Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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Luc Herpoel

Luc Herpoel

mercredi, 23 février 2011 01:00

L’an demain

Les Têtes Raides sont sept. Un duo, c’est un groupe réunissant deux personnes. Un trio, trois. Un quatuor, quatre ; mais comment appelle-t-on un collectif impliquant sept membres ? Un septuor ? Si, si, ça existe !

Sept personnes constituent donc le line up de cette formation responsable de ce qui apparaît déjà comme leur onzième album studio. Vous avez certainement déjà entendu parler de ce combo. Mais êtes-vous capables de citer ne fût-ce qu’un seul titre de son répertoire ? Pourquoi donc ? Et bien parce qu’en fait, les Têtes Raides, ce ne sont pas que des disques. C’est surtout un concept né… il y a 26 ans. Ce fameux clan des sept dispense une musique qui se vit, se voit, se partage lors des sessions live plutôt que des albums qui s’écoutent gentiment au coin du feu. Il faut savoir que lors de leurs concerts, ils sont souvent bien plus que sept, car ils invitent en effet des amis musiciens, des danseurs et parfois même, c’est déjà arrivé, des trapézistes. C’est dire !

Après un détour chez Warner, le groupe retourne chez Tôt ou tard. Retour du fils prodigue émaillé par des arrivées (celle du bassiste Antoine Pozzo di Borgo et du batteur Eric Delbouys) et des départs : ceux d'Edith Bégout et de Caroline Geryl, celui enfin de Pascal Olivier, dit Cali, qui fonda la première mouture du groupe en compagnie de son frère Christian et du saxophoniste Grégoire Simon. C'était en 1984, Têtes Raides s'appelait alors Red Ted. Ce nouvel elpee, « L'An demain », est dédicacé à ces anciens compagnons de route. Une page se tourne, sans tristesse, ni nostalgie.

Tendons donc l’oreille vers les 13 compos qui peuplent ce nouvel opus. On constatera que la poésie habite chacun des titres chantés en français (un seul en ‘anglais approximatif’, « So Free »), de belles illustrations d’un style ‘chanson brute’, enrichies de cuivres ou guitares, influencée par le cabaret, le cirque, Brel ou les Clash. Des textes et des mots justes, une instrumentation subtile, joliment relevée par le violoncelle d’Anne-Gaëlle et le violon de Jeanne Robert. Autres invités de marque, Jeanne Moreau qui pose sa voix rocailleuse sur un tango délirant, « Emma ». Ou encore Jacques Martyn Richard des « Tiger Lillies » qui chante sur « So Free » et « Marteau Piqueur ». Enfin, comment passer sous silence cet anonyme qui a écrit les paroles de « Je voudrais » avant de les déposer sur le répondeur de Daniel Mermet, l'animateur de « Là-bas si j'y suis » (France Inter).

Il n'en faudrait (presque) pas plus pour nous convaincre que ce onzième album des Têtes Raides est un bon cru. Après vingt-cinq ans de musique, les Têtes ont gardé leur parfum de néo-guinguette alternative aux rythmes martelés, mais ont aussi su retrouver une fraîcheur poétique, et même une douceur qu'on ne leur connaissait guère.

Un album sincère et émouvant. A découvrir, à écouter et à digérer lentement pour en déguster toutes les saveurs.

mercredi, 23 février 2011 01:00

Rosa la Rouge

Claire Touzi Dit Terzi fêtera ses 40 ans en 2011. Elle s’est forgé une certaine notoriété au début des années 90, comme chanteuse et leader du groupe folk-punk Forguette Mi Note. Diplômée en arts graphiques, elle a également bossé tout un temps comme prof d'illustration. En 1995, elle fonde un combo qui répond au patronyme de Dit Terzi et publie un premier opus éponyme. L’aventure s’achève cependant en 2001. Par la suite, elle est invitée à composer pour Philippe Decouflé, responsable de spectacles de danse contemporaine. Ce qui lui permet de l’accompagner pour deux ans au Japon. A son retour, elle remet les compteurs à zéro et, décide, deux ans plus tard, d’entamer une carrière individuelle. Elle grave alors un premier elpee solo en 2006, intitulé « Boucle ».

