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Malice K sur les ondes…

Malice K est un artiste né à Olympia, WA, et basé à Brooklyn, dont la palette sonore est composée d'alt 90s et de lyrisme effronté, créant une rare fusion de pop rock indie décalé. Ancien membre du collectif d'artistes Deathproof Inc, il s'est forgé une…

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Festival D'Hiver Rock 2008 : samedi 9 février

Les spectateurs sont nettement plus nombreux pour ce deuxième jour de festival. Peut-être la présence de noms plus connus comme Hollywood P$$$ Stars y est-elle pour quelque chose ? Les organisateurs avaient cependant le droit de faire la moue en enregistrant 600 entrées la veille. Ce samedi, ils ont été récompensés de leurs efforts, l’assistance ayant presque doublé. Et l’ambiance n’a pas reculé d’un cran…

Attagirl est le titre d’un album de la formation batave de britrock Bettie Serveert. C’est également le nom d’un quatuor issu de la région de Tournai qui a notamment reçu le prix des Francofolies de Spa en 2007. Un combo au sein duquel milite Maxime Leclercq à la basse, musicien qui apporte son concours aux drums auprès d’Yves Ghiot. La formation manque encore de planches, mais possède de nombreux atouts pour faire la différence. De bonnes mélodies, une excellente voix, une section rythmique bien équilibrée et un guitariste plutôt doué (NDR : et bien équipé en pédales de distorsion). Maintenant, il faut admettre que leur patronyme est très susceptible de provoquer la dérision (NDR : ben oui, Attagirl qu’est ce qu’elle à ma g*****)

Tiens c’est marrant le chanteur principal de Love is Love possède une voix aussi enrouée que celle de Joe Cocker. On arrête ici les comparaisons, puisque cet ensemble dont le line up implique outre le drummer, deux bassistes, deux guitaristes et deux chanteurs, pratique une sorte de noisy très proche du post rock. Malheureusement, leur set a beau être correct, les compos semblent toutes construites sur le même schéma et manquent singulièrement de relief.

Formation locale, 20 Lousy Lumps écume les festivals régionaux depuis quelques années. Ils sont sympas, écrivent leurs propres compos, ne sont pas de mauvais musiciens, mais ne parviennent décidemment pas à passer à la vitesse supérieure. Leur set souffre d’arrangements approximatifs et le chanteur tente de pousser sa voix dans un registre qui ne sera jamais le sien. Ce qui est plutôt casse-gueule. Le groupe aurait décidé d’arrêter les frais. Ce n’est qu’une rumeur, mais elle inquiète certains organisateurs de festivals régionaux. Ben oui, le band comptait quand même de nombreux aficionados…

The dIPLOMAT est encore une formation belge dont le talent est unanimement reconnu. Alors que leur manque-t-il (NDR : oui on sait, à chaque Tour de France, Anquetil terminait toujours devant Poulidor) pour passer en division supérieure ? Une meilleure médiatisation, peut-être… Pourquoi ne pas faire appel à un diplomate ? Une chose est sûre leur pop/rock énergique, glamour, mais aux mélodies contagieuses et sophistiquées a fait mouche lors de cette édition du D’Hiver Rock. Les musiciens sont loin d’être des manchots, la bassiste, Sophie Chiaramonte, est plutôt jolie et le chanteur/guitariste, Fabrice Dubard, assez beau gosse. Et il le sait ; surtout lorsqu’il invite une jeune blonde pour le rejoindre sur scène afin de danser. Ce qu’elle ne parviendra jamais à faire. Elle doit d’ailleurs se demander ce qu’elle foutait sur les planches. Grosse acclamation néanmoins pour leur prestation d’excellente facture.

