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Sinner’s Day Summer Festival 2022 : vendredi 24 juin

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Le Sinner’s day s’est battu contre vents et marées afin de conserver la tête hors de l’eau ; et finalement, s’est associé au W Festival, pour se maintenir à flots, pendant et après la Covid. Préalablement à l’édition hivernale prévue du 29 au 31 octobre, l’édition estivale du Sinner se déroulait du vendredi 24 au 26 juin à Ostende. Compte rendu du premier jour.

Après avoir laissé passer les orages et surtout les embouteillages qui conduisent au littoral, votre serviteur débarque en début de soirée. Sis à deux pas de la gare, le festival est organisé au sein d’un grand parc, entouré d’étangs enjambés de petits ponts. Un cadre agréable, féérique même, comparable au Minnewaterpark, où est organisé le Cactus à Bruges. Ou dans un style goth, comme l’Amphi festival de Cologne, aménagé le long du Rhin. La capacité du site est cependant limitée ; et à vue d’œil, il doit y avoir quelques milliers de participants. En espérant que cette fréquentation puisse permette aux organisateurs (par ailleurs fort sympathiques) de rentrer dans leurs frais.

Votre serviteur aurait souhaité assister au set du groupe belge Ultra Sunn, programmé en ouverture, à 12h30. Un duo réunissant Gaëlle aux synthés et Sam au chant. Quelque part entre cold-wave et EBM, mais revu à la sauce techno, son style évoque DAF, John Maus voire le défunt Soldout. A revoir dans d’autres circonstances…

A 19h30, W.H. Lung grimpe sur l’estrade. Il avait fait forte impression au Botanique, un mois plus tôt. A ce jour, il compte deux elpees à son actif, « Incidental Music » en 2019 et « Vanities », en 2021, bien reçus par la critique.  Malgré leur jeune âge, les Mancuniens semblent déjà bien à l’aise sur les planches. Plantés de chaque côté du podium, le bassiste et le guitariste se montrent aussi discrets qu’efficaces. A l’arrière, le drummer est également effacé, mais bien concentré sur son sujet. Et au centre, une claviériste au look purement british et surtout excentrique ainsi qu’un chanteur aux cheveux bouclés, dont le physique et l’attitude évoquent Nic Offer (NDR : le leader de !!!) communiquent leur bonne humeur, s’embarquent dans des chorégraphies ou se relaient au chant. Rafraîchissantes, les compos baignent au sein d’une synth-pop imprimée sur un rythme dance ou punk, à laquelle on aurait ajouté quelques accents empruntés à Metronomy. Une découverte qui fait mouche au milieu des vielles gloires qui se produisent lors de ce festival.

Grosse déception en revanche pour le concert de IamX. Celui-ci avait publié un elpee durant la pandémie. Intitulé « Machinate », il compilait des sessions ‘live’, interprétées online pour les fans. Réputé pour ses shows époustouflants, à l’instar de ceux qu’il avait accordé à la Madeleine ou l’AB, Chris Corner revient à Ostende, mais dans un projet solo. Affichant un look définitivement androgyne (longue chevelure blonde, sweat élégant à capuche derrière lequel il se cache parfois), il revisite son répertoire. Un peu trop, car on a parfois des difficultés à reconnaître ses compos. Le plus bel exemple ? « After every party I die ». Faut dire que les arrangements sont saturés de sonorités de basses émanant d’un clavier et d’une table de bidouillages. Les fidèles aficionados, comme sortis d’une exhibition manga, se pressent aux premiers rangs. En général, ce public est conquis d’avance, mais là on se rend compte qu’il n’est pas trop enthousiaste…

The Mission est un des groupes préférés de votre serviteur. Donc, il sera nécessaire de prendre beaucoup de recul pur rester objectif afin de commenter la prestation du band issu de Leeds. Il est enfin à l’affiche de ce festival, après plusieurs reports et reprogrammations. ’C’est un plaisir d’être là enfin, on aurait dû jouer… je ne sais même plus à quelle date, mais le principal c’est qu’on soit ici’ s’exclame d’ailleurs Wayne Hussey, enclin à entrer en communion avec ses fans. Le set s’ouvre par l’inévitable « Beyond the pale », déjà repris en chœur par les aficionados agglutinés aux premiers rangs. Les tubes s’enchaînent. Seul « Metamorphosis » (issu de « Another fall from grace », paru en 2016) vient se glisser au milieu des singles parus au cours des 80’s et 90’s. Le band s’autorise un débordement de timing. 50 minutes sont prévues, The Mission s’en octroie une bonne heure. On regrettera cependant un son globalement mal maîtrisé et l’un ou l’autre raté à l’allumage. Mais les fans les plus conquis (dont votre serviteur) auront savouré la prestation du quatuor (les trois membres originels et un batteur fraîchement incorporé au sein du line up). En attendant un retour en salle qui passera par Arlon le 7 août (au lendemain du Mera Luna festival en Allemagne) et à Louvain (Het Depot), le 22 avril 2023.

Setlist : “Beyond the Pale”, “Hands Across the Ocean“, “Like a Hurricane“, “Metamorphosis”, “Severina”, “Butterfly on a Wheel”, “Wasteland”, “Tower of Strength”, “Deliverance”

Initialement prévu comme tête d’affiche, Front 242 a été remplacé par Echo and the Bunnymen, qui se charge de clôturer la soirée. Très vite la différence de qualité du son est palpable (par rapport aux autres sets de la soirée). Le côté pro et bien rôdé des compos y est sans doute la meilleure explication. Toujours vêtu de son long imperméable et chaussé de lunettes fumées (qu’il ne quittera jamais tout au long du concert), Ian McCulloch reste placide, raide comme un piquet, derrière son micro. A sa droite, le guitariste Will Sergeant, l’autre membre fondateur du band, en 1978 (NDR : encore un groupe qui fête plus de 40 ans d’existence !), est fidèle au poste. Les trois autres musicos sont plus jeunes. Plongés cependant dans l’obscurité, ils prennent le soin de se fondre dans l’esprit de la musique des Hommes-Lapins. D’ailleurs, les 5 comparses sont plutôt statiques. Ce qui ne les empêche pas d’enchaîner les titres sans jamais provoquer le moindre instant de lassitude au sein de la foule. De « Going up » (issu du tout premier album « Crocodiles ») en ouverture à « The cutter » joué en rappel, le set est particulièrement fluide. « Nothing lasts forever » est prolongé par la reprise du « Walk on the wid side » de Lou Reed. Et en final, le combo ne va pas oublier « The killing moon » (issu de « Ocean rain », ce titre date de 1984), un morceau toujours d’actualité, car il a servi à de nombreuses BO). Le band de Liverpool quitte alors sobrement la scène après quelques remerciements polis et une bonne heure quinze de prestation.

Setlist : “Going Up”, ”All That Jazz”, “Flowers”, “Rescue”, “Dancing Horses”, “Over the Wall”, “Seven Seas”, “Bedbugs & Ballyhoo”, “Nothing Lasts Forever/Walk on the wild side”, “Never Stop”, “Lips Like Sugar”.

Rappel : “The Cutter”, “The Killing Moon”.

A noter qu’à côté de la scène principale, se relayaient en permanence des DJs sous un chapiteau rebaptisé ‘Batcave’. Et où une bonne cinquantaine de spectateurs se regroupaient pour s’autoriser un pas de danse tout au long de la journée… replongeant ainsi dans l’ambiance des soirées gothiques du défunt ‘Steeple Chase’ de Waregem, du ‘Coquin’ à Tournai ou des clubs new-wave de la ‘Bodega’ à Bruxelles.

(Organisation : Sinner’s day)

ULTRA SUNN, W.H. LUNG, IAMX, THE MISSION, ECHO AND THE BUNNYMEN

 

 

Les Nuits Botanique 2022 : dimanche 15 mai

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Soirée de clôture pour l’édition 2022 des Nuits du Bota. Alors que DIIV se produit sous le chapiteau, un autre concert focalise l’attention d’un public branché indé/rock : celui de Wet Leg. Ce groupe s’était illustré fin 2021, lors de la sortie de ses deux premiers singles, vus des millions de fois sur les plateformes de streaming. Et aussi en décrochant cinq nominations aux NME Awards 2022, avant la sortie d’un premier elpee en avril dernier. Mais on peut déjà vous l’annoncer : le concert ne sera pas vraiment à la hauteur de ce buzz !

Heureusement les premières parties sont souvent le théâtre de bonnes surprises. Le Grand Salon (NDLR : baptisé le Musée le reste de l’année) est déjà bien rempli lorsque les locaux Ada Oda grimpent sur l’estrade. Et ses fans sont enthousiastes. Dans le public, juste à côté de votre serviteur, s’est glissé un vieil homme très élégant : Frédéric François. En fait, il s’agit du père de Victoria Barracato, la chanteuse du groupe. Elle accompagnait déjà son papa en duo dans certaines émissions de variété, il y a une bonne dizaine d’années. Heureusement, la musique proposée par le band, ce soir, sera résolument rock, teintée d’une petite touche de surf. Et pour en être persuadés, les membres du combo ont choisi des accoutrements estivaux mais bien punks…

Victoria est épaulée par des musicos expérimentés, dont le bassiste Marc Pirard ainsi que les guitaristes Alex De Bueger et Aurélien Gainetdinoff.

L’aspect binaire, limite schizophrène des compos et les paroles exclusivement chantées en italien constituent l’originalité de sa musique. Et parfois, elle nous fait penser à une variété un peu kitsch dispensée dans les shows télévisés en Italie. Les trente petites minutes du set sont toutefois bien remplies, les gratteurs s’autorisant des envolées de guitare rock garage, alors que la prima donna va manifester un dynamisme auquel on ne s’attendait pas…

Passons à univers diamétralement différent. En l’occurrence, celui des Américains Water From Your Eyes. Si à l’origine, la musique de ce duo baignait dans l’électro-pop, depuis la sortie de son cinquième opus, « Structure », elle a adopté un style indistinct, voguant quelque part entre rock, post-punk et synth-pop. De petite taille, la chanteuse semble effacée, alanguie, sa voix est même censée accentuer cette impression. Cependant, son air de ne pas y toucher intrigue et lui confère une certaine forme de charme. Entre ironie et introspection, elle parvient même à nous entraîner au cœur de son monde.  Déroutante, la musique Water From Your Eyes est alimentée par des riffs de guitares hypnotiques et contagieux. Difficile de croire que le combo est issu de Brooklyn, comme Big Thief ou A Place To Bury Strangers. En outre, l’énergie libérée en ‘live’ donne envie de suivre attentivement l’aventure de cette formation. 

