Outre ses activités musicales, Zap Mama travaille avec des organisations militantes et humanitaires. Médecins Sans Frontières, Amnesty International et Care.org (USA) ont utilisé sa musique pour sensibiliser le public. Zap Mama agira également en tant…

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Julian Lennon vient de publier deux nouvelles compos sur la toile, "Breathe" et "Save Me", deux titres qui figureront sur son prochain elpee, "Jude", dont la sortie a été fixée au 9 septembre 2022. Interprété au piano, « Breathe" (clip d’animation disponible…

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Cactus Festival 2019 : vendredi 5 juillet

Vendredi soir, vers 16 heures, les premiers spectateurs arrivent devant le Minnewaterpark et s'assoient tranquillement à l'entrée. Ils sont clairement impatients de pénétrer sur le site et regardent autour d’eux en affichant un bel enthousiasme. La musique résonne déjà dans les enceintes. On sera bientôt plongé dans l'atmosphère unique du Cactus. Une vingtaine de minutes plus tard, les écluses s’ouvrent sur le parc...

Votre serviteur décide d'aller explorer le coin ; et ce qui le frappe de suite, ce sont les magnifiques et uniques sculptures qui décorent le secteur dans un bel ensemble de chaleur et d'intimité. Il y a également de nombreux stands de nourriture, la piste de danse annexe et même un kiosque baptisé ‘Win For Life’. Cependant, le choix est rapide. Pas trop le temps de s’attarder au stand de la Loterie Nationale ; il est temps de partir à la découverte des nombreux groupes ou artistes qui vont se produire sur le podium…

Et puis à 17 heures Kirsten Lemaire, la présentatrice, monte sur l’estrade pour donner le coup d’envoi officiel de l’édition 2019 du festival Cactus…

On n’imagine pas le stress que doit vivre un artiste ou groupe qui ouvre un festival. Cette mission est dévolue à Eliza Doolittle et son équipe. D’origine londonienne, elle s’est lancée dans la musique très jeune. Mais elle a diamétralement changé de cap, l’an dernier, lors de la sortie de son dernier opus, « A Real Romantic ». Un disque publié en 2018 qui recèle de nombreuses compos baignant au sein d’un r&b teinté de jazz et dont elle va nous en proposer de larges extraits. Sur les planches, elle semble peu sûre d’elle, mais aussi un peu trop statique. Si "Was Looking" constitue le meilleur moment de son set, il faut avouer qu’il nous a laissés sur notre faim….

Faces on TV, c’est le projet de Jasper Maekelberg. Il s’est forgé sa notoriété comme producteur en bossant, notamment, pour Warhola, Tsar B, Soldier’s Heart et Jef Neve. Dès le début du concert, la formation libère une belle énergie à travers des compos allègres, souples et dansantes. Lorsque sa pop devient davantage psychédélique, on pense parfois à Balthazar, même si le style est totalement différent. Jasper chante, se sert de percus espiègles et souffle également dans un harmonica. Il prend même un bain de foule, lors du troisième titre. Bref, une prestation propice à la bonne humeur, dont on retiendra surtout les backing vocaux remarquables assurés par Dienne Bogaerts. Sans elle, le band n’aurait sans doute pas la même saveur. Elle pourrait d’ailleurs facilement se lancer dans un projet solo…

Par rapport à sa prestation accordée au festival, en 2013, Stefanie Callebaut semblait beaucoup plus confiante. Et pourtant, l’auditoire s’est montré bien moins enthousiaste. Une raison ? Des compos récentes qui ont dominé la setlist. D’ailleurs, le public est davantage séduit par son ancien répertoire. Parce que les nouveaux morceaux constituent une forme d’extension des anciennes. Donc, rien de neuf à l’horizon. Même que parfois, la voix de Stefanie rappelle celle de Lou Rhodes (Lamb). Un concert bien trop monotone pour convaincre…

Dix secondes, il n’a pas fallu plus de 10 secondes, pour que Goose fasse exploser la plaine du Minnewaterpark. Boosté par un light-show impressionnant, gavé de lasers et stroboscopes, le set a mis le souk au sein de la foule, qui manifestement avait envie de faire la fête. L’électro-rock hyper puissant, nourri aux guitares, percussions et synthés a littéralement fait mouche. Il y a bien eu un problème technique, rencontré par le bassiste, mais d’un bout à l’autre du show, Goose n’a montré aucun signe de faiblesse tout en parvenant à placer la barre très haut. Rester immobile était inconcevable, et la plupart des chansons ont été reprises à haute voix par les spectateurs. A la fin du concert, une question m’a traversé à l’esprit : Oscar & The Wolf était-il capable de faire mieux ?

Pour accueillir Oscar & The Wolf, le podium est bordé de grands draps blancs. Immaculés, même. Dès que le backing group monte sur l’estrade, une énorme ovation émane de la foule. Après une courte intro, Max Colombie débarque à son tour. Tant les titres les plus anciens, à l’instar de "Undress", issu de l’elpee  "Entity", que les nouveaux, dont "So Real", "Breathing" et "Runaway", qui figurent sur l’album "Infinity", sont interprétés sur un tempo soutenu. Les musicos sont particulièrement complices et Max ne manque pas d’esquisser ses rituels mouvements de danse. Un spectacle sexy, sensuel et propice au lâcher-prise, bien soutenu par un jeu de lumières tout aussi épatant que celui de Goose. Et cerise sur le gâteau, des canons vont propulser des confettis, pour couronner le show…  

(Organisation Cactus, Bruges)

Eliza + Faces on TV + SX + Goose + Oscar & The Wolf

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Les Nuits Botanique 2019 : samedi 4 mai

Vous connaissez la Loi de Murphy ? En voici un bel exemple ! Imaginez que vous êtes intéressé(e) par deux groupes ou artistes lors d'un festival et, malencontreusement, ils se produisent au même moment, sur deux scènes différentes. Le dilemme de ce soir, aux Nuits Botanique, c'est donc le choix entre Weyes Blood, dans la Rotonde, et Kompromat, sous le chapiteau. Choix cornélien, s'il en est, qui sera résolu à la manière de Salomon, en accordant une moitié du temps à chacune des prestations.

En toute logique, ce diptyque musical est entamé par Weyes Blood, car la pop orchestrale de l'Américaine constitue une idéale mise en bouche avant de passer à l'explosion électro de Kompromat. Natalie Mering, qui a choisi son nom de scène en référence au roman ‘Wise Blood’ de Flannery O'Connor, est un véritable OVNI sur la scène musicale. Dans une démarche 'rétro-futuriste', elle conçoit une musique vintage que l'on croirait issue des années soixante, voire même plus tôt encore. On pense aux Beach Boys, dont elle reprend d'ailleurs le « God Only Knows » en concert, mais aussi à Joan Baez, Procol Harum, Jennifer Warnes, sans oublier le Jazz et Gershwin ! Ce cocktail suranné débouche, étonnamment, sur une 'dream-pop' moderne, fraîche et hypnotique, bercée par la voix voluptueuse de la jeune Américaine.

