mercredi, 20 avril 2011 22:21

Une vie de rêve

Au sein de ce quintet, la parité hommes/femmes est presque parfaitement respectée. Chez les hommes, outre Bridge préposé au chant et à la guitare, Heykell Fattoumi se charge des parties de basse et Alainman, sixcordiste de Miro et Méllino (Négresses vertes), de la lead. Côté féminin, Elodie Costan chante, joue des claviers et de la gratte alors qu’Emmanuelle Lavau siège derrière les fûts et autres percussions. Aux prémices de leur carrière, le projet répondait au patronyme de Not For Capture. Leur style à l’époque ? Une pop atypique. Depuis 2008, en se rebaptisant, le club des cinq a viré sa cuti pour nous proposer une pop plus léchée qui surfe sur la vague des succès de Miossec, Darc voire d’un Daho lors de ses débuts.

Si les textes et compos ont nécessité deux ans pour être finalisées sur Cd, il faut reconnaître que l’ensemble est de facture remarquable, élégante ; et les 12 titres de l’opus sonnent tous très juste.

Les thèmes principaux issus de la plume de l’actrice Agathe Schlencker (absente du combo) traitent de sentiments, d’émotions et de l’être humain. Ils sont à la fois inventifs et audacieux. « Une vie de rêve » pourrait être assimilé à une succession de courts-métrages : des histoires de rencontres inopinées (« Ligne 14 »), évoquant la famille (« La photo de famille ») et les faces cachées des relations homme - femme (« N’attends pas », « Mysteries of love »). Il y est aussi question  de la vie, de ses accidents (« L’être humain »), de sexe (« Nos nuits », « La fin »), de spleen contemporain (« Sur des routes au soleil », « Ressens-tu », « Paris est moche ») ou encore du mariage (« Syncope sentimentale »).

Musicalement, Red Lili sort des habitudes trop rock ou trop soft, c’est selon, en mélangeant astucieusement rock puissant et mélodies aguicheuses. Les guitares sont omniprésentes, autorisant de temps à autre quelques distorsions et des riffs qui font un peu penser à ce que proposaient les Smashing Pumkins, dans le passé.

Deux ans donc ont été nécessaires pour concocter ce produit (très bien) fini. C’est un vieux de la vieille qui s’est coltiné le mixage de ce disque ; en l’occurrence Denis Blackham qui a autrefois proposé ses services aux plus grands (Led Zep, T.Rex, Brian Eno) et plus récemment à Matthieu Chédid. Un coup dans le mille !

Un bémol toutefois. Bien que la voix de Bridge, grave et fragile, tienne parfaitement la route, c’est tout autre chose lorsqu’il se met à l’anglais. Il donne l’impression de découvrir subitement la langue de Shakespeare et ses subtilités. Dommage !

 

mercredi, 20 avril 2011 22:12

Una Y Otra Vez

Sergent Garcia est en réalité le projet d’un seul homme, Bruno Garcia. Après être devenu, au cours des années 80/90, l’une des stars de la scène punk rock alternative française, au sein de Ludwid Von 88, il publie cinq albums en solo sous le patronyme de Sergent Garcia. Inspiré par LE vrai sergent Garcia, celui de Zorro, Bruno s’approprie la particule du bon gros débonnaire pour identifier le collectif dont il est la figure principale.

Après cinq ans de silence, soit depuis la sortie de « Mascaras » en 2006, Sergent Garcia refait surface. Une parenthèse juste entrecoupée par la sortie d’un best of en 2007 et d’un Ep, « Cumbiamuffin », en 2009. Pas grand-chose à se mettre sous la dent, manifestement…

La musique dispensée sur cet elpee est le fruit d’un mélange bien dosé de reggae, salsa, ragamuffin, rock et autres tendances, supposé donner naissance à un style nouveau qu'il définit comme de la ‘salsamuffin’. Bref, un cocktail qui tente de se rapprocher de ce que pouvait proposer la Mano Negra ; mais avec nettement moins de punch et de… qualités…

Pour ce nouvel opus, Sergent Garcia tente une ouverture vers l’Amérique du Sud. Bien que l’on ne puisse parler de révolution musicale, le combo à consonance espagnole tente de nous faire le coup de l’exploration de nouvelles directions, surtout colombiennes, en puisant son inspiration de l’autre côté du Pacifique, principalement en Amérique du Sud. Le résultat n’est hélas pas à la hauteur des espérances. Force est de constater que le tout forme un assemblage assez disparate de morceaux jetés les uns à la suite des autres sans titre phare ou ligne de conduite bien définie.

