C’est ce 4 novembre que paraîtra l’Ep ‘live’ de The Mysterines, "All These Things", enregistré au Rough Trade East à Londres. C'est actuellement l'un des groupes de rock les plus excitants du Royaume-Uni. Après avoir assuré les premières parties de la tournée…

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C’est le premier album de Planterose, mais pas les premiers pas dans la musique pour ses équipiers. Amoureux de pop culture, ce monde idéal où Flavien Berger partage un verre avec l’homme de Rio, Gainsbourg s’adonne à la Dream pop, et Laetitia Sadier…

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Les Nuits Botanique 2019 : dimanche 28 avril

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Après avoir été programmé au Rock Werchter et s’être produit dans un Wiltloof Bar comble, il y a deux ans, Sam Fender est de retour au Botanique, mais dans le cadre des Nuits. Pas étonnant que l’Orangerie ait vite affiché complet. Et qu’une grande partie du public soit anglophone. Faut dire qu’il a bénéficié d’un sérieux coup de pouce médiatique outre-Manche, grâce à sa nomination au ‘BBC's Sound of 2018’ et surtout après avoir décroché un ‘Brit Awards Critics’ Choice’.

Et la soirée débute déjà sous l’égide britannique, puisque The Pale White ouvre les hostilités. Originaire de Newcastle, ce trio semble vouloir nous en mettre plein la vue et surtout les oreilles, sur le peu de temps (30 minutes) qui lui est imparti. Sans temps mort, il enchaîne sept titres, tel un Anthony Joshua qui alignerait ses uppercuts ou encore un Queens of The Stone Age qui aurait suivi une cure de jouvence (NDR : et son public aussi). « Loveless », « Medecine » et en clôture « End of time » constituent autant de singles que l’on entendrait volontiers sur les ondes radiophoniques…

L’Orangerie se remplit davantage avant que Sam Fender et sa troupe ne débarquent. La température monte d’un cran, au propre au comme au figuré, les jeunes filles agglutinées aux premiers rangs commençant à pousser des cris stridents. Le set commence fort par le très rythmé « Millenial », un morceau rappelant Arctic Monkeys. Guère avare de commentaires entre les titres, le natif de North Shields (NDR : une petite ville proche de Newcastle d’où est originaire le supporting act) n’hésite pas à plaisanter avec l’auditoire, le comparant à celui de Glasgow. A l’instar de son dernier passage au Bota, « Dead boys » et « Hypersonic missiles », des titres qui devraient figurer sur son premier LP, un éponyme, font mouche. Le second gratteur, Dean Thompson, enrichit les compos, pourtant déjà captivantes, de touches plus rock, parfois folk. Et ses interventions sont judicieuses. « Play gold » clôt une première moitié de set, à l’issue duquel Sam est abandonné par son backing group. Seul sur les planches, il simule un rappel. Puis nous réserve trois titres en solo. Sa voix est alors haut-perchée, comme hantée par le regretté Jeff Buckley. Toujours aussi loquace, ce beau gosse continue son one-man show en blaguant entre les morceaux (NDR : son expérience d’acteur, notamment dans des séries anglaises, doit certainement le servir). Lors du final, la formation est à nouveau au complet pour attaquer le single « That sound ». Si le premier elpee de Sam Fender ne paraîtra qu’au mois d’août prochain, manifestement, la route vers le succès de ce jeune Britannique qui vient de souffler ses 25 bougies est toute tracée…

Sam Fender + The Pale White

(Organisation : Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

Rock Legends : Tribute Bands - Gary Mullen and The Works - Letz Zep - The Doors Alive

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Fort de ses 30 années d’expérience dans le monde du spectacle, Richard Walter Productions a décidé de consacrer une tournée au concept ‘Rock Legends’ à travers l'Hexagone et la Belgique, un concept réservé aux cover bands de mythes de l'histoire du rock'n'roll, concept devenu un véritable phénomène outre-Atlantique. Nostalgie, nostalgie ! En montant ces shows, RWP cherche à bouleverser les codes et surtout à tordre le cou aux idées reçues sur l’intérêt suscité par les Tribute Bands. Le Cirque Royal est presque complet pour accueillir les clones des Doors, du Led Zeppelin et de Queen, bien décidés à nous faire vibrer au son des « Whole Lotta Love », « Riders in the Storm » ou encore « We are the Champions! ». Enfin, excellents musiciens, les membres de Letz Zep, Gary Mullen and The Works  et The Doors Alive sont déterminés à faire revibre leurs modèles, à travers leurs prestations.

La soirée est divisée en 3 parties de 45 minutes. The Doors Alive ouvre le bal...

The Doors Alive :  Morrison s’est mis dans la peau de Mike Griffioen. Il est épaulé par un trio réunissant un drummer, un claviériste et un gratteur, qui se servent d’instruments vintage afin de restituer le plus fidèlement possible le son du trio de référence. Mike ressemble étrangement au Roi Lézard lorsqu’il était jeune et beau. Et son baryton est très proche de feu Jim. « Break On Through (To The Other Side) » et « Alabama Song (Whisky Bar) » ouvrent les portes d’un univers que l’auditoire espérait secrètement pénétrer. Plutôt enthousiaste, ce public se lève de temps à autre pour applaudir les artistes et reprendre les refrains. Et tout naturellement, « The End » clôt le show. On ferme les yeux et on se remémore les images de guerre reproduites dans le film ‘Apocalypse Now’, un long métrage sorti en 1979.

Setlist : « Break On Through (To The Other Side) », « Alabama Song (Whisky Bar) », «Back Door Man », « Light My Fire », « Riders On The Storm », « Touch Me », « The End » 

Letz Zep :  Billy Kulke veut réincarner Robert Plant. Non seulement, il lui ressemble, mais sa voix est capable de monter dans les aigus jusqu’à presque rompre ses cordes vocales, comme le natif de West Bromwich, lorsqu’il avait 20 ans. Il s’autorise, en outre, les mêmes déhanchements. Pour gouverne, Plant avait confié au sujet de Letz Zep : ‘I walked in, I saw Me!!!’. Un fameux compliment ! Billy est épaulé par le gratteur Andy Gray, le claviériste/bassiste Jack Lonergan et le batteur Pete Tullock. Très concentré et jouissant d’une fameuse technique, il impressionne par ses solos, surtout à la double guitare, en l’occurrence une Gibson EDS-1275. De « Kashmir » à « Immigrant Song », en passant par « Stairway To Heaven » et « Whole Lotta Love », les morceaux interprétés sont bluffants d’authenticité. Et la mise en scène l’est tout autant. Le public est debout pour reprendre les refrains et applaudir ces artistes. En fermant les yeux, on se croirait presque face aux idoles originales. Un beau voyage en dirigeable de trois quarts d’heure.  

Setlist : « Rock And Roll », « Black Dog », « Since Loving You », « Kashmir », « Stairway To Heaven », « Whole Lotta Love », « Immigrant Song ».

Gary Mullen and The Works : Place enfin au plat de résistance. ‘One Night Of Queen’ with Gary Mullen and The Works va rendre un hommage très authentique et particulièrement impressionnant à Queen. Mullen est la véritable réincarnation de Mercury. C’est une authentique bête de scène comme l’était Freddy. Il est soutenu par un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. « Tie Your Mother Down » ouvre le set. Mullen gambade et sautille un peu partout sur le podium. Il aime bien se faire toucher les fesses par la gente féminine et masculine. A plusieurs reprises, il les offre aux premiers rangs. Les hits sont passés à la moulinette. Les interventions du gratteur sont imparables. Et celles de Mullen qui a alors empoigné une six cordes semi-acoustique, le sont tout autant sur « Crazy Little Thing Called Love ». Il s’autorise régulièrement des bains de foules, et inévitablement, on ne peut que se remémorer le concert mythique accordé à Wembley en 1986 lors de la tournée ‘Magic’, 6 mois avant le décès de Mercury…

Setlist : « Tie Your Mother Down », « Another One Bites The Dust », « Somebody To Love », « Under Pressure », « I Want To Break Free », « Don't Stop Me Now », « Fat Bottomed Girls », « Crazy Little Thing Called Love », « Bohemian Rhapsody », « Radio Ga Ga », « We Will Rock You », « We Are The Champions ».

(Organisation : AA Productions en accord avec Richard Walter Productions)

 

 

 

Sinner's Day 2018 : samedi 1er décembre

Organisé depuis 2009, le Sinner’s Day est le festival limbourgeois qui met en exergue la fine fleur du mouvement punk/new wave. Cette année, la programmation rend également hommage aux précurseurs, qui ont sévi de la fin des sixties à la fin des seventies. Implanté jusqu'ici à Hasselt, le Sinner's Day a déménagé à Genk, dans le Limburghal, une salle plus petite que l'Ethias Arena. Un repli peut-être dû à la concurrence, sur le même créneau, du W-Festival, en pleine croissance… Ce dernier organise d'ailleurs ce même soir un concert de Peter Murphy au Vooruit, à Gand. Un conflit d'agenda fort regrettable! Qu'à cela ne tienne, quelque 4 500 fans, contre 7 000 il y a deux ans, se sont déplacés, bien décidés à enclencher la machine à nostalgie.

L'ensemble du programme du festival se déroule dans le grand hall, sur une seule grande scène, divisée en deux parties. Celle de droite est réservée aux formations internationales et celle de gauche, aux groupes belges. Pendant qu'un concert se déroule d’un côté, l'autre est occulté par un rideau noir pour permettre au combo suivant de s'installer. Un système astucieux et pratique mais qui limite quand même l'espace vital disponible pour chaque show.

Quand on débarque sur les lieux, Cabaret Voltaire vient d’entamer son set. Il est 16h05. Le groupe est, on le sait, devenu le 'one-man band' de Richard H. Kirk. Créé en 1973 et pionnier de la musique industrielle, à l’instar de Throbbing Gristle, le gang de Sheffield a marqué son époque grâce à des hits alternatifs comme « Nag Nag Nag » et, plus tard, « Just Fascination » et « Sensoria ». En live, Richard H. Kirk propose depuis plusieurs années un show qui ressemble plus à un spectacle audio-vidéo qu'à un concert. Debout derrière ses ordinateurs, à la façon d'un DJ/VJ, il contrôle une bande-son synchronisée à l’aide d’images abstraites. Ennuyeux, d'autant qu'il n'y a quasi aucun titre connu dans la setlist.

Sans aucune transition, Cocaine Piss embraie. Le band liégeois s’est forgé une solide réputation en dispensant un punk-noise violent et sans concession. La plupart de ses 'chansons' ne dépassent pas les 2 minutes. Sur l’estrade du Sinner's Day, la bande à Aurélie Poppins fait le show et comme d'habitude... il est très chaud…

Flashback de 40 ans en arrière (ou quasi), ensuite, pour (re-)découvrir Fischer-Z, le projet du 'lumineux' John Watts. Alternant les hits comme « So Long » ou « The Worker » et titres moins connus, l'Anglais démontre toute l'étendue de son inspiration, qui couvre la pop aux accents reggae, le post-punk et la new wave. Sa voix très haut perchée, ‘une voix de petit singe’, comme il se plaît à le rappeler, a quelque peu mué au fil du temps et elle nuit un peu à l'identification des morceaux. Mais la sympathie de l'artiste et l'intemporalité de « In England », « Battalions of Strangers » et surtout « Marliese », calée en fin de parcours, vont finir par conquérir les fans.

Après quelques minutes de répit, place à Funeral Dress. Formé en 1985, ce combo belge est adapte d'un punkcore ultrarapide et particulièrement 'heavy'. Arborant fièrement la crête, les musicos déversent un flot de décibels et leur enthousiasme est contagieux. Le public des premiers rangs connaît la plupart des paroles de leurs chansons, et notamment celles de « Party On ». Même la reprise du « Down Under » de Men At Work fait mouche. Belle ambiance !

