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Alvvays publiera son nouvel elpee « Blue Rev » ce 7 octobre 2022. Ce sera son troisième. Et il fera suite à un éponyme paru en 2014 et « Antisocialites » en 2017. Il a fallu 5 ans au groupe torontois pour terminer cet opus. Pourtant, l’écriture avait débuté…

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Hear Hear Festival 2022 : lundi 15 août

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Première édition du Hear Hear qui se déroule sur une seule journée. Il est organisé par l’équipe du Pukkelpop, festival qui s’étale, cette année, du 18 au 21 août. Trois des six scènes (sous chapiteau) du festival de Chokri Mahassine sont réquisitionnées aujourd’hui. Le nom de ‘Heat Heat’ aurait sans doute été plus judicieux, car le thermomètre va constamment dépasser les 30 degrés, même en soirée ! Mais qu’importe, les fans de rock se réjouissent de cette affiche 100% pure et dure, mêlant gloires des 90’s et étoiles montantes (NDR : quel bonheur de vivre un festival complet sans se coltiner du rap, r’n’b et autres DJ sets que nous imposent les affiches des plus grandes manifestations). Compte rendu d’un programme riche et chargé du début à la fin...

Une fois l’entrée et les contrôles de sécurité passés, on a droit à une distribution gratuite d’eau. Très appréciable vu la chaleur !

Cap à droite vers la scène baptisée ‘Yeah Yeah’, pour assister au concert de Sons. Ne comptant que quelques années d’existence et deux albums à son actif, la formation flandrienne jouit d’une belle popularité et remplit le chapiteau. Une popularité renforcée par un concours de jeunes talents, organisé par Studio Brussel, et remporté à ses débuts. Responsable d’un rock garage, le combo affiche un look qui colle à sa musique. Dans un style proche du band californien Oh Sees. Le batteur donne le ton et les guitares tapent aussi fort que le soleil sur nos têtes. Bref, la sauce prend sur chaque titre. A l’instar de son premier single, « Ricochet », qui clôt une prestation saluée par une belle ovation de la foule. Une notoriété qui pourrait bien dépasser les frontières de la Belgique, depuis que la formation a enregistré une live session KEXP…

Vu la richesse de l’affiche, on doit opérer des choix cornéliens. Ce sera Anna Calvi ou Billy Nomates programmés au même moment. Dommage pour cette dernière, car cette jeune Anglaise est la nouvelle sensation en Angleterre. Et pour cause, elle a été notamment propulsée par Sleaford Mods qui l’a invitée à participer à l’enregistrement de son son single « Mork n mindy ». Son concert prévu pendant la pandémie au Botanique en 2021 avait dû être annulé. Il faudra guetter son retour en salle.

Anna Calvi avait réalisé des débuts tonitruants, en publiant deux elpees chez Domino en 2011 et 2013, et en accordant un concert mémorable à l’AB, en novembre 2011. Avant de disparaître des radars jusque 2018, année au cours de laquelle elle va graver « Hunted ». Sobre, elle débarque sur l’estrade, vêtue d’un chemisier blanc et d’un pantalon de couleur noire. Tenant fermement sa guitare en main, elle n’est secondée que par un batteur et une claviériste, plantés sur les côtés, en arrière-plan. Tour à tout haut-perchée ou douce et murmurée, sa voix navigue sur une musique qui oscille entre soul/blues de girl power (à la PJ Harvey) et rock gothique plus ténébreux (réminiscent de Siouxsie). Quant aux références masculines elles sont davantage à aller chercher du côté de Richard Hawley, Jeff Buckley voire du duo Nick Cave/Blixa Bargeld, même si elle une attitude beaucoup plus pondérée et statique sur les planches. En fait, elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes, sa réserve contrastant avec cette voix dont les montées en crescendo sont impressionnantes. A l’instar de « Desire », morceau-phare dont on aimerait chanter le refrain avec elle, mais où on se sentirait ridicule face à cette diva des temps modernes.

Girls Against Boys s’était montré tout aussi discret, depuis la sortie de son dernier Ep (« Ghost List ») et son passage aux Nuits du Bota, en 2013. C’est donc enthousiaste que votre serviteur file retrouver l’une des formations les plus ‘underrated’ des 90’s. Une vraie injustice pour ce groupe initié par le batteur de Fugazi, en regard de ses prestations scéniques, et ses albums parus sur le label Touch and Go (NDR : nonobstant un séjour sur le major Geffen, afin de publier « Freak on Ica », peu apprécié par le band qui n’interprètera d’ailleurs aucun titre de cet elpee, sur les planches). Et cet après-midi force est de constater que sa musique n’a pas pris la moindre ride, libérant une énergie directe et intacte sur le podium ‘Gimme Gimme’ (‘shock treatment’ serions-nous tentés d’ajouter). Scott McCloud au chant et à la guitare, Eli Janny aux claviers et en backing vocal, alignent rapidement les tubes entre punk/hardcore et noisy. A la basse, Johnny Temple est moins excentrique mais tout aussi efficace, se réservant notamment des solos sur « Crash 17 ». Derrière ses fûts, Alex Fiesig se charge de soutenir l’ensemble. Le tout dans un climat de bonne humeur. Une bonne humeur qui contamine les premiers rangs du public. Ainsi, quand Scott s’emmêle les pinceaux en annonçant « Disco 666 » au lieu de « Distracted », il se reprend avec humour (‘Oh yeah sorry we are playing « Distracted », I’m really… distracted’). « Superfire », « Bullet proof cupid » et l’inévitable « Kill the sex player » en final ont littéralement achevé votre serviteur qui avait presque oublié la chaleur suffocante, transpirant autant que le band, mais savourant pleinement ce come-back attendu. Le band clôturait ainsi sa tournée de festival européens, avant d’affronter les USA. Et, il a promis de revenir dans des salles du Benelux et européennes rapidement. Il faudra donc scruter les dates de concerts pour ne pas rater ce retour…

Tout a été dit 100 fois, et beaucoup mieux que par moi’ indiquait Boris Vian.  On se servira de la même formule pour Whispering Sons, l’une des formations belges qui tourne le plus dans les salles et festivals noir-jaune-rouge. Vous n’aurez aucune peine à retrouver un de ses comptes rendus qui lui est consacré sur Musiczine.

Car le set suivant, celui de Parquet Courts, beaucoup plus rare en Europe, embraie. Après avoir été bluffé lors de son passage aux Inrocks, en 2014, ses prestations scéniques suivantes avaient un peu moins convaincu, malgré la confection d’albums de bonne facture, enregistrés le plus souvent sous la houlette d’illustres producteurs. Des échos de son dernier concert, accordé au Grand Mix de Tourcoing, avaient toutefois incité votre serviteur de revoir son jugement. Et effectivement, les New-Yorkais vont livrer le set le plus surprenant et tonique de la journée. Exit le côté exclusivement punk/garage lassant des débuts et place à des pistes étonnantes qui se prêtent bien à l’atmosphère poussiéreuse du festival. D’un côté le chant punk, la voix rauque et les accords de guitare rugueux d’Andrew Savage. De l’autre, les accès électro-psychédéliques d’Austin Brown abordés dans l’esprit de Happy Mondays. « Walking a downtown pace » (issu du dernier « Sympathy for life » sorti en 2021) interprété en milieu de set en est la parfaite illustration. D’autres compos encore se nourrissent de percus en tous genres, de la clarinette et des sifflets dans un climat de carnaval. Pas étonnant dès lors qu’un morceau intitulé « Mardi gras beads » figure dans la setlist. Même s’il est étonnamment plus paisible est proposé en fin de parcours. Quoiqu’il en soit la sauce a bien prise et si le public n’avait répondu qu’à moitié présent, il était enthousiaste et semblait totalement ravi de la performance.

Plus de monde paradoxalement se masse devant la ‘main stage’ pour le show de Wolf Alice. Alors, certes, la jeune Ellie Rowsell est responsable d’un pop-rock rafraîchissant et parfois énergique. Mais à l’image de son look et maquillage cosplay, elle semble plutôt plaire à un public bien plus jeune. Ce qui n’est pas plus mal, afin que ce festival ne se cantonne pas aux quadras ou quinquas déjà très nombreux.

Mais l’attention de votre serviteur se focalise sur un autre band de jeunes en devenir : Squid. Outre-Manche, il constitue une des nouvelles sensations aux côtés de Fontaine DC, Black Country New Road et autre Shame. Après un premier passage au Sonic City, fin 2019, et un autre encore plus attendu à l’Orangerie du Botanique deux ans plus tard, l’intérêt pour ce groupe ne cesse de croître (NDR : d’où sa programmation en ce début de soirée). Pourtant, la setlist de ce soir va décontenancer. Moins directes que d’habitude, les compos sont tirées en longueur (sept morceaux en tout et pour tout). De quoi décourager bon nombre de spectateurs. Et pourtant les plus patients seront récompensés lors du final, « G.S.K. », un titre cuivré caractérisé par son superbe envol à la trompette, et « Narrator », dont la montée en crescendo est particulièrement vivifiante. Dommage donc pour cet allumage tardif ainsi que l’absence de standards comme « Houseplants » qui auraient pu faire exploser le set. Mais l’audace de ce jeune combo est à saluer.

Car si la foule quitte peu à peu Squid, c’est aussi pour se placer idéalement devant la Main Stage afin de profiter pleinement du concert de Liam Gallagher. Pour le peu, on se croirait dans l’enceinte d’un grand stade mancunien (NDR : non pas United, l’autre), face à un auditoire chaud bouillant ; mais curieusement ici, réunissant une majorité de jeunes. Lumières tamisées sur l’estrade et écran géant disposé en arrière-plan, c’est le concert de la journée où il y a le plus de matos déployé. Le trublion de la britpop est entouré d’un band conséquent et de deux choristes black, plutôt charmantes. Elles lui seront bien nécessaires, sa voix rencontrant régulièrement des moments de faiblesse. La rampe qui s’avance au milieu de la fosse, en revanche, ne servira à rien, puisque le chanteur adopte sa posture habituelle, mains dans le dos, le micro incliné et collé entre ses lèvres et son nez. Et comme s’il revenait tout droit d’une matinée à la pêche, il est vêtu d’un chapeau qui cache une partie de son visage, et d’un parka/coupe-vent qu’il ne quittera jamais, malgré la chaleur étouffante ; ainsi, ses auréoles sous les bras vont s’étendre au fil du temps. Il fallait s’en douter, les quelques titres dispersés parmi les reprises d’Oasis ne provoquent pas la même euphorie. Pourtant le récent « Better days » (issu du dernier opus sorti cette année) est joué avec entrain, maracas à la main. Mais non ce que le public veut, c’est scander en chœur des hymnes (NDR : quand on vous parlait d’une ambiance de stade), à l’instar de « Rock’n’roll star ». Et surtout lors final « Wonderwall », entonné en partie par ce public. Ce qui rendra le cadet des Gallagher un peu moins bourru que d’ordinaire (‘Yeah it’s pretty good’ s’exclame-t-il avant de se remettre à chanter). Bien que tiré en longueur, son énième tube, « Champagne supernova », va pourtant enchanter un public qui balance les bras avant de réserver une ovation à William John Paul (NDR : c’est son véritable prénom !). C’est sûr, à l’applaudimètre, il était la grande vedette de ce festival.

Que dire alors des deux autres têtes d’affiche qui se succèdent sur la scène principale ? Les Pixies semblent déjà moins attendus. Sans doute parce qu’ils se sont déjà produits sur la plaine de Werchter, un mois plus tôt, et une semaine plus tard, à l’Atelier du Luxembourg. En outre, la setlist réunit une majorité de morceaux moins connus et même quelques covers dont on se serait bien passé (NDR : en final, celle de Neil Young va asséner un véritable coup de massue au public). De quoi décourager bon nombre de spectateurs lambda. Fan du groupe, votre serviteur assiste à l’intégralité du concert, mais Frank Black semble vraiment décidé à se la jouer folk, ce soir. Ne lâchant sa guitare acoustique, pour empoigner une électrique, que trop épisodiquement. Pour peu que l’ambiance décolle un peu, elle rechute aussi vite. D’ailleurs le « Where is my mind », scandé en compagnie des fans en fin de parcours, ne parviendra pas à atteindre ce que Liam Gallagher était parvenu à récolter juste avant. Et il ne fallait pas compter sur la communication des musicos qui, même lors des adieux, marquent un moment d’hésitation avant de s’avancer sur l’avant-scène afin de saluer son auditoire...

