Yes SIHR !

Après quelques concerts / projections improvisés en duo, au Caire et à Beyrouth, pour les rencontres d’Arles, le centre photographique de Lille ou la revue belge Halogénure, Dargent et Oberland s’associent aux francs-tireurs Elieh et Halal pour un manifeste…

logo_musiczine

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Acid Mothers Temple - Mag...
Kim Wilde - 11/04/2024

Lokerse Feesten 2023 : lundi 7 août Spécial

Écrit par
&

Des étincelles, là où on ne les attendait pas…

Le premier grand invité de ce quatrième jour des Lokerse Feesten, n’est autre que le soleil. Les trois premiers ont été copieusement arrosés. Heureusement le site est bétonné et les désagréments vécus à Ronquières ont été évités. Le site est intact, et l’accès toujours aisé tant en train qu’en voiture.

Bien que The Haunted Youth ne soit responsable que d’un premier elpee (« Dawn of the Freak », sorti en 2022), il bénéficie déjà d’une large exposition médiatique. Surtout au Nord du pays où il a gagné un concours organisé par ‘Studio Brussel’. Il est déjà présent dans tous les grands festivals cet été, à l’instar de Whispering Sons. Sa musique navigue d’ailleurs dans un registre qui rappelle également les 80’s, et notamment en s’appuyant sur une ligne de basse répétitive et lourde. Mais pas seulement, puisque son expression sonore lorgne aussi vers une dream pop circa 90’s, lorsqu’elle baigne dans les claviers atmosphériques. Au chant, le leader et guitariste Joachim Liebens affiche la nonchalance de Thurston Moore. Au synthé, également planté à l’avant du podium, Hanne Smets le seconde impeccablement aux vocaux. Parfois, le spectre de Beach House se met à rôder. La présence de fumigènes accentue le climat planant d’une prestation qui aurait gagné en efficacité, si elle avait été programmée en seconde, voire en fin de soirée. Mais d’autres vedettes, nées réellement au cours des 80’s et 90’s vont s’emparer de la main stage.

Et autant l’écrire tout de suite, les autres têtes d’affiches vont s’avérer très décevantes. Et notamment Siouxsie qui, après plus de 10 ans d’absence sur scène, et plus de 15 ans en studio (son album solo, « Mantaray », remonte à 2007), avait choisi l’Ancienne Belgique, début mai, pour inaugurer sa nouvelle tournée. Un set jugé agréable, sans plus, accordé devant un parterre de fans qui s’étaient empressés de rendre ce concert sold out en quelques minutes. Mais on la sentait perfectible au niveau de sa voix ; et les attentes étaient donc légitiment grandes, ce soir. Encore plus pour ses aficionados qui n’avaient jamais pu assister à un de ses concerts. Mais quelle déception ! Dès le hit « Israël » rien ne fonctionne. On a l’impression d’être en présence d’un mauvais cover band. Les musiciens impriment un tempo plutôt lent, pour ne pas dire apathique (NDR : de quoi regretter l’absence de ses Banshees, comme le charismatique Budgie à la batterie, voire Robert Smith à la guitare). Quant à Susan Baillon (de son vrai nom), elle peine à élever la voix. Elle ne l’a pas suffisamment chauffée ? Manque de répétition ? En rodage ? Toujours est-il que la sauce ne prend pas, et la foule réagit plutôt timidement. Et vu le problème récurrent d’oreillettes, on ne peut pas dire que la situation soit idéale pour réaliser un show qui tienne la route. Un ingé-son intervient à de nombreuses reprises pour régler le récepteur placé dans le dos de la chanteuse, mais en vain. Celle-ci finira par plaisanter du contretemps : ‘J’espère que vous m’entendez bien chanter ? Car moi je ne m’entends pas’. Son flegme et son humour britannique lui permettent de garder la tête froide, là où certains artistes auraient jeté l’éponge. Finalement l’imperfection de la mise à feu va quelque peu transcender la suite. Pendant « Dear prudence » (NDR : une cover des Beatles, faut-il le rappeler ?), « Lands end » et surtout « Spellbound », elle se déhanche (NDR : à 66 balais, Susan a conservé sa souplesse à défaut de sa voix). Et son public commence enfin à s’enflammer sur « Happy house » et surtout « Hong Kong garden » (NDR : qui n’avait pas été interprété à l’AB). « Into a Swan » vient déjà clôturer un set d’une petite heure qui laissera pas mal de monde sur sa faim. Sa prestation aura été bien moins étincelante que son look.

