Air Waves, c’est le projet de Nicole Schneit, dont le cinquième opus, « The Dance », paraîtra ce 9 septembre 2022. Enregistré aux studios ‘Figure 8’ à Brooklyn, NY, cet elpee a bénéficié du concours de Skyler Skjelset (Fleet Foxes, Beach House), Luke Temple…

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Claire Days est une jeune autrice-compositrice-guitariste lyonnaise. Après deux Ep autoproduits, elle publiera son premier LP cet automne 2022, un album indie folk teinté de rock qu'elle a enregistré dans différents appartements et chambres - le plus souvent…

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Dour Festival 2017 : mercredi 12 juillet

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C’est reparti pour cinq jours de folie sur la plaine de la Machine à Feu. Vers 13h, le pass est récupéré, et direction ‘parking’. Après avoir accompli un détour de près d’une demi-heure pour atteindre cette aire, il faudra encore faire la file pendant près d’une heure avant de pénétrer dans l’espace de stationnement. Décidemment, le parking sera bel et bien au centre des débats, lors de cette édition 2017. Pour le pire malheureusement. Et ce n’est pas fini, car il faudra encore patienter près de 45 minutes avant de commencer à planter la tente. La nouvelle configuration n’est pas idéale du tout…

Bref, après avoir pris un bref apéro, bien mérité, cap vers la Machine à feu. Aujourd’hui, ce sont deux pointures du rap francophone qui vont se succéder de 20h45 à 22h45. VALD ouvre la voie sur la Main Stage. C’est la deuxième fois d’affilée qu’on le retrouve à l’affiche ; et à nouveau, il va réussir à convaincre ses fans. Tout le monde est frais le premier jour, c’est peut-être plus facile de secouer le public ; mais quand même… L’ambiance est déjà excellente et donne le ton pour le reste du festival. Sous un ciel bleu, le petit gars enchaîne ses titres avant de céder la parole à son pote Damso.

Il faut simplement se rendre en face, devant le podium de la Jupiler Boombox. Et l’ambiance monte encore d’un cran. Le chapiteau est surpeuplé. Le public, survolté. Le Bruxellois est une des étoiles montantes en Belgique, et ses punchlines ont même traversé les frontières. « Bruxelles Vie » et « Débrouillard » sont évidemment deux moments forts du show. En outre, même si c’était plus que prévisible, le public s’enflamme lorsque son ami VALD le rejoint sur l’estrade pour interpréter « Vitrine », une chanson issue de leur collaboration. Un concert de qualité, sans aucun doute !

M.I.A débarque alors sur la Main Stage. La Sri lankaise est très attendue… Mais elle va décevoir. Son set sera sans âme et téléguidé de A à Z, jusqu’au rappel, « Paper Planes ». Les réactions sont unanimes ou presque : on vient d’assister à un des plus mauvais concerts du festival. Les organisateurs doivent s’en mordre les doigts, surtout que la jolie brune ne doit pas se déplacer pour trois bières et un pain saucisse…

La soirée s’achève à 2h, après le set d’un gars venu tout droit de Bristol : Vandal. Le co-fondateur du célèbre Soundsystem Kaotik propose de la techno pimentée par quelques touches Reggae et Rave Music. De qui terminer ce mercredi (jeudi ?) sur une note plus positive…  

Le premier jour à Dour constitue toujours une forme d’amuse-gueule. Il permet aux festivaliers de s’installer en début d’après-midi, de se réunir autour d’une bière avant de profiter de quelques concerts le soir. Un début en douceur qui sera suivi par quatre jours de folie. C’est parti !

(Organisation : Dour festival)

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Cactus 2017 : dimanche 9 juillet

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Le soleil sera toujours au rendez-vous tout au long de cette troisième journée du festival. Et si elle semble la plus intéressante, il y a moins de monde que les deux jours précédents. On y croise de nombreux enfants, souvent grimés, qui vont à la chasse aux gobelets vides, afin de les échanger contre un tee-shirt à l’effigie de l’événement. On croise même l’un ou l’autre édile politique, au sein de la foule. Bref, l’ambiance est on ne peut plus conviviale.

Et notre journée commence par The Temper Trap, un groupe australien établi à Londres. Le quatuor pratique une sorte de britpop, fortement influencée par Coldplay et U2. Même que le guitariste soliste semble parfois hanté par The Edge. Les compos sont, en général hymniques, et parfois contagieuses. Et puis le chanteur, Dougy Mandagi, possède une voix puissante, dans un registre proche de Ian Astbury (Cult). Parfois, et c’est plus intéressant, l’expression sonore se révèle plus élaborée, presque prog, moment choisi par le batteur pour démontrer toute l’amplitude de son drumming. On aura même droit à un instrumental terriblement excitant, réminiscent du « Papa's got a brand new pigbag » de Pigbag voire de la house mancunienne pratiquée par A Certain Ratio, à une certaine époque, mais sans les cuivres. Et le set de s’achever par l’euphorisant « Sweet Disposition »… et en effet, sans casser la baraque, ce concert nous a mis dans de bonnes dispositions pour la suite de la journée…

Local Natives a davantage mis l’accent sur le r&b et l’electronica, tout au long de son dernier opus. Mais lors de ce set, le groupe californien a eu le bon goût de ne pas négliger les guitares, pour autant. Il y en a moins, mais il y en a encore. Bien sûr, sa musique est de plus en plus alimentée par les claviers, à l’instar de nombreux groupes contemporains, qui squattent les stations radiophoniques. Mais, d’abord le tempo est toujours bien soutenu (NDR : ce drummer l’imprime à une cadence infernale) et puis les harmonies vocales sont absolument superbes, limpides, parfois réminiscentes des Beach Boys. Quant à l’expression sonore, elle navigue plutôt entre Fleet Foxes et Talking Heads, une sorte de pop West Coast aventureuse qui a véritablement brillé tout au long de « Wide Eyes » et « Airplanes ». En finale, le quintet californien nous a réservé un titre d’abord lancinant, mais dont l’intensité va monter en crescendo, un peu comme chez Sonic Youth. Et dans ce registre, c’est le pied !

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Sophia, c’était en 2004, au Grand Mix de Tourcoing. Soit à l’époque de la sortie de l’album, « People are like Seasons ». En 2006, Robin Proper-Sheppard avait également accordé une interview à votre serviteur, soit avant la publication de l’elpee, « Technology won't save us ». Depuis, le groupe a publié deux autres long playings, dont « As We Make Our Way (Unknown Harbours) », l’an dernier. Paradoxalement, la set list va privilégier plusieurs plages issues de « Fixed waters », un opus gravé en 1996 ! A l’instar de « So slow », « Are you happy now » ou « When you’re said ». Mais aussi, des compos qui figurent sur ses autres long playings, dont bien sûr, son dernier. Outre Robin, partagé entre la gratte électrique et la sèche, le line up implique deux autres guitaristes, dont l’un d’entre eux est le plus souvent assis, et double régulièrement aux claviers, un bassiste et un drummer. La frappe de ce dernier est étonnante. Elle est percutante, mais faussement lente, pour bien épouser le rythme des compos. Le début de set est plus ou moins paisible. Robin y privilégie la guitare acoustique ; mais progressivement les morceaux se chargent d’intensité, même les ballade lancinantes, aux sonorités bringuebalantes, tintinnabulantes, pour atteindre leur summum, lors des deux derniers morceaux, et tout particulièrement l’incontournable « The River song » (NDR : ce titre figure sur l’album « The Infinite Circle », paru en 1998) dans un déluge d’électricité psychédélique. Les musicos sont alors en transe, et dans l’esprit de votre serviteur, le spectre d’Echo & The Bunnymen du tout début des eighties, se met curieusement à planer. Le sommet du festival Cactus, pour l’édition 2017 !   

Maarteen Devoldere, le chanteur/compositeur de Balthazar a donc décidé de monter un projet parallèle, Warhaus, auquel participe Sylvie Kreusch, également chanteuse chez Soldier’s Heart. En live, le line up est renforcé par Jasper Maekelberg, qui milite au sein de Faces on TV, et du batteur de Balthazar, Michiel Balcaen. Sylvie est montée sur une petite estrade. Elle porte une tenue légère, à travers laquelle elle laisse transparaître des dessous sexy ; mais que recouvre un manteau de couleur rouge… largement ouvert. La musique proposée est plutôt atypique, un peu comme si elle était née de la rencontre entre celle de Nick Cave et de Serge Gainsbourg. Maarteen chante d’une voix très particulière, joue de la guitare, du melodica ou de la trompette. La voix de Sylvie est plutôt sensuelle. Le band déstructure les rythmes africains tout au long de « Love’s a stranger » et « The Good lie ». « Memory » évoque davantage Balthazar. Mais, non, le public a beau s’enthousiasmer, votre serviteur a du mal à accrocher. C’est trop kitsch à son goût. Un point positif à souligner quand même, l’originalité du light show ; et pour cause en arrière-plan, sur d’immenses panneaux, sont disposés des carrés renversés qui laissent percer des faisceaux lumineux, majoritairement dans les tons rouge orangés et qui forment parfois des étoiles.