On passe d'un gang à un autre, puisqu’il est l’heure de Gang of Four ! Originaire de Leeds, la Bande des Quatre a contribué à façonner les contours du post-punk en '78. De la formation originale, il ne subsiste plus qu'Andy Gill, le guitariste. Entouré de 3 jeunes substituts, il affiche la soixantaine grisonnante et fait penser à Jimmy Page voire Michael Caine. En compagnie du chanteur, il entretient un climat tendu, sur le fil du rasoir. Après une introduction vidéo dévoilant un rituel amérindien, il triture sa guitare et la frappe sur le sol pour en tirer des bruits stridents qui alimentent « I Love Anthrax », la flip side de « Damaged Goods », sorti il y a tout juste 40 ans ! Ce mélange unique et singulier de post punk et de funk blanc (NDR : cette basse !) est parfaitement identifiable, surtout tout au long de « Not Great Men ». A la section rythmique, les petits jeunes assurent un max. Etonnamment amorphe, le public réagit surtout sur « I Love A Man In Uniform » et « Damaged Goods ». Après « To Hell With Poverty », qui souligne le côté engagé du quatuor originel, le rappel permet enfin au chanteur de se défouler sur un four à micro-ondes installé sur le podium. Avec sa dégaine de petite frappe, il le défonce à l'aide d'une batte de baseball. Pas vraiment du meilleur goût. Bref, un show intense, malgré l'absence du hit pourtant incontournable « What We All Want »…

Le temps d'aller chercher une bière et Red Zebra prend place sur la moitié 'belge' du podium. Les chouchous du public flamand fêtent leurs 40 ans d’existence et se montrent plus forts que jamais. Leur punk-pop est toujours aussi énergique et communicatif, que ce soit à travers « Spit on the City » ou « Shadows of Doubt ». Lors de ce dernier morceau, Peter Slabbynck glisse son allusion habituelle à « This is not a love song », soulignant l'évidence filiation avec P.I.L. Et le hit « I can't live in a living room » constitue, bien entendu, le point focal de cette prestation. Mention spéciale également, à la reprise du sublime « Winning » de The Sound. 

Place maintenant à une légende absolue du rock : John Cale. A 76 ans, le musicien américain a tout inventé, surtout au sein du Velvet Underground, à la fin des années 60. Co-instigateur d'un art-rock sombre et expérimental, il a contribué à façonner tout un pan de la musique moderne, du (post-)punk à l'indie-rock. Lorsque le rideau se lève, c'est avec émotion que l'on découvre l'homme en noir, les cheveux gris lumineux et les yeux bleus tristes et profonds. Assis derrière son clavier Kurzweil, il est impressionnant de calme et de sérénité pendant « Hedda Gabler ». Tout au long de son set, il va alterner compositions expérimentales (« Fear Is A Man's Best Friend »), morceaux proto-(post-)punk (l'incroyable « Rosegarden Funeral of Sores ») et ballades poétiques déclamées façon 'spoken word' (« Helen of Troy »). En écoutant sa voix de crooner crépusculaire, on se rend compte de l'influence, phénoménale, qu'il a exercée sur des artistes comme Patti Smith, Scott Walker, Brian Ferry, David Byrne, Peter Murphy, Nick Cave, John Maus, et la liste est loin d’être exhaustive ! Le show manque un peu de pêche mais le public est fasciné, voire même hypnotisé. Evidemment, des reprises du Velvet sont prévues au programme : « Heroin », qui s'étend sur plus de 6 minutes et, en fin de set, « Waiting For The Man ». Datant de 1977, ce morceau a inspiré le « Heroes » de David Bowie. En rappel, Cale clôture par une séquence enchaînant « Gun », extrait de son album « Fear » (1974), et « Pablo Picasso», le titre composé par Jonathan Richman, des Modern Lovers, le tout interprété par le maître debout et à la guitare ! Un moment unique et inoubliable.

On passe de l'artiste le plus vieux au groupe le plus jeune du festival. Pour les 'locaux' que sont nos amis de Whispering Sons, ce concert est un peu comme un retour triomphal à la maison. Après deux années complètement folles, qui a vu la formation grimper au sommet tant en Belgique qu’à l’étranger, la bande à Fenne Kuppens peut savourer ce moment magique devant tous ses fans. ‘Come On, Fenne !’, crient ces derniers au moment où le concert commence, provoquant chez la chanteuse un sourire gêné. Comme à l'AB Club récemment, les 'Sons' vont aligner les titres de leur nouvel et excellent album « Image », entrecoupé de quelques incursions dans leur back catalogue. Un 'Home Run' réussi à tous points de vue, d'autant qu'ils ont joué l'extraordinaire « Waste », une tuerie absolue à la fin de laquelle, Fenne s'arrache littéralement les cordes vocales.

Dans le line up international, les organisateurs ont fait fort car à côté de John Cale, on a droit à MC-5, rebaptisé MC-50 pour des raisons de droits. Ce groupe américain est aussi considéré comme un des précurseurs du (post-)punk. La formation de Detroit (NDR : MC signifie Motor City) est emmenée aujourd'hui par un seul de ses fondateurs originaux, Wayne Kramer. Ce dernier est le premier à fouler les planches ce soir, sa guitare décorée en drapeau américain, en bandoulière. Il est soutenu par un véritable super-groupe, composé du guitariste de Soundgarden, Kim Thayil, du chanteur/bassiste de King's X, Dug Pinnick, du batteur de Fugazi, Brendan Canty, et de Marcus Durant, le chanteur de Zen Guerilla. Ce dernier ressemble à un Joey Ramone qui aurait forci. Et sa coiffure accentue cette impression. Lors de son set, MC-50 va aligner les classiques du rock garage avant la lettre tels que « Kick Out The Jams », « Ramblin' Rose » ou « Motor City Is Burning ». Tout comme celle des Stooges, sa musique a ouvert la voie au punk et le public ne se fait pas prier pour fêter le 50ème anniversaire de la formation.

Le point d'orgue du festival est bien choisi : Vive La Fête, le sympathique projet de Danny Mommens (ex-dEUS) et Els Pynoo, a l'art de clôturer en beauté. Formé en 1997, VLF est connu dans le monde entier grâce à sa pop electro-wave enjouée et irrésistible. Pour les festivaliers, les hits du groupe, que ce soit « Nuit Blanche », « La Vérité », « Maquillage » ou le nouveau « Toute la nuit », issu du nouvel LP, « Destination Amour », constituent les cerises sur le gâteau après un programme fort bien fourni. Tout le monde sourit, chante et danse. Le festival approche de son dénouement dans une ambiance ultra positive...

La note finale est apportée par une dernière légende vivante : Wolfgang Flür. Ce musicien allemand a milité chez Kraftwerk de 1973 à 1987, soit la période dorée des pionniers de la musique électronique. Percussionniste à l'origine, c'est lui qui a développé les batteries électroniques de la formation teutonne. Après son départ, il a embrassé une carrière solo, concrétisée, entre autres, par l'album « Eloquence ». Sur le podium, Herr Flür est planté derrière ses 2 ordinateurs Mac et nous réserve d'excellents 'reworks' de titres de Kraftwerk, tels que « Home Computer », « Neon Lights » ou « Pocket Calculator ». Mais également des compositions plus personnelles, pour lesquelles il a reçu le concours de différents musiciens, dont Bon Harris, le leader de Nitzer Ebb. Le show s'apparente davantage à un DJ set, agrémenté de vidéos et de photos de l'époque Kraftwerk ainsi que de films plus récents. Le public, moins nombreux à cette heure tardive, est conquis par ce ‘Flürilège’ de hits électros. A noter que Wolfgang Flür nous a confié en backstage avoir signé pour un nouvel album, dont la sortie est prévue pour l'année prochaine, qui sera à nouveau réalisé au travers de collaborations.

Au moment de tirer le bilan, on ne peut que féliciter les organisateurs pour l'excellente affiche et la logistique impeccable. On aurait bien entendu préféré voir davantage de groupes récents dans le line up mais, au regard de la moyenne d'âge des spectateurs, on peut comprendre la priorité accordée aux 'anciennes gloires'. On aurait également apprécié une offre plus étoffée en catering car la file devant l'unique frit kot était franchement rédhibitoire. Sans quoi, bravo à l'équipe !

En lever de rideau, les visiteurs déjà présents en début d'après-midi ont eu droit aux prestations de :

         O Veux : un groupe de punk/no-wave issu d'Hasselt qui a connu son heure de gloire dans les années '80 et a repris ses activités il y a peu au travers de rééditions mais aussi de nouvelles productions.

         Claw Boys Claw : un des groupes les plus importants de l'histoire du rock néerlandais. Fondé en 1983, il n’a connu qu’un seul grand succès en 1992 : "Rosie".

         Marcel Vanthilt : à 60 balais, Marcel a toujours l’âme d’un gosse de 18 ans. Figure de proue de la télévision flamande, il est aussi connu pour son travail au sein d'Arbeid Adelt! Aujourd'hui, l'icône belge est toujours là. La preuve : Vanthilt a enregistré son premier album solo cette année: « CA$HCA$H ». Au programme : une pop électronique aux accents eighties.

         De Brassers : eux aussi, des locaux ! Aux dires des personnes interrogées, ce sont eux qui ont gagné le prix de la meilleure ambiance dans la première partie du programme ! 

Pour regarder les photos de Wim Heirbaut, c'est ici

 

 

W-Festival 2018 : dimanche 19 août

Ce dimanche, c'est le dernier jour du W-Festival et également l'heure du bilan. Dans l'ensemble, cette 3ème édition peut être créditée d’un franc succès. Plus de 30 000 visiteurs, venus de Belgique mais aussi de France, d'Allemagne, d'Angleterre et des Pays-Bas ont envahi la plaine d'Orroir, provoquant une véritable vague noire (NDR : ou presque !) Comme si, fêtant ses 40 ans cette année, la new-wave se la jouait couguar pour se refaire une nouvelle jeunesse…

Hormis le jeudi soir, gâché par un orage dantesque, le temps a été idéal et le soleil généreux. L’évaluation du festival est globalement positive ; son organisation, le site, les chapiteaux, la logistique, l'accueil, le son et les lumières (excellents!), la mise en place, le respect des horaires, les écrans vidéo, le catering, les boissons, le camping, le prix des tickets et les tarifs en général.

A améliorer pour l'année prochaine : un restaurant moins onéreux et un plus grand choix de bières. On est en Belgique, quand même ; et supprimer la blanche, alors qu’au départ elle était prévue sur les affichettes réservées aux tarifs a suscité une réaction normale d’incompréhension ! Côté programmation, il serait judicieux d’accorder davantage de place aux groupes internationaux de la nouvelle génération post-2000. Elle est extrêmement vivace, et pourrait réduire l'empreinte, omniprésente et légèrement nécrophile, des 'vieilles gloires' des années 80. Enfin, le gros point noir : l’accès au site. Personne n'a compris pourquoi on imposait aux festivaliers un détour interminable (25 minutes de marche) alors que l'entrée principale était en fait à quelques mètres seulement de la rue principale.