Pour Editors en revanche, l’entrain et la sympathie sont toujours au rendez-vous. Les derniers singles « Heart attack » (en ouverture) ou « Karma Climb », aux sonorités plus electro, tout en parvenant à conserver cette ligne de basse et ses accès post-punk, passent assez bien la rampe. Pourquoi, dans ce plat pays, ce groupe récolte autant de succès et est systématiquement programmé en haut de l’affiche, alors qu’il se produit dans des plus petites salles ou des festivals mineurs, ailleurs ? Néanmoins, le band tient la route et a contrario des Pixies, incorpore judicieusement des singles tout au long de son set. Maintenant, si on souhaite écouter une musique plus originale, il est préférable de s’aventurer du côté de l’une des deux autres scènes...

En assistant au concert de Thurston Moore, par exemple, qui ne doit cependant compter qu’un petit millier de fans aujourd’hui, en Belgique… Mais comme le veut l’adage ‘les absents auront tort’ ! Tout comme Squid qui foulait les mêmes planches auparavant, il est nécessaire de s’armer de patience et d’être ouvert d’écoute ; car seuls six à sept titres seront dispensés sur la bonne heure de concert. Aux guitares, l’ex-leader de Sonic Youth et l’ancien This Is Not This Heat, James Sedwards, tissent méticuleusement leurs riffs hypnotiques. Mais surtout, il y a cette ligne de basse, discrète mais efficace, qui vient taquiner cette texture, empêchant ainsi les morceaux de sombrer dans la répétition et la lourdeur. En faisant remarquer cette nuance à un confrère, ce dernier me précise que cette bassiste n’est autre que Debbie Googe, celle de My Bloody Valentine. Pas étonnant dès lors que ses interventions soient épatantes. Et s’il fallait épingler un titre du concert de Thurston Moore Group, le choix se porterait sur « Hashes » qui passe particulièrement bien en live.

Petite parenthèse le seul DJ set de la soirée répond au patronyme de The Avalanches. Certes on aurait préféré la présence de Vitalic comme initialement prévu (surtout après son show époustouflant à l’AB et la sortie d’un dernier double album de bonne facture, intitulé « Dissidænce »), mais les organisateurs l’ont au final fait glisser à l’affiche du festival qui se déroule ici dans quelques jours. Pourtant, les réservistes assurent parfaitement le remplacement. Ces deux Australiens mixent et bondissent derrière leurs platines. Et arrivent à encore faire bouger une foule de clubbers que l’on n’avait pas trop remarquée sur la plaine jusque-là.

Une première édition plutôt réjouissante donc, même si l’on pouvait légitiment se poser la question de savoir si une deuxième édition pourrait encore se dérouler l’année prochaine ? Ce n’est malheureusement pas une certitude, vu qu’il n’a enregistré que 12 000 spectateurs sur la journée…

(Organisation : Pukkelpop)

Sons, Anna Calvi, Girls Against Boys, Whispering Sons, Parquets Dourts, Wolf Alice, Liam Gallagher, Thurston Moore Group, Pixies, The Avalanches, Editors

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Lokerse Feesten 2022 : mercredi 10 août

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Le Lokerse feesten arrive à mi-parcours. Le soleil commence à taper dur et la chaleur va devenir de plus en plus étouffante au fil de la journée. Heureusement des fontaines d’eau sont mises à la disposition des festivaliers. Et elles sont gratuites.

Ce mercredi 10 août, la Grote Kai accueille la formation belge Portland, Seasick Steve, une icône du blues/rock qui a côtoyé de nombreuses stars du rock, le band issu de Cincinnati, The Afghan Whigs, et en finale, le groupe insulaire, Snow Patrol.

Portland n’est pas seulement une ville de l’Oregon aux States, mais aussi un band issu du Nord de la Belgique. Finaliste de l’édition 2016 du Humo’s Rockrally, lauréat de la cuvée 2018 de ‘De Nieuwe Lichting’, concours organisé par Studio Brussel, il pratique de la dream pop (NDR : enfin, c’est ce que déclare le combo). Originaire d’Hasselt, il réunit Jente Pironet (lead vocal, guitare), Sarah Pepels (claviers, chant), Gill Princen (claviers, basse) et Arno De Bock (drums). Pour ce concert, il a engagé un guitariste de tournée.

La formation va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Your Colours Will Stain », paru en 2019, mais également de nouvelles compos qui figureront sur le nouvel album, dont la sortie est prévue pour cet automne. 2022). Pas de setlist.

Plutôt sexy, Sarah est vêtue de noir. Elle a ainsi opté pour un pantalon et une chemise légèrement transparente. Elle est également chaussée de lunettes fumées. Pour se protéger du soleil ou pour le look ? A vous de choisir ! Elle excelle derrière ses claviers et son IPad dont elle extirpe de superbes sonorités électro. Tout comme sur le percutant « You Misread Me ». Les voix de Sarah et de Jente sont parfaitement complémentaires, et celle de ce dernier semble hantée par Matt Bellamy (Muse). Mélancolique, la musique de Portland s’appuie sur un drumming métronomique et des grattes puissantes. En outre, le band a le bon goût de soigner le sens mélodique. Et il n’oublie pas d’interpréter son single, « Lucky Clover ». Un groupe à suivre de très près…

Place ensuite à Seasick Steve. Agé de 75 balais, il est issu d’Oakland, en Californie. Il porte une barbe imposante, à la ZZ Top. Il a eu des amis prestigieux. Dont Janis Joplin dans les années 60 et Kurt Cobain, au cours des 90’s. Et il a joué en compagnie de multiples légendes du blues et du rock, parmi lesquelles figurent John Lee Hooker, Lightnin' Hopkins, Son House, Albert King, Joni Mitchell, John Paul Jones et on en passe, mais également des groupes et artistes contemporains comme Modest Mouse ou encore KT Tunstall…

En toile de fond, on remarque la présence de la pochette de son dernier elpee, « Love & Peace ». Le disque, il va l’extraire, au cours du set, d’un emballage en carton. Et c’est un vinyle sur lequel est mentionné les inscriptions ‘Only On Vinyle‘, geste qu’il va accompagner d’un petit discours sur cet LP qui ne sort ni en cd, ni en MP3 et n’est pas disponible sur les plateformes de streaming….

Ce hobo sympa se sert d’une gratte différente à chaque chanson, une guitare artisanale ou une cigar-box, et notamment sa légendaire ‘3-String Trance Wonder’. Elle avait été confiée à Steve alors qu’il ne lui restait que trois cordes et il l’a gardée ainsi depuis. Mais aussi une ‘One-Stringed Diddley Bow’. Soit un manche avec une seule corde. Il a même fabriqué une dobro à l’aide d’un gros manche de brosse et d’une plaque minéralogique du Mississipi, terminée par une boîte de conserve en fer blanc.

Il est vêtu d’une chemise de bûcheron (qu’il va vite ôter, vu la température), d’un jeans rapiécé et coiffé d’une casquette ‘John Deere’, marque de tracteur notoire.

Malgré son âge, le papy est un séducteur. Il a repéré une jolie roussette aux premiers rangs. Elle s’appelle Mathilde. Coïncidence, il signale qu’il avait baptisé son camping-car de ‘Mathilda’. Il va la chercher et l’entraîne sur les planches, faisant même mine de se rendre en backstage avec elle. Une plaisanterie qui déclenche un fou rire général. Finalement il l’installe sur un siège et lui déclame une chanson d’amour en se servant d’une gratte semi-acoustique classique. Il propose même de lui envoyer le dernier album si elle lui envoie un mail. La chanson terminée, assez émue, elle est renvoyée aux premiers rangs sur la Grote Kai.

Sans quoi, parlons quand même de musique. Un cocktail de blues, boogie de country qui baigne au sein du Delta. Seasick est uniquement soutenu par un drummer à la barbe respectable, dont les interventions sont régulièrement sauvages, voire tribales.

Son set terminé, Steve, toujours aussi interactif, mais humble, serre des mains, signe des autographes mais, incorrigible, continue à draguer Mathilde…

Setlist : « Don't Know Why She Love Me but She Do », « Self Sufficient Man », « That's All », « Soul Food », « Walkin' Man », « Shady Tree », « Summertime Boy », « Roy's Gang », « Bring It On », « Put That in Your Pipe and Smoke It », « Barracuda '68 », « Thunderbird ».

Rien à faire, quand on parle de The Afghan Whigs, on pense aux nineties. Enfin, presque, puisqu’entre 88 et 1999, la formation américaine va graver 6 albums, dont l’incontournable « Gentlemen », dans un style soul/rock particulièrement alternatif, l’aspect soul s’exprimant surtout à travers la voix écorchée de Greg Dulli.

Un Dulli qui est bien sûr le leader et fondateur du groupe légendaire issu de Cincinnati, dans l’Ohio. Outre The Afghan Whigs, Il a également monté deux projets parallèles. Tout d’abord The Twilight Singers, mais également The Gutter Twins en compagnie du regretté Mark Lanegan, dont on suppose la fin de parcours du projet, suite à sa disparition.

Le line up de la formation a quand même mal changé depuis ses débuts. Ce soir, il implique un multi-instrumentiste (basse, claviers, violon, percus), un drummer et trois sixcordistes, dont Greg. Ils sont tous habillés de noir…

Pour votre serviteur, il s’agit d’une découverte. La setlist va privilégier des extraits de l’inévitable « Gentlemen » et de « Black Love ». Mais également de « How Do You Burn ? », le nouvel opus, qui paraîtra en septembre. Dont le morceau d’entrée « I'll Make You See God ».

La musique libère une fameuse intensité. Les trois grattes y sont pour quelque chose, mais également la section rythmique, boostée par un drummer à la frappe aussi technique que sauvage. Parfois, le spectre des Pixies voire de Pearl Jam se met à planer. Mais le combo nous réserve quelques surprises, dont le célèbre blues de Bo Diddley, « Who Do You Love ? » ou la cover de « There Is A Light That Never Goes Out » des Smiths. Pas de trace cependant du hit « Going To Town ». Peu d’interactivité entre les morceaux, de manière à rendre le set le plus compact possible, mais vraiment un superbe concert…

Setlist : « I'll Make You See God », « Matamoros », « Light as a Feather », « Oriole », « The Tide » (Greg Dulli song), « Gentlemen », « Who Do You Love ? » (Bo Diddley cover), « Fountain And Fairfax », « Algiers », « Heaven On Their Minds » (Andrew Lloyd Webber cover), « Somethin' Hot », « A Line Of Shots », « John The Baptist », « Summer's Kiss », « My Enemy », « Into The Floor », « There Is A Light » (The Smiths cover).

Formation indé insulaire, Snow Patrol implique des musicos issu d’Irlande du Nord et d’Écosse. Elle réunit de Gary Lightbody (chant, guitare), Jonny Quinn (drums), Nathan Connolly (guitare), Paul Wilson (basse) et Johnny McDaid (claviers, guitare). Le peuple attend impatiemment le début du show et votre serviteur également. Il y a du monde et on est un peu serré comme des sardines.

Côté discographie, le combo est plutôt discret pour l’instant, puisque hormis un remix baptisé « Reworked », paru en 2019, le dernier elpee, « Wildness », remonte à 2018. Par contre, cette année il se produit un peu partout. Il y a 3 jours, il était à l’affiche du festival de Ronquières.

Ce groupe-phare des années 2000 a écoulé plus de 12 millions d’albums.

Le concert s’ouvre par deux hits : « Chocolate » et « Take Back the City ». Lightbody (NDR : qui a surmonté son addiction à l’alcool) se consacre au chant et se sert tour à tour d’une guitare électrique ou semi-acoustique (une Martin’s !).

