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Pukkelpop 2007 : vendredi 17 août Spécial

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Le programme de cette deuxième journée semble moins intéressant. Nous arrivons cependant sur la plaine de Kiewit assez tôt pour y voir les Anglais d’Art Brut balancer la sauce. Leur punk rock ironique n’ayant jamais suscité un intérêt profond chez votre serviteur, une nouvelle séance de zapping s’impose.

Malgré l’heure matinale, les Shameboy parviennent à bien remplir la ‘dance hall’. Faut dire que leur électro est saturée de lignes tracées au cœur de synth-bass funky. Mais ce n’est pas encore le pied.

En déambulant sur le site, on perçoit les accords rock’n’roll des Gantois Van Jets qui essaient d’enflammer la grande scène. Tâche ardue pour ce début de journée plutôt calme.

On finit par se décider à aller voir ce que les Bedouin Soundclash ont à proposer. Leur single, « Beautiful Day » est une sympathique comptine reggae rappelant Toots & the Maytals. Mais le trio basse-batterie-guitare est décevant. Influencé par The Police et The Clash, ces jeunes gens issus de Toronto pratiquent du mauvais reggae comme seuls les punk rockers peuvent en faire. On a l’impression d’entendre des chutes de studio de l’album « Sandinista » et on s’ennuie ferme. On voudrait cependant leur laisser une chance, mais après une bonne moitié de concert, les Bedouin n’ont toujours pas joué le moindre morceau digne de ce nom.

On quitte donc les lieux pour aller zieuter la fin du set des Anglais de Reverend and the Makers, groupe en odeur de hype de l’autre côté de la Manche. Le peu qu’on en verra est effectivement intéressant. Leur disco lente et psychédélique bénéficie de la présence d’un chanteur à l’attitude arrogante, dont le timbre plutôt chouette rappelle un peu Ian Brown et l’allure celle de Richard Ashcroft. Il s’inquiète même des éternels problèmes linguistiques vécus en Belgique. Aurait-il pris des cours de rock pompier chez Bono ??

Le premier bon moment de la journée procédera des Anglais de Fujiya & Miyagi (‘lustrer, frotter’, rappelez-vous de Karate Kid). Trois gaillards assez simples et au look passe-partout. Le trio a sorti, il y a peu, un opus qui touille dans le krautrock, l’indus (Krafwerk ?) mais surtout l’électro-funk. Chant susurré, guitare funky, rythmiques programmées, basse métronomique et une nuée de claviers vintage s’unissent pour créer une musique dansante et hypnotique. Elle agitera les têtes et les bassins de l’assistance. Malgré une présence scénique presque inconsistante leur musique libère un haut potentiel explosif. Et elle est plutôt drôle. Surtout quand on voit le claviériste au look de programmeur COBOL exhorter la foule en chuchotant « Sock It To Me ! ».

C’est sous le chapiteau ‘Wablief ‘ que se déroule le très bon concert des Prima Donkey, super groupe flamand emmené par l’ex-dEUS Rudy Trouvé à la guitare et Gunter Nagels à l’accordéon, moitié vocale de Donkey Diesel. Impliquant des membres de DAAU, Laïs et des Seatsniffers, ce projet musical est très intéressant. Leur musique est très filmique et richement orchestrée : theremin, guitare, accordéon, cuivres, claviers. Le tout enrichi par les voix très country de deux charmantes choristes. Sans oublier celle de Rudy Trouvé (il a l’air très déprimé) et de Gunter Nagels, dont le timbre est très proche de Tom Waits. Et c’est précisément aux territoires hantés de ce dernier que l’on pense à l’écoute des Donkeys. Différence ; quoique l’approche est peut-être un peu plus légère (toutes proportions gardées). Au delà de très bons morceaux originaux du groupe, deux reprises sortent du lot. Une superbe version du « Ghost Rider » de Suicide et une cover country & western de « Jesus Built My Hot Rod », le morceau le plus connu de Ministry chanté par Gibby Haynes des Butthole Surfers.

Sorti du chapiteau, on entend le public de la ‘Boiler room’ scander ‘Master ! Master !’ On se croirait presque en Allemagne sous le régime hitlérien. Ce n’est heureusement pas le cas. En fait, il s’agit simplement de la manifestation de satisfaction de la foule consécutive au dj-set de MSTRKRFT.

Direction la ‘Dance Hall’ pour arriver au début du concert de Cansei de Ser Sexy. Ce groupe a bénéficié d’une certaine hystérie médiatique sans qu’on sache vraiment pourquoi. Un combo disco de plus emmené par une chanteuse dont la voix insignifiante éprouve toutes les difficultés du monde à passer au-dessus de la musique.

En passant devant le ‘Château’, Skream balance son dub électro pour hooligans. Pas le temps de s’arrêter car, car il est judicieux de se placer idéalement pour bien profiter de la furie rock’n’rollienne des Hives. Les Suédois viennent présenter leur album « Black and White ». Un concept appliqué à la lettre puisque tous les instruments sur scène sont en noir et blanc, à commencer par la superbe batterie ‘Premier’ qui trône au milieu de la scène. Authentique machine de guerre, les Hives balancent leur rock’n’roll jouissif. Quarante-cinq minutes qui s’écouleront en un instant. Alternant tubes et morceaux de leur nouvel opus, ils récoltent l’adhésion totale de la foule et préviennent que ‘there wil be other bands tonight, but it doesn’t matter !’ Le pire, c’est que la prophétie se réalisera presque, tant le reste de la soirée rivalisera d’insipidité.