Mais revenons à la journée de dimanche. C'est le 4ème jour (le 5ème pour celles et ceux qui ont débarqué mercredi) et la fatigue commence à éprouver les organismes. Ce qui explique pourquoi de nombreux spectateurs ont déclaré forfait ou arrivent tardivement. Mais comme le dit l’adage, les absents ont tort car sous le coup de 13h40, Captain Sensible s’empare de la scène Synth. Et, en dépit de ses 64 balais, le capitaine à bord, Raymond Ian Burns de son vrai nom, a conservé son look éternel et traditionnel : il a enfilé une chemise en jeans sans manches et customisée, est coiffé d’un béret rouge, arbore une chevelure blonde et est chaussé de lunettes de soleil extravagantes. Le début du set est plutôt punk. Il faut dire que Raymond milite, depuis plus de 40 ans, au sein du mythique The Damned. Il est soutenu par les membres de Fifty Foot Combo : son bassiste, et la toujours sexy claviériste. Des musiciens que le leader prendra le temps de présenter, avant que le guitariste ne lui rende hommage en décrétant ‘Without him, the band couldn’t exist’. Après un début de set très punk donc, il opère un écart dans le rock psychédélique, ‘parce que le rock actuel est malade’, signale le Capitaine. Avant de se lancer dans son tube indémodable « Wot » (NDR : mais si, vous connaissez le refrain ‘He said me Captain, I said Wot’). Le chanteur n’hésite pas à préciser à la fin ‘It’s the most stupid song I’ve written ! But it saved me for working hard the rest of my life’. C’est de l’humour très british, of course! Le show est ponctué par son premier single, datant de 1978, une reprise de « Ca plane pour moi » dans une version plus punk intitulée « Jet Boy, Jet Girl ». Et dans la langue de Shakespeare, s'il vous plaît ; excepté lors du refrain, que le public reprend en chœur. Un bon moment propice à la bonne humeur ; et il est impressionnant de constater à quel point un rockeur qui a roulé sa bosse à travers le monde, et a côtoyé des légendes comme Lemmy Kiliminster ou Malcom McLaren, prend encore autant de plaisir devant quelques centaines de spectateurs. (**)

Dans la tente « Wave », après Struggler, le désistement de dernière minute de Fär permet à Lizard Smile de participer à la fête. Etabli à Anvers, ce groupe réunit le bassiste Albi (Albert Van Onckelen), le guitariste Strobo (Bart Van Laeken) et le chanteur (également préposé aux visuels, beats et synths) Beatnick (Nico Van Aerde). Son 4ème opus, « Wandering in Mirrors », est paru récemment chez Wool-e-Discs. Devant quelque 150 spectateurs, le trio dispense un cocktail ‘gothic-electro-rock’ très mélodique et, ma foi, fort séduisant. Et si on pense tour à tour à The Mission, The Cure, Sisters & Fields, la signature est propre…

Un crochet rapide par la Synth-Scene permet ensuite d'entrevoir le set d’Animotion, la formation américaine responsable, en 84, de la célèbre version synth d'« Obsession », le hit de H. Knight et M. Des Barres, bien que les 'Wavers' apprécient surtout celle, sublime, de Kirlian Camera et Dive, datant de 1998. Le duo se produit pour la première fois en Belgique. Malgré un son plutôt brouillon et une voix féminine nasillarde, voire agaçante, le set satisfait sa fan base… 

Changement de scène pour Dole, une formation issue d'Athus, près d'Arlon, qui compte près de 40 ans de carrière. Elle peut se targuer d'avoir bénéficié du concours de la production du regretté Adrian Borland (The Sound) et d’être la première signature sur le label belge PiaS. Et bien, franchement, les musiciens ne font pas leur âge et restent pimpants en ‘live’. Leur 'dark pop' lorgne vers The Cure et les Smiths, époque « The head on the door » et reste, ma foi, très agréable à entendre. A l’instar de « Walking on Air », « The Dream » ainsi que « Snowflakes », une nouvelle compo plus electro, au cours de laquelle le groupe adresse un clin d'oeil appuyé au « Blue Monday » de New Order. Fun !

Autre formation belge, Red Zebra met le feu à un chapiteau ‘Synth’ plein à craquer. Les chouchous du public flamand ont accompagné le W-Fest depuis les débuts et, après quelques séparations et dissensions diverses, le groupe brugeois fête ses 40 ans d’existence et se montre plus fort que jamais. Son punk pop est toujours aussi énergique et communicatif, que ce soit à travers « Spit on the City » ou « Shadows of Doubt ». Lors de ce dernier morceau, Peter Slabbynck glisse son allusion habituelle à « This is not a love song », soulignant l'évidence filiation avec P.I.L. Et le hit « I can't live in a living room » constitue, bien entendu, le point d’orgue de cette excellente prestation.

Chouette découverte live, ensuite, sous la tente ‘Wave’. Antipole est le projet du Norvégien Karl Morten Dahl et propose un post punk froid, éthéré et mélodique. Un croisement entre The Cure période « Faith » et Interpol. En tout cas, il est soutenu par un backing group au complet, au sein duquel figurent la chanteuse Eirene et le chanteur Paris Alexander, tout deux originaires de Brighton. La setlist s’appuie sur le superbe premier opus, « Northern Flux », publié l'année passée par notre ami Pedro, d'Unknown Pleasures Records. Parmi les moments forts, on épinglera « Someday 45 », un morceau caractérisé par son excellent riff de basse, « Part Deux » et, en final, « Please Let Me Sleep » puis « Narcissus ». Nice job, guys !

A 17h40, en raison d'un changement d'horaire de dernière minute, c'est le premier 'schedule clash' du festival. Il faut en effet choisir entre Shriekback sous la tente Synth et Trisomie 21 dans l'autre. Heureusement, les deux correspondants se répartissent la tâche.  

Votre serviteur prend en charge Shriekback, dont le concert est très attendu. La formation anglaise a marqué les années 80 grâce à une wave-fusion teintée de funk, sise à la croisée des chemins de A Certain Ratio, Talking Heads et Gang of Four. Face à un auditoire moins nombreux que prévu, un véritable big band épaule les deux chanteurs/compositeurs, Barry Andrews et Carl Marsh. Ils sont huit sur les planches ! « All Lined Up », « Black light trap » et « Underwaterboys » passent bien la rampe, mais il manque ce petit plus pour que le show décolle. Probablement la faute au mixage ; car la basse, qui constitue normalement le point focal, la moelle épinière des compos (NDR : pensez à « My Spine is the Bassline » !), est insuffisamment mise en exergue. Une belle prestation, donc, mais qui aurait pu s’avérer bien plus percutante, si les balances avaient été mieux réglées…

A même moment, la tout grande foule s’est massée sous la tente Wave pour le concert de Trisomie 21. Il faut dire que ces Français du Nord (Valenciennes) jouent presque à domicile, peu de temps après avoir foulé les planches des Nuits Secrètes d’Aulnoye. Et nombreux sont les fans ch’tis présents dans l’audience. Actif sur le label PiaS de 1985 à 1997, le band avait été lui-même surpris de son succès international, touchant même le Canada et l’Amérique du Sud. A sa tête, on retrouve toujours Philippe (au chant) et Hervé (à la guitare) Lomprez, secondés par un claviériste. La voix de Philippe ne semble pas avoir pris une ride, même s’il reste plutôt statique sur scène, et assez mal à l'aise dans ses rares chorégraphies. On aurait aimé aussi un peu moins de samplings et un vrai batteur en chair et en os ! Mais qu’importe puisque les mélodies de « Where Men Sit », « La fête triste » et bien sûr le tubesque « The last song » résonnent comme autant d'impérissables souvenirs de jeunesse... (**)

Pressés de faire une pause dans ce marathon, musical, nous zappons honteusement Clan of Xymox. Il est vrai que le combo batave est omniprésent, lors des festivals 'dark', depuis quelques années ; et après avoir les avoir vus une dizaine de fois en ‘live’, on commence à connaître la... musique.

Marc Almond, l'ex-chanteur du mythique Soft Cell, s’était également produit dans le cadre du festival, deux ans plus tôt, lors d’une prestation cinq étoiles. On ignore si le botox est le principal responsable, mais son visage est un peu bouffi. Mais son look de Peter Pan de la Wave est inaltérable et au cours d'un set passionnant, il régale son public grâce à une succession de hits incontournables, comme « Bedsitter » ou « The Torch ». Les versions sont malheureusement moins ‘minimal synth’ que les originales, vu la présence d'un véritable batteur ; cependant, l'ensemble sonne très bien. Pendant « Jacky », la reprise de « La Chanson de Jacky », de Jacques Brel, qu'Almond a publiée en 1991, le chanteur se saisit d'une photo de Brel, tendue par un fan, et la montre au public qui répond par une clameur : un bel hommage ! Le climax atteint, bien entendu, son sommet pendant « Tainted Love », la reprise de Gloria Jones qui avait propulsé Soft Cell au sommet des charts. La compo est enchaînée, comme d’habitude, par un « Where Did Our Love Go » jouissif à souhait. Pendant un des derniers titres, « Say Hello Goodbye », Almond réalise l'exploit de tenir une note aiguë pendant quasi 30 secondes. On a même eu peur qu'il s'étouffe !

Changement radical de style ensuite car on a rendez-vous de l'autre côté de la plaine pour le spectacle des pionniers de la ‘harsh electro-indus’, baptisée également ‘aggrotech’ : Suicide Commando. Créé par Johan van Roy en 1986, le projet inclut également, lors de ses live shows, Torben Schmidt aux claviers et Mario Vaerewijck aux drums. C'est revêtu d'une chasuble noire et coiffé d'un chapeau pointu que van Roy grimpe sur le podium, pendant que les notes de « The Gates of Oblivion » retentissent. Un look gothique solennel qui, combiné aux vidéos assez 'horror movies', communique une impression générale 'dark'... très 'dark'. Mais le chanteur reprend bien vite sont look habituel pour « My New Christ », signe avant-coureur d’un set intense, palpitant, imprimé sur des beats sataniques. Van Roy arpente la scène de gauche à droite (et inversement) ; et, en bon showman, vient titiller les fans des premiers rangs, qui éructent les paroles en même temps que lui. L'ambiance est infernale et monte encore d'un cran lors de « God Is In The Rain » et « Cause of death : Suicide ».

Mais il est temps de quitter ce chapiteau pour rejoindre l’autre, car D:uel, le projet réunissant les ex-Propaganda Claudia Brücken et Suzanne Freytag, va bientôt grimper sur l’estrade. Rappelons que Propaganda était, à l'origine, un groupe allemand, formé en 1982 par Freytag, Ralf Dörper (Die Krupps) et Andreas Thein. Claudia Brücken rejoint le line up un an plus tard et le band signe alors sur fameux label de Trevor Horn et Paul Morley, ZTT Records. Cette année, profitant de la réédition de leur album culte, « A Secret Wish », les deux chanteuses rendent hommage à Propaganda dans une série de concerts exceptionnels. Sur le podium, la cinquantaine fringante, elles portent des vestes à paillettes et font une belle impression. « dr Mabuse » ne manque pas d’allure, mais dès « A Dream within a Dream », on décèle les premières lacunes et les séquences de solos réalisées à la guitare, à la batterie et aux claviers, sont un peu limite : il est clair qu'il manque Trevor Horn à la production. Confirmation, « Duel » vire carrément au massacre. Heureusement, le sublime « p:Machinery » remet les pendules à l'heure, même si le riff aux claviers est trop faible dans le mix. Un show émouvant, donc, très nostalgique, mais dont la mise en place a manqué de rigueur, voire de précision…

L'heure avance et la lassitude envahit progressivement les organismes. C'est sans doute la raison pour laquelle nous sommes restés complètement insensibles au show de Lords of Acid. Le projet de Praga Khan, lancé par le hit « I Sit on Acid » en 1988, livre des shows démentiels, puissants et agressifs mais l'ensemble ressemble plutôt à un cirque, un barnum, voire même un foutage de gueule. Le même sentiment éprouvé face aux lamentables spectacles de Marilyn Manson. La chanteuse, Marieke Bresseleers, est très sexy, se meut sur l’estrade comme une panthère en chaleur et chante comme une hard-rockeuse. Mais cette représentation navigue en permanence à la limite du mauvais goût, surtout quand apparaissent, sur l’estrade, une poupée gonflable et trois 'danseuses' proposant les plus gros clichés ‘kinky’ et ‘SM’ possibles et imaginables. Le groupe a néanmoins de (très) nombreux fans et l'ambiance est électrique. Comme quoi...