Particulièrement mélodieuses, les chansons sont régulièrement chantées par les spectateurs, qui connaissent les paroles. « Open Your Eyes » et « Shut Your Eyes » font trembler la plaine. Et à la demande de Gary, « Chasing Cars » est intégralement repris en chœur par la foule. C’est à la fois beau et bouleversant. L’attitude du claviériste préposé aux backing vocaux évoque Chris Martin. Il remue derrière ses ivoires comme une puce. Des images de « Reworked » sont projetées sur l’immense écran situé derrière les artistes, alors qu’un impressionnant light show est projeté sur les artistes depuis l’arrière scène...

L’apothéose de la soirée…

Setlist : « Chocolate », « Take Back the City », « Crack The Shutters », « Run », « Empress », « Set The Fire To The Third Bar », « Open Your Eyes », « Life On Earth », « Shut Your Eyes », « Chasing Cars », « You're All I Have ».

Rappel : « What If This Is All the Love You Ever Get ? », « Just Say Yes ».

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Ronquières festival 2022 : dimanche 7 août

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Clap de fin pour cette dixième édition qui a tenu toute ses promesses et attiré la grande foule. Et pour cause, depuis plusieurs jours déjà, le sold out avait été décrété.

Il fait très étouffant ce dimanche. Les températures deviennent insupportables. Heureusement, une brise légère vient apporter un brin de fraîcheur.

Retenu par des obligations familiales, votre serviteur n'arrive qu'en fin d'après-midi. Juste à temps pour le concert de Snow Patrol.

La foule s'est pressée devant la mainstage. Les festivaliers y sont serrés comme des sardines, et l’expression est loin d’être abusive…

Si l'actualité musicale de Snow Patrol est au point mort depuis 2018, le groupe britannique continue néanmoins d'assurer des tournées un peu partout en Europe. 

Sa popularité va prendre son envol à partir de 2003, soit à l’issue de la sortie de son troisième elpee, « Final Straw ». Depuis, le combo est considéré comme un des groupes majeurs de la scène britannique des années 2000. Il a ainsi écoulé plus de 12 millions d’albums depuis sa formation.

Drivé par Gary Lightbody, le combo va livrer un set de toute bonne facture et bien maîtrisé. Cependant, sans fioriture ni éclats. Une prestation qui va permettre à la foule de faire redescendre une pression accumulée depuis 48 heures.

« Chocolate » ouvre les hostilités. Une compo rugueuse, pleine d'énergie, au cours de laquelle les guitares s'en donnent à cœur joie.

Manifestement les Britanniques ont conservé leur savoir-faire légendaire. Caractérisé par ses ‘whoh oh oh oh’ et ses riffs de grattes déchiquetés, « Take Back The City » constitue le point d’orgue du set.

Pas de temps mort, SP enchaîne les morceaux, entrecoupés par les interventions baragouinées de Lightbody.

Le band embraie par « Run », une plage extraite de l’opus Final Straw (2003) qui lui a permis de se faire connaître du grand public, et notamment aux États-Unis. Un titre qui a aussi été diffusé sur les radios françaises, au cours de l'été 2004.

Des lignes mélodiques, des refrains qui restent ancrés dans la tête, un chanteur au charisme fou : ce sont les recettes de ces patrouilleurs des neiges aux regards langoureux.

Le band parvient à fédérer à travers des morceaux comme « Empress », « Set the Fire » ou encore « Open your eyes ». Des titres familiers, truffés de sonorités de grattes, à la rythmique imparable dont l’atmosphère est très susceptible de devenir éthérée…

On reprochera sans doute le manque d'audace du show. Il est trop calibré, trop prévisible. Mais il tient parfaitement la route.

Imprimées le plus souvent sur un rythme soutenu, les compos s'enchaînent et font mouche.

Pop song, « You could be happy » met bien en exergue la voix veloutée de Gary Lightbody. Plus fragile, « Make this go on forever » bénéficie d’un refrain soutenu.

Le set tire à sa fin. L’enivrant « Chasing car », tube radiophonique, incite les festivaliers à se déhancher et à frapper dans les mains, encouragés par le drummer aux gestes d'une amplitude impressionnante.

Snow Patrol entame son rappel par « What If This Is All The Love You Ever Get ? », un morceau curieusement down tempo qui brise la belle dynamique qui s'était alors installée.

Mais le glorieux « Just Say Yes » remet les pendules à l’heure, plongeant la fosse dans l’effervescence et permettant au groupe de quitter dignement le sol belge. Espérons qu'il ne s'agisse que d'un au revoir…

Il est minuit. Les spectateurs regagnent progressivement leurs véhicules, tandis que les stands ferment leur porte. Il est déjà quasi impossible de consommer un dernier verre. Dommage... mais laissons toutes celles et tous ceux qui œuvrent dans l'ombre de ce festival reprendre le cheminement de leur vie...

Vivement l'année prochaine !

(Organisation : Ronquières festival)

Snow Patrol

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Ronquières festival 2022 : samedi 6 août

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Seconde journée pour le Ronquières festival. Les stigmates de la veille sont à peine perceptibles. Le site a retrouvé sa belle couleur verte (plutôt grise au vu de la sécheresse).

Les bénévoles ont œuvré sans ménagement pour nettoyer la plaine. Les festivaliers sont pour la plupart des gens responsables : des couples, des amis venus se détendre après une semaine de travail ou encore des parents avec les bambins. Quoiqu'il en soit, la très grande majorité est attentif à son environnement. Et hormis, l'un ou l'autre déchet, presque rien ne traîne au sol.

Le soleil s'est invité sur cette bourgade de la ville de Roeulx. Après tout, lui aussi a le droit de s'en mettre plein les portugaises. Mais pour lui, ce sera gratuit !

Il fait relativement chaud ce samedi du mois d'août. Dire que certaines années, fallait prendre son K-Way.

Les aficionados se sont pressés en masse. Normal, le line-up est davantage éclectique et risque de plaire au plus grand nombre.

Il est un peu plus de 14 heures, lorsque votre serviteur passe les portillons de sécurité. Une petite fille aux cheveux de couleur bleue se pointe. Il s'agit de Doria-D. Elle doit avoir à peine 22 berges.

En arborant une coiffure pareille, on dirait la schtroumpfette. La gonzesse s'est fait connaître auprès du grand public grâce au titre « Dépendance », issu d'un premier album éponyme, sorti en 2021.

Elle est accompagnée d'un drummer et d'une jolie dame au clavier, une brunette au rouge à lèvres éclatant. C'est son Birthday. Elle doit avoir un peu plus de quarante ans !

Grâce à sa voix rauque et envoûtante, son sens mélodique et la puissance de ses textes, Miss Dupont ne laisse pas indifférent. Son univers est directement inspiré par Billie Eilish et Lana Del Rey mais aussi des rappeurs francophones comme Nekfeu et Lomepal.

Sur fond de sonorités french pop modernes, la demoiselle s'inscrit dans l'air du temps en proposant des textes autocentrés, mais qui permettent à la jeunesse de s'y retrouver (« Dépendance » y aborde le thème d’une relation toxique).

Fière de sa sensibilité, elle exhorte le public à en explorer tous les sens. C'est alors qu'elle se livre à un « Hors tempo » endiablé.

Mais c'est à travers sa reprise du titre emblématique « Jeune et con » de Damien Saez qu'elle se hisse comme véritable porte-drapeau de toute une génération.

Bandit Bandit et sa chanteuse sexy se produisent à Bâbord. La fille est fringuée comme vieille pute bon marché. Bas résilles, tenue transparente et culotte montrant un galbe du tonnerre (le trou dans son collant au niveau des fesses ne passe pas inaperçu). Sacré nom de Dieu, il n'aura fallu que quelques petites minutes de ce spectacle pour que Bandit... banda !

Maeva aime jouer ce rôle trouble et diabolique. Elle s'amuse à caresser son corps de bas en haut, insistant sur ses parties intimes. De quoi faire frissonner votre serviteur qui ne tient plus en place.

La chanteuse est accompagnée de Hugo aux guitares ainsi que d’une section rythmique réunissant le drummer Anthony Avril et le bassiste Ari Moitier, qui se charge également parfois de la six cordes. Anthony joue torse nu et montre un corps taillé comme un Apollon. Ce n'est pas les filles debout au premier rang qui s'en plaindront !

D'emblée, ces bandits de grand chemin multiplient les riffs ténébreux et les rythmiques plombantes. Maëva utilise le micro comme un défouloir, à l’instar de « Désorganisée », un morceau puissant qui permet à la donzelle de délivrer un message (NDR : un massage ?) sincère ; ses expériences multiples l'ayant inspiré profondément.

La musique du combo est acide. Elle stimule la voûte plantaire. Elle creuse vos veines et se retire en les marquant au fer rouge. Ça pue la rage et ça transpire la fumette. C'est du rock'n’roll actuel, teinté de psyché ou du stoner lourd et sensuel, selon.

Il y a ce petit côté Dolly (groupe de rock français actif de 1995 à 2005 et dissout à la mort de son cofondateur et bassiste Michaël Chamberlin), non seulement dans l'intention, mais aussi dans les sonorités de guitares poisseuses. 

La musique de Bandit Bandit ne s'écoute pas, elle se vit. En live, c’est une expérience intense, puissante, un pur moment de bonheur.

Assumant pleinement la langue de Voltaire, la bande à Baader s'exécute avec rage et excentricité. Les musicos en maîtrisent parfaitement les codes. Il y a une complicité folle entre la leader et son guitariste. A cause de leurs échanges de regards lancinants et des frôlement de lèvres à la limite du flirt. Pourtant, les deux tourtereaux (?!?) évacuent leurs frustrations et leur colère à travers la musique de BB.

Avant de vider les lieux, le combo entame les propos d'une chanson qui colle parfaitement à l’esprit de la formation ; un « Bonnie and Clyde » profond, d'une sincérité pure. Gainsbourg aurait été fier de cette reprise interprétée en guise d'hommage.

Delta prend le relais. Votre serviteur avait assisté au son set, la semaine dernière, dans le cadre du festival Les Gens d'Ere. Il profite donc de cette petite parenthèse pour s’octroyer une pause bibitive.

Noé Preszow (NDR : prononcez ‘Prèchof’ comme le chanteur aime à le rappeler) vire à Bâbord. Petit et trapu, il arbore une veste en velours de couleur bleu foncé, trop grande pour lui. A s'y méprendre, on dirait l'arrière-petit-fils de Demis Roussos (sans la barbe).

Après une intro plutôt vaporeuse, le Bruxellois décide de prendre la direction des opérations. A même pas trente balais, ses écrits littéraires et poétiques ont déjà conquis pas mal de monde.

Parfaitement ciselées, ses chansons sont d'une fluidité extrême. Elles sont le fruit d'une conjugaison entre pop immédiate et poésie à fleur de peau. Les mélodies sont accessibles, le phrasé est parfait et le sens du rythme, précis.

Le gaillard a un don pour torcher une chanson, à l'instar du tubuesque « A Nous ». Une compo qui lui a permis d'acquérir ses lettres de noblesse auprès des critiques et du public. Les médias la considèrent comme ‘prémonitoire’, car elle a été écrite bien avant la vague de la pandémie de la Covid-19…

L’inspiration de Preszow semble héritée des plus grands songwriters français et américains. Ses textes ont la profondeur de ceux signés Dominique A. En outre, sa voix emprunte des inflexions à Gaëtan Roussel.

Très en phase avec le présent et ce qui l'entoure, le gaillard entame alors « Un monde à l'envers » aussi impudique que généreux, une compo écrite alors qu'il participait à une manif 'Santé en lutte', le jour de ses 26 ans.

Le plus jeune héritier de la chanson française est un avant-gardiste. Ses thématiques sont humaines et s’adressent au plus grand nombre.

Alors qu'il chante « Faire les choses bien », il rappelle que faire correctement les choses, ça ne veut pas dire grand-chose, mais il encourage l’auditoire à mettre tout en œuvre pour rendre le monde meilleur. Une belle compo qui explore le champ du possible des relations humaines.

Il s'agira de l'avant-dernière date de sa tournée. Mais Ronquières sera sa dernière date belge.