Willis Drummond nous vient du Pays Basque, en France. De la région de Bayonne très exactement. Un quatuor qui pratique une sorte de noisy rock davantage américain que britannique. Leur gros son, mélodique et rageur évoque même parfois le grunge ‘seattlenesque’. La maîtrise des larsens semblent être leur dada. Et parfois les trois musiciens (les deux guitaristes et le bassiste) font face à leurs amplis en même temps pour conjuguer leurs sonorités stridulentes. Pas mal foutu, mais un peu daté quand même…

Mutiny on the Bounty : franchement, parfois on se demande si l’extravagance ne guide pas de plus en plus les artistes pour le choix d’un patronyme. MOTB est un quartet luxembourgeois (NDR : d’Esch sur Alzette, très exactement) qui pratique une musique quasi-instrumentale (NDR : honnêtement après un quart d’heure, il n’y avait toujours pas eu la moindre intervention vocale). Le résultat d’un mélange entre post, math et noisy rock. Le combo revendique d’ailleurs des références qui oscillent d’At The Drive In à The Mars Volta, en passant par Pelican. Beaucoup d’intensité dans leur solution sonore sensée reproduire des climats épiques, sombres ou encore tragiques. Mais pas assez de créativité pour leur accorder plus de vingt minutes d’attention, lors d’une longue journée de festival…

D’autant plus que The Display Team nous a réservé la surprise de cette édition 2007 du D’Hiver Rock. Un collectif issu de Londres qui pratique du pronk, c'est-à-dire un mélange de prog, de punk et de ska. Hormis le saxophoniste (il remplace provisoirement le trompettiste), les cinq autres membres du groupe (un tromboniste, deux guitaristes, ainsi qu’un batteur et un bassiste répondant respectivement aux surnoms de Chuckles The Clown et d’Ozrick Testicles) chantent. Et très bien, d’ailleurs. Même si le lead vocal est assumé par le drummer. Des vocaux aussi soignés et polyphoniques que chez Chumbawaba et surtout Gentle Giant ; alors que leur musique semble née d’un cocktail subtil et énergique opéré entre Madness, Mad Caddies, Frank Zappa et les Cardiacs. Tout un programme ! Un groupe à suivre, c’est une certitude. Responsable d’un unique Ep à ce jour, alors qu’il milite déjà depuis 2000, The Display Team se prépare à sortir son premier opus. En attendant, s’il passe près de chez vous, ne les manquez surtout pas !

Des Suédois qui causent aux théières ! Quatuor suédois, Talking To Teapots pratique une sorte de garage/rock inspiré notamment par Weezer et Supergrass. Mais en plus impétueux. Encore que dans ses moments les plus lents et complexes, la musique peut évoquer Pavement. On aurait pu créditer leur prestation d’excellente si le son avait été moins pourri. D’autant plus que le vocaliste est un excellent showman qui n’hésite pas à monter sur les retours de scène ou à descendre au beau milieu du public. Appréciant apparemment la fantaisie, il joue la plupart du temps en portant des lunettes de soleil sur le nez (NDR : peut-être est-ce parce qu’il imagine que c’est ‘les thés’), un peu comme John Kay de Steppenwolf ; et au début du concert, agite une étoile de papier montée sur un bâtonnet. En outre, il se sert, pour un morceau, d’un casio miniature.

Sonic Boom 6 était manifestement une des formations qui valait le coup d’œil. Si elle s’est déjà forgé une solide réputation, chez eux en Angleterre(NDR : ce sont des Mancuniens !), elle n’est pas encore bien connue de ce côté-ci de la Manche. Il est même amusant de lire ‘Tournai-Belgium’ sur la ‘tour list’ de leur website, au milieu de dates prestigieuses de concerts programmés à l’Astoria ou l’Underground de Londres ou encore annoncées lors d’une tournée au Japon et aux USA. Il y a donc fort à parier que leur punk-ska déjanté pourrait faire recette bientôt chez nous. Leur  petite chanteuse est plutôt sexy (n’hésitez pas à aller mater notre section photos) et son look un peu juvénile évoque une certaine Gwen Stefani. D’ailleurs une partie de leur show lorgne du côté des No Doubt originels, à moins qu’il ne s’agisse de King Prawn. L’énergie punk est assez proche de groupes comme No Fun At All. Sans oublier la petite touche de hip-hop inoculée dans l’esprit de The Go! Team. Mais en mettant toujours en exergue la voix douce et tendre de la frontwoman. Pas étonnant qu’un fan ose jumper sur scène afin de rejoindre la chanteuse pour la saluer. Laquelle, fort sympathiquement, accepte de lui faire la bise. C’est qu’on lui pardonnerait tout à cette petite Anglaise. Même un set un peu trop ‘ado’.