Après trois ou quatre plages, désolé mais on a envie de passer à autre chose. Car on s’ennuie ferme. A cause des mélodies et rythmes plus que répétitifs qui lassent rapidement l’auditeur, tout curieux puisse-t-il être.

« Chacun son combat » s’avère cependant la meilleure compo du disque. Ou la moins mauvaise, c’est selon. C’est aussi le seul morceau interprété en français. C’est dire si l’objectif poursuivi par Sergent Garcia manque sa cible ; et pas un peu !!!

Décevant…

 

mercredi, 13 avril 2011 02:00

Expert en désespoir

La liste des artistes pour qui Jacques Duvall a écrit est longue comme une page d’annuaire téléphonique. De Lio à Télex en passant par Chamfort, Birkin, Daho, Lavoine, Rapsat et j’en passe, ce rescapé de la génération punk a servi de parolier à plus d’une vingtaine de chanteurs ou groupes d’origine et de styles complètement disparates. Notre homme est, comme un caméléon, capable de s’adapter à l’environnement dans lequel évolue son commanditaire.

Né Eric Verwilghen un 1er août 1952 à Schaerbeek, cet ancien employé de la médiathèque préfère l’ombre à la lumière et n’en est qu’à son troisième album personnel après « Comme la Romaine » en 1983 et « Je déçois » en 90. Il est également impliqué dans des projets tels que « Pourquoi pas nous » d’Elisa Point ou encore le dernier elpee (de très bonne facture) de Lio paru sous l’appellation ‘Phantom Featuring Lio’.

En 2006, Jacques Duvall a changé de crèmerie et s’est engagé chez Freaksville, label créé par Miam Monster Miam. Depuis lors, sa productivité a explosé tant en quantité qu’en qualité. Sans cesser de proposer ses services à d’autres, il ose de plus en plus et décline en onze titres ce troisième opus perso dont il a confié la production à Benjamin Schoos de Miam Monster Miam, bien secondé par Gilles Martin (Miossec, Dominique A).

Si la pochette style J.R. de Dallas a tout pour vous foutre le bourdon et surtout l’envie de ne pas acheter ce Cd, il faut oser franchir le pas. Derrière cette affreuse jaquette se niche un véritable petit trésor de pop musique légère, limpide et colorée. Oubliées les compos compliquées, touffues et indigestes. L’affreux Jacky (ben oui, il est pas vraiment beau hein sur la pochette) nous sert ici onze blagues bien bonnes, bien belges, à déguster sans modération. Certaines sont à prendre au second degré (minimum). Ecoutez donc « La grève des éboueurs », « Tout doucement » ou même « La chanson la plus triste du monde » pour en être totalement convaincu. Le bougre a visiblement enlevé son costume de gentil parolier gnan gnan (« Les brunes comptent pas pour des prunes ») et opère sa mue de façon surprenante.

Bien soutenu par 4 voix féminines partagées entre Coralie Clément, Mademoiselle Nineteen (fille du chanteur Marc Morgan), Sophie Gallet et Christa Jérôme, Jacques Duvall nous balade au fil de ses chansons dans des parfums sonores variés, parsemés de guitares et de rythmes à la ligne claire.

Du pur plaisir ! Assurément ce qu’il a fait de mieux depuis trente ans.

Sortez donc de l’ombre Jacques Duvall !

