C'est une salle comble qui attend le groupe Birdy NamNam, vendredi soir au Théâtre National de Bruxelles, dans le cadre de l’édition 2012 du Festival des Libertés. Mêlant hip-hop et musiques électroniques, ce groupe français réunit quatre DJ. Ses prestations scéniques sont devenues une marque de fabrique. Ils scratchent simultanément sur quatre platines, se répartissant et s'échangeant la ligne de basse, le solo, les rythmes et le thème principal. Acclamé tant par le public que par la presse, Birdy NamNam a reçu de nombreux prix, et se produit depuis 2005 un peu partout dans le monde.
Ce concert, très attendu par un public bruxellois venu en masse, débute en apothéose. Le décor majestueux reçoit les quatre musiciens. Ils semblent minuscules, devant un public exalté avant-même le début du set. Le concert commence dans une bouffée d'applaudissements et de sifflements flatteurs. Immédiatement, les corps gigotent, déchaînés. Les protagonistes lancent leur show, dansant au rythme des vinyles qu'ils scratchent avec délice, et des boutons qu'ils chipotent avec une précision de métronome. Les curseurs sont poussés à fond, le volume fait vibrer le sol, les cages thoraciques et les neurones. Les rythmes s'accélèrent et les yeux ne sont pas en reste, éblouis par le jeu de lumières alternant flashes multicolores, rayons tourbillonnaires et autres effets stroboscopiques.
Tapissant l'arrière-scène, un dessin d'aigle gigantesque mêle iconographie antique, religieuse et industrielle.
L'ambiance est bien présente ; les morceaux se succèdent naturellement ; et pourtant, petit à petit, l'énergie s'essouffle et la salle se désemplit insensiblement. Les titres se suivent et se ressemblent, similaires dans leur intensité, leur construction rythmique, leur tempo.
Faut dire que la position surélevée des DJs nous empêche de voir ce qu'ils bidouillent, nous interdisant ainsi le plaisir d'observer les correspondances entre gestes et sonorités, de démêler ce qui relève du scratch ou du jeu de machines.
La musique est urbaine et sauvage. Certes, la mécanique est bien huilée, mais elle semble avoir perdu l’audace des premières années.
Si on se réfère aux musiques expérimentales dispensées dans de petites salles underground de la capitale, il est indéniable que les artistes exploitent bien mieux leur potentiel. Qu’ils nous offrent une plus grande diversité de création et un pouvoir de fascination, liés, sans doute, à leur prise de risque et à leur singularité.
Le concert de Birdy Nam Nam, ce soir, ressemblait à une prise de drogue en accéléré : exaltation, effets hypnotiques, et dégringolade pénible, presque agressive pour les sens.
Birdy Nam Nam