Noé Preszow est un artiste, un vrai. Un de ces gars dont il faut parler. Ses histoires personnelles mériteraient toutefois d'être davantage chuchotées dans un endroit approprié, comme au sein d’une salle culturelle, que criées lors d’un festival où les mots perdent de leur sens.

Charles (référence à son papy dont elle vouait une admiration sans faille) se tient prêt à assurer côté Tribord. La petite a teint ses cheveux en rouge. Malgré de grosses godasses aux semelles compensées, elle paraît toute petite sur cette grande estrade.

Un peu grassouillette, elle semble intimidée devant les centaines de badauds qui se sont pressés pour découvrir cette ancienne candidate de The Voice Belgique.

Elle crèche à Braine-le-Château, un bled à une encablure d'ici. Elle s'exprime artistiquement dans la langue de Shakespeare.

Elle explore un univers qui lui est propre et qui ne ressemble à aucun autre. Des chansons pop, sensuelles, qui observent la courbe de son existence. Des titres qui racontent ce qu'elle vit ou qu'elle observe dans son entourage. Vu son jeune âge, cette conception risque évidemment d'évoluer rapidement.

De son grain de voix chaud et éthéré, elle embrasse une pop glamour sur « For gone », une chanson qui parle notamment de violences conjugales dont elle a été victime à seulement 16 ans.

Globalement, même si l'intention y est, elle parvient difficilement à rendre dynamique le set. Et ce n'est pas « Wasted Time », un morceau caractérisé par une ligne de basse lancinante (qui communique un aspect un peu plus mystérieux et dark au titre mélancolique) qui y parviendra.

« Without You » constitue le moment solennel de la soirée, une chanson où elle demande au public de reprendre le refrain. Un exercice facile selon ses déclarations. A ce moment, elle s'exerce en maîtresse de cérémonie qui vient de prendre le pouvoir.

« Until We Meet Again », issu de son dernier opus, semble comme salvateur dans l’esprit de celle qui révèle avoir traversé énormément d’épreuves.

Moment émouvant lorsque Charles interprète « Didn’t Get To Say Goodbye », en hommage à son directeur artistique Gilbert Lederman, tout récemment décédé.

Ambassadrice (comme Doria D) sur Equal, la plateforme mise en place par Spotify pour remédier à la non-représentativité des femmes dans la musique, Charlotte Foret, entre mysticisme et ballades mid-tempo, est parvenue à conquérir un parterre de quelques milliers de personnes…

Louane débarque : soutif rose, veste bleue pailletée et jupette jaune canari. Que de mauvais goût !

La petite a été révélée lors de la seconde saison de The Voice. Actrice à ses heures perdues, c'est surtout son rôle dans ‘La famille Bélier’, pour lequel elle a remporté un César, qui lui a permis d'obtenir cette reconnaissance médiatique.

Elle entame son tour de chauffe par « Donne-moi ton cœur », un cri de détresse chargé d'émotion. Le public est majoritairement constitué de petites filles prépubères pour qui la gonzesse reste, semble-t-il, une icône de la chanson française.

Très franchement, ses chansonnettes à deux balles ne prennent qu'un essor tout relatif dans les portugaises de votre serviteur. C'est niais et ennuyeux à s'en décrocher la mâchoire.

Mais, pour critiquer objectivement une artiste il faut poursuivre malgré tout l'analyse de son concert. C'est donc avec un entrain à peine dissimulé que se poursuit l'écoute des compos de la belle.

Selon ses dires, le public belge serait le plus chaud d’Europe. Menteuse va !

Elle embraie par le tubuesque « Jour 1 » et son refrain est chanté par une bonne frange de la populace. Une petite fille au premier rang ne peut contenir cette émotion aussi soudaine qu'inattendue. Les larmes chaudes coulent sur ses petites joues roses. Une image qui prend tout son sens aujourd'hui. Ces instants fragiles portés hors du temps, ces petits riens qui rendent les gens heureux.

Manifestement, Louane prend du plaisir et entraîne la foule dans son jeu infantile.

« Thérapie », compo traitant de la santé mentale, lui permet d'entamer une communion (solennelle ?) avec le peuple. Elle demande le silence car elle crée des boucles avec sa voix et s’en sert tout au long du morceau.

Il s'agit de l'une de ses trois dernières dates à Ronquières. Elle quitte la scène des étoiles plein les yeux.

Hoshi restera l'une des prestations les plus intéressantes de ce festival. L'une des plus émouvantes également. Un show rarement égalé. Un brin de folie, beaucoup d'amour et une femme à l’énergie communicative.

L'artiste commence le piano à l'âge de six ans et la guitare à quinze ans. À la même époque, elle écrit ses premières chansons.

Hoshi effectue ses premiers pas dans la musique au sein du groupe amateur TransyStory, formé en septembre 2011. Passionnée par la culture japonaise, elle choisit comme nom de scène Hoshi Hideko, puis simplement Hoshi qui signifie ‘étoile’ en japonais.

C'est l'une des révélations de la chanson française de ces dernières années ; et pour cause, elle est parvenue à imposer son style musical bien à elle. Des textes simples, une musique entraînante et une aura exceptionnelle, des valeurs qui ont rendu cette femme sympathique.

En dévoilant ses préférences sexuelles, elle est devenue, au fil du temps, la porte-parole de la cause homosexuelle. Bien malgré elle d'ailleurs.

« Enfants du danger » donne le ton ce qui restera un concert marqué au fer rouge de cette dixième édition. Une compo rythmée par la recherche du sens de la vie.

Elle avoue être heureuse de pouvoir revenir en Belgique pour la troisième fois. Elle prévient immédiatement l’auditoire qu’elle souffre d'un tic de langage en ponctuant chacune de ses phrases par un ‘Allez hein !’ Elle s'amuse en ajoutant qu'elle le convertira en future chanson.

C'est alors qu'elle attaque « J'te pardonne » en mode piano-voix. Une chanson particulièrement émouvante, sur fond de rupture amoureuse, au cours de laquelle elle se met à nu.

Elle achève doucement une tournée de plus de 150 dates, ce qui est loin d'être évident pour celle qui souffre de la maladie de Ménière. Un mal qui la poursuit depuis toute petite, provoque des acouphènes et entraîne des pertes d'audition. Vous vous doutez évidemment la difficulté de concilier ce genre de maux lorsque l'on preste un métier comme celui-ci...

Ce qui ne l’a pas pas empêché, à 25 ans, de réaliser son rêve et de devenir chanteuse. Mais à certaines conditions : pas plus de deux concerts par semaine, car des vertiges peuvent apparaître rendant alors impossible ses prestations.

Et comme aucun traitement n'existe, elle ne peut que compter sur le soutien du public. Et c'est un peuple très enjoué qui l'encourage via des applaudissements en langage de sourd. Les yeux embués, Hoshi n'a pu retenir ses larmes lors de son « Fais-moi signe ». Un moment exceptionnel et d'une intensité rare, la jeune artiste ayant perdu la moitié de sa capacité auditive à cause de cette affection, justement.

Sachant que plus elle accorde de concerts, plus elle jouera avec le feu, elle sait qu'un jour, elle n'entendra plus suffisamment pour faire de la musique, son métier.

« Et même après je t'aimerai », texte poignant sur l'après-rupture, rend à la chanson française ses heures de gloire. Un titre qui ne peut laisser indifférent. Bref, des thématiques qui parlent au plus grand nombre. Et cette musique qui donne envie de danser, de se lâcher.

Appel au manifeste, « Amour censure » constitue un véritable hymne à la tolérance et à la sincérité des sentiments amoureux. Hoshi, elle-même victime d'agression homophobe, a écrit cette chanson en réaction à une certaine libération de la parole discriminatoire, notamment après la ‘manif pour tous’. Une compo qui malheureusement a encore des raisons d'exister auprès des biens pensants...

La chaleur est de plus en plus accablante. Hoshi invite à s'hydrater. Mais à la seule condition de boire de l'eau. C'est alors qu'elle fredonne 'plus je bois, plus je bois, plus je bois, plus je bois' sous le couvert d’une « Femme à la mer » … de bon aloi.

Douée pour les métaphores et autres figures de style, elle achève son jeu par « Ta marinière ».

Hoshi reste bel et bien l'étoile montante d'une fine fleur de la chanson française. A cause de cette recherche constante d'accroche, de dynamique et de refrains entêtants. Gageons que son étoile continue de briller afin qu’elle puisse dispenser des messages qui nous touchent en plein cœur.

S'il est un autre chanteur qui n'a pas hésité à faire son coming out, c'est Eddy De Pretto.

Biberonné par Brel, Brassens ou encore Barbara, Eddy a, depuis ses débuts, ce pouvoir extraordinaire d’utiliser les mots pour fédérer et inviter l’auditeur à s’interroger sur le monde et autres vicissitudes de l’existence.

Il s'était déjà produit en 2019. Il était juste accompagné d'un drummer. C'est en compagnie d’un groupe qu'il se présente aujourd'hui. Une formule qui lui permet de remplir et se s'approprier l'espace scénique.

Vêtu d’un Marcel et d’un short/training, il fait vraiment vieille France. Manque plus que la baguette sous le bras et le béret (ici remplacé par la casquette).

Il puise ses chansons au sein de ses deux albums. Dont cette « Fête de Trop », évoquant muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés. Un titre qui lui avait d’ailleurs permis de décrocher une nomination largement méritée aux Victoires de la musique, en 2018. Si cette recette n’est pas à mettre entre les mains de n’importe qui, elle reste néanmoins taillée pour le live ! Et « A quoi bon » traite également de l’addiction.

De Pretto choisit judicieusement ses mots pour torcher des textes poignants sur fond de mélodies accrocheuses.

Une belle prestation, mais Eddy (re)fait du De Pretto. Et c'est dommage ! Pas vraiment de surprises donc ! L'artiste s’adresse de nouveau à une frange de la population aussi large que possible. A cette seule différence près, c’est qu’ici, il parle surtout de lui-même de manière grave et primaire. C'est une prestation très autocentrée.

Fidèle à lui-même, ce jeune écorché vif offre là encore une belle palette de ses capacités lyriques et musicales. Trempée dans le vitriol, sa plume demeure encore sa plus belle arme…

Il encourage le public à suivre sa propre voie, lui qui a toujours écouté davantage son cœur que la raison.

Plutôt bien ficelées dans l’ensemble, les chansons s’imprègnent de son vécu tout en dénonçant, sans aucune prétention, les injustices de (sa) la vie comme ce « Freaks » qui s’adresse principalement aux exclus. « Tout vivre » se révèle aussi saignant que cinglant. Une compo autobiographique qui jette un œil dans le rétroviseur pour relater certains grands moments de son existence, traversée d’épisode ténébreux.

L’expression sonore est maîtrisée et le flow est bien canalisé. On passe aisément de la pop au rap, tout en s’autorisant un petit détour via l’électro.

Eddy n'oublie pas ce « Kid », titre qui fustige la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par le conservatisme sociétal. Le public connaît par cœur ce titre multi radiodiffusé dont certains spectateurs se reconnaissent en lui.

Entre sujets crus et autodérision, son set ressemble à un livre ouvert sur sa vie. A l'instar de ce « Bateaux-Mouches » où il se remémore ses débuts d’apprenti chanteur.

On aurait aimé un peu plus de liberté dans le champ d'action artistique. Un peu de lâcher-prise et une communion avec le public. Il n'en a rien été. Il est resté froid et austère.

Si cette bande-son ressemble davantage à un ‘best of’ et ravit le plus grand nombre, elle frustre les plus exigeants qui regrettent la trop grande prévisibilité du show.

La prestation de Julien Doré constitue sans doute l’apothéose de cette dixième édition du Ronquières Festival. Faut dire que le gaillard à la chevelure… dorée, s’est révélé en se présentant au casting de l'émission ‘Nouvelle Star’, en France, il y a quinze ans déjà, pour y interpréter « Excellent », une compo signée Sharko...

Cette reprise a ainsi permis à David Bartholomé et ses acolytes de rencontrer un nouveau public ; et à ce titre, de récolter un succès ‘culte’ propagé par de nombreux joueurs de ukulélé, sur internet. « I Need Someone » subira le même sort.

