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Luc Herpoel

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mardi, 21 décembre 2010 15:45

Science & Faith

Après Coldplay, Keane, The Fray et autres Snow Patrol, The Script s’inscrit dans la même lignée. Un trio irlandais issu du quartier délabré de James Street, à Dublin, et réunissant le chanteur Danny O'Donoghue, le guitariste Mark Sheehan et le batteur Glen Power. « Science & Faith » constitue leur second opus en à peine plus de deux ans.

Leur premier ouvrage, au titre éponyme, publié en 2008, a rencontré un succès certain aux Iles ; et pour cause, l’epee s’est écoulé à plus de deux millions d’exemplaires et les singles « We Cry », « Breakeven » ainsi que « The Man Who Can't Be Moved » on trusté les premières places des charts.

Forts de ce (relatif) succès, ils assurent la même année les premières parties de U2 et de Paul McCartney. Enfin, en 2009, le groupe effectue un passage remarqué sous la pyramide de Rock Werchter.

Le créneau visiblement porteur, The Script nous propose dix nouveaux titres sur leur nouvel essai. Et le succès est déjà au rendez-vous pour « Science & Faith », puisque le premier single « For The First Time », une ballade sirupeuse à souhait, bien mise en scène lors d’un clip auquel participe, comme figurante, la fille de… Bono (NDR : ah la solidarité irlandaise !), a déjà propulsé le trio irlandais en tête des ventes.

Le reste du long playing est de la même trempe, même s’il est partagé entre morceaux plus rythmés et autres jolies ballades.

Bien qu’agréable à écouter, on ne peut pas dire que ce cd se distingue par son originalité. Néanmoins, malgré le mimétisme flagrant identifié auprès des groupes précités, cet album devrait ravir les amateurs du genre. Et ils sont nombreux !

Tant que le moule n’est pas cassé, il n’y a pas de raison de s’en priver !!!

mardi, 14 décembre 2010 01:00

Kaolin (Ep)

En matière de ‘Variétés françaises’, rayon cds pour supermarchés (NDR : il y a bien longtemps que mon disquaire préféré s’est retiré des affaires), on devrait trouver, sans aucune surprise, des noms tels que Saez, Noir Désir, Superbus, Eiffel, Zazie, Anaïs, Saint André et bien d’autres encore. Parmi tous ces artistes, un nom cependant totalement inconnu éveille ma curiosité : Kaolin. Fouineur comme pas deux et irrésistiblement attiré par tout ce qui se chante dans la langue de Voltaire (mais faut qu’ça ‘sonne’), cet artiste constitue une découverte pour votre serviteur, et peut-être également pour vous…

Kaolin nous vient du centre de la France, plus précisément de Montluçon, et compte déjà à son actif quatre opus studio. Après avoir publié « Allez » en 2002, « De retour dans nos cirques » en 2004 et « Mélanger les couleurs » en 2006, la formation auvergnate a patienté quatre ans, permis au chanteur, Guillaume Cantillon, de concocter un album solo, intégré un nouveau membre (chant et basse), avant de nous pondre ce nouvel elpee au titre éponyme, en cette fin d’année.

Mis en forme par Jean-Louis Piérot (Bashung, Miossec, Renan Luce), ce disque nous offre un patchwork de folk, funk, rock, disco-rock susceptible de ratisser un public bien plus large que lors des débuts du groupe, où ils s’essayaient principalement à ‘imiter’ un style ‘power pop rageur’ anglo-saxon, qui était jusqu’il y a peu leur marque de fabrique…

Quatre ans plus tard, le style s’est donc davantage orienté vers la chanson française, faisant la part belle aux textes un peu naïfs, soutenus par une instrumentation de bonne facture. De quoi ravir les amateurs de bonne variété ; bref, qui ne souhaitent pas trop se prendre la tête !!! Des titres comme « Crois-moi », « Bang bang » ou l’excellent « C’est mieux comme ça » donnent vraiment envie de bouger. Et pour une fois, on comprend les paroles, ce qui n’est pas fréquent… « Sans importance » est du même acabit : simple, accrocheur, énergique et frais.

Sans prétention aucune, Kaolin propage de la bonne humeur à travers des petites mélodies entraînantes qui s’écoutent sans arrière-pensée. En adoptant une forme d’humour au second degré (« Tu m’emmerdes ») ou en esquissant un sourire en coin, Kaolin nous démontre que même les histoires amoureuses qui finissent mal (« Petite peste ») peuvent donner envie, si pas de danser, au moins de chantonner…

Enfin, « Shanana », rappelle que le quintet était attaché à la pop anglo-saxonne, lors de ses premières réalisations.