Explosions in The Sky est aujourd’hui considéré comme l’archétype du groupe post rock. Parce qu’il en manifeste toutes les qualités, mais aussi les défauts. Par rapport au style menaçant de Mogwai ou richement texturé de Godspeed You Black Emperor, celui du band texan peut se révéler épique et majestueux, mais aussi souffrir de nombreux clichés. Bref, on reproche surtout au quintet, un manque d’évolution. Pourtant, sur l’estrade, les 5 musicos se démènent comme de beaux diables. Le plus souvent sous l’impulsion des 3 guitares. Perso, j’estime que ce type de musique gagnerait en se servant de projections. L’absence de chanteur limite toute attitude charismatique. Alors pourquoi ne pas y avoir recours, en rendant l’expression sonre encore plus visionnaire ? Sans quoi, le set s’est révélé de bonne facture, sans le moindre accroc, et s’est achevé dans un tourbillon apocalyptique, sous les lights, dont les stroboscopes, de plus en plus aveuglants…

Goose est issu de Courtrai. Son style ? L’électro/rock. Il a publié son dernier elpee, « What you need », l’an dernier. Mélodique, son style lorgne à la fois vers Depeche Mode et Bonzai. Mais sa musique est avant tout dansante. Programmé en finale du festival, le quatuor a ainsi littéralement mis le feu au Minnewaterpark qui s’est rapidement transformé en immense piste de danse, inondée par un light show éblouissant, dans tous les sens du terme. Les milliers de festivaliers ont ainsi fait la fête, levant les mains en l’air dans un même élan, et personne n’a eu envie de quitter le site, avant la fin du show…

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)


LaSemo 2017 : dimanche 9 juillet

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En ce dernier jour du LaSemo, les conditions estivales demeurent. Il devrait pleuvoir seulement en toute fin de nuit. Une aubaine pour les organisateurs !
La plaine est un peu plus clairsemée que la veille. Est-ce une faute de goût dans la programmation ?
Quand on croise les quelques festivaliers rencontrés les jours précédents, on remarque qu’ils ont tous des yeux gonflés et que leur peau tire sur le jaune. La fatigue commence à opérer !
Le site est d’une propreté à faire pâlir un Dour Festival. Faut dire que les bénévoles travaillent d’arrache-pied afin de l’entretenir. Et le public est fort différent, plus propre, plus familial, plus respectueux aussi ! Si ici, le peuple recherche avant tout un moment de détente, dans le second cas, c’est nettement le côté découverte et festif qui prime.
Votre serviteur est nettement moins tenté par le menu proposé aujourd’hui ! Faute avouée est à moitié pardonnée.

Un nom m’attire particulièrement : celui de Barcella. Je ne sais trop pourquoi, mais je me dirige vers la petite scène où un bon millier de personnes sont rassemblées.

Très impressionnant, le gaillard est vêtu d’une chemise longue en flanelle, et coiffé d’un bonnet en laine. Il en a du courage, alors que le soleil frappe durement sur Enghien. Il perle de sueur tout comme les festivaliers d’ailleurs (NDR : mais eux ne portent que le minimum syndical).

Homme de scène, il a décroché plusieurs prix émérites : championnats de France de Slam Poésie, prix Jacques Brel de Vesoul, récompense auprès de l'académie Charles Cros, pour son spectacle ‘Charabia’, etc.

Très à l’aise sur l’estrade, il jouit d’une longue expérience, puisqu’il a notamment assuré le supporting act de Jacques Higelin, Francis Cabrel, Sanseverino, Cali, Tryo, Zebda ou encore Thomas Dutronc.

Mathieu Ladevèze, à l’état civil, est un amoureux de la langue de Voltaire. Il aime le mot, le détourne de son contexte, l’utilise comme matière première, le façonne, l’envie, l’élève, le fait grandir, trie le bon grain de l’ivraie, avant qu’il ne renaisse dans chacun de ses textes, sur une musique dont la poésie moderne colle parfaitement à la chanson française.

Une évidence ! La seule. Il propose un ‘live’ où n’ont droit de cité que l’humour et la joie de vivre. Le gaillard rend festif ses propos, les malmènes, les triture, les enjolive parfois sans tomber dans la mièvrerie. Les seuls maîtres mots : bonheur et onirisme !

Cataloguer cet artiste de bouffon serait lui faire honte. C’est plus que ça. Bien plus ! Toujours en recherche d’exigence et d’inédit, sa conception musicale est concise et précise, entourant des jeux de mots percutants et réfléchis, tout au long d’un flow soutenu par des textes rageurs et affûtés, qu’il dispense en manifestant une autodérision majeure et éphémère.

Son énergie est contagieuse. Il passera d’ailleurs la moitié du concert sur le toit du piano d’un de ses musicos. Faut croire que le matos est solide. Ce type est vraiment déjanté.

Moment fort du spectacle, lorsque dans un élan de courage, il adresse un message au public féminin venu en masse. Lors d’un discours éloquent, il rend hommage aux… salopes. 

Mais pas misogyne pour un sou (selon ses propres dires), il sous-entend par là, les maladies, les catastrophes, etc. Bref, toutes ces saloperies qui nous empoisonnent la vie et qu’il qualifie ainsi…

Le public, pris au jeu, scande de plus en plus fort, cette expression rendue vulgaire aux oreilles des plus jeunes, présents eux aussi. Alors, pour faire passe la pilule (le politiquement correct est de mise), il insiste pour la transformer en ‘escalope’. C’est plus doux, certes, mais l’essence même a perdu de son intensité et de sa crédibilité…

Après une heure d’une jolie parenthèse inattendue, à bâbord toute ! A une centaine de mètres de là, se déroule un spectacle tout public. Intitulé ‘Voyage en bordure du bout du monde’, il narre les aventures du philosophe Sophocle.

Curieux, je prends place au milieu d’une ribambelle d’enfants bouches bées. Nous nous retrouvons tous au cœur d’une histoire qui traite de clowneries, tragédies et magies noires. Plutôt sympa comme expérience !

Entrons ensuite à l’intérieur du château. C’est un vieux bâtiment et il y fait bien frais ! Un showcase y est à nouveau organisé ! Surprise, c’est à nouveau Barcella qui s’y produit.

Que faire ? Je décide de rester ! L’air est frais et une hôtesse vient apporter aux convives une coupe de champagne. Comment refuser ?

L’angulaire est quelque peu différente. D’un concert accordé devant un millier de personnes, le gars se retrouve prostré face à un petit parterre réunissant à peine trente convives triés sur le volet.

Le set est davantage acoustique, le drummer n’a emporté qu’une grosse caisse, une caisse claire, un charley et une paire de balais. Chauve, le claviériste se sert d’un synthé moins sophistiqué. Pas question de s’y poser !

Mathieu en profite alors pour entamer un tour de chant, privilégiant les compos non abordées précédemment et celles qui ont fait le succès festif que l’on connaît.

L’énergie est forcément plus contenue ici, l’environnement affiche ses limites ! Mais, de nouveau, ce concert est de très bonne facture.

Virage à 180 degrés en compagnie de Soviet Suprem. La peur de prendre dix ans au goulag m’incite à me diriger, tout droit, vers la petite scène. Pas le choix ! Autant dire que je suis entre le marteau… et la faucille (faux cils ?)…

Mais qui sont-ils ? Des soldats de l’ex-URSS ? A en décevoir certains, il s’agit tout simplement d’un groupe s'appropriant un style de musique faussement originaire des pays de l'Union soviétique, mêlant surtout influences balkaniques, militaro-punk et électro. Le tout, chanté dans la langue de Molière.

Mais que veulent-ils ? Déclencher la révolution chez ses sympathisants ? Peut-être ! En tous cas, parfois surnommés les ‘Beastie Boys des Balkans’, Sylvester Staline (alias R.wan, chanteur du groupe Java), John Lénine (alias Toma Feterman, chanteur de La Caravane Passe) rejoints par DJ Croute Chef, ne souhaitent ni plus, ni moins, insuffler chez les quelques léthargiques encore statiques qu’une sacrée dose de sons tonitruants et mettre le feu… au rideau de fer !

Les personnages, créés de toute pièce, prônent le rassemblement des peuples amateurs de musiques festives et la révolution du dancefloor par une relecture des musiques du monde à travers un prisme soviétique sur fond d’accents politiques déjantés. Vous comprenez toujours ? Tant mieux, parce que votre serviteur, lui s’y perd un peu…

Au final, alors que presque trente ans nous séparent de la chute du Mur de Berlin, les codes de la guerre froide sont encore bien présents ! Résultat des courses, ce cocktail a failli faire… Führer !

On n’est plus dans le second degré, mais dans le trentième ! Ames sensibles, s’abstenir donc !

Votre chroniqueur prend maintenant le temps d’une pause bien méritée et s’assied dans l’herbe du ‘Jardin Fleuri’ afin d’y contempler un spectacle de funambule. Suspendues à un fil en acier, les Filles Du Renard Pale défient gracieusement les lois de l’apesanteur, entre poésie et légèreté.

Une bonne quinzaine de minutes plus tard, re-direction la petite scène pour y entendre les Fatals Picards.

Issus de Paris (et non du Nord de la France, comme leur patronyme pourrait le laisser penser), ils prodiguent un savant mélange entre ska et variétés. Autant le dire, c’est kitsch à souhait ! Du spectacle au ras des pâquerettes même…

De quoi mourir d’ennui ! Même leur titre phare, « Bernard Lavilliers », pourtant décapant, ne parvient pas à susciter, en mon for intérieur, un soupçon d’adrénaline. Les bâillements s’éternisent à s’en décrocher la mâchoire. Il est temps de changer d’air !

J’en profite alors pour faire le plein de calories auprès d’un stand vietnamien.

Pas facile pour un artiste de revenir sur le devant médiatique lorsque, pur produit marketing issu de l’industrie musicale, on a connu un succès aussi fulgurant qu’inattendu.

C’est le cas de Saule ! Sa déferlante « Dusty Men », qui l’associe à Charlie Winston, compte plus 100 000 singles vendus et 10 millions de vues sur Youtube !

Mais, c’est mal connaître le Montois d’origine ! Loin de ses collaborations opérées en compagnie de Franco Dragone, Dominique A, Charlie Winston, Benoît Mariage, Sacha Toorop ou encore Samuel Tilman, il vient défendre au LaSemo les couleurs d’un nouvel album, fraîchement sorti...

Intitulé « L’embellie » et mis en forme par l’Américain Mark Plati (David Bowie, The Cure, Alain Bashung et les Rita Mitsouko, entre autres), ce disque est fondé, comme son nom l’indique, sur un positivisme éclairé, un embryon de renaissance.

A 20 heures pétantes, il débarque, entouré de quelques musiciens ! Une prestation sans surprise, entre chansons accrocheuses (« Comme »), belles rythmiques (« Respire ») et titres plus intimistes et profonds (« Delove Song »).

Saule est un amoureux de la sémantique et est doté d’une capacité pour écrire de jolies chansons dans la langue de Molière.

Généreux, exubérant, passionné et persévérant, il dépassera ses limites et sa timidité naturelle sur les planches pour le grand bien du parterre lui aussi… passionné !

Babylon Circus clôture cette dixième édition. Une nouvelle page de l’histoire musicale se tourne ! Comme dit l’adage, toutes les bonnes choses ont une fin !

De nombreux bénévoles sont déjà affairés à démonter une partie du matos, comme la petite scène, les décors, etc.

