Après avoir gravé un premier elpee en 2019 (« Décès… »), Edgar Déception nous propose un Ep baptisé « Clown clown dead ». Il sortira ce 18 novembre 2022. Le band parisien puise les influences lo-fi, pop punk et emo chez des groupes comme ROIDZ, Algernon…

logo_musiczine

Après avoir gravé cinq albums studio, Epsylon nous propose son sixième, sobrement baptisé « 6 ». Fidèle à son identité rock celtique, le groupe s’est laissé tenter par une touche plus contemporaine en accordant une place plus importante au clavier et aux…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Festivals

Esperanzah 2018 : vendredi 3 août

Écrit par

L’organisation du festival Esperanzah est impeccable. Si sa programmation privilégie la world et la musique urbaine, elle ne néglige ni les stars, ni les découvertes. Chaque édition défend un thème. Cette année, c’est le déclin de l’empire du mâle. Sois également ‘Sacha’ et attentif au gaillard qui met la main au cul d’une gonzesse, mais également tolérant et respectueux, notamment en matière d’égalité des sexes…
De vastes parkings de délestage sont relayés par des navettes de bus, toutes les 15 minutes ; et ce jusque 3h30 du mat’. Au sein d’un cadre exceptionnel et ombragé, des fontaines d’eau distribuent gratuitement de l’eau. Et par cette canicule, c’est primordial. Trois scènes sont réparties sur le site : la scène ‘Futuro’, située à son pied, est destinée à la musique urbaine et aux découvertes. Sur le site propre, la ‘Jardin’ accueille les stars montantes et confirmées et l’‘Alpha’ est réservée aux talents en devenir. L’empreinte écologique est omniprésente. Le festivalier trie ses déchets. Le prix de la nourriture et des boissons est abordable. Les familles sont les bienvenues. D’ailleurs, des activités pour les gosses, du cirque et de l’art de rue sont prévus sur le site… 

Ce soir, Roméo Elvis est à l’affiche. Il est programmé sur la scène ‘Futuro’. Mais un parcours de 15’ est alors nécessaire pour remonter vers le ‘Jardin’ ou l’‘Alpha’. Et la pente est raide. Une épreuve à éviter vu la canicule. D’autant plus que Jain se produit sur les hauteurs. Et pour assister à sa prestation, dans les meilleures conditions, il fera donc l’impasse sur celle du rappeur…

C’est d’ailleurs au ‘Jardin’ que la troupe strasbourgeoise, Lyre Le Temps, débarque. C’est le cas de le dire, car sa musique traverse toutes les époques, depuis le Charleston des années 30 au hip hop, en passant par le jazz et l’électro. Tout en y injectant une bonne dose de swing. Le line up réunit quatre musicos. Un drummer, un contrebassiste, préposé aux platines et un chanteur/crooner qui se sert également d’un clavier, mais de manière originale. Ce clavier est placé sur le sol, perpendiculairement à l’estrade et en position verticale. Il en joue donc assis, comme un harpiste ; et notamment tout au long du fabuleux « Prohibition Swing », le titre maître du dernier opus de la formation, un disque paru en 2016 ; et cette compo illustre parfaitement le climat au sein duquel baigne la prestation. On imagine les artistes coiffés de borsalinos, armés de mitraillettes, comme s’ils devaient défendre leur cargaison illicite d’alcool. Des images d’Elliot Ness traquant Al Capone, en noir et blanc, me traversent l’esprit. En ‘live’, le quatuor libère une énergie phénoménale et incite le nombreux public à danser, lever les bras en l’air (NDR : pas suite à une arrestation !) et à faire la fête. Et impossible de résister ! Premier coup de cœur de la journée.

Lubiana Kepaou, découverte, il y a à peine une semaine, au Palais 12, en supporting act de Youssou N’ Dour, grimpe la scène ‘Alpha’. La coupe afro, le regard de jade, la démarche féline, cette jeune Belgo-camerounaise a participé au télécrochet ‘The Voice Belgique’. Et bonne nouvelle, elle est soutenue par deux musiciens, en l’occurrence un claviériste/guitariste et un préposé aux machines. Sa musique est le fruit d’un cocktail subtil entre néo soul, jazz et lounge. Chaude, sensuelle et suave, sa voix colle parfaitement au style. Elle se sert d’une kora, un instrument traditionnel d’Afrique de l’Ouest, qui l’inspire et la rapproche de ses racines. Le concert s’ouvre par « Afro Blue », chanson qui ressemble étrangement à la version originale écrite par Mongo Santamaria et reprise par Erykah Badu. Elle nous réserve une adaptation singulière du « Sex Bomb » de Tom Jones. Caractérisé par ses percussions synthétiques, mais vibrantes, « Feeling love » nous entraîne vers les côtes africaines. Les interventions de Lubiana sur les 10 cordes de sa kora sont délicates, mais émoustillent la foule. Ce qui la pousse tout naturellement à se trémousser. Beats électro et synthés dynamisent « King Of My Kingdom ». Mais c’est lorsqu’elle est seule, face au micro et à son instrument, qu’elle se révèle la plus émouvante. Une superbe prestation, mais un peu courte… 

Setlit : « Afro Blue », « Sex Bomb », « Rose », « Feeling Low », «  Break Free », « Sunday Lost », « Come Back », « King Of My Kingdom », « You ».

Non seulement Gaël Faye est auteur-compositeur-interprète, mais également chanteur, rappeur et écrivain. Né en 1982 à Bujumbura, au Burundi, il a publié, en 2016, un premier roman, partiellement autobiographique. Intitulé ‘Petit Pays’, il raconte son histoire d’enfant vécue au Burundi au cours des années 90, pays déchiré par le génocide, avant qu’il n’émigre en France. Au bout de 10 minutes, on a l’impression que Gaël est le petit frère naturel de Stromae. Intelligent, constant et littéraire, son flow coule de source. En outre, l’artiste à une propension à communiquer d’une manière très naturelle avec le public. La plaine est noire de monde. Faye ne reste pas en place. Il harangue l’auditoire et l’incite constamment à lever les mains ou à jumper. Sa setlist est partagée entre plages de son elpee, « Pili Pili Sur Un Croissant Au Beurre », publié en 2013, de son Ep « Rythmes Et Botanique » paru en 2017, et nouvelles compos. Tel un boxeur sur le ring, Gaël est prêt à en découdre avec les dures réalités de la vie. Il nous parle d’exil, de guerre, de déracinement et surtout de métissage… sa seconde peau. Caractérisé par les interventions du piano et de la trompette, « Tôt Le Matin » ouvre le set. Un morceau paradoxalement doux et violent à la fois. Le discours prononcé par « Paris Métèque » est engagé et éclairé. Poétiques mais truffées de calembours, les rimes fusent sur les accords incisifs des ivoires. Gaël divise l’énorme plaine en deux parties pour voir des vagues de bras qui se lèvent. Son « Freestyle Fayaa » met littéralement le feu sur la plaine. La claque de cette première journée d’Esperanzah !

Place ensuite au Barcelona Gipsy Balkan Orchestra, un sextuor sont les musicos sont issus des quatre coins du Vieux Continent. En l’occurrence, Mattia Schirosa (accordéon, Italie), Sandra Sangiao (chant, Espagne), Ivan Kovacevic (contrebasse, Serbie), Stelios Togias (percussions, Grèce), Julien Chanal (guitare, France) et Oleksandr Sora (violon, Ukraine). Ils se sont rencontrés à Barcelone par amour de la musique balkanique. En fait, le combo réinterprète les thèmes traditionnels des Gitans et des Juifs d'Europe de l'Est, en respectant les racines et l'histoire de ces musiques qui ont traversé la Hongrie, Roumanie, Slovénie et Grèce, ainsi que les pays de l’ex-Yougoslavie, tout en préservant leur propre identité. Le Magazine ‘Mondo Sonoro’ considère « Del Ebro al Danubio », troisième LP de la troupe, comme l'un des 10 meilleurs disques de Musiques du Monde...