Ce soir, sur les planches, Natalie est vêtue d'un superbe costume deux pièces blanc, sur lequel ondule sa sublime chevelure noire. C'est que la chanteuse possède la beauté et l'élégance, outre son talent ; de quoi fasciner le public de la Rotonde. Soutenue par un groupe complet, elle se plante derrière son clavier Nord et, tout au long de la première partie de son set, interprète à la perfection une majorité de compositions tirées de son nouvel album, le 4ème, « Titanic Rising », dont « A Lot's Gonna Change » et son dernier single, « Everyday ». Les versions 'live' sont très proches de celles gravées en studio, ce qui est remarquable vu toute la richesse des arrangements originaux. Au début de « Picture Me Better », on ne peut s'empêcher de comparer les premières notes et les harmonies au « Don't Make Me Over » de Dionne Warwick, un titre repris en français par les Surfs. Tout au long de cette compo, le timbre cristallin et les harmonies stellaires emportent l’auditoire. Pas de doute : le spectacle est très réussi à tous point de vue mais il manque peut-être une petite touche de folie, de mystère pour enflammer complètement les cœurs.

C'est le moment choisi pour quitter l'ambiance intime de la Rotonde et rejoindre le Chapiteau pour le set de Kompromat. Ce duo constitue le nouveau projet de Vitalic et Rebekka Warrior, alias Julia Lanoë, de Sexy Sushi. « Kompromat », en russe, signifie ‘dossiers compromettants’, principalement en référence à une personne publique. Renforçant encore le côté international, les paroles des chansons du duo sont interprétées en... allemand. Un choix étonnant quand on sait que R. Warrior ne parle pas la langue de Goethe !

Qu'à cela ne tienne, le premier album de cette paire, « Traum und Existenz », est un missile ! Il réussit le mariage entre un style électro-clash façon The Hacker & Miss Kittin' et un synth-punk racé, élaboré avec maîtrise par Pascal Arbez-Nicolas.

Quand on connaît les extravagances scéniques de Sexy Sushi, il est naturel d’être curieux de voir ce duo opérer en 'live' ! Après quelques minutes et « Niemand », son premier hit, force est de constater que le show est, disons-le, classique dans un style typiquement Vitalic. Le musicien trône derrière une énorme table, sur laquelle sont disposés son matériel informatique et ses synthés analogiques. Le light-show est impressionnant, articulé autour de lasers placés sur les côtés et d'un gigantesque néon représentant le nom du groupe. Le son est à la hauteur des attentes, énorme. Inquiétante, de par sa coupe militaire et ses habits noirs, R. Warrior chante à la perfection, avec cette hargne typique de l'électro-clash. Pendant « De Mon Âme à Ton Âme », l'actrice française Adèle Haenel, présente sur l'original studio, rejoint le tandem sur les planches pour ce titre aérien et émouvant, qui apparaît dans le set comme une douce parenthèse.

On revient bien vite aux rythmes effrénés grâce à « Auf Immer und Ewig » et « Herztod ». A ce moment, on identifie clairement l'influence de l'EBM belge de Front 242, une influence revendiquée par Pascal Arbez-Nicolas dans ses interviews récents. Pour les fans de ce type de musique, comme votre serviteur, c'est véritablement une aubaine qu'un artiste de la renommée de Vitalic se lance dans un projet clairement orienté du côté 'dark' de la 'wave' !

Bref, on a assisté à un excellent concert ! On espère juste qu'au fil des représentations, R. Warrior s'enhardira quelque peu et qu'elle fera éclater le carcan 'live', un peu convenu pour l'instant, de ce projet hautement prometteur...

En point d'orgue de la soirée, le Français Romain Delahaye, alias Molecule, a déroulé son électro torride sous un chapiteau rendu... glacial par une météo décidément bien déréglée en ce début de mois de mai. Le musicien devait s'y sentir à l'aise, lui qui a élaboré son dernier album, « -22,7° » au... Groenland. Quand on est givré...

Weyes Blood + Kompromat + Molecule

(Organisation Botanique)

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Les Nuits Botanique 2019 : jeudi 2 mai

L'éclectisme qui régit les Nuits Botanique n'est plus à démontrer. Ce soir, il va de nouveau se vérifier, à travers une programmation qui opère un grand écart musical entre un pianiste d'inspiration classique et la nouvelle égérie de l'électro-pop française.

Lubomyr Melnyck nous a fixé rendez-vous dès 20 heure au Grand Salon. Ce pianiste et compositeur canadien d'origine ukrainienne est de retour deux ans après avoir accordé un concert au Cirque Royal, en première partie de Terry Riley. Affichant plus de 70 printemps, il est mondialement connu pour sa technique du jeu ininterrompu. Dans son travail, on peut entendre les influences de Ravi Shankar et d'autres musiciens indiens, tandis que les textures répétitives évoquent souvent Steve Reich et Philip Glass.

Ce soir, il joue à guichets fermés dans le Grand Salon. Arborant un look de patriarche slave, le magicien du piano apparaît seul sous les projecteurs et remercie le public de sa présence. Tout au long du concert, il multipliera les interventions au micro, expliquant les différents aspects de sa technique et présentant le contexte et la signification de chacune de ses compositions.

Dès les deux premières pièces, « Illirion » et « Butterfly », on est frappé par l'incroyable dextérité du musicien. Sa technique consiste à construire un flot ininterrompu de notes en glissant très rapidement sur les ivoires. C'est comme une vague irrésolue qui se déroule en va-et-vient sur toute la longueur du clavier. Au milieu de ces triples ou quadruples croches, Melnyk martèle plus fortement certainement touches, révélant ainsi la mélodie dominante. 

En outre, le Canadien est un maître de l'improvisation, ce qui lui permet d'inventer littéralement de nouvelles compositions tout en jouant. Notons, au passage, qu'il a établi deux records mondiaux, en 1985 à la Sigtuna Stiftelsen, en Suède. Au cours d'un concert enregistré, il a joué avec chaque main jusqu'à 19,5 notes par seconde tout en maintenant une moyenne entre 13 et 14 notes pendant une heure complète. Eddie Van Halen peut aller se rhabiller... 

Modeste, l'artiste rappellera d'ailleurs pendant le concert que sa technique est unique et impossible à reproduire pour les autres pianistes, fussent-ils virtuoses.

Après une courte pièce intitulée « Rondo Gaze », composée, dit-il, pour s'amuser, le Maître s'attaque ensuite à un des piliers de la setlist : « Love song of Bonnie and Clyde », une composition pour deux pianos et un synthétiseur (NDR : un Korg pour être précis). Accompagné par une bande enregistrée, il se lance à nouveau dans une sarabande de notes virevoltantes, au sein desquelles on distingue une mélodie toute simple, évoquant les canons de Pachelbel ou certaines partitions de Vangelis.

Enfin, pour clôturer son concert, Melnyk nous offre « The End of the World », un tour de force de plus de 20 minutes mettant en scène une sombre apocalypse en accords mineurs, suivie d'un motif répétitif qui, tel un mantra, convoque un nouvel espoir et fait apparaître, sous la forme d'accords majeurs, une lumière qui s'entrouvre sur l'éternité...