Chouette !

mardi, 14 décembre 2010 01:00

Aux armes (Ep)

Melissmell, c’est un petit bout de femme de 26 ans, issue de l’Ardèche qui possède une voix incroyable, rocailleuse, abîmée mais puissante. Un organe vocal qui sert merveilleusement bien les textes dramatiques qu’elle chante. Espèce d’écorchée vive, issue du même moule que Ferré, Brel ou Cantat, elle alterne brûlots et ritournelles sur cet Ep réunissant trois titres.

« Aux armes » ou « Je m’souviens », histoire d’un Noël pourri, auraient pu être interprétés par Noir Désir, Gainsbourg ou Renaud. Et bien non, c’est cette petite brune qui nous gueule sa révolte dans les oreilles avec hargne et passion. Faut avouer qu’elle a une fameuse histoire derrière elle. Souhaitant ‘vivre’ de sa musique, elle a vécu dans la rue en faisant la manche et en dormant avec les exclus. Des rencontres et des expériences qui ont façonné sa personnalité. ‘Dans la rue, il y a des rencontres qui t’apprennent beaucoup de choses’. Elle a chanté partout où elle le pouvait, aux terrasses des cafés ou dans les squats d'artistes.

Finalement, elle se fixe à Strasbourg où elle rencontre Stefano Bonacci (guitare) et Thomas Nicol (violoncelle) qui l’épaulent en ces prémices d’une carrière prometteuse.

Un album est prévu pour le début janvier 2011, suite logique de ces trois titres très prometteurs.

On attend donc impatiemment « Ecoute s’il pleut » qui paraîtra le 17 janvier chez Discograph. En attendant cette date, je vous invite à jetez un coup d’œil au clip d’« Aux armes » ici .

mercredi, 15 décembre 2010 23:42

Raw

Le rock belge de nouveau à la fête ? Pas vraiment, car même s’il a été révélé par un concours organisé par Pure FM, enregistre à Bruxelles et se fait produire chez nous, Sandmoon n’est pas à proprement dire une formation autochtone…

Le combo est parvenu à se forger un début de notoriété, grâce à l’appui de la station de radio. De fil en aiguille, quelques concerts sont mêmes mis sur pied mais ne rencontrent qu’un succès mitigé. Et pour cause, Sandmoon est le projet solo de la chanteuse libanaise Sandra Arslanian. Or, le rock libanais, sous nos latitudes, on ne connaît pas vraiment.

Présentation… Après avoir milité au sein de plusieurs formations rock ou rock/électro, Sandra Arslanian décide de voler de ses propres ailes, tout en retravaillant ses réalisations personnelles. Initialement, c’est seule, chez elle, en s’accompagnant au piano qu’elle compose ses mélodies et écrit ses textes.

Pour mener à bien son projet, elle s’entoure de différents musiciens du cru tels le drummer Tony Abou Haidar, le guitariste Elia Monsef et le bassiste Nicholas Credli, tous issus, comme elle, du pays du cèdre….

« Raw » n’est pas un véritable album. C’est en fait une démo réunissant onze titres sélectionnés par Sandra parmi plus d’une vingtaine qu’elle gardait en réserve de la république. Les thèmes abordés dans ses textes sont assez variés. Ils oscillent de la guerre (ben oui évidemment, nous sommes au Liban !) à l’enfance, en passant par la tolérance et… l’amour !

‘Mes chansons sont à écouter avec le cœur, elles sont personnelles, nostalgiques, mais elles sont là aussi pour vous faire bouger’. C’est ainsi que se définit la Libanaise qui insiste encore sur le côté folk/rock de ses compositions.

« Raw » est plutôt perçu comme un hommage aux origines, à la culture et à la beauté du pays d’origine des membres du combo, le Liban.

mercredi, 24 novembre 2010 23:44

Close Up – Vol 2 – People & Places

Suzanne Vega, c’est 25 ans de carrière, 7 millions d’albums vendus et 7 nominations aux Grammy Awards. L’Américaine s’est imposée comme l’une des plus grandes songwriters de sa génération et une inspiration pour beaucoup de musiciens.