Sur les planches, la joie de vivre des musicos est communicative. En outre ils sont aussi talentueux qu’interactifs. D’origine catalane, Sandra Sangiao est vêtue d’une longue robe verte parée d’un corset de couleur noire. Probablement un costume traditionnel slave. Mais surtout, elle a une voix bouleversante, à vous glacer les os (NDR : finalement intéressant, vu la température ambiante). Et finalement, il émane de cette riche expression sonore gypsy, une émotion palpable…

Il faut cependant écourter le show, car Jain se produit au ‘Jardin’, et si on veut se dénicher une place à l’ombre, il faut débarquer sur les lieux assez tôt… Présentatrice, la très belle Yvoire de Rosen, Miss météo sur la chaîne BX1, préposée à la présentation de la soirée (NDR : c’était déjà elle qui avait rempli ce rôle lors du bal de Yousou N’ Dour), signale qu’il s’agit d’une date exclusive en festival. C’est d’ailleurs la dernière de sa tournée. Jain a revêtu une salopette de couleur bleu clair, dont le col rouge ressemble à celui d’un officier gradé. Seule, elle est entourée de ses machines et armée de sa gratte semi-acoustique. Outre le light show dont les faisceaux inondent également la fosse, réunissant alors entre 8 et 10 000 âmes, des vidéos sont projetées pendant son spectacle. Elle a la bougeotte. Et entame les hostilités par le sensuel et terriblement dansant « On my way », un titre issu de son futur elpee, « Souldier », puis embraie par « Star », un autre extrait de cet opus. Ce télescopage entre électro et sonorités empruntées aux quatre coins de la planète est l’occasion de relancer la machine à beats, mais surtout à transpiration. Jain signale qu’il pleut souvent dans notre pays. Elle rectifie en disant que c’est faux et qu’il fait ‘chaud’ ! Ce qui ne va pas l’empêcher de faire  grimper la température de quelques degrés en alignant ses hits, et en achevant sa superbe prestation par « Makeba »…

Une journée riche en vitamines D (soleil) et C (énergie).

(Organisation : Esperanzah)

Les Nuits Secrètes 2018 : dimanche 29 juillet

Écrit par

Dernier jour de festival à couvrir sur le site d’Aulnoy-Aymeries. Le soleil s’est taillé une place de choix. Certains se badigeonnent de crème afin de lutter contre les effets dévastateurs de ses rayons. D’autres, par contre, plus téméraires, implorent le Dieu de la pluie avec force et véhémence. Mais rien n’y fait !
L’affiche du jour est un peu moins intéressante que la veille. Les organisateurs visent une population plus jeune pour la clôture. Un line-up davantage dans l’air du temps, si vous préférez… Pas évident pour de vieux bourlingueurs comme nous. Mais il faut jouer le jeu jusqu’au bout…

Votre serviteur débarque tardivement sur le site. Il est pratiquement 19 heures. Juste le temps de prendre le pouls de Thérapie Taxi, groupe français dont le style musical pluriel rencontre, notamment, la pop, le rock et le rap.

Véritable phénomène auprès des post-adolescents, la troupe parisienne s’est fait connaître auprès du grand public en bénéficiant de la collaboration du rappeur belge Roméo Elvis, pour « Hit Sale ». Vu son panel d’influences, il séduit forcément quelques milliers de personnes présentes.

Dynamiques, les comparses débordent d’énergie et donnent de leur personne afin de faire de cette prestation ce qui restera l’une des meilleures du week-end !

Les festivaliers semblent surexcités. Faut dire que les textes rageurs et racoleurs du band ont de quoi titiller l’attention (la tension) du people…

Musicalement aussi, ça décoiffe. Impossible de rester statique ! Les guibolles flageolent, les genoux frétillent d’impatience et les phalanges de pieds exécutent des soubresauts continus. 

« Cri des loups » provoque l’hystérie totale ! Une horde de spectateurs s’empresse d’appliquer le principe du crowd surf, action qui consiste à se laisser porter à bras tendus ; ce qui donne l'impression de naviguer au-dessus de la foule. Le spectacle est édifiant !

A l’horizon, des corps étendus, comme morts, transitent d’une personne à l’autre. Dans une indifférence la plus complète. Des hommes, des femmes, des jeunes et moins jeunes. Des déguisés aussi, comme cet ersatz de Spiderman au costume rouge moulant laissant apparaître des attributs masculins. De quoi complexer ses congénères… Ou encore une baudruche verte géante, cousine de Wally Gator, alligator de dessin animé qui a sévi dans les années 80’ et incarné un humain tentant sans cesse de s'échapper du zoo au grand malheur du gardien des lieux, M. Tourniquet.

Raph, Adé et Renaud, invitent une jeune femme à pousser la chansonnette sur un titre. Elle s’en tire tant bien que mal juste en remuant le popotin sur un rythme endiablé.

Le trio décalé et provocateur, quitte l’estrade par un passage obligé sur… « Salope » au cours duquel chacun scande comme il le peut sa propre vision du couple.

Après tout, ‘Va t’faire enculer va bien t’faire enculer salope’ peut bien être considéré comme une belle déclaration pour sa dulcinée. Si si !

Il ressortira peut-être de la bouche d’Angèle des mots plus doux. Direction donc l’Eden.

Angèle Van Laeken est ce que l’on appelle ‘une enfant de la balle’. Fruit du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot, elle n’est autre que la frangine du rappeur belge Roméo Elvis.

Sa ‘Loi de Murphy’, brûlot auto dérisoire coécrit par Veence Hanao et Matthew Irons, l’a véritablement propulsée sur le devant de la scène en comptabilisant pas moins de 5 millions de vues sur YouTube. Faut dire que se mettre en scène avec humour tout simplement pour raconter une journée de merde, fallait oser tout de même…

Révélation de la scène francophone en 2017, c'est aussi l'artiste qui monte et qu'on entend vraiment partout. C’est donc assoiffé de curiosité que votre serviteur s’efforce de prêter une oreille attentive à cette Bruxelloise de cœur et de sang.

Flanquée d’un accoutrement très flashy, elle entame un tour de chant, véritable condensé de pop entraînante et lancinante.

Savant mélange d’insolence, de magie et de magnificence, son grain de voix très particulier collerait parfaitement à l’univers du jazz…

Elle ensorcelle, ses yeux pétillent de bonheur. Le public s’abreuve de ses paroles qu’il semble connaître sur le bout des doigts.

Sans doute aussi qu’il s’y reconnaît à travers les textes. Les chansons sont dictées dans la langue de Voltaire. Elle y évoque le quotidien, parfois pourri, parfois tout doux, pour le raconter en chansons. L’interactivité entre Angèle et l’auditoire est totale. On peut vraiment parler ici de cohésion sociale.

Pendant « Je veux tes yeux », la fosse est invitée à réaliser des exercices de fitness. C’est un rituel, paraît-il ! Une large frange du public s’exécute.

Le temps de s’accorder une petite heure de repos aux stands appropriés, la parenthèse belge du moment s’ouvre en compagnie de BRNS. Prononcez Brains s’il vous plaît !

Cet espoir de la nouvelle génération noir-jaune-rouge avait marqué les conduits auditifs, lors de la sortie de l’excellentissime « Mexico », en 2012, une plage issue d’un premier Ep intitulé « Wounded ».

Le groupe a acquis une notoriété certaine hors frontière. Ce qui explique pourquoi le site est bien rempli.

C’est après un nouvel an arrosé qu’Antoine Meersseman (basse/chœur) et Tim Philippe (batterie/chant) décident de créer un projet commun. Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste) les rejoignent peu de temps après.

Ce dernier quittera la formation tout récemment pour former un projet lorgnant vers l’électro-pop (Mortalcombat) avec celle qui partage sa vie à la ville. Lucie Marsaud assurera la place laissée vacante.

Au fait, pourquoi ‘BRNS’ ? Passionnés de cinéma, les lascars se sont tout simplement inspirés du titre d’un film. Ni plus, ni moins !

Particularité, le drummer se charge aussi des vocalises. Normal donc que son instrument soit mis en avant sur les planches. Son jeu est tentaculaire !

Ce qui surprend le plus chez ce gars, c’est ce côté autiste. Hors du temps, hors de tout, il s’amuse tel un gamin déballant le jouet que le Père Noël vient de lui apporter. Il est vraiment dans son truc !

La musique de cette jeune formation est difficile à cataloguer ; hybride à souhait, elle est le résultat d’un cocktail complexe entre rythmiques non conventionnelles et sonorités quasi-pop, parfois un peu rock, mélodieuses également ou alors rocailleuses.

Le set regorge d’idées ingénieuses alternant hymnes complexes, évolutifs et jouissifs, mais facilement identifiables. Riffs de guitares et beats syncopés tourbillonnent, sans jamais s’y perdre, autour de la voix particulière de Tim.

Le band semble libre comme l’air, sans jamais anesthésier l’arène. Nos congénères d’outre-Rhin semblent conquis…

Au terme d’un gig qui a tenu toutes ses promesses, BRNS tire sa révérence avant de regagner les coulisses.