Le site est nettement plus clairsemé à cette heure par rapport à la veille. Faut dire que le lendemain, c’est un jour ouvré. Qui dit juillet, ne rime pas forcément avec congé !

Formé en 1995 à Lyon, le combo s’est forgé peu à peu une réputation solide qui l’a emmené à découvrir au gré des tournées pas moins de 35 pays différents. 

Objectivement, le travail de créativité est abouti. Les cuivres font la part belle aux compositions, parfois très en retrait par rapport aux guitares. C’est intelligemment construit !

Rock alternatif et chanson française se conjuguent au milieu d'un ska sorti de nulle part. Le groupe a traduit cette diversité en force.

Mais, BC s’y perd un peu au final. Les sonorités laissent percevoir un sentiment de déjà entendu et réentendu, comme s’il s’essayait encore dans un style avant de l’épouser définitivement.

Poussive, la prestation dispensée éveille à peine quelques applaudissements parmi l’auditoire. Seuls les fans insulaires restent éveillés.

Autant y aller tout de go, votre serviteur n’a pas du tout été convaincu par ce qui devait être l’apothéose de la soirée.

Frustrant de terminer sur une fausse note n’est-ce pas ?

(Organisation : LaSemo)

Cactus 2017 : samedi 8 juillet

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Deuxième jour du festival Cactus. Et au sein de la programmation, on épinglera surtout les concerts de Steve Winwood et en finale, de Kaiser Chiefs. Pour ce dernier on se demande quand même de quelle nature sera son show, depuis que le principal compositeur et drummer, Nick Hodgson, a quitté la formation, en 2012…

Coely Mbueno est anversoise. Elle est surnommée la Beyoncé belge. Son hip hop est du goût du public. Elle reçoit le concours du rappeur Dutch Norris pour « Don’t care », incite la foule à frapper dans les mains lors d’un exercice de beatbox et transforme à sa sauce le « Could you bel loved » de Bob Marley…

Etabli à Los Angeles, Rhye est un projet réunissant le chanteur canadien Milosh (NDR : qui joue aussi parfois de la six cordes ou frappe sur un tambour) et le multi-instrumentiste danois Robin Hannibal. Sur les planches, outre le leader, on remarque la présence d’un violoniste, d’une préposée à la double basse (NDR : instrument qui sert à la fois de contrebasse et de violoncelle), ainsi que d’un batteur, un claviériste et un gratteur. Michael chante d’une voix haut perchée des compos dont les textes sont empreints de sensualité, voire à connotation sexuelle, et qui mêlent r&b, jazz, néo-classique et électronica. Mais surprise, on a beau chercher, où donc se cache Robin Hannibal ? Soit il est absent, soit il a complètement changé de look. Pas de trace, en tout cas, d’un musicien aux cheveux longs qui touche à des tas d’instruments, comme la guitare, le violon ou le cor. Pas grave, le public semble complètement indifférent à cette prestation. Et pourtant, le groupe essaie, vaille que vaille, de le sortir de sa torpeur, probablement causée par le soleil de midi. Sans succès. M’enfin, un tel show serait bien plus adapté en salle ; ténébreuse et voluptueuse, la musique de ce combo exigeant, sans doute, une ambiance davantage intimiste…

La transition a donc été brutale, en compagnie de Millionaire. A sa tête, on retrouve Tim Vanhamel, qui a notamment milité chez Evil Superstars et dEUS, mais aussi reçu le concours de Josh Homme (le leader de Eagles of Death Metal), lors des sessions d’enregistrement de son second elpee, « Paradisiac ». Tim monte sur l’estrade en exhibant un cactus… dans un pot, quand même. Il le pose sur les planches et se prosterne devant lui. Enfin, il empoigne une sorte de ‘cigar box’ et se lance dans un long solo. A l’issue du premier morceau, il crie ‘hello’ et on lui apporte une guitare plus conventionnelle, alors que son backing group le rejoint. Soit un bassiste, un drummer et deux autres gratteurs, dont l’un d’eux se consacre circonstanciellement aux claviers. Et le set de se révéler particulièrement électrique. Vu la manière de trafiquer sa voix ainsi que le nombreux breaks dans les compos, on ne peut s’empêcher de penser à Jon Spencer & The Blues Explosion (« I'm Not Who You Think You Are », « Sciensing »). L’interaction entre les différents gratteurs est remarquable. Le set nous réserve cependant encore une compo mid tempo mélodieuse, romantique, interprétée dans l’esprit de The Veils, un tordu « I’m on high », qui pourrait figurer au répertoire de Triggerfinger, et s’achève par « Champagne », un stoner d’excellente facture, qui met un terme à un set qui l’a été tout autant…

Le vétéran de service pour l’édition 2017 du Cactus sera Steve Winwood , une légende vivante qui a joué, notamment, en compagnie de Jimi Hendrix, Klaus Shulze et des tas de bluesmen (NDR : dont B.B. King, Bo Diddley, Chuck Berry, Eddie Boyd, Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Muddy Waters, Otis Spann, Sonny Boy Williamson II et T-Bone Walker), sévi chez le Spencer Davis Group et Traffic, sans oublier fondé le super groupe Blind Faith, en compagnie d’Eric Clapton et de Ginger Baker. Et il n’a jamais cessé de bosser comme musicien de studio. Le nombre de long playings auxquels il a participé, est vraiment impressionnant ! Il fêtera ses 70 balais l’an prochain, et manifestement il respire la forme. Il a emporté son orgue Hammond et lorsqu’il cède sa place au multi-instrumentiste (percus, saxophone ténor ou alto, flûte, etc.) c’est pour jouer de la guitare. Et franchement, vu son toucher de cordes, on se rend compte qu’il a côtoyé Clapton. Outre son relais, il est soutenu par un percussionniste, installé au milieu de l’estrade, un guitariste (NDR : qui porte un drôle de chapeau) et dont le manche de gratte est sectionné, un drummer (NDR : placé à droite, il se sert d’un matos bien achalandé) et un bassiste. La présence d’un percussionniste et d’un drummer va communiquer une coloration latino à la majeure partie du répertoire. Parfois, le spectre de Santana se met même à planer. Très caractéristique, la voix de Steve est intacte. Et le personnage reste humble. Il fait son job. La prestation s’ouvre par la cover du « I’m a man » de Bo Diddley, une compo que le Chicago Transit Authority avait magnifiée en 1969 ! La set list va nous réserver des classiques pour la plupart délicieusement rognés par les claviers, mais aussi des standards au cours desquels il se réserve la six cordes, comme sur « Can’t find my way home  », qu’il interprète remarquablement en picking ou le blues/rock imparable « Had to cry ». Il n’en n’oublie, bien sûr, pas l’éternel « Gimme some lovin’ ». Bref, un chouette moment, même si on aurait aimé savourer davantage de titres issus du répertoire de Blind Faith et de Traffic. L’ovation est méritée, et c’est bras dessus, bras dessous, que le quintet salue la foule.

Jamie Lidell est un chanteur britannique de néo soul. Son influence majeure, c’est Stevie Wonder. Et pourtant, ce soir, il est soutenu par un group de rock. « Multiply » ouvre les hostilités, un titre qui a servi de générique à la série télévisée, ‘Grey's Anatomy’. L’artiste se produisait la veille dans le cadre du North Sea Jazz Festival, et il faut croire que l’air de la mer du Nord lui fait le plus grand bien, car il a accordé un set particulièrement solide, comme le souligne si bien sa chanson, « A little bit of feel good »…

Il revenait donc à Kaiser Chiefs de clôturer la soirée du samedi. Et la formation va se fendre d’un excellent show, en passant quasi-exclusivement ses tubes en revue. Depuis « Everyday I love you less and less » à « Coming home », sans doute le titre le plus probant composé par le band, au cours des 5 dernières années, en passant par « Ruffians on parade » (woohoo !), au cours duquel Wilson est monté sur les drums, « Na na na na na », « Modern way », « Ruby », la cover du « Ever fallen in love » des Buzzcocks, « Never miss a beat », « Angry mob », au cours duquel Wilson va inviter la foule à reprendre le refrain en chœur, et sans doute la meilleure chanson jamais écrite par la formation insulaire, « I predict a riot »...

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)

LaSemo 2017 : samedi 8 juillet

Écrit par

Seconde journée du LaSemo. Il fait toujours aussi chaud ! Il est pourtant 18 heures lorsque les pieds de votre serviteur foulent la plaine du Château d’Enghien.
Les moustiques profitent de cette profusion de bras nus pour vous attaquer et vous piquer, sans crier gare. Outre la protection contre les rayons du soleil, il est judicieux de se badigeonner la peau de produits adéquats pour éviter ou soigner les démangeaisons.
Les couacs de la veille semblent avoir été solutionnés ; on peut maintenant recharger ses pépètes sans trop de difficultés. Les appareils fonctionnent correctement ! Ouf !
Votre serviteur en profite pour approvisionner son bracelet électronique, placé au poignet, pas à la cheville, quand même !
L’affiche est encore superbe. Et déjà un choix cornélien se pose. Finalement, la décision est prise. Ce sera le régional de l'étape, en l’occurrence le sympathique rebelle Cédric Gervy, la candide et ‘freluquette’ Bini (la grosse surprise de la journée) ainsi que la bande à Alex Callier et Raymond Geerts, Hooverphonic.
Jean-Jean (l’animateur phare) rappelle constamment qu’il serait sage que les parents négligents évitent de paumer consciemment leurs enfants, pour profiter du spectacle.
C’est fou le nombre de bambins esseulés et apeurés que l’on croise ! Alors qu’il suffirait de se rendre aux stands appropriés pour leur réserver une nominette sur laquelle figurerait un numéro de téléphone utile. La parenthèse est close.

Pas de temps à perdre ! On entend au loin une voix qui semble familière. Celle de Cédric Gervy.

Un habitué des lieux. Sur les dix éditions, il s’est produit à neuf reprises. C’est dire s’il est apprécié !

Un LaSemo sans Gervy, c’est comme si vous mangiez des frites sans sel ! Quelque chose de complètement inconcevable dans le plat pays…

Votre serviteur apprécie cet artiste. Un personnage particulièrement humain, disponible et d’une sincérité à toute épreuve. Sans langue de bois, il s’est livré à un sympathique jeu de questions/réponses, il y a deux ans. Une interview touchante !

