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Dour Festival 2011 : samedi 17 juillet Spécial

Écrit par Sébastien Leclercq et Bernard Dagnies
&

Quatrième et dernier jour du festival. L’heure est donc aux bilans, que Seb vous relate en fin d’article. Largement positifs, même si tout n’a pas été parfait. Vos serviteurs ne perdent jamais leur sens critique, c’est une constante…

Arrivé au beau milieu de l’après-midi, on est confronté aux averses qui, au fil des heures, vont redoubler d’intensité. Aussi, en traversant le site, une constatation s’impose : la gadoue gagne du terrain…

Un petit tour du côté du Clubcircuit Marquee nous inspire, puisque The Bewtiched Hands s’y produit. Une formation rémoise qui jouit d’une excellente réputation outre-Quiévrain. Mais ce qui frappe d’abord chez ce sextet, c’est la choriste. Elle possède du coffre. Au propre comme au figuré. Les musicos affichent des looks totalement disparates. Mais musicalement, ils forment un ensemble plutôt homogène. Les harmonies vocales se conjuguent impeccablement. De petits riffs de gratte secouent des mélodies pop imprimées sur un tempo léger. Un set finalement agréable pour ce groupe à suivre de près.

En 2009, Gaëtan Roussel a donc entamé une carrière solo. Et depuis, la courbe du succès dessinée par le natif de Rodez est ascendante. 2011 lui a valu ainsi une victoire de la musique pour son album, « Ginger ». Dès qu’il monte sur les planches, il se met à pleuvoir. Face à la Last Arena, donc en plein air, il est donc nécessaire de sortir les vêtements et protections de pluie. Paraît que chaque fois qu’il vient à Dour, bonjour la flotte. Faut croire qu’il est maudit sur la Plaine de la Machine à Feu. En l’an 2000, son Louise Attaque avait dispensé un set en demi-teinte ; et en 1998, il avait carrément déclaré forfait, à la dernière minute. Une annulation qui s’ajoutait à celle de Rammstein, prévue elle, néanmoins. 1998, souvenez-vous, c’était la finale de la coupe du monde de football, disputée à Paris et gagnée par la France. Une explication qui en vaut une autre, mais elle avait fait grincer les dents de plus d’un aficionado. Bref, sans rancune, car on aime bien Gaëtan. Son dernier elpee est sympa. Dès lors, on espère qu’il va nous en mettre plein la vue et les oreilles. Huit musiciens montent sur les planches. Deux drummers : un conventionnel et un autre équipé d’un matos synthétique. Un claviériste. Deux choristes, dont une particulièrement corpulente, de couleur noire, qui double circonstanciellement au saxophone. Un bassiste. Un guitariste. Et Roussel. Parfois à la gratte. Rythmique et même sèche (NDR : notamment pour interpréter l’inévitable tube « Dis-moi encore que tu m’aimes »). Selon les morceaux. Sa voix est bien timbrée. Au début du concert, le sixcordiste n’est pas trop rassuré. Le vent pousse la pluie vers ses pédales de distorsion. Deux roadies essaient, le plus discrètement possible, de les protéger, à l’aide de bâches en plastique. Gaëtan se démène beaucoup sur l’estrade. Il harangue la foule. L’invite régulièrement à ‘clapper’ des mains. Soulève l’enthousiasme de l’audience. Mais progressivement, accorde trop de latitude à ses partenaires qui s’autorisent des soli aussi longs qu’inutiles. Une seule exception, un titre plus complexe, à la limite du psychédélisme, au cours duquel, tout le band donne le meilleur de lui-même. La cover du « Psycho killer » de Talking Heads est un peu trop approximative et le morceau final, interminable, passe complètement à travers. Raison suffisante pour vider les lieux avant la fin du spectacle. Manifestement, Roussel s’est entouré d’excellents musiciens. Mais désolé, Tamac et Louise Attaque, c’était quand même autre chose…

Le rédac’ chef a convaincu Seb d’aller voir et écouter Blood Red Shoes. Et il ne l’a pas regretté. Steven Ansell s’est, comme d’hab’, planté à droite de la scène, de profil, derrière ses fûts. Tel un chef d’orchestre, il lève sa baguette, pour marquer le début d’un nouveau morceau. Ou un changement de tempo. Son jeu de drums est à la fois ample, sauvage, précis et fulgurant. Laura-Marie Carter est vêtue d’un t-shirt et d’un short en jeans. Ses riffs de gratte mordent les mélodies comme à la plus belle époque du grunge. Le son est puissant (NDR : m****, on n’a pas de boules-Quiès ; demain bonjours les acouphènes). Les titres défilent. Les singles. Des morceaux issus du dernier album (NDR : surtout), du premier (parfois) et quelques nouvelles compos. Mais la setlist tient remarquablement la route. Les vagues de stagediving se succèdent. Certains excités parviennent même à monter sur les planches, poursuivis par le service d’ordre. Musiczine l’avait déjà proclamé, mais Blood Red Shoes a le potentiel pour se produire dans le cadre de festivals majeurs, comme Werchter en Belgique ou le Main Square d’Arras, en France.