Il est 22 heures 30’. Shaka Ponk est prête à se livrer sur la grande scène. Malheureusement, des obligations professionnelles matinales m’empêcheront de poursuivre ces Nuits un peu plus longtemps… 

Ce sera très certainement pour une prochaine fois !

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

Voir aussi notre section photos ici (site nl)

Les Nuits Secrètes 2018 : samedi 28 juillet

Écrit par

Les concerts se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après avoir batifolé joyeusement dans le cadre champêtre du Tournaisis, la veille, votre serviteur met le cap sur la petite ville post-industrielle d'Aulnoye-Aymeries (NDR : c’est dans le nord de la France), sise à 18 km de Maubeuge et nichée au creux du bassin de la Sambre.
Le seul point commun entre ces deux endroits est la température. Si hier, il faisait chaud, aujourd’hui, c’est pire encore ! Cette période de festivals est décidemment bien estivale…
Les ‘Nuits Secrètes’ constituent le fleuron de cette bourgade de quelques centaines d’habitants. Ici, on se situe dans l’entre-deux. Pas vraiment une organisation amateur, mais pas non plus la grosse artillerie, à l’instar d’un Dour ou d’un Werchter.
Il y a peu de temps encore, la plupart des ‘live’ étaient gratuits. Aujourd’hui, il faut désormais mettre la main au portefeuille, si on veut se faire plaisir. Faut dire que les cachets des artistes et les coûts inhérents à la sécurité ont fait grimper les budgets relatifs à l’organisation.
Pas de grands changements pour cette 17ème édition. Une grande scène en plein air à bâbord et un espace couvert à tribord. Baptisé l’‘Eden’, il s’agit d’une infrastructure métallique initialement conçue pour accueillir le pôle régional des musiques actuelles. Pas vraiment le paradis, mais de quoi parader…
Les parcours dits secrets sont eux aussi tronqués. Ces escapades permettaient aux visiteurs de découvrir un artiste ou un groupe mystérieux dans un lieu qui l’était tout autant… Dorénavant, de grandes affiches placardées aux quatre coins du site annoncent clairement celui ou celle qui accepte de se produire pour le plus grand plaisir des aficionados. Une aubaine pour les uns, mais une initiative un peu conventionnelle pour les autres. L’effet de surprise est tout simplement renvoyé aux oubliettes. Dommage !
Par contre, caractérisée par sa piste de danse, la Bonaventure a été maintenue. De quoi remuer les popotins des fêtards noctambules. Cependant, c’est le seul endroit que votre serviteur évitera de visiter, ses vieux os lui rappelant gentiment que l’arthrite frappe dès l’âge mûr…
Les petites ruelles regorgent de gens, sacs à dos en bandoulières et marcassins aux pieds. Il y a un monde fou. L’accès entre les scènes tient parfois du parcours de combattants. Cette édition risque de devenir un vrai succès !

Passé les étapes des contrôles et accréditations, on entend au loin, Trisomie 21.

Les frères Lomprez ont investi l’Eden, l’un au chant et l’autre à la basse. Ils sont accompagnés d’un troisième larron qui se charge des cordes électriques.

Le groupe s’est formé en 1978. Une belle longévité à une époque où tout devient éphémère. Enfin, si on tient compte de deux pauses dans son parcours. Dont la première va durer de 1997 à 2004. Mais lors d’un concert accordé le 14 novembre 2009, au Glazart, dans le cadre de la promotion de l’elpee, « Black Label », il annonce, à la surprise générale, l’arrêt définitif de son aventure... avant de revenir à la surface, en 2017…

Une longue réflexion de huit années durant lesquelles aucun n’a entamé de projet individuel. L’amour de la musique reprendra cependant le dessus pour donner naissance à « Elegance Never Dies », dans un style plus rock. Une gestation longue et douloureuse !

Faut dire que les frangins ont toujours fonctionné à contre-pied ou si vous préférez en  décalage total avec les tendances de leur époque.

Il est assez étonnant de constater que le public est constitué d’une pyramide des âges très diversifiée. Les papys se souviennent tandis que les plus jeunes découvrent une cold wave froide, rigide et synthétique. Si la musique n’adoucit pas toujours les mœurs, force est de constater qu’elle possède une universalité salutaire…

Rythmiquement saccadées, les compos de T21 vieillissent mal. Comme un vieux vinyle grésillant et poussiéreux posé sur un tourne-disque dont le diamant aurait déjà bien trop parcouru de sillons...

Sombres et industrielles, les compos reflètent à elles seules une certaine misère sociale et intellectuelle du Nord de la France, d’où sont originaires les gaillards. Sous-jacente aussi. Toujours cette culture anarchique qui coule dans leurs veines. Quel(s) combat(s) peuvent-ils donc mener ?

Scéniquement, on ne peut dire non plus que les Lomprez débordent d’une énergie trépidante. Peut-être que l’essence même des sonorités rend cette éventualité caduque.

Nul doute que la formation est davantage taillée pour le studio que pour le live.

La communication avec le parterre est là aussi quasi-inexistante. Faut dire que se livrer entièrement chaque soir pour un public alors qu’on n’en ressent pas nécessairement l’envie s’apparente parfois à de la prostitution…

Les aficionados de la première heure s’y retrouveront malgré tout. Suffit de voir leurs yeux écarquillés à l’écoute de titres phares tels que « La Fête triste » ou encore « The last song ».

Alors, Trisomie21, has been ?

Changement de cap en compagnie d’Eddy de Pretto.

Il est à lui seul, une savante recette finement intelligente de textes poignants et de mots choisis judicieusement sur fond de mélodies accrocheuses.

Normal, lorsqu’on sait que sa mère lui a ouvert la brèche en l’invitant à écouter Brel, Brassens ou encore Barbara.

Il décroche d’ailleurs une nomination méritée aux Victoires de la musique 2018 dans la catégorie ‘révélation scène’.

Vêtu tout simplement d’un short et d’un t-shirt, il s’avance, casquette vissée sur la tête et entame les premières notes de « Jimmy ».

Il ne lâchera pas son smartphone des mains, dont il semble s’accrocher comme un mourant à la vie. Sur la gauche du podium, un batteur solitaire appuie chacune des strophes.

Complètement imprégnée, l’assemblée boit immédiatement ses paroles comme le ferait un Marseillais à qui on aurait servi un pastis !

Plutôt élitiste comme pourrait l’être Saez, les chansons de l’artiste n’étaient pas nécessairement destinées à tomber dans l’escarcelle populaire.

Tout simplement parce que les sujets sont durs, cruels et brutaux.

« Mamere », éloquent sur le sujet, lui permet de régler ses comptes avec celle qui semble ne pas lui avoir donné le sein, ‘si seulement j’avais bu ton lait, ma mère, ma mère’ reprend-t-il étrangement.

Si Oscar Wilde a déclaré un jour : ‘Quand on est petit, on commence par aimer ses parents. Quand on grandit, on les juge. Parfois on leur pardonne’, on ne peut que penser à « Allo maman bobo » de Souchon, une autre thématique sur le questionnement par rapport à ses parents…

Dans la même veine, « Kid », évoque la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par l’induction sociale. Le public connaît par cœur et scande remarquablement le refrain.

Au fond, un artiste ne devient t-il pas, par la force des choses, le porte-parole d’une cause ?

Les titres s’écoutent naturellement. Etrangement, on a l’impression qu’il est présent dans la sphère musicale depuis un moment et qu’il y restera longtemps encore… Il y cette notion d’intemporalité. Une impression trop peu partagée chez d’autres artistes émergents ou confirmés.

Enfin, sa « Fête de Trop », dans laquelle il évoque muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés, lui ravivera quelques souvenirs (bons ou mauvais ?) et clôture un formidable moment passé en sa compagnie…

La curiosité pousse votre serviteur à pousser une pointe vers l’Eden où se produit Jessica93.

Son nom évoque une gonzesse dont le tour de poitrine doit être proche du 90 !

Pas du tout. Si la longue chevelure bouclée constitue un signe distinctif féminin, la barbe touffue confirme combien la testostérone peut exercer des effets dévastateurs.

Agrégeant rock shoegaze, coldwave et stoner psychédélique, l’homme-femme s’amuse à triturer sa gratte à son paroxysme pour en extraire un jus décontenançant à l’aide d’effets parfois surprenants…

Si les dix premières minutes sont amusantes, l’ennui s’installe très vite…

La rareté des food truck provoque des files d’attente interminables. Mais le ventre crie famine. Rien à faire, il va falloir s’armer de patience…
L’attente sera longue de deux heures. Oui, vous avez bien lu ! Deux heures de palabres, de bousculades et d’insultes pour enfin ingurgiter de la nourriture dont les chiens ne voudraient peut-être pas…

Ce qui laisse du temps pour se faire une petite idée sur la prestation de Alt-J.

