Un monstre qui ronge le Servo…

Servo est un trio rouennais qui s’est spécialisé dans un post-punk dansant alternant entre des contemplations instrumentales évasives et embrumées et une violence implacable où tous les instruments explosent en même temps, le tout couvert d’un chant contrasté…

logo_musiczine

Pour Jane Weaver, l’amour est un spectacle permanent...

Jane Weaver, aka Jane Louise Weaver, est une musicienne originaire de Liverpool. Son nouvel opus, « Love In Constant Spectacle », paraîtra ce 5 avril 2024. Il a été produit par John Parish (PJ Harvey, Eels, Sparklehorse). Son disque le plus intime et le plus…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Civic
ufomammut_4ad_05

LaSemo 2023 : dimanche 9 juillet Spécial

Écrit par
&

Clap de fin pour l’édition du LaSemo. Une quinzième du nom qui aura marqué les esprits.

La météo se fait capricieuse, le tonnerre commence à gronder au loin et des nuages menaçants gravitent autour du site. Les météorologues sont relativement pessimistes. Les organisateurs des Ardentes ont d’ailleurs mis la clé sous le paillasson, obligeant des milliers de personnes à plier bagage dans une cohue générale. Bref, c’est le bordel !

Après avoir ouvert comme prévu à 10h30, le LaSemo a également pris la décision de fermer ses portes de manière provisoire. La plaine a donc été évacuée préventivement. Les festivaliers ont été invités à se mettre à l'abri, chez eux, au collègue Saint-Augustin, au Nautisport ou dans la caserne des pompiers.

C’est vers 15 heures que les autorités ont donné leur feu vert pour rouvrir le site. Une aubaine pour ceux et celles qui n’auraient pas voulu perdre une goutte (sans mauvais jeu de mots) du spectacle. Finalement, plus de peur que de mal, car hormis une bonne pluie d’une vingtaine de minutes qui mouille légèrement un sol plus que sec, aucun dégât n’est constaté.

L’équipe s’est affairée pour que les concerts prévus puissent se dérouler malgré tout, de manière plus ou moins normale.

Sur la scène du Château, Pierre de Maere (NDR : ce jeune homme est issu de Walhain, dans le Brabant Wallon), dont tout le monde parle, va grimper sur les planches

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est lors de ses études à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année.

Sur l’estrade, il est flanqué de trois musiciens habillés en costard/cravate, genre ‘men in black’. Lorsqu’il entame les premières notes de « Lolita », on l’aperçoit déambuler sur le podium, laissant apparaître de drôles de chaussettes jaunes. Ce qui cadre mal avec le côté classieux de son look.

De prime abord, il paraît arrogant et pédant. Est-ce un rôle qu’il aime se donner ? En tout cas, une chose est sûre, il est apprêté et sophistiqué.

Que l’on aime ou pas son côté dandy, il faut admettre que ce jeune artiste d’à peine 22 piges, compose de belles chansons. Pertinentes, savamment orchestrées, elles véhiculent des textes ciselés et des mots qui font mouche. De Maere est à la musique ce que le bijou est à l’orfèvrerie.

Il enchaîne sans hésiter par « Roméo », une compo qui l’oblige à monter dans les aigus. Et il s’y sent d’ailleurs très à l’aise.

Il affirme, pour avoir déjà bien bourlingué au-delà de nos frontières, que les Belges sont les plus vifs d’esprit. Il n’en fallait pas plus pour que la foule déclenche des applaudissements interminables. C’est alors que pour le remercier, Pierrot le fou se livre dans un « Menteur » majestueux.

De Maere, c’est de la pop francophone efficace, une manière de rouler les ‘r’ à la Stromae et de belles envolées vocales.

Il revient pourtant de loin et se souvient de ses moments difficiles lorsque par exemple, un soir, il s’est rendu à Cannes et y a chanté pour une soirée privée. Personne ne le regardait, comme s’il était le bouffon du roi. Un évènement qui semble l’avoir bouleversé au plus haut point. Cette histoire ressemble à celle de Lady Gaga (NDR : il lui voue d’ailleurs une admiration sans faille) qui n’avait d’autre choix que de se dévêtir pour attirer l’attention des clients, quand elle chantait dans les bars.

Le set touche doucement à sa fin. Naturellement, arrive le « Docteur », une manière de penser les plaies de celles et ceux qui ont bravé la pluie et le vent.

Enfin, « Mercredi », une compo empreinte de nostalgie qui invite à retourner dans la fantaisie de l’enfance, clôture un superbe concert, également placé sous le signe du kitsch et de la bonne humeur.

Pierre remercie le public et son équipe. Sans oublier son frère Xavier qui l’accompagne partout (c’est son ingé son) et lui ressemble à s’y méprendre.

Retour à la scène de la ‘Tour’. Deux filles aux combinaisons rouges, sexy mais classieuses, s’y produisent. Des fringues qui laissent deviner des corps de rêve. Il s’agit de Juicy, un binôme composé de Julie Rens et Sasha Vonk.

C’est au conservatoire de Bruxelles en Jazz, dans la classe de David Linx, qu’elles se rencontrent et commencent rapidement à se produire ensemble au sein de différents projets, dans des styles variés.

En 2015, c'est sur un concept de reprises de classiques du r'n'b et du hip hop des années 90 que les chanteuses se font connaitre sur la scène bruxelloise à travers Juicy Cover. En 2017, elles annoncent la sortie de leur premier Ep « Cast a spell », autoproduit à hauteur de 20 000 euros. Elles défendent notamment ce disque sur Radio Nova et en première partie d'Angèle.