A partir de cet instant, elle se consacre surtout à la confection de bandes originales. Citons en vrac la BO du long métrage « Requiem for Billy the Kid », l'illustration sonore de l'exposition de « Titouan Lamazou », organisée au Musée de l'Homme en 2008 et un album intitulé « Tableau de chasse », destiné encore une fois à des représentations, et notamment pour le Théâtre national de Chaillot.

En mai 2010, Claire Diterzi écrit et interprète le rôle de Rosa Luxemburg, dans la pièce musicale originale « Rosa la Rouge », mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo, au Théâtre du Rond-Point à Paris.

C’est également elle qui, évidemment, s’est fait un devoir d’écrire la BO de ce nouveau projet.

Claire nous livre donc un album qui est à mettre en relation directe avec le spectacle du même nom. Dans ces conditions, écouter ce disque, sans connaître les tenants et les aboutissants de cette pièce nouvelle pièce musicale, n’a pas beaucoup de sens.

Restent cependant quelques morceaux qui s’écoutent agréablement, tels « Je touche la masse », « J’étais, je suis, je serai » ou « Rosa la rouge ». Le reste du Cd est très difficile à apprécier, tant les compositions à elles seules n’arrivent pas à accrocher l’auditeur qui ne connaît pas l’histoire pour laquelle ces plages ont été écrites et composées.

A réécouter éventuellement après avoir assisté à une des représentations.

mercredi, 23 février 2011 01:00

What Was Ours Can’t Be Yours

Premier indice, ce band nous vient du même pays que le Père Noël. Second indice, ses quatre membres ont les mêmes origines que l’un géant de la pop des eighties, A-Ha. Alors ? Gagné, c’est bien de Norvège que débarquent Anne-Lise Frǿkedal, à la guitare et au chant, par ailleurs également responsable de toutes les compos, Ole Myrvold aux claviers, Bjarne Stensli aux fûts et Erlend Ringseth à la basse, les quatre membres principaux qui composent Harrys Gym.

Il y a deux ans, le groupe norvégien sortait, en toute discrétion, un premier album éponyme et terriblement aérien. Cette année, “What Was Ours Can’t Be Yours” marque donc leur retour, un album produit par James Rutledge (Bloc Party, Dntel, Grizzly Bear, Late Of The Pier, My Bloody Valentine, The Kills, Radiohead…)

Pendant la quarantaine de minutes que durent les onze titres, Anne-Lise et sa bande nous emmènent sur des sentiers musicaux doux et aériens, vaporeux et planants.

Si la musique dispensée par Harrys Gymest est nettement moins dansante que celle de A-Ha, elle n’est toutefois pas dénuée d’intérêt. S’appuyant sur une voix splendide, chaque chanson est une petite merveille de douceur et de grâce. Superbement secondée par une instrumentation efficace, on ne s’ennuie pas une seule seconde en écoutant cet album. Sans être une œuvre majeure qui révolutionnera la planète rock, on peut en toute honnêteté parler d’une chouette découverte et on a simplement l’envie de l’écouter jusqu’au bout, voire de le remettre une seconde fois lorsqu’on arrive au bout de la dernière plage. Que demander de plus ?

Grâce aux jolies mélodies et aux belles interprétations, quelque part entre électro-rock (« No Hero », « Extraordinary Girl »), pop discrète (« Toothpasat ») et mélancolie (« Mountains », « The Visitor »), Anne-lise et ses acolytes ont tout pour nous séduire et nous proposer un tout bon album.

A déguster tout en douceur mais sans retenue.

 

mercredi, 16 février 2011 23:51

Acoustic sessions

Derrière ce patronyme improbable se cache en réalité un duo composé de Sean Lennon et de Charlotte Kemp Muhl. Sean Lennon, vous connaissez, of course ! Pas facile pour lui d’être le fils de qui vous savez… A 35 ans, la ressemblance tant physique que vocale avec son père est de plus en plus criante. Comme si le fait de s’appeler Lennon ne suffisait pas. Heureusement pour lui, il a également hérité du talent paternel pour la facilité d’écriture de ballades claires et scintillantes.

L’autre moitié de ce duo n’est pas n’importe qui non plus. La belle Kemp Muhl affiche un physique de top-modèle et est plutôt du genre touche à tout : mannequin, bien sûr, chanteuse, sûrement mais aussi girlfriend de la première moitié. Vous suivez ? En bref, Charlotte cumule toutes les casquettes susceptibles de la sacrer ‘hit-girl’ du moment.