 

mercredi, 06 avril 2011 21:04

Vices & Virtues

Panic! at the disco n’est plus qu’un duo réunissant Brendon Urie et Spencer Smith. Qu’à cela ne tienne, l’aventure continue pour les fondateurs du groupe. Surfant depuis sept ans sur la vague du succès, PATD, que viennent de quitter, pour désaccord artistique, Ryan Ross et Jon Walker, n’en demeure pas moins une valeur sûre dans le paysage pop/rock électro made in USA. Preuve en est, ce troisième elpee, fort de dix nouveaux titres. Malgré la disparition de Ryan, l’âme du band, qui a laissé planer dans nos esprits le split du groupe, Brendon et Spencer ont réussi la gageure de replacer le train sur les rails. Après avoir écoulé plus de deux millions de copies de leurs deux premiers albums, les survivants ont décidé, non pas d’innover ou d’essayer de se réinventer. Ils se sont concentrés sur ce qu’ils savent faire de maîtresse façon : de la classique pop très efficace ; et ce n’est pas pour nous déplaire. Ouf, l’identité du groupe reste intacte…

Loin du rock baroque qui a forgé le succès du groupe, surtout sur « Pretty Old », paru en 2008, notre duo risque cependant de plaire nettement moins aux amateurs d’envolées lyriques qui émaillaient leurs sorties précédentes. Reste toutefois dix titres qui seront très vite assimilés ; car si on demeure dans le classique tout au long des dix plages proposées, le tout entre très, très rapidement dans l’oreille et n’est pas pour autant dénué d’intérêt.

Les singles vont à nouveau envahir les ondes FM et les lecteurs MP3 de nos jeunes ados, accros aux Fall out Boys et autres formations crapahutant au sein du même univers musical.

On épinglera, sur « Vices & Virtues », « The Ballad Of Mona Lisa », « Let's Kill Tonight », « Hurricane », « Memories » et « Sarah Smiles » qui seront, à n’en pas douter, des hits imparables surtout de l’autre côté de l’Atlantique.

Ce qui constituait la force du groupe, chorus, rythmes endiablés et mélodies simples, est très clairement mis en exergue sur « Vices & Virtues ».

Finalement, il n’y a pas eu de ‘Panic’ à bord lorsque le navire a été déserté par son capitaine, abandonnant une partie de son équipage à son triste sort. Loin de là ! Nos deux marins survivants ont même très bien mené leur barque. Ils ont renfloué le bateau et sont repartis vers de nouvelles aventures. Celles-ci les mèneront directement, sans escale sur les parquets cirés des plus belles discos de la planète…

Au final, un album que l’on prend plaisir à écouter !

Les inconditionnels des dancefloors ne pourront malheureusement pas assister au concert que la formation devait accorder ce vendredi 13 mai 2011, à l’Aéronef de Lille. Cette date est annulée.

 

mercredi, 06 avril 2011 20:59

Collapse into Now

En concoctant « Accelerate », en 2008, REM avait, semble-t-il, effectué une légère embardée, emmenant son public dans des coins un peu plus reculés, légèrement plus violents que son image ne le laissait imaginer. Michael Stipe nous avait dévoilé une personnalité un peu moins exposée, plus sombre, plus nerveuse, plus rock’n roll !

Trois ans plus tard, le génial trio (depuis 1997, année où Bill Berry les quitte), auteur des mémorables « Losing my Religion » et autre « Daysleeper » nous revient après s’être douché et rasé de près. Tournée la page du ‘méchant’. Nos quinquagénaires sont de retour, tout gentils, tout doux et tout beaux dans leurs jolis costumes, dispensant une musique bien comme il faut, presque parfaite, nettement plus calme et plus soyeuse que sur cet album de ‘sauvages’, sorti en 2008… Fallait bien que jeunesse se passe…

« Collapse Into Now » renoue avec les recettes qui ont fait le succès du band depuis près de trente ans et 14 albums studio. Ce quinzième effort enregistré à Berlin, Nashville et à la Nouvelle-Orléans, est à nouveau produit par Jacknife Lee (U2, Bloc Party, Weezer), déjà préposé à la mise en forme sur « Accelerate ». On épinglera également les participations de Patti Smith, Lenny Kaye, Joel Gibb, Peaches et Eddie Vedder (Pearl Jam), qui ont chacun collaboré sur un morceau de l'album. 

En effet, hormis les deux bombes rock initiales, « Discoverer » et « All The Best », dans la lignée de l’elpee précédent, le reste est un véritable retour aux sources.