Si cette fonction rappelle le raccourci informatique sur les claviers Apple, Alt-J est aussi une formation de rock indépendante, originaire de Leeds, en Angleterre…

Initialement quatuor, le groupe est passé à un trio, suite au départ de Gwil Sainsbury. Reste alors du line up originel, Joe Newman (guitare/voix), Gus Unger-Hamilton (claviers/voix) et Thom Green (batterie/samples).

Refusant de s’enfermer dans un genre unique, le premier album, « An Awesome Wave », naviguait entre rock indépendant, électro, pop, folk et même parfois hip hop.

« This is All Yours », le deuxième du nom, plus intimiste, explorait un autre aspect de la musique électro, davantage élitiste et expérimental.

Deux ans plus tard, « Relaxer » mise plutôt sur les arrangements vocaux ; ce qui lui permet d’explorer un horizon sonore plus large…

L’équipe est plantée devant un écran géant qui balance des lumières blanches plutôt vives. Elles seront plus ou moins prononcées au gré des compositions.

Dès les premières notes, une constatation s’impose : le son est audacieux et sophistiqué, marie parfois subtilement un indie rock sulfureux et brutal à une électro aérienne. La voix de Joe Newman affiche une amplitude folle.

Les titres inspirent autant qu’ils rassurent. La foule est compacte et écoute, souvent passivement d’ailleurs, ce qui est en train de se dérouler sous ses yeux, les portugaises grandes ouvertes...

Faut dire que même si les Anglais ont fêté leur dixième anniversaire l’année dernière, leur popularité n’a pas encore gagné suffisamment nos contrées.

Normal dès lors que ceux qui cherchent le tube repartiront bredouille…

Dommage que votre serviteur n’ait pu savourer correctement ce breuvage musical afin de parfaire sa culture générale…

La nuit est tombée depuis longtemps, certains festivaliers écrasés par la chaleur se sont couchés sur le bitume. D’autres encore présentent une écume blanchâtre sur le coin des lèvres ; à coup sûr, il ne s’agit pas de salive…
Une nouvelle histoire de raccourci clavier vient de s’écrire en somme ou… en pomme, c’est selon !

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

Voir aussi notre section photos ici (site nl) 

Les Gens d’Ere 2018 : vendredi 27 juillet

Écrit par

En 1998, quelques amis se réunissent fortuitement dans un hangar pour y fêter la fin des examens. Rien de prétentieux ! Juste quelques fûts, une sono et des invitations lancées aux amis.
Le succès est au rendez-vous, la bouche-à-oreille fonctionne, les invités sont de plus en plus nombreux.
C’est ainsi que la légende prend forme…
Si aujourd’hui, le festival ‘Les gens d’Ere’ n’a rien de comparable avec ses grands frères, il n’en demeure pas moins pour autant humble dans sa philosophie de fonctionnement.
Les organisateurs ont étendu les festivités à trois jours. Le premier est essentiellement destiné aux (re)découvertes à travers une programmation belge, le second est consacré aux covers et enfin, le dernier est destiné au jeune public…
Votre serviteur doit opérer un choix cornélien. En effet, ‘Les Nuits Secrètes’ l’attendent. Impossible de couvrir l’intégralité de la manifestation. Et finalement, pas si opportun non plus…
Ce vendredi nous réservera la plus longue éclipse totale lunaire de ce 21e siècle. Sauf que le ciel, jusqu’ici clément s’est couvert de gros nuages orageux… de plus en plus menaçants. La température est étouffante sur le site, difficilement supportable, même. Le souffle chaud du vent n’apporte aucune fraîcheur salutaire.
Pour se rafraîchir, il n’existe qu’une seule solution : se réfugier devant un des nombreux bars !

Votre serviteur arrive un poil après le début des hostilités. Dommage, parce que Sonnfjord a déjà entamé son tour de chant. La musicalité de « Fresh Heart » réverbère sur la plaine. Toute vêtue d’un bleu qui contraste avec la noirceur du temps, Maria-Laetitia Mattern est accompagnée de son frangin Aurélio (Paon, Lucy Lucy!), Fabien aux baguettes, François à la basse et Jérôme à la gratte.

Née sur les cendres encore tièdes de Jimmie Joy, la formation pratique une musique qui mêle subtilement pop et folk, une expression sonore nappée de nappes de synthé qui permettent des envolées sidérales.

La voix de la Brainoise se marie agréablement aux riffs de guitares atmosphériques parfaitement maîtrisés ; ce qui incite le mélomane à découvrir la nature majestueuse, l’espace et l’évocation des légendes si caractéristiques de la Finlande, évocatrice du patronyme.

Son front perlant, elle termine son set par « Lights », largement diffusé sur les radios grand public. Une occasion ultime de démontrer tout son talent…

Piano Club prend immédiatement la relève sur la grande scène. Ils sont bien une douzaine sur les planches ! La bande à Anthony Sinatra (également membre de Hollywood Porn Stars) est notamment enrichie par la présence de trois choristes et deux percussionnistes dont le torse est imberbe.

Et tous portes des vestons à l’effigie du groupe. Belle idée, mais par ce temps, fallait vraiment oser !

Depuis sa création en 2007 et son single « Girl On TV », les Liégeois ont tracé leur odyssée musicale offrant ici et là des compositions variées et stylées, renforçant un peu plus à chaque disque une maîtrise technique pourtant déjà pas mal affirmée.

Le ‘club’ est venu, défendre les couleurs de « Fantasy walks » et revisiter ce qui a fait sa notoriété.

Sur fond de touches électro vieillottes, la musicalité, pourtant astucieuse, conduit les aficionados dans des tréfonds sonores, entre kitsch et rétro, communiquant malheureusement parfois un côté poussiéreux à l’ensemble…

Ni la descente dans l’arène un brin psychédélique du jeune poupon pour emprunter les lunettes d’une pisseuse, ni ses selfies amusés (pas forcément amusants), ne parviendra à forger ce moment en épisode mémorable.

L’ennui était tout sauf vif et éphémère. Pas de quoi tricoter de vieilles chaussettes !

Des titres comme « Esther » ou « Christine » dont les courbures sont sublimement soulignées par les vocalistes viendront sauver ce qui aurait pu devenir une catastrophe industrielle. Les filles, on vous aime !

Suarez inaugure quant à lui le premier concert sous le grand chapiteau !

C’est probablement un des moments les plus attendus de cette journée. La respiration haletante, des centaines de festivaliers attendent depuis un certain temps déjà celui qui est devenu coach et jury à la téloche durant ses heures perdues.

On y voit d’ailleurs plus de longues tignasses que de poils courts sur la caboche. Le physique et le sourire enjôleur du sieur Pinalla n’y sont sans doute pas étrangers…

Quoiqu’il en soit, les donzelles se sont agglutinées aux premiers rangs, langue pendue aux chevilles. Comme une horde de mouches autour d’un morceau de… viande. Ce spectacle (désolant ?) est tout simplement hallucinant et rappelle combien idiotement l’apparat peut contribuer aux prémices d’un succès

Le physique ne fait heureusement pas tout ! Il faut bien évidemment un soupçon de talent. Honnêteté intellectuelle oblige, celui dont les origines italo-espagnole ressortent, en a. Cela ne fait aucun doute !

« Sur tes lèvres », « Ni rancœur, ni colère » et « Souffle de délire » affichent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Sublimés par une présence scénique relevée, Marc et ses acolytes ont tablé sur un set mélodique qui fait mouche aux yeux des plus jeunes.

« Mon insuline », belle déclamation d’amour emporte chacun d’entre nous vers une forme de sublimation onirique. Les couples s’entrelacent tendrement durant trois petites minutes et se repoussent ensuite quasi-machinalement dès l’extinction des amplis.

Si la douceur et la volupté demeurent le violon d’Ingres de la formation, le show est jugé un trop mielleux et flirte avec des stéréotypes formatés !

Peut-être que l’insouciance et la fougue des débuts ont laissé place à une plus grande maturité. Voire trop grande !

Car si la maîtrise du groupe est certaine, la prise de risques et l’improvisation mériteraient d’avoir leur place en live pour donner du relief.

Si une partie du public s’en contentera, il en sera tout autrement pour les aficionados plus ambitieux…

Mais quand même, un joli moment d’émotion entre souvenirs refoulés et bonheur délétère lors de cette reprise déconcertante de « L’amour à la plage » de Niagara…

Le quatuor tente, a cappella, une version de « Pour un flirt avec toi » du regretté Michel Delpech. Joli clin d’œil à un grand Monsieur de la chanson française.