Et comme si ce cv ne suffisait pas, elle partage équitablement l’écriture des (seulement) neuf compos de cette session acoustique avec Sean. La chimère (icône du label) est une créature à deux têtes, The G.O.A.S.T.T. également… Intentionnel ???

Toujours est-il que les deux comparses paraissent implacablement complémentaires, tant à l’inspiration qu’à l’exécution des redoutables petites perles qu’ils ont composées en couple. Un seul mot me vient à l’esprit pour qualifier la qualité dispensée lors de cette session acoustique : élégance.

Elégance dans la voix de Sean mieux que secondée par l’organe suave, vaporeux mais impeccable de Charlotte.

Elégance dans le choix de l’instrumentation (des cordes essentiellement) et de quelques bruitages originaux (« Schroedinger’s Cat »)

Elégance dans l’enregistrement, pur et sans faille de chacune des plages (« Lavender Road »).

Elégance dans la simplicité terriblement efficace des mélodies qui enrobent magistralement ces deux voix qui se répondent (« Jardin du Luxembourg »).

Si rien dans cet album ne révolutionnera la planète rock/pop, il faut tout de même admettre que les 35 minutes pondues par notre duo de choc ont de quoi charmer les plus exigeants.

En comparaison, Cocoon, qui emprunte plus ou moins les mêmes sentiers, a encore pas mal de leçons à prendre…

Classe, saveur et merveille!

lundi, 14 février 2011 01:00

En toute simplicité

Fran Healy est l’auteur/chanteur/compositeur du groupe Travis, depuis 15 ans. Il y a quelques mois, l’homme coiffé d’un chapeau style Indiana Jones décide de faire cavalier seul. Il prend des vacances par rapport à Travis et sort en octobre 2010 un album calme et intimiste. Une petite dizaine de titres et un bonus track. « Wreckorder » reçoit un accueil des plus chaleureux de la part de ses ‘concurrents’ mais néanmoins admirateurs (dixit Chris Martin) et des félicitations de ses fans au nombre desquels McCartney himself.

L’Ancienne Belgique s’était drapée de rouge pour accueillir cet orfèvre de la belle chanson pop. La configuration théâtre était de mise et les + ou - 400 personnes (seulement) présentes étaient toutes assises gentiment pour écouter le récital d’un homme seul à la guitare.

Pour s’assurer le bon fonctionnement du micro et de l’amplification, Foley, songwriter new-yorkais, occupe, pour quelques instants seulement, la place de Fran. Tout en douceur, la soirée débute. Un peu timide au début, le garçon prend de l’assurance et ses titres hésitant entre pop et folk se laissent facilement écouter. Quelques commentaires, uniquement en anglais (il s’excusera de ne pas parler un seul mot de français) font la transition avec un humour grandissant entre chaque morceau. Huit titres et quelques trente minutes plus tard, il change de place et va s’installer derrière la console pour celui qui le suit sur scène. Petite tournée, petits moyens…

Fran Healy sans Travis, c’est un peu comme une bonne tartine mais sans rien dessus pourrait-on croire, et pourtant…

A peine entré en scène, seul avec pour seule compagnie, sa guitare, il met immédiatement le public dans sa poche en discutant simplement, amicalement, saupoudrant le tout d’une bonne dose d’humour. Et pour parler, il parle ; ce sera d’ailleurs une constante toute la soirée. Parler, chanter, rigoler, chanter, partager, chanter, blaguer, chanter, …

Pour être sûr de ne rien oublier, il a même un ‘copion’ dans la poche arrière de son pantalon. Copion qu’il sort après chaque titre pour savoir où il est en dans ses explications. Il s’excuse d’entrée d’être venu seul et nous remercie d’avoir apprécié son album solo qu’il interprétera intégralement, agrémentant son set de nombreux commentaires, parlant de son band qui lui reproche justement de bavarder trop et de perdre du temps, alors que ses musiciens ont envie de jouer, de Paul McCartney qui lui a fait l’honneur d’enregistrer quelques partitions de basse sur quelques morceaux, de Berlin où il habite maintenant et où des chiens laissent leurs cr… face à sa porte d’entrée, de son fils de 4 ans qui lui demande sans cesse de chanter « Fly in the Ointment », de la maladie d’Alzheimer qui lui a inspiré « Rocking Chair » et j’en passe.