D’habitude, il écume les scènes en solo. Il s’est lancé, pendant quelques années, au sein d’un projet collectif : Cedric (et les) Gervy, impliquant Mr Chapeau, le gratteur RenRadio et le drummer Tyler Von Durden. Courant 2009, ce dernier a été remplacé par The Robot.

Balayant d’un revers de la main cette quasi-étape obligée de starification, il a préféré mettre un terme à cette collaboration afin de poursuivre en solitaire la propagation de sa bonne humeur. Le titre « Putain, j’ai failli être connu » est éloquent à ce sujet.

Oh, surprise, aujourd’hui, il est flanqué de ses comparses d’autrefois. Le spectacle risque d’être à la hauteur de cet anniversaire. Dix ans, ce n’est pas rien quand même !

D’emblée, il affirme qu’il serait heureux d’être encore là dans une décennie. Nous aussi l’ami !

Il s’adresse aux plus jeunes et leur demande s’ils sont heureux d’être en congé, parce lui l’est depuis quelques jours (il est prof de néerlandais). Natuurlijk !

Son fil conducteur, c’est le calembour. Mais pas que ! Parce que le leitmotiv va bien au-delà.

Chacune de ses chansons véhicule des messages forts et pertinents. Les thématiques sont souvent dénuées de tout stéréotype et bien éloignées de ce fameux ‘compromis à la Belge’

Gervy, chanteur sérieux, mais ne s’y prenant pas trop ?

Il dépeint les problèmes sociétaux à travaux des thématiques choisies en fonction du moment (la crise, l’addiction aux jeux, …) Mais, ne dites surtout pas que c’est un chanteur engagé !

Détail intéressant, l’auditoire est composé d’une pyramide des âges très large. De jeunes enfants accompagnent leurs parents. C’est dire la popularité de ce mec. Tout a fait justifiée d’ailleurs…

Lui, ce n’est pas du sang qui coule dans ses veines, mais un savant mélange de bonne humeur et de joie de vivre.

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade. C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul. Faudrait même que la sécurité sociale rembourse chacune de ses prestations tant il fait du bien à l’âme. On en ressort complètement soulagé. La larme à l’œil même, tant les fous rires sont légion…

Ses plus gros titres ont été scandés par un parterre en transe : « George est content », « Que c’est chiant le reggae », …

Direction maintenant le Château, pour y assister au showcase privé de Bini. Je ne connais pas. Autant découvrir.

Certains festivaliers confondent la jeune fille avec un quasi-homonyme baptisée Bibie (la black ronde qui chantait « Tout simplement » en 1985). Ce n’est pas dans le même registre ! Elle n’a pas la même carrure, non plus…

La sécurité à l’entrée accomplit parfaitement son travail. Il faut montrer patte blanche si l’on veut accéder au précieux sésame. Par ces temps anxiogènes qui courent, c’est rassurant !

Du haut de ses dix-huit printemps, la demoiselle pose des mots en français sur des accords universels, histoire d’emballer des morceaux tout fous et un peu foutraques.

Elle est accompagnée du padre. Et en pyjama s’il vous plaît ! Tenue normale pour une gamine de cet âge ? Le show s’annonce très second degré, en tout cas…

Mais, il en faut plus pour la déstabiliser ! Elle s’accroupit, prend une feuille de papier et griffonne les titres qu’elle va interpréter !

Et votre serviteur ne s’est pas trompé ! Elle s’excuse presque d’être là et baragouine quelques mots. Elle ignorait même, jusqu’à il y a peu qu’elle devait assurer un mini concert d’une demi-heure…

Elle en a même oublié son capodastre (système utilisé pour transposer le manche de guitare). Heureusement que papa pense à tout, n’est ce pas ?

D’un pas décidé, il s’exécute machinalement. Habitué de ces turpitudes ? Ca peut parfois servir un père, s’exclame t-elle, hilare.

Le public réunit une bonne vingtaine d’âmes qui vivent ! Pas mal se sont assis sur le sol joliment vitrifié, tout en sirotant la coupe de champagne offerte par la maison. Sympa la vie de châtelain !

Sèche à la main, lunettes rondes trop grandes pour elle et cul posé sur une vieille chaise en bois, elle commence à fredonner les premières notes d’une prestation qui restera iconoclaste.

La voix est fluette, son timbre fébrile. Presque inaudible. Faut dire que la gonzesse travaille sans micro.

Ses histoires, sont les siennes, elles lui appartiennent. Elle s’amuse à déclamer ses déceptions amoureuses. A les détourner, à les chantourner, à la chantonner, tout en légèreté.

Ses textes sont à la fois tristes et rigolos. On se surprend à sourire au détour d’une larme. Ou pleurer, au détour d’un sourire. C’est sûr, ‘elle n’aime pas les gens qui font du yoga’ !

Malgré son petit mètre soixante, on devient tout petit devant Bini et sa comparse Sandy (NDR : entendez par là, sa six cordes qu’elle alterne avec un ukulélé aussi grand qu’elle).

Puis, la donzelle surprend l’auditoire en fredonnant une kyrielle de tubes (« Let it be », « Somenone like you », etc., …) durant trois bonnes minutes sur un ton monocorde. Suffit de pincer deux cordes pour faire une chanson, dit-elle, en affichant un large sourire. Oui, mais faut du talent ma chérie ! Le tien par exemple…

Après une pause dînatoire bien méritée, prise au détour d’un stand bouffe, votre serviteur se dirige vers ce qui clôturera cette seconde journée de festival, à savoir Hooverphonic.

Fondé en 1995 par Alex Callier (basse, programmations et production) et Raymond Geerts (guitares), le groupe belge reste l’une des formations les plus populaires du pays.

Celui aussi qui a connu le plus de défections parmi ses chanteuses ! A commencer par Liesje Sadonius qui participera à l’enregistrement d’un premier album encensé par la presse en 1996, « A New Stereophonic Sound Spectacula ».

L’année suivante, Geike Arnaert lui succède sur « Blue Wonder Power Milk ». Mais, elle quitte le groupe pour voler de ses propres ailes, un an après la réalisation du septième opus, « The President of the LSD Golf Club ».

En 2010, c’est Noémie Wolfs qui rejoint l’équipe. Détail croustillant, elle ne possède pas d’expérience musicale et n’a suivi aucun cours de solfège.

Le groupe se concentre alors sur la réalisation de « The Night Before ». En 2013, elle participe à l’enregistrement de « Reflection », le dixième du genre.

Un an plus tard, la formation prend le parti de revisiter son propre répertoire à l’aide d’un orchestre symphonique, « Hooverphonic With Orchestra ».

C’est justement sous cette angulaire intrigante et rafraîchissante que le groupe va articuler son show.

Ils sont dix-sept sur l’estrade. Enfin, dix-huit si on compte la personne qui se charge du langage des signes. La partie symphonique est disposée au centre et les musicos sont répartis autour.

Si les cordes apportent un côté ouaté, voire glamour, l’instrumentation électrique transgresse discrètement cette courbe ascendante.

Le set offre une relecture de vingt années de tubes récents ou anciens (« Boomerang », « Gravity », « Ether », « Angels Never Dies », etc.).

Les vocalises sont assurées par les voix distinctes et intrigantes de Pieter Peirsman (qui se charge également de la gratte électrique) ainsi que de Kimberly Dhondt et Nina Sampermans. Ces dernières ont opté pour l’extrême gauche du podium. Ces différents timbres vont communiquer une identité spécifique à chaque chanson.

Un des moments forts de ce live, voire de cette édition toute entière, viendra de la prestation de Mister Peirsman, lors de la reprise de « Vinegar and Salt ». Foi de festivalier, jamais un timbre de voix ne m’a procuré autant d’émotions.

Ou encore, cette participation massive et fédératrice du public en entonnant ses ‘la-la-la’ sur « Hiding In A Song ».

Alex Callier échange régulièrement auprès de ses fans dans un français approximatif. Il s’autorise même à balancer quelques blagues. C’est dire !

Au total, une heure trente de chansons emblématiques proches des versions originales ou en s’y éloignant, mais issues d’un répertoire riche et varié.

Un set sobre, efficace et élégant. Que demande le peuple ?

Encore une soirée placée sous de bons auspices. Un petit détour à l’espace guinguette, histoire de se dégourdir le popotin ? Peut-être demain…

(Organisation : LaSemo)

 

Cactus 2017 : vendredi 7 juillet

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Il s’agit déjà de la 36ème édition du festival Cactus, un festival familial, sans stress, qui a bénéficié, tout au long de ce week-end, d’une météo idéale, soit ensoleillée sans pour autant se révéler caniculaire, même si la température était particulièrement fraîche, le vendredi soir. Excellente initiative, le kiosque info a été installé en bord de site, ce qui libère de l’espace et permet ainsi à la foule de se rendre aux stands ‘food’ et de sortir du Minnewaterpark, plus rapidement…

Il y a déjà bien du monde pour accueillir l’Anversois Amir Fouad, aka Tamino. Sur les planches, cet auteur-compositeur-interprète –habillé chic– est soutenu par Tom Pintens (NDR : au cours des nineties, il a notamment bossé en compagnie de Stef Kamil Carlens), aux claviers et Ruben Vanhoutte, aux drums. La tessiture vocale de Tamino est très large. Il peut monter ou descendre facilement dans les octaves. Il ne compte qu’un Ep à son actif, mais en ‘live’, il parvient à donner une autre dimension à ses compos, et tout particulièrement son single « Habibi » ainsi que « Cigars »…

Het Zesde Metal, c’est le projet de Wannes Capelle, un natif de Wevelgem. Ce chanteur/compositeur/interprète/guitariste (NDLR : également acteur de théâtre) est responsable de titres engagés, sociopolitiques pour la plupart. Au sein du backing group, milite encore Tom Pintens. Il se charge des claviers. Le band monte sur l’estrade au son d’une B.O. d’Ennio Morricone. Wantje n’est pas avare de déclarations entre les morceaux. Mais en  néerlandais… Il a enregistré « Calais », pour dénoncer le problème des réfugiés qui veulent se rendre en Angleterre, mais en même temps, il marque son opposition au traitement de la question, par la gauche flamande. Pendant « Dag zonder schoenen », il invite la foule a lancer ses chaussures. Et le public s’exécute. Le sommet du concert sera atteint lors de son mash-up entre « Where is my mind » des Pixies et le « Boze wolven » de Gorki, suivi par son incontournable « Ploegsteert »…