Hollywood P$$$ Stars s’était déjà produit en 2004 et en 2005 au d’Hiver Rock. La première fois, il avait laissé une excellente impression, alors que la seconde, il s’était un peu perdu, en fin de parcours, dans un trip semi psychédélique, semi métallique trop confus pour vraiment convaincre. Auteur d’un troisième opus beaucoup plus pop (« Satellites »), le quatuor liégeois semble aujourd’hui parfaitement maîtriser son sujet. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à dispenser une musique savoureusement électrique et chargée d’adrénaline. Simplement le sens mélodique beaucoup plus présent se mue parfois en feeling hymnique et semble dompter naturellement la rage, l’énergie et la fièvre. Ce qui permet de mieux apprécier également le timbre acidulé du chanteur. Et la qualité du son y est sans doute aussi pour quelque chose. Le groupe est au sommet de sa forme et communie instinctivement avec les spectateurs. Encore que la descente du guitariste dans la foule semble un peu préméditée ; et lorsqu’il refile sa gratte à une personne du public pour jouer sur le podium, le résultat est tellement bon, qu’on est en droit de se poser des questions. Bref, H.P.S. a accordé un set rafraîchissant, puissant, terriblement efficace, et manifestement le plus professionnel de tout le festival.

Et comme c’est de coutume lors de ce D’hiver rock, changement de salle, et radicalement de style en compagnie de Banane Metalik. Anecdote amusante : à l’heure d’écrire ces quelques lignes, j’essaye d’aller faire un tour sur leur website. Mais mon filtre parental bloque l’accès au site, en le cataloguant dans la rubrique ‘violence’. Et manifestement, leur show devrait presque être interdit au moins de 16 ans. On se replonge vite dans l’ambiance trash des bons vieux films d’horreur série B des années 80. Ou quelque part entre le clip « Thriller » (qui refait surface) et Evil Dead (tiens, c’est vrai les films gore reviennent aussi à l’affiche). Musicalement, on navigue en plein punk/trash. Les quelques vieux punks présents dans la salle en profitent pour lancer de lourds pogos devenus rares. Mais un peu comme leurs compères de Punish Yourself, c’est surtout le visuel qui capte l’attention. Et Banane Metalik sait comment s’y prendre. Quelques couteaux de cuisine bien taillés à la Marilyn Manson, du sang un peu partout (dont ils parlent dans un de leurs titres), un décor glauque. Mais aussi une danseuse fétichiste (voyez aussi notre section photo) qui met un peu de baume dans le décor. Quoiqu’elle semble trahir des penchants SM, quand même. Au final, on retiendra surtout le jeu de scène, et la grande sympathie de ces Français, malgré les apparences de morts vivants ! (S.L.)