Née à Santa Monica, en Californie, le 11 juillet 1959, Suzanne Vega grandit dans un quartier défavorisé de New York. Très tôt, elle commence à embellir son quotidien en écrivant des poèmes, puis des chansons. Elle apprend également à jouer de la guitare, et se construit une solide culture musicale, en écoutant de vieux disques de folk, de jazz ou encore de bossa nova. Le soir, après ses études, elle joue dans des petites salles de Greenwich Village et commence à se faire connaître. Son style très traditionnel, inspiré de grands noms de la musique comme Bob Dylan, Leonard Cohen, les Beatles et Lou Reed, séduit le public mais ne convainc pas les producteurs. Il lui faudra persévérer jusqu'en 1985 pour sortir enfin un premier album éponyme. Deux ans plus tard, « Solitude Standing » la révèle au monde entier. Il recèle des tubes comme « Tom' s Dinner » ou « Luka », qui aborde le thème de l'enfance maltraitée. L'opus suivant, « Days of Open », est plus expérimental et rencontre un accueil mitigé, vite effacé par la rythmique contemporaine de « 99, 9 Degrees Fahrenheit », produit par son époux Mitchell Froom. Leur divorce sera d'ailleurs le thème principal de « Songs in Red and Gray », paru en 2001.

Dès lors, Suzanne Vega se repose sur une gloire assurée. Mais après cinq ans d’absence volontaire, entrecoupée de la sortie d’un best of en 2003, « Retrospective », elle décide de sortir de son mutisme pour nous proposer son dernier album studio en date « Beauty and Crimes ».

La Newyorkaise qui a collaboré avec, entre autres, Léonard Cohen, revient ainsi pour une série de 4 albums qui compileront quelques uns de ses plus grands succès comme ses plus belles perles rares revisitées en acoustique minimalement folk...

« Close Up » en est le second volume. Le premier tome de ses mémoires « Close up volume 1 - Love songs »,  compilation mielleuse et mélancolique était sorti en juin dernier.

Pour les fans uniquement.

Le dernier album en date de l’ex-leader de Téléphone, sortira ce 29 novembre. L’elpee s’intitule « Roc Eclair ». Un album dont les jolies ballades extrêmement touchantes, reflètent l’immense générosité de Jean-Louis Aubert…

Tracklisting :

1. Maintenant je reviens
2. C’est con mais c’est bon
3. Demain sera parfait
4. Puisses-tu
5. Chasseur de nuages
6. Les lépidoptères
7. Demain là-bas peut-être
8. Regarde-moi
9. Le matin des magiciens
10. Marcelle
11. Aimer ce qui s’enfuit
12. Roc’éclair

Sachez aussi que comme il ne souhaitait pas que son opus aille au-delà de douze titres, une suite baptisée « Hiver » et découpée en sept autres titres, devrait suivre…  

Si vous souhaitez savourer un avant-goût de ce disque, je vous invite à vous brancher sur Daylimotion, et en particulier vous imprégner du dernier single « Demain sera parfait », visible sur : http://www.dailymotion.com/video/xf5in7_jean-louis-aubert-demain-sera-parfa_music#from=embed&start=15

Et pour que votre info soit complète sachez que Jean-Louis Aubert se produira en concert, le 7 mai 2011, à Forest National

 

dimanche, 21 novembre 2010 10:06

Benjamin Biolay : la victoire en chantant !

Un album de Benjamin Biolay sortira ce 30 novembre prochain.

Après avoir vendu plus de 180 000 exemplaires de « La Superbe » et obtenu 2 victoires de la musique, B.B. triomphe tout au long d’un tournée de plus de 60 dates qui traverse la France ; et pas seulement. Un dernier triple projet ambitieux devrait voire le jour, le dernier week-end de novembre. Le live accordé ce 28 novembre, au Casino de Paris, sera rediffusé dans les conditions du direct de Dailymotion, le 28/11 à 19h. Un film de Laetitia Masson intitulé « Dans ta bouche » (NDR : tout un programme…) enrichi de photos consacrées à M/M Paris. Une belle agitation qui précède la sortie d’un nouvel elpee, dont la sortie est prévue pour 2011.

 

mercredi, 17 novembre 2010 23:09

Be(a)st of

Sharko, c’est David Bartholomé. Et David Bartholomé c’est le Tintin du rock belge… Ses débuts, il les a accomplis en solitaire. Déjà. Dès 1992. Mais il meuble rapidement sa solitude, à l’instar du plus illustre reporter de notre plat pays. Et pour cause, après avoir publié un premier cd solo, intitulé « Feuded », en 1997, dont il extrait l’excellent single « Wake Up », il s’adjoint les services d’un fidèle compagnon. Depuis le second millénaire, dans le rôle de l’inséparable Milou, Henri Teuk l’épaule donc aux guitares.