Les applaudissements du public sont encore nourris lorsque nous mettons le cap sur le Chapiteau, où Jeanne Added entame le cinquième titre de sa setlist. Et non des moindres, puisqu’il s'agit d'un des hits de son nouvel opus, « Mutate ».

Jeanne Added est une musicienne surdouée. Après avoir accompli de brillantes études musicales, elle a entamé une carrière solo orientée, dans un premier temps, sur une ligne plus rock, ponctuée de touches new-wave. Sur son deuxième album, « Radiate », publié il y a quelques semaines, elle a pris un virage à 180°, en empruntant la voie de l'électro-pop, dans un style qui oscille entre l’univers de Ladytron, Goldfrapp et Florence and The Machine. Sur les planches, elle affiche un look assez ambigu, subtilement 'tomboy', qui évoque bien sûr Chris(tine and the Queen), un look qui lui permet d'incarner une icône LGBT, une communauté présente en masse devant le podium...

‘C'est ici que j'ai enregistré mon nouvel album’, précise la chanteuse. ’A Molenbeek !’ (NDR : prononcez ‘Molenbèk’). » Très à l'aise sur les planches, la Française n'hésite pas à papoter entre les morceaux et à chaque fois que la musique devient plus remuante, elle esquisse agilement quelques pas de danse que ne renierait pas la Reine Chris ; encore elle. Les arrangements sont 100% électro, interprétés par deux claviéristes du beau sexe et un batteur.

Dans « Falling hearts » et « Back To Summer », la chanteuse s'amuse clairement avec les rythmiques et les progressions électro, voire même disco-funky. Ces dernières provoquent de belles réactions du public, dans un Chapiteau rempli aux trois-quarts. Par moments, on pense aussi à Austra, le groupe canadien de Katie Stalmanis.

Après le très calme « Look at them », « A war is coming » installe une ambiance menaçante, presque apocalyptique mais qui ne s’éternise pas, car « Lydia » vient à nouveau stimuler les gambettes grâce à des rythmes syncopés et à la superbe envolée de sirènes synthétiques.

Le concert se clôture par « Before the Sun » dont le final est hymnique. Au cours du rappel, Jeanne propose tout d'abord une jolie séquence seule-en-scène à l'entame de « Song 1 2 » et conclut par un « Suddenly » ponctué par les ‘oh oh oh’ repris en chœur par le public. Pas de doute, en ‘live’, Jeanne propose une réelle valeur ajoutée... A real ‘Added’ value...

Lubomyr Melnick + Jeanne Added

(Organisation : Botanique)

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Roots & Roses 2019 : mercredi 1er mai 2019

Écrit par

Cette année, le Roots & Roses fête son dixième anniversaire et pour la circonstance il a invité Black Box Revelation qui s’était produit lors de la première édition mais également de grosses pointures comme Wovenhand, Jon Spencer ainsi que Kitty, Daisy & Lewis, un trio qui va faire l’unanimité au sein de l’auditoire. Bonne nouvelle pour les organisateurs, la toute grosse foule s’est déplacée pour l’événement. Il doit y avoir plus de 4000 âmes sur le site en ce mercredi 1er mai, au beau milieu de l’après-midi. Faut dire aussi que le soleil est au rendez-vous. Compte-rendu.

Le Roots & Roses commence par The Courettes, pour Musiczine, un duo qui réunit le Danois Martin Wild, et la Brésilienne Flavia Couri, un couple qui marie donc le froid et le chaud. Pourtant, leur garage/rock revivaliste remplit tout l’espace sonore. La puissance de frappe de Martin sur ses fûts est impressionnante et épaule parfaitement la très jolie guitariste Flavia, dont la voix me fait parfois penser à celle de Poly Styrène (X-Ray Spex), alors que ses interventions à la gratte sont singulièrement efficaces. Le tandem n’est pas venu pour enfiler des perles, mais libérer une énergie rock’n’roll redoutable. Enfin, dans les lyrics, on retrouve certains thèmes développés par les Cramps, et notamment ceux relatifs aux films d’horreur de série B…   

Place ensuite à The Sadies, un quatuor torontois impliquant deux frères, Dallas et Travis Good, qui se partagent le chant et les guitares, et une section rythmique batterie/contrebasse ; un band dont l’alt country bien électrifiée est contaminée par le punk et le garage, mais aussi le psychédélisme West Coast et le bluegrass. Tout un programme ! La formation compte plus de 20 ans d’existence, et apparemment ce soir, les frangins n’étaient pas de bonne humeur, mais très pro, le combo a fait le job et puis a tiré sa révérence…   

Calibro 35 est un gang italien responsable d’une musique instrumentale qui mêle funk, jazz fusion et prog. Après une intro atmosphérique, il va nous proposer un répertoire partagé entre répertoire personnel et thèmes classiques de bandes originales de films issus des seventies. Massimo alterne guitare et claviers, pour donner de la profondeur au son alors qu’Enrico joue du saxophone (NDR : un virtuose !) et du clavier en même temps. Tous les musiciens sont doués, mais ce sont ces duos entre Massimo et Enrico qui font la différence….

The Devil Makes Three est un trio californien, issu de Santa Cruz très exactement, dont la musique oscille entre bluegrass, country, folk, blues, jazz et ragtime. Pete Bernhard, le guitariste, en est le leader et le principal compositeur, Cooper McBean, casquette vissée sur le crâne et couettes tressées, se consacre soit à la gratte, au dobro ou au banjo et Lucia Tunimo, à la contrebasse. En live, ils sont soutenus par un drummer.

Le dernier elpee du band, « Chains are broken » est paru l’an dernier, un disque dont les lyrics relatent l’histoire d’un groupe dont les musicos ont acquis une certaine maturité en se débarrassant de leurs problèmes liés à l’alcool. Boire pour oublier les tracas de la vie quotidienne et en découdre avec son prochain devait sans doute constituer leur mode de vie, auparavant. Ces chansons bibitives incitent cependant aussi à danser, frapper des mains et lâcher prise et mettent en exergue d’excellents instrumentistes qui prennent un soin particulier pour soigner leurs harmonies vocales. McBean est un virtuose du picking, notamment sur son banjo tenor. Lucia se réserve le chant sur la cover de Peggy Lee, « I’m a woman », et des chansons comme « Gracefull facedown » et surtout « Chains are broken », le titre maître du dernier opus, sont particulièrement contagieuses. Un groupe vraiment taillé pour la scène. Il le reconnaît d’ailleurs publiquement, estimant que c’est là qu’il parvient à allier esprit et passion. Il va d’ailleurs recueillir de chaleureux applaudissements, à l’issue de sa prestation.

