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Ronquières 2023 : samedi 5 août 2023 Spécial

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La pluie n’a pas cessé de jouer au trouble-fête tout au long de ce samedi. Les organisateurs ont dû repousser l’ouverture du site et annuler le concert de Rosedog afin de prendre des mesures d’urgence.

Les conditions climatiques sont exceptionnelles. Si les années précédentes, votre serviteur arrivait dégoulinant de transpiration, l’eau sur le visage est due cette fois à la pluie qui s’est invitée, même en place VIP svp.

Il pleut depuis le 14 juillet. La boue accumulée et les intempéries ont nécessité une intervention matinale pour sécuriser le plan incliné. 120 ballots de paille ont été dispersés ce matin pour rendre les zones de passages plus praticables.

Une onzième édition qui n’a donc pas été épargnée par la météo, comme une bonne partie de l’Europe d’ailleurs. Paradoxalement, d’autres suffoquent en ce moment.

Il semblerait que ce soit la seconde année où le RF doit subir les caprices du temps. La première remonte au lancement du festival. Forcément, avec moins de monde, il y avait moins de mécontents.

Au niveau des parkings, les organisateurs ont mis à pied d’œuvre des solutions, en créant des centaines de lignes de paille. Ainsi, quelques 8 000 places ont été sécurisées.

Quant aux problèmes de circulation rencontrés la veille, des circuits de délestage ont été conçus de manière à fluidifier le trafic. La veille, c’était pire que le périphérique de Paris, un dimanche soir…

Comme disait Jean-Jacques Rousseau, ‘La critique est un exercice facile, il faut un mot pour critiquer et des pages pour se défendre’. Alors, oui, soulignons les bonnes initiatives prises en urgence, dans le cadre d’un contexte de crise.

Toutefois, force est de constater que les solutions concernant les parkings sont largement insuffisantes. Les bénévoles conseillent de ne pas stationner le véhicule aux abords du site, mais le long des voiries accessibles, en risquant de devenir piéton le temps d’une nuit. Résultat des courses, ce sont de longues dizaines de minutes à pied qu’il faut parcourir afin d’atteindre le site. Si en soit, l’exercice est bon pour la santé, il peut cependant se révéler périlleux lorsque la pluie battante frappe comme c’est le cas en ce moment.

Quant aux circuits de délestage, partant du principe que le public serait présent en masse pour les concerts de Louise Attaque et d’Indochine et que les départs auraient lieu dès la fin des horaires de travail, la cohue aurait pu être évitée en répartissant mieux le flux. Et que dire des départs ? Si gouverner, c’est prévoir, organiser également !

Prudent, votre serviteur préfère donc parquer son véhicule le long d’une des voiries, à environ 45 minutes de marche. La pluie battante rend difficile le parcours.

Sur la scène ‘Tribord’, un compatriote, en l’occurrence Pierre de Maere, monte sur le podium. L’artiste est originaire de Walhain, dans le Brabant Wallon, et sa popularité a vite monté en flèche, grâce au percutant « Docteur ».

Votre serviteur avait déjà assisté à son set, dans le cadre de la dernière édition du LaSemo, il y a quelques semaines. La curiosité le pousse à rester malgré tout. Les fans se pressent.

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est au cours de ses études à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq7 (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année’.

Pierrot est fringué classieusement, costard-cravate, lunettes à la Tom Cruise dans Top Gun et cheveux ébouriffés. Il est accompagné de ses fidèles collaborateurs : deux préposés aux claviers et un drummer. Leur look est du même acabit.

Son côté arrogant et maniéré peut prêter à confusion. Dans le métier, il faut se donner un genre. Mais au fond, le garçon semble tout à fait proche de son public, n’hésitant pas à communier avec lui par le chant ou la danse.

Que ce soit à travers « Lolita », « Roméo » ou encore « Menteur », le jeune artiste d’à peine 22 piges, démontre qu’il est un virtuose de la composition. Des chansons pertinentes, savamment orchestrées. Des textes ciselés et des mots qui font mouche. Sa voix aux roulés très marqués évoquent Stromae et même Brel. Nul doute que De Maere deviendra une des figures de proue de la scène belge.

