Sekushi souffle comme un bœuf…

"Beef" constitue le second single du quatuor anversois Sekushi (sexy en japonais) qui figurera sur son double Ep qui n'est pas encore sorti. Une compo qui mêle plusieurs styles dans un son homogène. Le riff surfeur, soutenu par une basse et une batterie…

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LaSemo 2023 : samedi 8 juillet Spécial

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Deuxième jour du LaSemo. Si la veille les températures étaient agréables, ce samedi, le soleil tape particulièrement fort. Il est même vivement conseillé de porter un chapeau ou une casquette et de s’enduire de crème solaire. Les points d’eau mis à disposition des festivaliers sont pris d’assaut. Certains sont même à sec tôt dans l’après-midi.

Le taux de fréquentation semble encore plus élevé que le jour précédent. Manifestement le festival a gagné en popularité au fil du temps. Et vu le line-up, difficile de faire la fine bouche.

Votre serviteur débarque vers 16h. Direction la scène de la ‘Tour’. Colt s’y produit. Ce ne sont pas des inconnus puisque la formation implique Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme en pratiquant une musique plutôt électro/pop, ils ont élargi le line up à un quintet et évoluent dans un style plutôt rock, même si sur quelques titres, il subsiste toujours cette fibre électro.

Les préposées aux claviers et à la basse sont des filles. Derrière la batterie, siège un mâle, un vrai.

Coline est habillée d’un pantalon blanc rapiécé, de type clochard. Antoine porte une veste, elle aussi rafistolée, du même acabit. Un look surprenant, mais qui signe une identité distincte.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre. Il est rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ». Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Once more », « Anymay », « Under my arms » ou encore « Over ».

Les Bruxellois libèrent une belle énergie, malgré la chaleur étouffante. Antoine s’interrompt et demande de l’eau, il semble au bord de la syncope. C’est la première fois qu’il est victime d’une telle défaillance, selon ses dires. S’il avait tout simplement laissé tomber le veston, sans doute que la chaleur l’aurait incommodé un peu moins… Ahhh, ces artistes !

Il est au clavier et le haut de son corps va et vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

La complicité qui lie les deux musicos semble très forte. Pas mal d’échanges de regards, des sourires, et surtout cette symbiose musicale.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis toujours. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. L’histoire musicale était donc toute tracée.

Leur succès est grandissant. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

De son grain chaud, elle nous entraine hors du temps. Lui, c’est plutôt le côté prod, les synthés et effets en tout genre. Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk. Une expression sonore qui brasse finalement des genres assez différents.

La musique est positive, rayonnante et lumineuse. Elle donne envie de chanter, de danser et de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprendra ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Le band achève son set par « Insomnie ». Un hymne au cours duquel, elle narre l’envie de s’évader durant ses périodes… insomniaques. 

La scène du Château accueille maintenant un autre groupe belge dont la réputation dépasse les frontières. Il s’agit de Balthazar.

Formé en 2004 par des musiciens originaires de la région de Courtrai, en Flandre-Occidentale, il pratique du rock alternatif. Son premier elpee, « Applause », est paru en 2010 pour la Belgique et en 2011 dans le reste de l’Europe. Cet opus lui a permis de se produire dans de grandes salles, dont l'Ancienne Belgique de Bruxelles, le Paradiso d'Amsterdam et La Cigale de Paris, ainsi que dans des festivals comme Rock Werchter et Lowlands.

Si le line up du band a varié au fil du temps, l’équipe s’est aujourd’hui stabilisée et réunit Maarten Devoldere (chant, guitare, clavier), Jinte Deprez (chant, guitare, clavier), Simon Casier (basse, chant), Michiel Balcaen (batterie, chant) et de Tijs Delbeke (clavier, guitare, violon, trombone).

C’est « Decency » qui ouvre le bal, suivi de l’excellent « Wrong Vibration », caractérisé par sa caisse claire incisive. Une communion solennelle est occupée d’être célébrée.

L’apothéose viendra lorsque les premières notes de « Then What » retentissent. Ce sont alors des milliers de personnes qui reprennent le refrain en chœur.

Triturées par les pédales d’effets, la Fender Mustang d’un des musiciens crée de belles fulgurances dans ses riffs à couper le souffle. La basse est soutenue et constitue l’un des marqueurs principaux de l’expression sonore.