Le répertoire de Michael Kiwanuka est souvent indolent, davantage propice à la glandouille du dimanche matin, qu’à booster son énergie. C’est sans doute la raison pour laquelle, son début de concert s’est révélé bien plus percutant que dans le passé. Et instrumental, son premier titre se singularise par un solo de gratte ‘floydien’. Inattendu ! Et vraiment chouette. La suite est même bien entraînante, son backing group, impliquant 5 musicos, se chargeant d’entretenir le groove. Les points culminants de son set seront atteints, en milieu de parcours, lors du funky « Black man in a white world », caractérisé par des lignes de basse à la James Brown, ainsi que tout au long de très joli « Home again ». Puis –chassez le caractère et il renvient au galop– Kinawuka va en revenir à une majorité de morceaux plus lents, au cours desquels les bavardages dans l’auditoire vont finir par couvrir le volume sonore du concert… 

The Verve avait, sans doute, bien plus de potentiel qu’Oasis à son origine ; mais son aventure s’est fracassée sur l’autel de la drogue, de l’alcool et de la dépression. Pourtant, le frontman, Richard Ashcroft, a rebondi en entamant une carrière solo plus que solide. On se souvient qu’en 2005, il avait ainsi accordé un concert étincelant à l’AB. La suite sera moins bien brillante…

Richard Aschroft est donc programmé comme semi tête d’affiche, au festival Cactus. Quand il monte sur l’estrade, on est frappé par sa silhouette : il est maigre comme un clou, a la boule à zéro, est chaussé de lunette noires, et semble avoir pris un fameux coup de vieux. On dirait presque Joe Starr. Il est flanqué d’un drummer, d’un bassiste et d’un gratteur. Ce dernier est sans doute un disciple du nombrilisme. Dès qu’il en a l’occasion, il en remet une, deux voire trois couches. Des soli qui nuisent manifestement à la subtilité des compos. Tout comme les bandes préenregistrées, qui reproduisent claviers et section de cordes. En outre, en début de parcours, la voix de Richard –régulièrement préposé à la sèche ou à la rythmique– n’est pas au top. « Out of my body » est rallongé inutilement. Hymnique, « This is how it feels » a un goût de Cranberries. « Space and time » manque d’âme, malgré l’envolée psyché. Et puis progressivement le charme recommence à opérer. « Sonnet », « Lucky man », « Love is noise », « Break the night with colour » ainsi que le plus optimiste « Music is power » retrouvent des couleurs. Et paradoxalement, c’est quand les morceaux adoptent le profil de la big music, même si elles sont enrichies de cordes préenregistrées, et surtout privés des exercices de style intempestifs du gratteur, que les compos se mettent à décoller. Comme lors de l’inévitable « Bitter sweet symphony », un final qui va faire vibrer notre fors intérieur…

Roisin Murphy n’a pas trop convaincu. Pourtant, son spectacle, impliquant notamment marionnettes, costumes multifonctionnels, masques et boas, a de quoi séduire visuellement. Mais ses 40 premières minutes, tramées sur une forme de mid tempo étrange, souffrent du vocal trop peu mis en exergue, pour ne pas dire noyé dans l’ensemble. La dernière demi-heure sera plus intéressante, grâce des beats hypnotiques injectés au remix de « Sing it back », au « Forever more » de Moloko et surtout à « Jealousy ». Et tout bon Dj sait que lorsque le public commence seulement à danser au cours des 30 dernières minutes de son set, il restera sur sa faim…

(Organisation : Cactus)

Voir aussi notre section photos ici

(Merci à Nick)

LaSemo 2017 : vendredi 7 juillet

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Grande date pour le LaSemo ! Dix ans déjà que ce festival agite les conduits auditifs de passionnés en diversités…
Particulier dans son concept, il fait figure d’OVNI parmi ses concurrents. Ici, on ne vient pas seulement écouter de la musique. Le prisme est beaucoup plus étendu, oscillant quelque part entre volonté un brin philanthropique et triangulaire culturelle, idéologique et écologique…
Les activités sont nombreuses. Voire peut-être un peu trop. On ne sait plus où donner de la tête. Quoiqu’il en soit, ce rendez-vous reste familial. On y croise ci et là de jeunes enfants, accompagnant leurs parents, de jeunes couples amoureux ou des grands-parents, qui gambadent dans l’enceinte du château…
Tout est pensé et réfléchi afin qu’on s’y sente bien. Il y a des stands de grimage, des funambules, des clowns, des spectacles ouverts, des cabarets coquins (NDR : oui, oui, vous avez bien lu !), sans oublier un système de garderie pour celles et ceux qui souhaitent profiter sereinement du show sans avoir les bambins dans les pattes…
Le LaSemo est un évènement qui privilégie le développement durable. Ici, on ne badine pas avec la nature. On l’aime, on la respecte et on la vénère. La récupération est le maître mot : gobelets réutilisables, décoration à l’aide de vieux parapluies, salons de jardin en palette, toilettes sèches, etc.
Cocorico, cette année les organisateurs ont instauré le système des ‘pépètes’. Entendez par là, un bracelet magnétique que l’on peut recharger à sa guise à l’aide de bornes dispersées sur le site pour se remplir la bedaine ou encore charger son sang de malt et de houblon…
Et pour ceux qui souhaitent s’assurer une hygiène de vie sans faille, des pompes à eau ont été installées tout au long du parcours, histoire de s’hydrater pour pas un rond. Une idée qui devrait inspirer d’autres organisateurs…
Si les superlatifs ne manquent pas –à juste titre– force est de constater que de petits couacs sont venus enrayer cette sympathique manifestation.
A commencer par un problème informatique paralysant toute transaction par carte bancaire durant une bonne partie de la journée. Sans oublier, l’attitude de nombreux bénévoles, amorphes, auprès de qui il est impossible d’obtenir la moindre information bêta…
Jean-Jean ouvre la séance. C’est le présentateur complètement givré chargé d’introduire, avec humour et légèreté, les artistes. L’ambassadeur des lieux depuis de nombreuses éditions, en quelque sorte !
Le soleil de ce vendredi tape dur sur les épaules. La sueur perle sur les visages…

En tout cas, pas de quoi refroidir votre serviteur qui débarque tambour battant pour profiter de la prestation de Nicolas Michaux, sur la petite scène.

Dès l’aventure d’Eté 67 terminée (une formation qui a sévi de 1998 à 2002), le gaillard ne chôme pas, puisqu’il aligne deux Eps et deux elpees ; mais surtout quelques tubes dont « Dis-moi encore » ou « Tu n’es pas là », qui vont alors littéralement squatter les ondes radiophoniques…

Cette aventure d’adolescents conduira Nico et son team à fouler les planches des plus grandes salles de Belgique. Et lui permettra de se forger une solide expérience. 

Son exil au Danemark, durant une année, par amour pour sa dulcinée, va lui insuffler une inspiration fulgurante. Il reviendra chargé d’une matière première au sein de laquelle il se dévoile presque timidement.

Enregistré à Bruxelles, « A la vie, à la mort » est le fruit du ‘do it yourself’ ! Une guitare acoustique, un clavier Casiotone et un matos minimaliste alimentent ce premier essai solo introspectif.

Qui a quand même bénéficié du concours d’une fine équipe composée de Ted Clark (bassiste écossais), Morgan Vigilante (drummer), Pierre Van Braekel (manager de Girls in Hawaï), Grégoire Maus (éditeur des disques de Stanley Brinks) et Julien Rauïs (ingénieur du son et DJ bruxellois).

Le singer, chaussé d’une paire de lunettes à la ‘top gun’ (pas facile de chanter quand on a le soleil dans la tronche), entame un tour de chant dans la parfaite continuité de son univers. Doux, limpide et rassurant !

Des chansons destinées à un auditoire qui exige une musique de qualité et une finesse dans l’écriture…

D’une voix timorée, le singer survole des thématiques personnelles, singulières, fragiles et positives. En y injectant parfois une teinte d’ironie, voire de cynisme (« A la vie, à la mort », « Croire en ma chance », « Avec vous ») sur fond de déclinaisons dichotomiques de la vie. On sent le jeune blessé au plus profond de son âme lorsqu’il effleure le sujet de l’amour.

Les chansons oscillent entre pop et folk, des chansons empreintes de candeur, de douceur et de fraîcheur. C’est gentillet à souhait.

Direction la grande scène maintenant ! Cocoon s’y produit devant un hémicycle de fans impatiens.

Mark Daumail a mis entre parenthèse son bébé, pourtant devenu un groupe a succès (grâce notamment à « Chupee » et « On My Way »), depuis –entre autres– le départ de sa moitié artistique Morgane Imbeaud, pour se consacrer à un projet solo fort différent, concrétisé par « Speed of Light », en 2014, unanimement salué par la critique, présageant ainsi une fermeture définitive de la page Cocoon.

Cependant, fin 2014, à la suite de circonstances familiales (la détection d’une maladie cardiaque chez son nouveau-né), il décide d’écrire encore et encore et compose de nouvelles chansons pour le fiston.

Encouragé par son entourage, la maturation de ses productions figurera sur « Welcome Home ».

Le songwriter a soigneusement puisé ses sources principales d’inspiration chez Neil Young, Bon Iver et Harry Nilsson. Il pratique une folk et soul old school en racontant les moments forts qui ont marqué sa vie, comme l’engagement amoureux envers sa femme (« Retreat », « Watch My Back »), le temps passé à l’hôpital en compagnie de son enfant et sa mère (« Get Well Soon », « I Can’t Wait », « Miracle » et « Legacy »), sans oublier la rupture avec sa doublure vocale (« Cross »).

Parfois poussiéreux, l’univers musical de Cocoon est un peu mielleux et se prête difficilement à la main stage. Un show plus intimiste aurait sans doute été mieux adapté à l’esprit de son répertoire.

Quoiqu’il en soit, relaxantes et agréables, les jolies mélodies s’enchaînent. Le climat est particulièrement feutré.

Les amoureux s’enlacent au gré des chansons comme si le combo cherchait à placer les festivaliers sous couveuse pour les protéger d’un quelconque danger. Le tout défile au cœur d’une harmonie maîtrisée.