Quittons bien vite le chapiteau (de cirque) pour rejoindre une dernière fois la Synth-Scene. Le point d'orgue du festival est bien choisi : c'est Vive La Fête, le sympathique projet de Danny Mommens (ex-dEUS) et Els Pynoo. Formé en 1997, VLF est connu dans le monde entier grâce à sa pop electro-wave enjouée et irrésistible. Pour les festivaliers, les hits du groupe, que ce soit « Nuit Blanche », « La Vérité », « Maquillage » ou le nouveau « Toute la nuit », issu du nouvel LP, « Destination Amour », constituent les cerises sur le gâteau après 4 (ou 5) jours de folie. Tout le monde sourit, chante et danse et c'est donc sur une note ultra-positive que se referme le W-Festival.

Pour être tout à fait complet, ajoutons qu'Anne Clark présentait tout au long du festival un spectacle vidéo 360° ainsi qu'un showcase live dans une tente séparée en forme de dome installée au milieu de la plaine.

En conclusion, bravo aux organisateurs et aux artistes et... rendez-vous l'année prochaine pour la 4ème édition, dont l'affiche est déjà quasi-complète ! Sont annoncés The Human League, Killing Joke, The Stranglers, Alphaville, Nick Kershaw, Peter Hook & The Light, Tony Hadley (ex-Spandau Ballet), Time Bandits, China Crisis, Allez Allez, The Blow Monkeys, Toyan Schmutz, Monreal Biarritz, Johnny Hates Jazz, Rational Youth, Lavvi Ebbel, Fehlfarben, Psyche, Nitzer Ebb, VNV Nation, And One, She Wants Revenge, Blutengel, Mesh, Escape With Romeo, Merciful Nuns, Lebanon Hanover, Kowalski, The Cassandra Complex, Pink Turns Blue, Apoptygma Berzerk, Signal Aout 42, Whispering Sons, Apparaat, Desperate Journalist, Palais Ideal, Portion Control, Solar Fake, In Strict Confidence, Empathy Test, Rational Youth, Alphaville, Lebanon Hanover et Adam Ant, notamment.

Prévue au départ comme tête d'affiche, Blondie a publié un démenti sur les réseaux sociaux : une erreur commise par une agence de booking est à l’origine de ce petit couac.

(Organisation : W-Festival)

(**) Sébastien Leclercq

 

W-Festival 2018 : samedi 18 août

Ce 3ème jour du W-Festival s'annonce sous les meilleurs auspices : le temps est délicieux et l'affiche, plus qu'alléchante.

En débarquant sur la plaine d'Orroir (Mont-de-l'Enclus) à 14h, les concerts de Da Geist, l'excellent duo lillois et celui de Katrina (ex-Katrina & The Waves), se sont déjà déroulés. Mais face à la Wave-Scene, une des sensations de ces dernières années va bientôt se produire : Ash Code. ‘Il gruppo napoletano’ et She Past Away sont quasi les seuls représentants de la nouvelle génération 'wave', qui déferle depuis 2008-2010. On regrettera d’ailleurs que la programmation ne se consacre que peu aux 'jeunes pousses', préférant les anciennes gloires, voire les dinosaures, pour plus de sécurité. Enfin, revenons à Ash Code. Sur les planches, le groupe réunit les jumeaux Alessandro et Adriano Bellucio ainsi que Claudia Nottebella. Crossover entre postpunk, darkwave, synthpop et EBM, sa musique se distingue par des sonorités très classiques mais particulièrement efficaces. A cette heure encore matinale, il n'y a que 200, voir maximum 300 âmes devant le podium et le concert tarde à décoller. Mais au moment où le trio italien entame « Want », tout s'éclaire ; les rythmes claquent et l'ambiance monte immédiatement d'un cran. « Perspektive », la plage titulaire de son 3ème et plus récent elpee, et surtout « Dry Your Eyes », son titre le plus notoire, interprété en fin de set, confirment ce regain d'énergie lors d’une prestation finalement très prometteuse.

A l’instar de Sad Lovers & Giants, Modern English est une formation atypique née au tout début des eighties. Dans un style plus atmosphérique, mais à la ligne de guitare claire, elles ont eu une influence majeure dans l’histoire de la musique pop/rock, sans pourtant récolter le succès mérité, même celle qui nous concerne, en cette fin d’après-midi, a décroché un énorme tube ? Intitulé « I melt with you » et gravé 1982 (voir clip ici), il a également servi de B.O. pour le film « Valley girl » de Rachel Goldenberg, en salle l’année suivante. (*)

C’est ce morceau qui clôt un set d’excellente facture, un titre que la foule reprend à l’unisson en frappant des mains. Du line up initial, 4 des musiciens sont toujours au poste, soit le claviériste Stephen Walker, le bassiste Michael Conroy (NDR : de petite taille, lunettes vissées sur le nez, on dirait un fonctionnaire), le chanteur Robbie Grey (NDR : raide comme un piquet, on dirait le sosie de Hergé) et le guitariste Gary Mc Dowell (NDR : qui a eu la gentillesse d’accorder une interview à Musiczine). Lui il a toujours un fameux look ! Cheveux en broussaille et barbe longue, tatoué, même sur le visage, et affublé d’un costume imprimé en peau de léopard, il joue de la guitare en se servant d’un tapis de pédales et parfois jette un oeil sur une partition posée sur un chevalet, à sa droite. Roy Martin remplace Richard Brown, à la batterie, depuis la reformation du quintet, en 2010. Et il assure. Le son est puissant dès les premiers accords. Mieux vaut donc suivre la prestation, aux abords de la table de mixage. Et manifestement, il est distinct. Le band a le bon goût de proposer des morceaux issus de son dernier elpee, « Take me to the trees ». Et tout particulièrement « Trees » et « Moonbeam », une composition réminiscente de Wire, malgré les interventions vintage du synthé. Mais il n’en oublie pas pour autant ses titres les plus notoires, comme « Someone’s calling » « Gathering dust » et « Into the darkness ». Grey pratique toujours cette même gestuelle pour dépeindre ses chansons, galvanise la foule, l’invite à frapper dans les mains, quand il ne vient pas taquiner ses comparses. Amusantes, ses attitudes, sont comparables à celles d’un personnage de BD (NDR : Tintin ?) Etonnant, quand il ne déclame pas, il chante bien mieux que sur les compos de son dernier long playing. L’auditoire apprécie manifestement le show, répond aux sollicitations du chanteur et applaudit à tout rompre. Un très chouette concert qui aurait mérité une prolongation ; mais surtout un set dont la musique n’a pas pris une ride. Par rapport à de nombreux groupes ou artistes qui ne vivent que de leur glorieux passé, c’est une fameuse référence ! (*)

Vu qu'il faut également se restaurer et, surtout, se rafraîchir, on snobe honteusement Charcoalcity et Nouvelle Vague. Ces derniers écument depuis longtemps nos contrées et ses reprises lénifiantes de hits new wave en mode bossa-nova de supermarché finissent par agacer. Enfin, pas la foule présente qui semble apprécier. Rob Grey vient pourtant faire, lors du dernier morceau, son apparition, sur le podium, pour chanter en duo. Paradoxalement, ce sont ces cover bands qui attirent le plus de peuple, lors des petits festivals. Et pourtant, en général, ils ne font que reprendre le rôle d’orchestres de bals populaires organisés dans les villages, au cours des 60’s et 70’s…

C'est donc vers 17h que le véritable cours du festival reprend ses droits. Et pour notre plus grand plaisir, puisque Marsheaux se produit, sous le chapiteau 'Wave'. Ce duo féminin de synthpop a été créé à Athènes en 2009 par Marianthi Melitsi et Sophie Sarigiannidou. Le patronyme ‘Marsheaux’ s’inspire d’ailleurs de leurs deux prénoms. Soutenues sur l’estrade par deux musiciens pilotant des machines, les deux beautés hellènes nous ensorcèlent rapidement par leurs mélodies suaves et leurs arrangements voluptueux. Lors du lumineux « Summer » et le séduisant « Now You Are Mine », les influences de Ladytron et Fisherspooner sont palpables. Et ce sont de très belles références, il faut l’avouer. En outre, les lignes de synthés qui alimentent « Dream of a Disco » évoquent OMD. Autre jolie référence, avouée, celle-là : Depeche Mode. Marsheaux adapte en effet « Now This Is Fun », issu de « Broken Frame » (82). La version est considérablement ralentie, ce qui accentue le côté hypnotique de la composition. Une jolie prestation qui a traversé le festival, comme un éclair de lumière…

L’interview d’Ash Code, réalisée dans la press room, se déroule pendant le show The Devil and The Universe, un combo autrichien de neo-folk/dark ambient. Ashley Dayour, Stefan Elsbacher et David Pfister décrivent leur musique instrumentale comme de la ‘Goat Wave’ ('goat' signifie 'bouc'), une allusion à Baphomet, le dieu/démon à tête de bouc, dont les musiciens adoptent le masque en ‘live’ et dans leurs vidéos. Au loin, on perçoit quand même l'ambiance hypnotique, voire tribale du concert, qui navigue quelque part entre In Slaughter Natives, Enigma et Restive Plaggona. Un peu comme si Dead Can Dance embrassait l'esthétique satanique. Son dernier opus, « Folk Horror », est paru chez Aufnahme + Wiedergabe. Et il est à découvrir absolument !

L’épopée new wave se poursuit, mais sous la tente 'Synth' ; et c'est Heaven 17 qui s'y colle. Ce combo synthpop britannique est originaire de Sheffield. Il s’était déjà produit dans le cadre du festival, il y a deux ans. Il a été formé en octobre '80 par Martyn Ware et Ian Craig Marsh, après avoir quitté Human League, brouillés avec Phil Oakey. Rejoints par Glenn Gregory, les Anglais rencontrent un succès conséquent au cours de la première moitié des eighties. Ian Craig Marsh a quitté le line up en 2006, mais la prestation, rehaussée par la présence de jolies choristes, est toujours parfaitement en place. Du set on épinglera surtout « We don't need that Fascist Groove Thang », « Circus of Death », la reprise du « Let's Dance » de David Bowie et, bien entendu, « Let Me Go »...

‘Let Me Go’ : ça tombe bien : laisse-moi partir ! Car sur l'autre podium, le concert, très attendu de She Past Away, un duo issu de la nouvelle génération, va bientôt commencer. D'origine turque, il implique aujourd'hui Volkan Caner et Doruk Ozturkcan et propose un post punk teinté de darkwave et de gothic rock. Mais le chant en turc surprend ! Sur les planches, les morceaux sont interprétés exactement comme sur disque. Mais visuellement, la paire assure le minimum syndical. Visiblement assez timides, les deux compères sont très statiques et se concentrent sur leur musique. La voix de Volkan Caner rappelle clairement celle d'Andrew Eldritch, mais sans la hargne et sans les c********. Heureusement, les compositions tiennent très bien la route, surtout « Ritüel » et « Katarsis ». Résultat des courses, les  fans du groupe, très nombreux dans un chapiteau plein à craquer, accordent une véritable ovation à ce tandem promis à une belle carrière.

Après Limahl, l'ex-chanteur de Kajagoogoo, qui a ravi les nostalgiques sur la Synth-Scene en interprétant les hits : « Too Shy » et « Never-ending Story », ainsi que quelques reprises dispensables, on passe sans transition à Front Line Assembly, une formation créée en 1986 par le Canadien Bill Leeb, transfuge de Skinny Puppy. Bien qu’ayant déjà assisté aux concerts de FLA, à quatre reprises, celui-ci va se révéler tout bonnement hallucinant. Sa musique hypnotique, dont la base est l’EBM, est enrichie par des accents darkwave-electro-indus et empruntent une dimension 'big beat', très susceptible de faire penser à Fatboy Slim ou aux Chemical Brothers. Le tout, combiné à la touche tribale imprimée par le batteur et les percussions que se réserve, entre autres, le chanteur en personne. C'est un peu comme du Front 242 sous acide. La version live de « Plasticity », par exemple, s'étend sur près de 12 minutes. Une succession irrésistible de progressions électroniques, changements de dynamique et chants incantatoires d'une puissance inouïe. Un grand moment !