'Non mais t’as vu la chanteuse/guitariste ? Quelle poule!' (NDR : encore une, c’est le jour) C’est la réflexion que me faisait un copain dans la salle. D’abord, ce n’est pas une poule, mais une des Suprêmes Dindes. Et c’est vrai que ses traits sont fins. De jolies jambes. Peu de poitrine quand même, comme Jane Birkin. Sexy. Remuant bien le cul et une très belle voix. Mais est-ce un mec ou une fille ? Serait-ce un androgyne. Tout au long du concert, on se posait quand même des questions sur la nature de son sexe. Elle (ou il) assure quand même sur les planches. Et se fait appeler Jacqueline Bonjon. Il y a bien une fille dans le groupe. Pas le(a) bassiste, c’est sûr, mais la guitariste soliste. Le cas porte moins à confusion. Enfin, il y a un vrai mec derrière les fûts. Un moustachu. Mais les trois autres portent talons aiguilles, combinaisons, colliers de perles et maquillage outrancier. Les Suprêmes Dindes se moquent de la société et de l’establishment. Elles cultivent l’autodérision. Leur accoutrement caricatural, c’est aussi, leur façon de dénoncer les préjugés. Tout comme leurs textes, particulièrement engagés. Sorte de Wampas kitsch, elles propagent la même énergie que Dionysos. Mais au fil du set, on finit par oublier leur look totalement extravagant et leur jeu de scène détonnant pour mieux en apprécier leur punk sauvage mais contagieux. Et ce n’est pas parce que le(a) bassiste a cassé une corde que le show en a pris un coup : le groupe possède suffisamment de planches pour retomber sur ses pattes. Et un musicien participant au festival lui a même prêté son instrument ( ?!?!?!) Sympa ! Un groupe à revoir, c’est une certitude…

Le festival avait laissé une petite place au ska punk festif en invitant Poulycroc. Ils sont jusque 11 sur scène dont cinq cuivres et s’amusent comme des fous. Le public présent aussi d’ailleurs. La couleur orange domine leurs accoutrements et même leurs cheveux. Pas de prise de tête, rien que des reprises, un peu de théâtre, du folklore et une communion incessante avec le public. Idéal pour sonoriser toutes les fêtes au cours de laquelle la bière coule à flots… Santé !

On vous le disait en introduction, l’ambiance est demeurée bon enfant tout au long de ce samedi. Quelques stands ont été ajoutés. Mais mon Dieu, on a évité le marketing de récupération qui nous est imposé lors des festivals traditionnels. Ainsi, pas d’échoppe bancaire casse-pieds destinée à faire souscrire des compte-jeunes ou à la gloire de boissons à la caféine ; mais plutôt des stands de mobilisation. Ou encore un emplacement réservé à nos sympathiques amis, les René Binamé (à l’affiche l’année dernière). Ils viennent déjà promouvoir la sortie de leur prochain album. A leur façon, c'est-à-dire dans le pur respect du rock alternatif et de l’auto-distribution. A noter qu’il y avait également une scène dans le bar où se sont produits des groupes de blues, de rockabilly et puis en clôture, Momo Lamana. Un duo tournaisien qui pratique une forme de punk/rock/garage minimaliste dans la lignée de Suicide, Alan Vega ou des Mummies. Une boîte à rythmes, une chanteuse/bassiste/claviériste (Momo), un chanteur/guitariste/claviériste (Lamana), tous deux vêtus de cuir noir comme les défunts et mythiques Ramones auxquels le groupe voue une grande admiration. Quoique revivaliste, on peut les créditer d’un set sympa, à défaut d’être original, même si on n’entendait pas trop la basse (pas de table de mixage). Mais vu l’heure avancée, il était temps d’aller au pieu pour roupiller…

Il y a bien eu La DK Dance, ABB et X Makeena, mais on n’a pas vu grand-chose. Juste l’intro des derniers cités. Une superbe mise en scène. Il y avait même des loupiotes au-dessus de leurs masques. Mais bon, même si on pourrait imaginer une version hip hop de « The lamb lies down on Broadway », c’était du hip hop ; et Seb s’étant éclipsé, il ne fallait pas trop compter sur Bernard pour donner son avis sur ce qu’il ne parvient toujours pas à assimiler…

A l’année prochaine !

 

Les Nuits Botanique 2007 : mercredi 9 mai. La Nuit Boring

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Soirée en demi-teinte proposée ce jeudi 9 mai à l’Orangerie. Heureusement, la configuration assise de cette dernière nous aura permis de tester le confort des sièges. Des sièges presque aussi intéressants que la série de concerts accordés par Superflu, Seb Martel, The Kissaway Trail et Peter Von Poehl.