Place ensuite à Endless Boogie, un quatuor établi à New-York, de Brooklyn très exactement, qui aurait pu vivre fin des sixties, début des seventies, tant sa musique est revivaliste. Même le look du chanteur/guitariste, Paul ‘Top Dollar’ Major –il est né à Louisville, dans le Kentucky, en 1954– colle parfaitement à cette époque. Au fil du set, on pense à Neu, pour le krautrock et à Grateful Dead pour le psychédélisme West Coast, même si l’expression sonore recèle des traces de hard rock, de stoner et de blues. Les morceaux sont interminables et parfois s’étendent au-delà du quart d’heure. Les solos de guitare sont légion chez Paul, alors que son complice, Jesper ‘The governor’ Eklow, balise parfaitement l’ensemble de sa gratte rythmique. Motorpsycho explore parfaitement ce style, bénéficiant de la présence de deux excellents vocalistes. Endless Boogie souffre malheureusement de cette carence vocale. Pourtant, déclamatoire, la voix de Major peut rappeler Captain Beefheart, mais elle râcle carrément les portugaises, lorsqu’il essaie de chanter. Le son est naturellement crade, un choix qui ne soulève aucune objection. Par contre, le volume sonore est excessif. Pas vraiment une bonne idée, car en se protégeant à l’aide de bouchons dans les oreilles, on perd alors toutes les subtilités des tonalités aigues…

Faut croire que Endless Boogie et Wovenhand s’étaient passés le mot, car le set de la bande à David Eugène Edwards va souffrir du même syndrome. En outre, on ne sait pas quelle mouche l’a piqué, mais refuser la présence de tous les photographes dans le frontstage est un caprice souvent rencontré par les artistes qui ont pris le melon. Ou le stetson, qu’il a enfoncé sur le crâne quand il grimpe sur l’estrade. Non seulement le son est assourdissant, mais il est surtout brouillon. Il faudra attendre une bonne vingtaine de minutes avant qu’on ne commence à percevoir les nuances des morceaux. C’est-à-dire lorsque David troque sa gratte pour un banjo électrique. Le climat du set a beau être ténébreux, il fait encore jour, et le light show, censé accentuer cette impression, ne sert quasiment à rien. En 2015, au même endroit, Wovenhand nous avait réservé un show empreint de mysticisme. Mais 4 ans plus tard, resservir les mêmes litanies amérindiennes ou incantatoires finit par lasser. Son dark folk commence à prendre la poussière (NDR : qui a dit à sentir le sapin ?). Pourtant, son backing group tient parfaitement la route, que ces soit le bassiste, le batteur, qui impressionne par son drumming ample ou le gratteur qui assure parfaitement les backing vocaux (NDR : amusant les deux micros destinés aux vocalistes ressemblent à des tambours de râpe-gruyère). Une grosse déception, même si en fin de parcours, Wovenhand commençait enfin à reprendre du poil de la bête…

Ce n’est pas la première fois que Jon Spencer se produit dans le cadre du Roots & Roses. En 2012, il était flanqué de son Blues Explosion, en 2016, il avait opté pour son Heavy Trash et cette année, il a entraîné dans l’aventure, son nouveau groupe, The Hitmakers dont le line up réunit M. Sord la batterie, Sam Coomes (Quasi, Headmister), aux claviers et le drummer originel de Sonic Youth, Bob Bert (NDR : il ressemble à Ozzy Osbourne !) aux percus. Ses percussions ? Un bric-à-brac constitué de pièces métalliques, parmi lesquels on remarque la présence d’une poubelle et des pièces d’automobile, dont des amortisseurs, un rotor de freins, et on en passe ; et sur lequel il frappe régulièrement avec des marteaux. L’aspect percussif des compos est ainsi particulièrement marqué tout au long du show. Bien qu’âgé de 53 balais, Jon est toujours aussi fringuant. Habillé de noir, comme ses musicos, il déclame, hurle des slogans ou chante des textes souvent amusants, parfois en empruntant le timbre d’Elvis Presley, mais d’une voix sous reverb. S’il puise essentiellement son répertoire au sein de son dernier elpee, « Jon Spencer sings the hits », il nous réserve quand même l’une ou l’autre compo de ses autres projets (Pussy Galore, Blues Explosion, etc.) Entre blues, rock’n’roll, psychobilly, punk et rockabilly, les compos sont truffées de breaks. Le claviériste se réserve le lead vocal sur l’une ou l’autre compo, et triture ses ivoires, à l’aide de ses doigts, bien sûr, mais également des paumes de ses mains ainsi que de ses genoux. Ses claviers –aux sonorités circonstaciellement vintage ou rognées si vous préférez– tracent également les lignes de basse, un peu comme Ray Manzarek, chez les Doors. Issu du dernier opus, « Do the trash can » est manifestement hanté par les Cramps. Les titres sont courts. La setlist va d’ailleurs receler plus de 20 morceaux. En milieu de parcours, Jon balance ironiquement, un ‘Ready for more hits ?’, sachant que sa musique s’adresse quand même à un public averti. Pas la moindre faiblesse au cours de ce concert qui a démontré que Spencer était toujours un excellent showman… Un dernier slogan ? ‘Jon Spencer & The Hitmakers, The Hitmakers !’

Mais le meilleur reste à venir ; et pour cause, la prestation de Kitty, Daisy & Lewis va mettre tout le monde d’accord. Fondée en 2000, cette formation londonienne réunit deux sœurs et un frère. Elle pratique un mélange de blues, r&b, soul, punk, rock’n’roll, pop et glam. Et sur les planches, c’est un vrai régal. Le son est nickel, démontrant qu’il n’est pas nécessaire de booster les décibels pour accorder un set qui tienne la route. Première constatation, la fratrie change constamment d’instruments. Un véritable carrousel ! Les trois musicos se partagent alternativement et indifféremment la batterie, la guitare ou les claviers (joués assis, à gauche du podium), ainsi que le lead vocal. Seule Kitty se réserve l’harmonica. Sur le podium, le band est soutenu par un bassiste (NDR : pas de trace de la maman, contrebassiste) et assis en arrière-plan, discrètement, probablement le paternel Durham, à la sèche. Très jolie et sexy dans a robe à rayures horizontales, Daisy doit faire fondre les cœurs masculins. Sa voix évoque parfois celle de Nancy Sinatra. Et élégant dans sa chemise blanche rétro, Lewis, les cœurs féminins, même quand il chante le cynique « Baby, bye bye ». C’est devenu un rituel, le vétéran Eddie Thorntorn (NDR : âge de 86 balais, il a notamment participé aux sessions d’enregistrement des Beatles et de Boney M), aka Tan Tan, vient donner un coup de trompette. Et ses interventions sont épatantes, virant même parfois au free jazz. Il rejoindra la troupe à deux reprises, remerciant l’auditoire, la bénissant même, et traînant quelque peu les pieds afin de savourer les applaudissements, avant de se retirer.  Jamaïcain, il excelle sur les morceaux reggae voire ska, mais apporte également sa coloration cuivrée à d’autres titres plus pop. Kitty est manifestement la leader du combo. C’est elle qui trace la ligne de conduite. Vêtue d’un sweat de couleur orange, pantalon moulant, elle est tout aussi sexy que sa sœur, jolie également, mais sa haute chevelure en chignon la désavantage. Cependant, c’est une harmoniciste talentueuse. Et elle va le démontrer tout au long de la cover du « Going up the country » de Canned Heat, un titre qui figure dans leur répertoire depuis déjà une dizaine d’années. Daisy a démonté un tom de caisse claire et vient le planter en front de scène. C’est Lewis qui se charge de le scotcher sur les planches. Et puis les deux frangines vont se partager les vocaux sur un seul micro, Kitty soufflant dans son harmo comme si elle avait trois poumons tout en se contorsionnant comme un serpent, alors que Daisy frappe sur ses peaux en cadence et tout en swing. Le meilleur moment du festival pour votre serviteur…

