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Festival D'Hiver Rock 2008 : vendredi 8 février Spécial

Écrit par Sébastien Leclercq et Bernard Dagnies
&

Pour cette sixième édition, tous les ingrédients nécessaires au déroulement d’un bon festival étaient à nouveau réunis. Après le lapin à la tournaisienne, le menu proposait donc un festival rock à la sauce locale. Prenez une bonne dose de groupes hétéroclites. Ajoutez-y un public tout aussi diversifié. Mais en sélectionnant principalement la tranche 15-25 ans. Complétez par quelques vieux rockers fidèles de la région. Arrosez copieusement le tout de bonnes bières régionales. Et la touche finale : disposez le tout dans les salles agréables de la Maison de la Culture. La décoration et les accessoires avaient été particulièrement soignés. Ainsi, dans le hall principal, un jeu de son et lumière plongeait les spectateurs dans un univers surprenant. Et la musique alors dans le jeu de quille nous rétorquerez-vous ?

Pas eu le loisir d’assister au concert d’ouverture accordé par la formation locale Sioban. Dommage, car apparemment depuis le changement de line up, leur musique aurait évolué vers un style plus contemporain. Ce n’est que partie remise…

On connaissait Delavega, maintenant il y a Z. A croire que les aventures de Zorro constituent une nouvelle source d’inspiration pour choisir un patronyme. Auteur, compositeur et chanteur, Jean-Michel Distexhe est le leader de cette formation bruxelloise dont on a vu la fin du show. Tout d’abord en compagnie de son groupe incluant notamment section de cuivres et contrebasse ; et puis en solitaire. Manifestement l’univers très chanson française de Z est susceptible d’inviter une multitude d’autres styles : depuis le blues au rock en passant par le jazz et le r&b. La démarche est plutôt originale, mais manque encore de précision dans les arrangements. Cependant, lorsque Jean-Mi décide de chanter a cappella en portugais, on est franchement impressionné. Pas étonnant qu’il reconnaisse pour influence majeure Joao Gilberto. En outre, il a enregistré un album (« Chaos et fantaisie Z ») sous la houlette de Rudy Coclet. Mais allez comprendre pourquoi pratiquement personne n’en a parlé…

Responsable d’un excellent album en 2006 (NDR : « We Are Electric », et c’était leur quatrième !) Hitch est issu de la région de Courtrai. Un trio guitare/basse/batterie qui doit puiser ses influences chez At The Drive In, les Pixies, mais aussi et surtout chez une des plus célèbres formations de funk blanc ayant sévi au cours des seventies : Gang of Four. Ils jouissent déjà d’une solide réputation de l’autre côté de la frontière linguistique. Certains ‘west-flandriens’ se sont d’ailleurs déplacés pour les applaudir. La voix du chanteur est savoureusement déchirée, la section rythmique particulièrement solide, l’intensité électrique tour à tour contenue, aride, spasmodique ou décapante. Un des meilleurs moments du festival…

Changement de salle et de style en compagnie de Mr Roux. Contrairement à ce que pourrait laisser supposer son patronyme, il ne s’agit pas d’un one-man show, mais d’un trio. Et aucun de nos 3 hommes n’affiche la coupe de Tom Sawyer. ‘Mais il est où le roux ?’ hurle à leur arrivée, une personne déjà déchaînée dans le public. Côté tendance, nous baignons plutôt dans l’univers de la chanson française voire de rue à la Trio ; à moins qu’il ne s’agisse de cabaret, renforcé par la présence d’une contrebasse tenace (NDR : ça rime !) Côté influences, on décèle des traces de Bénabar et de Mano Solo. Leur dernier opus « Ah si j'étais grand et beau » décrit différent profils (« Petit Rasta », « L’homme ordinaire », « Ta femme »…) où chaque texte raconte une petite histoire ou décrit un personnage. L’ambiance est plutôt bon enfant dans la foule. Les plus jeunes déclenchent d’ailleurs une farandole qui s’allonge progressivement pour finir par envahir près de la moitié de la salle. Mais manifestement, Mr. Roux gagnerait à se produire dans un petit café-théâtre ou chapiteau de taille réduite.

