Yuksek revisite Laurent Voulzy…

Le musicien, compositeur, réalisateur et producteur de musique électronique Yuksek revisite « Cocktail chez mademoiselle », le titre de Laurent Voulzy paru en 1979 sur son album « Le cœur grenadine ». Il en propose une relecture retro futuriste, groovy et…

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Le venin de Judith Hill...

Chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste, Juidith Hill, sortira son nouvel opus, « Letters From A Black Widow » le 12 avril 2024. Un album taillé en 12 pièces qui présente une histoire fascinante oscillant de la douleur privée à la transcendance…

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Louis Chédid est un auteur/compositeur/interprète assez prolifique. De ses débuts remontant à 1973, illustrés par la sortie d’un premier album intitulé « Balbutiements », à ce jour, 27 années se sont écoulées. Et en cet automne maudit pour nos voisins français (voir l’actualité politique…) l’ami Louis nous propose, non pas un, mais onze magnifiques rayons de soleil pour faire oublier la dure réalité des choses.

« On ne dit jamais aux gens qu’on aime qu’on les aime » est à ce jour la seizième galette du papa de qui vous savez… Depuis ses ‘balbutiements’, on aura donc eu droit au minimum à un nouveau disque tous les deux ans. Qui dit mieux ? Deux albums live viennent s’ajouter à cette panoplie bien fournie, le premier publié en 1994 et l’indispensable « Botanique et Vieilles Charrues », en 2003.

Après avoir édité une comédie musicale baptisée « Le soldat Rose », en 2006, puis offert sa collaboration pour le mixage de « Mister Mystère » de sa progéniture, Louis revient donc aux affaires. C’est évidemment en bénéficiant de la complicité de son génie de fils que Louis a enregistré ce nouvel opus. Tour de force assez singulier de la part de cette entité bucéphale, il n’aura fallu que dix jours pour mettre en boîte ces onze nouveaux titres. Tous écrits et composés par l’artiste, même s’il a bénéficié du concours de Pierre-Dominique Burgaud, l’auteur du Soldat Rose, pour « Chat Noir » et « Tu peux compter sur moi ».

Affichant un look à la ‘Brassens’ (grosse moustache et guitare) et affichant 62 balais, Louis nous apporte une nouvelle fois un éventail d’émotions, « Tu peux compter sur moi », « Maman maman », « Au secours », un regard tout personnel sur les problèmes de notre société tout au long de « A force », une petite dose de mélancolie sur « Blues du dimanche soir » et un certain cynisme sur « Chat noir » ou « Croque mort ». La palme revient toutefois au titre phare de l’album « On ne dit… », hymne à la vie, aux relations amicales, familiales ou amoureuses ; en un mot, au bonheur…

Au final, un morceau, « Quelle belle histoire », résume à lui seul cette seizième réalisation, œuvre d’un des papys de la chanson française, le seul qui ait réussi dans les années 70, à dépoussiérer la ‘variété franchouillarde’ pour en faire une chanson française de qualité.

Indispensable pour les amoureux des belles ballades et des mots doux…

 

mercredi, 03 novembre 2010 01:00

Dorleac

Depuis qu’elle a quitté Hooverphonic, Geike Arnaert, ex-chanteuse du band, vivote entre deux eaux. Après avoir collaboré à l’écriture de la musique du film ‘Oxygen’, d’Hans Van Huffel, la jeune femme pousse l’expérience du duo un peu plus loin. D’où, dans la foulée de la B.O. précitée, cet album éponyme aux relents atmosphériques et apaisants. De ce mariage avec l’artiste néerlandais Spinvis, alias Erik de Jong, vont naître 10 compositions sur lesquelles sa jolie voix se balade nonchalamment. Aériennes, détachées, ces chansons sont à l’opposé de ce que Geike nous proposait il n’y a pas si longtemps au sein du combo dont elle était la leader en compagnie d’Alex Callier, principale source d’inspiration de la grande époque…

C’est donc au sein d’une ambiance tristounette que nous revient la trentenaire blonde qui nous avait, il faut bien l’avouer, habitués à des choses bien plus rythmées, plus entraînantes…

Même si l’ensemble se laisse nonchalamment écouter, il manque quelque peu de relief, de variation à ce long playing. De la première à la dernière plage, on a l’impression d’être toujours dans un même rythme, lent et emprunté.