Enfin, à partir de l’été 2018, puis en 2019, elles écument les festivals, tant en Belgique, qu’en France.

Les gonzesses rentrent dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent dans l’Hexagone. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis.

Elles défendent les couleurs d’un premier album « Mobile » qui relate toutes les failles de l’Homme (avec un grand H) paraît-il.

Léger dans le ton, mais profond sur le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Elles se consacrent donc toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Elles remplissent à elles seules l’espace scénique et n’ont pas vraiment besoin d’autres musiciens.

Durant le show, elles ne cesseront de se tortiller sensuellement, comme des geishas. Difficile de rester insensible face à ces nanas qui doivent faire tourner pas mal de têtes…

Si le style musical de Juicy est le fruit d’un cocktail de hip-hop, de r&b et de pop, il s’avère à la fois catchy et sophistiqué.

Le duo livre une performance fort dynamique (NDR : c’est une bonne habitude), ce qui explique aussi et sans doute pourquoi il s’est constitué une ‘fan base’ solide.

Typh Barrow, de son véritable nom Tiffany Baworowski, est programmée sur les planches du ‘Château’. Une artiste dont le minois est bien connu puisqu’elle a participé au télécrochet ‘The Voice’, comme coach, pendant plusieurs saisons.

La popularité de Typh trouve sa genèse, lorsqu’en 2013, elle commence à poster sur Youtube des reprises en piano-voix qui dépassent rapidement le million de vues. Sa version du « Gangsta’s Paradise » est d’ailleurs repérée par le rappeur Coolio, son interprète original, la partageant plusieurs fois sur ses propres réseaux.

Elle s’avance d’un pas franc, laissant apparaître une tenue assez courte de couleur rouge à paillettes. Ses hauts talons galbent un corps dont la rondeur laisse peu de place aux doutes. Main sur le ventre, sourire aux lèvres, elle transpire de bonheur à l’idée de mettre au monde son enfant. Ce n’est plus vraiment une surprise puisqu’elle avait fait cette annonce lors d’un concert à Forest National.

En attendant, elle va se mettre au vert, afin de profiter un maximum de sa grossesse entamée il y a six mois, comme elle aime à le préciser. On comprend dès lors mieux pourquoi de nombreux fans ont fait le déplacement, bien décidés à profiter d’une dernière de ses apparitions, avant une période de pause...

Elle est soutenue par un trio de musiciens et deux choristes, tous vêtus de vestes bariolées. Sur l’estrade, trône majestueusement un piano de couleur noire.

Elle se plante devant un synthé placé face à la scène et remercie le public d’avoir fait preuve d’autant de patience compte tenu des conditions climatiques. Faut dire que le concert prévu initialement à 17h a été retardé à 18h15.

La voix écorchée, chaude et puissante, elle fixe l’horizon de ses yeux perçants pour dessiner le contour d’un « Damn You’re Bad » chargé d’émotions.

Typh Barrow nous a offert et s’est offert un set aux accents tour à tour, pop, soul, jazz et blues, nous réservant des morceaux comme « Color », « Very First Morning », « I Ruled the World », « The Other Woman, Taboo », « Replace » et « Hold You Sister », au cours duquel elle s’est autorisé une promenade au sein de la foule ou encore « Don’t Let Me Go, I got You ».

Mais pas seulement, puisqu’on a eu droit à l’une ou l’autre nouvelle chanson qui laisse penser, de source sûre, que le prochain album est quasi écrit et composé et est en phase de production. De quoi ravir les fans.

En mêlant douceur et émotion mais aussi ardeur et de puissance, Typh a savouré ce moment rien qu’à elle…

Le set s’achève sur « Aloha », titre éponyme du dernier opus, suivi d’un « Daddy’ Not Coming Back » grandiose.

Place ensuite à Jeanne Galice, aka Jain.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant, « Souldier », paru en 2018, fait encore mieux : 1,2 million d'albums vendus dans le monde et plus de 2 milliards de streams.

Après ce succès, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de « Stromae » qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

La scène du ‘Château’ est épurée. On n’y aperçoit que des synthés entourés par un décor grillagé.

Votre serviteur avait pu découvrir Jain il y a quelques années. A l’époque elle était seule sur les planches et se servait d’un tas de boucles. La performance était louable, épicée et originale. Ce soir un guitariste et une bassiste l’épaulent. Le show commence. Riche, le light show aux nombreux effets lumineux valorise parfaitement le spectacle.

Elle chante dans la langue de Shakespeare des compos plutôt pop, mais qu’elle mêle à d’autres genres, comme l’électro, le reggae ou la world, inspirée par ses nombreux séjours à l'étranger.

La demoiselle travaille particulièrement son image, que ce soit à travers son apparence ou la mise en scène.

Malheureusement, le concert ne parvient pas à éveiller un soupçon d’intérêt chez votre serviteur. C’est comme si vous deviez réaliser une recette de cuisine, mais qu’il vous manque un ingrédient. Le set manque de saveur, ce soir.

Pas grave, le LaSemo 2023 a tenu toutes ses promesses. Une affiche alléchante, une météo relativement clémente, une ambiance bon enfant et un anniversaire fêté dignement. What else ?

(Organisation LaSemo)

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2023-07-08
  • Festival Name: LaSemo
  • Festival Place: Parc d’Enghien
  • Festival City: Enghien
  • Rating: 8
Lu 632 fois