Bon vent nous prenne, nous ne traînons pas (encore du moins) au bar, et nous dirigeons sans transition vers l’une des belles surprises de la soirée. Vingt années que Grimskunk roule sa bosse. A ce jour, il compte d’ailleurs huit elpees à son actif. Cet ensemble montréalais est devenu culte au Canada. A cause de sa capacité à mélanger les genres (NDR : et notamment le punk, la prog, le métal, le reggae, le hip hop et la world, parmi d’autres), tout en n’hésitant pas à utiliser différentes langues pour interpréter ses chansons (français, anglais, espagnol, grec et même arabe). Mais à l’issue du show, Sébastien et Bernard ne partageaient pas la même impression. Sébastien estime que ces Canadiens nous ont asséné une véritable claque. Imaginant un mirage rencontré en plein désert au cours duquel une danseuse du ventre ultra-sexy serait admirée sous toutes les coutures. Un spectacle à lui seul ! On passe sans problème de Beastie Boys à Yes. La plupart des spectateurs ont du mal à apprécier ces variations sur la longueur et quittent peu à peu la salle. Mais la cinquantaine de fidèles qui restent jusqu’au bout applaudissent chaleureusement ce qui est indéniablement la révélation de ce vendredi. Au cours de leur set, les compos ont été uniquement interprétés dans la langue de Voltaire et de Shakespeare. Chanteur principal, mais également guitariste (il joue assis), Franz Schuller possède une superbe voix. Claire, pure, profonde, bien timbrée. A tomber sur le cul ! Et second chanteur, le claviériste est le complément idéal de son partenaire. En outre, le duo est bien soutenu par les backing vocaux des autres musiciens. L’équilibre entre tous les instruments frise même la perfection. Mais pour Bernard, la solution sonore est beaucoup trop contaminée par la prog des seventies pour revendiquer un quelconque espace sur la scène contemporaine.

On vous parlait de bar et de bières régionales. La convivialité nous pousse inévitablement à nous enliser de plus en plus au sein du hall central et à délaisser quelque peu les derniers concerts. Mais un rapide (et dernier) coup d’œil s’impose quand même aux Blérots de Ravel. Ils constituent, il ne faut pas le nier, une tête d’affiche, même si ce D’hiver Rock ne défend pas une politique de vedettariat. Déjà présents deux ans plus tôt dans la grande salle de la Maison de la Culture, les Blérots semblent cette fois-ci plus à l’étroit sur le podium. Il faut dire que compter une petite dizaine d’artistes (musiciens, chanteurs, danseurs confondus) prend de la place. Le show en tant que tel n’a pas trop changé. On reste proche de l’univers des Ogres de Barback. Un spectacle qui fait encore recette ; car sur les 400 spectateurs recensés ce vendredi, la plupart sont venus applaudir les Français. La plupart, sauf vos serviteurs mais vous leur pardonnerez bien cette petite liberté.

Lors du dernier festival de Dour, Les Anges s’était fendu d’une excellente prestation. La ravissante, féline, excentrique et toujours aussi sexy Sandra Hagenaar focalise toujours tous les regards. A cause des accès de claviers rognés (le hammond of course !), qu’elle inocule dans la musique. De ses poses excentriques. Puis de sa longue robe noire au dos nu. Et plus on la regarde, plus elle nous fait penser à Uma Thurman, qui avait marqué de son empreinte le film ‘Pulp Fiction’… Elle se sert aujourd’hui d’un theremin, comme chez le John Spencer Blues Explosion. Les trois autres musiciens continuent d’entretenir un rock crade, nerveux, tendu, boosté aux amphétamines, proche de Queens Of The Stone Age, souligné par la voix tour à tour tendre ou rageuse de Renaud Mayeur et balayé de ses riffs de guitare ravageurs. Un véritable ouragan ! Un reproche, si c’en est un : le son était quand même un peu fort…

On n’est pas resté longtemps pour regarder et écouter Amsterdam Klezmer Band. Une formation batave. Un sextet pour cuivres, accordéon, basse et percussions rehaussé, pour la circonstance, par la présence d’une chanteuse. Leur musique juive d’Europe de l’Est est manifestement influencée par le Gipsy et la musique des Balkans et évoque tantôt Emir Kusturica flanqué de son No Smoke Orchestra ou l’Orchestre International du Vetex. Cependant, seule une partie du répertoire du groupe est constituée de morceaux traditionnels. L’essentiel est issu de la plume des membres du groupe. Mais bon, c’était le groupe de trop et on avait plutôt envie d’aller rejoindre les bras de Morphée plutôt que de se farcir un collectif qui aurait pu faire un malheur lors des défuntes danses folkloriques de Tournai.

Informations supplémentaires

  • Date: 2008-02-08
  • Festival Name: D'Hiver Rock
  • Festival Place: Maison de la Culture
  • Festival City: Tournai
  • Rating: 0
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