Les bonnes surprises, on les rencontre souvent sur les petites scènes des festivals. Et pour la circonstance, au club ‘Studio Brussel’. D’une capacité inférieure à 1 000 personnes, il est fermé lorsqu’il atteint son quota. Il faut donc s’y rendre en temps voulu. The Weave s’y produit. Peu connue du mélomane lambda, cette formation implique quand même le guitariste de Blur, Graham Coxon. Et la bande à Damon Alban est programmée le lendemain. Un concert, bien évidemment, sold out. Il avait quitté le groupe en 2002, pour se lancer dans une carrière solo, mais l’avait réintégré en 2008. Et puis pendant les pauses du combo londonien, il a multiplié les collaborations, s’est investi au sein de The Jade Hearts Club et plus récemment de The Weave, dont le premier opus est sorti début de cette année, en compagnie de son épouse, l’ex-Pipettes, Rose Elior Dougall. Ensemble, ils se partagent les vocaux. Vêtue d’une robe rouge, elle se charge des claviers ; et envoûtante, sa voix n’est pas sans rappeler PJ Harvey. Si les ballades évoquent Swell, dès que la musique s’avère davantage délurée, on pense aux Dresden Dolls. Graham passe de la guitare au sax en toute décontraction. Et un violoniste, un bassiste et un batteur apportent des nuances jazzyfiantes. Un vent de fraîcheur est venu souffler sur les Lokeren Feesten. Un fameux contraste par rapport aux stars qui ont mal vieilli…

Car, qu’écrire encore de positif sur Placebo ? A l’instar de son dernier elpee (« Never let me go »), paru il y a un an, et qui faisait suite à une absence studio de plus de 10 ans, le groupe est toujours aussi populaire. Et peut-être même plus qu’on pourrait l’imaginer. La set list de ce soir est majoritairement tirée des 13 titres de son huitième long playing. Le groupe pousse même le vice à aligner les morceaux quasiment dans l’ordre du tracklisting. Malgré une certaine perfection technique (et dans les arrangements) de ces nouvelles compos, elles sont jouées sans grand enthousiasme. De quoi gâcher le nôtre…

Non, vraiment, Brian Molko, ça lui arracherait les poils de la moustache de ne dire simplement qu’un bonjour, merci ou au revoir ; lui qui s’exprime parfaitement dans la langue de Molière. Il reste planqué derrière son micro, toujours dans la même posture. Ses compos s’enchaînent sans temps mort, ni interaction et semblent plus lisses et insipides que sur disque. Le grand et excentrique bassiste Stefan Olsdal tente de compenser, comme il peut, ce climat déprimant. Il se réserve même le micro sur la reprise du « Shout » de Tears for Fears. On se demande d’ailleurs pourquoi Placebo multiplie les covers, alors qu’il dispose d’un bel éventail de propres singles. Les quelques tubes dispensés ci et là (« Too Many Friends », « Song to Say Goodbye », « The Bitter End » ou encore « Infra-red ») viennent un peu animer une deuxième moitié de set. Mais à l’instar de la version (NDR : encore une) du « Running up that hill » de Kate Bush, balancée en final, à moins d’être un inconditionnel, on ne voit plus trop l’intérêt d’aller voir Placebo en concert. Il est loin le début du millénaire, lorsque Placebo peinait à remplir le Brielpoort de Deinze, mais dispensait un show à la fois vivifiant et passionné.

Setlist : Forever Chemicals, Beautiful James, Scene of the Crime, Hugz, Happy Birthday in the Sky, Binic, Surrounded by Spies, Sad White Reggae, Try Better Next Time, Too Many Friends, Went Missing, For What It's Worth, Slave to the Wage, Song to Say Goodbye, The Bitter End, Infra-red

Encore : Shout (Tears for Fears cover), Fix Yourself, Running Up That Hill (A Deal With God) (Kate Bush cover)

Heureusement, pour retrouver l’enthousiasme du public et sur les planches, on peut encore se réfugier dans le club ‘Studio Brussel’. Comme l’annonce le présentateur et chauffeur de salle, le groupe suivant se produit déjà dans les plus grands festivals belges depuis plus de 20 ans (NDR : le premier bon souvenir de votre serviteur remonte à 2001 au Beach festival de Zeebruges). Originaire de Kruisem, à plus ou moins 40 bornes de Lokeren, il joue presque à domicile. Et le public accueille donc Vive la Fête à bras ouvert en ponctuant sa joie d’acclamations et de sifflets. Comme d’habitude, c’est plein de charme et la banane aux lèvres qu’Els Pynoo opère son entrée sur l’estrade, en compagnie de son compagnon et guitariste Danny Mommens (NDR : quelques minutes auparavant, en backstage, on pouvait les voir tout sourire et exaltés avant de grimper sur le podium). « Nuit blanche », « Schwarzkopf », « Assez » ou « Jaloux » sont autant de tubes dansants qui nous entraînent jusqu’au bout de cette nuit. En rappel, « Maquillage » (au cours duquel Danny assure le backing vocal) et « Noir désir » nous assènent deux belles claques devant un auditoire ravi de la prestation. Pas étonnant dès lors que le concert de Vive la Fête, prévu à l’AB, le 8 décembre, soit déjà complet.

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Lokerse Feesten)

Informations supplémentaires

  • Date: 2023-08-06
  • Festival Name: Lokerse Feesten
  • Festival Place: Grote Kaai
  • Festival City: Lokeren
  • Rating: 7
Lu 788 fois