La salle est bondée lorsque Wet Leg débarque. Il est 22 heures. On dénombre, quand même, pas mal de jeunes (sans tickets) à l’extérieur du Grand Salon, aussi. Pas étonnant, quand on sait que le site Ticketswap recensait plus de 500 demandes pour aucune offre. Dans la fosse, on croise de nombreux journalistes, sans doute à l’affût des mouvements opérés par cette nouvelle sensation anglaise. Produit par Dan Carey (NDR : déjà au service de Fontaines DC, Black Midi ou encore Squid) le premier elpee (NDR : un éponyme !), fraîchement sorti, laissait augurer une bonne soirée. Les deux natives de l’île de Wight, Rhian Teasdale et Hester Chambers, occupent bien le devant de la scène en début de set, chacune dans son style, comme sur « Wet Dream ». Caractérisé par une ligne de basse omniprésente, ce titre nous replonge dans l’univers des sœurs Deal (The Breeders), à moins que ce ne soit celui de Kristin Hersh voire, et la référence plus récente, de Karen O des Yeah Yeah Yeahs.

« Pieces of shit » et « Ur Mum » sont peuplés de gros mots. Parce qu’émargeant à la girl power, le band assume son féminisme, tant sur les planches que dans les lyrics.

Mais les morceaux qui s’enchaînent finissent par se ressembler, tellement ils souffrent d’un manque de relief. Et puis les deux frontwomen ne débordent vraiment pas d’enthousiasme, snobant tout dialogue avec le public. Même le (déjà) méga-tube « Chaise longue » sera rapidement expédié clôturant, au bout de 50 minutes, un set sans grande saveur.

Il n’y aura pas de rappel, malgré l’insistance de l’auditoire.

Paris-Match n’hésitait pourtant pas, dès le lendemain, à situer la performance parmi ‘les 5 concerts qui auraient enflammé les Nuits Botanique’ (sic).

 

Alors Wet Leg, plutôt un pétard mouillé ou un coup d’épée dans l’eau ? A vous de choisir !

Setlist Wet Leg : ‘Being in Love”, “Wet Dream”, “Supermarket”, “Piece of Shit”, ”Primo Skin”, “Too Late Now”, “Obvious”, “Oh No”, “I Don't Wanna Go Out”, ”I Want to Be Abducted”, ”Ur Mum”, ”Angelica”, ”Chaise Longue“

(Organisation : Les Nuits Botanique)

WET LEG - WATER FROM YOUR EYES - ADA ODA

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Festival Inc’Rock 2022 : dimanche 8 mai

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Le festival Inc’ Rock se déroule au cœur d’un lieu champêtre, situé juste derrière le magnifique site des carrières d’Opprebais, dans le Brabant Wallon. Les deux premières journées sont consacrées à la musique urbaine et la troisième, à laquelle votre serviteur assiste, s’adresse surtout au grand public. Elle attire d’ailleurs les familles ; depuis les enfants en bas âge jusqu’aux grand parents…

Deux podiums sont séparés chacun de 100 mètres de distance. Le timing est scrupuleusement respecté. Le soleil tape dur et il fait déjà très chaud lorsque Juicy grimpe sur l’estrade. Soit à 13h30. En fait, les filles auraient dû se produire bien plus tard…

Habituées du festival, Julie Rens et Sasha Vonk sont un peu considérées comme les geishas du r&b. Elles vont nous livrer de larges extraits de leur dernier opus, « Mobile », paru en mars dernier.

Le set d’ouvre par le r&b déjanté « Call Me » Les filles sont plantées derrière leurs claviers et Julie dispose de percussions au pied et de cymbales. Elles ont revêtu les mêmes costumes que lors de la présentation du dernier elpee, à l’AB, soit une combinaison en latex de couleur noire constituée d’un pantalon et d’une veste aux larges épaules, bardée probablement de crin de cheval (NDR : ces ensembles ont été confectionnés par Catherine Somers). Il n’y a pas grand monde dans la plaine, mais au fil de show, le public va devenir de plus en plus nombreux. « Late Night » se distingue par les superbes harmonies vocales conjuguées par les deux artistes. Les bonobos du clip n’ont pas été invités pour « Treffles ». Contemporaine, dynamique et plaisante, la musique de Juicy est dominée par les ivoires. Ce qui n’empêche pas la setlist de receler des morceaux plus rock et même rap. Baignant au sein d’une fusion entre jazz et lounge, « Youth » clôt le show…

Setlist : « Call Me », « Late Night », « Treffles », « Seed And Ride », « Bug In », « Truth », « Haunter », « Count Our Fingers Twice », « Common Future », « Youth ».

Un grand espace est réservé aux enfants. Y sont implantés des châteaux et des structures gonflables. Et puis, sur la petite scène, des spectacles sont proposés dans l’esprit des Déménageurs de Perry Rose. Monsieur Nicolas est à l’affiche. Le chanteur/guitariste en a créé un spécialement pour les petites têtes blondes, lors du confinement. Sur les planches, il est accompagné d’un bassiste/percussionniste. Rien de tel que ce type de concert pour éveiller ce jeune public à la musique, et tout particulièrement au rock, folk, et autres musiques contemporaines…  

Saule est de retour. Il se produira sur la grande scène. Le géant montois est soutenu par le claviériste Xavier ‘O’ (Grandgeorge, Mister Cover, etc.), son fidèle bassiste et un batteur, barbu, casquette vissée sur le crâne. Baptiste assure le chant et la guitare semi-acoustique. Il va nous proposer des extraits de « Dare-Dare », son dernier elpee paru en 2021, un album consacré à la chanson française ; mais également des titres plus rock, comme une cover très électrique de « Dusty Men », et puis, en finale, une version instrumentale de deux morceaux enchaînés : le « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana et « Insomnia » de Faithless. Il va même opérer un détour par le reggae et le folk.

Interactif, il s’autorise inévitablement un bain de foule, lors d’un concert qu’on pourrait qualifier de bordel organisé. Car, si sur les planches, il aime amuser la galerie, dans la langue de Voltaire, ses textes véhiculent des messages qui touchent les gens, qui leur parlent… Et à l’issue du spectacle, on pouvait voir le bonheur se lire sur les visages et dans les yeux des spectateurs…

Place ensuite à Coline et Toitoine. Ils se consacrent aux claviers. Elle se réserve le chant, les guitares et l’ukulélé ; et lui l’Ipad et autres machines.

Le falsetto de Coline est parfois très haut perché. Elle pourrait d’ailleurs postuler au Théâtre de La Monnaie. Lors des morceaux le plus dansants, Antoine injecte des beats vitaminés dans l’expression sonore. Le répertoire est interprété tour à tour dans la langue de Shakespeare ou de Molière. Le frère de Coline grimpe sur l’estrade afin de rapper et de slammer en compagnie du duo.

La paire nous réserve plusieurs morceaux issus de l’Ep « Soma », dont un punchy « OAEOA ». Des morceaux électro bien dans l’air du temps, rafraîchissants mais au sens mélodique préservé. Le duo n’en oublie pas son dernier single, « La Salle Aux lumières », une chanson intimiste, au cours de laquelle Coline dévoile l’histoire de sa première relation amoureuse avec une fille et décrit les différents états d’âme par lesquels elle est passée…

Ykons est une formation liégeoise considérée comme les Imagine Dragons belges. Outre cette source d’inspiration majeure, le band est également influencé par Coldplay et Snow Patrol. Pas étonnant que sa musique navigue dans la britpop. Les mélodies sont accrocheuses et l’instrumentation est impeccable. « Red Lights », « Time » et « Sequoia Tree » se révèlent particulièrement entraînants. A propose de Sequoia, c’est également une bière spéciale, conçue par des brasseurs et des musiciens d’Ykons. Une petite question, quand même : où la déguste-t-on cette Sequoia ?

Skarbone 14 est un collectif tournaisien qui pratique une forme de ska teinté de reggae et de punk. Le line up implique deux cuivres (trompette, trombone à coulisses). Ils sont 8 sur le podium, dont un vocaliste qui s’exprime dans la langue de Voltaire. La section rythmique est à la fois solide et efficace. Et la guitare s’enflamme circonstanciellement.  

Le band nous entraîne vers les plages de Kingston où le sable est brûlant ; d’ailleurs les musicos se produisent, pour la plupart, pieds nus. « Pierre Richard » est du voyage. « Le Souffle D’un Sifflet » réchauffe l’ambiance festive. Les textes de « Le bagne des Nuisettes » et « Anonymousse » sont des morceaux à prendre au second degré, mais ils incitent la foule à danser, sans aucune prise de tête. « Moscow » égratigne Poutine. Le soleil tape, la bière coule à flots et les Tournaisiens transforment la fosse en immense dancefloor. Kiff assuré !

Wejdene, c’est la nouvelle icône du r’n’b français. Crinière au vent, sexy, habillée d’un short ainsi que d’un body noir moulant et chaussée de hautes bottes noires, elle attire un public d’ados. Et elle va en ramener des aficionados de cette tranche d’âge. Faut dire qu’elle n’a que 18 ans printemps.

Sa notoriété, elle l’a acquise grâce à ses mixtapes postées sur les réseaux sociaux. Sur les planches, elle est accompagnée par deux danseuses légèrement vêtues, mais également un drummer et un claviériste, alors qu’un molosse veille au grain à droite. De grande taille, musclé, il ressemble à Michael Jordan. Et il scrute l’horizon afin que personne n’essaie d’enlever les donzelles. Les jeunes filles pré-pubères sont à la fête ainsi que les petites têtes blondes, souvent perchées sur les épaules des parents voire des grands-parents. Pas trop la tasse de thé de votre serviteur ; il est donc préférable de s’éclipser…

Il y a du peuple devant le petit podium pour accueillir Dj Daddy K.. Si, si, souvenez-vous, c’est lui qui était associé à Benny B. pour interpréter le mégatube « Mais vous êtes fous ». Et Dj Daddy K. va rapidement mettre le feu dans la foule en diffusant une sélection de titres issus des 80’s et des 90’s… Heureusement, les pompiers ne sont pas loin. La police également. Tout le monde danse à l’écoute son mix entre hip hop et r’n’b. Connu à travers le monde, le Dj connaît son job et est reconnu mondialement. Particulièrement interactif, n’hésitant pas à reprendre les paroles de certaines chansons, au micro, le mec a littéralement retourné la plaine…

Kendji Girac clôt la dernière journée du festival. D’origine manouche, il est né à Périgueux, dans le Périgord. Bien qu’âgé de 25 ans, il est déjà considéré comme une star. Tout de blanc vêtu, il est armé d’une guitare de la même couleur. Il chante, tour à tour en français ou en catalan, ses nombreux tubes. Il est épaulé par un second guitariste, dont les interventions sentent bon Django, les Gipsy King et les Saintes-Maries-De-La-Mer. Il a également eu une petite pensée pour les mamans dont c’est la fête aujourd’hui…

A l’année prochaine !

