La pop sauvage de Metro Verlaine

Un coup de foudre, et puis le romantisme comme mode de vie, Metro Verlaine est avant tout une histoire de passion. Fondé en 2013, après un voyage à Londres qui a laissé des cicatrices et un sale goût de ‘lose’ au fond de la gorge, l'histoire de Metro Verlaine…

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Entre la nuit et le jour, RIVE propose "Tension", un 4ème extrait de son album…

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Dour Festival 2013 : jeudi 18 juillet Spécial

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Certains événements qui se déroulent au cours de l’année me font toujours prendre conscience à quel point le temps passe vite. Il y a toujours les dates d’anniversaires, les réveillons, mais aussi pour votre serviteur, le festival de Dour (NDR : à propos d’anniv’, c’est le 25ème). Assidûment, depuis plus de deux décennies, je remets le couvert. Et si on parle de temps, cette année, il est particulièrement ensoleillé. Bonne nouvelle donc, pour cette édition, car on ne devra pas s’imposer le port d’un k-way ni jouer à l’équilibriste sur un tapis de boue…

Mais j’ai toujours besoin d’un moment d’adaptation quand j’arrive sur les lieux. Lorsque je pénètre sur la Plaine de la Machine à Feu, je me demande toujours dans quel monde je viens d’atterrir. Il faut dire que les festivaliers purs et durs eux, ont déjà débarqué, pour la plupart, la vieille, et ont déjà passé une nuit (blanche ?) dans un des plus grands campings d’Europe.

La mode est aux lunettes solaires aux montures colorées, mais également aux revolvers à eaux. Et Dour n’y échappe évidemment pas. Bien que le chiffre (record) de 40 000 spectateurs soit annoncé, devant les différents podiums, l’assistance est encore clairsemée, en ce début de soirée.

On ne se bouscule d’ailleurs pas devant la Last Arena, pour voir et écouter la prestation de The Aggrolites, dont les musicos sont tout de noir vêtus. Il faut dire que leurs ska/reggae n’est pas très inspiré. La ligne de basse et la boîte à rythmes finissent même pas me casser les oreilles. Dans leur style, la présence d’une section de cuivres aurait certainement était judicieuse. Pourtant ils se démènent sur les planches, et j’ai même chaud à leur place… Mais un set bien plus intéressant m’attend sous la Jupiler X Marquee.

Est-ce dû à la chaleur encore étouffante qui règne sous ce chapiteau ? Ou parce que la plupart des jeunes glandent au camping ? Mais pour assister au concert de The Horrors, il n’y a que quelques centaines de personnes. Toujours fidèle au poste, Jacques de Pierpont (alias Ponpon) nous rappelle qu’ils s’étaient déjà produits, à Dour, en 2007 et 2009. Je me souviens d’ailleurs très bien de la première fois, à une époque où ils bénéficiaient d’une certaine hype. Ils avaient d’ailleurs été sélectionnés pour participer au ShockWaves NME Awards Tour 2007. Pourtant, outre le côté kitsch de leur déco puisée dans les films de série B, leur spectacle avait plutôt déçu. Six ans plus tard, ces artifices visuels ont disparu. Le combo devrait sortir son quatrième elpee en septembre. Et on sent que ses membres ont acquis de la maturité, en ‘live’. Ce qui donne une autre dimension au groupe. Pourtant le début de parcours est chaotique. Faut croire que les réglages et les balances sont opérés au cours des deux premiers titres. Pire encore, ces cafouillages vont même durer trois-quarts d’heure. Le public quitte alors progressivement les lieux, et il ne reste sur place qu’une centaine de persévérants. Qui seront récompensés par un final de toute beauté. Un « Moving further away » (NDR : issu de l’elpee « Skying », paru en 2011) de 10 bonnes minutes. Le band sort alors du climat nonchalant et ténébreux au sein duquel il était plongé (NDR : et nous avait plongés) pour atteindre le point de rencontre parfait entre Mogwai et les Dandy Warhols au sommet de leur forme. Faris Badwan et sa bande vont (enfin) lâcher toute leur intensité au cours de ce morceau construit en crescendo et transpercé, en son cœur, d’un superbe solo de guitare. (Setlist : Mirrors Idaye – Who Can Say – Scarlett Fields – Endless Blue – First Day Of Spring – Sea – ? – Elixir Spring – Still Life – Moving Further Away)

Retour sur la Last Arena pour Tomahawk. La grande foule n’est pas encore au rendez-vous, mais les premiers rangs sont occupés majoritairement par des trentenaires et quadragénaires. Manifestement la présence de Mike Patton suscite un intérêt certain, auprès de cette génération. En outre, on doit admettre qu’il y a des atomes crochus entre l’ancien leader de Faith No More et le festival. Que ce soit au sein de groupe phare, Fantomas ou de Peeping Tom, ses apparitions ont toujours été remarquées voire même remarquables. Les cheveux gominés, Mike s’excite sur sa boîte à rythmes et son microphone. A l’instar d’Audioslave ou de Velvet Revolver, Tomahawk et un super groupe, puisqu’il implique des membres de Jesus Lizard, Melvins ou encore Helmet (NDR : la batterie sonne d’ailleurs très 90’s). L’ensemble tient la route. Une route toute tracée au milieu des terrils, sur fond de coucher de soleil, à l’Américaine. Mais après avoir suscité un légitime sentiment de curiosité, le set nous laisse sur notre faim. Pas de surprise ni d’éclat. Le côté déjanté est parfaitement maîtrisé. Reste bien sûr une question à se poser : ‘Patton est-il toujours fou ?’ ‘Oh oui’ titrait un confrère photographe.