Sachez encore que le patronyme de ce duo a été choisi en hommage à Françoise Dorléac, sœur de Catherine Deneuve, décédée accidentellement en 1967, dans un accident de voiture, à l’âge de 25 ans. On ne voit d’ailleurs pas le rapport dans ce choix…

Bref, on est toujours dans l’attente d’un véritable album solo de la belle blonde. A quand une véritable envolée, une vraie émancipation ? Il est temps de voler de tes propres ailes, Geike…

mercredi, 03 novembre 2010 01:00

Decorum

Katel est originaire de Caen. Le répertoire de cette jeune auteur/compositrice/guitariste française est alimenté par des chansons à textes sur fond rock. Son univers est sans concession, plutôt sombre. Sa voix dure et cassante. Elle insuffle l’énergie du rock à ses compositions et son écriture poétique. Las, son album « Raides à la ville » paru en 2008, après avoir publié un Ep six titres, en 2006, n’a pas reçu le succès escompté. Qu’à cela ne tienne, Katel, de son vrai nom Karen Lohier, révélée au grand public par un titre interprété en duo avec Yann Tiersen, « La Rade », remet son ouvrage sur le métier deux ans plus tard.

Pour développer ses arguments, Katel n’est pas seule. Si elle se réserve le chant et quelques parties de guitares, elle est également bien entourée, par un backing group. En l’occurrence Charles-Antoine Hurel à la batterie, Julien Grasset à la basse et Nicolas Marsanne aux six cordes.

Tout au long de « Decorum », Katel nous promène au cœur d’un labyrinthe musical enchanteur, un univers sonore et poétique étourdissant. A la fois rock (plutôt progressif) ou pop-rock, laissant filtrer épisodiquement des mélodies qui ont un petit air de déjà entendu, les onze compos de l’opus se révèlent créatives, dans un style bien propre. Katel possède un certain savoir-faire et le met en œuvre dans des ‘litanies mortuaires’ (« Mon Vieil Ami », « Vacante », « Tombée dans l’Escalier »), des ballades pop-rock victoriennes (« Hurlevent », « Decorum ») voire de vraies incursions du côté de chez Elista ou Autour de Lucie (« Quelque Chose Qui Nous Suit », « Vue sur le Ring »). Qu’elle joue sur l’énergie (« Le Chant du Cygne », caractérisé par des chœurs détraqués signés Nosfell) ou sur les ambiances (l’électro vaporeuse de « La Bouche »), Katel ne cède en tout cas jamais à la facilité.

Malgré toutes ses qualités, l’album n’est pas facile à dompter et plusieurs écoutes vous seront nécessaires afin d’apprivoiser ce bel animal.

mardi, 19 octobre 2010 02:00

Un

Les anges sont asexués, tout le monde le sait. Ils ne peuvent en principe donc pas se reproduire. L’Eglise étant opposée à toute insémination artificielle et encore plus au clonage, les membres d’Ortie devraient donc se voir excommuniés dans un futur proche. Car Ange a un fils ou une fille, c’est selon. Ou alors, autre alternative, c’est p’tête (NDLR : prêtre ?) bien Marc Seberg qui est passé par là, comme Gabriel autrefois dans la chambre de Marie… En un mot, on sent clairement une filiation vers ce genre d’artiste qui a sévi, il y a une vingtaine d’années ; un peu plus peut-être même pour Ange (NDLR : groupe que Christian Décamps a d’ailleurs reformé en 2009 !)

Faisant suite à « Zéro », un mini-elpee cinq titres publié en 2008, « Un » constitue la seconde réalisation d’« Ortie ». Dan, Ben, Martin et Béo ont enregistré un album complet. 12 morceaux au total. Toujours dans la même lignée, dans un style qui leur est propre.

C’est un rock intellectuel voire cérébral qui nous est proposé par la formation grenobloise, même si, bien évidemment, le son a évolué. La musique baigne davantage dans l’électro rock que dans la chanson française dispensée, dans le passé, par le quatuor. Encore que la façon d’interpréter quelques titres (plus parlés que chantés) nous rapproche à nouveau du genre premier. Des textes tantôt noirs, profonds et même parfois, ben oui, d’amour, sont soutenus par des mélodies brutes, assez carrées et intenses. Ortie utilise même le terme ‘Noisy’ pour qualifier son style musical. Et il est vrai que l’on a parfois l’impression de visiter des sous-sols glauques, à l’écoute de certains titres assez ‘bruyants’. Mais puisqu’ils le revendiquent…

Bref, cet opus est sombre, difficile à ‘pénétrer’, et ne concède que trop peu d’‘d’accroches’ pour séduire un public non averti. Certes, le titre maître ou encore « In The Crowd » et « What Do You Want » (seuls morceaux interprétés en anglais) sont assez accessibles, mais ce sont les rares exceptions qui confirment la règle. Difficile donc d’écouter d’une seule traite les 12 titres, dont un très bon instrumental, « Ø », qui lui, fait un peu penser au Cure de la grande époque.