 On pourrait se forger une réputation de mauvaise langue et se contenter de dire que Superflu, c’est un peu comme Dionysos si ces derniers avaient été chiants. Mais finalement, sur la longueur, ils nous ont certainement offert le set le plus enthousiasmant et le plus charmant de la soirée. Après un départ plutôt quelconque et au fur et à mesure du set, les Français ont trouvé leurs marques pour véritablement se révéler sur le très bon « 25 ans ». Dans l’ensemble, Superflu constitue donc une formation qui gagne à être revue sur scène ; mais dans d’autres conditions.

 20 minutes plus tard, Seb Martel prend la place de Superflu. Et, à vrai dire, hormis l’ultime petite ritournelle en espagnol, seule à sortir du lot, le reste du set était carrément ‘borderline’, comme dirait l’autre. En d’autres termes, limite médiocre. Suivant…

 Que le dealer du rédacteur qui a titré sa chronique de The Kissaway Trail « Les Arcade Fire du Danemark » se fasse connaître. Je veux la même chose. Et en 10 exemplaires, siouplé ! The Kissaway Trail a beau être composé d’excellents musiciens, et le bassiste avoir un petit air de Win Butler, la formation danoise est loin d’égaler le brio des Canadiens. Sur scène, comme sur disque, The Kissaway Trail a du mal à convaincre, malgré quelques bons morceaux, ici et là…

 Enfin, place à la tête d’affiche de la soirée, Peter Von Poehl. Fort d’un excellent album (« Going To Where The Tea Trees Are ») et d’une tournée opérée en compagnie des Français de Air, le géant suédois ne s’est pas vraiment distingué. En cause, un set assez plat, entrecoupé d’interventions assez gauche du jeune homme (cette affreusement mauvaise anecdote !) Ce dernier ira même jusqu’à se lancer dans une atroce reprise de « Heartbreak Hotel », durant laquelle une petite partie du public fuira à toutes jambes. Von Poehl sauvera les meubles sur la fin de sa prestation, en enchaînant « A Broken Skeleton Key », « Going To Where The Tea Trees Are » et « Lost In Space ». Occasion rêvée de s’éclipser avant que le rappel ne vienne boucler cette soirée bien morne. On ne peut pas gagner à tous les coups...  

 
Superflu + Seb Martel + The Kissaway Trail + Peter Von Poehl 

 

 

Les Nuits Botanique 2007 : vendredi 11 mai 2007. La Nuit Belge.

Une ‘nuit belge’ ? Voilà un concept qui a déjà fait ses preuves l’année dernière, et qui encore une fois se solde par un succès public des plus revigorants, tous styles confondus. Evidemment les groupes à l’affiche n’ont déjà plus grand chose à prouver, et l’on ne retrouve pas à l’affiche K-Branding, I Love Sarah, Opak ou Lugubrum, mais plutôt The Tellers et Sioen –ce qui n’est pas pareil. Démarrage pied au plancher avec Les Anges, autrement dit Hulk + la claviériste déjantée de feu Fifty Foot Combo, ce groupe gantois qui a cessé d’exister après douze années de folles empoignades surf’n’roll. « The Worst is yet to come », titre l’une de leurs douze chansons, et heureusement pour eux nos rockeurs jouent avant les poussifs Mud Flow : la messe est déjà dite, merci pour le raccourci. En 40 minutes les Louviérois et leur nouvelle copine (à la langue bien pendue) auront montré de quel bois ils se chauffent : ça brûle à nos oreilles, ça bout dans le calbutte… Tel un bison en rut leur rock ne laisse aucun répit mais beaucoup de traces : dans le cerveau, sur le teint du miroir (« 50 euros »), à cet endroit du slip où les fesses se raidissent sous les assauts du riff. Ssssss… Nos tympans sifflent, oui, face aux déflagrations boogie de « Be a man » et de « You wanna have it all » : t’en veux ? Tu vas en avoir pour ton compte, à toute berzingue et sans temps morts intempestifs. Les Anges prêchent le rock’n’roll 50’s-70’s comme personne en Belgique : vivement le paradis qu’on se délite sans honte !