Il est manifestement à l’aise, déambulant sur les planches, de long en large. A lui seul, il assure le show. A cette heure précoce, il fait encore jour (quoique ?!) et le light show sert de prétexte. Au fond, il n’en a pas besoin, ses chansons sont suffisamment lumineuses.

Pierre de Maere est un artiste à part entière. Il baigne au sein d’un univers fantasmagorique qui lui va bien, tout comme celui de Lady Gaga dont il voue une admiration sans faille.

« Docteur » maque la pierre angulaire d’un concert impeccable et d’une positivité à toute épreuve.

La pluie déverse son flots par intermittence. Il faut prendre chaque minute de répit comme une victoire.

Jain se produit sur la ‘Colline’, tout à droite. Un nouvel endroit qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : une orientation scénique discutable et une acoustique pour le moins détestable. Sans oublier, le côté pentu du terrain qui rend encore un peu plus compliqué la mobilité déjà fort difficile.

L’endroit est quasi-marécageux. Il faut rester extrêmement prudent, la glisse est devenue le sport local. Rares sont ceux qui ne portent pas les traces d’une culbute… Les gens qui n’ont pas les moyens de se rendre en montagne et pratiquer le ski, sont encouragés à venir à Ronquières ! C’est plus près et moins cher !

Pour ne pas se casser la figure, il est préférable de rester statique.

Jain est entourée de ses musicos. Elle est venue vaille que vaille défendre les couleurs d’un nouvel opus.

Le décor est relativement sobre. Un plateau métallique accueille synthés et percus en tout genre. A gauche, le préposé à la gratte. Il s’agit de Benjamin Porraz qui a également accompagné Clara Luciani lors de sa tournée. A droite, une nana se charge de tracer des lignes de basse.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant rencontrera un succès plus important encore. Paru 2018, il se vend à 1,2 million d'albums dans le monde et atteint plus de 2 milliards de streams.

Après cette envolée qu’elle ne maîtrise pas, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de Stromae qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

Jeanne Galice, à l’état civil, est venue défendre son dernier long playing. Cinq longues années auront donc été nécessaires à la jeune femme pour remonter la pente (?!?!?), après avoir publié l’elpee, « Souldier ».

Déjà, après avoir gravé « Makeba », qui deviendra un tube, la pression était devenue trop importante. Aujourd’hui, dans son dernier disque, l’artiste propose des compos plus matures et sans doute aussi moins accessibles pour le mélomane lambda.

Cependant, sur les planches, elle ne se laisse pas démonter pour autant, alternant nouvelles compos et hits qui ont assis sa popularité.

Une première partie qui met l’accent sur des titres plus doux et atmosphériques comme ce « Heads Up » à la rondeur absolue ou encore le radiophonique et entêtant « Alright ». Des titres brûlants qui sentent bon le sable chaud et la couleur de l’été. Si, si… une ambiance qui contraste évidemment avec les pluies battantes qui viennent de reprendre de plus belle. Et l’horizon noir et chargé est loin d’être rassurant...

Afin de remercier le public, l’artiste descend dans la foule pendant le très allègre « Come », autre morceau indémodable. Les plus jeunes peuvent s’essayer aux joies de la popularité puisque Jain les invite à enregistrer leurs voix et les intégrer à sa performance. Plutôt sympa non ?

Après cette mise en bouc(h)(l)e, l’autre moitié du set est consacrée aux morceaux plus punchy, à l’instar de « Save The World » ou de « Star », tous deux issus de « Soudier. » Des titres qui montrent là toute l’étude du talent de l’artiste et lui permettent littéralement de se défouler et d’entraîner le public qui tente vaille que vaille à se mettre dans l’ambiance.