Et depuis, il n'a cessé de surprendre en publiant des disques iconoclastes, des clips bestiaires et des messages percutants sur les réseaux sociaux.

Marquant son quatrième passage au pied du Plan Incliné de Ronquières, Doré opère une entrée fracassante depuis les bachotages. Et c'est en costume rose qu'il se présente devant une foule fidèle et dévouée, venue fredonner les nouvelles chansons d'un dernier album intitulé « Aimée », paru il y a deux ans déjà.

‘Il sera notre Bruno Vandelli ce soir’ (le chorégraphe de l’émission ‘Popstars’), lance-t-il devant le peuple hilare, laissant supposer que l’on va assister à des chorégraphies des plus surprenantes…

« Le lac » ouvre le bal. Ce morceau sonne comme un retour aux sources, suscite la réflexion et glorifie l'amour, le féminin et la nature. Réaliser un travail d’écriture introspectif, en solitaire, et dévoiler ses pensées intimes à un max de personnes, constitue une démarche ambivalente… A chacun ses choix après tout !

Très professionnel, le show est parfaitement maîtrisé. Tous les codes y sont. Des images sont projetées sur un écran posé au milieu du podium.

Le light show est particulièrement judicieux lui aussi. Les techniciens accomplissent un travail remarquable. A la moitié du ‘live’, des canons sis à proximité de la ‘stage’ tirent une tempête de serpentins géants. De quoi galvaniser l’ambiance un peu plus...

Bref, c'est véritablement un show à l'américaine auquel l’artiste se livre aujourd'hui pour le plus grand bonheur de ceux qui sont parvenus à se procurer le précieux sésame.

La suite du set va aligner une déferlante de tubes : « Kiss Me Forever », « Coco Câline », « Chou Wasabi », sans oublier les moments plus tendres, dispensés sous un format piano/voix, comme ce « Moi Lolita » ou encore cette reprise succulente de Montagné, « Sous le sunlight des tropiques ». Un titre qui prend tout son sens suite aux chaleurs tropicales de ce mois d'août.

La mer était également au rendez-vous, les décors de plage apparaissant régulièrement derrière l'artiste, histoire de coller un peu plus encore à ses thèmes de prédilection.

Que ce soit sur ses titres les plus stimulants ou les plus calmes, Julien y met la même dose de générosité. Le contraste entre la douceur des vocalises et le caractère dansant des chansons est assez frappant. L’alchimie fonctionne pourtant à merveille.

Responsable d’un ‘live’ puissant, énergique et sincère, même s’il y ajoute une pointe d’introspection, Juju ne cherche pas à jouer un rôle.

Lorsqu’on force le déroulement des événements, on les abîme… Il est égal à lui-même, très second degré et proche d'un public qui l’adore depuis les premiers jours. L’artiste serait davantage dans un abandon et une incarnation, mais pas dans un jeu…

Le graal du spectacle sera atteint lorsque son complice de toujours, Eddy de Pretto, viendra le rejoindre sur les planches pour interpréter un truculent « Larme fatale », en mode piano-voix.

Même si l'ami Doré nous avait habitués à ses turpitudes visuelles en introduisant des animaux dans ses clips, il s'offre ici le luxe d'invités de marques très spéciaux, sous la forme d'affectueux diplodocus. Sans oublier le panda ou encore de ses deux chiens Jean-Marc et Simone. Mais virtuellement celle fois ! Et oui, Ronquières est un festival et non une bétaillère !

Même si le Sieur Doré est tombé dans le piège du spectacle surdimensionné, il a offert ce soir, un spectacle surprenant, généreux, loufoque, mémorable et complémentent surréaliste. 

Bref, un concert qui colle parfaitement à l'esprit du pays dans lequel il s'inscrit.

(Organisation Ronquières festival)

Voir aussi notre section photos ici

Doria-D + Bandit Bandit + Delta + Noé Preszow + Charles + Louane + Hoshi + Eddy De Pretto + Julien Doré

 

 

Lokerse Feesten 2022 : samedi 6 août 2022

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Après deux années sans festival, c’est le grand retour des Lokerse feesten sur la Grote Kaai de Lokeren. A l’affiche l’Anversoise Coely, dont c’est la quatrième apparition sur le site, la Batave Froukje, la native de Vilvorde, Emma Bale, et en after party, DJ Licious. Sans oublier, bien sûr, en tête d’affiche, la machine américaine The Black Eyed Peas.

Les hostilités débutent à 19h00.

Du haut de ses 21 ans, Emma Bale est rayonnante. Elle est vêtue d’une jupe en jeans de type fourreau et d’un top blanc recouvert d’un soutien-gorge en laine de couleur jaune. Elle est soutenue par deux claviéristes dont l’un se consacre parfois à la guitare électrique ou semi-acoustique et d’un drummer.  

Elle va nous proposer de larges extraits de son album, « Retrospect », paru en avril 2021.

Le set s’ouvre par « Amsterdam », un morceau inondé de sonorités de claviers. Emma arpente les planches de long en large. Elle embraie par un ancien hit, « Run ». La chevelure ‘blond platine’ d’Emma est bien mise en valeur par le light show. Plus paisible, « Mind Games » se nourrit progressivement d’électro. Tout aussi calme, « Kom Pas » est interprété dans la langue de Vondel. La voix de Bale est superbement soulignée par la gratte semi acoustique que l’un des claviéristes vient d’empoigner tout au long de « The Woman I Am Today ». Et lorsqu’il passe à la six cordes électriques, c’est pour nous nous proposer quelques titres plus funkysants, dans l’esprit de Nile Rodgers.

Emma n’en oublie pas son tube, « All I Want », une reprise de Kodaline. « Cut Loose » et « Curaçao » communiquent une ambiance tropicale au show qu’elle achève seule, armée d’une guitare semi-acoustique.

Grâce à son cocktail de pop, de r&b et d’électro, Emma Bale marche sur les traces d'icônes de la pop comme Ellie Goulding ou Dua Lipa. Une belle entrée en matière…

Setlist : « Amsterdam », « Run », « Mind Games », « Bad », « Long For », « Trust Issues », « Orange Tree », « Get Back », « Kom Pas », « The Woman I Am Today », « All I Want » (Kodaline cover), « Cut Loose », « Curaçao »

Place ensuite à Foukje. Originaire de Rotterdam, elle chante en néerlandais.  Agée de 21 printemps, elle compte à son actif un mini album 6 titres, « Uitzinning », paru en 2022 et un Ep 6 titres « Licht En Donker », en 2021.  

Affichant un sourire timide et coiffée de mèches rouges pulpeuses, elle est vêtue d’un jeans et d’un corset qui lui confère une taille de guêpe.

Dès qu’elle se met à chanter, on reconnaît immédiatement l’accent batave. Et il faut reconnaitre qu’en optant pour sa langue maternelle, elle n’a pas choisi la facilité. Néanmoins, le courant semble bien passer auprès du public. Sur le podium, elle est épaulée par trois filles et un garçon. Soit deux claviéristes, une guitariste et un drummer. Toujours pas de bassiste dans le line up.

Elle invite la foule à sauter sur place, à s’accroupir avant de bondir, mais aussi à balancer les mains de gauche à droite et inversement.

Les claviéristes descendent dans la fosse et incitent les spectateurs à applaudir.  

A travers ses chansons, la jeune femme n'a clairement pas peur d'exprimer ses inquiétudes et celles du reste de sa génération, face à la crise climatique.

Grâce à son enthousiasme juvénile et son charisme inné, elle a très vite pris le contrôle de la Grote Kaai…

Setlist : « Groter dan ik », « Onbezonnen », « Goud », « 17 », « Licht en donker », « Uitzinnig », « Een man die nooit meer huilt », « Is dit echt ? », « Heb ik dat gezegd ? », « Zonder gezicht », « Niets tussen », « Ik wil dansen »

Coely pratique du r&b teinté de de hip hop. Et elle a vraiment un look de rappeuse : veste lardée d’objets métalliques dont d’imposantes épingles à nourrices, des bottes d’aviateur et des tas de bagues argentées aux doigts. Même si la veste n’a tenu que le temps des deux premières compos…

La diva s’appuie sur une formation impliquant deux claviéristes, un drummer, un bassiste et un guitariste. Un excellent backing group dont un guitariste impressionnant, responsable de quelques solides solos. Deux vocalistes ont également prêté leurs voix, parmi lesquels on reconnaît le très fidèle Dvtch Norris.

Sa setlist va puiser généreusement dans son album « Different Waters », paru en 2017. Très soul, sa voix est puissante. Le light show est imposant. Et pour cause, on la devine parfois derrière le mur de lasers placés devant le podium. Mais sur les planches, elle ne tient pas en place. Et il faut reconnaître qu’elle est parvenue à mettre le feu à la Grote Kai. « Celebrate » met ainsi tout le monde d’accord, avant que le concert ne s’achève par une séance de beatbox.

Setlist : « Different Waters », « My Tomorrow », « Run It Up », « Can't Get Away », « Regulator », « No Way », « Alive »,

Avec DVTCH NORRIS : « Don't Care », « Magic Carpet » (DVTCH NORRIS cover)

« The Rise » (Together with her 2 brothers), « Is Everybody Out There » (Followed Band Introduction), « Celebrate », « Beatbox ».

Après deux ans de pandémie et plusieurs reports dus à la crise sanitaire, The Black Eyed Peas est parti en tournée tout l'été, à travers l’Europe. L'occasion pour Will.I.Am, Taboo et Apl.de.ap de venir défendre leur dernier opus, « Translation », gravé en 2020. Ce groupe phare des années 2000, actif depuis 1995, se distingue par son mélange de hip hop et d’électro. Mais il est surtout connu pour ses tubes, et tout particulièrement par « I Gotta Feeling », « Pump It », « Boom Boom Pow » et « The Time ». Et puis, le band californien a marqué toute une génération. En novembre 2011, après le périple mondial organisé dans le cadre de la promotion de l'album « The Beginning », au succès en demi-teinte, le groupe annonce une pause de quelques années. Mais en 2018, il annonce son retour ; cependant, sans sa chanteuse phare, Fergie. L'Américaine se consacre désormais à sa vie de famille. Une absence de taille, tant la chanteuse était la force des refrains cultes. C'est l'artiste philippine J. Ray Soul qui la remplace désormais. Un sacré défi à relever...

Le huitième long playing du band, « Translation », en est revenu à des sonorités plus latino, les premières influences du combo. Un LP qui a bénéficié du concours de grands noms, comme DJ Snake ou Shakira.

Le show accuse 25 minutes de retard.

Trois grands écrans en hauteur et un immense placé à l’arrière laissent la place aux quatre chanteurs, à un guitariste et un drummer. Pas d’autre musico, le reste est diffusé par des bandes préenregistrées, y compris les basses ronflantes. Mais, il faut le reconnaître, le son est excellent. Il est même puissant et californien sur « Let's Get It Started ». Entre rap et pop, ce titre ne pouvait mieux entamer leur prestation, une compo reprise en chœur par un public déchaîné.

Des effets pyrotechniques grandioses et des fumigènes en abondance enflamment le hit phare du band, « Pump It ». Dans le même esprit, tout au long du show, on aura droit à des murs de LED flottants, des lance-flammes, des canons à CO2 et confettis, dont une véritable avalanche s’est abattue sur la Grote Kaai, lors du final, un « Medley ».

Pendant les samples, Will I Am, Taboo et Apl.de.ap posent leurs voix tour à tour ou ensemble. J. Rey Soul, la remplaçante de Fergie, prouve qu’elle a trouvé sa place au sein du line up qui revisite tout son répertoire. Des extraits d’autres tubes (« Time Of My Life ») servent parfois à propulser les morceaux du groupe.

Les quatre vocalistes déménagent comme des puces surexcitées. Mais lors de ce set très dansant et participatif, manifestement, c’est Will.I.Am. qui tire son épingle du jeu.