A découvrir, certainement, mais à doses homéopathiques. Pour les curieux, surtout !

 

mardi, 19 octobre 2010 02:00

Mon jour de chance

Issu d’un mariage belgo-corse, Saint André est né en 2004, sur les hauteurs de Liège. Seul ‘étranger’ de la formation, le chanteur Jean-Charles Santini, également préposé aux guitares et au piano, a rapidement opté pour la naturalisation ‘noir-jaune-rouge’, à l’instar des trois autres membres, Jérôme Mardaga (NDR : ex-Jeronimo !) aux six cordes également, Cyrille Nobilet à la basse et Thomas Jungblut à la batterie.

Six ans déjà que Saint André dispense son art, issu d’un pop/rock teinté de chanson française bien huilée. Très bien emmené par le single « Un autre que moi », le quatuor liégeois s’est fait une belle place au soleil, dès la sortie de son premier et excellent elpee, « Le grand soir », paru il y a tout juste 3 ans. Il aura donc fallu près de 36 mois pour que le second ouvrage tombe enfin dans les bacs. Mais le jeu en valait la chandelle…

Ce second opus transpire de classe et de maturité. En 11 chansons, Saint André révèle toute l’étendue de son talent. Jean-Charles Santini, au four et au moulin, responsable de la quasi-totalité de l’écriture, démontre toute sa parfaite maîtrise des mélodies et des rythmes. C’est un véritable petit collier de perles qui nous est ici proposé.

« Bleu de toi » ouvre magnifiquement ce petit ‘chapelet’. Petite chanson d’amour sans prétention, loin d’être niaise, elle prouve que Les Innocents ne sont pas les seuls capables de nous régaler de cette ‘variété française’ de qualité. S’en suivent toute une série de titres développés de même façon. L’accent est placé sur la musicalité, l’accessibilité. Les refrains sont faciles et accrocheurs. On a même envie de les fredonner, lorsqu’on ne bat pas du pied, en mesure. Une véritable ‘opération fraîcheur et qualité’ au rayon francophone de votre meilleur disquaire ! Il suffit de tendre l’oreille vers « Le roi des infidèles », « Le monde ne tourne pas », « Ne t’en fais pas »,…

En fait, l’œuvre ne souffre d’aucune faiblesse. Aucun morceau ne vous incite à zapper vers la plage suivante. On écoute l’intégralité de la plaque en éprouvant, à chaque titre, le même plaisir. Un gage de qualité ! Disponible ce 25 octobre, cet elpee propose quelques unes de ses plages en écoute sur leur hébergement ‘Myspace’. Ne vous privez pas d’un tel plaisir…

Rendons, pour terminer, à César ce qui lui revient, car si le combo se revendique bel et bien belge, c’est le natif de l’île de beauté qui est la source principale d’inspiration de cette excellente formation !

mardi, 12 octobre 2010 02:00

Brassens selon Vitor Hublot

Après avoir commis (non pas un crime, quoique…) un récent un album (précédemment critiqué par votre serviteur, et j’ai été gentil avec lui, j’vous jure !), notre Vitor national nous ressert une portion de sa soi-disant pop/électro à la grosse louche. Vu que je n’sais pas exactement quel style lui attribuer, j’ai décidé d’appeler ça ‘soupe’. Une (mauvaise) soupe donc, mi électro, mi pop, mi… rien du tout en fait, vu que ça r’semble mais alors là, vraiment à rien ! Aucun goût c’truc ! Et en plus, c’est froid !

Notre tailleur de pierre a pourtant la chance et l’énorme avantage d’être Belge, de pouvoir bénéficier d’un terroir ‘musical’ habituellement propice à sortir un chouette truc, à produire quelque chose de valable. Il y a quand-même un tas d’excellents exemples partout autour de lui et ce dans tous les coins de notre beau royaume musical !

