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Les Nuits Botanique 2015 : dimanche 17 mai Spécial

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Créé en 2009 par Luis Vasquez, The Soft Moon a contribué à l'émergence d'un style musical à la frontière entre post punk, shoegaze, dark wave, psyché et électro/techno. Aujourd'hui, après avoir publié trois albums et accompli une tournée en première partie de Depeche Mode, le projet de ce Californien d’origine cubaine est devenu le fer de lance d'une nouvelle scène alternative.

Consécration suprême : il accède même aux programmations des festivals branchés 'indie', à l’instar de ce concert accordé en clôture des Nuits Bota. Votre serviteur a eu l’opportunité de d’interviewer l’artiste à deux reprises, ce qui permet notre nouvelle rencontre avant le spectacle. Il me confie ses inquiétudes relatives au choix de la salle. On peut en effet s'étonner qu'un groupe 'noisy' soit programmé dans le Grand Salon, un espace assez intimiste et privé de podium. La Rotonde ou l'Orangerie auraient été mieux adaptées à la puissance que libère la musique de The Soft Moon. Heureusement, Vasquez a quand même obtenu que les sièges du public soient enlevés.

C'est Walter Hus, 'résident' au Grand Salon pendant tout le festival, qui ouvre les hostilités. Il est connu pour le générique de fin du film « The Sound Of Belgium », une adaptation pour Orgue Decap du cultissime « Universal Nation » créé par le producteur electro trance Push. L'Orgue Decap est un instrument inventé par W. Hus : il est composé de flûtes d'orgue et se combine à différents instruments (percussions, accordéon, ...) ; le tout est piloté par des automates programmables reliés à un ordinateur et un clavier. Dingue !

Lors de la soirée Night Owls, il y a une semaine, Walter Hus avait interprété une partition très techno ; mais ce soir, l'orgue de barbarie version 2.0 sonne plus classique, plus cinématographique. Le compositeur gantois joue sur un magnifique piano à queue et l'étrange orchestre impose une ambiance unique, hypnotique même. On épinglera particulièrement « Faro, Ode à la Bière », une belle chevauchée martelée par le rythme des flûtes d'orgue. Surréaliste...

Nul besoin de pause car la formation suivante a déjà installé ses instruments devant l'orchestre de W. Hus. Il s'agit de Prairie, le projet ‘ambient’ du Bruxellois Marc Jacobson. Son premier opus, « Like a Pack of Hounds », est sorti en février. Accompagné de Grégoire Fray (guitare et claviers, Thot et The Hills Mover) et de Catherine Graindorge (violon), Jacobson propose des atmosphères sombres aux structures harmonieuses tout en y entretenant une certaine tension, voire même en y communiquant un sentiment d’angoisse. Pensez à Sigur Rós, Haxan Cloak, Kreng : c'est onirique, comme la bande-son d'un océan calme au crépuscule. Plus tard, des vagues puissantes, déclenchées au synthé-controlleur Akai par G. Fray, viennent se fracasser sur nos tympans, enrichies de guitares cristallines et d'interventions de violon torturées. Superbe et envoûtant...  

Un saut dans le temps et nous sommes prêts à accueillir The Soft Moon. Nous avons pris soin de nous placer au premier rang, vu qu'il n'y a pas d’estrade. C'est le problème au Grand Salon, comme d'ailleurs aussi dans le Witloof Bar. Les sons de synthé de « Inward », l'intro du dernier album « Deeper », s'insinuent dans les baffles et les trois musiciens prennent place. Aux côtés de Luis Vasquez, on reconnaît les deux Matteo : Matteo Salviato à la basse et aux drumpads ainsi que Matteo Vallicelli, à la batterie.

Ce dernier entame un beat répétitif à la grosse caisse pour attaquer « Black », un des meilleurs titres de « Deeper ». La voix de Luis évolue à la frontière entre murmure et cri, un style de chant immortalisé par Trent Reznor. La comparaison avec Nine Inch Nails ne s'arrête d'ailleurs pas là. L'ambiance générale du titre est très 'NINiesque', une tendance qui caractérise plusieurs titres récents de Soft Moon. Dans l'interview qu'il a accordée à Musiczine en février dernier (voir ici dans Musiczine et sur Youtube), Luis nous confiait qu'il considérait Trent Reznor comme ‘une âme-sœur’ (‘a kindred spirit’) ; ce qui explique sans doute cette corrélation inconsciente.

En tout cas, la musique dispensée par The Soft Moon est fabuleuse et captivante, comme si elle était le fruit d’une combinaison parfaite entre l'héritage post punk/new wave/shoegaze et des sonorités technoïdes plus récentes. En parlant de post punk, « Alive » et « Dead Love » déroulent ensuite leurs basses très ‘Curesque’ et leurs guitares ‘batcave’ dopées au flanger. Ici, le chant de Vasquez est plus tribal, davantage dans le cri comme chez Andrew Eldritch. Pour les solos, Vasquez utilise un Moog Sub Phatty, duquel il tire de longues notes en ‘sustain’, qu'il étire et triture à l'aide du 'pitch bend', la molette qui permet de modifier la hauteur de note.

Tout au long de « Far », une bombe imprimée sur un tempo frénétique, le public réagit en dansant et en bondissant, provoquant même un début de pogo. « Wrong » accentue la pression encore grâce à son rythme robotique et son riff exécuté au vocodeur. Au milieu du morceau, Vasquez se fend d'un solo de percussions sur... un fût. Un chouette moment post-industriel !

J'attendais impatiemment « Wasting », une composition issue de « Deeper », qui marque une évolution vers un chant plus structuré et la présence de vraies mélodies. Je n’ai pas été déçu : l'interprétation est impeccable et on est bluffé par la prouesse vocale. Pendant le refrain, on ne peut s’empêcher de penser à Martin Gore et même à Tears For Fears, des comparaisons que Luis accepte volontiers (cfr l'interview).

La fin du set est une irrésistible montée en puissance qui culmine au moment de « Being », un véritable brûlot ! Drapé dans un riff de guitare à nouveau très 'Curesque', Vasquez crie ‘I can't See My Face’ avant d'éructer ‘I don't know who I am – What is this place – I don't know who I am’, lors d’un final super noisy.

La formation revient interpréter trois titres : « Die Life », « Parallels » et « Want ». Les derniers moments sont à nouveau hallucinants, martelés par les percussions et un interminable crescendo de synthés. Un concert superbe, très percutant, nettement mieux maîtrisé que celui accordé par le musicien au Magasin 4, en 2012. C'est d'ores et déjà un des meilleurs de 2015 ! Je n'ose imaginer le résultat au sein d’une Orangerie pleine à craquer. Une prochaine fois, peut-être ?

(Organisation : Les Nuits Botanique)

Informations supplémentaires

  • Date: 2015-05-17
  • Festival Name: Les Nuits Botanique
  • Festival Place: Botanique (Grand Salon)
  • Festival City: Bruxelles
  • Rating: 0
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