Les bras balancent de gauche à droite… nonchalamment. C’est joli ! Un voyage aérien parfait pour poursuivre son été !

Mais au fond, l’essentiel est ailleurs. Mark est parvenu à redonner ses lettres de noblesses à un patronyme qu’on croyait définitivement mis au placard pour l’éternité.

Retour vers la petite scène aux alentours de 21 heures 15 afin de découvrir BaliMurphy.

Un nom qui brûle sur toutes les lèvres, mais dont votre serviteur ignore tout. Ce sera donc une surprise ! Comme dit l’adage, faute avouée est à moitié pardonnée.

Ce ne sont pas pourtant des nouveaux venus dans le paysage ! Le band a vu le jour en 1999 et a écumé depuis les plus grandes scènes francophones (Francofolies Spa/Montréal/La Rochelle, Montreux Jazz Festival, Coup de Cœur Francophone de Montréal, Printemps de Bourges…)

BaliMurphy, c’est une alchimie complexe entre folk et chanson française, le tout propulsé par une énergie dévorante.

Le quintet est venu défendre les couleurs d’un quatrième opus, Il est sorti au printemps dernier et s’intitule « Nos voiles ». Rémi Rotsaert (Dalton Télégramme) y apporte ses riffs tranchants, lui conférant ainsi une sonorité plus rock que d’habitude.

L’ambiance est quelque peu différente de ce que votre serviteur a pu voir jusqu’alors. Si nous étions clairement dans une ambiance très zen, ici, il en est tout autrement. Le set décoiffe même !

Comparaison n’est pas raison, mais on pourrait allègrement comparer les Bali’ à une réplique de Louise Attaque. Tant dans l’esprit que l’approche artistique.

La richesse de leur formation musicale et le mélange subtil de l’instrumentation apporte une réelle touche de pétillant. Le groupe suscite d’emblée l’adhésion du public en plein délire !

Ca bouge, ça virevolte, ça pousse des gloussements de joie, ça suinte de bonheur ! Bref, les compos respirent la joie de vivre et l’amour avec un grand A.

Les applaudissements fusent de toute part tout au long du set. Un couronnement pour une formation qui met du cœur à l’ouvrage depuis ses débuts.

A grand renfort de tubes et de concerts énergiques, le combo est parvenu à conquérir durablement les coeur et les oreilles de milliers de fans.

Dernier concert clôturant cette soirée, celui d’Asaf Avidan.

Auteur-compositeur-interprète, il se destinait initialement au cinéma d’animation. Sa passion pour le chant et la musique est soudainement née lorsque sa fiancée de l’époque met les voiles (sans aucune arrière-pensée religieuse bien évidemment).

« One Day/Reckoning Song » constituera son premier et plus grand et succès. Par procuration oserait-on dire, puisqu’en 2013, un DJ allemand s’empare du titre pour en faire un hymne mondial qui a depuis lors trusté les charts.

C’est en 2006, que l’artiste a véritablement démarré sa carrière. D’abord en compagnie d’un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Haut perchée, sa voix est reconnaissable entre mille. Certains ont même avancé qu’elle était hantée par Janis Joplin, Jeff Buckley ou encore Robert Plant.

Ensuite, il y a ce corps. Fragile et athlétique à la fois. Une esthétique qui capte l’attention des jeunes filles littéralement scotchées au premier rang, salive dégoulinante sur les joues. Faut dire que le type est d’une beauté et d’un charisme à couper le souffle.

Lorsque votre serviteur arrive devant l’estrade, les musiciens sont déjà en place. Passer d’une scène à l’autre en si peu de temps tout en se frayant un chemin parmi les badauds est digne des sportifs les plus aguerris.

Asaf est planté au centre, sèche en main flanqué d’un marcel de couleur noire. Il est accompagné d’un claviériste, Michal Bashiri, et d’une session rythmique composée du bassiste Dan Zeitune et du drummer Haggai Fershtman.

A sa gauche, une jeune fille aura la lourde tâche de traduire les paroles en langage des signes. Plutôt sympa et fort remarquable.

Lorsqu’il exhibe son organe (vocal), l’assemblée se mue et écoute presque subjuguée. Le temps s’arrête.

Le public aura droit à une heure trente de chansons déchirantes, lancinantes et authentiques. Les compositions sont assez personnelles et nostalgiques. Une grosse défection amoureuse impacte sa vision des relations humaines. Tout comme la mort qui reste une obsession chez lui. A l’âge de 21 ans, il a failli succomber à un lymphome (cancer du sang). Ceci explique cela.

Asaf alterne entre six cordes acoustique et électrique tout au long du show avec une facilité déconcertante au gré des compositions issues des albums « Cold Shadow », « Different Pulses » et « Now That You’re Leaving ».

La magie atteint son point culminant lorsque les premières notes de « One Day » retentissent.

Doigts délicatement posés sur sa sèche, son timbre de voix déchire, retentit, crée une déflagration qui est ressentie à des centaines de mètres à la ronde.

On cerne à ce moment toute l'étendue de ses émotions et sa créativité, sans aucune distinction de genre…

Le drummer commence alors à l’appuyer avec une délicatesse à faire frémir. Le Sieur Avidan revient ensuite à un phrasé plus doux. Le morceau se termine lentement, les lights se font de plus en plus discrètes, jusqu’à atteindre la pénombre complète.

Le parterre est subjugué ! Ce soir on a assisté à un véritable moment d’anthologie…

Votre serviteur regagne doucement la sortie, des étoiles plein les yeux.

(Organisation : LaSemo)

 

 

Main Square 2017 : dimanche 2 juillet

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Troisième journée du Main Square. L’affiche va privilégier la quintessence du pop/rock ainsi que le blues/rock caustique. Et si toutes les formations programmées ont tenu leurs promesses, Radiohead a constitué, ce qu’on peut appeler la cerise sur le gâteau…

Mark Lanegan Band. Main Stage. 15:30 - 16:30

Mark Lanegan est un pilier du rock alternatif. Son aura est impressionnante. Et pour cause, il a participé activement au mouvement grunge, en militant au sein de Mad Season et puis Screaming Trees, à la même époque que Nirvana et Pearl Jam, sans pour autant récolter le même succès. Son premier groupe, The Jury, impliquait d’ailleurs Kris Nosolevic, le futur drummer de Nirvana. Il participé aux sessions d’enregistrements d’une centaine d’albums, dont ceux de Queens Of The Stone Age (on peut notamment entendre sa voix caverneuse, rocailleuse, hantée, sur « This Lullaby », une plage qui figure sur l’elpee « Lullabies To Paralyse »). Il a fondé Gutter Twins en compagnie du vocaliste, Greg Dulli, dès 2003. Bref, depuis le début des eighties, il est omniprésent. Les musicos de son backing group sont talentueux et classieux. Et Lanegan s’accroche à son micro nonchalamment, comme une véritable rock star qui a tout vécu. Bref, cette journée s’ouvre bien sous le signe du rock’n’roll. Entre chaque morceau, Mark remercie la foule massée devant lui. Et le MLB va nous livrer un set tout en subtilité et élégance…

Seasick Steve. Main Stage. 17:00 - 18:00

Pour suivre Mark Lanegan, qui de mieux qu’un authentique bluesman ? En l’occurrence Seasick Steve. Son pseudo, il le doit à un ami, qui avait constaté qu’il ne pouvait pas monter sur un bateau sans éprouver le mal de mer. Il s’est produit dans le métro parisien, fréquenté Janis Joplin et recruté –à une certaine époque– le futur drummer de Led Zeppelin, John Paul Jones, dans son groupe. Il raconte sa vie à travers ses chansons, des histoires au cours desquelles ses guitares ont aussi un rôle à jouer. Il n’oublie pas, non plus, de remercier son staff pour son aide précieuse ainsi que l’attitude du public si cher à son cœur qui n’a rien à envier à celui des plus jeunes. Son blues/rock contemporain nous entraîne au cœur d’une odyssée rock’n’roll où ne comptent que les riffs et les breaks percutants. En outre, l’artiste ne manque pas d’humour tout en communiquant sa bonne humeur. Au cours du show, il va ainsi inviter une femme à grimper sur l’estrade, pour lui dédier une chanson d’amour, intimant l’auditoire, sur le ton de la plaisanterie, de se taire, afin de les laisser tous deux profiter de cet instant intemporel. A l’issue de ce morceau, il l’embrasse et lui dédicace un vinyle. Et le concert de reprendre sous sa forme énergique. La foule va encore être surprise, lorsqu’il va entamer une expérience absurde, en jouant de la guitare sur les cymbales du drummer. Bref, il est tout de même impressionnant de voir ce qu’on peut réaliser à l’aide d’une batterie, d’une planche à lessiver, d’un manche à balai et de trois cordes…

Naive New Beaters. Green Room. 19:15 - 20:15

Naive New Beaters est un prototype des nouveau groupes 2.0, un peu high-tech, qui surfent sur la vague dite ‘tendance’. Les Parisiens ont d’abord un projet musical. Ils se produisent en public et enregistrent des albums. Mais pas seulement. Ils ont réalisé un film, tourné en Chine, consacré à la cuisine exotique. Ils créent donc, bien évidemment, leurs propres clips. Mais plus étonnant, ils brassent leur propre bière… Biberonné au rock, au rap, à l'électro, mais aussi au disco, le band est aujourd’hui responsable d’une musique funky, qui ressemble à un exercice de style complexe mais délicieusement approprié. Son show est à la fois déjanté, absurde et surtout drôle. La formation a entamé une nouvelle tournée, au printemps 2017, et Le Main Square en est, en quelque sorte, son couronnement. Pour ce soir, le trio bénéficie du concours d’une drummeuse et d’une bassiste. Ils sont tous vêtus de combinaisons de couleur bleu foncé, sur lesquelles sont représentées des mains. Leurs accoutrements sont aussi insolites que la manière de s’approprier la scène. Et pour cause, ils enchaînent les mouvements de danse improbables et les tirades saugrenues. Et pourtant, le spectacle séduit ; l’auditoire se mêlant à ce délire artistique stylisé. La set list alterne titres récents et morceaux plus connus. Ce qui explique sans toute pourquoi, tout au long de l’heure prévue, le combo est parvenu à entrer en osmose avec la foule, pour ce spectacle dédié à une caricature de la facétie, parfaitement planifiée et maîtrisée. Un moment de détente absorbé par les yeux et les oreilles de l’auditoire. Avant que le band suivant, appelé à prendre la relève sur la Main Stage, ne déterre –sauvagement– la hache de guerre…