Vu la performance de Blood Red Shoes, on a manqué le début de set de CocoRosie. La Petite Maison dans la Prairie est pleine comme un œuf. Et on exagère à peine, puisque la foule déborde du chapiteau. Conclusion, l’angle de vue, à plus de 30 mètres de la scène, et de biais, n’est pas vraiment idéal pour apprécier leur show. Les sœurs Cassady sont plutôt jolies, mais outre leur maquillage outrancier, leurs accoutrements sont on ne peut plus extravagants. La cadette a revêtu une sorte de tablier de guindaille estudiantin, surmonté d’une capuche ; une cape qui laisse apparaître un ensemble fluo rose, alors que sa frangine est coiffée d’une casquette de militaire. Et elle porte également un body plutôt sexy. Ce mélange de kitsch et de charme a de quoi faire sourire. Ou séduire. Mais les très belles voix des sœurs se conjuguent à merveille. Semi-opératique, semi folk, celle de Bianca est très aigüe. Quand à Sierra, ses vocalises bizarres, qu’elle triture à l’aide d’une sorte d’enregistreur, me font penser à des incantations de sorcière. L’instrumentation est réduite à un clavier et une flûte singulière. Sans oublier les machines et le beatbox, un peu trop envahissant, à notre goût. Heureusement que les filles développent une gestuelle théâtrale qui colle bien à leur style musical…   

Dehors, il a encore plu. Et se déplacer sur la plaine ressemble maintenant à un vrai défi sportif. Surtout ne pas se prendre une gamelle dans la berdouille. Certains avancent comme s’ils pratiquaient du ski de fond. Il faut rivaliser de souplesse lors de ce périlleux exercice d’équilibre. D’autres préfèrent marcher pieds nus. On ne s’en n’est pas trop mal sorti. Surtout quand on croisait des festivaliers, couverts de boue, de la tête aux pieds. Quand on pense que certains dépensent des fortunes pour suivre des cures de fangothérapie. A quand une station thermale sur le site de Dour ?

Franchement en écoutant leur musique, on jurerait que ce groupe est britannique. Non mais imaginez un mélange de new wave et de glam, dispensé par une formation drivée par un chanteur qui possède un timbre vocal ainsi que des inflexions très proches de Brett Anderson et dont les attitudes évoquent Morrissey. Et quoi ? C’est un combo américain. Un quintet (NDR : enfin sur les planches) qui a livré un tout bon set ce soir. Bien sûr, Jonathan Pierce n’hésite pas à en rajouter une couche. Il danse très curieusement, en se pavanant et en déambulant de long en large sur le podium. Le drummer imprime un tempo très caractéristique des eighties. Connor Harwick joue de la guitare en tenant le corps de sa gratte sous le bras, le plus souvent en picking, parfois à la mode shoegaze. Outre une nouvelle compo, The Drums va interpréter l’inévitable single « Let’s go surfing », que le public reprendra en chœur. Pas un concert révolutionnaire, mais vraiment d’excellente facture…

Et ce temps pourri explique de nouveau, l’audience réduite devant la Last Arena pour accueillir Aaron. A l’instar des concerts de Suede et de Pennywise, accordés la veille, on aura droit à une prestation quasi-intimiste pour une tête d’affiche. Faut dire que les 30% de spectateurs issu du Nord du pays, présents à Dour, ne connaissent pas cette formation française. Le light show nous plonge dans une ambiance de fin de soirée. Mais leur set démarre plutôt bien. La voix de Simon Buret est toujours aussi agréable. Elle caresse les tympans. Un peu à la manière de ce petit vent frais qui balaie la Plaine de la Machine à Feu. Mais il en fait cependant parfois un peu trop. Non seulement il ressemble physiquement (NDR : enfin de loin !) à Chris Martin ; mais on a l’impression que parfois il le singe. Chercherait-il à suivre la voie du succès, tracée par Coldplay ? En fin de parcours, Aaron nous réserve « U-turn (Lili) », une compo mélancolique qui a servi pour la B.O. du film de Philippe Lioret, « Je vais bien, ne t'en fais pas ». Une impression de spleen accentuée par pluie, qui s’est remise à tomber. Provoquant la fuite d’une partie du public, pendant le morceau final…  