Douze mois plus tard, vêtu d’un imperméable vert (NDR : celui de Tournesol ?), Julien Paschal débarque et récupère les baguettes que David se réservait énergiquement jusqu’alors. Le line up résiste jusqu’en 2008 où, fatigué par le rythme et lassé des tournées, le drummer passe le relais à Charles Decroix (Dupont ?), lui-même remplacé en 2010 par Laurens Smagghe (Dupond ?)

Depuis les prémices de sa carrière, David a toujours privilégié la musique qui pouvait ‘percuter’ sur scène. C’est dans ce contexte qu’il faut donc aborder ce Be(a)st of. Quinze titres qui sont autant de crochets à la face, de directs au foie, d’uppercuts au menton ou de jabs en pleine poire. Après douze ans de carrière, notre Tintin national a choisi et remasterisé ce qu’il y avait de plus révélateur parmi ses cinq albums studio. Dans sa sélection (elle aurait pu être plus large encore), on épinglera plus particulièrement les trois versions inédites de « Excellent », « Spotlite » et du très dance-floor « We Should Be Dancing ». A ces trois nouvelles versions s’ajoutent pêle-mêle, pour le plus grand bonheur des fans, des titres tels que « Rise up », « Motels », « Sweet Protection » ou encore « Since You Called » et « Yo Heart ».

Une excellent sélection, donc pour ce Be(a)st of, résumé parfait d’une carrière débutée, ben oui, en 1992, où exilé aux USA, David faisait déjà parler de lui dans de petits clubs folk-grunge de la côte ouest.

‘Tintin en Amérique’, seconde version, en quelque sorte !!!

A voir d’urgence sur scène si vous n’en n’avez pas encore eu l’occasion. Son dernier set, auquel j’ai pu assister était même mémorable. C’était dans le cadre de l’édition 2010 du festival Sugarock (NDR : voir le compte-rendu consacré à cette prestation, dans notre rubrique festivals).

A qui attribuer le rôle du capitaine Haddock, dès lors ???

Ben ce s’rait p’têt bien leur producteur Dimitri Tikovoï (Placebo, The Horrors, Goldfrapp) qui, depuis cinq ans, se décarcasse pour les pousser vers le haut en leur donnant toujours plus de puissance et de moyens d’expression.

Indispensable !

 

mardi, 09 novembre 2010 01:00

Living in the Morning Ways

Freaky Age affiche deux particularités. La première, c’est qu’il s’agit à nouveau d’une formation belge. Originaire de Ternat, en Flandre, pour être plus précis. La seconde, c’est la moyenne d’âge des membres. En fait, on est ici en présence, à la limite, d’un baby band. Et pour cause, elle oscille autour des 18 printemps. Ce qui, convenons-en est plutôt ‘jeunot’ pour déjà publier un second album ! Le premier, « Every Morning breaks out », est paru en 2008. Il faisait suite à un Ep éponyme, publié, lui, en 2007. Incroyable !

En matière de précocité, Lenny Crabbe, Mathias Declercq, Wouter Van den Bossche et Jonas Pauwels sont sans doute  champions de Belgique. En effet, le groupe (trio à ses débuts) naît fin 2003 (ils ont 11 ans !!!) et c’est 3 ans plus tard, en 2006, lors du ‘Rock Rally’, organisé par Humo, qu’ils se révèlent (alors, 14 piges à peine). Ils décrochent une place en finale de ce concours et sont invités à jouer sur la scène de l’Ancienne Belgique. C’est suite à cette prestation qu’une agence française de management, basée à Paris, les repère et leur permet d’assurer la première partie de Superbus, dans un Zénith de Lille qui affiche complet pour l’occasion. Bien que juste adolescents, Freaky Age force le respect grâce à la qualité de ses premières publications. En 2007, le single « Time is Over » devient un hit sur les ondes de Studio Brussel et Pure FM, deux stations bien connues des amateurs de pop/rock. Leur second single, « Where do we go now », devient ‘numéro un’, 4 semaines d’affilée dans les charts belges.

Nous sommes au printemps 2010 et c’est donc, à l’âge où beaucoup apprennent seulement à gratter la guitare que nos 4 ‘gamins’ nous proposent, eux, leur second cd.

Dès l’entame du titre initial, « Excitement in the Morning Light », caractérisé par son riff bien balancé et une voix bien trempée qui nous bouscule quelque peu, Freaky Age annonce la couleur. Dans un style bien personnel, profilé sur une ligne pop/rock claire et caractérisé par des mélodies imparables qui sonnent juste. Au fil des 13 titres, se dégage même un petit parfum de Strokes ou d’Arctic Monkeys. Lenny (qui utilise son organe vocal de façon parfaite) nous emmène dans une suite de compositions qui transpirent le talent et la maturité.