Juicy + Monsieur Nicolas + Saule + Coline et Toitoine + Ykons + Skarbone 14 + Wejdene + Dj Daddy K. + Kendji Girac

(Organisation : Inc’ Rock)

Les Nuits Botanique 2022 : jeudi 5 mai

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Ce jeudi, le Grand Salon accueille trois formations, dans le cadre des Nuits Botanique. Un espace magnifique habituellement destiné aux expositions d’art. Mais pas grand monde dans cette salle, ce soir, qui peut contenir de 400 à 500 âmes. Trente personnes en début de soirée. Cinquante, au maximum, pour la tête d’affiche, Silverbacks. Les deux autres bands, O et Unik Ubik servent donc de supporting act.

O (NDR : c’est une autre histoire !) ouvre les hostilités. Réunissant Joe Henwood et Tash Kaery, ce duo a été propulsé sur les scènes indie, hip-hop et jazz londoniennes en puisant ses influences chez Radiohead, The Comet Is Coming ou encore Noname. 

Portant de long cheveux blonds, vêtue d’un tee-shirt ‘kickers’, Tash se charge des drums. Elle est entourée de nombreuses cymbales, dont plusieurs sont superposées au-dessus d’un charleston. Elle paraît très à l’aise derrière ses fûts. De grande taille, barbu, Joe est coiffé d’une casquette à penne. Il se consacre au sax baryton, mais dispose de tout un éventail de pédales de distorsion et d’un pupitre équipé de boutons. Un matos qui lui permet de moduler et de déformer les sons de son instrument à sa guise.

Dès le premier morceau, « Ogo », le (maigre) public semble décontenancé. Faut dire que le couple est capable de mêler dub et beats cotonneux.

Poursuivi par les interventions distordues du sax, le drumming semble chaotique. Cependant, cet univers sonore expérimental et capricieux devient progressivement envoûtant. D’ailleurs, les spectateurs commencent à remuer la tête et même à esquisser quelques pas de danse. Un peu comme s’ils étaient ensorcelés par un chamane. Pourtant, la musique est exclusivement instrumentale.

Le band signale qu’il n’a pas encore enregistré sur support, mais que cette étape est proche. Enfin, que des tee-shirts et des gonies sont à vendre au stand merchandising. Un combo à suivre en 2022.

Changement de matos pour Unik Ubik, un quatuor tournaisien qui pratique un punk festif, déjanté, furieux, délirant, transgressif, d’obédience jazz et de tendance psychédélique ; bref, un peu fêlé. Défiant toute tentative d’étiquetage, cette belle équipe est animée par un vrai plaisir de jouer. En outre, les musicos ont opté pour des pseudos à coucher dehors. Jugez plutôt : à la guitare... Orkestralone Seb Dlay (Kofeee) ; à la basse... T.Raznor (Maria Goretti Quartet, Spagguetta Orghasmmond) ; au saxophone… JB (Louis Minus XVI, Cheikh de stael) ; et à la batterie… O'Von Pimpont ; von Basècles.

Répondant au doux nom de « I'm not Feng shui », son troisième opus avait déjà été présenté dans le cadre de l’édition 2021 des Nuits, lors d’un concert accordé à l’Orangerie.

On débute le set par une petite leçon de latin baptisée « Maximum Delirium Maxima ». La jam session débute. La voix est extatique et propice à la méditation. On se croirait au Tibet dans un temple bouddhiste, à moins que ce ne soit un chœur grégorien dont on est tombé sous le charme. Caractérisé par ses riffs répétitifs, « Dan-Jun » nous entraîne en Afrique de l’Ouest. Et lorsque le saxophoniste se déchaîne, tout en affichant une grande maîtrise de son instrument (il est capable de souffler dans deux saxophones à la fois, un baryton et un alto, comme David Jackson du Van der Graaf Generator), on ne peut s’empêcher de penser à l’Orchestre Du Belgistan.

Vraiment cools, le drummer et le saxophoniste ont enfilé des shorts. Légèrement bedonnant, le chanteur/guitariste entretient l’ambiance. Toujours le bonnet rivé sur la tête, il s’aide de deux feuillets pour exprimer des textes brefs et répétitifs. Car la musique est essentiellement instrumentale. ‘Santé’ crie-t-il en s’adressant à la foule tout en empoignant son verre rempli de gin.

Au cours du show, Unik Ubik revisite, à sa manière, 50 ans de musique rock, depuis The Ex à Television, en passant par The Clash, James Chance and The Contortions, et sous un angle contemporain, Black Midi ainsi que Crack Cloud. Et la liste est loin d’être exhaustive ! Funkysant, « Rolled In Flour » réveille en notre fors intérieurs les spectres de Tom Verlaine, Talking Heads et Brian Eno. Unik Ubik n’en oublie pas « I Am Not Feng Shui », le titre maître de son dernier opus, balance quelques riffs bien gras tout au long de « Gypsy’s Revenge » et sort ses griffes pendant « Panther ». A l’issue du set, nul doute que les musicos ont eu une envie irrépressible de se rincer le gosier…

Setlist : « Maximum Delirium Maxima », « Dan-Jun », « Rolled In Flour », « Gypsy's Revenge », « Mesmerize & Vanish », « TSA », « I Am Not Feng Shui », « Cab », « Right Or Contract », « Panther ».

Le renouveau du rock passe aujourd’hui par l’Irlande, et Dublin en particulier. IDLES, Fontaines D.C., Murder Capital ou encore Yard Act en sont les ambassadeurs les plus notoires. Il faudra y ajouter Silverbacks. Le band drivé par les frangins O'Kelly a publié son second LP en janvier 2021. Produit par Daniel Fox, le bassiste de Girl Band (devenu depuis Gilla Band), il s’intitule « Archive Material » et navigue quelque part entre post-punk, art-rock et garage rock slacker.

Impliquant trois guitaristes dont le chanteur (NDR : qui ne joue pas de son instrument en permanence), une bassiste et un drummer, le quintet grimpe sur l’estrade et attaque d’emblée « They Were Never Our People ». La voix de Daniel O'Kelly est plus déclamée que chantée. A la limite du slam, elle emprunte les inflexions de feu Mark E. Smith. Blonde, de petite taille et légèrement enveloppée, Emma Hanlon se charge de la basse, mais assure également les chœurs, d’une voix angélique, créant un élégant contrepoint à l’expression sonore chargée de testostérone.

Entre les morceaux, Daniel s’exprime dans un français maladroitement (en)chanteur ; il répète même, et à plusieurs reprises, la phrase ‘Ils s'entendent pas’, tout au long du titre maître du dernier elpee, le touchant « Archive Material ». Le combo a reconnu que Televison constituait une influence majeure. « Rolodex City » en est la plus belle illustration, même si on décèle des traces glanées chez The Fall, Pavement et même Cate Le Bon. Excellent !

Progressivement, le set devient puissant et plus énergique, mais sans jamais perdre le fil mélodique. Plus déjanté aussi, les grattes se répandant en larsens et riffs déstructurés, alors que la voix nonchalante de Daniel semble se vautrer sur ce lit électrique…

O + Unik Ubik + Silverbacks

(Organisation : Le Botanique)

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Roots And Roses 2022 : dimanche 1er mai

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Dimanche premier mai, c’est la fête du travail… et du muguet. Sous un soleil resplendissant, c’est également celle du Rock à Lessines et la seconde journée du Roots & Roses. Onze heures à l’horloge de l’église sonnent. Ce dimanche, l’affiche est celle qui était prévue en 2021. Mais à cause de la pandémie, le festival avait été annulé. Ou plus exactement reporté. La programmation y est cependant beaucoup plus éclectique que celle de la veille…

Scène Roots : Deadline (11h00-11h35)

Curieux, le groupe qui ouvre le bal, aujourd’hui, a choisi pour patronyme Deadline. Il s’agit d’un power trio qui pratique une forme de heavy-rock-punk-blues-roots. Issu de Charleroi, le combo s’est formé en 2013. A l’origine, il aiguisait ses cordes sur des riffs punks saturés, puis il a été touché par le maléfice de Robert Johnson. Depuis, les musicos sont hantés par les fantômes du blues et du roots.

Costards/cravates, ils sont sapés comme des traders de la Bourse de Londres. Les deux chanteurs, Quiet Ben et Simon Wray, échangent constamment leurs instruments (guitare, basse, harmonica), opérant ainsi des duels épiques, que canalise le drumming de Simon Blue King.

La setlist va nous réserver quelques extraits de l’Ep, « Those Who Inhabit This Land », gravé en 2018, de nouvelles compos et des reprises. Le début de concert est plutôt paisible, « Lair » et « The Armadillo Song » débarquant sur la pointe des pieds. Le calme avant la tempête électrique. Rythmique saccadée, cordes saturées, la tempête sonore peut commencer. Deux reprises : le « When I Was A Young Men » d’Allan Coe et le « Mannish Boy » de Muddy Waters. Il n’en manquait plus qu’une de Chuck Berry. A la fin du show, les instruments sont malmenés, jetés sur le plancher et contre les amplis. On se serait cru à la belle époque du Who.

Scène Roses : High Jinks Delegation (11h35-12h15)

High Jinks Delegation est un octuor cosmopolite, puisqu’il réunit des Américains, des Français et des Belges. En l’occurrence David Davoine (banjo, chant, trombone), Nora Helali (chant), Rebecca Samos (trompette, accordéon), Isabel Sokol-Oxman (violon), Nicolas Lebrun (harmonica, chant), Hervé De Brouwer (guitare), Jean-Luc Millot (drums, chœurs) et Simon Breux (chant, contrebassine*).

Le collectif pratique une musique inspirée par la tradition des ‘jugbands’ américains des années 30, en mêlant ragtime, blues, jazz et country. Et il va nous proposer de larges extraits de son album « One For The Road », paru en octobre 2021. Aux washboard, contrebassine trompette, clarinette et banjo se frottent la batterie, la guitare électrique et l’accordéon. Le set est vivifiant et bourré d’énergie. Ce qui incite le public à danser. 

* La contrebassine est un instrument à cordes pincées artisanal fabriqué généralement à partir d'une bassine en tôle galvanisée tenant lieu de caisse de résonance (plus récemment en plastique), d'un bâton (de la taille d'un manche à balai - ustensile généralement utilisé - tenant lieu de manche) et d'une seule et unique corde, souvent du type corde à linge (source Wikipédia).