The Black Box Revelation, votre serviteur n’a jamais accroché en ‘live’. Sauf lorsqu’il a bénéficié du concours de la chanteuse soul Chantal Kashala, au Cactus Festival, en 2016. Pourtant la musique du duo est excellente sur disque, à l’instar de son dernier opus, « Tattooed Smiles ». En outre, le tandem de Dilbeek recueille un franc succès au Nord de la Belgique. Le guitariste/chanteur Jan Paternoster et le drummer percussionniste semblent heureux d’être là et la foule est enthousiaste à l’écoute de ce concert. Il fallait aussi trouver un moment pour reposer ses guiboles et son dos…

Agé de 46 ans, C.W. Stoneking est australien, mais ressemble plutôt à un Portoricain. Sur les planches, le look rétro, Christopher William est soutenu par un contrebassiste, également préposé aux backing vocals, et un drummer/percussionniste, coiffé d’un chapeau, dont le kit est minimaliste. Ce chanteur/guitariste possède une voix graveleuse, qui correspond parfaitement à son blues/roots au groove sudiste (NDR : ses parents étaient américains) et aux accents latino qui enflamme instantanément l’auditoire, un auditoire très participatif et donc l’interactivé avec Stoneking ne faiblira à aucun moment du show. Un artisan du blues qui sied bien au Roots & Roses. A l’année prochaine !

(Organisation : Roots & Roses)

The Courettes + The Sadies + Calibro 35 + The Devil Makes Three + Endless Boogie + Wovenhand + Jon Spencer & The Hitmakers + Kitty, Daisy & Lewis + The Black Box Revelation + C.W. Stoneking

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Les Nuits Botanique 2019 : mardi 30 avril

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C’est déjà la huitième soirée des Nuits. Si le chapiteau n’est qu’à moitié rempli pour le set de Flavien Berger, celui que son compatriote tout aussi décalé Bertrand Belin va accorder à l’Orangerie, est sold out depuis belle lurette.

Et la salle est déjà bien garnie, lorsqu’Antoine Chance grimpe sur l’estrade. Son pseudo est le résultat de la traduction du néerlandais en français, de celui de son père, Philippe Geluck. Pour enregistrer son premier opus, « Fou », gravé en 2005, il avait reçu le concours de ses concitoyens, Jacques Duvall et Vincent Taeger. Il vient de publier son deuxième elpee, « Si vivante », un disque davantage électro, mais aux refrains rudimentaires. Ce soir il passe allègrement entre son clavier et un séquenceur minimaliste. Il est épaulé par un autre claviériste/bassiste, un batteur et guitariste, sosie de Neil Halstead. Avant d’interpréter « Eleonore », il demande à l’auditoire si une jeune fille porte ce prénom. Mais personne ne se signale dans la fosse. Un titre qui à quelques lettres près ressemble à une compo de Dominique A, et paradoxalement, cette chanson est également construite en crescendo. Cool, « Le courant » est bien plus alternatif que continu (NDR : le clip vidéo a d’ailleurs été tourné au sein et dans les jardins du Botanique). Décontracté tout au long du show, Antoine porte une chemise à fleurs qu’il avouera avoir emprunté à sa femme. Humoristiquement, il propose d’interpréter le second titre prévu pour le rappel au bar, ayant été sommé dans l’oreillette de respecter son timing. Il va d’ailleurs jouer les prolongations dans les couloirs et à la terrasse du Bota, en compagnie de son band. Bref, Antoine Chance nous a accordé un set très plaisant, mais pas vraiment transcendant ; les mauvaises langues en profiteront sans doute pour répéter qu’être le ‘fils de’ a dû contribuer à lui frayer un chemin dans le paysage audio belge.

La carrière solo de Bertrand Belin s’étire sur une quinzaine d’années, au rythme d’un album tous les trois ans. Il avait pourtant milité au sein de groupes rock dans les 90’s. Après une pause scénique entre fin 2016 et fin 2018, il a repris la route des salles françaises ; et en point d’orgue, il s’est produit à l’Olympia de Paris, il y a quelques semaines. Ce mardi, il fait à nouveau escale à Bruxelles. Sur le podium, il est épaulé par deux claviéristes, un bassiste et Tatiana Mladenotitch (NDR : dont le look est toujours aussi masculin) à la batterie. Coupe de cheveux soignée, costard, l’élégant Breton occupe bien le devant de la scène. Le début du set réserve une large place à son dernier opus fraîchement sorti, « Persona ». Il nous propose des versions bien électrifiées de certains de ses titres. A l’instar du renversant (?!?!?) « Sur le cul » qu’il enchaîne par « Choses nouvelles ». Tatania le rejoint aux vocaux pour attaquer « En rang (Euclide) ». Exécuté quasi a-capella, le morceau ne tolère que quelques notes de synthé pour ponctuer leurs dictions. Entre les titres, il se lance cependant dans de (trop) longs monologues. Bourvil doit se retourner dans sa tombe s’il entend la longue intro du jazzyfiant « Camarade » (‘Je travaillais à travailler’). Dans les lyrics, il décrit différents personnages à travers leur vie quotidienne. En rappel, sa version du rock/garage « Dimanche » (NDR : une compo qui est issue de sa collaboration avec les Limiñanas) est littéralement incendiaire. On en oublierait presque la voix de Bertrand Belin, qui rappelle toujours autant celle d’Alain Bashung, mais si le natif de Quiberon est aussi créatif, il est bien plus excentrique…

 (Organisation : Botanique)

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Leuze En Folie 2019 : mercredi 30 avril

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‘Leuze en folie’ c’est d’abord LA fête de l’année qu’attendent tous les Leuzois ! Depuis plus de 25 ans, habitants du centre-ville et des villages se rassemblent le 30 avril (veille du 1er mai, jour férié) pour profiter d’une grande fête populaire et d’une braderie sur la Grand Place et ses alentours. Et c’est dans ce cadre qu’un festival musical est organisé par l’association les Jeunes Leuzois Actifs-JLA. La foule flâne parmi les échoppes et s’arrête de temps en temps pour assister aux concerts. Il y a même des saltimbanques, des échassiers, des cracheurs de feu et des graffeurs qui participent aux festivités…

Le premier groupe qui grimpe sur le podium n’est pas musical, mais une troupe de danseurs baptisée Orpheo Teamdanceforever. En bas collants noirs, des jeunes exécutent des superbes chorégraphies sur des rythmes latinos, r’n’b, funk ou disco. Un défilé qui va durer près de 45 minutes…

Les histoires sérieuses commencent par Des Bruits et Du vent, une formation tournaisienne qui appartient au collectif ‘La Fanfare Toi-Même’. Cinq multi-instrumentistes (Justin et Martin Desmet, Pierre Roekens, Thibaut et Florian Fauquet) qui se partagent ukulélé, basse, guitare à 5 cordes, percussions, accordéon et cuivres. Ils passent d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante et chantent tour à tour dans la langue de Shakespeare ou de Molière. Etonnant, bien que composant son propre répertoire, le groupe pratique une musique qui oscille entre folk, rock et world, musique du monde très susceptible de nous entraîner, tour à tour, dans les Balkans, le Brésil ou encore l’Afrique, depuis la côte Ouest jusqu’à Madagascar. Et les titres font mouche, car les spectateurs dansent et chantent. Vraiment une chouette découverte !