Quand un festival propose différents spectacles sur plusieurs scènes, il y a toujours des moments où il faut faire des choix cornéliens. Ainsi sur le coup de 22 heures, Bonobo et Trentemøller entrent en concurrence. Je jette un premier et rapide coup d’œil au sein du dance hall. Il est saturé de monde pour accueillir le trip-hop hype de Bonobo, fleuron du non moins label ‘tendance’, Ninja Tunes. Autour du DJ Simon Green, gravitent pas moins de quatre musiciens, dont un surprenant saxophoniste, et suivant les circonstances, la chanteuse black à la voix somptueuse, Szjerdene. Dans un style électro proche des Cinematic Orchestra.

Mais mon cœur penche résolument vers Trentemøller. Première surprise, la Jupiler Marquee est noire de monde, alors qu’elle était désespérément vide lors du concert de The Horrors, exécuté une heure auparavant. Les jeunes se réveillent-ils plus tardivement ? Ou les beats dispensés par le leader danois Anders ont-ils le don de rameuter le peuple ? Après avoir assuré plusieurs opening acts pour Depeche Mode, au cours de ces derniers mois, Trentemøller semble bien rôdé pour réaliser un grand show. Le décor est indus. L’electro baigne davantage dans une forme d’ambient progressive. Mais la cerise sur le gâteau est posée par la chanteuse, Marie Fisker. Atypique, sa voix évoque Channy de Poliça et son physique, Jehnny des Savages. Et la finale, tapissée sur fond de « Lullaby » du Cure et mixée à d’autres sonorités oldies réminiscentes d’Hithouse, va nous confirmer que cette prestation était bien une des meilleures de cette journée.

Les Yeah Yeah Yeahs étaient donc la tête d’affiche de ce jeudi. Mais les têtes d’affiche sont-elles nécessaires à Dour ? Perso, je pense qu’elles ne collent manifestement pas à ce festival... La formation est également programmée sur la Last Arena. Et elle est très attendue. Après avoir gravé un chouette premier LP (« Fever to tell »), elle s’est produite en Belgique, au Bota, au Pukkelpop, puis à Werchter en 2009. Une belle progression ! Sur le podium, en arrière-plan, une bannière affiche trois lettres ‘Y’. Et elles sont gigantesques. Les musiciens montent discrètement sur l’estrade. Ils ont quelques minutes de retard. Suit alors l’excentrique vocaliste Karen O.. Elle est d’origine polonaise et asiatique, et cette ascendance se lit sur les traits de son visage. Son look est toujours aussi extravagant. Chaussée de Converse et exhibant des chaussettes roses, elle est vêtue d’un jeans et d’une veste blanche à paillettes et porte sur le nez, une paire de lunettes ‘mouche’. Paradoxalement, elle ouvre son set par « Mosquito », le titre maître de son dernier opus. Le public est conquis et entame rapidement quelques pas de danse ou se lance dans l’un ou l’autre pogo. Surtout lorsque le band attaque le tube « Heads will roll ». Karen se déhanche, fait le grand écart, crie, avale son micro ou le dissimule près de ses parties intimes. Mais ses frasques finissent par lasser. Pourquoi en fait-elle autant ? En outre, la musique souffre de l’absence d’un véritable claviériste. Comme chez les Ting Tings, le synthé rythme la plupart des titres. Mais il n’y a personne pour occuper ce rôle sur les planches, et on a la pénible impression de se farcir une bande préenregistrée. Heureusement, « Maps », dispensé pour clôturer le set, va quelque peu me consoler. A cause de cette déferlante de riffs de gratte. Le groupe semble avoir pris un réel plaisir en ‘live’. D’ailleurs, le guitariste a régulièrement pris des clichés de l’auditoire. Et le public semblait heureux de leur prestation. Mais j’en reviens à ma question : est-ce que des formations de ce calibre sont vraiment taillées pour ce festival ? Est-ce que ces ‘têtes d’affiches’ correspondent bien à l’esprit de Dour ? Réponse sans doute, d’ici quelques jours…

(Voir aussi notre section photos ici)

Informations supplémentaires

  • Date: 2013-07-18
  • Festival Name: Dour Festival
  • Festival Place: Plaine de la Machine à Feu
  • Festival City: Dour
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