La prestation prend doucement fin. Evidemment, l’inévitable « Makeba » n’est pas oublié, un morceau qui a repris vie grâce à la plateforme Tik Tok. Dès les premiers ‘Ooh-ee’ les cris fusent et les bras s’agitent vers le ciel. Une communion s’annonce. Si les fans sont évidemment ravis, l’artiste n’est pas en reste non plus.

C’est à l’issue de la ballade « Maria » que Miss Jain prend congé de ses invités. Une chanson dans laquelle, on se laisse surprendre par des vocalises d’une douceur exotique aux relents rocailleux dans les aigus.

Si jusqu’alors, votre serviteur n’avait pas été séduit, Jain a trouvé son heure de gloire et confirmé son statut d’artiste féminine.

Humaine et altruiste, Jain est parvenue à se réinventer après des années de doute et d’errance. Bravo !

En bas, à ‘Tribord’, Diziz s’apprête à lâcher son flots de mots. Votre serviteur préfère rester à quai sur la plaine en amont. Les risques de débouler comme un tonneau sont moins élevés.

Le gaillard est tout de noir vêtu… comme Ardisson. Il est chaussé de lunettes de soleil, afin de narguer ses hôtes d’un jour.

Il s’agit d’un personnage incontournable du rap français. De son véritable nom Sérigne M'Baye Gueye, c’est un artiste complet, chanteur, écrivain et comédien.

Son style est assez percutant, mais n’évite malheureusement pas les écueils du genre. Une expression artistique poussive dans laquelle, le jeune homme s’enlise, rejoint par une horde de fans, casquettes vissées sur la tête, qui semble épouser ce genre.

Le jeune homme s’exprime dans un langage, il est vrai, difficile pour un quinqua comme votre serviteur. On est loin de la prose d’un Pierre de Ronsard, par exemple.

La surprise est donc de taille pour quelqu’un qui aime les jolies rondeurs textuelles, à la Dominique A.

Il en faut pour tous les genres ! Et étrangement, les mots livrés par cet individu ne semblent pas étrangers pour la plupart des jeunes festivaliers. Il semblerait même que ces expressions dialectales soient leur moyen de communication. De retour à la maison, Becherel et autres ouvrages littéraires iront à la poubelle.

Le rappeur propose un florilège de chansons issues notamment des albums acclamés tels que « Extra-lucide » en 2012, « Transe-Lucide » en 2014 et « Pacifique » en 2017.

Mais, il faudra attendre « Rencontre », une compo issue de « L'Amour » (un album sorti en mars 2022), pour créer un véritable raz-de-marée humain. A la base, il s’agit d’un feat avec Damso.

« 'J'serai plus jamais en hess » (hein ??) repris en cœur par un public particulièrement ciblé, témoigne de l’influence de son auteur auprès des plus jeunes sur la scène musicale.

Même si le créneau musical reste très élitiste, Diziz s’est montré à la hauteur de ses ambitions en interprétant des morceaux qui font mouche.

Tant bien que mal, il est parvenu à fédérer et encourager le public à retrouver le sourire en balançant des incantations du style ‘On n’est pas dans le contexte du travail, ni des études ici’. Charmant !

Le concert de Juliette Armanet de ce soir est le dernier accordé en Belgique. Comme elle aime à le rappeler, chaque date dans le plat pays est une farce et attrape. On ne sait jamais sur quoi on va tomber !

Le décor est relativement simpliste, hormis cet immense cercle qui n’est pas sans rappeler celui de Pink-Floyd lors de la tournée qui a accompagné la sortie de « Division Bell ».

L’artiste n’a en tout cas pas froid (ni au corps, ni aux yeux). Habillée simplement d’un top, recouvert d’un fin gilet, qui laisse entrevoir une partie de sa féminité, elle contraste avec les festivaliers qui, eux, sont vêtus de pulls et parkas.

Bien connue pour son caractère bien trempé et son sens de l’humour décalé, la Lilloise a décroché une ‘Victoire de la Musique’ pour l’album de l’année, en 2018 (« Petite amie »). Depuis, le succès ne cesse de s’amplifier. Elle est venue défendre son dernier opus, « Brûler le feu ».