Le gratteur se prend parfois pour Jimi Hendrix, à moins que ce ne soit Alex Van Haelen. Redoutable, la frappe du batteur est sauvage, tribale même. La nouvelle chanteuse remplace très bien Fergie et mérite sa place dans ce band de fous furieux dansants. Mais rien à faire, Fergie a laissé un vide. Son image apparait sur les vidéos projetées sur les écrans. Ce qui peut accentuer des regrets, car elle était l’âme vivante du crew qui a eu l’intelligence de combiner des hits et des morceaux du dernier opus, afin d’illuminer cette soirée très latino et dansante.

En 60 minutes, entre nostalgie et découverte, on en aura eu pour son argent.

 

Setlist : « Let's Get It Started », « Mamacita », « Pump It », « Love Tonight » (Shouse cover), « This is Love, #thatPOWER, Scream & Shout », « Don't You Worry », « Girl Like Me », « Don't Stop The Party », « The Time (Dirty Bit) », « Where Is the Love ? », « Meet Me Halfway », « I Gotta Feeling » (The whole crew on stage), « Medley »

(Organisation : Lokerse Feesten)

DJ Licious + The Black Eyed Peas + Coely + Froukje + Emma Bale

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Ronquières festival 2022 : vendredi 5 août

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Depuis ses débuts, le Ronquières festival propose une multitude d'artistes en devenir, mais aussi confirmés. Il s'est d'ailleurs rapidement hissé comme une référence en la matière.

Ce week-end, ce jeune garçon fête ses 10 ans. Un âge entre enfance et adolescence. Et pour fêter dignement cet anniversaire, les organisateurs ont concocté une affiche étonnante. Cerise sur le gâteau, les festivités se déroulent sur trois jours pour en profiter davantage.

Comme toujours, la tour du Plan incliné surplombe les scènes Bâbord et Tribord. Les prestations scéniques sont rythmées par le ballet incessant des péniches. Mais pas que, puisqu'un nouvel espace ‘Bâbord club’ a vu le jour permettant à ceux qui le désirent de faire le plein de musique électronique, histoire de satisfaire les plus branchés.

L'affiche de ce vendredi est une mise en bouche, juste le temps de prendre ses repères et se laisser flâner, le vague à l'âme.

Lorsque votre serviteur arrive, Emma Peters termine son set par une cover assez timide de « Femme Like U », une compo de K-Maro.

L'auteure-compositrice-interprète-musicienne française s'est justement fait connaître en postant des reprises sur Youtube, depuis sa chambre ; essentiellement des titres hip-hop qu’elle revisite en guitare-voix (Lomepal, Luidji, …). Elle cumule des millions de streams. Parmi ses plus gros succès, « Gisèle », « Clandestina », « Magnolias for Ever » …

La donzelle, ersatz d'Angèle à deux balles, ne semble pas très à même d'assurer un show comme elle le devrait. Elle fait parfois un peu pitié en tentant de se frayer un chemin dans cette brousse qu'est le monde de la musique.

Bref, une prestation très loin d'être convaincante. Peut-être aussi que la critique n’est pas objective, vu que sa prestation n’a pas été suivie dans son intégralité...

Bâbord toute pour assister au concert de Rerywam. Le band réunit quatre beatboxers qui ont chacun leurs spécialités : Beatness (Fabien Di Napoli), Rythmind (Loïc Barcourt), Wawad (Walid Baali) et Beasty (Loïc Palmiste).

Aucun instrument sur le podium. Les lascars se contentent d'imiter et de reproduire des bruits, des sons et des musiques à l’aide de leur seule bouche. Un genre qui est apparu quelques années après la naissance du hip-hop, à la fin des seventies.

Ils sont originaires de Toulouse et disposent d'un background bien corsé puisqu’outre leur participation à la tournée de Big Flo et Oli, en première partie, ils ont été sacrés champions de France de human beatbox, en 2016, à Paris, et champions du monde à Berlin, en 2018.

Voguant entre hip hop, reggae, musique classique et électro, ils s'attaquent à tous les styles musicaux avec une facilité métissée qui surprend.

C'est un style qui interroge dans un festival comme celui-ci. Une musique qui insiste sur les poncifs du genre. C'est sympa à regarder et à écouter, mais la curiosité s'étiole assez rapidement. L'effet de surprise se dissipe et laisse place à une atmosphère plutôt casse-bonbons.

Rilès embraie. C'est un autodidacte. Il enregistre, produit et mixe tous ses projets depuis sa chambre rouennaise, accumulant plus de 300 millions de vues et 300 millions du streams sur les plateformes dédiées.

Cheveux hirsutes, le gars se pointe sur l’estrade affublé de bandes réfléchissantes.

Introduit et porté par un chant guerrier, le trublion entame son tour de chant quand, rapidement, dès les premières notes, une horde de danseurs envahissent la scène. Ils sont tous vêtu de blanc et courent, virevoltent, sautillent. Un show qui détonne et contraste au vu des prestations précédentes.

Rappeur, auteur, et interprète, Rilès compose et chante ses titres dans la langue de Shakespeare. Plutôt surprenant pour un français. Son flow est ciselé, poignant et débordant d’énergie.

Véritable oasis de fraîcheur dans cette après-midi d'une moiteur instable, la musicalité de ce jeune chanteur quasi par accident, apparaît entre nappes de synthés volatiles et batterie lancinante.

Derrière, les images défilent au gré des compos, ce qui permet d’apprécier encore davantage le show. L'esthétique est appareillée, inhabituelle et époustouflante. Elle nous plonge au sein d’un univers déjanté et féerique. Un milieu qui colle bien à la personnalité de Rilès.

L'homme est un véritable showman et ne manque pas d’humour. Il déclare que les Belges sont comme les Bretons : ils sont tous cinglés. Hilares, ces derniers prennent la comparaison à la rigolade.

Bénéficiant d’un large fanbase, cet artiste engagé s'est peu à peu tissé une solide toile dans l’univers de la musique. Une prestation intéressante pour un artiste à revoir en salle.

La température est maintenant plus fraîche et le taux d’humidité dans l’air devient de plus en plus pénible à supporter. D’ailleurs, bon nombre de festivaliers ont déjà rejoint leurs pénates. Pourtant, Orelsan et Todiefor, têtes d'affiche de ce soir, doivent encore se produire. Des prestations que votre serviteur aurait aimé assister ; mais d’une part les conditions ne sont pas idéales et d’autre part, il reste encore deux jours de festival. En outre, demain sera la journée la plus intéressante…

(Organisation : Ronquières festival)

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Emma Peters + Rerywam + Rilès

Les Gens d'Ere 2022 : dimanche 31 juillet

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Troisième volet de la trilogie. Si durant les deux premières journées, la chaleur était supportable, elle est devenue aujourd’hui quasi-caniculaire.

Votre serviteur se rend en backstage pour réaliser une interview de Cali. Motif ? La sortie de son nouvel opus en octobre. Vous retrouverez celle-ci prochainement dans les colonnes de Musiczine.

Le timing est serré. Pas moyen de rencontrer Stéphane, une jeune artiste suisse, découverte, il y a peu. Il est fort à parier que son nom risque de faire la une dans quelque temps. Quoiqu'il en soit, une interview devrait également lui être consacrée prochainement. Affaire à suivre...

Il est environ 17 heures lorsque votre serviteur file vers la scène couverte. Non pas pour s'y mettre à l’abri, mais pour y assister au set de Delta, un duo bruxellois réunissant Benoît Leclercq et Julien Joris. Ils militaient auparavant chez Meridians.

Le tandem a choisi la langue de Voltaire pour les paroles de ses chansons.

« Héréditaire » et « Le verre de trop » les ont propulsés au sommet des charts au point de les révéler. Certains des textes sont d’ailleurs signés par un Jali en forme.

Les compos se distinguent par leur aisance et leur fluidité mélodique, définissant les contours d'une approche radiophonique. Le public s'approprie certains titres, comme ce « Notre ADN » où les voix masculines se conjuguent parfaitement.

Se nourrissant de folk et de pop, Delta ‘plane’ au sein d’un environnement sucré, chaud et limpide, quelque part entre Coldplay, Souchon et Goldman. Soit un produit très populaire.

Les titres son éminemment propulsés par le besoin de conquérir un prisme le plus large possible. Ce qui donne un résultat, parfois un peu mièvre et linéaire, configuré sous la pression des maisons de disque et ce malgré quelques mélodies pop accrocheuses.

Direction la scène ouverte. Votre serviteur se plante au niveau du crash. Il y a plus de confort visuel, d'autant qu'aucune consigne n'est donnée aux photographes qui souvent doivent déguerpir dès la troisième chanson terminée.

Alors qu'il venait juste de finir de pioncer lorsque l'entretien s'est déroulé, l'ami Cali a repris ses esprits. Il est fringant comme un gardon.

C'est une valeur sûre ! Ses concerts sont toujours très animés, le chanteur communiant systématiquement avec ses disciples.

« Elle m'a dit » donne le ton de ce qui sera un entrelacs de fougue et de sincérité. Un titre qu'il dédie à son amie Dani, décédée le 18 juillet 2022.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public.

Dopé (à une substance psychotrope ??), le chanteur/amuseur ne cesse de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, « Hey les amoureux ».

Ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle, qui semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement pour ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine faire cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et invite toute la presse à monter sur le podium devant un parterre de quelques milliers de personnes pour immortaliser le souvenir d’une photo de famille puissance mille.

Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

« Lâche pas », titre ‘guest’, en attendant l'album "Ces jours qu'on a presque oubliés", figure dans la setlist, histoire de voir comment ce nouveau format est perçu. Un livre ouvert dans des moments forts vécus auprès des êtres chers, des femmes essentiellement, parties, quittées, envolées… Mais chuttt, impossible de dévoiler quoi que ce soit maintenant, les curieux devront attendre la mi-octobre pour se faire une idée du contenu.

Quoiqu'il en soit, examen réussi avec grande distinction ! Dans l'attente, il invite le public à aller voir le clip. Faut bien attiser la curiosité non ?

Histoire de satisfaire les grabataires, il a sorti de ses tiroirs poussiéreux une vieille chanson « C'est quand le bonheur ? », issue de l'album « L'Amour parfait », paru en 2003. Mais au fond Cali, c'est quoi le bonheur ? Une compo qui va fêter ses vingt piges et pourtant elle n’a pas pris une ride !

Enfilant les tubes, le Toulousain, expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies.

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui. Au fond, Cali, n’est-il pas préférable de ne pas aimer plutôt que ne plus aimer ? A méditer...

Le champ du possible de ce grand Monsieur est illimité. Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique.

Bruno Caliciuri, à l’état-civil, est un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé ! Sans oublier, un homme d’exception !

Un fan, accroché au premier rang, vêtu d'un training de couleur bleue et coiffé d'une casquette, est invité à monter sur l’estrade. C'est son anniversaire ! Et dans une cohue indescriptible, le peuple est invité à fredonner le rituel ‘Joyeux anniversaire’. L'homme s'en tire bien, timide au début, il finit par s'apprivoiser l'espace. Si bien, que Cali lui permet de rester sur le podium pour l’accompagner dans le refrain de la chanson qui suit.

Le set se termine doucement. « Je dois encore vivre », titre rocailleux, met en exergue des guitares dans un esprit pop anglo-saxonne.

« 1000 cœurs debout » sonne le clap de fin. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe. Une page se tourne, mais des pages entières restent à écrire...

Putain, quel moment de grâce ! Un concert à revivre en replay encore et encore...

Un autre artiste qu’il ne fallait surtout ne pas manquer, c'est Mustii. Avec deux ‘i’ insiste-t-il. La scène est très joliment décorée façon vintage et bariolée d'inscriptions ‘My generation’, ‘Free’, ‘A miracle’, etc. Une grande horloge y est même accrochée. Mais pas d'aiguilles, juste l'inscription ‘MUSTII’. Faudrait pas qu'on l'oublie celui-là...

Homme de scène, c'est vêtu d'un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’ et chaussé de lunettes de soleil, qu'il s'avance. A moins que ce ne soit tout simplement la nuisette de bobonne...