Dès le troisième titre, le groupe baisse de rythme et nous propose alors une série de ses fameuses ballades ‘semi-folk-rock’ belles à en pleurer. Que ce soit l’excellent « Überlin » ou encore « Oh My Haert », à peine un ton en-dessous. « It Happened Today » permet à REM de repartir de plus belle avant de ralentir à nouveau le rythme et baisser très légèrement en efficacité sur « Every Day Is Yours To Win ». Michael reprend ensuite du poil de la bête tout au long du plus entraînant et aérien « Mine Smell Like Honey », caractérisé par son refrain qui déménage. La pression retombe toutefois très vite. Responsable de cette baisse de régime, la superbe ballade « Walk It Back » et l’organe génial de Stipe qui nous envoûte jusqu’à nous donner la chair de poule. L’opus prend ensuite à nouveau de l’altitude grâce à Peaches qui donne de la voix sur « Alligator_ Aviator_ Autopilot_ Antimatter », à l’instar de Kate Pierson (B-52’s) sur « Shiny Happy People », en 1991. La plage suivante, « That Someone Is You » est un petit rock sympa, tout ce qu’il y a de plus correct et simplement accrocheur. « Me, Marlon Brando and I » démontre tout le talent de compositeur de Michael Stipe. Cette splendide chanson nous dépose sur un nage tout moelleux, où règnent calme, paix et douceur. En finale, « Blue », plage sur laquelle Patti Smith apporte son concours, est sans doute la plus originale de l’album. Un échange ‘progressif’ plus parlé que chanté entre les deux complices aboutit à une rengaine entêtante, lente, poignante.

Et pour clôturer de façon originale ce quinzième disque, REM reprend, comme il avait débuté, quelques dizaines de secondes de « Discoverer ». La boucle est en effet bouclée !

Si certains reprocheront à cette œuvre un manque d’homogénéité, les mélodies sautant du coq à l’âne, un peu trop systématiquement, « Collapse Into Now » est vraiment un excellent album. Il démontre à la fois tout le talent d’écriture de Michael Stipe et l’envergure qu’a prise REM en près de 30 années d’une carrière riche en albums de choix. Celui-ci fera, assurément partie, à n’en pas douter, de l’élite absolue produite par le trio américain.

REM reste un (très) grand groupe qui garde la pêche.

 

mercredi, 06 avril 2011 20:57

Under The Cold Street Lights (cd + dvd)

Tout d’abord, il est peut-être nécessaire de rappeler qu’Arid est incontestablement le leader de la scène belge ! Plus personne n’en doute. Du moins c’est mon sentiment…

Jesper Steverlinck et ses acolytes trustent depuis pas mal d’années maintenant les honneurs de la scène rock noir-jaune-rouge. Personne ne leur discute ce leadership.

Dernière parution du band, la sortie d’un boîtier ‘Limited Edition’ réunissant deux plaques. La première est simplement la réédition de leur dernier album en date paru il y a plus d’un an, enrichi d’une toute petite surprise. Un inédit. « Shine ». Inconnu au bataillon jusqu’à présent. Mwouais… Bien vu les gars ! Pas de quoi sursauter, juste un petit plus, c’est bien du Arid, pur jus, bon, simple, efficace.

Deuxième plaque dans l’emballage, l’intégrale du concert accordé à l’AB, le 28 février 2011, dans une salle comble et conquise d’avance. Au niveau images, excellent ! Elles restituent parfaitement bien l’atmosphère de la soirée privilégiant la communion entre Jasper et ses fans. Un moment exceptionnel de la soirée est à épingler lorsque Jasper descend au milieu de SON public, échangeant des poignées de mains avec les chanceux les plus proches mais gardant toujours le contrôle de la situation quant à son interprétation. En ce qui concerne la bande son, elle est tout bonnement excellente. Les 17 titres interprétés ce soir-là par Arid sont le reflet parfait de leur carrière. Le sublime « Life » constituant le point d’orgue de ce très bon Dvd.

Rien de plus à se mettre sous la dent. Pas de bonus, d’interview ou autres curiosités qui auraient pu donner à l’ensemble un label ‘incontournable’.

Ce coffret demeure néanmoins un beau souvenir pour celles et ceux qui ont vécu cet événement ou eu l’occasion de voir le ‘best belgium band on stage’. Mais également un témoignage destiné aux autres qui (j’ai un doute) ne connaîtraient pas encore Arid.

Incontournable pour tout fan qui se respecte !