Pour clore la soirée, Paul Young est programmé sur la Synth-Scene ; mais après un rapide coup d'œil, tout en tendant l’oreille, à l'intérieur du chapiteau, il faut se rendre à l'évidence : Paul est plus 'old' que 'young' et il n'a plus beaucoup de voix. Il peine a exécuter (c'est le mot) ses propres chansons et quand il décide de massacrer « Love Will Tear Us Apart », une envie irrésistible de rejoindre ses pénates envahit votre serviteur. D’autant plus que demain, dimanche, le dernier jour du marathon l’attend…

(Organisation : W-Festival)

 

(*) : B.D.

 

W-Festival 2018 : vendredi 17 août

Ce vendredi, c'est le 2ème jour du W-Festival et sur la plaine du Mont-de-l'Enclus, les festivaliers sont prêts à accueillir une nouvelle salve de groupes et artistes des mouvances ‘dark’ (new-wave, synthpop, darkwave, …) Un beau soleil inonde tout le site. Quel contraste par rapport au déluge qui s’est abattu, la veille, en fin de soirée.

A 13h20 tapante, Flesh & Fell ouvre le feu sur la Synth-Scene. Créé par Pierre Goudesone, ce projet belge a sévi au cours des années 80 et a été reformé en 2011, mais en compagnie d’une nouvelle chanteuse : l'excellente Laurence Castelain (aussi chez Alk-A-Line). Au W-Fest, il présente son nouvel opus, « Icarus », qui célèbre les 30 ans du groupe. Cet elpee et le précédent constituent l'essentiel de la setlist, qui recèle néanmoins quelques classiques, dont « Hunger » et « The Wind ».

L’estomac crie famine ! Il est temps d’aller se restaurer. Par conséquent, Doganov, le groupe belge de 'heavy-gothic rock', Altered Images, la formation responsable des hits « I Could Be Happy » et « Happy Birthday » ainsi que Monica Jeffries et Me The Tiger passent malheureusement à la trappe…

On est de retour pour Orphaned Land. A l’instar de Machiavel, la veille, cette formation israélienne sort complètement du cadre 'new wave' prôné par le festival. Mais pourquoi pas, quand on veut varier les plaisirs… Actif depuis 27 ans, il infuse son prog-metal de sonorités orientales et de musiques traditionnelles. Malheureusement, malgré la qualité des compos et les messages de paix délivrés par le chanteur, le concert n'est guère convaincant. L’instrumentation ‘live’ ne parvient pas à s’intégrer aux bandes qui tournent en play-back. Résultat des courses : c’est brouillon ! A découvrir sur disque ou alors, si c’est en concert, sous la houlette d’un ingénieur du son compétent !

La Synth-Scene est déjà bien remplie à 16h pour la prestation de Peter Godwin, un chanteur anglais qui a décroché quelques hits au cours des eighties. Sa synthpop est sirupeuse, trop sans doute. Il affiche un look de ‘vieux beau’ à la Pierce Brosnan et ses attitudes précieuses frisent le ridicule. Heureusement, « Criminal World », d'ailleurs repris par Bowie, « The Art of Love » et surtout « Images of Heaven » sortent quelque peu du lot...

Pendant ce temps, Echoes of Yul, le projet polonais emmené par Michał Śliwa, déroule sans grande conviction ses sonorités dark/ambient/drone/doom.

Bref, pas la peine de trop s’attarder, car A Flock of Seagulls, une formation anglaise qui a marqué l'époque new wave, grâce à un style rock/pop synthétique très efficace et au charme irrésistible, s’apprête à grimper sur les planches. Bon : au niveau du look, c'est râpé : le chanteur a troqué sa célèbre crête punk blonde contre une coupe à la Bruce Willis et affublé d’une veste argentée, on dirait un 'Bonhomme Michelin' qui aurait été kidnappé par les Aliens. La voix a mûri, mais ne parvient plus à passer l’octave supérieure. Cependant, plus rock, la musique passe bien la rampe. Des hits comme « Modern Love is Automatic », « The More you Live the More you Love » et, bien sûr, « I Ran » n'ont pas pris une ride et on se rend compte à quel point certains groupes contemporains ont pillé le style des volatiles, surtout Arcade Fire. Première belle surprise de la journée !

Quant à Dive, il n'y a pas de surprise ! Ce projet electro-indus de l'hyperactif Dirk Ivens (NDR : aussi derrière The Klinik, Absolute Body Control et Sonar) est devenu notoire pour ses concerts-tueries. Et il ne dérogera pas à la règle. Comme pour D.A.F. la veille, c'est simple, minimaliste même mais... ça déchire. Ivens est seul sur l’estrade, soutenu par une bande-son et des stroboscopes ; mais son énergie est impressionnante. Que ce soit sur « Underneath », « Far Away » ou « Bloodmoney », le son est puissant et on l’encaisse comme un coup de poing dans la figure. Il faut dire que Borg (Bodybeats, The Klinik, Juggernauts), le fidèle comparse d'Ivens, est derrière les manettes. « Power of Passion » vire à l'indus-noise et devient quasi-bruitiste. En fin de set, « Concrete Jungle », un morceau découpé par un riff d'infrabasses jouissif, suivi de deux reprises de The Klinik (« Sick... » et « Moving Hands »), passées ici à la moulinette, provoquent un orgasme auprès du public massé dans un chapiteau 'Wave' affichant 'complet' : un grand moment !

Bow Wow Wow est une formation emblématique de la new wave, fondée en 1980 par le manager Malcolm McLaren. Responsable d’une musique percussive, elle est fortement influencée par le rockabilly et la world, tout particulièrement celle issue du Burundi. Pour former le line up, ce dernier avait recruté des musiciens chez Adam & The Ants, dont Annabella Lwin, qui n’avait alors que 13 ans. Cette dernière avait alors suscité la controverse, en posant nue sur ses premières pochettes, un peu dans l’esprit de la toile d’Edouard Manet, ‘Le déjeuner sur l’herbe’. Faut dire que la nénette n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à se produire en petite culotte… ou presque. Comme en ce début de soirée, vêtue d’une robe ultra-courte à motifs jaunes et noirs. Ah, fallait quand même le préciser, Annabella ne joue plus chez Bow Wow Wow, au sein duquel, d’ailleurs, ne figure plus que le seul Leigh Goman comme membre originel, mais se produit subtilement sous le patronyme d’Annabella’s Bow Wow Wow. Ce qui ne l’empêche pas d’interpréter des titres de son ancien groupe ou encore des reprises, dont « These Boots Are Made for Walkin' » de Lee Hazlewood ainsi que « I Want Candy » des Strangeloves. Bien qu’ayant pris des rondeurs, elle est encore jolie et puis, c’est une véritable pile électrique qui parcourt le podium de long en large. En outre, sa voix est toujours aussi spasmodique et aiguë. Son drummer est excellent et semble avoir bien assimilé la technique de Dave Barbarossa, produisant parfaitement ce groove si caractéristique. La première moitié du set est particulièrement sauvage et ludique, le gratteur à la belle guitare blanche et le bassiste participant activement à ce débordement d’énergie ; avant que le soufflé ne retombe, pour laisser place à des morceaux plus pop, mais moins intéressants. L’occasion d’aller prendre un rafraîchissement, avant la pièce de résistance… (*)

De retour sous le chapiteau 'Wave', une foule compacte attend Die Krupps. Un groupe qui a tout simplement ouvert la voie (royale) à Rammstein. Dès les premières notes de « The dawning of doom », on a l’impression d’entendre « Tier » voire « Engel », deux compos de leurs compatriotes. Et l’intro de « Crossfire », intégrée en milieu de set, n’est pas sans rappeler le « Sehnsucht » de leurs voisins pyromanes. On pourrait encore citer « Hi tech/low life » comme titre plagié. Pas besoin de feux d’artifices ni de mise en scène théâtrale pour Die Krupps. Sa déferlante EBM et indus s'abat sur la plaine tel l’orage qui a secoué la région, la veille. Le leader, Jürgen Engler, a pour seul artifice un instrument de percussion industriel composé de 4 gros tubes cylindriques, sur lequel il s’acharne à la manière d’un N.U. Unruh (NDR : Einsturzende Neubauten). Et tout particulièrement tout au long de « Wahre arbeit », moment au cours duquel, le  micro est tendu vers le public pour qu’il reprenne en chœur le refrain binaire ‘Lohn – Arbeit’. Les compos défilent comme des uppercuts, mais toujours avec ce sourire et cette sympathie qui animent les membres du groupe. Regardez d’ailleurs leur clip video « To the hilt » ici pour bien percevoir leur humour. (**)

Dans la lignée, la réputation de Project Pitchfork n’est plus à faire. Il compte d’ailleurs 3 décennies de carrière. Le combo hambourgeois a fondé son propre label (NDR: Candyland Entertainment) avant de signer sur une major (Warner), fin des années 90. Le leader Peter Spilles et le claviériste Dirk Scheuber sont présents depuis les débuts de l’aventure. Ce soir, ce dernier apparaît métamorphosé, aminci, à la coiffure bien plus nette qu’auparavant, et sort d'une cure de désintox, paraît-il. En tout cas, le quatuor hanséatique confirme à nouveau son statut de référence du genre darkwave. Derrière la voix rauque de Peter, se cachent des lyrics intéressants défendant l’écologie ou les risques de l’évolution humaine. « Time killer », « Rain » ou « Beholder » sont autant de singles qui font bondir la foule et déclencher des pogos devenus rares au sein des festivals. Une prestation 5 étoiles, clôturée par une ovation du public dont se rapprochera le chanteur, visiblement ému par un tel accueil. (**)

Pendant ce temps, sur la Synth-Scene, ABC en étonne plus d'un en livrant une prestation en tous points parfaite. Fondé en 1980, il est toujours drivé par le très classieux Martyn Fry, et se pose en véritable 'big band'. Non moins de huit musiciens occupent le podium et on se croirait à Las Vegas tant leur apparence est soignée et leur jeu, professionnel. Vêtu d’un costume impeccablement taillé, Fry affiche un look de Lord Sinclair et le temps ne semble pas avoir eu davantage de prise sur sa voix. La setlist est un feu d'artifice de hits dans le style typiquement disco-wave teinté de soul qui a fait la célébrité des natifs de Sheffield. Quant au son, il est simplement exceptionnel. Chaque instrument est clair, distinct et parfaitement équilibré : un fait très rare ! Les tubes font bien entendu mouche : « Poison Arrow », « All of My Heart » ou « The Night you Murdered Love ». « When Smokey sings » rend un hommage touchant à Smokey Robinson et à la soul en général. Venu en masse, le public fait ensuite un triomphe au groupe pendant « The Look of Love », sans conteste son plus grand hit. En un mot comme en cent : ce groupe nous a étalé l’ABC de la classe...

Pour clôturer cette journée, les organisateurs ont cassé leur tirelire et ont invité Kim Wilde, la reine de la synthpop, qui fait pour l'instant une seconde carrière étonnante, déplaçant les foules dans l'Europe entière. Pour se rendre compte de la popularité, hallucinante, de l'Anglaise, il suffit de regarder les premiers rangs de la Synth-scene. Plusieurs centaines de fans sont massés devant les barrières depuis plus de 3 heures, attendant impatiemment leur idole. En raison de problèmes techniques, le show accuse 20 minutes de retard et c'est une véritable ovation que reçoit la belle blonde au moment de monter sur l’estrade.