Deux guitares, une basse, une batterie, des mèches de cheveux qui volent, le soleil qui brille et un festival hors du temps. Bref, l’équation parfaite.

Envoûtée par le violon ou le trombone, la superbe ballade "You Won't Come Around", issue du dernier album « Sand », est bien mise en exergue. Une compo qui casse quand même quelque peu la dynamique jusqu’ici érigée par le band.

Ecouter Balthazar, c’est peu à peu s’enivrer des bienfaits de l’été. Une musique légère, parfumée et chaleureuse. Positive, joyeuse et festive également.

Le set touche à sa fin et « Bunker » démontre que Maarten Devoldere, nonobstant le projet Wahaus entamé en 2015, est au sommet de sa forme lorsqu’il sévit chez Balthazar.

Enfin, « Losers » et son bridge live ondulatoire gigantesque, clôt une prestation qui restera dans les annales.

Une musique sublime, une ambiance pastel. Dommage que le groupe soit aussi peu communicatif…

Inviter Cali dans un festival, c’est choisir le bon plan. En effet, le petit homme est connu pour mettre le feu lors de chacune de ses prestations. Celle qui se joue aujourd’hui ne fera pas figure d’exception. Au contraire !

Il se présente sur la scène de la ‘Tour’ accompagné de ses musiciens. D’un pas décidé, il hurle à la foule ‘Je suis Belge’. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une hystérie collective.

Chargé d’intensité électrique par la guitare, sa musique s’aventure au sein d’un entrelacs de fougue et de sincérité.

Quelques minutes après le début du live, le show s’annonce déjà exceptionnel. L’ami Cali s’avance, micro en main, tendu vers le public, tout en passant une langue bien fourchue. Un titre qu’il avait d’ailleurs dédié l’année dernière à son amie Dani, tout juste décédée, lors d’un concert aux Gens d’Ere, une bourgade dans la région du Tournaisis.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public.

Dopé (à une substance psychotrope ??), le chanteur/amuseur ne cesse de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, « Hey les amoureux ».

C’est alors qu’il surprend les gens issus de la presse tranquillement assis au sein du fronstage en les invitant sur les planches. Tandis que votre serviteur tente tant bien que mal de monter sur l’estrade, l’artiste s’approche, me prend dans ses bras et me prodigue de doux bisous. Il y a pire comme approche, non ?

Après un « Lâche pas » qui claque comme une baffe, Bruno Caliciuri revient aux fondamentaux en interprétant « C’est quand le bonheur », une compo issue d’un premier LP, « L’amour parfait », gravé en 2003. Mais Cali, c’est maintenant le bonheur et c’est ici aussi, devrais-je lui rappeler ! Une compo qui a vingt piges et pourtant, elle n’a pas pris une ride !

Ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle qui, semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement, pour ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine peser cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et devient complètement incontrôlable pendant « Je te souhaite à mon pire ennemi ». Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

Quoiqu'il en soit, examen réussi avec grande distinction !

Afin de satisfaire les grabataires, il a sorti de ses tiroirs poussiéreux quelques vieux bazars comme « Putain de vie » ou encore « Je m’en vais ». Des titres qui, s’ils ne sont pas les meilleurs, montrent combien le Perpignanais expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies.

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui.

Le champ du possible de ce grand Monsieur est illimité. Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique.

Bruno est un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé ! Sans oublier, un homme d’exception !

« 1 000 cœurs debout » sonne le clap de fin. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe. Une page se tourne, mais des pages entières restent à écrire...

Putain, quel moment de grâce !

Dommage toutefois que l’artiste ait mis de côté des titres phares tels que « Je voudrais vivre heureux », « Alec t’es où ? » ou encore « Une séparation » issus de « Cavale ». Un album poignant, le meilleur pour votre serviteur, le plus mature. Un disque où la sincérité de l’homme transpire dans chacune des chansons.

Autre endroit, autre style musical, Ben Harper and the Innocent Criminals.

Le Black est impressionnant. Il est accompagné de cinq musicos, dont deux Blacks tout aussi colossaux qui se chargeront de la basse et des claviers.

D’un calme olympien, dans une quiétude absolue, presque funéraire, il s’avance avec flegme sur le podium. Une chaise en bois est placée à l’avant du podium. Il s’assied, prend son temps et entame une première compo à la steel guitar disposée horizontalement sur un châssis.

