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Dour Festival 2013 : samedi 20 juillet Spécial

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En cette fin d’après-midi, je croise (NDLR : j’enjambe ?) de nombreux corps étendus sur le sol. On entend également moins de hurlements. Et les batailles de pistolets à eau se sont évaporées. Faut dire que la fatigue commence à entamer les organismes, au troisième jour de festival. Elle est même de plus en plus perceptible sur le visage des festivaliers. Y compris sur celui de votre serviteur, victime des excès de la veille.

Mais de l’énergie, Mass Hysteria en a à revendre. De la bonne et de la positive, en plus. C’est d’ailleurs par « Positif à bloc » qu’il ouvre son set sur la Last Arena. Embrayant par « Tout doit disparaître ». S’avançant à l’orée du podium, comme de valeureux Vikings en terrain conquis, les musicos enchaînent les titres pratiquement sans tant mort. La poussière se soulève au sein des premiers rangs. Les pogos éclatent. Les spectateurs les plus sceptiques et ceux qui ne connaissent pas ou peu le groupe, notamment de jeunes néerlandophones, se décident également à se joindre aux mouvements de foule. Et en fin de parcours, la formation invite une petite centaine de fans à monter sur les planches, afin de participer à la fête traduite par « Contraddiction ». Adoptant un discours constamment zen, le leader Mouss remercie ces aficionados, pour avoir respecté le matériel, ponctuant son propos par ‘Ca aussi c’est le bon esprit rock’n’roll’. Et le combo français d’attaquer « Furia », histoire de bien enfoncer le clou. Bref, fédérateur, ce groupe est vraiment taillé sur mesure pour allumer la Plaine de la Machine à Feu. D’ailleurs, lors de la présentation du band, Ponpon avait déclaré, à juste titre, ‘On n’imagine mal un 25ème anniversaire de Dour sans eux. Eux qui sont déjà venus à quatre reprises, en 1997, 1999, 2005 et 2010’. Et le groupe d’avouer, lors d’une interview accordée à la radio : ‘On fête aussi un anniversaire, celui de nos 20 ans d’existence, et on tenait à ce qu’il passe aussi par Dour’ (NDR : Mass Hysteria n’a sélectionné que quelques dates prestigieuses, dont le Hellfest et les Eurockéennes de Belfort).

Et tant qu’à baigner dans le hardcore, autant s’engouffrer sous la Cannibal Tent. Bleed From Within se produit en lieu et place d’un autre ensemble hexagonal, ETHS, qui lui a joué plus tôt que prévu. Les musicos sont jeunes. Ce qui ne les a pas empêchés de décrocher un Award aux Metal Hammer Golden Gods, en 2013. Des Ecossais aux cheveux longs, couverts de tatouages qui pratiquent du deathcore ! La batterie imprime un tempo frénétique. Les riffs claquent et déchirent l’atmosphère. De quoi déclencher pogos, circles, et autres ‘battles’ à la Bravehart.

Je me rends ensuite sous le Dance Hall, pour quelque peu m’oxygéner l’esprit. La tente est bondée pour accueillir Herbaliser. Encore un collectif fidèle au festival. Et leurs compos font à nouveau mouche, des morceaux qui mêlent savamment funk, hip-hop acid-jazz, tout en n’oubliant pas de les souligner de cuivres (saxophone, trompette), histoire d’apporter une touche ‘lounge’ à l’expression sonore. Un set très agréable à écouter, mais qui ne semble pas avoir tellement évolué au cours des dernières années (NDR : voir reviews concerts et festivals sur Musiczine).

Côté indie, DIIV et Suuns sont programmés à la même heure. Finalement, j’opte pour DIIV, tant son dernier opus « Oshin », sorti en 2012, m’avait bluffé. Lorsque les musicos débarquent sur l’estrade, on remarque leur look grunge. Ils sont également jeunes. Et doivent manifestement vouer un culte à la musique des 90’s. Ce band étasunien, issu de New York City très exactement, adopte cependant, en ‘live’, l’attitude des shoegazers, communiquant très peu avec leur public. Et finalement, si leur set est irréprochable, il ne diffère guère des enregistrements sur disque, ne réservant aucune étincelle particulière.