L'intro passée, histoire de faire monter la pression, le jeune homme, entame la chansonnette par « It's Happening Now », titre éponyme d'un second album particulièrement réussi et qui a fait couler beaucoup d'encre sur le site de Musiczine.

Une composition qui prend un sens particulier aussi, puisque le jeune artiste belge y conte l’histoire de son oncle, Michel, atteint de schizophrénie et décédé il y a une dizaine d’années après une longue souffrance psychologique. Dont acte !

Si l’elpee précédant surfait plutôt sur les nappes de synthés, ici ce sont les guitares qui règnent en maître. « Alien », « New Becoming » et « Run For Your Friend », livrés à la queue leu-leu, confirment les contours rugueux du style musical.

Une musique de mec pour les mecs qui en ont dans le falzar !  Des chansons brutes qui signent un retour aux sources et à l’enfance.

Dans un versant plus électro, « 21st Century Boy » contraste avec des relents pop électro enivrants et légers. Une compo qui s’apparente à une caresse apaisante et valorise davantage la puissance vocale du blondinet platine.

Au fil des années, Mustii est parvenu à tirer parti d'une maturité en progression constante. Si l’aspect pop subsiste en filigrane, il semble assumer davantage les références rock, new-wave tout en adoptant un son plus électrique. Ce qui donne un résultat singulièrement riche et vivifiant. Un genre qui lui va comme un gant.

Acteur, auteur, compositeur et interprète, le Belge surprend. Par la musique, la vitalité, la communion, la générosité et l'expression sonore.

Le show est rythmé par son art à maitriser les mouvements ! Dans une forme olympique, le gaillard ne cesse de courir et d’interagir avec les spectateurs, lorsqu'il ne s'improvise tout simplement pas acrobate sur les montants du chapiteau (ou plutôt du ChapitO). De quoi donner des frayeurs aux assureurs...

Grâce à son physique de jeune premier, il semble trouver auprès des gonzesses une certaine empathie.

Thomas Mustin maîtrise parfaitement les codes de la scène, c'est indéniable. Ses prestations sont toujours extrêmement théâtralisées, stylisées et millimétrées. Mais en jouant un personnage à outrance, ne risque-t-il pas de dénaturer l’âme du show ? Même, s'il s'essaie à garder une certaine spontanéité, il s'installe malgré tout dans la chorégraphie, laissant trop peu de place à l'intuition et à la liberté d'action. C'est vraiment dommage !

Soudain, Thomas lance un appel à travers « Give me a hand », un morceau caractérisé par son refrain entêtant. Une chanson fédératrice, imprimée sur un tempo entraînant. Une manière délicate d'entamer cette quête ultime de rédemption en vue d’exorciser ses vieux démons. Puisse-t-il y parvenir enfin !

Responsable de chansons intelligemment réalisées, interprétés et soignées, l’excité de service prend les rênes de cette soirée en s'imposant. Il se dévoile pour la seconde fois aux Gens d'Ere lors d’un concert d'une rare intensité.

En quelques années seulement, le répertoire de Mister Mustin s’est enrichi. Entre rock et clubbing ses compos sentent bon la vie et l'urgence. Ce gars est littéralement taillé pour la scène !

Caractérisé par son tempo frénétique, « Skyline » souligne une quatrième de couverture réussie, signant au gros marqueur noir ce qui a toujours été une évidence : Mustii est un artiste à part entière.

Même s'il se détache difficilement des poncifs du genre, il acquiert ses lettres de noblesses en dispensant une musique qui plaît parce qu'ambassadrice de bonne humeur.

Mustii, caméléon s'adapte et s’enivre de tout ce qui l’entoure. Cheville ouvrière du touche-à-touche, ce soir, il a été parfait.

Le soleil prend doucement la poudre d'escampette. Le vent souffle comme pour effacer tous ces souvenirs. Christophe Maé s'invite.

Icône de la pop et de la chanson française ‘un peu facile’, ses albums revêtent des couleurs assez différentes, oscillant du blues à la soul en passant par le jazz.  

Après quelques minutes d’écoute, sa voix rauque commence à casser les oreilles de votre serviteur. En outre, le show est mielleux et linéaire. La dynamique qui, jusque-là, s’était installée, est rompue.

Maé chantait « Il est où le bonheur ? ». Pour votre serviteur, il n’est certainement pas ici !

Trois jours aux Gens d'Ere et des étoiles pleins les yeux, l'édition 2022 a une fois de plus tenu ses promesses.

A l’année prochaine !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Delta + Cali + Mustii + Christophe Maé

Suikerrock 2022 : vendredi 29 juillet

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Changement de site pour cette nouvelle édition. On passe de la grand place (conviviale mais exigüe) à une véritable aire de grand festival, au pied de la raffinerie tirlemontoise. Après le concert de Zucchero la veille (NDR : quand on vous parle de sucre…), et ceux de Chemicals Brothers et Tom Jones, les deux jours suivants, place à une belle affiche bien rock, ce vendredi soir.

L’organisation s’est bonifiée, elle aussi. Dès la sortie de la gare, des navettes de bus permettent de rejoindre le site en une dizaine de minutes. On appréciera la gratuité des parkings et de ces bus, comparé à des festivals de grande ampleur, comme Werchter. Le nouveau site est impressionnant. Une première découpe met en exergue une grande roue illuminée et une scène sur laquelle les DJs et clubbers se succèdent (c’est devenu à la mode) et où un bon tiers de la foule se masse en permanence. Sur la deuxième, kots de nourriture, boissons, et autres stands des sponsors attirent aussi la foule, et proposent notamment des places assises. Et enfin, tout à gauche, se dresse le podium sur lequel trois groupes vont se succéder ce soir.

Cette soirée débute peu après 20 heures par Therapy ? ‘What else ?’ serait-on tenté d’écrire, tant les fervents Irlandais ont le don de mettre le feu aux planches et l’ambiance dans la foule, toujours le sourire aux lèvres et en balançant leurs traditionnels riffs noisy. C’est par « Nausea », single d’ouverture d’un de leurs premiers albums (NDR : « Nurse » sorti en 1992, qui recèle aussi le single « Teethgrinder » joué aussi ce soir), que le band ouvre les hostilités. Très vite, et tout particulièrement dès « Stories », l’ambiance monte d’un cran (et ne redescendra plus). ‘We help each together’ insiste le leader Andy incitant l’auditoire à reprendre les refrains en chœur. La reprise de Joy Division, « Isolation » puis « Diane », à nouveau scandé par la foule, peut le conforter. Au beau milieu de « Potato Junkie », les comparses du drummer lui demandent :  ‘Nell, let drum like a motherfucker’. Et aussitôt il s’exécute à travers un solo de batterie. Les singles s’enchaînent et le set s’achève en force par « Die laughing », « Nowhere » et « Screamager » avant que le band ne recueille une salve d’applaudissements méritée.

White Lies est une formation rompue aux festivals, en Belgique. C’est donc avec plaisir qu’on la retrouve dans un cadre (un peu) plus restreint. Même recette pour eux aussi, Harry déboule tout sourire comme un jeune premier sur le podium. Et le combo attaque directement par son plus grand tube, « Farewell to the fair ground », enchaînant par les envolées de « There goes our love again ». Avant de traverser une période au cours de laquelle il s’égare dans la banalité, illustrée notamment par les titres issus du dernier opus sortis en 2022. « Am I really going to die » et « I don't want to go to Mars » passent plus difficilement, peut-être aussi par manque de recul par rapport à ce récent elpee. En fait, bien que toujours agréable à écouter sur disque et à voir en concert, le band londonien a toujours du mal à nous épater, à faire sortir l’une ou l’autre étincelle de ses concerts. A l’instar du final « Bigger than us » ; car il aurait été préférable qu’il soit transcendant plutôt que bien maîtrisé.

‘The Circus never dies’ scandait quelques heures plus tôt White Lies. On serait tenté d’utiliser le même slogan pour qualifier les prestations de The Sisters of Mercy. Qu’écrire encore sur un band qui n’est plus que l’ombre de lui-même depuis bien longtemps. A l’image des deux guitaristes multipliant les longues poses et autres mimiques durant le show ; et qui nous font regretter les originels Wayne Hussey et Craig Adams. Pourtant, ce soir, l’ensemble de la prestation est moins catastrophique qu’à l’accoutumée. Comme c’était déjà le cas lors des deux récentes soirées à l’Ancienne Belgique, des titres inédits vont étoffer la set list. Et presque faire oublier que le dernier des trois albums studio date de plus de… 30 ans ! Le ténébreux leader Andrew Eldritch semble de bien bonne humeur multipliant les interventions auprès du public. Et si elles sont brèves, c’est plutôt rare dans son chef. Sa voix ne semble plus défaillir, remballant même son backing vocal à un moment de la soirée. Ce qui confère un caractère un peu plus sympathique et enjoué au show. Même s’il valait mieux être dans les premiers rangs pour s’en apercevoir. Car les traditionnels fumigènes et lumières sombres lardés de spots projetés depuis l’arrière de l’estrade n’offrent que peu de visibilité. Était-ce une exigence du groupe ? En tout cas, aucune image vidéo n’est diffusée ; dès lors, les écrans géants ne projettent que des images sans intérêt tout au long du show (NDR : des extraits de mangas et séries B des années 80). Au niveau de la set list elle ne varie guère des autres dates de cette tournée. On épinglera la trilogie « Alice », « Giving ground » et « Marian » en interlude qui réveille le public et déclenche quelques pogos au sein du noyau dur des fans, dans la fosse. Une large place est laissée au troisième opus (NDR : « Vision Thing », le moins bon des trois, selon l’humble avis de votre serviteur), qui souffre d’accès plutôt métalliques, dont « More », « Doctor Jeep » et « Detonation Boulevard ». En final, l’inévitable « Temple of Love » puis « This Corrosion » déclenchent les derniers pogos. Le public, composé largement de milliers de fans quadras (voire quinquas), toujours conquis d’avance, semble avoir apprécié un show moins pathétique que de coutume.

(Organisation : Suikerrock)

THERAPY ? + WHITE LIES + THE SISTERS OF MERCY

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Les Gens d'Ere 2022 : samedi 30 juillet

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Seconde journée aux Gens d'Ere. Les conditions climatiques tiennent leur promesse. Le ciel est d'un bleu azur. Ce qui semble plaire au public qui préfère la bronzette sur les transats installés partout sur le site. Il y a comme un air de Saint-Trop', le côté prout-prout en moins. Car ici pas question de se prendre au sérieux, la détente est au centre des débats.

Cette seconde journée est essentiellement placée sous le signe des covers. Pour schématiser, c'est le terme employé lorsqu’un groupe réalise une nouvelle version d'un morceau obtenue à partir d'un original.

Ce genre de groupes fleurit. Si certains font preuve d'une technique musicale affutée, d'autres jouent comme des ‘clettes’. Mais, vu la notoriété du festival, les artistes qui se produisent font largement partie de la première catégorie.

Coverqueen s'est désisté la veille au soir pour cause de maladie au grand dam d’une bonne frange qui a fait la file uniquement pour assister à cette prestation. De source sûre, il semblerait que l'origine de cette défection soit plutôt fallacieuse... Mais, on n’est pas ici pour balancer !

Que le peuple se rassure, Achtung Babies prendra le relais. Il s'agit d'un des meilleurs groupes de reprises. Foi de festivaliers, la prestation qu'il va livrer pourrait rendre jaloux Bono himself.

La soirée s'est terminée par le mythique Mister Cover. Un band qui nous bassine les oreilles depuis des années en refourguant les mêmes chansonnettes à deux balles. Bref, même si c'est à vomir, ça attire du monde. Tant mieux pour les organisateurs. Et pour ceux dont la curiosité musicale s’arrêté à NRJ ou Radio Contact. Dont acte !

Aussi, le seul désir de votre serviteur sera la prestation de Lemon Straw, une formation drivée par le charismatique Gianni Sabia.

Le gars, longs cheveux huileux, poils sur la face, est plus en forme que jamais alors qu’il achève une tournée de plusieurs mois.