Savages. Main Stage. 20:00 - 21:00

C'est-à-dire Savages. Britannique, ce quatuor féminin est drivé par la chanteuse/actrice française Camille Berthomier, alias Jenny Beth. Responsable de deux opus à ce jour, Savages porte bien son patronyme. A cause de ses prestations ‘live’ jugées féroces, dévastatrices et agressives, mais en même temps élégantes et séduisantes. Si ce groupe féminin est considéré comme l’héritier naturel de Siouxsie & The Banshees, à cause de son aura vénéneuse et intrigante, sa prestance et sa gouaille évoquent plutôt PJ Harvey. Vêtues de noir, les quatre filles affichent une dégaine raffinée et glaciale, redéfinissant le post punk à grands coups de talons aiguilles, de riffs acérés et de compos incandescentes, dans un esprit plus féminin que féministe. A l’issue d’une intro électro préenregistrée, reproduisant le son d’une piste de vinyle bloquée sur le même sillon, les filles montent sur le podium. Et leur aura est impressionnante. Jenny Beth intimide même du regard la foule. Elle semble même la défier. Ce sont les premiers signes de l’orage sonore qui va éclater. Les cordes de guitare sont stridulantes, mais parfaitement maîtrisées, la ligne de basse est précise et solide, le drumming est puissant et la voix de la leader corrosive. De quoi nous réserver un set à l’éclat particulier, au beau milieu de tous ces combos majoritairement masculins, qui se relaient au cours de la journée. Suivant un même rituel, Jenny Beth achève le show debout sur la foule, portée à bouts de bras par les festivaliers, comme si elle était devenue une statue érigée au combat pour les droits de la femme…  

Thylacine. Green Room. 20:45 - 21:45

Le Thylacine est un mammifère baptisé également loup marsupial, loup de Tasmanie ou encore tigre de Tasmanie. Son espèce serait éteinte depuis quelques décennies. C’est aussi le patronyme choisi par un duo électro angevin, impliquant le beatmaker William Rezé et son amie, issue des Beaux-Arts, Camille Després. Elle se charge des vocaux. La formation est tout autant capable de dispenser une électro soyeuse, qu’aventurière ; mais également de conférer à l’expression sonore des accents puissants et interstellaires. A l’instar du premier opus, enregistré dans le transsibérien au cours d'un voyage créatif. Lui est au départ saxophoniste. Il a découvert la musique électronique en la pratiquant. Elaborée, chaleureuse, entraînante et chatoyante à la fois, elle entraîne le mélomane au cœur de paysages intérieurs et extérieurs. Et le périple est magnifique. Pourtant, le projet est méconnu. En outre, la foule s’est déjà ruée vers la Main Stage, afin de se réserver une place de choix, pour vivre le concert de Radiohead. Aussi, il y a peu de monde devant la Green Room, pour assister à ce concert. Paisible, « Home » ouvre le set ; un morceau au cours duquel William se réserve un solo au saxophone. Le ton est donné. Il sera empreint de grâce. Et pourtant, inconsciemment, au sein de l’auditoire, les corps se mettent à remuer, bercés par les litanies électroniques lancinantes… mais aussi parfois percutantes. La formation ne va pas négliger les excellents titres de son long playing, à l’instar de « Poly, Piany Pianino » ou encore « Train », cette fameuse plage qui s’inspire de ce voyage au cours duquel les musicos ont emprunté le Transsibérien (NDR : on entend même le bruit du convoi sur les rails). Le son est nickel, l’instrumentation précise et les esprits sont propulsés dans leurs rêves visionnaires… Thylacine constitue certainement un des nouveaux moteurs de la musique électronique ; et ses évolutions futures sont à suivre plus qu’attentivement. Que du bonheur !  

Radiohead. Main Stage. 21:45 - 00:15

Radiohead est considéré comme une légende vivante, dans l’univers de la musique rock. Véritable référence, il continue de l’influencer. Et d’une manière toujours aussi conséquente. Par son souci constant de l’expérimentation. Fondé en 1985, le band d'Oxford a toujours été en avance sur son temps, en se remettant constamment en question ; et il est également parvenu à synthétiser ses propres références, qu’elles soient issues du rock, de la pop, du prog, du jazz, de l’électro, de la new wave ou même de la noisy. Et la liste est loin d’être exhaustive. Ce qui ne l’a pas empêché de rencontrer un succès certain. Et pas seulement grâce à l’un ou l’autre single, mais aussi ses nombreux albums, qui ont atteint, pour la plupart, le faîte des charts, quelques semaines après leur sortie. Sans oublier ses concerts, reflet d’un perfectionnisme qui n’a guère d’égal sur la scène contemporaine. Ce qui lui a permis de séduire plusieurs générations de mélomanes, même si les mauvaise langues lui ont reproché une démarche un peu trop intello. Ce soir, le combo se fait désirer. Les musicos débarquent donc en accusant un retard d’une dizaine de minutes. Et les premiers accords de « Daydreaming » sont accueillis sous les acclamations de la foule. Qui va bénéficier, d’un set de deux heures et demie. Plusieurs morceaux issus de « OK Computer » commencent à défiler. Et les applaudissements redoublent d’intensité lorsque le band attaque des titres notoires. A l’instar de « Let Down, Exit Music (For A Film) ». Ou encore, lors du premier rappel, l’incontournable « No Surprises ». Une prestation qui sera parachevée par l’inévitable « Paranoïd Androïd ». Si les musicos affichent une présence impressionnante sur les planches, le spectacle est doublé d’un spectacle visuel. Des écrans sont placés de chaque côté du podium et une gigantesque toile ovale est disposée en arc de cercle, derrière la formation. Y défilent soit des images du live (le set proprement dit, les prestations individuelles sur leur instrument, les gros plans focalisés sur leurs visages ou leurs membres qui s’agitent) ou des projections psychédéliques ; parfois en surimpression. Un set irréprochable. Comme d’habitude, serait-on tenté d’ajouter…

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(Organisation : Main Square)

 

 

Open’er 2017 : samedi 1er juillet

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L’Open’er se déroule à la même période que le festival Werchter. Et c’est un constat, il réunit une partie des mêmes têtes d’affiches. Mais la comparaison s’arrête là. Car tant l’hygiène que la surface de l’emplacement (NDR : verdoyants, ses 75 hectares couvrent une partie de l’aérodrome) permettent de se sentir à l’aise, malgré la foule, et de pouvoir respirer. Même lors du dernier jour de l’événement, en général le plus fréquenté. Aussi la rapidité pour rejoindre le site est impressionnante. Des navettes de transports en commun sont prévues, depuis la gare. Celles du RER son programmées toutes les 10 minutes ; et des bus circulent en continu. Y compris pour le retour. Côté météo, l’endroit est autrement exposé aux intempéries. La pluie tombe sans relâche depuis ce matin, poussée par le vent glacial de la mer Baltique. Dans ces conditions, difficile de rester longtemps sur place et un zapping entre scènes s’impose.

C’est sans doute ce temps qui incite la foule à se réfugier sous la Tent stage, où va se produire Tyga. Casquette bien vissée sur la tête, tatoué jusqu’au bout des doigts et arborant des chaînes en or, le rappeur américain est un parfait stéréotype du genre. Pas de grande surprise cependant pour ce set accordé dans la lignée de Drake ou autre Chris Brown.

La bonne surprise viendra de l’Alter stage où est programmé Benjamin Booker. Il a été bombardé ‘White stripe à lui tout seul’. Une épithète guère usurpée puisque Jack White, qui en est fan, l’a déjà embarqué en première partie de sa tournée. Et après avoir fait salle comble à la Rotonde du Botanique, on est en droit de voir ce qu’il a dans le ventre, lors d’un festival. Flanqué d’une blonde à la basse et d’un gratteur à la coupe afro, le Floridien dispense un rock/garage parfois bien brut de décoffrage. Une musique qu’il teinte parfois de blues, de boogie woogie ou même de glam, réveillant au plus profond de notre esprit, les fantômes de T Rex et de Chuck Berry.

The XX embraie pour une prestation d’une bonne heure, qui va faire bien pâle figure, par rapport à son prédécesseur. Les basses redondantes et les voix du duo, Romy et Jamie, deviennent rapidement soporifiques. Il est loin le temps de « Coexist », une œuvre parue en 2012 et qualifiée de magique, par de nombreux médias ; un opus qui avait suscité un énorme engouement pour la tournée qui avait suivi sa sortie…

La suite n’est guère plus réjouissante. Pourtant, Dua Lipa a le vent en poupe, en Angleterre. Une certaine presse la considère déjà comme la future Amy Winehouse voire Adèle, alors qu’elle n’a que 21 printemps. Et il est vrai que son timbre vocal est impressionnant. Mais elle n’a aucune présence sur les planches. Figée derrière son micro, elle est immuablement statique. De quoi lasser rapidement…

Lorde vient de fêter ses 20 ans. Néo-zélandaise, elle a entamé sa carrière très jeune et publié un premier elpee (NDR : sorti chez Universal), alors qu’elle en avait 17. Ce qui lui a permis de truster les récompenses aux ‘Brit awards’, l’année suivante. Elle a le bon goût de choisir en intro le « Running up that hill » de Kate Bush. Elle est cependant nettement moins prude que la célèbre Britannique. En dentelles, sa tenue laisse transparaître des sous-vêtements particulièrement sexy. Elle ne prend pas de risques en entamant son set par ses tubes « Tennis courts » et « Magnets ». Davantage electro/disco, la suite privilégie les plages de son dernier opus, « Melodrama », qui porte mal son titre. Dans un style qui oscille entre Lykke Li, Bjork et Florence Welch, elle s’autorise de jolies envolées vocales qui démontrent déjà une belle maîtrise, malgré son âge…

Mais c’est avec l’envie de terminer par une touche plus rock que votre serviteur rejoint la fin du set de Kevin Morby. Après avoir milité chez Woods et The Babies, ce songwriter a embrassé une carrière solo, il y a trois ans, et a publié autant d’album au cours de cette période. Il n’est pas sans rappeler Kurt Vile voire les Allah-las pour la touche folk désinvolte. Auteur d’une prestation quatre étoiles, ce natif du Missouri, va clore sa prestation par son single « Dorothy » et le rythmé « The ballad of Arlo Jones », dans un style proche de DIIV. De quoi oublier l’accumulation de fatigue et la sensation de froid éprouvée durant ce festival, pour le quitter les oreilles remplies de bonnes vibrations…

(Organisation : Open’er)

 

Main Square 2017 : samedi 1er juillet

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Cette deuxième journée était sans doute la plus électronique du festival ; ce qui a permis à des jeunes artistes comme Talisco, Kungs ou Jain, de tirer leur épingle du jeu, mais également à des ténors comme Major Lazer et Die Antwoord de confirmer leur potentiel. Mais c’est surtout dans le style pop/rock que la surprise est venue, grâce au set déjanté de Cage The Elephant.