Les guitares bruitistes des comparses de feu Skip The Use, réunis sous The Noface rappellent les plus vaillants vers la ‘stage’ extérieure.

Si Mat Bastard a définitivement quitté le navire, les matelots ont trouvé un nouveau commandant de bord. En l’occurrence Oma Jali, révélée grâce à l’émission The Voice.

Malheureusement, les conditions climatiques désastreuses guident ceux dont la curiosité est attisée par ce nouveau phénomène, vers un abri de circonstance.

Festivaliers, oui, mais pas fous !

Le temps de se sécher et il déjà l’heure pour Hyphen Hyphen d’emboîter le pas…

Très attendus, les Niçois avaient frappé très fort en 2015, en publiant un premier opus plus que réussi. Intitulé « Times », il leur avait permis d’être récompensés aux Victoires de la Musique l’année suivante, comme ‘Révélation Scène’…

C’est sur « Take my Hand » que bariolés de marques noires tribales sur le visage signifiant Hyphen (terme anglais qui se traduit par trait d’union), les quatre jeunes gens montent sur l’estrade entre deux énormes ‘H’ blancs déposés de part et d’autre de l’espace.

C’est Zoé Hochberg qui est chargée des fûts suite au départ de Zac. Son jeu est un peu plus épuré que d’habitude. Normal, la main gauche est dans le plâtre et le bras, en écharpe. Malgré une seule droite active, force est de constater que la jeune fille s’en sort admirablement bien…

Santa (chant), Puss (guitare, claviers) et Line (basse, chœurs) ne ménagent pas leurs efforts non plus. Les corps se tortillent, les têtes balancent d’avant en arrière régulièrement, spontanément ou volontairement à l’excès. Ils reviennent plus énervés que jamais… Une odeur désagréable de transpiration plane. Les fronts laissent apparaître le fruit d’une générosité physique intense…

Les rondeurs de la chanteuse ont pratiquement disparues, ce qui laisse apparaître les courbures d’un corps que certains mâles contemplent avec délectation.

Pourtant, depuis longtemps, cette gonzesse véhicule quelque chose de très masculin, voire guerrier, dans son approche artistique. Elle ne dérogera pas à la règle ce soir.

D’une voix plutôt grave, elle donne l’impression de mener un combat sur un ring. Une adversité protéiforme et absolue. On y sent de la force, de la fougue et de la rage…

En tout cas, l’ensemble est cohérent, féroce et renvoie au panier les styles formatés et standardisés du moment.

Déjà « Mama Sorry » indique clairement que le dernier opus est vraiment taillé pour le live. Percutantes et fédératrices, les compos baignent dans une sorte d’électro/pop rocailleuse… « Like Boys » lui permet de défendre son manifeste féministe dont le refrain entêtant ‘I don't even like boys / Don't you understand / You're just not my type / Don't you understand’ est repris par un public excité. Un titre emblématique, porte-drapeau de la défense d’une cause (qu’elle estime) juste et noble.

Bref, un show puissant à la courbe ascendante. C’est jouissif et d’une énergie imparable !

Après une heure d’une prestation effrénée, « Just Need » vient souffler le glas de ce qui restera dans les annales… du festival…

Enfin, Zenith se charge des prolongations. Un groupe de covers issu du patelin. Trop peu pour votre serviteur qui préfère rester sur une note positive.

Comme quoi, l’affiche d’un tel événement peut également receler des faiblesses…

Suite au prochain numéro !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Voir aussi notre section photos ici (site nl)

 

Dour Festival 2018 : dimanche 15 juillet

Écrit par

Cette édition 2018 touche déjà à sa fin. Le même jour que la Coupe du Monde de foot, d'ailleurs. L'ambiance est un peu particulière sur le site, vu le nombre important de festivaliers français. Pas évident ce matin de se convaincre que la musique est au centre de nos préoccupations, à Dour.

Avant que cette rencontre  France-Croatie ne soit retransmise sur écran géant, sur la Main Stage, FIDLAR a pour mission d’y chauffer un peu la plaine. Les Américains sont de véritables références en matière de rock/garage. Malheureusement pour eux, de nombreux fans des Bleus se sont agglutinés aux premiers rangs afin de se réserver la meilleure place pour assister au match, dont le début est prévu dans un petit peu plus d’une heure. Ce qui semble cependant amuser le groupe. Il s’autorise ainsi quelques allusions à ce sport, tout en avouant ne pas y connaître grand-chose.

Si on se penchait sur la musique, quand même ? Caractérisées par des interventions de guitares impeccables, les compos de FIDLAR sont brèves mais intenses. En ‘live’, le set bénéficie d’un support visuel plutôt sympathique. Le combo n’oublie pas d’intégrer ses tubes dans la setlist, à l’instar de « Cheap Beer », « No Waves » ou encore « West Coast ». Mais malheureusement, le concert doit cesser 10 minutes plus tôt, afin de permettre au staff d’installer l'écran géant. Un sentiment d’amertume envahit votre serviteur, car la formation californienne (NDR : elle est issue de Los Angeles) n’aura pas le temps d’attaquer l'excellent « Cocaine », comme elle le réserve à chaque fin de show. Le foot c'est bien, mais nous sommes venus à Dour pour la musique quand même !!!

Frustrés, nous décidons de ne pas regarder le match. Mais très peu de concerts se déroulent au même moment... Direction le Labo donc pour Ezra Collective. La découverte est totale. Et intéressante, car le groupe londonien nous propose un chaleureux cocktail de jazz, reggae et afro beat. Ce qui provoque du mouvement au sein de la fosse. C'est le rendez-vous de celles et ceux qui n'aiment pas le foot. On entend cependant des clameurs qui s’élèvent, de temps à autre, depuis la Main Stage. A la fin du set, on apprend que la France a décroché son deuxième titre mondial.

C'est évidemment la grosse fête pour les festivaliers français. Un peu dépité de ne pas être à leur place, on se console en allant assister au concert d’un groupe bien belge, Girls In Hawaii. Il opère son retour à Dour pour y dispenser un bel éventail de pop songs douces et mélancoliques. Et les musicos ont revêtu le maillot des Diables Rouges. Ca fait du bien ! Dans le passé, ses prestations ‘live’ m’ont rarement convaincu ; mais aujourd’hui, ce ne sera pas le cas. Faut dire qu’au fil du temps, le band s’est constitué un répertoire impressionnant. Ce n'est pas compliqué, le show ne souffre d’aucun moment faible. Toute sa discographie est balayée ; et même si le mélomane lambda préfère les plus anciennes compos, les nouvelles sont également de toute bonne facture. En outre, les musicos sont souriants et bien plus communicatifs que d’habitude. Excellent !

Thee Oh Sees se produit presque au même moment dans la Caverne. Un quatuor dont le line up implique deux batteries. Et sur les planches, le résultat est assez impressionnant ! Ca envoie du gros bois ! Les Californiens sont réputés pour leurs sets ‘live’ dévastateurs. Et ils vont, à nouveau, le démontrer. Leur rock/garage est plus subtil que celui de FIDLAR, malgré des percussions plus puissantes. Cependant, les musiciens ne misent pas sur la communication. En fait, ils ne laissent aucun répit entre les morceaux et on se prend une énorme claque. Et au bout de 5 jours, elle fait du bien pour rester éveillé.

Le festival se termine tout doucement. Un ensemble congolais se produit dans le Labo. Kokoko ! se sert d’instruments faits maison. Forcément les sonorités sont très africaines, bien rythmées, mais surtout très originales. En outre, les membres du combo mettent une ambiance de feu sous le chapiteau. Notamment en invitant la foule à participer à cette fête propice à la danse. Une des grosses surprises de cette édition !

Un dernier concert pour la route afin de clore le Dour 2018, pour votre serviteur ? Ce sera celui de à la Boombox. La charmante Danoise conclut tout en douceur une édition réussie sur bien des points, d’autant plus que la programmation était de nouveau préparée aux petits oignons. Hormis quelques problèmes d'abri pour se protéger du soleil, le site est bien situé. Dour c'est l'Amour. A l'année prochaine !