Scène Roots : Parlor Snakes (12h15-12h55)

Place ensuite à Parlor Snakes, un duo franco-américain établi à Paris. Sur les planches, Eugénie Alquezar et Peter K sont soutenus par des musicos qui varient selon les circonstances. Ce soir, le tandem est épaulé par un bassiste et un drummer. Portée par la voix élastique et intense d’Eugenie, la musique explore les croisements lugubres entre punk, garage/pop et psyché. Dans l’esprit de son dernier elpee, paru en 2019, « Disaster Serenades ». Mais est-ce vraiment du garage, de la pop ou du punk. Peut-être un peu de tout ça à la fois, concentré au sein d’un cocktail explosif et lascif…

Scène Roses : Siena Root (12h55-13h35)

Siena Root n’est pas une formation italienne, mais suédoise, issue de Stockholm, très exactement. Fondée à la fin des 90’s, elle puise ses influences majeures dans le rock psychédélique des années 60 et 70. Le quatuor compte quand même douze elpees au compteur dont le dernier, « The Secret Of Our Time », et paru en 2020. Première constatation, en général, l’orgue domine l’expression sonore, un orgue aux sonorités denses, vintages que se réserve Zubaida Solid. C’est également elle qui se consacre au chant, parfois à la seconde sixcordes, sa voix soul/blues surprenante évoquant même parfois celle de Janis Joplin. Et le tout est dynamisé par les cordes de guitare hurlantes et la grosse section rythmique basse/batterie…

Scène Roots : The Cynics (13h35-14h15)

Encore un groupe de vétérans ! Pratiquant du rock/garage, The Cynics est issu de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Fondé en 1983, il s’est séparé en 1994, avant de se reformer en 2002. Il a souvent changé de line up, et aujourd’hui, il ne reste plus que le guitariste Gregg Kostelich comme membre originel, le chanteur Michael Kastelic ayant rejoint le band en 1985. Le quatuor est aujourd’hui complété par le drummer Pablo González ‘Pibli’ et le bassiste Angel Kaplan.

« Baby What Wrong » ouvre les hostilités. Les sonorités de gratte sont écrasantes. Michael Kastelic ne chante pas, il vocifère. Et Kostelich souffle dans son harmo. Un morceau réminiscent des prémices du punk, lorsque la désorganisation était au pouvoir. L’orgue Hammond infiltre généreusement « Way It's Gonna Be ». Les compos oscillent du punk au rock garage en passant par le rhythm’n’blues. D’abord paisible, « Get My Way » finit pas s’emballer et opère même un crochet par le psychédélisme. Le public jeune semble complètement subjugué. A tel point qu’il reste bouche bée à l’écoute de « You Got To Love » et « All These Streets ». On reprochera quand même au band de pousser un peu trop le volume sonore et puis surtout les hurlements incessants de Kastelic…

Scène Roses : Chatham County Line (13h35-14h15).

Outre-Atlantique, Chatham County Line est considéré comme une figure marquante de la scène roots. Fondé en 1999, à Raleigh, en Caroline du Nord, le band a publié 13 albums, dont le dernier, « Strange Fascination », est paru en 2020. Le trio est actuellement constitué de David Wilson au micro, de John Terer au banjo, à la mandoline et au violon, ainsi que du contrebassiste Greg Readling, parfois reconverti à la pedal steel.

Ces vieux routards s’inscrivent dans le renouveau de la scène bluegrass américaine. Et dès les premiers accords, le combo nous entraîne à travers les grandes plaines américaines. Sonorités acoustiques (mandoline, banjo, harmonia) et électriques (guitares, pedal steel) se fondent dans un bel ensemble. A l’instar de « Crop Comes In ». Parfois, on a l’impression de revivre des moments partagés autour d’un feu de camp, au cours de notre jeunesse. « Free Again » s’avère presque cajun, alors « Girl She Used To Be » bénéficie d’une intervention puissante au violon…

Scène Roots : The Italian Job (14h55-h15h40)

The Italian Job, c’est le nom d’un thriller des années 60. C’est aussi celui d’un projet éphémère, qui se produira une seule et unique fois au Roots & Roses 2022, alors qu’il était prévu déjà en 2020. Le groupe d’un soir réunit la crème des mafiosi du rock’n’roll qui militent en Belgique. On y retrouve ainsi Marcella Di Troïa (Black Mirrors) et Giacomo Panarisi (Romano Nervoso) aux vocaux, Lord Bernardo (Boogie Beasts) à l’harmonica, Jeremy Alonzi (Experimental Tropic Blues Band), qui a troqué sa guitare pour les claviers ainsi que Lucas Lepori (Romano Nervoso) et Mario Goossens (Triggerfinger, Sloper) derrière leurs fûts. Bon, Mario n’est pas vraiment italien. Mais il vu l’origine de son prénom, ça peut passer. Particularité, il y aura deux batteurs. A gauche, Mario Goossens, considéré comme le meilleur en Belgique.

Le collectif a composé un répertoire original spécialement pour la circonstance et va nous interpréter sa version de « Roots & Roses », l’hymne du festival composé par Fred Lani, en 2014.

Le set s’ouvre par « 21 St Century Boy ». Giac est aux drums. On n’entend pas assez la voix puissante de Marcella. Il y a 9 musiciens sur les planches, et ce n’est pas un exercice facile pour l’ingé-son, surtout quand se produisent des musiciens issus de différents horizons. Le temps de quelques réglages et on retrouve son timbre hanté et chamanique. En outre, elle ne tient pas en place. Tout comme l’harmoniciste. A contrario, assis derrière les ivoires, Jeremy affiche une paradoxale sérénité. La maîtrise technique de Mario à la batterie est impressionnante. Le set va osciller entre blues et rock’n’roll. Et lors de titres les plus percutants, la foule danse et même parfois pogote. Faut dire que les aficionados louviérois, liégeois et anversois ont débarqué en nombre…

Mais l’intensité atteint son point culminant sur « Mother Earth » et « May Satan Bless You ». La version du « Roots And Roses » de Fredéric Lani est attaquée sur l’avant-dernier titre de la setlist. Puis, le concert s’achève par « Let Sabath ». La foule en veut encore, mais il n’y aura pas de rappel.

Setlist : « 21 St Century Boy », « Mother Earth », « Child Hood Witch », « May Satan Bless You », « Gentle Boogeyman », « Angels Lullaby », « Roots And Roses », « Let Sabath »

Scène Roses : Equal Idiots (15h40-16h25)

Equal Idiots est un tandem réunissant Thibault Christiaensen (chant et guitare) et Pieter Bruurs (batterie). Originaire d’Hoogstraten, dans la province d’Anvers, il s’est véritablement révélé, l'automne 2016, lorsqu'il a remporté le prix du public lors du concours ‘De Nieuwe Lichting’ et atteint la finale du Humo's Rock Rally.

Le set s’ouvre par le garage/punk « Knife And Gun » et tout au long de « Hippie Men », on entend des chiens aboyer. Des bandes préenregistrées, vous vous en doutez. Le duo sulfureux reprend le « Ça Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand. Ce qui met le souk sous le chapiteau. La foule reprend même les paroles en chœur. Les deux jeunes gaillards ne manquent, en outre, pas d’humour. Rien que le patronyme de la paire, en est une parfaite démonstration. Et musicalement, il s’inscrit dans parfaitement dans la lignée de Black Keys et Black Box Revelation.

Scène Roots : The Lords Of Altamont (16h25-17h10)

Il est assez incroyable qu’après plus de dix ans de Roots & Roses, The Lords of Altamont n’ait jamais figuré à l’affiche. L’injustice est donc réparée en 2022. Le line up réunit le guitariste Dani ‘Dani Sin’ Sindaco, le bassiste Rob Zim, le drummer Barry Bonkers et bien sûr le chanteur/claviériste Jake ‘The Preacher’ Cavaliere. Cet ex-Fuzztones et ex-manager des Cramps s’est installé, depuis quelques années, derrière les claviers pour les Sonics. Originaire de Los Angeles, en Californie, le combo puise ses références majeures dans le hard rock, le psyché/rock américain et le garage. Son sixième opus, « Tune in Turn on Electricity », est paru en 2021. Il constitue l’essentiel de la setlist.  

Les sonorités d’orgue sont véritablement hypnotiques. Ce qui ne signifie pas que les riffs de guitare de Dabi Sin, les lignes de basse de Rob Zinn et la batterie serrée de Barry 'The Hatchet' van Esbroek jouent un rôle secondaire. Non, ces nuances apportent une forme de subtilité et d'originalité au son. Puissant ! Parfois un peu trop. Et des morceaux tempétueux comme « Death On The Highway », « Going Downtown » et « Cyclone » menacent et finissent par vous exploser à la figure…

Scène Roses : Sloper (17h10-17h55)

Il n’y a pas à dire, le timing est scrupuleusement respecté. Sloper, c’est le projet commun de deux batteurs d’exception qui a vu le jour en 2019. Celui de Mario Goossens (Triggerfinger), et la légende néerlandaise César Zuiderwijk (Golden Earring). Le line up est complété par le guitariste Fabio Canini et le chanteur/guitariste anglais Peter Shoulder.

Le chapiteau est plein à craquer pour assister à ce show ! Une estrade a été installée sur le podium. Mario s’y installe à gauche et César à droite. Ils sont séparés d’un énorme tambour placé en hauteur entre les deux. La grosse caisse de Mario est imposante. Assez technique, l’un des deux guitaristes déambule de gauche à droite et inversement. Il lui arrive de reproduire des solos, couché au sol. Pas de bassiste. Britannique, le second gratteur est coiffé d’une casquette en pied de poule. Les deux sixcordistes entrent régulièrement en duel, en se faisant face. César et Mario affichent de larges sourires. Détendus, ils font régulièrement le pitre et viennent même frapper sur les peaux des drums du voisin ; mais le plus génial, c’est que les deux batteurs soient capables de trouver un parfait équilibre dans leurs drummings respectifs. Les deux musiciens y expriment leur personnalité et leur jeu sans tomber dans le piège de la démonstration virtuose, qui n’est jamais loin dans ce genre de projet. C’est inévitable, Mario imite l’avion sur sa grosse caisse et incite l’auditoire à chanter et applaudir. C’était une figure de style attendue ! Un concert solide pour Sloper, dont la musique a parfois rappelé les meilleurs moments d’Eagles of Death Metal…

Scène Roots : The BellRays (18h00-19h00)

C’est la troisième fois que The BellRays se produit au Roots & Roses. Puissante, la voix de Lisa Kekaula se frotte parfois à la soul et au gospel. De temps à autre, elle se sert d’une cymbalette. Bob Vennum ne lésine pas sur les riffs énergiques. Le drumming sauvage voire tribal de Dusty Watson et les assauts de basse commis par Bernard Yin sont vraiment en phase. « Everybody Get Up » et « Perfect » remuent les tripes. « Third Time's The Charm » balance la purée. Sauf, que votre serviteur commence à avoir la dalle et qu’il est donc temps de se restaurer…

Il fait d’ailleurs l’impasse sur le set de Giant Sand

Scène Roses : The Inspector Clouzo. (20h10-21h10)

Car il faut être fit and well pour assister à la prestation The Inspector Clouzo. Un duo gascon originaire de Mont-De-Marsan. Des rockers qui cultivent du bio, élèvent des canards ainsi que des oies. La moitié de l’année est consacrée à la ferme et l’autre au rock’n’roll. Le guitariste Laurent Lacrouts et le batteur Mathieu Jourdain ont fondé ce projet en 2008. Il y a du peuple sous le chapiteau pour assister au show. La combinaison de hard rock et de funk est toujours aussi efficace. Laurent signale ne jamais préparer de setlist, toujours bien militer au sein d’un band indépendant, de s'autoproduire et de se financer à 100%. chez Virgin Angleterre. Le tandem va nous réserver, en exclusivité, des morceaux issus du futur elpee qui sortira en 2023. Après le concert, Laurent a promis de transmettre la setlist à votre serviteur, fin de semaine, car mardi il fallait planter 6 hectares de maïs… N’empêche, à l’issue d’un tel festin gascon, il y avait de quoi être rassasié.  