Tout un chacun apprécie cette grande simplicité et cette bonne humeur communicative. Une bonne heure se passe sans que l’on s’en aperçoive. Le mariage guitare sèche et voix chaude plonge toute l’assemblée dans le rêve, la poésie, la contemplation. Et Francis de terminer son petit répertoire personnel de 10 chansons toutes fraîches. Il n’est que 22 heures. Trop tôt pour se dire au revoir pense-t-il tout haut. Le néo-Berlinois nous propose alors de piocher à notre gré dans le répertoire de Travis pour quelques morceaux interprétés en acoustique. « Closer », « Side », « Driftwood », et quelques autres titres choisis par le public clôtureront cette soirée.

Les deux dernières chansons seront encore plus dépouillées que les précédentes. Aucun micro, aucune amplification ! Rien que sa voix et sa gratte. Fran poussera alors l’intimité jusqu’à sa dernière limite. Un régal !

A voir si vous en avez encore l’occasion, sans aucun doute !

(Organisation AB)

 

mercredi, 09 février 2011 01:00

Parfait, mais un peu trop prévisible…

Avant… mercredi 16h00

Le plus hétéroclite des groupes belges avait donné rendez-vous à ses aficionados, au beau milieu de l’hiver. Histoire de réchauffer les cœurs sans doute. Où ? A l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

Belge ? Hétéroclite ? Kékséksa pour un charabia ? Explications svp ! Et bien, outre le fait qu’ils vivent à Bruxelles depuis plusieurs années et que c’est dans notre capitale qu’ils se sont rencontrés, les trois membres du combo n’ont pas la moindre goutte de sang noire-jaune-rouge qui coule dans leurs veines. Chanteur/guitariste, Matthew Irons est anglais. Bassiste, Romain Descampe, français. Et drummer/claviériste, Egil ‘Ziggy’ Franzén, suédois. Bref un vrai band de chez nous !!! Mais puisqu’ils souhaitent être considérés comme tels, ne boudons pas notre plaisir. Pas de fausse modestie…

Depuis la sortie de leur superbe second album, j’attendais impatiemment de les revoir à l’œuvre. En effet, en 2008, à Lessines, j’avais eu la chance de les découvrir (et du coup d’acheter leur premier Cd) lors d’une première partie, excellente par ailleurs, programmée dans le cadre d’un concert accordé par Mud Flow, une vraie formation belge celle-là.

C’est à présent leur tour d’occuper le devant de la scène. Comme leur album, « Something You Might Like », les a propulsés bien haut dans les charts, Puggy remplira trois fois une des meilleures salles de concert du royaume. Après le set de ce soir, deux dates figurent encore à l’agenda : les 21 mars et 19 avril prochains. Si vous n’avez pas encore votre sésame, il est inutile de nourrir des regrets, tout est sold out depuis un bout de temps déjà. Pas de chance, c’est ainsi ! A la limite il vous restera encore  le  22 avril, au Magdalenazaal de Bruges (Intergalactic Lovers en assurera la première partie), mais faudra pas trop tarder...

Après… jeudi 16h00

En première partie de ce concert tant attendu, Kiss & Drive (vainqueur du Concours Circuit) est chargée de faire patienter le public conquis d’avance de l'AB. Force est de constater qu’Elisabetta Spada, jeune chanteuse italienne installée à Bruxelles depuis 5 ans n’est pas qu’une jolie voix. Elle est également responsable des très belles compositions qui oscillent entre pop et folk. Seule sur les planches, en s’accompagnant à la guitare ou à l’ukulélé, c'est aussi un phénomène sur scène. Dynamique à souhait, la communication est directement établie avec ceux qui ne traînent pas au bar ou ailleurs. Une petite demi-heure, de 20h00 à 20h30, lui suffit pour convaincre les centaines de curieux ébahis tant par la qualité des compos que par l’interprétation.

Juste un petit coup de balai sur le podium, aucun réglage et à peine un gros quart d’heure plus tard, le trio ‘bruxellois’ pénètre dans l’arène à la grande joie des 2 000 fans présents. Durant cette brève interruption, quelques membres du fan-club se dispersent dans le public afin de distribuer des bracelets fluo et dispenser quelques explications nécessaires pour créer l’événement… Un flash mob durant le 3ème titre « I do ». C’est y pas gentil ça ?