Evidemment, les années ont passé et la jeune fille élancée a fait place à une femme mûre aux formes plus rondes. Mais le caractère est toujours bien là : Kim Wilde est souriante, enjouée même et sur « Chequered Love », elle s'amuse avec le public et ses musiciens. Dans le groupe, on retrouve bien entendu son frère Ricky, co-compositeur et producteur, que la chanteuse présente comme ‘celui sans lequel rien de tout ceci ne serait arrivé’. Les hits sont interprétés dans des versions plus 'rock' que les originaux, ce qui permet de passer un petit coup de baume sur les « Cambodia » et autre « You Came ». La ferveur est telle dans les premiers rangs que deux personnes doivent être évacuées au-dessus des barrières Nadar en raison d'évanouissements. La 'Wildemania' continue sur le dernier morceau, la reprise des Supremes, « You Keep Me Hanging On ». En rappel, Kim Wilde présente un nouveau morceau, « Pop Don't Stop », tiré de son nouvel album : « Here Come The Aliens » et le final est, comme on s'en doutait, consacré à « Kids In America », le premier hit de Kim Wilde, sorti en 1981. Malgré quelques petites fausses notes et un côté un peu agaçant, le concert est une vraie réussite et aura au final ravi tous les fans...

(Organisation : W-Festival)

(*) BD

(**) Sébastien Leclercq

 

 

W-Festival 2018 : jeudi 16 août

Le W-Festival (‘W’ pour ‘Wave’ !) a été créé, il y a 3 ans, pour se consacrer, comme son nom l'indique, à la new wave et aux courants musicaux dits 'dark' (darkwave, EBM, synthpop, cold-wave, etc). La première édition s’était déroulée à Wortegem, et avait accueilli, entre autres, Peter Hook, Alphaville et Marc Almond. En 2017, le festival était passé à un stade supérieur et avait pris ses quartiers sur le site de l'aéroport d'Amougies. Au programme, trois jours (dont un premier exclusivement réservé aux campeurs) rythmés, notamment, par la musique de Front 242, Human League, Anne Clark, etc. Cette année, le W-Festival prend une nouvelle envergure, car il s'étend sur 4 jours (outre le concert de Peter Murphy en lever de rideau) et bénéficie de deux chapiteaux, plantés sur un nouveau site, toujours à Amougies, dans l’entité de Mont-de-l'Enclus. Côté line up, ce n'est plus une vague, mais un tsunami : pas moins de 62 groupes ou artistes vont se relayer pendant ce qui est bel et bien devenu le plus grand festival 'dark' de l'année en Belgique, voire même en Europe (seuls le Wave Gotik Treffen et le M'era Luna le sont encore davantage).

Il est vrai que la musique des années 80 et les sonorités plus sombres redeviennent 'in' ces derniers temps ; et de plus en plus de formations ou d’artistes s'inspirent de la synthpop, la cold wave ou l'EBM. Les organisateurs ont donc eu la bonne idée de mélanger les 'classiques' des années 80, comme Marc Almond (Soft Cell), D.A.F., Kim Wilde, ABC ou Propaganda (sous le patronyme de D:uel) à des grands noms de la 'darkwave' des 90’s (Project Pitchfork, Front Line Assembly, Die Krupps), sans oublier d’y insérer les 'petits jeunes' qui montent, comme par exemple, She Past Away ou Ash Code.

Par principe, la ‘Synth Scene’ va se concentrer sur les formations synthpop et new wave des années 80, alors que la ‘Wave Scene’, se focalisera sur la darkwave des années '90-00’, ainsi que sur la scène plus contemporaine.

Ce sont les Christians qui ouvrent les hostilités sur la Synth Scene. La formation liverpuldienne est surtout notoire pour son hit « Words », paru en 1990. De la formation originale, il ne reste plus que Garry Christian, le chanteur. Teintée de soul, sa  synthpop tient la route ; mais à cette heure quasi-matinale, il n'y a pas grand monde devant le podium, au grand dam du vocaliste, qui commet l'erreur de s'en plaindre ouvertement...

Après le duo polonais electro-darkwave Dark Side Eons, place à The Wedding Present. Originaire de Leeds, la formation emmenée par David Gedge est responsable d’une power pop aux accents post punk, dans la veine des Buzzcocks, Fall ou Gang of Four. L'ambiance est chouette et quelques fans, aux premiers rangs, encouragent les musiciens.

Roza Parks, dont le patronyme est emprunté à la célèbre activiste noire Rosa Parks, est le premier combo belge à fouler les planches de la Wave Scene. Issu de Peer, il pratique une forme de wave-shoegaze réminiscente de Joy Division et Sisters of Mercy. Les musicos se décrivent comme 'Ian Curtis embrassant PJ Harvey tandis que les Foals font un boeuf avec DAF'. Dommage que le résultat ne soit pas à la hauteur des références...

Machiavel constitue la première entorse au concept du festival. Il est alors 15 heures. On sort de la ‘Wave’ et on élargit le 'scope'. Il faut dire qu'Amougies hérite d’une tradition rock bien ancrée, vu que son édition légendaire, qui s’est déroulée en 1969, a longtemps été considérée comme un 2ème Woodstock. Soucieux de rendre hommage à cette filiation (NDR : suivant les informations recueillies, l'an prochain, l'hommage devrait être davantage mis en exergue). Eric De Ridder, le boss du W-Fest, a donc prévu quelques surprises, afin de diversifier quelque peu la programmation. Machiavel en fait partie. Pionnier du prog/rock belge et reconverti ensuite à une pop 'fusion', il honore, tout simplement, ses engagements pris avant la mort, en janvier dernier, de son regretté chanteur, Mario Guccio. C'est Marc Isaye, le batteur (et par ailleurs boss de Classic 21), qui se charge des parties vocales. Il est soutenu par la choriste, Laura, tandis que Roland de Greef –du line up originel– se réserve la basse, Christophe Pons, la guitare, et l'excellent Hervé Borbé, les claviers. Le répertoire alterne entre classiques prog/rock (« Rope Dancer », « After The Crop ») et morceaux plus pop (« Over The Hill »), sans oublier quelques compositions plus récentes, fortement teintées de blues/rock. Comme on le redoutait, Marc Ysaye n'a ni la maîtrise vocale ni la présence de Guccio et l’ennui commence à s’installer, sauf, évidemment, lors du hit incontournable, « Fly ».

Vers 16h, la plaine commence tout doucement à se remplir et c'est sous un chapiteau Wave quasi-complet que Parade Ground entame son set. Réunissant les frères Jean-Marc et Pierre Pauly, ce duo belge a été un des fers de lance de l'EBM et de la cold wave, de 1981 à 1988. Au W-Fest, son show est, une fois de plus, très intense et passionnant. Jean-Marc, flotte, comme d’habitude, dans un costume noir trop large pour lui, mais chante énergiquement, au point de quelquefois s'époumoner, tandis que Pierre passe du mini-korg au chant en multipliant les chorégraphies hyperactives. Le tandem dispense une forme d’Electro Body Pop hypnotique et mutante, comme si l’ADN de Front 242 avait été contaminé par celui de Tears For Fears. La setlist recèle une majorité de classiques mais aussi quatre tout nouveaux morceaux, que l'on est impatients de (re)découvrir lors de la sortie de son prochain long playing. Superbe concert !

Il est temps ensuite de s’accorder une petite pause ; et tant pis pour Wang Chung (le band britannique n’a finalement qu'un seul véritable hit à son actif, « Dancehall Days », publié en 84) et Roland Gift, ex-Fine Young Cannibals (on se souvient de « She Drives Me Crazy »). Pendant ce temps, sous la tente Wave, Pro Patria ravit les partisans d'un 'harsh électro-indus' proche de Hocico. A noter que ce projet créé par Peter Vercauteren en 1988 vient juste de renaître de ses cendres après une longue traversée du désert. Jérémie Venganza (Super Dragon Punch) se consacre à la batterie et Sebmer Blondwülf aux claviers…

Le temps de siroter une petite bière et on a rendez-vous avec une des têtes d'affiche du jour : A Split Second. Fondé en 85 par Marc Ickx et Peter Bonne, ce groupe belge jouit encore d'une énorme popularité en Flandre. Ce qui explique pourquoi le chapiteau Wave est bondé dès les premières notes de « Colonial Discharge ». Malheureusement, cette excellente compo n'est exécutée qu'à moitié, le band switchant en milieu de parcours vers un « Rigor Mortis » aux accents new beat. Sur les planches, tous les regards convergent vers Marc Ickx. Son look est imposant et son attitude, sauvage. Le son, assuré aux manettes par Borg (Bodybeats, Klinik, Juggernauts), est puissant et précis. Le public se régale en écoutant les hits tels que « Colosseum Crash », « Backlash » ou « On Command ». Mais le paroxysme est atteint sur « Bend My Body Armour » et surtout « Flesh », le plus gros tube du band, qui constitue, selon la légende, les prémisses de la new beat.

Contraste quasi-surréaliste, on passe ensuite à Axel Bauer sous une tente 'Synth' à moitié remplie (NDR : ou vide, selon). Un grand écart digne de JCVD ! A ce moment, le soleil tape fort sur la plaine et les festivaliers privilégient la bronzette. Le chanteur français propose pourtant un pop/rock de qualité, mélodique et parfaitement maîtrisé. Les musiciens du backing group font correctement leur job et Bauer excelle dans l'exercice des solos de guitare. Un peu trop d'ailleurs, car quand il reprend le « Voodoo child » de Jimi Hendrix, c'est franchement 'too much'. Heureusement, il sauve les meubles grâce à une version super-maxi de son seul véritable hit : « Cargo ». On est passé très près du « Cargo d'ennui » !

Retour sous la tente Wave pour Covenant, une des formations les plus illustres de la darkwave des années '90-00’. Les Suédois ont commis quelques albums devenus des références absolues dans le style 'Futurepop'. Ils pratiquent une musique électronique majestueuse et hyper-dansante, soulignée par le chant mélodique habité et inspiré d'Eskil Simonsson et, bien sûr, infusée par une indispensable touche gothique. Ce soir, Daniel Myer est de la partie. Une bonne nouvelle, car omniprésent (NDR : il participe à une kyrielle de projets), c’est un magicien des sons. La prestation de ce soir est fidèle à la réputation de 'killer act' du band. L’auditoire est canardé par une succession de bombes electro comme « Like Tears in Rain », « Bullet » ou « King of My Domain ». Après une séquence plus calme, d'ailleurs un peu trop longue, « Bring The Light » sonne le galop final. Un titre au sein duquel Daniel Meyer injecte une énergie hallucinante, avant que le groupe ne ponctue son set par « Call the Ships To Port ». Beau concert, même les plages un peu trop paisibles auraient pu se substituer à d'autres brûlots comme « Dead Stars » ou « I Stand Alone ».