 

Après, bon… Il y avait Sharko. Qu’on attendait certes au tournant (son dernier album taillé pour le succès FM) mais sans grand intérêt : le type est bon sur scène, ses morceaux tout autant,… Reste la surprise, chez lui pas trop de mise. Il n’empêche que ce soir, dans un chapiteau bourré à craquer, Sharko a livré un de ses meilleurs concerts : virevoltant, pro mais pas trop, tubesque et diablement festif. Tout « Molecule » (ou presque) y passera, sans oublier les vieux hits (« Tonite », « Spotlite », « I Went Down », « Excellent (I’m special) ») qui pour le coup sonnent comme de vrais hymnes ‘un peu’ belges. C’est que David Bartholomée a retenu les leçons de ses anciens échecs publics : à force de faire le clown personne n’achetait ses disques, et c’était bien dommage. Fini le temps de l’entertainment tarte (parce que trop prévisible) : place aux refrains assimilables en cinq secondes, à répéter en chœur pour conjurer la mauvais sort. « Motels », « Trip », « Sugarboy », « Rock 1 » : l’heure est aux hymnes racés, façon U2 (l’âge d’or)/Police. L’avenir nous dira si Sharko et ses valeureux compagnons (Teuk Henri à la guitare, Julien Paschal à la batterie) veulent devenir le nouveau Placebo, mais une chose est sûre : avec un inédit dont le refrain martèle les mots ‘Godspeed’, ‘You !’, ‘Black’, ‘Emperor’, on l’entrevoit cette fois sans drache nationale.

Cactus 2007 : dimanche 8 juillet

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A deux kilomètres du centre de Bruges, une file de voitures avance au compte-gouttes. Il faudra patienter plus d’une demi-heure pour atteindre la gare, lieu habituel de parking lors de ce festival. Mais mauvaise surprise, en arrivant, l’aire de stationnement est comble et n’accepte de laisser entrer de voitures qu’au prorata de celles qui sortent. Je prends une mauvaise décision : essayer de trouver un emplacement ailleurs. Peine perdue. En fait, un immense marché aux puces s’est installé près de la station. Moralité, il ne me reste plus qu’à faire la file devant cette foutue barrière, en attendant que la situation se débloque. Vu le retard enregistré, impossible de vous parler de Tokyo Ska Paradise Orchestra. Quant à Ojos de Brujo et The Congos, Sam, notre collaborateur néerlandophone, nous en relate les faits marquants. Alors venons-en aux choses sérieuses. Et la toute première c’est que le festival est sold out ce dimanche…

Composé de 11 membres, Ojos De Brujo pratique un cocktail séduisant de rap, de flamenco et de world. Le groupe espagnol implique un DJ et un rappeur dans son line up, histoire de rester dans le coup. Leur prestation très rythmée est une invitation à la danse. Visiblement les musiciens sont en forme et ne manquent pas de le confirmer en multipliant les sorties en solitaire. Ce qui, soit dit en passant, n’est plus trop dans l’air du temps. En outre quoiqu’agréables à l’écoute, ces démonstrations de virtuosité altèrent le dynamisme de leurs compos. Dommage ! Néanmoins, on les créditera d’une prestation de bonne facture… (Sam Derijcke, traduction Suzanne, adaptation B.D.)

The Congos nous replongent dans le passé. Proche de l’univers balisé par Lee Scratch Perry et Bob Marley. Quatre vieux potes qui ont dû fumer des tonnes de joints au cours de leur vie. Suffit de voir leur look et surtout les traits de leurs visages pour s’en convaincre. Le quatuor s’est limité aux prestations vocales, confiant l’instrumentation à un backing group constitué de jeunes loups. Des musiciens responsables d’un mélange rafraîchissant de reggae et de dub, combinaison caractérisée par des parties de guitares incisives, une ligne de basse lourde et profonde ainsi que des percus pétulantes. Fort agréable et divertissant, leur set s’est déroulé sous un soleil retrouvé et n’a jamais suscité l’ennui ; ce qui arrive pourtant un peu trop souvent chez les formations pratiquant le reggae. (Sam Derijcke, traduction Suzanne, adaptation B.D.)