Puggy entame son set par « Empty Street », avant d’attaquer « Goddess Gladys » qui met directement le feu aux poudres. Enchaînant par « I do », les trois membres feignent alors la surprise totale lorsque des centaines de bras se lèvent pour un ballet à peine ‘improvisé’. A cet instant, déjà un doute m’envahit. Où sont l’authenticité, la spontanéité, la fraîcheur et la naïveté qui m’avaient épaté lors de leur premier passage sur scène, trois années auparavant ? Bien de l’eau a visiblement coulé sous les ponts. Et pour cause, le trio truste les places d’honneur dans les charts et occupe maintenant le haut de l’affiche. Remplir 3 fois l’AB n’est pas à la portée du premier venu, ok. En 2011, Puggy est devenu une véritable machine à (re)produire des hits pop.

Entamé à 20h50 précises, le show va s’étaler sur plus de 90 minutes pour s’achever au-delà de 22h30. Durant ce laps de temps, la quasi-intégralité (hormis la jolie ballade trop calme sans doute, « Unimaginable ») de leur second elpee sera reproduite de manière parfaite. Mais également cinq compos issues de leur premier album, « Dubois Died Today », et « Not A Thing Left Alone », une plage parue sur un Ep précédant la sortie de « Something you Might Like ». Sans oublier la cover du « Father And Son » de Cat Stevens, repris de manière impeccable et légèrement retravaillée pour la BO du film « Largo Winch 2 » ; et enfin pour terminer le concert de façon surprenante, Aka Moon, un autre trio, bien connu des amateurs de jazz, vient les rejoindre sur l’estrade pour interpréter en final « I Want You » des Beatles (à voir sur http://www.youtube.com/watch?v=skiaPS2qU7s ). Y’a pas à dire, Puggy est devenu une belle bête.

Le trio a démontré toute l’étendue de ses qualités musicales, et ce, à chaque morceau. A la guitare acoustique, Mattew est vraiment génial. Une acoustique électrifiée. On perçoit même furtivement des relents de formation classique qui repointent, circonstanciellement, le bout du nez. Du très grand art ! Ziggy, un peu trop démonstratif et prévisible derrière ses fûts. Il a néanmoins étalé toutes ses capacités à utiliser les baguettes, mais également les claviers et… le micro. Le seul à rester un peu dans l’ombre reste Romain dont la basse se révèle, malgré tout, super efficace.

Si aucun reproche ne peut être adressé à la qualité de l’interprétation –son parfait, chant, chœurs et instruments sublimes– je reste malgré tout un peu sur ma faim car tout, absolument tout, était prévisible, le final excepté. J’insiste encore sur la qualité de l’interprétation vraiment exceptionnelle mais il m’a manqué ce petit extra qui fait d’un concert un moment magique, inoubliable…

Pourtant, la majorité des 2 000 personnes présentes ce soir y a trouvé son bonheur, chantant, dansant, frappant des mains ou des pieds durant pratiquement tout le du show. C’était, sans aucun doute, un très très bon concert. C’est apparemment votre serviteur qui doit avoir un problème !!!

(Organisation AB)

mercredi, 09 février 2011 01:00

Mélancosmiaque

A 23 ans à peine, un bébé sur le dos et un compagnon qui s’est fait la malle, la jeune Niçoise ne baisse pas les bras. Après avoir réuni les 50 000 € nécessaires pour l’enregistrement et la distribution d’un CD, elle publie ses premières compositions.

Mais commençons par le commencement…

Il n’est pas inutile de rappeler un peu le parcours de cette jeune auteur/compositeur/interprète.

Née en 1987, elle monte très tôt sur les planches, dès 10 ans, participe à divers concours et décroche, à 13, un doublage pour « Annie », une production Disney. A 15, elle signe chez Atoll Music et sort un premier single. A 17, elle participe à la quatrième édition de ‘Star Academy’ et échoue en finale face à Grégory Lemarchal.

