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Dour festival 2009 : vendredi 17 juillet Spécial

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La météo est relativement clémente en ce début du deuxième jour. Bien sûr, les averses ont arrosé les festivaliers nocturnes ; mais les orages tant redoutés n’ont pas éclaté. Seul notre rédac’ chef néerlandophone Johan a passé une mauvaise nuit. Alors qu’il souhaitait dormir dans son véhicule, il a été tour à tour réveillé par la sécurité et la police, sur le parking, puis dans la rue. Il est loin le temps où le festivalier plantait sa tente n’importe où à Dour ; dorénavant tout est réglementé et plus aune place n’est réservée à l’improvisation. D’ailleurs, l’organisation est bien huilée. En ce vendredi, elle doit gérer 35.000 spectateurs et 58 groupes. Et elle va me permettre de vous relater cette nouvelle journée, parsemée de bonnes surprises.

Place tout d’abord au métal et au hardcore programmés sur la grande scène. Il est tôt, mais Murphy’s Law est déjà d’attaque. De véritables bêtes de scène. Contrairement au principe lié à leur patronyme, leur solution sonore n’accumule pas une série de malheurs, mais fait la part belle aux bonnes nouvelles. Jimmy G, le leader, est impressionnant. Tant sa voix que son jeu de scène. Leur musique est le fruit d’un mélange improbable entre NoMeansNo, Suicidal Tendencies, Agnostic Front et Dropkick Murphys. Enfin, si on ne tient compte que des groupes qui se sont produits à Dour, à ce jour. Né en 1985, ce combo jouit d’une solide réputation sur les planches. Et il l’a de nouveau confirmé cet après-midi. Les mauvaises langues n’hésitaient pourtant pas à taxer leur hardcore de vieillissant voire d’obsolète. Ce qui n’a pas empêché les aficionados d’être comblés par leur set.

Sur la même scène, et dans le même registre, Walls Of Jericho monte le son d’un cran. Bonjour les tympans ! Le combo est drivé par une frontwoman : Candace Kucsulain. Le genre de demoiselle qu’on aurait bien du mal à présenter à ses parents. Pour la petite histoire, lors d’un concert accordé 2004, un fan lui avait accidentellement fracturé le nez. Ce qui ne l’avait pas empêché de finir son set, et même sa tournée. Mais au-delà de son look et de ses tatouages, son incroyable énergie épate. Elle mène littéralement la danse. Le tracklisting regorge de titres incisifs, mais intègre aussi des morceaux issu de l’Ep « Redemption » ; c’est-à-dire dans un style plus proche d’Epica ou d’In This Moment, en compagnie desquels ils sont partis en tournée. Les festivaliers n’ont d’ailleurs pas le droit de faire la fine bouche ; car quelques jours après cette prestation accordée à Dour, Candace va annuler plusieurs dates en Europe. En cause : le décès d’un de ses proches, Emery Keathley, membre du band Cold As Life. Elle est donc retournée à Detroit…

Sepultura s’apprête à grimper sur le podium. Mais personnellement, Sepultura sans Max Calavera c’est un peu comme Queen sans Freddie Mercury. Aussi, j’opte pour la pop paisible d’Au Revoir Simone (NDR : à ne pas confondre avec le groupe wallon En Voiture Simone). Trois jolies jeunes filles au physique de mannequin s’installent derrière des claviers vintage. Leurs voix sont douces et hypnotiques. Leur musique me fait penser tour à tour à Belle & Sebastian, Of Montreal voire à Bat For Lashes. Les trois Américaines séduisent rapidement l’auditorat. C’est qu’on leur pardonnerait tout à ces belles demoiselles ; même le démarrage complètement raté d’un des rares titres au cours duquel Erika Forster empoigne sa guitare. Au lieu de conspuer ou de siffler cette erreur de parcours, le public applaudit chaleureusement, comme pour encourager les filles à repartir sur de bonnes bases. Et cette réaction semble les toucher très fort. Une forme d’osmose progressive et naturelle s’opère d’ailleurs tout au long du set entre les filles et le public. Les ballades nous transportent dans un univers enchanté. Les mélodies satinées mais monotones sont dynamisées par les beats et vivifiées par la sonorité des claviers désuets. Peu de jeu de scène. On peut même ajouter que les trois top-modèles, placées côte à côte, sont plutôt statiques. Ce qui n’empêche pas le show de focaliser l’attention des spectateurs, au point qu’ils ne lâcheront pas une seconde du regard, le spectacle…  

A l’issue d’un de ce grand moment du festival, on aurait aimé quelque peu décompresser. Le temps de reprendre ses esprits. Mais une autre surprise nous attend au Club-Circuit Marquee : Deerhof. D’origine asiatique, sa chanteuse ne doit pas mesurer plus d’1 mètre 55. Et pourtant, elle libère une énergie incroyable, sur scène. Souriante, sympathique, sa bonne humeur est communicative. Evoluant entre noisy et indie pop, la musique de Deerhof navigue à la croisée des chemins de Blonde Redhead, McLusky et n’importe quelle autre production signée par Steve Albini. Bref, le band nous fait passer un bon moment. A voir et à revoir.