Circus Café est un combo qui s’est formé à la faveur des nuits bruxelloises. Finaliste de l’édition 2016 du concours ‘L’Envol des Cités’, il implique le chanteur/guitariste Anthony Circus, alias Antoine Petit, le sixcordiste Steven Mayence, le bassiste Bastien Scutnaire et le préposé aux synthés Jackson Fiasco, aka Martin de Gennes. Fondé en 2014, le quatuor est responsable d’une pop hétérogène, brute, enivrante, fruitée et tonique, née des différentes influences des musicos, des influences qui oscillent de Guns N’Roses aux Wombats, en passant par Justice et Red Hot Chili Peppers.

Le set s’ouvre par « Gran Canaria », un morceau qui trempe dans l’électro/funk. L’absence de drums est compensée par les samples des synthés ; ce qui n’empêche pas la section rythmique de se révéler consistante. Mais si la voix est puissante, ce sont les interventions de la basse et de la guitare qui font la différence. La première est souvent jouée en slapping alors que la seconde, distincte et percutante, emprunte tour à tour des sonorités latines à Carlos Santana voire Diego Higueras ou funkysantes à Nile Rodgers. Une musique très excitante qui a incité bon nombre de spectateurs à remuer le bas des reins… comme sur un dancefloor…

Setlist : « Gran Canaria », « She’s Seen Heaven », « Burning Man », « Santiago », « Magdalena », « Monsters Inside Us », « Lose Your Senses »

Il n’y a pas grand-monde sur la Place devant le podium lors du soundcheck de Juicy. Votre serviteur y assiste. Faut dire qu’il est devenu accro au r&b des deux filles. Elles lui ont même avoué qu’elles égaient des ‘Miss Catastrophe’. On en reparlera. Et notamment lors d’une interview qu’elles ont eu la gentillesse d’accorder à Musiczine et qui sera publié d’ici quelques semaines.

Malgré les problèmes techniques rencontrés –micro pour Julie Rens et gratte pour Sasha Vonk– la prestation va se révéler convaincante. Chaque concert de Juicy est différent. Que ce soit à travers la chorégraphie, les mimiques, les costumes et même l’interactivité. C’est une constante chez les Bruxelloises…

Dès les premiers accords de « LTGL », la foule rapplique sur la place. Faut dire que même électroniques, des sirènes qui retentissent ont de quoi interpeler ! Les filles ont enfilé des fringues de couleur noire à capuche. Elles se plantent face à la toile de fond, dos au public, les bras en l’air, sous un éclairage de teinte bleue. Mais à cet instant, la nuit n’est pas encore tombée. Et ce n’est qu’au fil du concert que le light show produira son incidence. Elles enchaînent par « Mouldy Beauty », morceau propice aux contorsions. Elles se consacrent toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty » en mode dubstep, mais light ! Elles se tortillent maintenant sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Le moment est alors idéal pour communiquer avec cette foule et faire monter en pression. Sasha est passée maître dans cet exercice de style. Julie se plante derrière son synthé et active le MPD. Le tandem nous propose une version plutôt paisible de « Seed & Ride ». Pas de guests ce soir, elles assument seules le show. Ce qui n’est pas un problème, car elles sont complices, presque fusionnelles. Elles pourraient être frangines… Après un bref conciliabule, elles attaquent « La Boulette », le morceau préféré de votre serviteur. Julie le pointe du doigt et le dédicace au fan ‘number one’. Sympa ! Très rythmée et entraînante, cette compo met une belle ambiance dans la fosse. D’ailleurs, et c’est une bonne habitude, Juicy est parvenu à faire danser la foule. Le duo se produira dans la plupart des festivals d’été : Couleur Café, Les Francos de Spa, Ronquières, Dour et Solidarités à Namur.

Entre le set de Juicy et celui de Gustave Brass band, on va assister à un joli feu d’artifice… ponctuant cette édition 2019 particulièrement réussie…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed & Ride », « Hard Nut To Crack », « Didn’t Knock », « What You Can’t Confess », « Over My Shoulder », « La Boulette », « GHB », « Mama Told Me », « See Me Now », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : Les Jeunes Leuzois Actifs)

DJ Pourri And kardel + Gustave Brass Band + Juicy + Circus Café + Des Bruits Et Du Vent + Orpheo Teamdanceforever

Les Nuits Botanique 2019 : lundi 29 avril

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Grand espoir de la scène belge, Thomas Mustin, aka Mustii, est un fameux showman ! Baptisé ‘An intimate portrait of the 21st Century Boy’, son spectacle proposé ce soir est une première. Thomas est aussi à l’aise sur les planches d’un théâtre (NDR : il y a joué le rôle de ‘Hamlet’ dans une adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare), d’une salle de concert ou à l’écran, que ce soit à travers les téléfilms ou les longs métrages. Il ne lui a fallu qu’une petite année pour réinventer le concept unique de son premier opus alors que certaines stars n’y parviennent 10 ou 15 ans plus tard.

Le supporting act est assuré par la Canadienne Emilie Kahn. A l’origine, elle se produisait sous le patronyme d’Emilie & Ogden, soit l’artiste et sa harpe. Puis, elle a décidé d’opter pour sa véritable identité. Ce soir, la Montréalaise va nous proposer de larges extraits de son nouvel opus, « Outro ». Elle grimpe seule sur les planches pour y jouer de son instrument privilégié… en chantant d’une voix douce, presque enfantine. Plutôt timide, elle se concentre sur ses cordes, à la manière d’Agnès Obel. En cours de show, un musicien la rejoint sur l’estrade pour tapoter sur un MPD ou la soutenir à la basse. Parfois, sa musique baigne au sein d’un climat proche de celui entretenu par Marie-Michèle Beausoleil, aka M’Michèle (NDR : elle s’était illustrée dans le cadre des Francos de Spa, en 2014). ‘Tabernacle’ comme dirait René-Charles, le Canada est une mine d’or, musicalement parlant…

Le décor est sobre. Il se limite à un immense drap replié contre le mur et quatre téléviseurs vintage qui vont diffuser des images consacrées aux thèmes des chansons. L’estrade destinée à l’artiste est blanc, tout comme le light show qui va jouer sur le contraste entre la lumière et les ombres projetées par Thomas sur la scène. Tout vêtu de noir, élégant (NDR : pour lui, la mode est un moyen d’expression qu’il apprécie), il est soutenu par un claviériste.

