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La Nuit du blues 2014 : samedi 14 juin Spécial

Écrit par Didier Deroissart
&

La dix-huitième édition de la Nuit du Blues s’est déroulée sur le site de Rockerill, à Marcinelle. Les éditions précédentes étaient hébergées sur l’Esplanade Solvay, pour l’instant en réfection. Un peu d'histoire. En 1832, le forgeron Puissant Agimont s'associe à l'industriel Thomas Bonehill. Ils vont créer, sur le site de 'La Providence' à Marcinelle, une usine sidérurgique qui donnera ses lettres de noblesse à la région de Charleroi. Détruite totalement pendant la guerre 1914-1918, elle est reconstruite à la fin du conflit. L'activité va se développer et prospérer jusqu'à l'absorption par le groupe Cockerill-Sambre. Ce sera le début du déclin industriel qui a marqué les années 80. Début 2005, un collectif d'artistes et d'amis sauvent la friche industrielle. Une nouvelle vie commence pour ‘Les Forges de la Providence’, rebaptisées ‘Rockerill’. Une salle de concert d'une capacité de 250 personnes est aménagée au sous-sol. Une coopérative de ferronnerie, des ateliers d'artistes et le label Rockerill Records s’y établissent. En 2011, Rockerill rejoint Le Club Plasma et signe un contrat programme avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. La culture revit à Marcinelle. Le lieu devient incontournable dans la région de Charleroi.

La grande Scène est installée dans les Forges. Un espace restauration est aménagé dans le hall d’entrée de la Providence ; il est baptisé ‘La Cathédrale’. La seconde salle est implantée au sous-sol. Il s’agit du Rockerill.  

Petit contretemps, la Liégeoise Jéraldine Jonet a déclaré forfait. Il faut donc patienter jusque 16 heures avant que le premier groupe ne monte sur un podium. Il s’agit de Chess Revival. Et sur la Grande Scène. Le présentateur déclare que le blues du Bayou profond et le site des Forges sont en parfaite communion. Il n’y manque que les marais et ses alligators.

La formation bruxelloise est née en 2013. Drivée par Julien (chant, guitare et harmonica) elle implique également Sam (guitare et chant), Marco (drums), Alex (piano) ainsi que Pierre (basse). Vu leur patronyme, Muddy Waters, Howlin Wolf, Willie Dixon et Little Walter, des bluesmen notoires qui ont écrit les plus belles pages du label Chess Records de Chicago, ont certainement marqué l’esprit du quintet. « Garbage Man », ouvre le set. Une cover de Muddy Waters qui macère bien dans le bayou. Les cordes de gratte sont voluptueuses, la voix est lancinante et l’harmonica accrocheur. Le spectre de Peter Green hante « I Loved Another Woman ». Une autre adaptation, le « Dust My Broom » du band teuton Boozoo Bajou. Etonnant, n’est ce pas ? Signé par le Bobby Blues Band, « I Don’t Want No Woman » lorgne vers la soul de Memphis. Idéal pour la voix crooneuse à souhait. « Ain’t Nobody’s Business » est une compo écrite par les pianistes Porter Grainger et Everett Robbins, deux ex-collaborateurs de Bessie Smith. Composée en 1922, elle avait également été reprise par l’Impératrice du blues, six ans plus tard. Julien est un passionné de blues, il est respectueux des classiques qu’il interprète ; mais, tout comme ses acolytes, il s’attache à y apporter une touche personnelle. Une bien belle prestation pour entamer ce festival auquel j’assiste pour la première fois.

Direction sous-sol. Place aux régionaux de l'étape, Dixons Plan. Les Carolos sont déterminés à rendre hommage à l'oeuvre de Willie Dixon. Un grand du Chicago Blues de l'après-guerre. Pourtant, la prestation sera fortement colorée de rock'n'roll. Imposant, le bassiste attire immédiatement la sympathie. Et puis, il est impressionnant sur son instrument. Il est cependant bien épaulé par le guitariste/chanteur Enzo Catalano. Le line up est complété par le drummer José Carrasco et Billy Boy à l'harmonica. Ce n’est pas la première fois que votre serviteur assiste à un de leurs concerts. Je les avais découverts chez Francis Delvaux au Blues Café. Le public commence à affluer. Et il faut déjà subtilement jouer des coudes pour atteindre les premiers rangs…

Retour vers la grande scène, pour le concert de Dr Albert Flipout's One Can Band feat Mickey Pantelous. Un homme-orchestre de nationalité britannique ! Il a enfilé une salopette. Manifestement de bonne humeur, il met de l’ambiance dans la salle. Une excellente initiative de programmer ce type de ‘one man show’ lors d’un festival. C’est d’ailleurs une formule que le Roots & Roses de Lessines cale systématiquement dans sa programmation…

Fred Lani est un habitué des lieux. Et pour la circonstance il est bien sûr flanqué de ses Healers. Apparemment il est en très grande forme. Et pourtant, il a failli faire faux bond. Car s’il est bien un virtuose de la guitare, il ne l’est pas dans le bricolage. En général, une foreuse est destinée à percer un mur ou un matériau, pas un doigt. Et pourtant… Trêve de plaisanterie, malgré ce petit contretemps, notre Panda Blues n’a rien perdu de son énergie.