(Organisation : Dour Festival)

Voir les photos sur le site nl, ici

Cactus Festival 2018 : dimanche 15 juillet

Écrit par

Le dimanche était placé sous le signe de la guitare et de l’indie rock. Rien que la présence de Slowdive et de Mogwai avait de quoi ravir les inconditionnels du genre. Et ils vont être gâtés…

Ryley Walker ouvre le festival, ce dernier jour. Et il va constituer la première bonne surprise de la journée. Malgré l’heure matinale, il fait déjà très chaud et l’artiste se produit, une serviette sur la tête. Excentrique, ce Britannique de 27 ans s’est déjà forgé une solide réputation sur la scène rock pour sa créativité et ses talents d'improvisateur. Hantée par le génie intemporel de Nick Drake et de Jim O'Rourke, sa musique oscille entre free jazz, heavy rock et psychédélisme. Mais s’il puise ses influences essentiellement dans les 70’s, il a le bon goût de ne pas les consommer à la mode rétro. Un chouette concert !

Programmer Suuns au Cactus était un risque. Le band canadien ne correspond pas vraiment à un festival familial comme celui-ci. A cause de sa musique underground et avant-gardiste. Et pourtant, la formation va livrer un excellent show. Une première demi-heure au cours de laquelle l’expression sonore va éclore d’une fusion entre math rock, électro et krautrock. Et une deuxième partie plus noisy, qui va s’achever dans une forme de dub entretenue par les lignes de basse et nappée d’arpèges de claviers…

Strand of Oaks, c’est le projet de Timothy Showalter, un chanteur/compositeur/guitariste/producteur (NDR : barbu, chevelu et souriant, on dirait un métalleux !) issu de l’Indiana. Etonnant, mais pour sa tournée européenne, il s’est entouré d’un trio guitare/basse/batterie de nationalité néerlandaise. Et plus surprenant, encore, le backing group s’est adapté en trois coups de cuiller à pot, au répertoire de l’Américain. D’ailleurs, il va bientôt se produire, à la Roma d’Anvers en compagnie des musiciens de Songs : Ohia / Magnolia Electric Co., pour y rendre hommage à Jason Molina, feu leur leader. Et le show va tenir la route, nous plongeant tantôt dans un climat acide, très 70’s, s’autorisant notamment quelques digressions électriques bien senties, malgré l’un ou l’autre titre moins percutant, dont un boogie passe-partout. Paradoxalement, la voix de Timothy rappelle parfois celle de Mike Watt, le leader de Waterboys. S’ouvrant par le psychédélique (NDR : ben vu son titre !) « Taking Acid and Talking to My Brother », le set va s’achever par un remarquable « JM » (NDR : titre composé par révérence à feu Molina), un long morceau dont l’intensité réminiscente du Crazy Horse de Neil Young va communiquer à la foule d’excellentes vibrations…

Goldfrapp a exploré différents styles dans sa longue carrière, du trip hop à l'électro en passant par le folk visionnaire ; mais ce soir, la bande à Alison Goldfrapp s’est clairement orientée vers la dance. C’était donc le moment idéal pour aller casser la croûte…

Après un hiatus de 20 longues années, Slowdive s’est reformé en 2004, puis a publié un nouvel album en 2017. Une petite perle ! Ce qui va le rendre plus populaire que dans les eighties. Une énigme ! Les échos recueillis lors de ses concerts accordés depuis étaient tellement élogieux que sa présence, dans le cadre de l’édition 2018 du Cactus Festival, était une véritable aubaine, pour ses aficionados… Le quintet monte sur l’estrade. Deux gratteurs, dont Neil Halsted, également préposé au chant, un bassiste –qui se plante au milieu de l’estrade–, un batteur et la chanteuse/claviériste Rachel Goswell. Hormis cette dernière, vêtue d’une robe longue bleu/verte sur laquelle sont dessinés des motifs représentant des cactus et des soleils, les autres musicos n’affichent aucun look particulier. On pourrait les confondre avec n’importe quel quidam lambda. En arrière-plan, une toile noire a été tendue, ne laissant apparaître que le patronyme du band. Le set s’ouvre par « Slomo », dont l’intro est particulièrement étirée. Déjà la conjugaison entre les voix de Rachel et de Neil vous transportent dans la stratosphère, tout en se fondant parfaitement dans l’instrumentation. Tiens curieusement, un arc-en-ciel s’est formé au sein de quelques nuages cotonneux. Etrange… Des vagues méditatives de guitares discordantes flottent dans les airs. Cristallin, « Catch the breeze » nous rappelle que le combo émarge bien au mouvement shoegaze. « Crazy for you » oscille constamment entre les chaudes harmonies vocales et la cacophonie savoureusement dissonante. « Souvlaki Spade Station » nous entraîne au cœur d’un voyage cosmique. Comique aussi, car un spectateur s’est déguisé en dinosaure et s’agite aux premiers rangs ; ce qui a le don de faire sourire Rachel. Et après le luxuriant « Sugar for the pill », le concert s’achève par la cover du Golden Hair de Syd Barrett, dont le texte a été composé par le poète James Joyce, en 1967. Le lightshow passe alors au rouge. Miss Goswell le chante, puis quitte le podium, moment choisi par les quatre musicos pour se lancer dans un long trip psychédélique. Magique ! On aurait tant aimé que, comme l’écrivait si bien Alphonse de Lamartine, le temps suspende alors son vol…

Place ensuite à Mogwai. La dernière fois qu’il s’était produit au Cactus, c’était en 2014. Nous avons beaucoup de respect pour Mogwai. Et pour cause, les Ecossais ont toujours évité les clichés post-rock et ont accordé un rôle de plus en plus important aux claviers. Mogwai ne se complait pas dans la menace constante ou l'atmosphère sombre, comme chez Godspeed You Black Emperor, mais ce sont cependant les compos les plus redoutables qui se révèlent les plus efficaces, en ‘live’. A l’instar du ténébreux, grave et aride « Rano Pano ». Le volume sonore est puissant. Les bouchons s’imposent ! Pendant « I’m Jim Morrison, I’m dead », une percussionniste apporte son concours en jouant face au drummer. On aura même droit à une cover du « Remurdered » de Radiohead. Et cet excellent show de s’achever par leur magnum opus, « Mogwai Fear Satan ». On n’en oubliera pas, bien évidemment, le remarquable light show ; mais c’est devenu une constante, tout comme les laconiques ‘Thank you so much’, lâchés par, Stuart Braithwaite, le leader, à l’issue de chaque morceau… 

Il revenait à Nils Frahm de clore le festival. Un épilogue audacieux, puisque sa musique pour piano oscille entre néoclassique et électronique. Mais Frahm est rompu à ce type d’événement ; donc les organisateurs avaient pris un minimum de risques. L’artiste allemand a essentiellement interprété des titres électroniques issus de « Spaces » et « All melody ». La scène de Cactus a été transformée en studio d'enregistrement, dans lequel Frahm se consacre aux pianos, orgues, claviers et autres appareils électroniques. Minimaliste, sa musique est un véritable plaisir, s’inscrivant dans la lignée des maîtres germaniques du genre comme Kraftwerk ou Manuel Göttsching, mais aussi Steve Reich et Wim Mertens…

Outre ses sources classiques, Frahm a également introduit des éléments ludiques, y compris un piano jouet et des sonorités de clavier proches des voix humaines. Son plus grand succès, « Says », il le considère comme sa chanson la plus agaçante, car elle repose uniquement sur un accord. Et il conclut son set par « For Peter Toilet brushes more », au cours duquel il se sert des ivoires, ma foi, de manière peu orthodoxe…  

A l’année prochaine !   

(Organisation : Cactus festival)

Voir photos sur le site nl ici

Dour Festival 2018 : samedi 14 juillet

Écrit par

En plantant sa tente à Dour, on oublie parfois que la vie continue à côté du festival. Des obligations familiales vont ainsi forcer votre serviteur à rentrer chez lui, sur le coup de 20h, ce samedi. Alt-J, notamment, passera donc à la trappe. Mais certains événements sont parfois plus importants qu’une manifestation musicale…

Le début de la journée est marqué par la petite finale du Mondial, diffusée sur grand écran. Les Diables Rouges l’emportent brillamment face aux Anglais et terminent à une troisième place historique. En parlant de british, on a l’occasion de profiter d’une partie du set de Baxter Dury, durant la mi-temps de la rencontre. La pop de l’Anglais est aussi classe que son look. Costume/cravate, coiffure impeccable et petit verre de vin rouge à la main, il semble débarquer d’une autre époque… Les quelques morceaux écoutés pendant cette pause permettent de se rafraîchir (l’esprit) avant de replonger dans la fournaise de la plaine.