En débarquant, il déclare : ‘Bienvenue à tous dans mon salon’. Rayonnant, son aura en impose, un peu comme un Benjamin Clémentine qui aurait le teint clair et la chevelure blond platine. D’une très belle voix, il interprète ce répertoire de manière singulière, intimiste, théâtrale et interactive, en même temps. Très technique mais impeccable, la prestation du préposé aux ivoires révèle une grande complicité entre les deux artistes. Bien que prévu pour 70’, son show ne durera qu’une bonne heure ; mais le Bruxellois va se livrer corps et âme. Ce qui explique sans doute pourquoi il n’accordera pas de rappel ni ne rencontrera ses fans, à l’issue de sa prestation.

Il propose la set list de son premier elpee, dans le désordre, sous des versions totalement revisitées, mais concède quand même deux covers ; tout d’abord le « Strange weather » d’Anna Calvi, puis, non pas l’hommage au Duke, « I’m Deranged », mais le « Playground Martyrs » de David Sylvian. Pourtant, tout au long de cette représentation, le fantôme de David Bowie a plané. Faut dire que c’est l’idole de Mustii, dont il cherche manifestement à marcher sur les traces…

En cassant les codes, Mustii nous a réservé, ce soir, un concert exceptionnel, même si on espère le revoir lors d’un même type de spectacle, mais un peu plus long…

Setlist : « Intro », « 21 St Century Boy », « The Darkest Night », « The Ride », « People (Are Running The Streets) », « Simple Slave », « Safety Zone », « Strange Weather » (cover Anna Calvi), « Get Down », Turn It Off », « Where Do I Belong », « I’m Deranged (cover David Bowie).

Mustii (Création) + Emilie Kahn

(Organisation : Botanique)

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Les Nuits Botanique 2019 : vendredi 26 avril

Ce soir, à la Rotonde, dans le cadre des Nuits Botanique, deux artistes plutôt atypiques, si pas carrément décalés ont été programmés.

Dès 20 heures, Mathilde Fernandez grimpe sur les planches. Cette jeune Niçoise, aujourd’hui partagée entre Bruxelles et Paris, est un véritable OVNI dans le paysage musical. Dès les deux premières chansons, « Amérique » et « Egérie », on est plongé dans son univers singulier. Imaginez un mix entre la folie et la démesure de Catherine Ringer, le lyrisme de Kate Bush ainsi que la synth-pop aux accents gothiques de Mylène Farmer et vous obtiendrez une solution personnifiée par Mathilde Fernandez. Adoubée par la presse 'indé' et encensée, entre autres, par Christophe, cette artiste touche-à-tout, issue du milieu des arts visuels, échappe à toute catégorisation. Seule sur scène et vêtue d'une large jupe à carreaux colorés, elle fascine et provoque l'enthousiasme des fans venus nombreux en ce début de soirée.

Dans la setlist, elle a bien entendu inclus les titres de son deuxième Ep, « Hyperstition », paru il y a quelques semaines. « Oubliette » en constitue le morceau-phare et on se délecte à nouveau des envolées lyriques quasi-mystiques de Mathilde, exécutées avec une maîtrise irréprochable. Dans « Mon Dieu » et « Pressentiment Prémonitions », peut-être ses deux plus belles compos, la chanteuse se lance dans une danse empreinte d'une grande sensualité et, pour clôturer ce set endiablé, elle nous offre un inédit : « Temple Sourire ». Avant de quitter l’estrade, elle remercie le public et présente le spectacle suivant en précisant qu'elle ‘jalouse leur accent...’

Le principe d'un festival est d’aller à la découverte d’artistes ou de formations au hasard de la programmation élaborée par les organisateurs. Assister au show d’Hubert Lenoir, un illustre inconnu, revêtait donc pour nous un intérêt particulier. Très précoce, ce jeune chanteur québécois a formé son premier groupe à l’âge de 17 ans : The Seasons. Son premier LP, « Pulp », à l’origine d’une reconnaissance critique, lui a permis de partir en tournée un peu partout dans le monde. Intitulé « Darlène », son nouvel essai est un album concept, accompagné d’un roman du même nom, écrit par Noémie D. Leclerc, sa meilleure amie. Dans cet opus, Lenoir y marie les influences r&b, jazz, glam et psyché rock afin de réaliser une œuvre pop, éclectique, imprévisible et audacieuse.

Le résultat en live ? Un opéra post-moderne et une performance explosive et carrément punk. Soutenu par un groupe au complet, Hubert campe une créature hybride, un peu comme si Brian Molko avait mangé Eminem, Rita Mitsuko et Johnny Rotten. Complètement survolté, il passe en revue, au cours de sa prestation, tous les comportements outrageants du rock : stage diving, crachats, gestes obscènes et strip-tease (presque complet). Fidèle à son personnage ambigu, il échange des baisers appuyés à son guitariste et à sa choriste. Le public, en majorité québécois, réserve un triomphe au musicien et quand le groupe se retire, Lenoir refuse de quitter les planches afin d’accorder à son public un dernier titre a capella. Qu'on aime ou pas, il faut reconnaître que ce soir, Hubert Lenoir a retourné la Rotonde...

Hubert Lenoir – Mathilde Fernandez

(Organisation : Botanique)

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Les Nuits Botanique 2019 : jeudi 25 avril

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Soirée rock’n’roll dans le cadre des Nuits Botanique, ce jeudi 25 avril sur l’ensemble du site. Votre serviteur a choisi la Rotonde où se produiront Raketkanon, qui vient de publier son troisième elpee, sobrement intitulé « RKTKN # 3 », et en supporting act, Daggers. La première formation est gantoise, la seconde liégeoise.

En entrant dans l’hémicycle le personnel de la sécurité invite les spectateurs à rester debout, car la salle risque d’être blindée.

Daggers est un quatuor qui implique le drummer Yannick Tönnes, le bassiste Thomas Fagny, le guitariste Thierry Tönnes et le chanteur Gregory Mertz. Une formation qui compte déjà 12 années d’existence et jouit d’une certaine notoriété à l’étranger. Son dernier elpee, « It’s Not Jazz, It’s Blues », remonte quand même à 2014, et il va nous en dispenser de larges extraits. C’est ce disque qui avait permis au combo de s’exporter. Dans la salle, on aperçoit des membres de Cocaine Piss. On peut toujours rêver, mais pourquoi pas une jam ? On va tout de suite couper les ailes au canard, les musiciens de la Cité Ardente resteront bien sagement à leur place.

La voix du chanteur est particulièrement rauque. Le band pratique une musique alternative, fondamentalement rock mais fruit d’un cocktail entre garage, doom, metal, prog et sludge. Bien équilibré, le set va démontrer toute la maturité du combo sur les planches et puis surtout va permettre de bien chauffer la salle. Comme si on n’était pas déjà plongé dans une fournaise… 

Raketkanon vient donc de graver un tout nouvel opus. Intitulé « RKTKN # 3 », il a été mis en forme, et pour la troisième fois, par célèbre Steve Albini (Pixies, Nirvana, P.J. Harvey et bien d’autres). A l’instar des trois précédents long playings, les compos portent le titre d’un prénom masculin ou féminin (NDR : « Nico Van Der Eeken » a aussi droit au nom de famille !).