Il reste deux groupes à l’affiche : The Limiñanas et la formation helvète The Monsters qui clôture ce Roots & Roses. Votre serviteur a assisté à 26 concerts sur 29. C’est bien, il est fatigué et il décide de rejoindre ses pénates… Merci Fred Maréchal et Myriam Boone. A l’année prochaine, sans faute !

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

 

Roots & Roses 2022 : samedi 30 avril

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Après deux années d’interruption, suite à la pandémie covid 19, le Roots & Roses est de retour. Et le festival se déroulera sur deux journées. Soit le 30 avril et le 1er mai. Il y a du soleil, mais le vent est glacial. Heureusement, la musique réchauffe les corps et les cœurs.

Le 30 avril a programmé l’affiche de 2020 et le 1er mai, celle de 2021. Il y a quand même quelques changements et surtout la défection de Pokey LaFarge (la guerre en Ukraine a créé une certaine confusion chez certains artistes américains) ; cependant Fred Maréchal a déniché quelques perles pour pallier à ces absences. Trois nouveaux noms sont ainsi venus rejoindre l’affiche. En l’occurrence Monsters, les BellRays et le Giant Sand de Howe Gelb. Au total, 29 groupes ou artistes étalés sur les deux jours. Une affiche ambitieuse, généreuse, riche de découvertes et d’inattendus. La programmation fait cependant la part belle aux groupes belges :  Bertrand Lani & The Mudbugs, SONS, Deadline, Equal Idiots, High Jinks Delegation et Sloper. Et bien-évidemment, le supergroupe noir-jaune-rouge, créé pour la circonstance : The Italian Job qui réunit Marcella Di Troïa (Black Mirrors), Romano Nervoso, Lord Benardo (Boogie Beasts), Jérémy Alonzi (Experimental Tropic Blues Band) et Mario Goossens (Triggerfinger, Sloper !) Le collectif a enregistré le traditionnel hymne consacré au Roots & Roses ; ce sera assurément un moment à ne pas manquer le dimanche. Nouveau : un camping est accessible aux festivaliers. Et puis on retrouve les chapiteaux, l’espace détente, les stands food locaux ainsi qu’une foire aux vinyles et albums rares, à prix démocratique.

Passons donc en revue la journée du samedi :

Scène Roots : Bertrand Lani & The Mudbugs (11h30-12h05)

Bertrand, c’est le frère cadet de Frédéric, le leader de Fred and The Healers. Il a fondé son propre band, Bertrand Lani & The Mudbugs. Si la famille a biberonné ses fils au rock, au blues et à la country, il faut croire que la guitare servait déjà de hochet. Bertrand s’intéresse davantage à l’americana. Son backing group implique Valentin Marchal-Marchant (basse, contrebasse), Jean-Philippe Jasienski (batterie), Stéphane Pigeon (sax), Philippe Eliaers (trompette) ainsi que Jérémy Frisch (claviers). Bertrand se consacre au chant et aux guitares (électriques et semi-acoustiques). A ce jour, le combo a publié deux elpees, « Small Bowl » (2016) et « It Gets Bluer In A While » (2021). Ce n’est pas la première fois que Bert ouvre le festival.

Si Bertrand se plante au centre du podium, les cuivres (saxophone basse et baryton, trompette et trombone à coulisse) s’installent à gauche.

« Black Beard And blue Mood » nous entraîne à travers les grandes plaines du Far West. Titre maître du second opus, « It Gets Bluer In A While » embraie (NDR : en studio, Fred, Bruno Castellucci et Jack O Roonie avaient participé aux sessions). Bert est particulièrement cool et assure également à la sèche, notamment en picking. Tout au long de « A Amazing Journey », la richesse de la mélodie et la justesse des arrangements servent les mots de l’artiste.

« Countryside », titre maître du dernier opus, évoque la campagne de Maredret, où Bertrand et Fred ont passé leur enfance. On épinglera encore une superbe reprise de « Tout l’Amour » de Dario Moreno ainsi que « I’m Not A Cheater » qui achève un set bien équilibré, partagé entre titres paisibles et plus rythmés, d’une musique oscillant entre country (surtout), blues et soul…

Setlist : « Black Beard And Blue Mood », « It Gets Bluer In A While », « An Amazing Journey », « Somes Faces », « Countryside », « Tout L’Amour », « Movin’ With The Times », « Ice Cold Kisses », « I’m Not A Cheater ».

Scène Roses : Trixie And The Trainwrecks (12h10-12h50)

Fondé à Londres, ce duo réunit Trinity Sarratt et Charlie Hangdog. Elle est américaine et vit à Berlin depuis l’âge de 18 printemps. Il est britannique et s’est également établi dans la capitale de l’Allemagne.

Casquette vissée sur le crâne, lunettes fumées chaussées sur le nez, Trixie chante, joue de la guitare et en même temps se consacre aux percus : un charleston, une cymbale et une grosse caisse actionnée par une pédale au pied. Mais en début de concert, l’accessoire va se détacher ; ce qui va forcer un roadie à jouer au dépanneur. Charlie se réserve l’harmonica. Il a le souffle inépuisable. Elle a une voix puissante. La setlist privilégie les morceaux issus du troisième et dernier LP, « 3 Cheers To Nothing, gravé en 2018. Sarratt exprime ses sentiments de solitude et d'éloignement sur la ballade, « No Good Town ». Lorsqu’elle s’est rendue à San Francisco pour se produire en concert, elle a eu l’impression de ne plus être qu’une étrangère, dans sa ville d’origine. Country/blues ou americana, l’expression sonore dispensée par Trixie And The Trainwrecks, au cours de ce set, est à la fois harmonieuse et rythmée, parfois même sauvage, lorsque les cordes s’enflamment. Dommage que la prestation soit aussi courte…

Scène Roots : The Black Wizards (2h55-13h35)

The Black Wizards nous vient du Portugal. Ce soir, le quatuor est réduit à un trio. Comme ils se plaisent à le colporter, ces jeunes musicos sont nés à l’heure du numérique mais se consacrent à un son analogique.  

Apre, la rythmique contraste avec la voix de la chanteuse/guitariste Joana Brito. Une voix tellement puissante qu’elle domine la section rythmique basse/batterie. Parfois, cette voix rappelle celle de Janis Joplin. Le stoner psychédélique de ce band puise manifestement ses sources dans les 60’s et les 70’s. Le volume sonore est peut-être un peu excessif, mais le concert est particulièrement au point, le power trio affichant une technique irréprochable. Ce qui n’empêche pas les compos de libérer une belle énergie et de procurer d’excellentes sensations…

Scène Roses : Moonshine Wagon (13h40 - 14h20)

Après le Portugal, cap sur l’Espagne. Ou plus exactement le pays basque.

Jean-Paul Wiseman (Classic 21), le présentateur signale que les musicos de Moonshine Wagon se produisaient la veille, à Bordeaux. Ils ont effectué le trajet en tour-bus et c’est Jack Daniels (NDLR : le musicien ou celui qui se siffle ?) qui les a tenus éveillés. Bien que se limitant à des instruments acoustiques (guitare, violon, contrebasse, percussions et banjo), le combo libère une belle énergie sur les planches. Il pratique une forme de bluegrass parfois teinté de punk. Les textes sont interprétés le plus souvent en anglais, mais également en basque. Ils vont littéralement mettre le feu dans l’auditoire. Et Jack Daniels est également de la partie, sur l’estrade. Barbus, trois d‘entre eux ont un look à la ZZ Top.

C’est la première claque du festival !

Scène Roots : Nine Pound Hammer (14h25- 15h05).

Nine Pound Hammer est issu de Lexington, dans le Kentucky. A sa tête, le chanteur Scott Luallen et le guitariste Blaine Cartwright, par ailleurs leader de Nashville Pussy, déjà vu au Zik-Zak d’Ittre. Son mélange huileux voire graisseux de blues, cow punk, hard et southern rock dépote et nettoie les portugaises, nonobstant un souci de préserver le sens mélodique…   

Scène Roses : Jesse Dayton (15h10-15h50)

Né à Beaumont, mais établi à Austin, Jesse Dayton est un pur texan au parcours de vie incroyable. Il mène désormais une carrière solo indépendante, après avoir collaboré avec quelques-uns des plus grands noms de la scène américaine : de Willie Nelson à Townes Van Zandt en passant par Johnny Cash, Supersuckers et Social Distortion. Ce dernier a également collaboré avec le réalisateur de films d'horreur Rob Zombie pour composer quelques musiques de films. Ce sont toutes ses expériences qu’il répercute sur son dernier elpee, « Beaumonster ».

Jesse grimpe sur les planches, accompagné par une section rythmique classique basse/batterie. Entre bluegrass, country, americana et hillbilly, la musique proposée est harmonieuse, paisible et entraînante. Dayton rend de nombreux hommages à Johnny Cash. Et il est même capable de moduler sa voix qui ressemble alors étrangement à celle du Man In Black. En outre, il manifeste beaucoup d’interactivité. Ce qui colle parfaitement au style de ce power trio.

Scène Roots : The Morlocks (15h55-16h35)

Malgré 20 années de carrière The Morlocks n’a gravé que trois albums, à ce jour. Faut dire que fondé en 1984, le groupe s’est séparé en 1987 avant de se reformer en 2011. Originaire de San Diego, en Californie, il est responsable d’un garage/rock teinté de rock’n’roll et de punk.

Devenu une véritable institution dans le style, il libère une sauvagerie et une énergie qui évoquent tour à tour, Ramones, Jim Jones Revue, les Stooges et même les Stones. Faut dire que le quintet implique des ex-membres de groupes cultes comme Fuzztones, Cheeks, Link Wray ou encore Sonny Vincent.

Le band est toujours mené de main de maître par son charismatique chanteur à la voix écorchée, Leighton Koizumi. Riffs de guitares acérés, chargés de fuzz, drumming tribal, The Morlocks célèbre un retour aux sources de l’underground garage bien sale des années 60…

Scène Roses : GA-20 (16h40-17h20)

GA-20 est une formation issue de Boston dans le Massachussetts. Son patronyme n’est autre que le nom de l’amplificateur de guitare fabriqué par Gibson de 1950 à 1961.

C’est Matthew Stubbs qui a fondé le groupe, en 2018. Il a aussi accompagné Charlie Musselwhite (le binôme parfait de Ben Harper), à la guitare.