Un petit rappel. L'année 1977 vient de débuter. Au cœur des sombres vallées boisées et vallonnées du Namurois vient de naître un nouveau messie du blues au sein de la famille Lani. Musiciens, ses parents lui donnent pour prénom : Fréderic. Originaire des sombres bayous de la Louisiane, le patriarche va inculquer, dès le début, à son rejeton, les bases de cette musique intemporelle. Dans son parc, le petit n'a pas de hochet pour se faire les dents. Juste une  guitare Gibson miniature. Il va pouvoir mordre dans les  cordes. Pour toute berceuse, on lui passe du Jimi Hendrix, Rory Gallagher, Johnny Winter ou Stevie Ray Vaughan. Pas étonnant qu’il chope le virus du blues. Et d’afficher les gènes caractéristiques de son paternel dès l'âge de 17 ans : une calvitie naissance, des lunettes et une guitare entre les mains. Le gamin a une voix calée. En compagnie de son père, il monte les Healers. Il assure les supporting act de Bon Jovi à Werchter, devant 35 000 personnes. Et de Fred & The Healers, on commence à en parler de plus en plus...

Après une parenthèse de 8 longues années (malgré un come back en 2010, pour fêter le 15ème anniversaire du Spirit of 66), Fred remonte les Healers. Mais sous un nouveau line up. Aux fûts, un petit nerveux : Nico Sand. A la basse, une force tranquille : Cédric Cornet. Ce dernier ne quitte plus sa belle chemise aux motifs de roses et têtes de mort. Nous sommes donc en 2013, et notre talentueux gratteur a pris de la bouteille et un léger embonpoint. Frédéric aime la bonne chère. Faut croire que Madame Lani est un fin cordon bleu… Le cinquième opus du combo « Hammerbeatmatic », est paru en mai dernier. Dans 25 pays. Sous la forme du cd, vinyle et téléchargement payant.

Le set s’ouvre par « Like A Leaf » suivi de « Doyle The Hunter », deux plages issues du nouvel elpee. Deux bons blues bien crasseux. « Doyle The Hunter » nous entraîne dans le lourd et aussi dans le passé. Fred Hendrix est à la guitare et au chant. Il vous en met pleins les oreilles. Nico est aux anges, il a le sourire aux lèvres. Ce qui ne l’empêche pas de marteler ses fûts comme un malade. Pas le temps de souffler, le trio nous expédie un blues rock pur et dur, « Thickfreakness », une cover des Black Keys. Et la version balance pas mal. Histoire de ne pas trop perturber les fans de la première heure, la formation concède « Stayin' Out » et « How You Do This ». « Dreams » affiche un profil plus cool. Ce qui permet à Fred de démontrer toute sa maîtrise et sa technique sur les cordes et de rivaliser avec ses maîtres. « Roots And Roses » rend hommage au chouette festival du même nom. Faut dire qu’il y a toujours eu une grande histoire d'amour entre Fred et le Centre Culturel de Lessines. La superbe reprise du « All Your Love » d'Otis Rush est un classique dans la setlist du combo. Mr. Lani nous y réserve un bel exercice de style sur sa six cordes. Nico n’oublie pas de nous accorder un petit solo de batterie. Le temps de remonter en puissance avant d’aborder  « Burning », puis de revenir au calme à travers « Avd ». Mais dès « A Man For A Day », extrait du dernier long playing, Fred invite tout le public à se rapprocher du podium et à jumper. L'espace est restreint. Suis pas du style à escalader la foule pour rejoindre les autres sardines. Encore que ce sont peut-être des poissons volants. Ou alors des kangourous. On se croirait en Australie. Ca saute de partout ! Et le concert de s’achever par « Lovers Boogie » et le très puissant « Messing With The Kid ». Fred & The Healers sont peut-être occupés de monter sur le tremplin de la gloire. Une chose est sûre, le groupe est devenu tout à fait exportable. En outre, il est parvenu à chauffer à blanc une salle avant de vivre le set des vétérans Dr Feelgood. Le trio se produira dans le cadre du Brussels Summer Festival le 10/08/2014, aux Francos de Spa le 19/07/2014. Et le 31/08/2014 au Beau Vélo de Ravel en première partie de son idole Chantal Goya. ‘Pandi Panda’ vous connaissez ?

Dr Feelgood est une formation insulaire formée en 1971. Décédé en 1994, le chanteur en était une figure emblématique. Au cours de son existence, le combo a enregistré de nombreux changements de line up. Leur patronyme vient de l'argot anglo-saxon qui désigne notamment un médecin prescrivant de l’héroïne. Mais pour ce set on retourne dans la boîte à sardines. Sauf qu’elles sont cuites et archi-cuites. Une cuisson qui va durer 75 bonnes minutes. Au fourneau ? Robert Kane. Au chant et à l'harmonica. Et puis Steve Walwyn à la six cordes. Et leur rhythm'n'blues circa 70’s va faire mouche ! L’énergie dispensée par le combo est particulièrement électrique. Dr Feelgood est venu défendre son dernier opus, « All Through The City », paru quand même il y a deux ans. Ce qui ne les empêche pas d’insérer dans leur setlist des titres standard comme « I Can Tell », « Who Do You Love », « Baby Jane » ou « Give Me One More Shot », soit les meilleurs morceaux de leur répertoire. Kevin Morris est toujours aussi fêlé derrière ses drums. Il balise le tempo de ses interventions caverneuses et métronomiques. Il est bien épaulé par PH Mitchell à la basse. Un concert qui, inévitablement, ravit de nombreux sexagénaires et quinquagénaires, mais également des jeunes mélomanes, qui découvrent ainsi des précurseurs de la punk attitude.

Votre serviteur n’a pas assisté au set de Shaggy Dogs. Pas que j’aime ou n’aime pas ce combo français. Mais vu la fatigue, je préfère faire l'impasse et rentrer au bercail. Le festival est réussi et a communiqué de bonnes vibrations. J’ai eu ma dose. L'organisation était parfaite. On peut compter sur Didier, l'année prochaine…

(Organisation : Nuit du Blues de Charleroi)

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2014-06-14
  • Festival Name: La Nuite du blues
  • Festival Place: Site de Rockerill
  • Festival City: Marcinelle
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