Ce quatuor réunit le chanteur Pieter-Paul Devos, le bassiste/claviériste Lode Vlaeminck, le guitariste Jef Verbeeck et le drummer Pieter de Wilde. Placé à droite du podium, Devos fait face à son micro et à une table truffée de manettes en tous genres, destinées à moduler sa voix. Et il a préparé un fil suffisamment long pour son microphone, afin de se lancer dans la foule. C’est un rituel !

Mais grosse surprise, le morceau d’entrée, « Robin » est plutôt paisible. Pieter-Paul caresse sa semi-acoustique, en susurrant ses mots. Le groupe se serait-il assagi ? Que nenni ! Dès le deuxième titre, « Hanz », en à peine plus de 3 minutes, le set s’embrase. Devos chante d’une voix nerveuse, un peu distordue, en flamand en anglais et dans une langue qu’il a inventée : le rocket cantonais. Plutôt noisy, la musique est entretenue par des riffs de gratte graisseux, huileux, chargés de testostérone ainsi que par un drumming tribal, sauvage, mais métronomique.

Si le band est totalement déjanté sur l’estrade, Devos plonge régulièrement dans la foule qui le porte à bout de bras, tout en continuant à chanter. Et à travers ce show, on sent une grande complicité entre la foule et le band. Finalement, on est surpris lorsque le band se retire. Mais rapidement, il revient pour nous réserver trois derniers titres, tout aussi percutants et énergiques. Probablement déjà un des meilleurs moments de cette édition 2019 des Nuits. Si vous n’avez jamais assisté à un concert de Raketkanon, ne les manquez surtout pas quand il passera près de chez vous. C’est un groupe vraiment taillé pour le live !

Setlist : « Robin », « Hanz », « Nico Van Der Eeken », « Florent », « Harry », « Fons », « Suzanne », « Herman », « Ricky », « Ernest », « Lou ».

Rappel : « Mélody », « Judith », « Abraham ».

Raketkanon + Daggers

(Organisation : Botanique)   

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Les Nuits Botanique 2019 : mercredi 24 avril

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Triple affiche ce mercredi à l’Orangerie du Botanique qui accueille, dans le cadre des Nuits Botanique, Alice Phoebe Lou, une Sud-africaine établie à Berlin, Halehan, un chanteur/compositeur bruxellois que votre serviteur avait découvert en supporting act d’Asgeir au Cirque Royal, il y a 2 ans, toujours dans le cadre du même festival, et Olmo, invité depuis deux jours à peine, Un Italien qui partage sa vie entre Londres et Berlin. Et la soirée est décrétée sold out !

Alias Francesco Lo Giudice, Olmo est un pote à Alice. Lorsqu’il débarque sur les planches, il y a déjà pas mal de monde dans la fosse. Si sa musique oscille entre électro et acoustique, sa voix est plutôt soporifique, voire fausse. On a l’impression qu’il est un peu à côté de ses pompes. Ce qui explique peut-être pourquoi il a enfilé des chaussettes de couleur différente. Il alterne entre claviers et gratte, mais manifestement, il n’est pas très à l’aise sur l’estrade. Trop approximative, sa prestation incite votre serviteur à s’éclipser au bout de trois chansons… 

Né en 1994, Alexandre Lambrecht a choisi le pseudo Halehan comme nom de scène. Cet auteur, compositeur et chanteur belge puise manifestement ses influences chez Bon Iver, Norah Jones, Chet Baker ou encore Peter Doherty.

Il chante en s’accompagnant à la gratte acoustique ou électrique, et se sert d’une basse lors de l’interprétation de son dernier single, « Kind of blue », une compo qui fait un véritable tabac sur les ondes radiophoniques, en Belgique. D’autant plus qu’il a une très belle voix, chargée de feeling, et très susceptible de faire craquer le public féminin, une voix qu’il peut rendre nasillarde, à la manière de Max Colombie d’Oscar And The Wolf. Halehan va passer en revue l’essentiel des plages de son Ep, « Temple Of Maia », mais faute de temps, il n’a pu clore son concert par « Snow », morceau prévu dans la setlist. Par contre, il a bien interprété son single phare, « Whirlwind ». Au cours de sa prestation, il est rejoint par la jeune Camille Camille. Ensemble, ils brodent délicatement leurs voix en harmonie, un peu comme de la fine dentelle. Interactif et particulièrement sympa, il s’adresse à la foule en trois langues.

Derrière les ivoires, il nous réserve un excellent « Gene’s man », un morceau de hip hop teinté d’électro et de jazz, qui figurera sur son prochain Ep. La foule est conquise par le set de ce talent à l’état brut, déjà qualifié par certains médias de nouvelle perle du folk. A vivement conseiller si vous appréciez Lias Hannigan, Damian Rice ou encore Tamino

Setlist : « Maia », « Dragon », « Whirlwind », « Shades », « Waterbird », « Cause Of You », « Humi », « Gene’S Man », « Kind Of Blue », « Snow ».

Alice Phobe Lou possède une approche farouchement indépendante de la musique. Epurée, sa musique est profondément ancrée dans le blues et le folk, un style qu’elle a développé dans les rues de Berlin où elle s’est installée. Elle connaît bien Bruxelles, car ses grands-parents y ont vécu et sa mère y a étudié. Elle a autoproduit son deuxième elpee, « Paper Castels », un disque paru en mars dernier et dont elle va nous réserver de larges extraits. 

Longs cheveux blond platine, plutôt jolie, vêtue d’un short argenta, elle débarque sur le podium, flanquée de ses musicos. En l’occurrence un drummer, un guitariste et un bassiste. Elle opère les derniers réglages des micros et des retours de scène, pendant que ses musiciens meublent l’intermède…

Le set s’ouvre par « Something Holy » et embraie par « Girl On An Island », deux morceaux assez consistants, allégés par les interventions de flûte traversière. Egalement très interactive, Alice occupe tout l’espace scénique. Elle se sert également épisodiquement d’une gratte. Les sonorités puissantes du saxophone boostent littéralement « Skin Crawl » et « My Outside ». La voix de Lou est feutrée, délicate et aérienne. Techniquement, ses musiciens sont irréprochables. Le set s’achève par « She », une compo tirée de la BO du film « Bombshell » et nominée aux Oscars. Quand elle entame ce titre, un fol enthousiasme empare l’auditoire. Faut dire que bon nombre de spectateurs connaissait ce hit et attendait impatiemment qu’elle l’interprète. Mais vu la version un peu trop molle du genou, le soufflé est rapidement retombé. Dommage, car le reste du show a parfaitement tenu la route…

Setlist : « Something Holy », « Girl On An Island », « Nostalgia », « Want Me » (cover Puma Blue), « Plastic » (cover Moses Sumney), « Drive », « Fynbos », « Skin Crawl », « Paper Castles », « My Outside », « New Song », « Galaxies », « She »

(Organisation : Botanique)

Alice Phoebe Lou + Halahan + Olmo

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