 

mercredi, 23 mars 2011 20:41

Vanguard (Ep)

Né au printemps 2009, Agent Wander est en fait le projet de Wim Kesteloot. Auteur compositeur, cet artiste gantois débute en solo, dès 2008, sans pouvoir hélas percer.

Afin de se faire une petite place au soleil dans le paysage rock belge, il s’adjoint les services de Stefan Valenberghs à la guitare (Viper Rosa, This Is Where My Little Saturn Sleeps), du drummer-singer Koen Gallet (Viper Rosa, Saturn) et du bassiste Bart Van Lierde (Zita Swoon, Kowzi). Belle association qui part directement à la conquête de la Flandre profonde.

Après avoir bourlingué durant quelques mois au nord du pays, le combo décide de s’autoproduire et de publier par ses propres moyens ses compos les plus représentatives. En effet, aucun label ne soutient encore Agent Wander pour le moment. Au vu de ce qui est proposé, cette situation ne devrait pas perdurer, tant les quatre morceaux affichent tous une bonne dose d’originalité, de savoir-faire en plus d’une excellente musicalité.

Si « Caroline » lorgne un peu du côté de Roxy Music, « Sunday Call » rappelle, de loin, JJ Cale. « Waiting for a Change » trahit des relents d’Iggy Pop et le morceau de clôture, « Angie », nous entraîne dans l’univers de Morphine. Bref, on ne peut pas dire que les 4 morceaux de cet Ep, se contentent de plagiat. On est loin du compte, d’ailleurs. 

Un coup d’essai, pas un coup de maître, mais pas un coup dans l’eau non plus ! Directement touché par la voix et le jeu de guitares omniprésent, Agent Wander donne l’impression de disposer de ressources qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Alors, qu’attendent les distributeurs pour intégrer cette nouvelle formation belge de talent, dans leur écurie ?

 

mercredi, 23 mars 2011 20:09

Shapes and Shadows

Ben Ottewell c’est avant tout une voix, rapidement identifiable, celle de Gomez, formation britannique qui enchaîne les hits pop depuis sa création, en 1998.

Cette voix, caractéristique, nasillarde qui, soit agace, soit émeut, c’est selon, pour une fois, n’est pas mise au service du band. Ben l’utilise égoïstement, seul, enfin presque, sur les neuf titres de son premier album solo, « Shapes and Shadows ». Il avait envie tout simplement de faire autre chose que du Gomez pendant un certain temps.

Ce n’est donc pas entièrement en solitaire que Ben a travaillé. Les neuf titres ont été pondus en collaboration avec son ami d'enfance Sam Genders (ex-membre de Tunng) dont il aime l’écriture et le regard sur les choses simples de la vie. Comme ils se connaissent parfaitement, les chansons parlent essentiellement du passé et de leurs souvenirs communs. Et la production a été confié à Tom Biller (Liars, Warpaint, Karen O & The Kids).

Ce surdoué (à lunettes) de la chanson simple mais efficace risque fort de vous emprisonner littéralement dans ses filets. Ses neuf morceaux naviguent entre le folk, le blues et la pop de très haut vol. Le tout donne un résultat très inspiré où efficacité et mélancolie se côtoient pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

Ce premier effort en solitaire a tout d’un grand album même s’il est assez bref dans la durée… à peine plus de 30 minutes d’un délice sublime et intimiste.

Un simple bon moment !!!

 

mercredi, 09 mars 2011 18:48

Nous étions Dieu

« Nous étions Dieu » constitue le premier album de ce Parisien, âgé de 37 ans, reconverti dans la chanson sombre et mélancolique. Un artiste complètement inconnu au bataillon, ce Nicolas… comment ? Comment, Nicolas Comment. Pigé ?

Après avoir accompli des études aux beaux-arts, arts-déco et de cinéma, il embrasse la profession de photographe et est engagé par l’agence VU, vu ?