Le band pratique principalement du ‘chicago blues’. Pas de bassiste, mais deux guitaristes qui se servent de grattes issues des années 60 à 70 et de pédales de distorsion, communiquant à l’expression sonore des accents psychédéliques (NDR : une empreinte qui s’explique, puisque Matthew, barbu et la chevelure bouclée, est également le leader d’un combo psyché répondant au nom de The Antiguas).

Belle découverte !

Scène Roots : Sons (17h25- 18h10).

Sons est la première formation belge à se produire, dans le cadre de cette édition 2022 du Roots & Roses. Un quatuor anversois impliquant le guitariste/chanteur Robin Borghgraef, le bassiste Jens De Ruyte, son frère Arno à la seconde six cordes et le drummer Thomas Pultyn. Le magazine américain Rolling Stone n’en dit que du bien. Il a fait un tabac, au Trix d’Anvers, il y a quelques jours.

Il vient de publier son second long playing « Sweet Boy ». Et la setlist va privilégier les titres de cet LP.

Ces petits jeunes ont de l’énergie à revendre et dispensent un punk/rock/garage brut de décoffrage.

« Succeed » ouvre les hostilités. Les riffs de guitares sont lourds et particulièrement graisseux. Le band embraie par « LOVE », un morceau percutant et efficace de deux minutes qui raconte l’histoire d’une personne assassinée par un groupe d’homophobes. Et le reste du set va se révéler aussi saignant, démontrant que Sons est vraiment taillé pour le live….

Scène Roses : Jake La Botz (18h15- 19h00)

Jake La Botz est un habitué du festival, où il est apparu régulièrement, depuis 2004, en solo ou au sein de diverses formations. C’est un peu le chouchou du public lessinois. Jake mène une double carrière. Celle de musicien, d’abord. Puis d’acteur de cinéma. Il a ainsi été révélé par Steve Buscemi. Son dernier album, « They're Coming For Me », remonte à 2019.

Avant de véritablement lancer sa carrière musicale, il a joué dans la rue, les bars, les salons de tatouage, et même dans les églises, à Chicago. C’était au cours des 80’s. Et ce vécu se ressent dans sa musique. Il puise ses sources d’inspiration chez David ‘Honey Boy’ Edwards, l’ancien compagnon de route de Robert Johnson, mais également Homesick James et Maxwell Street Jimmy Davis. Que de belles références ! Enfin, sa musique oscille entre blues, delta blues et americana.

Le concert s’ouvre par le marécageux « Nickels and Dimes ». Puissante et claire, sa voix évoque celle de Fred Lani. Entraînant, « Shaken & Taken » baigne dans la country. Il n’en oublie pas son dernier single, « First McDonell's on the Moon » …

Scènes Roots : The Godfathers (19h05-20h05)

C’est au tour d’un des plus dignes représentants du pub rock anglais, encore en activité, de monter sur l’estrade. La naissance de The Godfathers remonte quand même à 1985. La formation est surtout connue pour son hit planétaire, « Birth, School, Work, Death » sorti en 1988. Et c’est la seconde fois qu’elle se produit au Roots & Roses.

Outre le chanteur Peter Coyne, le line up implique les guitaristes Steve Crittal et Alex McBain, le bassiste Darren Bitch et le drummer Tim James.

Peter Coyne affiche toujours la même rage matinée de classe british. Le combo nous propose un étonnant « Johnny Cash Blues », rendant ainsi un second hommage au maître de la country, ce samedi. « Unreal World » véhicule des accents funky. La setlist nous réserve « Lay That Money Down », un extrait du futur album qui s’intitulera « Alpha, Beta, Gamma, Delta ». « One Good Reason » constitue une petite perle pop énervée. Les chœurs montent en crescendo tout au long de « She Gives Me Love ». The Godfathers s’est montré convainquant tout au long du show grâce à une présence effective et un jeu de guitare tranchant comme un fil de rasoir. Une prestation qui s’est clôturée par l’inévitable « « Birth, School, Work, Death » …

Scène Roses : Flamin’ Groovies (20h10-21h10)

Les Flamin’ Groovies, c’est une autre légende du rock. Le groupe s’est formé en 1965, à San Francisco, par Ron Greco, Roy Loney et Cyril Jordan. Du line up originel, il ne reste plus que ce dernier. A l’origine, le band ramait à contre-courant du mouvement flower power célébré, alors, sur la West Coast, en proposant un rock’n’roll/blues survolté et hargneux.

Si en ‘live’ « Tore Me Down » et « Way Over My Head » se révèlent toujours aussi sauvages et incisifs, les titres les plus rock comme « Yes, It's True », « First Plain Home » et l'incontournable « Teenage Head » sonnent finalement très actuels, et pourraient facilement figurer au répertoire de bon nombre de bands qui ne jurent que par les sixties…

Scène Roots : The King Khan & BBQ Show (21h15-22h15)

King était annoncé comme le roi du Roots & Roses. Accompagné de son comparse Mark ‘BBQ’ Sultan, il devait repousser, au sein de sa troupe, les limites du blues doo-wop avant de les faire voler en éclats à coup de garage rock débridé. Il débarque sur le podium, en calbutte, torse nu et revêtu d’une cape noire. Il n’a vraiment pas l’air dans son état normal. Il est tellement défoncé qu’au cours de sa prestation, il part gerber du côté droit de la scène. On attendait que The King Khan & BBQ Show consacrel’apothéose du garage rock et de la soul psychédélique. On a eu droit à une vulgaire pantomime. Si bien que votre serviteur est allé voir ailleurs, si la nourriture était plus ragoûtante. Ce qui était, heureusement, le cas…

Scène Roses : The Black Lips (22h20 – 23h30)

The Black Lips clôture donc cette longue journée. Issue d’Atlanta, en Georgie, cette formation a connu, depuis sa naissance, de nombreux changements de musiciens. Si bien que du line up originel, il ne demeure plus que le chanteur/guitariste Cole Alexander et le bassiste Jared Swilley. Le duo est soutenu par le drummer Oakley Munson, le second sixcordiste Jeff Clarke et la saxophoniste Zumi Rosow, une véritable icône de la scène underground à Los Angeles qui s’est imposée dans l’univers de la mode, devenant l’ultime muse de Gucci.

Le rock garage de The Black Lips est interprété avec un maximum de dérision et sous une forme nihiliste, afin de pouvoir déboucher sur un grand moment festif et heureux. Le combo est venu nous présenter de larges extraits du nouvel album, « Sing In A World That's Faling Apart », dont le single « Odelia » constitue un futur hit en puissance. S’il est réputé pour ses shows provocateurs, cette outrance déborde d'énergie positive. Après « Sea Of Blasphemy », « Holding Me Holding You », « Gentleman » et « Dirty Hands », le public est sur les rotules. Bref une belle clôture pour ce premier jour de festival un peu frisquet. The Black Lips a démontré que le rock n’est pas mort, qu’il peut toujours être subversif et synonyme de contre-culture…

A demain !

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

 

 

 

Les Nuits Botanique 2022 : lundi 2 mai

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Another night in with Tindersticks…

Tindersticks célèbre les 30 ans de la sortie de son premier album (NDR : un éponyme), mais également celle d’un ‘best of’ (en mars dernier). Et quoi de mieux que les Nuits du Bota (et la classieuse salle Henry le Bœuf du Bozar) pour fêter cet événement, lors de sa tournée programmée dans des auditoires prestigieux. On se souvient, entre autres, de leur passage aux mêmes Nuits, en 2001, pour un quadruple concert, bénéficiant alors du concours de différents guests et ensembles musicaux.

Et ce soir, l’affiche nous promet fièrement, et à nouveau, la présence d’invités et d’un orchestre. Le concert est bien entendu sold out. Les portes se ferment sur le coup de 20h15, et les trois membres originaux du groupe s’emparent du front de scène, soit David Boulter, Neil Fraser et bien sûr Stuart Staples (moustache et grand chapeau vissé toute la soirée sur la tête). Ils sont suivis par Dan McKinna (NDR : il milite au sein du line up depuis 2007) qui alternera la basse et les claviers, durant toute la soirée.

La set list débute déjà par une surprise, en l’occurrence le délicat « Willow », issu du dernier opus solo de Stuart. Le batteur Earl Harvin (dernier arrivé dans le band, en 2010), rejoint discrètement le reste de la troupe, dans un début de concert toujours empreint de sérénité. Un violoncelliste intervient en fin de parcours pour « She’s gone », avant que l’orchestre annoncé, une douzaine de musiciens d’un ensemble à cordes, s’installe sur le côté droit du podium. Ce qui va communiquer une toute autre dimension au spectacle ! Véhiculant des accents empruntés à Calexico, le très rythmé « Her » réveille soudainement la foule. Et déclenche une première salve d’ovations.

Mais le point d’orgue de la soirée est atteint lors du mélancolique « Another night in », transcendé par les violonistes qui vous flanquent des frissons à chaque accord. Pas de temps mort, puisque « City sickness » embraie, un moment savouré, car ce titre figure rarement dans la set list de Tindersticks.

La tension retombe quelque peu pendant « How he entered » et la cover de Peggy Lee, « Johnny Guitar ».

Pendant ce temps on se demande également quand les guests annoncés vont donc débarquer ? Première réponse : lors du « Travelling light », en compagnie de Gina Foster.

Petite parenthèse et souvenir : l’une des rares fois où le duo original s’était produit sur les planches, pour interpréter ce titre, c’était dans le cadre du Cactus festival, à Bruges, en juillet 2000. En effet comme les Walkabouts étaient à l’affiche, Carla Togerson avait rejoint Stuart sur le podium et les deux artistes avaient dû s’aider d’aide-mémoires, avouant n’avoir jamais pu interpréter cette chanson ensemble, en live, auparavant.

Après ce deuxième pallier, orchestre et backing vocal renforcés, le show ne baissera plus d’intensité. Tout comme l’enthousiasme du public. Lors du dernier titre, « For the beauty », feutrée, l’instrumentation (principalement les claviers) laisse toute la place à l’amplitude vocale de Stuart, que l’on constate intacte malgré le poids des années.

Après déjà près de 2 heures de prestation, le public se demande s’il aura encore droit à un rappel, qu’il réclame ardemment. Il sera gâté par pas moins de quatre titres supplémentaires. Proposé sous une version longue, « My sister » bénéficie du concours d’un trompettiste qui y ajoute un crescendo. Sur « Tiny tears », l’orchestration, ici mélancolique et douce, tranche avec les tons graves poussés par la voix de fossoyeur baryton du leader. Un titre qui résume à lui seul une des grandes caractéristiques de la formation.

Et en final, après de longs remerciements, le leader entame un « For those… » qui sonne comme un au revoir, soutenu par Dan McKinna en backing vocal.