Son jeu est précis et souple. Il manifeste une grande dextérité dans les gestes.

L'histoire commence au début de l'année 1992. L’auteur-compositeur Ton Freund fréquentait le magasin d’instruments de musique qui appartenait à ses grands-parents. Ton et Ben commencent à jouer ensemble dès que l'occasion se présente. Jusqu'au jour où on leur propose d'enregistrer une autoproduction. Des chansons qui se figureront sur un premier elpee, tout comme des reprises de Robert Johnson.

Il se révèle aux Transmusicales de Rennes, en 1993. Le 3 décembre pour être précis, lors d’une prestation habitée. Un événement qui va déboucher par la signature d’un contrat chez Virgin. Le premier long playing, « Welcome To The Cruel World », sort dans la foule, dans un style agrégeant blues, folk et rock. Il s’écoule à 300 000 exemplaires. Le suivant, « Fight For Your Mind », presque le double.

Durant sa longue carrière musicale (17 albums studio), Ben s’est essayé dans des tas de styles, du rock alternatif (« The Will To Love ») à la soul (« Burn To Shine », en passant par le funk (« Both Sides Of The Gun »).

Lors du concert de ce samedi, ce monument de la création américaine contemporaine proposera un brassage de tous ces styles, sans toutefois se laisser dévorer par les affres de la fusion à tout-va, à l’instar de son dernier né, « Bloodline Maintenance ».

Un set intelligemment construit laissant une grande latitude aux compos tantôt douces, lorsqu’il se saisit de sa gratte acoustique, tantôt plus punchy, tout au long de ces envolées fiévreuses électriques, conduites par ce corps robuste, ce visage expressif et surtout cette voix grave et suave.

Disposant d’un large espace de liberté, Mister Harper s’efforce au gré des compos d’explorer pleinement les champs lexicaux dont lui seul a le secret.

Naviguant entre l’eau et le feu, le combo propose une musique instinctive et parfaite.

Un concert d’exception !

Enfin, Suzane sera le dernier concert de votre serviteur, pour ce samedi.

Elle est étrangement seule sur les planches. De petite taille, son équipe a installé un plateau sur lequel elle peut se produire (de manière à pouvoir être vue ??).

De son véritable nom Océane Colom, cette Avignonnaise s’est révélée en 2019, sur la scène française, alors qu’elle n’avait toujours pas publié d’album. D’ailleurs, son premier, « Toï Toï », paraît l'année suivante. Elle sera récompensée de la ‘Victoire de la révélation scène’ lors des ‘Victoires de la musique’ 2020. En novembre 2022, elle grave un deuxième opus : « Caméo » ...

Un grand écran a été installé derrière elle. Son nom, en lettres capitales, va y défiler régulièrement, lorsqu’il ne s’agit pas d’images de thématiques des chansons abordées.

Plus récemment, elle a prêté sa voix sur un titre de Grand Corps Malade, lui permettant ainsi d’accroitre sa popularité. Une chanson où le grand bonhomme s'imagine être dans la vie d'une femme pendant 24 heures. Tandis que Suzane se met, elle, dans la peau d'un homme. C’est sur l’écran qu’il slamera, la Vauclusienne lui donnant la réplique.

À travers ses textes, Suzane aborde différents sujets, dont la politique, mais aussi et surtout tout ce qui touche aux dérives de la sexualité humaine (les violences sexistes, le harcèlement sexuel, l’homophobie) et à ses idées reçues (le lesbianisme, le genre) ou encore l'homophobie.

Cependant, elle manque cruellement de conviction. Son set est froid, ennuyeux et sans relief. Sans oublier l’absence totale d’intention, Bref, une prestation pas foncièrement médiocre, mais, en tout cas, soporifique…

Accordons-lui au moins le bénéfice d’une performance placée sous le signe de la danse qui a tenu une place primordiale durant son show. Au moins, elle n’a pas tout perdu.

Une seconde journée qui s’achève donc sur un bilan en demi-teinte, malgré une première partie de journée, plutôt réussie.

Que nous réserve la journée du dimanche, habituellement plus familiale ? Mystère. A demain !

(Organisation LaSemo)

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2023-07-07
  • Festival Name: LaSemo
  • Festival Place: Parc d’Enghien
  • Festival City: Enghien
  • Rating: 7
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