Et pourtant, j’adore la soupe…

Pas satisfait d’avoir ‘méchamment’ repris un répertoire réservé aux guindailleurs et étudiants de tous bords, Vitor Hublot s’attaque cette fois sans vergogne et sans peur à une pointure de la chanson française. Que dis-je ? Une pointure ? Un monument !

Notre bon sculpteur a donc décidé de tailler dans l’œuvre de Georges Brassens. Et il taille le bougre, à l’aide d’un gros burin… et à la masse… sans mettre de gants. Neuf de ses plus grands (ils le sont TOUS) chefs-d’œuvre sont passés au concasseur, broyés et réduits en poussière… Il ne reste rien. C’est le néant, le vide total.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ce mec ?

Moi qui croyais qu’un artisan (il se revendique comme tel) avait l’envie de produire de jolies œuvres, originales, différentes chaque fois. On est loin du compte. En fait, nous sommes ici en présence d’un producteur de mauvaises copies. Ben oui comme pour les grandes marques et… la ‘qualité’ qui va avec. Le texte mis à part (il faut bien écouter), rien ne laisse imaginer l’origine de ces huit chansons. Où est l’esprit Brassens ? Ces mots, sans la guitare de Georges et la contrebasse de Pierre Nicolas, n’ont plus la même saveur. Ils n’en ont plus aucune d’ailleurs. Quel est le but poursuivi ? Je ne comprends pas…

Si Vitor voulait choquer, bravo, c’est vachement réussi. Et ce n’est pas l’avis de ‘Monsieur’ Gilles Verlant qui me fera penser différemment. Y fait c’qui veut ce mec, y peut même chanter… si ça lui fait plaisir… Heureusement qu’il ne dédie sa version qu’à ses deux fils. Manquerait plus qu’il ait pensé à moi… Ouf !

Y’avait eu au cinoche, en son temps « Massacre à la tronçonneuse » qui avait fait couler pas mal d’encre. Y’a maintenant « Massacre au burin » non plus sur grand écran, mais sur Cd. Et j’espère que celui-là ne fera rien couler du tout car il vaudrait mieux… oublier rapidement.

A acheter (ben oui, ça s’vend) uniquement si vous voulez faire un vilain cadeau à votre meilleur ennemi !

Ah oui, j’oubliais, il paraît que c’est le premier volume et qu’il y en aura d’autres. Au secours !!!

mardi, 05 octobre 2010 02:00

Something You Might Like

C’est, une fois n’est pas coutume, de Belgique que provient la nouvelle révélation de la scène pop/rock. Ce trio, n’a pourtant en fait aucune racine belge ; car si les jeunes hommes –l’ Anglais Matthew Irons, le Français Romain Descampes et le Suédois Egil ‘Ziggy’ Franzen– ne jouissent pas de notre nationalité, ils revendiquent toutefois l’appartenance à notre beau et plat pays. Et se sentent donc bien… belges.

En effet, malgré leurs différentes origines, ils se considèrent comme une formation bien de chez nous, car c’est ici que tout a commencé. Ils ont grandi dans la capitale européenne. S’y sont connus et ont commencé à y jouer de la musique.

Fondé en 2005, le groupe propose un mélange entre pop et rock acoustique. Après avoir enregistré une première démo, ils sont rapidement invités à participer aux festivals anglais de ‘Reading and Leeds’. Ils signent alors sur le label bruxellois TalkieO. Deux premiers singles plus tard (« The Luckiest Crime » et « Out of Hand »), leur premier album, « Dubois Died Today », sort en Belgique. Nous sommes alors en mai 2007.

Dès cet instant, l’ascension de Puggy vers la reconnaissance débute. C’est tout d’abord Incubus qui le choisit comme première partie lors de sa tournée européenne. Dans la foulée, ils assurent également le supporting act des périples de Smashing Pumpkins et Pascale Picard. Pas mal…

Si Puggy est bien meilleur en concert que sur disque, il a décidé de se remettre au travail afin de pondre un second opus supérieur à sa première réalisation. Dès lors, un seul leitmotiv les habite : mélodie. Le trio a donc bossé tant et plus la musicalité, l’accessibilité et la simplicité. Volontiers plus ‘sucré’, plus accrocheur, en un mot plus pop que le précédent album, « Something You Might Like » est partagé en 12 plages d’une rare qualité et ce, dans l’intégralité de leurs compositions.

