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Festival au Carré 2024 : jeudi 04 juillet Spécial

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Le Festival au Carré se déroulait cette année du 28 juin au 7 juillet dans la ville qui a été Capitale européenne de la Culture, en 2015, Mons.

Il y en a pour tous les goûts. Ainsi, cette vingt-troisième édition propose du théâtre, du cirque et de la danse en plein air pour (re)découvrir le patrimoine montois, des révélations musicales intimes, fantasques ou inattendues, des moments où l’on danse follement, un temps unique dédié aux familles et puis une grande terrasse pour se retrouver durant les longues soirées d’été en fonction des conditions climatiques bien difficiles, rencontrées ces derniers temps. Bref, même les plus difficiles vont y trouver leur compte.

Une fois n’est pas coutume, au lieu de se focaliser sur la tête d’affiche, votre serviteur a choisi de suivre des artistes méconnus, incongrus ou iconoclastes. Ce 4 juillet, Françoiz Breut est à l’affiche, une Bruxelloise d’adoption.

Elle a l’honneur de se produire à la Maison Folie, une ancienne école devenue lieu culturel et citoyen qui a pour vocation principale de créer des liens. Tout simplement.

Dogbowl assure le supporting act. Un vieillard d’une soixantaine d’années aux cheveux hirsutes ressemblant à s’y méprendre à Christopher Lloyd, alias le docteur Emmett Brown, dans la célèbre trilogie ‘Retour vers le futur’. Et la comparaison ne s’arrête pas là puisque le bonhomme est aussi déjanté que le second.

Pépé est seul sur scène, juste armé d’une vieille gratte. Contrairement aux idées reçues, Stephen Tunney (NDR : c’est son vrai nom) n’est pas un inconnu.

Devenu l’une des figures majeures de la scène alternative outre-Atlantique, il se lance dans la musique à la fin des années 70, en formant des groupes de punk rock. Parallèlement, il s’investit dans l’écriture de chansons mélodiques.

Chanteur, auteur, compositeur, musicien, il se passionne également pour la peinture. Ses expositions font forte impression, paraît-il. Sans oublier ses aptitudes pour l’écriture. Il a d’ailleurs publié, en 1992, un ouvrage assez violent (‘Flan’) qui se distingue par ses éléments surréalistes.

Un set de seulement environ 20 minutes permettra largement de cerner ce personnage à la fois burlesque, grandiloquent et provocateur. Mais avant tout un amuseur public hautement sympathique. Et ça, c’est le plus important !

Grâce à un florilège de chansons à boire, qui parlent de femmes ou de sexe, des ballades aux histoires fantaisistes ou subversives, Dogbowl s’amuse beaucoup sur les planches. Pas le genre de type à se prendre au sérieux. Et ça marche ! Les badauds s’agglutinent face à l’estrade, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux. C’est bon enfant, et puis c’est une aubaine en cette veille de congé d’été.

Construisant son live sur la langue de Shakespeare, Stephen affiche fièrement sa propension pour les jeux de mots. Et apparemment, nombreux sont ceux qui maîtrisent la langue anglo-saxonne dans la salle.

Les constructions musicales du gaillard sont extrêmement simples. Elles tournent autour de quelques accords barrés. Mais il y tellement d’humanité, d’amour et de second degré chez cet artiste que l’ensemble devient rapidement cohérent.

Comme souvent dans ce genre de situation, la scène est déjà configurée pour la prestation suivante. Très vite, les musiciens rejoignent leur instrument de prédilection. Roméo Poirier se charge des fûts, Marc Melià des claviers et François Schulz est préposé aux cordes (basse et guitare).

Menue, Françoiz Breut, arrive d’un pas franc et décidé. Elle est vêtue de noir ; ce qui lui confère une apparence austère, telle une ‘bobonne’ du temps passé. Mais, très vite elle apparaît joviale et proche de son public. En toute honnêteté, Breut jouit d’une belle aura.

La donzelle n’est pas une minette dans le milieu. Comptant une petite dizaine d’albums à son compteur, elle écume les scènes depuis maintenant 27 ans, et son premier album de chansons, simplement éponyme, est paru en 1997. Pour les puristes, un disque composé et réalisé en grande partie par un certain Dominique A, dont elle sera la compagne de 1990 à 1999.

La chanson n’est qu’un pan de son histoire, puisqu’en parallèle à sa carrière de chanteuse, elle poursuit ses illustrations de disques et de livres pour enfants.

Dès les premières note de « Hors Sol », une compo downtempo, plage d’ouverture de son dernier opus, « Vif ! », Françoiz s’émancipe et s’affranchit d’un public déjà très ‘friendly’. La basse est très présente, à l’instar de « Fiver », titre phare de « Balthazar ». L’instrument le sera d’ailleurs tout au long de ce set empreint d’une émotion sidérale.

Que le mélomane lambda ne s’évertue pas à chercher quelque chose de rationnel chez ce petit bout de femme ; il n’y en a tout simplement pas ! A travers des compositions qui s’avèrent légères, un brin orgasmique, elle s’interroge quant à son rapport à la nature et au monde tout au long de « Sous Bois la Nuit » ou à l’absence sur « Ectoplasme ».

Les mouvements de son corps sont complètement instinctifs et deviennent comme une nécessité et un support audacieux aux chansons. Et si l’un n’existait pas sans l’autre ?

Elle s’imagine alors un monde gouverné par les animaux. Sans filtre, ni artifice, elle enchaîne par un poétique mais engagé « Cavales Animales ».

Si la prestation permet de découvrir les facettes du nouvel opus, certains titres plus anciens comme « La Certitude » (issu d’« Une Saison Volée » - 2005) sont interprétés, afin de contenter une fan base ravie qu’elle ne les oublie pas.

Marc Melià, qui joue le plus souvent sur ses deux synthétiseurs, apporte une dimension toute particulière au magnifique « Mes péchés s’accumulent », une ballade douce-amère, aux accents nostalgiques.

Accomplissant un show mi-organique mi-électronique, Breut emprunte des chemins intimistes en offrant un spectacle grandiose sur fond de ritournelles espiègles, mais d’une sincérité à toute épreuve.

Cette femme est une artiste hors de tout… hors du temps. De sa voix douce, en se servant de chansons parfois caricaturales, mais hautement surréalistes, elle embrasse un univers de proses et de métaphores. Elle est une ode à l’évasion sans lendemain où l’imagination s’étiole au firmament des étoiles, la nuit tombée…

(Organisation : Festival Au Carré)

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2024-07-03
  • Festival Name: Festival au Carré
  • Festival Place: Maison Folie
  • Festival City: Mons
  • Rating: 8
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