On enchaîne par FùGù Mango. Anonyme il y a encore quelques années, le groupe belge a connu une ascension fulgurante en à peine deux ans. Le quatuor a trouvé son créneau grâce aux percussions africaines qui subliment véritablement leurs morceaux. Une preuve ? La reprise du « Golden Brown des Stranglers. Elle est totalement différente de la version originale, mais surtout en se la réappropriant, le band l’a transcendée. L’ambiance est propice à la danse. Le chapiteau semble trembler suivant les rythmes imprimés par les frangins Lontie. Et on comprend mieux pourquoi la formation est devenue une valeur sûre, sur la scène noir-jaune-rouge. Avec FùGù Mango, c’est la fête !

Déjà plus que deux concert pour ma part… Direction le Labo pour assister à celui de Porches. Il s’agit du projet d’Aaron Maine, un Américain responsable de trois albums à ce jour. Et son dernier, « The house », paru en janvier dernier, est une véritable révélation. Douce mais très bien construite, sa pop lorgne subtilement vers celle de Perfume Genius. Sympathique, talentueux, l’artiste plaisante entre les différents morceaux. Son thème favori ? La chaleur sous ce chapiteau, bien sûr ! On se laisse bercer par la musique du songwriter. Et la petite touche expérimentale qui alimente certaines de ses compos rend son set à la fois intéressant et agréable. Un chouette moment !

Avant d’être rappelé à certaines obligations, un petit crochet via la Caverne s’impose. Chelsea Wolfe y est programmé. Gothique, son rock est une référence dans le genre. Mais il manque d’audace et ne parvient pas à soulever mon enthousiasme, outre mesure. Il y manque le brin de folie.

Voilà, je dois en rester là malheureusement aujourd’hui. La vie réelle me rappelle, mais demain, le final sera grandiose !

(Organisation : Dour Festival)

Voir les photos sur le site nl, ici 

Chaussée Summer Festival 2018 : samedi 14 juillet

Écrit par

Tout comme la veille, lors de l’ouverture du festival, il n’y a pas grand monde sur la plaine. Il est vrai qu’il n’est que 18 heures…

Dj (Rémi-G) mixe les morceaux qui s’enchaînent. Cependant, l’organisateur a décidé de retarder la programmation du festival de 30 minutes. Lorsque Sonnfjord ouvre les hostilités, le peuple a quand même décidé de rappliquer. Faut dire aussi que les Diables Rouges viennent de terminer leur rencontre face à l’Angleterre. Considéré comme une étoile montante, Sonnfjord est issu de Braine-l'Alleud. Drivée par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern, la formation implique également son frère, Aurelio (Paon, Lucy Lucy), aux claviers, Jérome Van Den Bril, à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon), aux drums. Ce soir, François De Moffarts est remplacé par Maxime Honhon (Solkins, Edor, Konoba), à la basse et au chant. Le quintet va nous présenter de larges extraits de son dernier Ep, « City Lights ».

Caractérisé par sa mélodie élégante, « Dust And Shapes » ouvre le concert. Maria-Laeticia ondule des bras sur place. Particulièrement interactive, elle a la bougeotte, sautille et invite le public de se rapprocher. Elle se plante pendant « Instru », mais reprend aussitôt le tout à zéro. Et brillamment. Au fil des concerts, le combo a acquis une nouvelle maturité et une maîtrise incontestable sur les planches. Véritable bête de scène, Maria chante, la plupart du temps, dans la langue de Shakespeare. Elle interprète cependant, « Tu dors debout », dans celle de Molière, d’une voix susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon ou encore Claire Louise, et lorsqu’elle devient un peu plus graveleuse, Ann Arbor. Sur les planches, la complicité entre le frère et la sœur est incontestable. Ils se multiplient tout au long de « Light ». A l’origine tramée dans le folk, la musique du combo s’est convertie successivement à la pop et l’électro. Elle est même devenue davantage atmosphérique. Et le set de s’achever par l’évanescent, « Escape »…

Pendant qu’on installe le matos de Kid Noize, Greg Avau exécute des selfies derrière le podium. Quatre heures sont nécessaires pour réaliser le maquillage du célèbre masque de singe sur l’ancien leader de Joshua. Tête d’affiche du festival, Kid Noize est attendu de pied ferme par un public, chaud-boulette. Mais le boss du label ‘Black Gizah Records’ va mettre le feu pendant plus de deux 2 heures trente. La régie-lumières a du boulot. Là-haut, ‘Kid’ est face à sa ‘Noize’ qui scintille de mille et une lumières. Il est en perpétuel mouvement derrière sa table. Un peu comme Martin Solveig, Henri PFR ou Lost Frequencies. Finalement, David Guetta est un fantôme à côté de ces Dj’s…

Le set est programmé en crescendo. Deux fois trente minutes d’échauffement par paliers, avant les 75 minutes de plat de résistance. Les tubes défilent : depuis « Brooklyn » à « Dark », en passant par « Jackass » et « Ocean ». Impossible de ne pas avoir des fourmis dans les jambes. Tout le monde lève les bras en l’air et participe à la fête. Ou au souk, si vous préférez. De quoi oublier les problèmes de la vie…

Autre cover band, Happy Hour embraie. Mais votre serviteur a soif et mal aux guiboles. Un peu de repos n’est pas superflu, avant de rentrer au bercail, après deux journées particulièrement festives. En tout cas, un grand bravo à l’organisation pour son professionnalisme. A l’an prochain !

(Organisation : Groupement des jeunes ASBL)

 

Cactus Festival 2018 : samedi 14 juillet

Écrit par

Nous sommes le 14 juillet. Soit le jour de la fête nationale en France. Mais surtout, les Diables Rouges rencontrent l’Angleterre, pour tenter de décrocher la troisième place, dans le cadre du la Coupe du Monde de football. Et tout est prévu, pour assister à ce match, diffusé sur grand écran, sur le site du festival… Bon n’oublions pas quand même, le programme musical…

tUnE-yArDs nous vient de Nouvelle-Angleterre (NDR : c’est au Nord-est des States !) et se produit un peu après 15 heures. Il s’agit du projet de Merril Garbus, dont la musique, hybride, dansante, imprévisible, foutraque, ludique et complexe, est contaminée par l’électro, le hip hop, le folk, le funk, le r’n’b et la world. Entre autres. Vu l’avis émis par Nick, le correspondant néerlandophone, le set était aussi intéressant qu’original. On en prend note et on reviendra certainement revoir la multi-instrumentiste et ses acolytes, dès qu’elle revient près de chez nous. Et désolé également pour Interglactic Lovers, dont le show, programmé en pleine rencontre de l’équipe nationale, est également passé à la trappe.

Parmi les hipsters, Sampha est considéré comme le nouveau Messie. Ce Britannique a remporté le prix ‘Mercury’, en 2017 pour son premier opus, « Process ». L'artiste a milité chez SBTRKT et s’est forgé une notoriété comme producteur, bossant notamment pour Kanye West, Solange, Drake et Jessie Ware. Hormis la fin de parcours bien plus percussive et percutante, son cocktail sophistiqué entre r’n’b et électro, proche de l’univers d’un WWWater, s’est révélé un peu trop terne ; sa voix plus grave que sur disque, accentuant cette impression. Pas terrible, quoi !