Musicien (pour son propre plaisir) depuis toujours mais donnant la priorité à l’image, notre homme est un soir bloqué à l’aéroport de Berlin et c’est là que le déclic se produit, mettre en boîte ce qu’il a déjà écrit. En 2008, son projet donne naissance à un mini-album six titres, « Est-ce l’Est »

L’appétit venant en mangeant, Nicolas rencontre Marc Collin (Indurain, Ollano, Nouvelle Vague) qui, comme lui, est féru de ‘New Wave’ des eighties. Des 25 chansons proposées par notre photographe, le producteur dirige son choix vers les plus sombres et privilégie les synthés afin de les envelopper au sein d’une ambiance électro feutrée.

L’album est parfaitement réalisé, rien à dire. Les textes sont très beaux. L’accompagnement musical est impeccable ; en outre, la rythmique est efficace. Un petit bémol toutefois ; et même s’il s’en défend, Nicolas Comment (ab)use volontairement du style et du phrasé (il parle plus qu’il ne chante) de Gainsbourg, source d’inspiration des Bashung, Biolay, et bien d’autres…

Si l’album tient la route et que les textes ne manquent pas d’allure, on a malgré tout la nette impression de se farcir un énième disciple du fumeur de havane. D’ailleurs, pour celles et ceux qui recherchent un peu d’originalité, faudra repasser. Dans « Je te veux », plage ouvrant l’album, on croit même être en présence de Benjamin Biolay, tant la ressemblance est frappante. Et le reste est issu du même moule.

 

mercredi, 02 mars 2011 19:17

Folk Talk

Dick Annegarn, citoyen d’honneur de la ville de Bruxelles (NDR : remember ‘Bruxelles ma belle…’), est en fait d’origine hollandaise. En effet, il est né en 1952, à La Haye. Mais c’est bel et bien chez nous qu’il passe toute sa jeunesse, à l’ombre de l’Atomium. En 1972, il quitte notre capitale pour émigrer à Paris, la guitare sous le bras. C’est là qu’en 1973 il enregistre l’album qui le lance, le fait connaître et auquel il doit la majorité de son succès, « Sacré Géranium ». Très vite fatigué de sa renommée et de la vie de ‘star’, il fuit le système, préférant emprunter la voie underground, vivant sur une péniche, participant à la vie associative de la banlieue parisienne. Très discret, il s’adonne à son style favori, le folk/blues, publiant de plus en plus anonymement ses réalisations. En 2006, le disque « Le Grand Dîner », sous-titré ‘Tribute à Dick Annegarn’, réunit des artistes comme Alain Souchon, Alain Bashung, Arno Hintjens, Louis Chedid, -M-, Mathieu Boogaerts, Bertrand Belin ou encore Bénabar, chacun reprenant des chansons de Dick en hommage à sa carrière de plus de 30 ans.

Son dernier album studio, « Soleil du Soir », enregistré à New-York, paraît en 2008. Il trahit déjà plus que des accents bluesy. Il en profite pour rendre un bel hommage à Brel à travers le titre « Jacques ». En 2010, il apparaît dans « Mammuth », film de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, aux côtés de Gérard Depardieu et d'Isabelle Adjani.

Baigné toute sa jeunesse dans le blues et le folk, Dick Annegarn décide de revisiter en acoustique toute une série de standards des sixties, empruntant certains titres au folklore traditionnel : Careless Love », « Saint-James Infirmary » (fabuleux), « Down In The Valley », « The House Of The Rising Sun » ; et d’autres à des pointures telles Eddie Cooley, Bob Dylan, Harry Bellafonte, Rosetta Tharpe et même Elvis Presley. Armé d’une géniale Gibson datant de 1931, sa nouvelle (vieille) gratte, le Hollandais chantant n’est soutenu que par un équipage plus que réduit. Deux choristes néo-orléanaises sont cependant montées sur son embarcation. Et puis, il y a un bout d’harmonica ici, un tambourin par là. La voix chaude et tellement reconnaissable de l’interprète de « Ubu » fait le reste. Bien que minimalistes, les arrangements collent parfaitement au répertoire proposé. Ray Charles, Louis Armstrong ou Kurt Cobain seraient agréablement surpris de réentendre les titres qu’ils s’étaient appropriés, il y a un certain temps, voire un temps certain…

Bien que les chansons soient connues et même hyper connues pour certaines, Dick Annegarn rhabille ces titres à sa façon, leur donnant, un nouvel éclat, un brillant éclatant !

Un vrai moment de bonheur ! Le second épisode devrait suivre sous peu…

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