Il faut dire que le bougre a de qui tenir. Comme Obélix tombé dans la potion tout bébé, Lenny a grandi dans la marmite musicale de son géniteur de père. Son papa, Luc, était en effet le leader de Betty Goes Green et membre de Telsar, dans les nineties. Bon sang ne saurait mentir…

Une nouvelle confirmation de l’excellente santé du ‘rock made in Belgium’ ainsi que l’immense potentiel d’un groupe aussi frais que sa jeunesse le lui autorise.

mercredi, 03 novembre 2010 01:00

La fiancée du crocodile

Coupable d’un premier album intitulé « Retour au zoo », en 2005, le trio Verone s’est mué en un duo cinq années plus tard. Lors de la sortie de ce premier ouvrage, la critique avait été unanimement… partagée ! Elle portait le groupe aux nues ou la précipitait aux enfers, c’est selon. Style nouveau, inventif à souhait, nouvelle révélation de la chanson française, pour les uns ; exercice de style hypnotique, sans énergie, irritant, pour les autres.

Pour « La fiancée du crocodile », ne restent plus à la barre que le chanteur/auteur/compositeur Fabien Guidollet et sa comparse Delphine Passant. Les deux rescapés de la première heure apprécieront toutefois l’aide précieuse apportée par une flopée de collaborateurs ; et notamment Yann Arnaud (Air, Syd Matters, Jeanne Cherhal, Camille...) et Paul Kendall (Depeche Mode, Nitzer Ebb, Recoil, NIN...) au mixage. Plusieurs musiciens et amis sont venus ajouter circonstanciellement leur grain de sel aux sessions d’enregistrement : Jeanne Balibar, qui a accepté d’être l’interprète féminine de « Transparent », Frédéric Lo (Daniel Darc), Dominique Mahut (l’homme de l’ombre derrière Jacques Higelin), Sammy Decoster, Mark Kerr (le batteur écossais des Rita Mitsouko et de Joakim), Jérôme Bensoussan (Dominique A), et quelques autres encore… Chaque invité apporte sa pierre à l’édifice comme si on invitait différents corps de métier pour la construction d’une habitation. Le tout se transformant en une maison difforme et bigarrée à souhait. Des musiques pop, entraînantes et variées. Une instrumentation très riche et originale, dont un banjo, une trompette, une clarinette par-ci, de nombreux bruitages ménagers par-là, apportent aux compositions un son vraiment particulier mais tellement nouveau et amusant. A ce stade, on parlera d’une réussite totale. Quelle inventivité, quelle richesse !

Tout au long de cet opus, Verone nous entraîne dans une farandole de format pop, pimpant, et pointu, mais les paroles laissent poindre la fantaisie et un peu de noirceur. ‘J’sais bien que quand je casserai ma pipe / Elle versera pas une larme pour moi / L’enterrement il sera pas utile / Avant de m’bouffer elle m’noiera...’ Le reste est à la hauteur, on oscille de la bonne humeur et de l’humour à la tristesse, en passant par la dérision, le loufoque ou le saugrenu.

Bref ? Dix morceaux qui se succèdent sans lien logique entre eux si ce n’est qu’on a l’impression (excellente d’ailleurs) d’être entré dans un cirque où les numéros se suivent pour le plus grand plaisir des grands et des petits (dont je suis !) Il suffit d’écouter en finale « Le concours d’imitation », de fermer les yeux et… c’est comme si on se retrouvait sur un champ de foire foraine !

Enfin, observez bien la pochette. Elle a été imaginée par Olaf Hajek, peintre et illustrateur berlinois, reconnu internationalement pour son travail d’orfèvre, et qui compte parmi ses clients Dior ou Givenchy, un artwork réalisé entièrement à la main, surréaliste et riche en couleurs. On croirait y apercevoir Alice du pays des merveilles, le serpent qui a corrompu Eve, des oiseaux, un crocodile, une petite rivière et d’autres images paradisiaques, féériques ou complètement décalées. « La fiancée du crocodile » est un album riche, sensible, comique même, original et tellement pop. Mais ne nous focalisons pas seulement sur cette pochette sublime, car la musique de Verone est tellement colorée, inventive ; et puis, elle véhicule des textes ironiques exquis.

Du pur plaisir. Vivement conseillé !

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