Le résultat est à la hauteur des espérances de ceux (et j’en suis) qui ont aimé leurs premiers pas tant sur scène que sur disque. L’album est splendide, meilleur encore que le premier. Il n’y a rien à jeter, tout est absolument à écouter d’urgence. Puggy a soigné tout particulièrement les parties instrumentales ; et une place importante a été accordée au piano, aux textes et même aux voix. Une légère touche rétro est également apportée par les orgues et les cuivres. Le tout débouchant sur une pop riche, envoûtante et réjouissante, à l'image de deux tubes incontournables, "I Do" et "How I Needed You". Actuellement, c’est leur dernier single “When You Know” qui envahit les ondes FM. Une véritable bouffée d'air en cette fin d’été, début d’automne car les huit autres titres sont du même tonneau.

En conclusion, Puggy agrège l'énergie du rock, la rigueur du jazz ainsi que les mélodies de la pop anglaise. Paradoxal, au sein de ce trio, l’un (Ziggy) rêve de jouer des barils pour le groupe norvégien débridé Kaizers Orchestra, le second (Romain) d’exécuter un duo en compagnie de Slash, l’ex-guitariste de Guns N’Roses, et le dernier (Mattew), d’assister à un concert d’Ella Fitzerald, scotché à la scène…

Résultat ? Ben écoutez, faites-vous plaisir, découvrez Puggy !

 

mardi, 28 septembre 2010 02:00

White Swan on Black Water

Issu de la région liégeoise, Yew est né en décembre 2003. Un quintet entièrement masculin dont la réputation a grandi très vite, grâce à une série de représentations assez déjantées. Comptabilisant déjà plus de 150 concerts en cinq années d’existence, Yew nous propose son second album, en l’espace de trois années. « The Circle is Now Complete » fait suite au très instrumental « White Swan On Black Water ». Alors que leur premier elpee se voulait quelque peu ‘explorateur’, partant dans tous les sens, tant vers les musiques traditionnelles que vers le rock, le tout sous influence celtique, ce second ouvrage se veut plus accessible. Il reçoit en héritage du précédent cette ligne légèrement rock, mais toujours très animée de rythmes écossais ou nord-irlandais. 

Après deux ans donc de tournées et de représentations diverses, nos cinq musiciens, Damien Chierici au violon, Gregory Dessart à la batterie, Jean-Paul Kasprzyk au chant et à la guitare, Philippe Lecrinier au chant, à la basse et aux claviers et Julien Mouyart à la guitare, reprennent le chemin des studios pour nous concocter onze nouveaux titres. En six mois, l’affaire est dans le sac. Trois pour composer et trois pour enregistrer seront suffisants. Soucieux de garder leur image de rockeurs celtiques, mais souhaitant conquérir un public plus large, Yew se décide à ajouter, à leurs compos, quelques paroles éparses. Ce n’est donc plus un disque vraiment instrumental ; quoique la majorité des morceaux soit des histoires… ‘sans paroles’. Histoires d’amour vaguement inspirées d’une certaine Ophélie shakespearienne. Probablement l’Ophélie d’un des cinq, l’album étant dédicacé à … Delphine !

Afin d’accentuer l’orientation traditionnelle à leur expression sonore, le combo a quémandé de l’aide à quelques pointures telles Philippe Corthouts à la steel guitare, Johan Dupont aux cuivres, Jean-François Hustin à l’orgue et Quentin Halloy aux percussions. Malgré quelques efforts pour tenter de se positionner un tantinet vers une approche plus pop/rock, le résultat reste toutefois très très folk. Une relative déception donc…

Mais c’est sur scène que Yew est à voir, entendre et apprécier. Et là, il redevient ce qu’il était à l’aube de sa carrière, un véritable OVNI sur la scène musicale wallonne.

J’avais déjà entendu des choses bizarres, d’autres marrantes, certaines quelquefois compliquées, d’autres encore complètement incolores ou insipides, c’est selon. Mais là je n’en crois pas mes oreilles. Mais qu’est ce que c’est que ce truc ? D’où ça sort ce machin ? Qui ose produire ÇA ?