Début 2009, après avoir collaboré à divers projets aussi vite oubliés les uns que les autres, elle s'inscrit sur Akamusic afin de laisser aux internautes la possibilité de produire son premier elpee, « Mélancosmiaque », qu'elle a travaillé durant plus de 3 ans. Et le plus beau, c’est que ça marche. Y’a vraiment des pauv’gens qui savent pas quoi faire de leur fric…

Précédé du single « Juste mon homme », chaudement soutenu par un clip où elle apparaît très légèrement vêtue, pour ne pas dire nue, Lucie attire plus de 250 000 auditeurs ou voyeurs, c’est selon !

‘Chère Lucie, si votre ramage…bla bla bla…plumage…bla bla bla…’ Une voix qui lui ferait perdre son fromage ? Que nenni !!! J’ai moi aussi jeté un œil sur son clip (http://www.wat.tv/video/lucie-bernardoni-son-clip-hot-36uph_2exyv_.html) et j’ai en même temps écouté ses dix ‘chansonnettes’. Ben pour être sympa, je la préfère actrice (si l’on peut dire) que chanteuse ! Ben oui, chacun son truc… quoiqu’un peu maigrichonne à mon goût !

Reparlons musique deux secondes, il n’en faudra pas plus. Elle est cataloguée chanteuse ‘jazz-variétés’. Or si je comprends bien le terme variétés, là où j’ai un doute, c’est pour l’utilisation du mot ‘Jazz’ ??? Quelqu’un pourra peut-être m’expliquer.

Les petites ballades sirupeuses, les chansons d’amour débiles, les leçons à deux balles, style Jennifer ou autre cruche issue du même moule (Star’Ac) et autres niaiseries du genre, non merci. Je laisse ce produit de consommation aux membres de son fan club ! Ben oui, j’vous jure qu’y en a un !

Et si on parlait de la pochette puisque musicalement… No comment !

 

mercredi, 09 février 2011 01:00

Off to War

The Dallas Explosion doit probablement avoir un rapport avec l’assassinat de Kennedy. Ben non, vous n’y êtes pas du tout. Il s’agit ‘tout simplement’ du patronyme d’un groupe rock bruxellois. Facile à deviner, non ? Et cette réponse semblait évidente, pourtant. Allez, soyez beaux joueurs, voyons !

Cette formation belge vient donc de publier son troisième disque. Il fait suite à l’Ep « Depression is a Fulltime Job », paru en 2004 et « Girlfriends & Excess », en 2007. Perso, jamais entendu parler. Ouf, il y a Musiczine !

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour découvrir un talent, surtout lorsqu’il émerge de notre fabuleux vivier national. Et puis, on ne peut pas dire qu’ils sont totalement inconnus au bataillon non plus. Quand on a enflammé les premières parties de groupes ou artistes tels que The Killers, Bush, Monster Magnet, Travis, Eagle-Eye Cherry, Living Colour ou feu Willy Deville, lors de leurs passages en Belgique, on ne peut pas être des ‘manches’ non plus !

Après quatre années d’existence, deux Cd et des tonnes de concert, The Dallas Explosion ‘explose’ à son tour en 2010 mais se refait une santé autour du chanteur/guitariste Dallas Geoffrey Hautvas, la tête pensante du groupe. Sont venus le rejoindre, le bassiste Baptiste Charles, le drummer Remy Polfliet et plus épisodiquement, la jolie Stine Wintley-Jensen aux claviers et percussions.

Puisant ses influences dans le blues, le classic-rock crasseux enragé (ça vient d’eux), qu’ils teintent d’un brin de soul et d’une touche de psychédélisme, tout en y ajoutant ce petit quelque chose de surréalisme belge, le combo de la capitale nous propose 11 nouveaux titres dans son petit panier.

Afin de mettre toutes les chances de son côté, le trio (quatuor ?) a demandé à Peter Crosbie (Sharko, The Tellers, Austin Lace) de produire le disque et à Brad Blackwood (Maroon5) de le masteriser à Memphis. Rien que ça !

Le résultat est à la hauteur. Le band nous balance un bon rock, puissant, super efficace où l’on décèle circonstanciellement des traces de Stones, de Paul Weller voire de ZZ Top. Pourtant, selon la rumeur, Dallas Geoffrey affirme que son groupe est unique et ne ressemble à aucun d’eux…

Si la majorité des titres traite, comme le nom de l’album l’indique, de violence à travers des guerres ou des combats (« What is what », « Die Monkey die », « Off to War », « Fight fight fight », …), quelques morceaux proposent une orientation différente. A l’instar de « Blonde Ambition », ode à la provoc sexy féminine ou encore le très romantique ( ?) « For the Love of Lust ».