Et pourquoi ne pas entretenir cet état d’esprit en assistant au show de Babylon Circus sur la Red Frequecy ? Leur jeu de scène théâtral est toujours aussi bien huilé. Les Français déroulent. Leur ska est blindé par une section de cuivres toujours aussi impressionnante. Et si parfois, leur style dérape dans la variété française ou sombre dans une ambiance de bal populaire, leur second degré et la complicité entre les deux chanteurs, David et Manu, font toujours recette.

Mais le temps presse. Un retour vers le Club-Circuit Marquee s’impose. And you will know us by the trail of dead s’y produit. En 2007, il avait clôturé le festival en assénant une véritable claque aux spectateurs, alors encore présents. Les deux batteurs et les trois guitaristes sont interchangeables. Tout comme les vocalistes. Mais le son est particulièrement âpre. L’impression générale laissée par leur concert est plutôt mitigée. Bien sûr, les musiciens se défoulent sur les planches ; mais ce soir, on ne retrouve pas ce petit grain de folie, ce potentiel d’explosivité qui les rend si attachants…

Que se passe-t-il devant la Last Arena ? La moyenne d’âge jusqu’alors limitée aux 15-25 ans, vient subitement d’augmenter. Le parterre est dispersé, mais réunit une majorité de quadragénaires. Normal, puisque Killing Joke va monter sur le podium. A l’instar de Sisters of Mercy, la bande à Coleman continue de tourner (NDR : Bauhaus a définitivement cessé de jouer en public). Toutes des icônes nées au cours des 80’s, il faut le rappeler. Jaz impressionne, effraie même. Il parvient instantanément à enflammer ses fans. Et les pogos se déclenchent très rapidement. Les moins jeunes –et c’est inhabituel– y prennent également part. Coleman nous réserve quelques commentaires sociopolitiques. Dont un cri d’alarme pour que cesse le conflit indo-pakistanais. La seconde partie du set est beaucoup plus violente ; elle est même tramée dans l’esprit de leur opus « Hosannas from the Basements of Hell », paru en 2006. Les guitares sont plus tranchantes ; et même si le timbre de Jaz semble de plus en plus cassé, il ne se prive pas d’en user allégrement.

Une journée de festival sur un site comme celui de Dour se traduit par des kilomètres de marche ; surtout pour celles et ceux qui doivent se taper les gigantesques passerelles sises à l’entrée du site. Mais c’est le prix à payer pour voir un maximum d’artistes. Animal Collective était donc une des têtes d’affiche de l’édition 2009 du festival. Le chapiteau qui abrite le Club Circuit Marquee est d’ailleurs plein à craquer lorsque le trio yankee fait son entrée. Curieusement, tout au long de leur set, un incessant va-et-vient entre les spectateurs va s’établir. En fait, de nombreux curieux sont venus voir ce que la dernière sensation hype avait dans le ventre. Probablement sous le coup de la déception, la plupart d’entre eux vident les lieux après quelques morceaux. Car le spectacle n’est pas facile à encaisser. D’abord à cause du light show. Trop sombre. Puis des deux boîtes à rythmes qui étouffent constamment la voix pourtant si agréable d’Avey Tare (NDR : David Portner de son vrai nom). Et la guitare qui était parvenue à alléger les bidouillages électroniques, lors de leur prestation précédente accomplie à Dour en 2006, est beaucoup trop effacée. L'effet de surprise et d'émerveillement provoqué par leur magnifique dernier opus (« Merriweather Post Pavilion ») s’estompe rapidement ; et la longueur des titres finit par susciter un profond ennui. C’est donc plutôt dépité que je décide alors de repartir vers la grande scène, où se produit Vive la Fête.

Bien sûr, c’est moins original qu’Animal Collective ; mais au moins, leur spectacle est un régal pour les mirettes. Belle et sexy, Els Pynoo sait user de son charme. Et ses déhanchements peuvent se révéler dévastateurs. Sa crinière blonde contraste toujours avec le look sombrement new-wave du reste du band, Danny Mommens en tête. Malgré tous leurs efforts, le show de Vive la Fête ne parvient pas à décoller ; et l’hystérie déclenchée en 2003 et 2005 sur la Plaine de la Machine à feu ne se reproduit plus. Il faut dire que la pluie se met à s’abattre sur Dour, et les trombes d’eau refroidissent inévitablement l’ambiance. Il est d’ailleurs déjà 1 heure du mat’, le moment propice pour rejoindre sagement mes pénates. Les sets nocturnes, quoique très attendus de Fuck Buttons, Shameboy et Digitalism ; ce sera pour une autre fois.

(Voir aussi notre section photos)

Informations supplémentaires

  • Date: 2009-07-17
  • Festival Name: Dour festival
  • Festival Place: Plaine de la Machine à Feu
  • Festival City: Dour
  • Rating: 0
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