Talisco. Main Stage.  17:00 - 18 :00

Talisco nous vient tout droit de Bordeaux. Son folk/rock est musclé par l’électro ; mais les mélodies sont aussi entêtantes que dansantes. A son actif, un Ep, gravé en 2013, et deux albums, dont le dernier, « Capitol Vision », est paru début de cette année. Et manifestement,  Jérôme Amandi est toujours aussi fasciné par l’Amérique, ses compos constituant autant de road trips ensoleillés. S’improvisant conteur et cinéaste indépendant de la chanson, Talisco construit de somptueux paysages au sein desquels il éveille les sens, comme la caresse du soleil sur la peau, le vent dans les cheveux et la joie dans les cœurs. Une chose est sûre, sa musique incite le public à danser et à reprendre en chœur les refrains entonnés par Jérôme Amandi. C’est tout à fait flagrant lors des morceaux les plus connus, et notamment ceux qui ont servi de spot publicitaire ou de générique. Et comme l’enthousiasme des musicos est contagieux, l’auditoire a entamé de la plus belle manière, une journée qui allait devenir exceptionnelle…

Cage The Elephant. Main Stage. 18:30 – 19:30

Les frères Shultz et quelques potes ont fondé Cage The Elephant, à Bowling Green (NDR : c’est dans le Kentucky) en 2006, mais se sont installé à Londres, dès 2008 ; soit juste avant la sortie du premier elpee. Le combo puise ses influences fondamentales dans le rock classique, le blues et le funk. Vêtu d’une chemise de couleur rouge sang, d’un pantalon noir et chaussé de boots dorés à paillettes, Matt Shultz (NDR : c’est le leader) mène la danse et invite l’auditoire, contaminé par son énergie dévastatrice, à le suivre. Pas étonnant que certains médias estiment qu’il s’agit presque, d’une réincarnation de Mick Jagger. Depuis la sortie de son dernier opus, « Tell Me I'm Pretty », la musique a pris une coloration davantage indé. Oscillant entre southern rock frénétique et britpop. Faut dire que c’est Dan Auerbach, le leader des Black Keys, qui s’est chargé de la mise en forme de cet LP, un disque qui a permis au band de décrocher le ‘Grammy Award’ du meilleur album rock pour l’année 2017. Pour en revenir à la prestation de Cage The Elephant, on doit admettre qu’elle a laissé le public pantois, rappelant en même temps, ce à quoi pouvait ressembler un concert de ce style, au cours des 60’s voire des 70’s…

Jain. Main Stage. 20:00 - 21:00

 Jeanne Louis Galice et toulousaine. Agée de 25 ans à peine elle a choisi pour nom d’artiste, Jain. Elle puise ses sources musicales dans son enfance vécue à travers l'Afrique, en suivant le parcours de son père, guidé par ses activités professionnelles. Elle constitue une des bonnes surprises électro/pop pour l’année 2016. Dotée d’une identité visuelle et musicale particulièrement efficace, elle est capable de séduire tout type de public à l’aide de ses tubes entêtants et percutants. On se surprend même parfois à fredonner des morceaux comme « Come » ou « Makeba », récemment récupérés par la publicité. Le passage par le Main Square Festival était ainsi pour la jeune artiste le moyen de confirmer sa présence électrique sur scène. On pourra sans doute lui reprocher d’avoir sans doute voulu appliquer les mêmes codes que ceux utilisés en ‘live’, en voulant rester très proche, voire trop, du public et en attachant davantage d’importance à l’explication de son itinéraire qu’à la pratique de son art. Mais heureusement, le spectacle est quand même au rendez-vous. Sa voix au timbre si particulier continue de charmer. Et elle peut s’appuyer sur un backing group solide. De quoi contribuer à créer une très bonne ambiance. Pari réussi !

Die Antwoord. Main Stage. 21:30 – 22:45

Die Antwoord (NDR : la réponse, en afrikaans) est parvenu installer Le Cap et l'Afrique du Sud sur la carte de la musique. Inclassable, décapante et sauvage, celle du band est coulée dans le moule d’un modernisme certain. Cependant, elle est très susceptible de choquer les oreilles et même les yeux d’un public non averti. Elle agrège le rap alternatif, la rave et la ‘zef’ (NDR : issue de la culture locale, elle mêle trash, tradition et modernité) ; et sa transposition en ‘live’ est éminemment spectaculaire. Monumentale, même. La présence du combo en France est plutôt rare. Aussi, ce show accordé à Arras est une quasi-exclusivité. Bilan, Die Antwoord est aussi dérangeant sur les planches qu’à travers ses vidéos sulfureuses, dont plusieurs ont d’ailleurs été prohibées. Sur l’estrade, les musicos sont de véritables mutants. Piloté par la voix rauque du rappeur et co-leader Ninja ainsi que de celle, cristalline et suraiguë, de Yolandi Visser, le spectacle est insolite, complètement absurde. Interprétés dans un cocktail déroutant entre afrikaans et anglais, les textes sont véhiculés par une expression sonore particulièrement puissante, blindée par des accès de basses à faire vibrer les corps. Véritables transformistes, les deux leaders changent de tenues, entre chaque titre, préludant chaque fois, un morceau plus dingue que le précédent. Le show est donc manifestement au rendez-vous. On se prend une fameuse claque. Et ce même avant que la formation n’attaque des tubes tels que « Baby’s On Fire » ou « I Fink U Freaky ». En prenant un peu de recul, on pense inévitablement aux précédentes interdictions qui ont frappé les moins de 18 ans, pour assister aux concerts de Die Antwoord ; mais également à l’éventuelle réceptivité des festivaliers, à ce type de discours. L’inquiétude est cependant de courte durée et laisse heureusement vite place à une nouvelle idée. C’est un live à voir au moins une fois dans sa vie…

Kungs. Green Room. 22:35 - 23:35

Jeune DJ toulonnais, Valentin Brunel, a choisi Kungs, comme pseudo. Au cours des derniers mois, il a conquis les charts grâce, notamment, à « This Girl », fruit de la remasterisation électro d’un titre signé par le groupe australien Cookin’ on 3 Burners, et deux autres extraits de « Layers », son premier elpee, « Don’t you know » et « I feel so bad ». Le tout en 2016 ! Il a ainsi, en peu de temps, réussi à décrocher l'un des plus gros succès de l'année en matière de musique électronique dansante. Bénéficiant d’une communication visuelle conséquente, traduite par ses clips, il cartonne sur Youtube en y cumulant les millions de vues. Nommé aux Victoires de la Musique et invité au non moins célèbre festival de Coachella, Kungs est considéré comme le jeune DJ qui monte, à l’instar des réalisations du jeune beatmaker Petit Biscuit. Au cours de son ‘live’, il a proposé des remixes de classiques populaires publiés au cours du nouveau millénaire, des standards issus de la musique électronique et pop, afin de réunir un max de peuple et de le faire danser. De temps à autre, il y a glissé des plages extraites de son album, afin d’éviter que la foule ne finisse par se lasser. Le Dj jouit d’une excellente technique et d’une maîtrise impressionnante. Bref, on a vécu un excellent moment de partage entre amis ; de quoi bien préparer le terrain pour Major Lazer qui se produit dans la foulée, sur la Main Stage…

Major Lazer. Main Stage. 23:25 - 00:45

Diplo est considéré comme un des meilleurs Djs au monde. Producteur et compositeur au service de la crème de la pop urbaine mondiale, il avait, au départ, monté Major Lazer comme un projet parallèle, en s’inspirant de la culture jamaïcaine, un peu, en guise de récréation. Mais « Watch Out For This » et « Lean On » vont devenir des hits planétaires imparables ; et le projet va se transformer en véritable groupe. A temps plein et dont le succès potentiel devient considérable. Pour concocter son quatrième long playing, le band a reçu –comme d’habitude– de nombreux guests. Et des grosses pointures ! Major Lazer est une machine destinée à faire danser, annihilant toute fonction cérébrale pour laisser le corps décider de la suite des événements. L’annonce de l’arrivée imminente du combo provoque déjà une véritable ovation. Sa réputation le précède, comme sa montée sur les planches. L’ambiance est donc déjà torride, alors que le set n’a même pas encore commencé. Et dès les premiers accords, les festivaliers commencent à se déhancher. Il ne faut même pas attendre les tubes pour que la machine à fumée soit déclenchée et les canons à confettis arrosent l’auditoire. On entend quelques notes de « Watch Out For This »… fausse alerte, c’est une ruse ! La foule est déchaînée et n’attend plus que le moment au cours duquel il pourra laisser éclater son euphorie. En fin de show, le groupe invite l’auditoire à suivre ses instructions. Message reçu 5 sur 5 ! D’abord bondir tous en même temps, puis se précipiter en courant à gauche et enfin à droite. La liesse est à son comble lors du dernier titre, « Lean On », au cours duquel le band en profite pour remercier le public français. En revêtant les vareuses de l’équipe de France de football et en agitant un gigantesque drapeau aux couleurs tricolores. Et le show de s’achever, avec un certain soulagement, davantage réclamé par les muscles endoloris que par une réelle envie de voir clore une des plus belles prestations accordées sur la Main Stage.

Bref, un bilan plus que positif pour cette deuxième journée du festival, placée sous le signe de l’électro, au cours de laquelle on a assisté à un concert extrême, savouré ceux de formations intemporelles et vécu des expériences intenses. Autant pour le corps que pour l’esprit. Sans oublier les découvertes pour les uns et les redécouvertes pour les autres…

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(Organisation Main Square)

 

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