Vite, vite, quelques recherches pour éclairer notre lanterne… Vitor Hublot, qui aurait en réalité dû se prénommer Victor, est victime dès ses débuts d’une erreur de ‘frappe’. Authentique ! Pas bileux pour deux sous le mec, ça le fait sourire et il décide donc de garder Vitor… Tailleur de pierre, dans la vie professionnelle, Vitor, Guy Clerbois (NDR : sur sa carte d’identité), devient visiblement dérangé, et c’est un euphémisme, lorsqu’il se met à la musique (?). Accro aux rythmes électro, aux samples et à toute cette brochette de styles musicaux venus d’un autre monde, notre ‘Obélix’ doux dingue, revisite un répertoire ultra connu dans nos régions wallonnes (campagnes serait mieux indiqué). Y aurait-il du Julos Beaucarne là-dessous ? De « La p’tite gayole » à « On a tué no pourcheau » en passant par « Marie clap chabot » et j’en passe, Vitor Hublot nous propose de revisiter un ‘patrimoine’ plutôt réservé habituellement aux guindailleurs universitaires de tous poils, en période de bleusailles (NDLR : c’est l’époque !)

Une première tentative avait été ‘osée’ dès 1986, sous le titre « 185 millions de francophones et moi et moi et moi… », Cd sur lequel figurait déjà 10 chansons traditionnelles revisitées en électro. Quinze années et autant de millions de Francophones plus tard, il remet le couvert. Et histoire de pousser le bouchon un peu plus loin, Vitor nous en met treize pour le même prix. Ben tiens…

Certains n’ayant visiblement peur de rien et surtout pas du ridicule, on épinglera la collaboration de Jean-Luc et Mimi Fonck, de Jean-Louis Sbille et d’autres nettement moins connus au bataillon.

Si on pouvait décerner un prix à l’originalité ou à la curiosité, sûr que Vitor le raflerait la mise, haut la main. Pour le reste, je crois bien que notre tailleur de menhirs pourrait retourner vite fait à ses pierres… les mains vides…

A réserver aux curieux, aux dingues ou aux guindailleurs complètement pétés ! 

 

vendredi, 17 septembre 2010 02:00

Sugarock 2010 : vendredi 17 septembre

Le Sugarock fêtait donc, ce vendredi 17 septembre, sa sixième édition. Coup d’œil dans le rétro… Ne changeant pas une formule qui gagne, les organisateurs du festival sucrier ont une nouvelle fois fait la part belle aux formations pour la plupart indigènes. Et pour contenter toutes les franges de la population, figurait à l’affiche des combos wallons, bruxellois et flamands. La musique peut décidément guérir tous les maux… même si ceux-ci sont d’origine communautaire !!! A l’instar de l’édition précédente, le public a répondu à nouveau présent en masse, mais pas de façon aussi exceptionnelle que l’on pouvait espérer. C’est donc une assistance d’environ 600 personnes qui peuplait la structure habituelle, un superbe chapiteau agrémenté d’un plancher sur lequel on a l’avantage d’évoluer les pieds au sec !

Cette année, il fait froid ! Rien à voir avec 2009 où chacun se baladait en tenue estivale, la chope ou la clope au bec sous un soleil d’été indien. Hélas, 12 petits degrés seulement règnent à l’intérieur ; c’est un ou deux de moins encore qu’à l’extérieur. C’est dire s’il fallait venir bien couvert. Et le peu de monde présent à l’ouverture des portes n’est pas fait pour réchauffer l’atmosphère. Bref, on attend impatiemment que les hostilités débutent, afin de pouvoir se bouger un peu…

Et c’est à Marvin Hood qu’échoit le privilège d’ouvrir le festival. Dure tâche s’il en est. Surtout lorsque le public, qui n’arrive encore qu’au compte-gouttes, n’a pas l’air très intéressé par cette (toute) jeune formation. Sélectionné par le jury du tremplin rock, les six membres de Marvin Hood se fendent d’un set plus que valable. Les accoudés au bar ou les premiers arrivés sont visiblement séduits par la qualité de leur musique ‘pop rock’ très fraîche et dynamique. Leur jeu scénique est également intéressant, surtout au niveau des accessoires, couvre-chefs et masques pour le moins originaux. Ces teenagers n’ont visiblement pas froid aux yeux et ce n’est sûrement pas le premier concert qu’ils nous proposent ce soir ; car ils ont déjà une approche assez pointue du métier… A noter que leur premier album est prévu pour très bientôt. Avis aux amateurs !