Elle est accompagnée d’un team constitué de deux claviéristes, dont l’un se charge également des congas, djembés, cymbales et autres cuivres ; mais également d’un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue trône sur l’estrade, devant les claviéristes. Ce qui sous-entend que la chanteuse risque de nous réserver ses plus jolies compos.

Téméraire et courageuse, la presque quadra fait tomber la veste aux allures disco dès le tout début de sa prestation. Sa musique baigne dans le pop/rock et le disco. Des morceaux qui évidemment incitent le public à se lancer dans une danse de sioux alors que la pluie tombe à verse, en cette fin d’après-midi.

Le show atteint son point d’orgue très rapidement. La jeune Française de 39 ans s’anime. Elle aime danser, jouer et s’exprimer librement avec son public. N’ayant que faire des intempéries, elle s’arme de courage et plonge dans la foule dès la troisième compo, « J’te l’donne », afin d’y étaler ses talents de danseuse corps à corps. Des slows et un show qui ne sont pas passés inaperçus. Sans oublier ces bisous donnés au hasard de ses rencontres à ces hommes et femmes, parfaits inconnus qui ne se sont évidemment pas laisser démonter. Et la COVID dans tout ça ?

Durant ce périple, la jeune demoiselle révèlera même une partie de son intimité sous le regard médusé des hommes et horrifié des femmes. Après tout, c’est ça aussi la beauté d’un spectacle. Un show qui a au moins le mérite d’avoir (ré)chauffé les cœurs et éveillé un soubresaut d’excitation chez les mâles.

La galanterie étant de mise sur la plaine de Ronquières, un fervent chevalier s’est empressé de couvrir la chanteuse avec un poncho de fortune durant son numéro. De quoi toucher la jeune femme en plein cœur. En guise de remerciement, elle a fait contre fortune bon cœur, en poursuivant son concert par un piano-voix sur « Imaginer l’amour » avec la main du nouveau Roméo sur son épaule et une séance de bisous en guise de clôture. Une chanson qui tempère le vent de folie qui vient de souffler.

Une énergie qui sent bon la joie de vivre et fait presque oublier les conditions difficiles vécues depuis le début du festival.

Grâce à des compos aussi riches que variées, Armanet s’en donne à cœur joie. Sa voix cristalline émeut, son énergie étonne et sa personnalité détonne. Et lorsque le sax intervient, les compostions gagnent davantage de rondeur.

Si « Boum Boum Baby » emprunte des sonorités à Lenny Kravitz, « Tu me play » s’avère particulièrement percutant. L’ex-réalisatrice de documentaires, biberonnée à la culture et la musique par ses parents, embrase Ronquières de sa « Flamme », lorsqu’elle ne se met carrément pas à « Brûler le feu » qui est en elle, où on l’aperçoit torche à la main droite sur fond de décor… incendiaire.

Après un petit entracte, histoire de se changer, la demoiselle revient tambour battant dans une tenue qui laisse présager « Le dernier jour du disco ». Une chanson qui provoque l’euphorie dans le public qui la reprend en chœur.

Espiègle, charmante et délicieuse, Juliette appartient à cette nouvelle génération d’artistes qui parvient à s’inventer et se réinventer.

Elle a livré sur la scène de la ‘Colline’ un show exceptionnel, passant de l’obscurité à la lumière. Un moment rarement vu. Un moment inattendu. Un moment comme on aimerait en revivre.

Trempé jusqu’à la moëlle et couvert de boue jusqu’à la taille à la suite d’une chute, votre serviteur n’a d’autres choix que rentrer à la maison. Dommage, parce que Placebo y livre un concert dans quelques minutes.

Une journée bien contrastée, entre joie et déception. En tout cas, la fièvre d’un samedi noir, à défaut de la fièvre du samedi soir.

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation : Ronquières festival)

 

 

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2023-08-04
  • Festival Name: Ronquières festival
  • Festival Place: Plan incliné
  • Festival City: Ronquières
  • Rating: 8
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