Bref, pour votre serviteur, c’est une belle découverte, surtout musicale, remuante, et le plus important, sans faiblesse…

 

mercredi, 02 février 2011 21:44

La tête à l’envers

Si vous jetez un coup d’œil sur son profil MySpace, vous y trouverez Cécile Hercule répertoriée comme artiste  pratiquant de la ‘musique classique japonaise’… Ah bon ! Ben oui, pourquoi pas ?

Touche-à-tout dans le milieu artistique, cette jeune Lyonnaise débute par une école de cirque, apprend la guitare en compagnie de son père, qui lui communique le goût de la pop (NDR : des Beatles, en particulier) et de la chanson française. Elle suit des cours de théâtre, écrit même une pièce, s’achète une guitare lors d’un voyage à Madagascar, compose cinq maquettes dans la foulée et accorde son premier concert dès 2005. Ouf !

Repérée et vite adoptée par Michaël Furnon (Mickey 3D), elle le suit durant sa tournée de 2009 pour assurer des premières parties empreintes de fraîcheur, mais également pour participer à ses concerts.

Grâce à ce coup d’accélérateur, sa carrière prend enfin son envol et c’est en fin de printemps 2010 qu’elle propose son premier opus, « La tête à l’envers ».

Dix titres et un clip nous sont proposés par l’ex-cracheuse de feu et jongleuse. Visiblement, les arts de la rue l’ont marquée. Ses ritournelles font immanquablement penser à un spectacle ambulant. Légères mais parfois lourdes de sens, ses chansonnettes s’écoutent, un petit sourire en coin. La force de ses morceaux réside dans ces textes d’une grande poésie bien soutenus par des mélodies aux sonorités résolument pop.

Mélange d’humour, d’amour, de gravité et de légèreté, ce disque original, qui ne dure pourtant que 31 minutes, devrait plaire facilement à tout amateur de chanson française.

mercredi, 02 février 2011 21:38

Ecoute s’il pleut

Suite à l’excellent, quoique très bref Ep, paru fin novembre 2010 (voir par ailleurs la critique du 14-12-2010), Mélissmell nous revient pour un premier album complet, découpé en 12 titres et intitulé « Ecoute s’il pleut ».

Subjugué, il y a quelques semaines, par ce talent naissant, le charme de la Strasbourgeoise d’adoption opère à nouveau et me laisse sur le c... Les trois morceaux annonciateurs n’étaient en fait que l’arbre qui cachait la forêt. La jeune femme a plus d’une corde à son arc. Et elle vise juste la diablesse ; ses flèches font mouche !

Lorsqu’elle s’engage dans la voie rock, elle écrase la pédale de gaz à l’aide de textes réalistes qui bastonnent dur sur une rythmique dévastatrice. Pour enfoncer le bouchon encore plus loin, elle martyrise (si j’ose dire) son organe vocal à la perfection, le poussant dans ses derniers retranchements, aux portes de la rupture. Une voix qui sert admirablement des compos telles que « Aux armes », « Je me souviens », « Sobre la muerte », « Les enfants de la crise », « Le silence de l’agneau », « Sens ma fatigue » que ne renieraient certainement pas Noir Désir ou Eiffel.

Mais Mélissmell va au-delà de ces comparaisons. Le reste de l’album est, musicalement parlant, complètement à l’opposé des revendications un peu brutes de l’Ardéchoise de naissance. C’est là que l’artiste ose nous dévoiler une face cachée de sa personnalité. Une face qui laisse la place à la sensibilité, la légèreté et la douceur acoustique. Une autre où Mélanie (de son véritable prénom) met son cœur à nu, où elle laisse enfin s’exprimer d’autres sentiments tels l’amour (« Viens », « Ecoute s’il pleut », « L’éveil »), la joie ou le rêve (« Plutôt rêver »). Elle en arrive même à faire (sou)rire lorsqu’elle joue avec les mots sur « Le mouton »…

Un album fluide et rempli de sens, mais également révélateur du parcours de Mélanie Coulet : engagé, lucide, romantique, tendre et violent à la fois.

A (re)découvrir ! Sans doute une des révélations de la scène française de ce début d’année.

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