Le timing est presque respecté (ce sera la seule fois et une fois n’est pas coutume) lorsque Lucy Lucy prend possession des planches. Coupable d’une musique pop sucrée voire acidulée, comme beaucoup de bands contemporains ‘made in Belgium’, les Bruxellois nous gratifient d’un excellent moment. Nouvelle révélation musicale belge en date, les cinq musiciens enchaînent une quinzaine de morceaux dont quelques perles qui sont régulièrement programmées par nos meilleures stations FM, dont « Clock » et « I can give it ». L’essentiel de leur répertoire est puisé dans le premier Ep six titres sorti en septembre 2009 et au sein d’un futur album. Epinglons également une reprise bien réussie d’un morceau des Turtles. Le summum de leur prestation sera néanmoins atteint lors du tout dernier titre qui sonne beaucoup plus rock. Et là apparaît une formation qui a l’air de s’amuser encore plus. Tous les membres du band donnent le meilleur d’eux-mêmes pour nous proposer un final époustouflant de vigueur et de musicalité. Serait-ce là le vrai visage de Lucy Lucy ? En tout cas, on en redemande…

Il faudra une heure de patience avant de voir arriver David Bartholomé et ses deux acolytes de Sharko. Visiblement éméché (NDR : et le mot est faible !), notre Tintin du rock casse la baraque dès l’entame de son set, lors d’un « Wake up » du meilleur cru. S’excusant deux fois plutôt qu’une pour son retard, il enchaîne alors la quintessence de ses quatre albums pour le plus grand bonheur d’une assemblée complètement sous l’emprise et le charme de notre homme. Transpirant l’alcool par tous les pores mais usant de sa voix comme d’une arme fatale, ce fou chantant, cet énergumène très remuant, se démène et arrive à mettre le chapiteau à feu et à sang. Tout le monde saute, danse et reprend en chœur dès que l’occasion lui est donnée. Et David ne s’en prive pas. Nous avons droit à une prestation éblouissante dans une ambiance fabuleuse et ce, grâce également à une sonorisation bien plus efficace que lors de l’édition précédente. Ca promet pour l’année prochaine… Le final est à la hauteur de nos espérances, tout au long d’un « No Contest » au cours duquel le public va s’époumoner afin d’être entendu, comme le veut Sharko, jusqu’à Bruxelles. Sharko tire sa révérence en remerciant encore la foule, d’être restée dans le froid à l’attendre une heure.

Il est déjà minuit lorsque le très attendu duo flamand Black Box Revelation s’installe enfin, après avoir procédé aux réglages d’usage pendant un certain temps. Un temps certain même… cela commence tout doucement à faire long… Une heure de retard déjà… Et ce n’est pas fini ! Le public en prend visiblement ombrage et quitte déjà, en partie, le chapiteau. Et que dire de la prestation de ce duo de fous furieux ? En un mot comme en cent, le but de BBR est visiblement de faire le plus de bruit possible, de foutre la pagaille et le bordel dans le public. Quelques énergumènes s’en donnent d’ailleurs à cœur joie ; mais ils ne sont qu’une tout petite minorité. Réunissant un batteur et un guitariste, ce ‘miniband’ originaire de Brussel (ben oui néerlandophone quoi) a visiblement de l’énergie à revendre mais au bout de quatre morceaux, on a l’impression d’avoir déjà entendu ce type de musique. Côté originalité, il y a encore du boulot. Ne sont pas les White Stripes qui veulent… Même si le mimétisme est quelque peu poussé ! Le batteur réussissant même à désarticuler son matos !!! Faut dire qu’à force de taper comme un sourd, le phénomène devait forcément se produire. Et ce n’est pas grand-chose d’autre que l’on retiendra de ce set plus bestial que musical…

A minuit trente, heure à laquelle aurait dû débuter Piano Club, le duo sévissait encore. Las d’attendre, j’ai imité, hélas, la grande majorité du public encore présent à cette heure. Après un rapide calcul, il apparaissait que les deux fous furieux ne quitteraient pas les planches avant une heure du matin. Comme une bonne trentaine de minutes au moins seraient nécessaires afin de faire place nette, le dernier groupe n’entamerait pas son premier titre avant deux heures du matin. J’ai donc déserté les lieux, transi de froid et floué d’avoir été pris en otage d’un horaire une fois de plus non respecté. Mais les plus à plaindre sont sans aucun doute les membres de Piano Club, qui après avoir joué à Namur en début de soirée, avaient effectué le déplacement en hélico jusqu’à Frasnes et ce, pour jouer devant un parterre plus que réduit, dans un froid de canard et une ambiance du même acabit…

A quand une organisation un peu plus professionnelle ?

(Voir aussi notre rubrique photos)

 

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