Une prestation de haut vol, sonnant comme un ‘best of’, qui cadre donc bien avec la compilation sortie en mars, « Past Imperfect : The Best Of Tindersticks '92-’21 ». A (re)découvrir d’urgence, pour parcourir la riche et longue carrière du band de Nottingham…

Setlist : ‘Willow”, “A Night So Still”, “Medicine“, “She's Gone“, “Sleepy Song“, “Her“, “Another Night In“, “City Sickness“, “How He Entered“, “Trees Fall“, “Pinky in the Daylight“, “Both sides of the blade“, “Johnny Guitar (cover de Peggy Lee)“, “Travelling Light“, “My Oblivion“, “Show Me Everything“, “This Fire of Autumn“, “For the Beauty“

Encore : ”My Sister“, “Harmony Around My Table“, “Tiny Tears”, “For those…”

(Organisation : Les Nuits Botanique)

Tindersticks

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Fleddy Palooza 2022 : samedi 16 avril

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Fleddy Melculy a donc programmé la troisième édition de son ‘Fleddy Palooza’ (NDLR : le ‘lollapalooza’, dans un coin de la tête), ce samedi 16 avril 2022. Les deux premières s’étaient déroulées en 2017 et 2019. Le groupe flamand y invite, chaque fois, les pointures du métal qui sévissent au Nord de la Belgique. En septembre 2021, le groupe a gravé son 4ème album, « And Just Niks For All ». Ouverture des portes à 15h00. On se demandait quand même quel serait l’ordre de passage des groupes ; car rien n’avait filtré sur le net. Le festival n’a cependant attiré que 350 âmes…

Hippotraktor

Les hostilités débutent dès 16h30 par Hippotraktor, un poulain de l’écurie allemande Pelagic. Réunissant des musiciens issus de Psychonaut et Before He Shot Her, cette formation malinoise a publié son premier elpee, « Meridien », en octobre 2021. Elle pratique une forme de metal, qu’on pourrait qualifier de sludge progressif, les compos se révélant tour à tour sauvages ou fluides. Particularité, le line up implique deux vocalistes. Chevelu, Stefan De Graef, tient solidement son pied de micro et lorgne constamment vers le second, Sander Rom. La tignasse blonde, il se cache derrière les amplis entre chaque chanson. En fait, il est normalement préposé à la guitare, mais comme il s’est blessé, il se limite aux parties vocales. C’est Chiaran Verheyden qui se consacre à la six cordes, alors que Jakob Fiszer se réserve la basse et Lander De Nyn, les drums.

Deux toms basse sont mis à la disposition de Stefan, qui ne va cependant s’en servir qu’à deux reprises. Point d’orgue du set, « God Is In The Slumber » se distingue par la rythmique basse-batterie-percussion très prog. Une rythmique qui se révèle particulièrement saccadée sur « Joncture », un autre morceau prog au cours duquel les cordes électriques paisibles et le tempo martial jouent sur les contrastes. Un peu court, mais excellent !

Coffin Feeder

Chez Coffin Feeder, les musicos sont issus des trois régions différentes de la Belgique. Le band implique des membres d’Aborded et Leng Tch’é, ainsi que le chanteur de Fleddy Melculy, Jeroen Camerlynck, reconverti pour la circonstance, à la guitare. La setlist est puisée au sein d’un Ep 6 titres. Baptisé « Stereo homicide », il est paru début mars 2022. Quelque part entre screamo, death metal, grindcore et hardcore, la musique de Coffin Feeder décoiffe littéralement. Au micro, Sven hurle à s’arracher les cordes vocales. Parfois, ses cris supplantent le volume des drums. Sur les planches, Sven est partout à la fois. Heureusement que le set n’a duré que 30’, sans quoi, il terminait aphone. Une prestation énergique, mais franchement assourdissante !

Setlist : « Volumes », « Plug It In », « Dead Or Alive, You’Re Coming With Me », « Capture For », « Consumption », « Toolbox », « DFENS », « A Good Supply Of Body Bags », « Stereo Homicide », « Doomsday Device », « Several Survival »

Bark

Place ensuite au trash metal de Bark. Dont le sigle est reproduit sur une toile à l’arrière du band, soit celle d’un loup aux yeux rouges, la gueule ouverte et montrant les crocs.

De petite taille et coiffé d’une crête d’Iroquois, Ron Bruyneels se consacre aux vocaux. Sa voix est susceptible de déchirer vos tympans. Une chose est sûre : il a du coffre. Et puis, les grattes libèrent des sonorités sales et graisseuses. Pourtant, ténébreuse, l’expression sonore demeure mélodique. 

Martin Furai, le sixcordiste de Destruction, est revenu expressément de Glasgow, pour se produire en compagnie de Bark. Les compos sont bien structurées. Très présent, le chanteur invite la foule à exécuter des round circles qui s’amorcent timidement. La setlit va privilégier des extraits du dernier long playing, « Relics » (le groupe doit en avoir sorti une dizaine, à ce jour), gravé l’an dernier, et ne pas oublier le dernier single, publié en novembre 2021, « Stitches ». Un set bien structuré, mais pas vraiment conseillé aux tympans délicats…  

« Voice of dog », « All hell breaks loose », « Mass lobotomy », « Day of the witch », « I'm a wreck », « Hollow words », « Written in stone », « They are all dead », « Roll the dice », « Last breath », « I remain untamed ».

Killthelogo  

Originaire de Kontich, Killthelogo réunit deux anciens membres de .Calibre et de Facedown. En l’occurrence le chanteur Daniel Mies et le guitariste Niko Poortmans. Fondé en 2002, .Calibre pratiquait une forme de funk/metal. Et il avait intitulé un de ses albums « Killthelogo », dont le band s’est inspiré pour déterminer le patronyme du groupe. Qui est devenu particulièrement populaire, se produisant notamment dans le cadre des festivals Pukkelpop et Werchter. Le band a cependant pris une pause de 16 longues années, avant de refaire surface, mais en compagnie de trois autres musiciens. En l’occurrence Sven Leyemberg (ex-Minus45°, Cyclus) à la guitare, Herwig Scheck (ex-Quiet, ex-Concrete) à la basse et le drummer Jonas Sanders (Pro-Pain, Angel Crew, Komah, Emptiness). Et un nouvel album est paru en novembre 2021, « Reset ».

Tout comme chez Bark, le logo imprimé sur une grande toile, est tendu à l’arrière-plan. De larges extraits du dernier long playing figurent au sein de la setlist.

« Iconoclast » ouvre les hostilités. D’abord paisible et bercée de cordes de gratte empreintes de sérénité, cette ballade finit par s’emballer. Malgré l’injection d’une dose furieuse de nu-metal, « The Deep State » trahit toute la fragilité du chanteur. Les textes tiennent parfaitement la route, dénonçant les injustices sociales, s’insurgeant face à la vente sur Internet, condamnant les entreprises qui exploitent les transporteurs de colis ou encore critiquant les taxes, l'industrie pharmaceutique et le culte des individus. Musicalement, le mélange de metal, de rap (NDR : la voix est plus scandée que chantée) et de funk s’inspire naturellement de Rage Against The Machine et de Linkin Park. La section rythmique s’impose tout au long des puissants « Taxes » et « Conspiracy ». La ligne de basse domine « Buy More Sh!t », alors que les lignes de guitares s’activent, dans l’esprit d’un Limp Bizkit originel. « Calibre » et « Meritocrazy » retournent aux sources. Back to the 90’s !

Setlist : « Iconoclast », « The Deep State », « Taxes », « Boutique Pharma », « Calibre » (cover), « Meritocracy » (cover), « Conspiracy », « Warehouse Moguls », « Fuck Your Data », « Buy More Sh!t », « Riot As One »

Spoil Engine

Il était temps ! Enfin une femme figure au sein du line up d’un groupe, ce soir. Une chanteuse, fallait s’en douter. Jeune et jolie, Iris Goossens possède une voix grave, mais puissante. Dommage que ce soit la dernière fois qu’elle se produit en concert, car elle a décidé de suivre son ami à Los Angeles, pour s’y installer. Car, c’est elle qui apporte la touche d’originalité au metalcore de Spoil Engine. Pas de bassiste cependant, mais deux gratteurs (Loco et Gaze), dont les interventions huileuses et graisseuses sont pourtant rigoureuses ; et un drummer dont la frappe métronomique est implacable. Le band s’autorise une excellente cover du « Yesterday Don't Mean Shit » de Pantera. D’après les mauvaises langues, la version serait bien plus pétillante que l’originale. La setlist va nous réserver plusieurs extraits du dernier elpee du combo, « Renaissance noire », publié en 2019, ainsi que le single « Unlock And Release », paru en 2021. Lorsque les riffs de gratte commencent à galoper, c’est pour talonner la voix particulière d’Iris. Un concert vraiment épatant. Signe qui ne trompe pas, la formation a réveillé la foule. Elle a même mis une ambiance de feu et déclenché, dans la fosse, de nombreux rounds circles…  Une belle claque métallique dans la tronche…

Fleddy Melculy 

Pendant, le changement de matos, les haut-parleurs crachent des morceaux du Queen. Car évidemment, Fleddy Melculy s’est invité pour son festival. Il assure la tête d’affiche. Au sein du line up, la tête pensante, c’est le chanteur, Jeroen Camerlynck, autrefois impliqué chez Fanfaar. Le patronyme est emprunté à une pièce de théâtre consacrée à feu Farrokh Bulsara. Le quatrième album du combo, « And Just Niks For All », est sorti en 2021.

Les aficionados sont maintenant chauffés à blanc. Votre serviteur également. Une immense rampe lumineuse s’étale sur toute la largeur du podium. Derrière le drummer une toile sur laquelle figure le nom du band a été tendue.

Les gratteurs sont masqués (un guitariste et le bassiste). Ils sont hyper actifs, livrent des riffs dévastateurs et viennent constamment haranguer le public. Les textes sont dispensés dans un dialecte bruxellois flamand. L’idiome est amusant à écouter.

Jeroen est particulièrement interactif. Entre les morceaux, il raconte des blagues dans son patois si truculent. Sculptés dans un metalcore intense, les titres s’enchaînent dont le plus connu reste toujours « Tee Shirt Van Metallica ». Mais Fleddy a également son tee-shirt. Mais pas de trace du succulent « Apu Van De Nightshop ». Toutes les chansons sont devenues des hits au Nord de la Belgique.

Sven (Goffin Feeder) débarque pour chanter d’une voix puissante « De Wereld Is Wondermooi ». Ross de Length Of Time fait le pitre sur les deux estrades placées à l’avant du podium où sont dissimulées d’impressionnantes machines à fumigènes. Iris prête aussi sa voix à « 668 ». Enormément d’intensité au cours de ce show qui a conquis le public venu applaudir Fleddy Melculy.  

A l’année prochaine pour la quatrième édition du Fleddypalooza !

Setlist : « Slaap », « Ik Ben Kwaad », « Stop », « Fuck Uw Vrienden » », « Feest Je In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « God Is Een Kapper », « De Wereld Is Wondermooi », « 668 », « Freddie », « De Hel Niet Gezien », « Beest », « Backstage », « Niks », « Geen Tijd Voor Spijt », « Brood », « Tee Shirt Van Metallica-Fleddy ».