Si Midge Ure a sévi au sein de Slik, Rich Kids et Thin Lizzy, c’est chez Visage et surtout Ultravox qu’il a rencontré le plus de succès. L’an dernier, il a publié « Orchestrated », un elpee au cours duquel il revisite certains titres de sa carrière solo, mais aussi de son aventure vécue chez Ultravox. Il y a du peuple devant la Synth scene, et lorsque le quatuor grimpe sur l’estrade, il est accueilli par une énorme ovation. La boule à zéro, Midge Ure se charge de la guitare (électrique et parfois acoustique) et du chant, et sa voix n’a rien perdu de sa superbe. Il la maîtrise toujours aussi parfaitement, montant dans les aigus ou la rendant emphatique, suivant les émotions qu’il cherche à communiquer. En outre, il peut s’appuyer sur l’excellent backing vocal du bassiste, dont la longue et fine barbe en triangle doit bien mesurer 20cm. Le line up est complété par un claviériste et un drummer. Le set s’ouvre par « Call of the Wild ». Le son est excellent. Et puis surtout, si les versions originales reposaient sur des sonorités électroniques, sous une forme organique, ils prennent une autre dimension. Un sentiment de nostalgie envahit la foule, qui chante, danse, frappe des mains (parfois à l’invitation de Midge) sur des grands classiques comme « Fade To grey » de Visage, « Vienna », sans violon, mais particulièrement électrique (NDR : cette envolée !), « The voice », moment choisi par Midge pour rejoindre le claviériste derrière ses ivoires, « Hymn », au cours duquel la foule reprend en chœur la fameuse phrase ‘Give us this day all that you showed me / The power and the glory / Til my kingdom comes’, « If I was » et en final un « Dancing with tears in my eyes », qui touche la sensibilité profonde de certains aficionados, au point d’embuer leur mirettes… Le plus étonnant, c’est que plusieurs jours après ce concert, les mélodies de ces chansons trottent encore dans la tête de votre serviteur. Le concert était certainement très pop, mais qu’est ce qu’il a fait du bien ! (*)

On ne sait si c'est un mauvais signe, mais au moment où Chameleons Vox monte sur la Wave Scene, il se met à pleuvoir des cordes ! Pourtant, personne ne peut reprocher à Mark Burgess, le chanteur historique des Chameleons, de chanter faux. A la tête de son groupe mancunien, il a défini un style post punk psyché unique et incomparable de 81 à 86. En 2009, après un long hiatus, Burgess et John Lever, le batteur historique, malheureusement décédé l'année dernière, ont repris le flambeau sous le patronyme Chameleons Vox. Ce soir, la magie opère à nouveau. La personnalité de Burgess, attachante et sensible, rallie tous les suffrages et le public fait un triomphe aux merveilles que sont « A Person Isn't Safe Anywhere These Days », « Monkeyland » et surtout « Second Skin », probablement une des plus belles compositions dans l'histoire du rock. S'étendant sur près de 8 minutes, elle permet à Burgess et son band de dérouler une musique hypnotique et quasi mystique, alors que des bulles de savon se mettent à planer au-dessus des premiers rangs et du podium. Un grand concert, marqué par la conjugaison savoureuse entre les cordes carillonnantes des deux gratteurs et rehaussé par la maîtrise aux manettes de Kenny KGB (Simi Nah). 

C'est en pataugeant dans la boue que les festivaliers doivent ensuite traverser la plaine pour rejoindre la Synth Scene, où D.A.F. a déjà entamé son set. Les pionniers de la musique électronique et de l'EBM sont rompus au haut de l'affiche lors des festivals 'dark' et une fois de plus, Gaby Delgado et Robert Görl démontrent ici que, près de 40 ans plus tard, leur musique est toujours aussi irrésistible. Imaginez le côté rythmique répétitif du krautrock et de Suicide, combiné à la puissance des riffs de basse synthétique et le chant incantatoire de Delgado (soit en allemand ou en espagnol), et vous obtiendrez des bombes atomiques. « Der Mussolini » et « Sato Sato » mettent tout le monde d'accord. Görl assène ses coups de caisse claire tandis que Delgado arpente inlassablement l’estrade en éructant comme un possédé. C'est simple, minimaliste même, mais le public ne peut s'empêcher de danser et de crier. Un point d'orgue idéal pour cette première journée de festival. Vivement demain ! Enfin, en espérant que la pluie cesse… sans quoi ce sera le cloaque !

(* : BD)

Organisation : W-Festival

 

Brussels Summer Festival 2018 : mercredi 15 août

En ce jour férié, la foule est encore plus nombreuse que la veille. Normal, la Place des Palais est dorénavant ouverte au festival. Malheureusement les horaires de passages sont identiques à ceux du Mont des Arts. Aussi, il faut opérer des choix cornéliens entre les têtes d’affiche ou alors zapper rapidement entre les différents concerts…  

La soirée commence par The Inspector Cluzo dont le communiqué de presse précise fièrement que le groupe pratique du funk sans bassiste. En fait, au départ (NDR : c’était il y a une dizaine d’années), il était prévu qu’un bassiste vienne enrichir le line up. Mais il ne s’est pas présenté, lors des premières répétitions. Le duo batterie/guitare a donc décidé de poursuivre son aventure sous sa forme initiale. Ce n’est pas la première fois qu’il se produit au BSF, puisqu’il avait déjà été programmé en 2013 et 2014. La paire est particulièrement complémentaire et en parfaite osmose : voix, solos, envolées en crescendo, etc. En outre, sur les planches, ils sont très proches l’un de l’autre. Ce qui rend la scène bien trop grande pour eux. Mais leur énergie semble inépuisable. Une énergie bien nécessaire, quand on sait que quelques heures plus tard, le tandem partait en Colombie pour participer à un des plus grands festivals, d’Amérique du Sud. Gratuit, par ailleurs. Un périple bien chargé, et qui s’arrêtera une nouvelle fois en Belgique, et plus précisément au Botanique de Bruxelles, le 14 février 2019.  

Assister à un concert de Raphaël constitue un moment au cours duquel on se sent en parfaite harmonie au sein du public. Faut dire que bien souvent, Monsieur est aussi venu pour faire plaisir à Madame. De retour fin 2017 pour un nouvel album intitulé « Anticyclone », le Français n’a guère tourné depuis. Et on le ressent dès le début du set, qui démarre en retard. L’intro a cappella du morceau d’ouverture, « Et dans 150 ans », est plutôt judicieux. Mais lorsqu’il clame haut et fort dans son refrain, ‘Alors, souris !’, faudrait alors qu’il applique personnellement cet impératif. C’est vrai que son ingé-son rencontre quelques soucis techniques ; mais bon, on ne peut pas dire qu’il prend du plaisir sur les planches ce soir. Reconnaissons quand même qu’il restera placide, tout son spectacle, malgré ces contretemps. Soutenu par le claviériste de Benjamin Biolay (NDR : excellent par ailleurs), un batteur et un bassiste, le Parisien déroule une set list qui tient la route à défaut d’être vraiment passionnante. Une petite surprise quand même, la présence de Clara Luciani en guest (NDR : cette ex-La Femme qui a déjà apporté son concours à Nouvelle Vague était programmée plus tôt en journée, au même endroit). Et cette contribution va apporter un peu plus d’enthousiasme et de douceur sur des titres comme « Peut-être » et « Eblouis par la nuit ».

Le temps de remonter les marches vers la Place des Palais, et le set de Matmatah touche à sa fin. Jusqu’en 2008, date de sa séparation, la formation bretonne a rencontré un succès certain. Mais depuis 2017, année de sa reformation, elle a du mal a rebondir. Faut dire que des querelles internes la privent du concours de son guitariste originel. Lors du final, la troupe hexagonale se fait un peu chambrer, suite à la dernière Coupe du Monde de football. « L’apologie » (NDLR : l’apologie du cannabis, pour rappel) bénéficie d’une version longue. Tout au long de « Les moutons », les trois frontmen chantent presque a capella comme lors d’une fest noz (NDR : seuls le batteur et le claviériste apportent un léger accompagnement musical). Un dernier titre dont les textes devraient quand même être réactualisés, car, non, Jean-Marie Lepen n’est plus une cible…

Les techniciens s’activent ensuite pour installer le matos nécessaire au grand show de Shaka Ponk. Un spectacle autant visuel que sonore. C’est que le band s’est forgé une réputation de geeks et d’imagerie virtuelle. A l’image de cet hologramme en intro de concert montrant leur fameuse mascotte primate en activité (NDR : et baptisé judicieusement « The white pixel ape intro »). Frah déboule d’ailleurs sur les planches en adoptant une démarche de gorille. Il est suivi par une Sam plus sexy que jamais (NDLR : voir photos ). Sans grande surprise, le set s’ouvre par le single « Killing Hallelujah », une plage issue du dernier opus, « The evol’ ». La passerelle qui s’avance vers la fosse sert de poste d’exhibition pour Sam ou de rampe de lancement pour le stage dive et crowdsurfing de Frah sur le titre « On fire ». Un début de set joué tambour battant, lorgnant vers le punk voire le métal dissonant, malgré les nombreux samples, destinés à adoucir l’expression sonore. Et à ce propos, on a bien cru que Bertrand Cantat allait débarquer comme guest, deux mois après avoir déclaré son retrait définitif de la scène, à l’Ancienne Belgique. Mais faux espoir puisque sa voix sur l’intro et les choeurs de « Palabra mi amor » sont également le fruit de samples. Une chanson qui déclenche des circle pits. Ou plus exactement un léger pogo. Le public réunit de nombreux bobos brabançons et pas des metalheads qui fréquentent le Graspop ou le Hellfest, quand même ! Mais lorsque le combo attaque/massacre (biffer la mention inutile) « Smells Like Teen Spirit », une adaptation pourtant encensée par les fans, il est temps de tirer sa révérence…

Lors de son dernier concert accordé à Bruxelles, en mars dernier, Camille avait défrayé la chronique. Comme à Paris, l’imprévisible artiste avait prolongé son concert de l’AB en entraînant les fans, après le show, dans les rues de Bruxelles. Pour y chanter ensemble, une compo à la gloire de la ville, jusque la grand-place. Malheureusement, ce soir, le dernier zapping vers le Mont des Arts ne sera guère convaincant. Il est en effet difficile de passer d’un déluge sonore et visuel, à un set raffiné comme celui de Camille. Et il est encore moins évident de rentrer dans son univers et son jeu de scène théâtral. Jouant des voix, des chorégraphies et des percussions, le band emmène le peu de spectateurs encore présents dans un grand ballet indescriptible. Les trois choristes rejoignent les deux percussionnistes (NDR : vêtus de robes, efféminés, pour ressembler aux autres musicos) afin de créer une troupe de chorégraphes décalés. « Ta douleur » joué dans un final de percussions en crescendo déclenche quand même une belle salve d’applaudissements de la part des quelques centaines de spectateurs encore présents, à minuit...

(Organisation BSF)

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W-Festival 2018 : mercredi 15 août - Bauhaus

C'est une vague, voire même un tsunami new wave (?!?!) qui a déferlé sur les scènes du W-Festival, au Mont-de-l'Enclus, ce long week-end du 15 août. Jugez plutôt : pas moins de 62 groupes ou artistes se sont relayés pendant les quatre jours de ce qui est bel et bien devenu le plus grand festival 'dark' de l'année en Belgique, voire même en Europe.

Il est vrai que la musique des années 80 et les sonorités plus sombres redeviennent 'in' ces derniers temps ; et de plus en plus de formations s'inspirent de la synthpop, la cold wave ou l'EBM. Les organisateurs ont donc eu la bonne idée de mélanger les 'classiques' des années 80, comme Marc Almond (Soft Cell), D.A.F., Kim Wilde, ABC ou Propaganda (sous le patronyme de D:uel) à des grands noms de la 'darkwave' des 90’s (Project Pitchfork, Front Line Assembly, Die Krupps), sans oublier d’y insérer les 'petits jeunes' qui montent, comme par exemple, She Past Away ou Ash Code.

Cerise sur le gâteau, le festival s’ouvre, ce mercredi soir, par un concert exceptionnel de Peter Murphy. L'ex-chanteur de Bauhaus célèbre, cette année, les 40 ans du mythique combo anglais. David John Haskins, alias David J, son bassiste emblématique, participe à cette tournée anniversaire…

Vu la programmation de ce concert hors festival qui coûte quand même 60€, seuls les véritables fans se sont déplacés pour la cérémonie. Néanmoins, l'imposant chapiteau 'Wave' est quand même quasi-rempli à l'entame du show ; ce qui équivaut à plus ou moins la capacité de l'AB.