Je délaisse donc ce concert, à mi-parcours, pour rejoindre celui de Suuns. Il y a de l’électricité dans l’air également, mais beaucoup moins prévisible. Davantage d’énergie dispensée aussi. Le quatuor montréalais combine son électro, parfois minimaliste, aux riffs qu’il développe en crescendo. En n’oubliant pas d’arroser le show d’un lightshow psychédélique. Ce qui rend le spectacle bien plus vivant. Et si certaines compos plus longues sont susceptibles de faire tomber en léthargie le spectateur lambda, les sorties brutales et inattendues des guitares ramènent rapidement tout le monde sur terre. Encore un grand moment du festival. Score au coup de sifflet final : DIIV 1 – Suuns 2. Ce sont les détails qui ont fait la différence !

Changement de style, mais c’est aussi la spécificité de Dour, en compagnie des Ultramagnetic MC’s. Ils se produisent sous le Dance hall. Originaire du Bronx, ce groupe funk issu des 80’s s’est surtout forgé une réputation en faisant un usage intensif du sampler. Mais aussi à cause de textes à la fois déjantés et obscurs. Pas tellement étonnant, quand on sait que l’un des leaders, Kool Keith, a été plusieurs fois interné en hôpital psychiatrique. Ou que certains membres, à l’instar de Rooney Moon, sont constamment compromis dans des démêlés judiciaires. Sur le podium, trois MC’s et un DJ’s s’agitent. Ils dispensent un hip-hop old school à la Cypress Hill, Public Enemy ou House of Pain (qui sont d’ailleurs tous passés par Dour).

Poursuivons l’exploration des styles. Et pourquoi ne pas revoir Devendra Banhart, puisqu’il est capable de mettre tout le monde de bonne humeur ? Enfin c’est ce que je pensais. Tout d’abord, l’artiste a 20 minutes de retard sur l’horaire (NDR : ses techniciens semblaient s’empêtrer dans un fine-tuning sans fin), quand il débarque sur l’estrade, dans la Petite Maison dans la Prairie. En 2005, la foule chantait ses compos en chœur. En 2010, lors d’un set plus électrique, elle ne pouvait résister à taper du pied. Mais aujourd’hui, je ne parviens pas à pénétrer dans l’univers du Texan. Ses compos me semblent un peu trop versatiles, à l’instar de son dernier elpee, « Mala ». Puis, je ne parviens pas trop à comprendre, pourquoi, après seulement quelques titres, il abandonne le chant pour s’isoler discrètement sur le côté droit de la scène, afin de se consacrer à une percussion. Sans avoir oublié de présenter son guitariste Rodriguo Amarante, à qui il refile le micro. La prestation ne ressemble alors vraiment plus à rien. Trop, c’est trop donc.

Et ne voulant pas rester sur cette grosse désillusion, je trouve refuge sous la Jupiler X Marquee, où les Simian Mobile Disco, eux, j’en suis convaincu, ne vont pas nous tromper sur la marchandise. Il ne faudra que quelques titres pour que le band trouve sa vitesse de croisière. Le son finit même par devenir excellent (NDR : sur cette scène, cette qualité a constamment varié d’un set à l’autre). Les deux artisans James Ford et James Shaw se font face, et se livrent une sorte de battle, digne des meilleurs bidouilleurs. Les jeux de lumières flashy transforment rapidement l’espace en discothèque géante. Pas de doute, les Anglais connaissent parfaitement leur sujet. Mais l’heure avance, les basses commencent à accabler mes tympans. Et c’est sagement que je décide de rejoindre mes pénates, histoire ne pas accentuer l’acouphène, car il me reste encore une journée à couvrir…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2013-07-20
  • Festival Name: Dour Festival
  • Festival Place: Plaine de la Machine à Feu
  • Festival City: Dour
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