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FestiNeuch 2008 : dimanche 1er juin Spécial

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Dès onze heures, ce dimanche matin, des familles entières sont arrivées aux Jeunes Rives. Explication : pour la troisième année consécutive, le dimanche du festival est orienté ‘familles’. La musique s’ouvre davantage au grand public (des plus jeunes aux plus âgés). Et l’événement permet ainsi à papa, maman et junior de profiter des spectacles, tous ensembles, plutôt que d’abandonner quelqu’un à la maison pour se charger du baby-sitting. Au programme, une série d’activités spécialement conçues pour les enfants (NDR : du concert aux activités ludiques, en passant par les stands ‘découverte’ ou encore de grimage). Une formule qui semble fonctionner, vu le nombre impressionnant de ‘petits hommes’ gambadant un peu partout sur le site.

Mais le festival ne se limite pas à la tranche 5-12 ans. Heureusement pour nous. C’est au sein d’une ambiance de ‘musique du monde’ que s’achève donc cette huitième édition du FestiNeuch. Pour la circonstance les organisateurs ont programmé des groupes comme Elandir, Florence Chitacumbi, Robe ou encore Julien Revilloud Trio. Après deux journées bien remplies, la fatigue commence à se faire sentir. En outre, votre serviteur a attrapé la crève (NDR : avis aux imprudents, si vous sortez d’une after party à 4 heures du mat et que vous avez bien transpiré, n’oubliez pas d’enfiler un pull). Il se contentera de couvrir les concerts les plus importants, tout en jetant avec plaisir une oreille aux quatre coins du site.

Direction donc le ‘Chapiteau’ pour assister au collectif de ska suisse, I Skarbonari. Suisse sur papier peut-être, mais ses membres viennent d’horizons aussi divers que l’Italie, le Brésil ou encore le Canada. J’avoue avoir émis quelques ‘à priori’ sur ce show. C’est donc sans grand enthousiasme que je m’y suis rendu. Pourtant, Mirko et sa bande auront tôt fait de balayer tous mes doutes. Loin du ska classique, le combo propose une musique festive imprégnée d’influences italiennes et sud-américaines. Et pour l’occasion, le line-up est renforcé par une section cuivres, un batteur et une accordéoniste, afin d’éviter aux cinq membres de base de devoir changer d’instrument en cours de route. Ces permutations peuvent parfois être perturbantes pour un groupe ; mais elles ne semblent pas gêner nos musiciens, surtout pas le chanteur et guitariste Mirko Dallacasagrande, qui n’arrête pas de remuer. Il court d’un côté à l’autre de la scène. Il monte sur sa chaise –bien sûr, c’est pour mieux voir la foule de la haut– et parfois retourne s’y asseoir. Il alterne chansons et histoires traitant de voyages imaginaires autour de la terre ; et il invite les spectateurs à participer à ses aventures. Le groupe parvient à faire danser petits et grands, festivaliers, VIPs, membres du staff et presse dans la joie et la bonne humeur sur un ska tantôt proche d’une bossa nova, tantôt à l’aide d’une solution sonore proche du jazz ou du funk. I Skarbonari a donc transformé ce chapiteau en café-théâtre ; et déjà près de 7.000 personnes s’y sont rassemblées.

Rokia Traoré nous vient du Mali. Sa musique jette un pont entre l’Occident et l’Afrique. La chanteuse est soutenue par un orchestre composé de métis. Sa voix est séduisante, envoûtante. Pourtant, le public rencontre quelques difficultés à entrer dans la danse (c’est bien connu : rares sont les Occidentaux qui ont le rythme dans la peau). Tous souriants, les musiciens prennent leur pied. Ils tentent quelques petites chorégraphies, tout en soignant leur prestation. La bonne humeur qui règne fait vraiment plaisir à voir et donne envie d’en savourer davantage. Et immédiatement après le solo époustouflant du bassiste, la chanteuse et sa choriste enchaînent par une danse typiquement africaine. Un vrai régal ! En fin de parcours, l’artiste diffuse un message de réconciliation. Elle invite chacun à mettre le passé africain entre parenthèses (colonisation, esclavage, ...), afin de repartir ensemble. Du bon pied. En regardant vers le futur.