Bauhaus a été fondé, en 1978, à Northampton, par Peter Murphy, Daniel Ash, Kevin Haskins et David J. C’est le clip d'introduction du film « Les Prédateurs » (The Hunger) qui l’a révélé au grand public. Il y interprétait « Bela Lugosi's Dead », derrière un grillage, lors d’une soirée post punk décadente. Au cours de sa brève carrière, il a jeté les bases d'un genre musical nouveau, le rock gothique, en combinant le punk et le glam rock, tout en affichant un côté théâtral et cinématique sombre inspiré des films de vampires des années 30. Après sa séparation, en 83, Peter Murphy forme un éphémère duo (Dali's Car) en compagnie de Mick Karn, le bassiste de Japan, mais se concentre surtout sur une carrière solo au succès inégal. Il va publier huit albums qui vont embrasser un éventail beaucoup plus large de styles musicaux. Bauhaus se reforme brièvement à deux reprises. D’abord pour un périple accompli en 1998, puis entre 2005, pour un autre (notamment avec Nine Inch Nails) et l’enregistrement d’un elpee recelant de nouvelles compositions, "Go Away White".

Les dernières apparitions de Bauhaus en Belgique remontent à 2006. S’il avait réservé un très bon concert à l'Ancienne Belgique, celui accordé dans le cadre des Lokerse Feesten s’était révélé décevant, reflétant les évidentes dissensions entre les musiciens. C'est donc en manifestant un grand intérêt et une grande curiosité que les mélomanes attendent ce concert.

Lorsque le chanteur charismatique monte sur les planches, il est flanqué, bien entendu, de David J, mais également du batteur Marc Slutsky et du guitariste John Andrews, un gratteur qui milite au sein du backing group de Nena. Habillé d'un long kimono bleu marine et d'une longue chemise blanche, son look est totalement différent de celui auquel il nous avait habitués. En outre, une barbe grise et une moustache fournie lui confèrent l'apparence d'un patriarche. Il est vrai qu'il affiche quand même 61 balais au compteur...

Par contre, tant au niveau des prestations vocales que dans son attitude, il est clair qu'il assure un maximum! La formation entame le set en douceur par "King Volcano", une valse quasi-acoustique interprétée dans la pénombre. Mais ce calme relatif est de courte durée car, après « Kingdom's Coming », le rouleau compresseur se met en marche. Ainsi, caractérisé par son riff de basse saturé, carrément métallique, ‘blacksabbathique’ même, « Double Dare » constitue le premier brûlot du show. Extrêmement sauvages, les parties vocales sont exécutées à la perfection par Murphy. Sa maîtrise est étonnante et il varie la distance entre le micro et sa bouche afin de moduler la puissance des sons émis par sa voix... Et quelle voix ! Une voix profonde de baryton qui vous glace le sang dans les basses et explose de puissance dans les aiguës. 

« In the Flat Field » déclenche une première grosse réaction au sein de l’auditoire. Et quelques pogos commencent à se déclencher. Murphy va ensuite puiser dans un répertoire un peu moins connu de Bauhaus pour en extraire des perles comme « God in an Alcove », « Boys » et surtout le magnifique « Silent Hedges ». Second hit du groupe de la soirée, l'extraordinaire club-killer « She's in Parties » demeure un hymne incontournable pour toute soirée 'dark' digne de ce nom. Au moment du break, Murphy se place à côté du drummer pour jouer du melodica et l’accompagner aux percussions. On est en plein dub-reggae ! Poursuivant sur sa lancée, la formation nous offre ensuite un autre sommet : « Kick in the Eye ». La basse quasi-funky/disco de David J insuffle un groove irrésistible au morceau alors que le déhanchement de Murphy est particulièrement élégant…

Mais le moment est déjà venu pour le titre emblématique de Bauhaus : « Bela Lugosi's Dead », un chef-d'oeuvre de 9 minutes paru en 79, considéré comme la première chanson ‘gothique’ de l'histoire du rock. On attendait évidemment les musiciens au tournant sur ce titre et le résultat est époustouflant. En fermant les yeux, on imagine Bauhaus renaître de ses cendres. La foule et Murphy chantent à l'unisson ‘White on white, translucent black capes, back on the rack... Bela Lugosi's Dead’. Un superbe moment...

A partir de cet instant, une succession imparable de purs joyaux, dont le lumineux « The Passion of Lovers », au cours duquel Murphy virevolte comme un derviche, vont déferler. Puis « Stigmata Martyr », qui nous crucifie sur place et pour terminer, « Dark Entries », provoquant un joli pogo au sein des premiers rangs.

En premier rappel, Murphy surprend ses fans en choisissant d’attaquer « Severance », une reprise de Dead Can Dance. Très calme, la composition installe une ambiance plus recueillie, propice à la compo suivante, « Hollow Hills ». Ce long morceau est une pure merveille de rock psyché dark, comme si le « The End » des Doors était revisité par des vampires. Dans l'obscurité presque complète, rond et menaçant, le son de la basse se répand… Encore un moment magique, qui flanque la chair de poule ! Enfin, l'explosion finale sera atteinte lors de deux reprises que Bauhaus interprétait en concert, pour rendre hommage à ses idoles. Tout d'abord, le « Telegram Sam » de T. Rex et enfin, « Ziggy Stardust », ce titre de Bowie auquel le groupe avait rendu une seconde vie.

Au moment de quitter la plaine, force est de constater que Peter Murphy a réussi son pari. Musicalement, c'était parfait et surtout, le ‘godfather of goth’ a démontré qu'il avait conservé l'énergie et la motivation pour ressusciter le moribond Bauhaus et ce, de très belle façon ! Pas de doute, Peter Murphy est toujours le Prince des Ténèbres...

(Organisation : W-Festival)

 

Brussels Summer Festival 2018 : mardi 14 août

Tradition perpétuée pour ce festival bruxellois né en 2002 (NDR : à l’origine baptisé Eu'ritmix). Et pour cause, le ‘pass’ est toujours vendu à prix démocratique, notamment quand on opte pour un ‘early bird’ (NDR : une cinquantaine d’euros). Petit changement toutefois cette année dans la durée, puisque le BSF est réduit de 10 à 5 jours, pour justement conserver ces prix abordables tout en condensant la programmation… selon les déclarations des (nouveaux) responsables de l’organisation...
Pour ce premier jour, la grande scène de la Place des Palais n’est pas encore ouverte. Mais qu’importe, car le programme est déjà bien chargé sur les trois autres lieux (le Mont des Arts, la Madeleine et la Place du Musée). Vers 14 heures, le sold out est décrété, même s’il est toujours possible d’acheter un ‘pass’ pour l’ensemble du festival. Les files sont un peu longues pour d’abord récupérer son bracelet, puis aux contrôles de sécurité, mais c’est devenu le lot de tous les festivals…

La soirée débute par Thérapie Taxi aux Mont des Arts. Son premier elpee, « Hit sale », paru en février, a instantanément cartonné. Et ce suite au single éponyme, enregistré en compagnie de Romeo Elvis (NDR : il est également à l’affiche, ce vendredi 16 août). A l’instar du titre explicite, « Salope », les textes des chansons sont assez crus. Ils traitent aussi bien d’amours déchus (NDR : et c’est un pléonasme), de revanche sur ses ex, de sorties et de débauches nocturnes. Sur les planches, le duo de vocalistes déboule l’un à la suite de l’autre. Raphaël a les yeux assez éclatés. Il n’hésite d’ailleurs pas à faire l’apologie de la consommation de drogues entre deux morceaux ; ce qui jette un peu un froid dans l’auditoire. La belle Adélaïde se déhanche et reste un peu plus en retrait. Sur « Pigalle », quartier où la paire s’est rencontrée, le turbulent leader débouche une bouteille de rhum et la boit au goulot, mais en la partageant avec la foule. En fin de set, avant d’attaquer le tube « Hit sale », le groupe choisit une choriste/fan dans la fosse pour les rejoindre sur l’estrade. Et elle assure plutôt bien son rôle. Le jeune public semble conquis par une prestation que le combo pourra reproduire, en octobre prochain, à l’AB…

Changement d’ambiance à la Madeleine. Peu d’éclairage pour accueillir Birdpen, qui va nous réserver un show plutôt intimiste. Le patronyme du groupe s’inspire du nom de ses deux leaders, Mike Bird et David Penney, qui a longtemps milité chez Archive. On est bien loin du show époustouflant de ce dernier accordé, Place des Palais, quelques années plus tôt. La voix douce de David se pose sur des compos psyché/prog. Atmosphériques, également. C’est plutôt sympa, mais ce style de concert aurait pu être programmé un peu plus tard dans la soirée. Sûr, qu’il aurait été davantage apprécié. Car il est à peine 20h30 et l’envie de découvrir d’autres artistes est plus forte que celle de se poser et savourer le spectacle à sa juste valeur.

Et en revenant aux Monts des Arts, l’ambiance est toute autre. Le changement est même culturel, car on passe d’un rock anglo-saxon à de l’électro/folk orientaliste. En l’occurrence, celui de Soviet Suprem. Vêtus de tenues de généraux, Sylvester Staline et John Lénine bondissent sur toute la largeur de la grande scène. En toile de fond, on remarque la présence de deux grands calicots, sur lesquels figurent leurs portraits, mais représentés sous la forme d’une propagande, colportée en U.R.S.S., début du XXème siècle. Plantés en retrait, deux MC/claviéristes empoignent, de temps à autre, une clarinette ou une mandoline. Plutôt simplistes, les textes des refrains ont de quoi faire sourire, mais trop répétitifs, les morceaux finissent par lasser…

Retour donc à la Madeleine, où l’accès s’avère plus difficile que prévu. Le set est sold out. Ce qui explique notre arrivée tardive dans la salle pour assister à celui de Sonnfjord. Malgré son patronyme scandinave, la jeune formation est issue de Bruxelles. Ce qui explique, sans doute, l’engouement manifesté par la foule, ce soir. Marie-Laetitia semble visiblement émue devant une telle assemblée. ‘C’est la deuxième fois qu’on joue au BSF mais ce soir vous êtes particulièrement nombreux et ça nous fait chaud au cœur’. Elle gardera son sourire durant toute cette fin de prestation. La douceur de sa voix colle aussi bien aux compos sculptées dans la pop indie qu’aux ballades atmosphériques. Parfois, l’expression sonore évoque Hooverphonic, même si Sonnfjord aura encore besoin de temps pour atteindre le statut de cet autre groupe belge…

La foule est nettement moins dense en clôture pour le concert des Négresses Vertes. Une figure marquante du rock alternatif français de la fin des 80’s, mais qui s’est séparé à la fin des 90’s. Il s’est reformé cette année pour partir en tournée (NDR : il s’est d’ailleurs produit au sein de salles intimistes comme à Huy ou Louvain), afin de fêter la sortie de son album, « Mlah ». Sur le côté gauche du podium, on retrouve Stéfane et Iza Mellino, deux musicos qui sont restés très actifs, à travers leur projet Mellino. Hormis l’accordéoniste (NDR : un jeune !) et feu Helno (NDR : victime d’une overdose, en 1993, le chanteur charismatique est décédé en 1993 ; et son absence est toujours aussi préjudiciable), les cinq autres musiciens sont issus du line up originel (NDR : qui en comptait quand même alors une dizaine, à l’époque). Et revoir Les Négresses Vertes, c’est se replonger plus d’un quart de siècle dans le passé. La formation s’était produite dans le cadre du festival de Dour, en 1992 et 1995, mais également au sein de la défunte salle bruxelloise, La Luna. Bref (une petite heure), le set va se concentrer sur les titres-phares : « Voilà l’été », « L’homme des marais », « Zobie la Mouche », « Il », … Le band y met beaucoup de bonne volonté et tente de communiquer sa bonne humeur ; mais manifestement, il n’est plus l’étoile de nos nuits, et ne chante plus de la même manière, nos joies et nos folies, lors du final, « Sous le soleil de Bodega ». Sous un éclairage rouge éblouissant, qui rend encore plus difficile le travail de notre photographe, outre les nombreuses contraintes imposées, le septuor hexagonal massacre ce dernier titre. Plombé par une ligne de basse assourdissante et subissant un traitement électro inapproprié, il achève une prestation qui laissera bien des regrets. Seuls les inconditionnels y trouveront encore, probablement, leur compte… 

(Organisation BSF)

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