L'origine du patronyme est relativement iconoclaste. Lemon Straw pourrait se traduire par une paille et un citron. Celle-là même que Gianni servait quand il vivait à New York et travaillait dans un bar pour vivre. C'est aussi là-bas qu'il a vécu ses premières expériences scéniques en chantant des reprises dans le métro ou en rue.

Ce soir, il est accompagné par Grégory Chainis (basse), Boris Lori (Steel) et Martin Moreau (batterie).

Sabia a failli voir ses rêves se briser en 2017, suite au départ du claviériste Xavier Bouillon (qui avait lui-même déjà remplacé Renaud). S'ensuit une période de doutes et de remises en question. L’idée d’un projet solo a même traversé l’esprit du frontman.

L'arrivée de Greg (on a pu le voir au sein de plusieurs groupes qui sévissent dans la région) et de Martin (Minga Wash, Feel) a vraiment permis au combo de prendre un nouvel essor et d'insuffler une nouvelle énergie dans l'orientation musicale.

Boris est coiffé d’un béret à la Bourvil. Il est assis, guitare steel sur les genoux. Parois, il cale un harmo entre les lèvres.

C'est par un « I can't blame you » que les festivités commencent. Un titre issu d'un dernier LP intitulé « Puzzle », paru début mars 2020 ; soit juste avant le premier confinement. Et les confinements successifs ont malheureusement pesé sur la promotion de ce format.

« What's going » prend le relais. Une compo qui permettra au leader, gratte noire en bandoulière, d'explorer toute l'ampleur de ses vocalises chaudes et puissantes. Un instrument qui représente le prolongement de son âme. Une compagne, non pas en chair et en os, mais en bois et en nylon.

Martin est dans une forme resplendissante. Il se murmure qu'il ne va pas tarder à se mettre torse nu. « Out of time » s'immisce alors dans les portugaises des aficionados. Un single imparable issu de « Running Home », un disque constituant un virage important dans le line-up du combo par rapport au premier essai (plutôt réussi) « See You On The Other Side ». En tout cas, une prise de risque qui n'a pas désarçonné les fans de la première heure.

Perlant de sueur, le drummer n'a d'autres choix que de se désaper le haut de son anatomie pour laisser entrevoir un corps sculpté comme un Dieu. Et sous le feu des cris orgasmiques des pucelles présentes en nombre et de quelques mâles déjà bien imbibés (rappelez-vous, il fait chaud).

Hanté par une carrière professionnelle à l'usine dont il se sait à jamais éloigné, l'Italien se déchaîne. Il frappe ses cordes hargneusement et avec une conviction profonde. Entre folk, rock, blues et pop, sa musique reste sans doute le meilleur exutoire pour oublier les affres du passé.

Il s'agit de la dernière date de la tournée. Une parenthèse qui lui permettra de préparer l’enregistrement d’un nouvel elpee. Profitant de ces derniers instants de gloire, la formation donne ce qui lui reste d’énergie et l'offre en guise de cadeau au public fidèle depuis les premières heures.

Un set taillé dans le rock ! « Kick Me Out » permettra à Boris de sortir de sa léthargie. Harmonica en bouche, il livrera une prestation haute en couleurs. Chapeau bas (ou plutôt béret bas) !

Les titres s'enchaînent sans laisser de temps mort. « Which Side Are You » et son versant rock et rageur vient renforcer un peu plus encore cette atmosphère électrique.

Le show tire doucement à sa fin. Malheureusement ....

Le puissant « Run » sera la cerise sur le gâteau lors d’un bridge acoustique avant de reprendre de plus belle en fin de morceau, démontrant une fois encore le côté fédérateur du combo.

Un show du tonnerre.

Dommage que des titres plus gracieux comme la chanson éponyme du premier LP qui raconte une histoire sur l’amitié, n'ait pas été interprétée. Une compo qui figurera aussi sur l’album paru en 2015, mais en bénéficiant d’arrangements plus soyeux. Une ballade douce et amère écrite pour l'arrangeur et musicien multi-intrumentiste bruxellois Renaud Lhoest (Yann Thiersen, Pierre Rapsat, Dominique A), parti trop tôt (en 2014) des suites d'une longue maladie dont il souffrait depuis longtemps.

Son âme planait quand même quelque part aujourd'hui aux Gens d'Ere. De là où il est, il est peut-être fier du chemin parcouru par son ami de longue date.

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Achtung Babies + Mister Cover + Lemon Straw

Les Gens d'Ere 2022 : vendredi 29 juillet

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Ce qui n'était qu'un prétexte à faire la fête entre quelques amis du village est devenu aujourd'hui un événement qui dépasse les frontières de cette petite bourgade de la région de Tournai.

Aujourd'hui, Les Gens d'Ere sont devenus... légendaires ! Chose peu commune, cette confrérie a su garder cet esprit de simplicité et de camaraderie propres à sa culture. Ici, pas de chichis : un stand VIP réduit à sa plus simple expression, des pintes à seulement deux euros et une équipe de bénévoles passionnés qui œuvrent dans l'ombre depuis plusieurs mois déjà.

Pour cette énième édition, le site est plus aéré. Deux scènes se côtoient, l'une couverte baptisée ‘La ChapitO’ (avec un grand O svp !) et une autre outdoor, ‘Plein Ere’. Elles proposent en alternance un line-up cohérent, laissant aussi quelques minutes à la horde de festivaliers pour se frayer un chemin de l'une à l'autre sans devoir essuyer les coups de coude. Un détail qui peut se révéler réconfortant !

Si le soleil est effectivement au rendez-vous, il a l'intelligence, cette année, de nous épargner de ses rayons. Il fait bon vivre, de quoi se réjouir davantage de ce week-end prolongé.

Gwen Vanzeveren, président des Gens d’Ere et son team ont gardé la formule de trois jours. Pourquoi changer un modèle qui gagne ? La première journée est essentiellement destinée aux (re)découvertes à travers une programmation belge, la seconde est plutôt consacrée aux covers et enfin, celle qui clôt le festival touchera un public plus éclectique. Quoiqu'il en soit chacun y trouvera son compte !

Votre serviteur met le cap, en cette fin d'après-midi, vers le ChapitO. Ykons s'y produit. Déjà l'année dernière, il avait honoré de sa présence ce bien bel endroit champêtre.

Le groupe liégeois réunit Renaud, Yann, Patrick, David et Ben. Il s’est formé il y a pas mal de temps, mais sous un autre patronyme : 'Can D'. Le succès n'étant pas au rendez-vous, il décide de repartir d'une page vierge et choisit un autre signature.

Ce chemin initiatique se produit en 2019. La formation grave un premier elpee la même année, « Reflected ». L’ascension prend forme. Après quelques dates de concerts, accordés ci et là, elle finit enfin par se forger un nom dans le milieu. On connaît la suite : de nombreux festivals, une reconnaissance médiatique et populaire.

C'est « Sequoia Trees » (un message entre l’homme et la responsabilité qu’il a vis-à-vis de tout ce qui l’entoure), publié en 2020, enregistrant 7 000 passages et plus de 400 000 streams, qui lui permet d’acquérir une aura nationale. Les diffusions radios sont de plus en plus nombreuses. Ykons marque alors l'histoire de la musique, de manière indélébile.

Le quintet revient d'une tournée au Japon où les musicos ont ingurgité des tonnes de sushis. Ils sont manifestement heureux de se retrouver en terre sainte. Et si c'était l'occasion de becter des frites mayo ?

Ils sont habillés tout de noir, ressemblant, à s'y méprendre, à des croque-morts.

Debout face aux floortoms posés devant la scène, le frontman et un de ses comparses prennent le pouvoir en martelant avec force et conviction les peaux, pendant que la guitare post-pop aérienne et légère s’envole et que la basse vrombit dans les frontaux en transperçant les corps plantés devant les barrières.

C'est très vif et entraînant. Le public s'emporte et les muscles, jusque-là statiques, sont pris de mouvements saccadés au gré de cette rythmique un brin poussive. Et s’il s’agissait du syndrome Gille de la Tourette ?

Renaud Godart a marqué là au fer rouge une intro pour le moins percutante.

Il y a chez Ykons une filiation qui brosse de Coldplay à Editors en passant par Imagine Dragons. A la fois auteurs, compositeurs, producteurs et directeurs artistiques, les musiciens communiquent leurs influences dans chacune des chansons. Un mélange hybride qui définit bien la ligne artistique du clan.

Avec des fondements de positivisme et d'une expression sans complexe, chacun joue de manière décontractée, presque à l'intuition, la fluidité du set se révélant une de leurs forces.

Les compos ressemblent à un livre ouvert comme sur "Have a Great Crash", retraçant l’accident dont a été victime le bassiste du groupe.

Grâce à une expression sonore bien dans l'air du temps, le groupe s'approprie les racines du genre et en extrait la quintessence pour accorder une prestation étonnante poussant les uns et les autres à vivre dans cette communion solennelle (Darwin).

C'est techniquement époustouflant, humainement enrichissant et musicalement céleste. Un groupe qui signe le retour à de la bonne musique comme sur ce « Red light », nourri à l’indie-pop et coloré de touches électro.

Il y avait bien longtemps que votre serviteur n'avait pas vu et entendu pareille énergie lors d'un concert. Ykons est parvenu à offrir un show diabolique entre sueur, adrénaline et surprises et a montré qu'il possédait toutes les cartes pour emmener avec lui les plus fidèles dans un tourbillon insensé. Sa seule limite étant l'imagination !

Les plus jeunes se ruent maintenant vers la scène ouverte pour y entendre Kendji Girac, un chanteur et guitariste français, surtout connu pour sa participation à la saison 3 de ‘The Voice’ : ‘La Plus Belle Voix’ en 2014.

Le gars connaît le succès dès son premier titre, « Color Gitano ». Il a depuis publié quatre albums, dont un ‘live’.

Mêlant astucieusement pop et flamenco, le gitan se présente chemise blanche ouverte, laissant apparaître un torse qui plaît aux jeunes femmes hystériques. Faut vraiment peu pour faire des heureuses !

Quelques secondes suffisent à votre serviteur pour lui dicter l'envie de rebrousser chemin. C'est sans intérêt, insipide, incolore et inodore, hormis pour la horde de jeunes pucelles qui se sont entassées, frissonnantes, contre les barrières pour se farcir les élucubrations du gugusse.

En attendant, une grande table se dresse sur l'estrade du ChapitO. On y a posé un tas des platines. Normal, puisque va s’y produire Henri PFR. Un jeune gaillard actif dans le milieu de la musique électronique.

Si, dès l’âge de six ans, il poursuit durant neuf longues années une formation classique de piano et étudie le solfège, c'est véritablement vers l’âge de quatorze ans que le jeune Henri commence à s'orienter vers la musique électronique.

Si le genre ne séduit a priori pas votre serviteur, il est important de s'ouvrir à toute forme de culture musicale. C'est donc derrière l'ingé son, au milieu, qu’il se plante. Faut dire que l'abri est plein à craquer, toutes générations confondues d’ailleurs.

Surnommé ‘le petit prince des platines’, il s’est imposé comme la nouvelle sensation de la scène électro made in Belgium.

Mais pas que, puisque ses titres l'ont amené à s'ouvrir vers l'international. Aujourd'hui, il se transporte au gré des festivals ; depuis Tomorrowland, où il revient chaque année, en passant par l'Ultra Music, Lollapalooza et même Electroland, à Disneyland.

Aux Légendes d'Ere, l'artiste tient ses promesses. Un show dynamique et sans concession où la seule constante est la flexibilité de son matériel.

Entre ‘beatmatching’, ‘drop’ ou encore ‘cue’ (des termes propres à ce genre musical), survitaminé, celui qui se produit au-delà de nos frontières, se livre…

Les titres tels que « Flames » ou encore « I love you baby », entre mix et mashup (Abba, Coldplay ou encore les Daft Punk) s'enchaînent à en donner le tournis, au sein d’un décor riche en prouesses pyrotechniques.

Aucun doute, Mister Peiffer était le king ce soir en s'imposant non pas comme nouvelle sensation, mais en talent confirmé.

Une première journée faite de belles découvertes. Que nous réserve la suite ?

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Ykons + Kendji Girac + Henry PFR

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