Neuf années que Buffalo Tom n’avait plus enregistré d’album. Le trio avait bien repris la route l’an dernier, mais en interprétant d’anciennes chansons. C’est chose faite aujourd’hui, puisque « Three easy pieces » vient de sortir ce 9 juillet. Une bonne moitié des nouvelles compos figurent d’ailleurs dans leur tracklist. Le reste se concentre sur leurs classiques dont « Velvet Roof » (qui ouvre le set) “Mineral”, ”Taillights Fade”, “Summers gone”, “Tangerine”, et “I’m allowed”, ainsi qu’une cover des Stones, « Stray cat blues », interprétée lors du rappel. Pas de changement majeur dans le style de B.T., même si Chris Colbourn, le bassiste participe davantage aux vocaux, parfois même au lead vocal. Le timbre écorché de Tom Janovitz abrase bien évidemment leurs compos particulièrement électriques (Tom prend toujours un énorme plaisir à triturer ses six cordes), même lorsqu’elles se muent en ballades. Et le sens mélodique est toujours aussi soigné, traduisant certaines compos en véritables hymnes. La foule leur a réservé un franc succès ; et franchement c’est tout à fait mérité !

Tom McRae possède une voix exceptionnelle. Il s’accompagne tantôt à la guitare acoustique (jouée en picking), tantôt à la guitare électrique. Et reçoit le soutien de deux excellents instrumentistes : tout d’abord, le pianiste/claviériste Ollie Cunningham dont les instruments sont calfeutrés derrière une tenture noire ornée de loupiotes, et le violoncelliste Oli Krauss. Le set est à peine commencé que Tom s’excuse d’attirer la pluie chaque fois qu’il se produit lors d’un festival. Sympa ! Et curieusement, le ciel commence alors à se charger de nuages, devenant de plus en plus menaçant. Heureusement, il ne pleuvra pas ; mais dans la nuit, lors du retour, après 10 bons kilomètres, la route était mouillée. Et renseignement pris, c’est l’heure à laquelle des averses orageuses s’étaient abattues sur le pays. Faudra l’envoyer dans les pays qui souffrent de sécheresse. Blague à part, Tom –qui compte quand même déjà 4 albums à son actif, dont le dernier, « Kings of Cards », est paru début de cette année– a dispensé un superbe récital tout en douceur et empreint de mélancolie en proposant un éventail de nouvelles compos, mais aussi ses classiques, que le public reprend souvent en chœur, comme ce « Bloodless » au cours duquel Oli a empoigné un accordéon ou en finale, « Boy with Bubblegum » judicieusement rehaussé par l’envol de bulles à savon. Un avis personnel : si la prestation ne souffre d’aucun reproche, à l’instar d’un Damien Rice, Tom aurait peut-être intérêt à s’entourer d’un quatuor à cordes. Il tirerait alors la quintessence de son talent…

Gabriel Rios écume la plupart des concerts estivaux. Un beau gosse au charme fou (sur scène, les filles n’ont d’yeux que pour lui) d’origine portoricaine, mais établi à Gand, qui réussit la fusion entre rock, pop et musique latine. Il chante d’ailleurs alternativement en espagnol (de moins en moins souvent) et en anglais. Il est entouré d’un groupe composé de figures notoires issues du nord du pays : le guitariste Rodrigo Fuentealba (Novastar, Fifty Foot Combo), le percussionniste Kobe Proesmans (Zita Swoon, El Tatto del Tigre), la choriste Eva Schampaert (Moiano, Mrs Hyde, An Pirelé), le claviériste Peter Lesage (Flip Kowlier, Moiano), le bassiste Maarten Standaert (Moiano) et le drummer Karel De Backer (Flip Kowlier, Novastar). Toute une équipe dont l’énergie communicative électrise un public conquis d’avance. Et pour cause, Rios est particulièrement populaire dans la région…