Après une telle claque, c’est comme passer directement de la vision de ‘Pulp Fiction’ au nouveau James Bond : tout à l’air un peu fade et moins drôle. C’est un peu le cas des Noisettes, trio anglais précédé d’une bonne réputation et auteur du très chouette single « Don’t Give Up ». On a du mal à entrer dans le concert, mais il faut reconnaître la charge charismatique de la très sexy Shinga Shoniwa. Coiffée de plumes d’Iroquois, elle bouge dans tous les sens et donne du relief au garage rock sans concession pratiqué par la formation insulaire…

On prend une petite pause en contemplant un vieil homme éponger une impressionnante plaie au genou : un trou béant d’où s’échappe une quantité inouïe de pus. On espère pour lui qu’il ne fera pas de septicémie. Chris Cornell s’époumone au loin sur « Rusty Cage »…

Mais on a opté pour Patrick Wolf. Il arbore une cape argentée en guise de tenue de scène. Une de ses violonistes ressemble furieusement à la Castafiore. Mais on a bien du mal à entrer dans son univers baroque et pompeux, né d’un croisement hypothétique entre Lord Byron et la Gay Pride.

Tentative d’incursion sous la tente où le Dj Jazzy Jeff passe ses disques. Certains d’entre vous se rappelleront du bonhomme pour avoir tenu le rôle du meilleur pote de Will Smith dans la série le Prince de Bel Air. C’était le type qui se faisait toujours éjecter par l’oncle Phil… Au delà de cette image de pitre, l’homme est en fait un producteur notoire (Jill Scott notamment) dans la nu-soul et le hip hop. On aurait aimé écouter les galettes qu’il allait mixer ; mais c’était peine perdue : la foule débordait de partout et rendait impossible l’entrée dans la surchauffée ‘Boiler Room’. Même chose pour Laurent Garnier : accès impossible à la ‘Dance Hall’ pour cause de surpeuplement.

Mieux valait donc rejoindre la grande scène où Arcade Fire prépare son spectacle. Le combo canadien est passé en peu de temps du statut underground à celui de gros vendeur. Une transition qui doit être difficile à négocier. Le line up de l’ensemble implique une petite section de cuivres, trois violons, un orgue d’église, sans oublier la formation de base rock. Les neuf membres attaquent le concert de manière énergique. Mais le chanteur est en petite forme. En outre, il semble rencontrer d’incessants problèmes de retour. Le collectif possède une armada de chansons déjà bien entrées dans l’inconscient. Une preuve ? Votre serviteur ne possède aucun disque d’Arcade Fire ; et pourtant une bonne partie de ces morceaux m’étaient familiers aux oreilles. Arcade Fire possède tous les atouts pour devenir un groupe capable de remplir les stades ; mais cette réussite fulgurante est à double tranchant. En fait, Arcade Fire risque fort de passer chez les stars pompeuses. Lors de ce set, le manque d’humour était patent et le lyrisme exacerbé des chansons flirtait dangereusement avec le mauvais goût. Néanmoins, (et c’est l’essentiel), le public a repris en chœur ces mélodies quasi celtiques qui évoquent des mondes mythiques et des forêts enchantées où des farfadets idéalistes préparent une révolution marxiste.

On passe rapidement par le Marquee où Dinosaur Jr se produit sous son line up originel. Mais son rock est gâché par les solos de guitare indigestes de Jay Mascis. Il faut dire qu’on a mieux à voir puisque notre curiosité a été aiguisée par une horde de jeunes gens habillés de la même manière.

Veste en jeans et rouflaquettes rock’n’roll, ils relèvent de la confrérie des Turbojugend. Fans absolus du groupe norvégien de glam métal Turbonegro, ils se déplacent en groupe pour aller voir les concerts de leurs artistes favoris. Il existe, à travers le monde, plusieurs sections locales de Turbojugend, garantissant ainsi à Turbonegro une énorme base de fans acharnés. Le terme ‘turbonegro’ fait référence à une pratique sexuelle qui consiste à mettre son poing dans l’anus de quelqu’un pour aller y chercher de la matière fécale… La ‘shock value’ semble être l’arme absolue du groupe qui pratique un punk-métal rappelant un peu Judas Priest. L’autre originalité du groupe consiste à s’amuser de l’imagerie homosexuelle dans un milieu connu pour son homophobie. C’est un peu pour toutes ces raisons qu’on se rend à la ‘Skate stage’ pour voir si le spectacle peut être drôle. Fréquentée par un public plus jeune, cette scène est caractérisée par le nombre élevés de verres de bière qui s’élèvent dans les airs. Alors que statistiquement l’objectif soit impossible à atteindre, une quantité anormalement élevée de ce liquide atterrit sur la tête du rédacteur de cette chronique qui se retourne comme un vieux plouc pour tenter de déceler le coupable de cette vilenie. Les Turbonegro finissent par arriver et le contraste est frappant entre le frêle guitariste (50 kilos tout mouillé) et Hans Erik Dyvik Husby, l’énorme chanteur. Une sorte de gros Viking décadent qui se ballade torse nu, en tenant à la main une canne surmontée d’une pomme argentée. Il porte un gilet court aux couleurs du drapeau américain et se démène comme un beau diable. C’est assez drôle et pas sérieux pour un sou, même si musicalement le résultat n’est guère mémorable. A propos, si vous êtes intéressé, sachez qu’il existe en Belgique des sections locales des Turbojugend…

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2007-08-17
  • Festival Name: Pukkelpop
  • Festival Place: Kiewit
  • Festival City: Hasselt
  • Rating: 0
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