Charlotte Gainsbourg est toujours parvenue à s'entourer de bons producteurs et auteurs-compositeurs tels que McCartney, Beck, Jarvis Cocker, Daft Punk ou Air. Mais elle se produit rarement en concert. Et pourtant, elle est partie en tournée avec un groupe, pour défendre « Rest », son nouvel elpee. Avant que la formation ne grimpe sur l’estrade, on remarque la présence de 10 cadres, dont les contours sont dessinés par des néons blancs et au cœur desquels sont tendus des moustiquaires. Etrange… Les musicos débarquent. Il y a un drummer, installé de biais, dont le kit de batterie est transparent. Il arbore une longue chevelure comme les métalleux. A droite de l’estrade, s’est planté un claviériste, qui va, circonstanciellement, se reconvertir en guitariste ou en bassiste, et assurer certains backing vocals. Et puis un bassiste, qui va aussi, suivant les morceaux, passer à la six cordes. Enfin, un drôle de bidouilleur. Constamment agité, il se sert d’un synthé et surtout d’une drôle de machine. Verticale, elle ressemble à un tableau de contrôle aéronautique. Sans oublier un chanteur, dont le falsetto est absolument impeccable, et qui soutient parfaitement la voix de Charlotte, pas toujours clairement audible. Charlotte rejoint ses musiciens. Elle s’assied derrière un clavier et l’encadrement central. Tous sont vêtus de pantalons noirs et de t-shirts blancs, sauf Charlotte. Elle a opté pour la tenue en jeans. Y compris la veste, comme ses musicos, mais que la plupart vont abandonner en cours de set. Le show s’ouvre par « Lying with you », un extrait de son dernier opus. La majorité des titres proposés seront d’ailleurs issus de cet elpee. Avant « Sylvia Says », Charlotte rend hommage à la poétesse Sylvia Plath. Lorsqu’elle n’est pas derrière le micro, l’artiste se lève et empoigne le micro à deux mains. Sa fragilité et sa timidité sont déconcertantes. Mais le sommet du concert est atteint par « Deadly Valentine ». Elle s’assied sur une estrade, regarde la foule. Puis se relève et participe activement à cette superbe et longue version qui va s’achever dans le psychédélisme. Veste à la main, elle interprète « Kate », en hommage à sa sœur disparue ; mais dans le cadre du fond. Un peu comme une mannequin occupée de poser pour les photographes. Et lors de cette chanson, les interventions au micro du chanteur falsetto sont remarquablement complémentaires. C’est de retour au piano qu’elle attaque « Charlotte forever », une chanson signée par feu Serge, son paternel. « Les oxalis » flirte carrément avec le disco, mais dans l’esprit de Georgio Moroder. Mais c’est lors de la cover de Kanye West, « Runaway », qu’on se rend vraiment compte que lorsqu’elle n’est pas chuchotée, sa voix ressemble terriblement à celle de sa mère, Jane Birkin. Attendrissant ! Et le set de s’achever par la compo la plus controversée de Gainsbarre, « Lemon incest ». Un concert de bonne facture, au cours duquel on a pu se rendre compte de l’excellence des musiciens qui constituent son backing group.

Il y a un monde fou pour le concert d’Arsenal. Il doit y avoir 10 000 personnes dans la plaine. Quelques problèmes techniques retardent le début du spectacle. Mais quel spectacle ! Surtout les trois premiers quarts d’heure. La troupe (NDR : une bonne dizaine en tout, dont trois choristes) va mettre le feu sur le site, grâce à une musique dynamisée par des percus singulièrement efficaces. Sans oublier le son de la guitare très eighties, dispensé dans l’esprit d’un Sad Lovers & Giants. Parfois, lorsque les chœurs féminins atteignent toute leur puissance, on ne peut s’empêcher de penser à Abba voire aux Spice Girls. Toute la foule danse et veut participer à cette grande fête. Même quand John Roan chante un titre dans un portugais approximatif. Le public entre en délire lors des finaux « Temul » et « Lotuk » ; mais là on est passé dans le registre électro pouète-pouète. Enfin, pourvu que le peuple s’amuse…

On ne s’attardera pas trop sur la prestation d’Emeli Sandé qui a clôturé le samedi. Après un excellent premier morceau intitulé « Heaven » (NDR : c’est son single !), le soufflé est rapidement retombé. Et malgré le concours de 13 musiciens, la suite s’est révélée sans âme… A demain !

(Organisation : Cactus Festival)

Voir photos sur le site nl ici

 

Dour Festival 2018 : vendredi 13 juillet

Écrit par

La fatigue commence déjà à éprouver les organismes en ce troisième jour de festival. Comme souvent, la nuit a été courte ; d’autant plus que le soleil transperce la toile des tentes dès 8h du matin.

Après une douche obligatoire, on se dirige, début d’après-midi, vers La Petite Maison dans la Prairie, où BRNS va se produire. Le quatuor est certainement un des plus originaux mais également un des meilleurs groupes rock en Belgique. La formation construit ses compos lentement, en crescendo, avant d’atteindre l’explosion finale, une expression sonore portée par la voix d’un chanteur, également préposé aux fûts. Le groupe a acquis une notoriété certaine. Ce qui explique pourquoi le chapiteau est bien rempli, alors que nous ne sommes que le vendredi soir. Après un début de set fracassant, au cours duquel le combo va nous réserver quelques nouveaux morceaux mais surtout l’incontournable « Deathbed », exceptionnel de constance, le climat va devenir plus paisible à partir de « Forest », avant de reprendre de l’intensité lors du méga tube, « Mexico », un titre qui va mettre littéralement le feu à cette petite prairie. Nonobstant le ventre mou du show, BRNS a confirmé son statut de top groupe du plat pays.

On décide de rester sur place pour celui de Shame, un band attendu avec grande impatience. Véritable révélation outre-Manche, les gamins de Londres se sont signalés cette année grâce à leur excellent premier elpee, « Songs Of Praise ». Après avoir passé la nuit dans l’avion, depuis le Canada, les Anglais débarquent à Dour, la mine bien fatiguée… Qu’importe, une petite bière et c’est reparti. ! Le punk typiquement british de Shame fait mouche instantanément. Les gars de Brixton sont des disciples du célèbre Fat White Family… Et on s’en compte à travers le jeu de scène de Charlie Steen qui s’inspire grandement de son illustre mentor, Lias Saoudi. Il pose des gestes insensés, saute dans la fosse ou encore prend des bouteilles d’eau sur la tronche. Côté musique, le band va interpréter l’intégralité de son album, sublimé par l’excellent single « One Rizla ». La voix est rauque, la batterie, puissante et la guitare, agressive : une recette punk dans toute sa splendeur !

On reste dans l’univers du punk, mais préfixé par le terme post ! Direction la Caverne pour Preoccupations. Il s’agit du premier passage à Dour de ce groupe de post-punk. Les Canadiens restent néanmoins injustement méconnus ; et il est décevant de voir cette faible affluence sous le chapiteau. Faut croire que la découverte n’est plus dans les petits papiers du mélomane lambda… Et pourtant, le combo va démontrer qu’il mérite bien mieux que cette ingratitude. D’abord, il peut compter sur un remarquable batteur, capable d’imprimer (NDR : et le mot est faible !) le tempo, sur tous les morceaux. La plupart des compos sont d’ailleurs construites sur le drumming de Mike Wallace. Le quatuor s’appuie aussi sur la superbe voix du très sympathique Matt Flegel. De « Memory » à « Silhouettes », presque tous les tubes y passent. Dommage quand même de ne pas avoir inclus l’exceptionnel « Death », au sein du tracklisting. Un petit regret pour ce set qui n’a guère dévoilé de surprises, mais s’est révélé diablement efficace.

Il est 20h15 quand Slowdive pénètre sur l’estrade de la scène de la Petite Maison dans la Prairie. Après 20 années d’absence, les Anglais ont publié une pépite de shoegaze, en 2017. Un véritable tour de force ! On avait donc hâte d’assister à ce concert. Mélodieuses, parfois douces, mais surtout atmosphériques, les compostions sont enchanteresses et propices au rêve. En outre, la petite touche dreampop injectée dans leur expression sonore ne fait qu’accentuer la sensation de légèreté. Que du bonheur !

Changement de style à la Caverne, où se produit de groupe de rock, The Bronx. Le chanteur met une ambiance incroyable. Après deux titres, il rejoint l’auditoire et commence à pogoter avec tout le public. Il finit même par monter sur un pilonne, avant de se jeter dans la fosse. C’est une formation véritablement taillée pour le ‘live’ ! D’ailleurs, du show, on retiendra surtout son aspect festif, plutôt que la musique en elle-même. Mais en concert, c’est également très important !

Nouveau changement de genre grâce à Mogwai. Les maîtres du post-prog-rock sont de retour à Dour. La construction des morceaux constitue toujours leur atout majeur. Le calme avant la tempête, c’est ainsi qu’on pourrait décrire métaphoriquement sa musique. Après la tornade Bronx, rien de tel pour se détendre un peu…

Un crochet par la Last Arena pour jeter une oreille au set de Soulwax. Mais il est bien trop mou, et on décide de faire demi-tour. La scène principale est plutôt décevante, pour l’instant.

A contrario, l’electro d’Atari Teenage Riot retourne littéralement la Caverne. Le show est particulièrement agressif, mais il faut croire qu’il sert d’exutoire à la foule, quand minuit approche. Perso, j’estime que c’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. L’aspect mélodique est presque inexistant. Dommage !

On achève ce troisième jour tranquilou au Labo. Le Dj amstellodamois Young Marco passe en revue de nombreux styles musicaux. Et le plus sereinement du monde. Parfait avant d’aller ce coucher.

La température a bien chuté. Pour tenir le coup, ce samedi, quelques heures de sommeil sont indispensables. Il reste deux jours à gérer, et la météo annonce des records de température rarement atteints à Dour. Courage (NDLR : qui a dit fuyons ?) !

(Organisation : Dour Festival)

Voir les photos sur le site nl, ici

Page 7 sur 58