A contrario, le Dance Hall est plein à craquer pour le show de Shantel & Bucovina Club Orkestar. En fait, Shantel avait déjà fait sensation, au même endroit, en 2008, soutenu par un autre ensemble, le Disko Partizani. Et si les souvenirs sont bons, c’était juste après le concert des BB Brunes, qui n’avait pas vraiment enthousiasmé les festivaliers (NDR : et c’est peu dire !) Trois ans plus tard, le DJ allemand est donc de retour. Suivant sa biographie, il serait le fils de réfugiés roumains. Ce qui a sans doute influencé le nom de l’orchestre (allemand aussi) qui l’accompagne : le Bucovina Club Orkestar. Sur les planches on a droit à un show remuant qui flirte tant avec Goran Bregovic que Gogol Bordello. En plus varié encore, puisque la salsa ou le disco sont constamment alimentés par des rythmes est-européens et des cuivres. De quoi permettre au clubbers de continuer à danser. Même les plus fatigués. Car ce style de musique balkanique reste très (trop ?) à la mode actuellement.

Créé en juillet 2009 aux ‘Ponts du Rock’, Le Bal des Enragés réunit une bonne dizaine de musiciens issus des meilleurs groupes punk alternatifs français. Entre autres, Tagada Jones, Lofofora, Parabellum ou encore Black Bomb A ; et même des danseuses de Punish Yourself. Je vous avais déjà décrit leur show, lors de leur passage à Dour, en 2010 (http://www.musiczine.net/fr/festivals/festival/dour-festival-2010-jeudi-15-juillet/ ). Pas grand-chose de nouveau à ajouter sur leur prestation de cette année. Il y a moins de monde que l’an dernier, mais le public pogote sec. Les festivaliers les plus acharnés (ou enragés ?), sans doute. En tout cas, il est déjà 2 heurs du mat’. La journée était, tout comme le festival dans son ensemble d’ailleurs, fort chargée. Il est donc temps de rentrer…

(SL & BD)

Seb a donc décidé de tirer un bilan de ces 4 jours de festival :

-           Les ‘plus’ :

*          L’organisation : même si certains médias prennent un malin plaisir à s’acharner sur les incidents et les faits divers qui se produisent lors du festival, il faut reconnaître qu’accueillir plus de 40 000 festivaliers chaque jour, proposer 229 concerts et DJ sets sans incident ni retard majeur, relève d’une belle prouesse et d’un professionnalisme de plus en plus remarquable

*          Les zones de détente et l’élargissement du site en général : seule la montée entre la Last Arena et le Dance Hall souffre encore d’un goulot d’étranglement dangereux, susceptible de causer des problèmes, lors de mouvements de foule.

*          30% de néerlandophones : malgré l’explosion de festivals au Nord du pays, nos compatriotes (enfin, toujours à l’heure d’écrire ces quelques lignes) n’hésitent pas à passer la frontière linguistique. Signe de la renommée du festival et l’absence de problème communautaire, chez les festivaliers.

-           Les ‘moins’ :

*          Le temps : pourri ! Une exception qui a confirmé la règle : le vendredi. Une journée ensoleillée très appréciée, il faut le reconnaître. Par contre, le dimanche et surtout le samedi ont vécu au rythme des averses. Et a transformé le site en véritable cloaque. Ces conditions difficiles n’ont pas nécessairement démoralisé les festivaliers. Qui ont peut-être rêvé de vivre un Woodstock en miniature.  

*          Les come-back : limite ‘has been’. Pas question de cracher dans la soupe, mais l’affiche a quand même mis en exergue des vieilles gloires issues des 90’s (Suede, Pulp, etc.) ou exhumé le rap ainsi que le hardcore old school, alors que d’autres festivals, à l’instar du Pukkelpop, privilégient les groupes ou artistes dans l’air du temps.  

*          La nourriture : pas le top ! Les stands pourraient quand même faire un effort pour diversifier leurs produits.

-           Le top 5 de l’année 2011 :

1)         Neurosis
2)         Foals
3)         Blood Red Shoes
4)         Life of Agony

5)         Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou

-          Les regrets

Avoir manqué quelques sets qui méritaient le détour : Anika, Charles Bradley et Keira Knightley mangeant des frites (enfin si ce fameux buzz n’est pas un bobard ?)

(SL)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2011-07-17
  • Festival Name: Dour festival
  • Festival Place: Plaine de la Machine à Feu
  • Festival City: Dour
  • Rating: 0
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