Rappel : Voor Altijd Jong ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Fleddy Melculy + Spoil Engine + KillTheLogo + Bark + Coffin Feeder + Hippotraktor

Finale Sound Track 2021 : dimanche 19 décembre

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Ce dimanche 19 décembre, l’Ancienne Belgique accueillait la dernière finale du concours régional ‘Sound Track’. Alors que les noms des gagnants étaient déjà connus pour le reste de la Belgique, le public était impatient de découvrir le verdict pour les artistes bruxellois. Mais avant de passer au résultats du jury, et aux opportunités offertes aux 18 groupes finalistes, on avait hâte de découvrir ces jeunes musiciens encore trop souvent dans l’ombre.

Six groupes ont performé ce dimanche et c’est Adja qui a ouvert la soirée.

Et spoiler : elle est à peine montée sur les planches qu’on a compris que le niveau serait élevé ! Accompagnée de ses musiciens –batteur, pianiste, guitariste, contrebassiste et trompettiste– et de 4 choristes, la chanteuse a placé la barre très haut. Le silence règne dans la salle. La formation s’installe et déjà l’aura d’Adja fait forte impression. Puis elle ouvre la bouche et cela ferme la nôtre pour le reste de sa prestation ! Rien à dire, elle est bluffante ! Sa voix chaude groove avec délice et ses vibes sont divines ! Ils sont dix sur le podium et alors que l’on apprécie leurs identités distinctes, on souligne aussi l’alchimie qui règne entre eux. Le tout dans un style soul, jazzy, presque bossa nova qui nous a complètement scotchés. Le dernier morceau est déjà annoncé et on reste sur sa faim. Le band, Adja et sa voix de diva nous manquent déjà !

Les 15 minutes d’interruption permettent à certains spectateurs de se remettre de leurs émotions et à leurs proches de débriefer de cette prestation.

Puis KAU Trio entre en scène. Malgré le patronyme, le band réunit quatre musicos décidés à présenter leur projet jazz instrumental. Une batterie, un clavier, un saxophone et une basse qui mettent, sans paroles, une énergie électrisante dans la salle ! Le bassiste communique ses vibrations et le batteur ainsi que le pianiste se lèvent pour l’accompagner. « Mad Max » est particulièrement lourd ! C’est sûr, on est en présence d’un futur tube et il incite à danser. Les influences sont riches et diverses. On décèle notamment du hip hop, du jazz progressiste dans les beats. Ils sont forts, leur univers spatial est hypnotique et on aurait voulu que ça claque encore davantage !

Ensuite, la rappeuse Ysmé et le Dj Shlundee prennent le relais. Et c’est un gros coup de cœur de notre côté ! Sa seule présence sur l’estrade la rend minuscule au premier abord. Le plateau paraît gigantesque, vertigineux. Et pourtant, elle l’habite avec un charisme incroyable. Elle court en cercle sur la scène pour chauffer le public façon battle de danse des années 2000. Son style vestimentaire rappelle les 90’s mais les paroles sont très actuelles. On épinglera « Nice guys » où elle manie les mots sous un flow d’aplomb. Le Dj donne tout ce qu’il a dans le ventre et ses beats sont trop bons. Ysmé danse, chante a capella, nous parle, nous interpelle ; bref elle affiche des attitudes de star qu’elle incarne en libérant une vulnérabilité inouïe. Elle est à nu sur scène. On l’entend respirer et on aperçoit sa poitrine se soulever. Elle joue avec sa timidité –ou en tout cas on a cette impression– avec une sensibilité qui fait mouche. Bref, Ysmé, on n’est pas prêt de l’oublier ! 

Et pour la succéder, ce sont les musiciens d’Indigo Mango qui débarquent. 5 mecs qui, en 20 minutes, ont tout envoyé péter ! Explosion de funk, de groove, d’énergie, de couleur et de smile ! Leur marque de fabrique c’est le ‘live’ ! Alors quel régal de les voir occuper les planches de l’Ancienne Belgique ! Le leader et chanteur à la voix grave siège derrière la batterie et son énergie transporte la salle. Il déclare qu’ils ne quitteront pas la scène ‘without putting the zbeul’ ! Alors le public frustré d’être assis danse avec les bras pour accompagner le chanteur et percussionniste qui met le feu sur le podium ! On peut les avoir déjà vus de nombreuses fois, peu importe, leurs concerts restent toujours une dose de joie. Une dose d’été en hiver dont on ne se lasse pas.

Puis c’est au tour de Mek’dr’dr de débouler ! Un nom qui fait bégayer. Un duo féminin qu’il est difficile de qualifier. Elles nous ont laissé bouche bée. Et c’est sans doute l’effet escompté car elles ne font rien dans les codes et tout est décalé. Dans un style sans doute post punk, elles chantent en harmonie et explorent leurs voix sur des lignes de basses groovy et des percus inédites. Et si les mots nous manquent ou qu’on a du mal à se positionner (peut-être sommes-nous un peu trop ‘tradi’ ?) alors c’est gagné : leur performance artistique interpelle et trouble par leur douce étrangeté. 

Enfin, pour clôturer la soirée c’est le jeune rappeur Onha que nous avons eu le plaisir de découvrir. Accompagné de Rocco et Dumbeat aux instrumentales, il nous entraîne dans son univers instantanément. Les productions aux inspirations hip hop mais dans lesquelles on entend aussi du jazz ou du funk sont lourdes ! Onha rappe en français dans un flow nonchalant, souvent langoureux au cours duquel on découvre son écriture et son macrocosme. Mais il sait aussi kicker et envoyer des refrains qui pénètrent tout de suite dans la tête et que le public chante avec lui : ‘Je tourne en rond comme un poisson...’ Alors qu’il est tout jeune, il s’installe dans ses beats avec une aisance fascinante. Bref, sa voix cassée nous a séduits, ses textes aussi. Onha c’est du rap actuel, presque futuriste chargé de riches influences qui permettent de naviguer entre la chaleur de la soul et les claques de ses punchlines bien sèches. Et, comme un roi, il a parfaitement assuré la clôture de cette soirée !

Après une demi-heure de délibération, le jury a remis son verdict : pour compléter l’équipe des 18 lauréats, ce sont donc Adja, Ysmé et Indigo Mango qui ont été récompensés ! Adja s’est, en outre, adjugé le prix du public en prime. Sursauts d’émotions sur scène et dans le public ce soir-là. Et de belles opportunités, résidences, coachings, etc. pour l’année à venir.

Nous de notre côté, on ne lâche pas pour autant tous les autres participants qui, tous, débordent de talents. Et franchement, ça émoustille nos petits cœurs de pouvoir participer à cette mise en lumière des artistes qui nourrissent leur art mais aussi le nôtre. Qui accompagnent nos quotidiens et nos playlists. Alors sortons de l’ombre ces trésors de créativité. 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Les Nuits Botanique 2021 : jeudi 16 septembre

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Nous sommes dans l’avant dernière semaine des Nuits Botanique ; une édition 2021 d’un grand cru, même si elle a manqué d’artistes internationaux. Ce soir, place à Adèle Castillon (aka Videoclub).

En mars dernier, Adèle et Matthieu Reynaud annonçait que Videoclub se séparait, via un clip intitulé « SMS » (NDR : une méthode également utilisée par Daft Punk, mais en plus explosive !). Le parcours du couple nantais aura duré 3 ans. Un seul elpee à son actif, « Euphories », paru en janvier dernier.

Ce couple, alors à la vie comme à la scène, a eu beau ne pas avoir connu la décennie des années 80, il nous a bel et bien replongé dedans, au rythme de morceaux électro pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Sous le regard bienveillant de Matthieu, Adèle a décidé de continuer l’aventure seule. Le duo s’est cependant séparé en bons termes…

Lyonnaise, Poupie assure le supporting act. Paru en 2019, son premier Ep, « Feu » dévoilait toute l’énergie et la singularité de cette artiste en construction permanente, capable d’alterner une production autotunée avec un morceau où elle s’accompagne au piano ou à la guitare.

Poupie est une jolie poupée à la chevelure longue et rousse. Elle est vêtue d’un body de couleur noire et d’un pantalon de jogging, et possède un certain sex-appeal. Ou sex-appeal certain, si vous préférez. Et elle va mettre une sacrée ambiance dans l’auditoire. Une véritable chauffeuse de salle. Et cela se ressent dans sa façon d’être et dans sa musique aux couleurs reggae, trap et pop. Elle est épaulée par un drummer et un bassiste juchés sur une estrade. Rien de nouveau sur la planète Poupie alors qu’elle signale à plusieurs reprises sortir un premier album dans 8 jours (« Enfant Roi »). De son premier Ep, elle va interpréter quatre extraits : « Feux », « Tiens-toi bien », « Mojito » et « Nada de nada ». Et un seul du nouvel opus, « Thelma et Louise », même si plusieurs titres de son premier essai figurent sur l’album. A l’écoute de sa musique, on est transporté sous le soleil brûlant de Kingston. L’auditoire ne compte guère de trentenaires, mais bien d’adolescentes boutonneuses. Pas étonnant, puisque dans ses chansons, elle parle de ses petits secrets de jeune fille, de ses amours et même de son clitoris. Et puis ce public participe activement à mettre l’ambiance. Poupie chante aussi bien en anglais, en français qu’en espagnol. Bref, rien de bien neuf sur la planète jeunesse…

Setlist : « Ca Me Dérange », « Faut Me Croire », « Nada De Nada », « Thelma Et Louise », « Bongo-Filage », « Comme Personne », « Instinct Animal », « Mojito », « Comme Les Autres », « Feux », « Tiens-Toi Bien », « Ne M’invite Pas ».

Rappel : « Bed Time » 

Adèle a peu connu les années 80 mais nous en parle avec intérêt. Elle nous replonge dedans, au rythme de morceaux électro/pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Il y a une sacrée ambiance et Adèle signale qu’hier elle se produisait à Lille, mais que les gens étaient un peu coincés. Ce n’est pas le cas ce soir. On ignore si elle s’inspire du cabri ou d’un kangourou, mais elle bondit aux quatre coins du podium. Parfois, elle me fait penser à Angèle. Une chose est sûre, elle sait s’y prendre pour mettre le feu dans l’assemblée. Tout comme lors du festival de Ronquières, elle est vêtue d’un pantacourt blanc et d’un body blanc et est épaulée par deux musicos. Mais son spectacle est similaire à celui accordé sur le site du Plan Incliné. Donc difficile d’en rajouter une couche. Dans ces conditions, rien de tel que d’aller relire le compte-rendu de Videoclub du 15 août 2021, ici

Setlist : « Intro », « Suricate », « Petit Monde », « En Nuit », « XXX », « Enfance 80 », « Roi », « Un Autre Monde » (cover Téléphone), « Polaroïds », « Intro Kick », « Amour Plastique », « Mai », « SMS ».

Rappel : « 3 Jours », « Euphories »

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(Organisation : Botanique)

 

 

 

 
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