Une multitude de techniciens et de roadies s’affairent sur la scène pour installer le matériel imposant des Flaming Lips. Vêtus de salopettes rouges, ils sont drivés par Wayne Coyne en personne qui s’amuse de temps à autre à tester son canon à serpentins. Un écran géant reflète celui d’un computer programmé par un informaticien. Pas de doute on va en avoir plein les yeux et les oreilles… Et le show peut commencer. Wayne surgit à l’intérieur d’une énorme bulle transparente qui roule dans la foule. Les mains tendues, les spectateurs déplacent la sphère au dessus-de leurs têtes. Renversant ! Le retour sur le podium s’opère en douceur et les musiciens ont pris place sur les planches. Un claviériste, un bassiste, un drummer et un guitariste déguisé en squelette. De chaque côté de la scène une dizaine de personnages plus excentriques les uns que les autres dansent : des pères-Noël, des lapins, des super héros, des cosmonautes. C’est le carnaval revu et corrigé par Disney, Dada et les Teletubbies en même temps. Encore que lorsqu’une multitude de ballons démesurés commencent à rebondir sur la foule, je commence à me demander si Wayne ne s’est quand même pas un peu inspiré de la série culte « Le prisonnier ». Pas seulement, évidemment. Confettis et serpentins sont projetés dans l’air et dessinent des figures de feux d’artifice avant de retomber comme une pluie sur la foule (c’est mieux que de l’eau !) On est subjugués! Des lasers tournants ou en pointillés bombardent les spectateurs. C’est la guerre des étoiles ! Et puis il y a quand même la musique. Tantôt funkysante, tantôt psychédélique (et pas seulement à cause de la machine à fumée), blues, techno, country, etc., mais tellement pleine de sensibilité et tellement proche de Mercury Rev. Derrière, sur l’écran géant, une fille nue danse. Puis des animaux se chamaillent ou alors le visage en gros plan et déformé de Wayne reproduit ses mimiques filmées par une caméra installée sur son micro. L’après-midi en backstage, j’avais surpris Wayne suivre un roadie portant un énorme miroir dans lequel il répétait des facéties, tout en marchant. Et je me demandais bien à quoi ce réflecteur allait bien pouvoir servir. En fait, plusieurs spectateurs braquent de mini faisceaux lasers vers le podium depuis un bon bout de temps, et en particulier sur Wayne. Et franchement cet acharnement devient agaçant. Mais Wayne a trouvé la parade. Il provoque le public en lui demandant de focaliser ces faisceaux de couleur rouge sur lui. Et soudain, il sort ce miroir pour jouer à l’arroseur arrosé. Inattendu et bien pensé ! Wayne remercie le public du Cactus et complimente les organisateurs pour l’esthétique du site de ce festival. Il n’oublie pas de vilipender à Bush à travers la chanson “The YeahYeahYeah Song” et sollicite le public pour la reprendre en chœur. Il achève son set par « Do you realize », une chanson empreinte d’une grande mélancolie. Beau et poignant à la fois ! Soudain, tout s’arrête. Wayne remercie encore la foule et se retire. Le charme a duré 1 heure trente pile. Je me retourne vers Sam pour lui demander s’il est bien 1 heure du matin ! Réponse affirmative. Le temps est passé tellement vite… (Tracklist : Race For The Prize - Free Radicals (A Hallucination Of The Christmas Skeleton Pleading With A Suicide Bomber) - Yoshimi Battles The Pink Robots (Part 1) - Yoshimi Battles The Pink Robots (Part 2) - Vein Of Stars - The YeahYeahYeah Song...(With All Your Power) - In The Morning Of The Magicians - The W.A.N.D. - Cow/Duck Jam - The Spark That Bled - She Don't Use Jelly - Do You Realize??) (sauf erreur ou omission)

 

 

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