Wax Tailor a le privilège de clore les débats sur la Lacustre. Un Français considéré aujourd’hui comme une valeur montante. Il est épaulé par une chanteuse, une flûtiste et une violoncelliste. Le décor a été aménagé. Sur le plateau, deux énormes meubles en bois blanc, mais dans un style quelque peu ancien, ont été installés. Le DJ, bidouilleur incontesté, surfe entre le trip hop, le jazz, la soul, le funk et le hip hop. La rencontre entre la musique électronique et l’instrumentation basique est épatante. Le public est ébahi. De nombreux spectateurs demeurent immobiles. Les yeux écarquillés ils semblent envoûtés. Vêtue de son kimono noir et blanc, la chanteuse séduit par son style à la fois classique et glamour. Bien sûr, le combo ne bouge pas beaucoup sur les planches, mais son set d’une heure a tout à fait convaincu.

Malheureusement il faut choisir entre le concert de Wax Tailor et de Goran Bregovic. Enfin, entre la fin du set du premier et le début du second. Cette dernière option sera probablement la meilleure. En effet, alors que la foule, agglutinée au premier rang et les yeux rivés sur l’estrade, guette l’arrivée du compositeur et de son orchestre constitué de quarante personnes, c’est dans notre dos que le départ est donné. Un air de trompette et de cor retentit à l’arrière droit du chapiteau. Tout le monde se retourne. Que se passe-t-il ? Une réponse à gauche. On assiste ensuite à un jeu de questions/réponses musical entre les musiciens de gauche et de droite, qui se rapprochent petit à petit du podium en se frayant un chemin parmi la foule compacte. C’est l’ovation, le public est aux anges ! Pendant que la plupart des yeux (NDR : et des oreilles) sont tourné(e)s vers les acteurs de cette invasion, la chorale et les autres musiciens en profitent pour grimper discrètement sur scène. Quel début de concert ! Goran fait fort ; et pourtant, le spectacle ne fait que commencer. Vu la présence de 40 personnes sur le podium, une petite description s’impose. Tout d’abord en avant-plan, l’homme, sa guitare et son ordinateur. Il est accompagné, à sa droite, par un percussionniste et chanteur dont la joie et l’entrain donnent presque les larmes aux yeux tellement c’est beau à voir. Derrière eux, au centre, s’installe une chorale masculine. Ses membres sont fringués de costards et portent des nœuds papillon. Tout comme l’équipe des instruments à cordes (violons, violoncelles, ...), postés de part et d’autre. Entre la chorale et le maître évoluent les cuivres, vêtus de costumes traditionnels tsiganes. Enfin, sur la gauche et un peu en avant, on distingue deux choristes bulgares habillées également de tuniques folkloriques. Et comme une image vaut mieux qu’un long discours, n’hésitez pas à faire un tour dans la section des photos pour vous forger une idée plus représentative de l’orchestre. Pendant près de 120 minutes, les milliers de festivaliers présents seront bercés ou remués au son de musiques, tantôt solennelles et compositions personnelles signées par le chef de file, tantôt empruntées à la musique populaire, militaire (“Chargeeeeez!”), voire même à des slogans publicitaires (comme la pub consacrée à Haribo, par exemple). Responsable de plusieurs B.O. de musique de films, le boss est accompagné de son orchestre ‘Wedding and Funeral Orchestra’ (en français : orchestre de mariages et d’enterrements). Ils ont lancé l’assaut sur le FestiNeuch et ne s’arrêteront que deux heures plus tard, pour clôturer en beauté cette huitième édition par le traditionnel « Kalashnikov ». C’est une vague monstrueuse d’applaudissements que la foule réservera au collectif. Et le public n’en est toujours pas revenu de ce qu’il a vécu.

Il est environ 22 heures, quand le MC nous annonce la fin officielle du festival. Il invite les festivaliers à s’attarder sur le site jusque minuit pour éviter toute confrontation avec les supporters portugais. Ils sont venus nombreux (par milliers) ce soir à Neuchâtel, pour accueillir leur équipe nationale, en vue de l’Euro 2008.

On retiendra de cette édition l’excellente programmation internationale, la qualité des groupes suisses programmés, la sécurité présente, mais discrète et très aimable, les facilités pour les personnes handicapées, le site paradisiaque au bord de l’eau, l’accueil chaleureux des services bénévoles mais aussi la journée des familles. Une réussite pour le festival open-air de Neuchâtel qui a accueilli plus de 24.000 festivaliers sur trois jours, un nombre en constante augmentation depuis quelques années. Un conseil, si vous passez dans la région début juin, faites un petit crochet par ce festival, vous ne le regretterez pas.

Informations supplémentaires

  • Date: 2008-06-01
  • Festival Name: Festineuch
  • Festival City: Neuchâtel (Suisse)
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