Le DJ et producteur Joachim Garraud, qui est également le fondateur d'un des plus gros festivals de musique électronique en France ("Elektric Park"), mais aussi un geek absolu, a remodelé un tour bus à la taille XXL en studio d’enregistrement solaire mobile,…

logo_musiczine

« Hell Stairs », le prochain Ep de CDSM, est à la fois glamour et sombre, chic et délabré, exaltant et écrasant. C'est l'hédonisme qui tinte dans votre verre, le changement qui fait vibrer le creux de votre poitrine. Bien sûr, c'est un mélange de post-punk,…

La Martyre de Baston

Le second elpee du band finistérien, Baston, paraîtra ce 13 mai 2022. Il fait suite à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Festivals

Ronquières Festival 2021 : samedi 14 août

Écrit par

Suite à la pandémie, la dernière édition du Ronquières a été annulée. Enfin, 2021 permet un festival normal et propose une affiche, finalement alléchante, en programmant notamment Charles, Icons, Dyonisos, Pomme, Roméo Elvis, Video Club, Woodkid et surtout Maleskin, le dernier vainqueur inattendu du concours Eurovision. L’organisation est parfaite. Et une accessibilité exclusive sur présentation d'un Covid Safe Ticket est prévue. Soit la preuve d'une vaccination complète depuis plus de 15 jours avant la date de l'évènement ou la preuve d'un test Covid négatif de moins de 48 heures. Plus de masque, ni de distanciation sociale, les spectateurs peuvent se toucher et faire des câlins, rire, sauter et surtout bouger sans crainte... 

Deux podiums ont été prévus : le ‘Bâbord’ et le ‘Tribord’. Samedi 22 000 festivaliers sont attendus ; c’est donc sold out. Et 17 000 pour le dimanche. Une reprise en force !

Scène Bâbord : Calumny (10h30-11h30)

Fondé en 2018, Calumny est un duo de Djs/producteur belges, wallons très exactement, qui s’inscrit dans la vague de jeunes bidouilleurs électro-pop qui souhaite apporter un regard neuf, original et une certaine fraîcheur sur la musique électronique. Le rendu en ‘live’ est impeccable. Une ouverture plutôt sympa, quand on sait qu’il n’est jamais facile d’entamer un festival, alors que le site commence seulement à se remplir. En outre, non seulement la paire est fusionnelle, mais elle parvient à chauffer l’ambiance. Pour votre info, sachez que Bastien et Quentin ont également leurs projets personnes (BAB’s pour le premier et Smako pour Quentin) et sont vivement soutenus dans le monde de la nuit… alors qu’il se produisent, aujourd’hui, en fin de matinée…

Scène Bâbord :  David Numwami (12h00-12h40)

Non seulement, David Numwami est la tête pensante du band Le Motel, mais il apporte régulièrement sa collaboration à Charlotte Gainsbourg et au groupe François and the Atlas Mountain, comme multi-instrumentiste. Il a aussi bossé pour Moodoïd et Nicolas Godin (Air). Il est ainsi devenu une figure incontournable de l’underground bruxellois et parisien. Sans oublier qu’il slamme avec Flavien Berger.

Il reflète ses voyages à travers le monde, dans sa musique. Une musique atmosphérique, intemporelle et fascinante. Il chante d’une voix douce, des textes dans la langue de Molière… Jusqu’au moment où votre serviteur se rend compte qu’il a paumé les clefs de son véhicule. Le temps de retourner auprès de sa voiture, de les retrouver, de revenir sur place, et le set est terminé. Tant pis !

Scène Tribord : Charles (12h50-13h40)

Charles, aka Charlotte Forest, est une étoile montante. Elle a remporté la saison 8 de The Voice Belgique. Depuis, son coach est devenu son manager. En l’occurrence Matthew Irons, le chanteur de Puggy. Elle vient de sortir un Ep 6 titres intitulé « Falling While Rising »

Sur les planches, elle est accompagnée par un drummer, un guitariste et un claviériste. Charlotte se charge des ivoires, et puis, bien sûr des vocaux. Et sa musique oscille entre l’alt pop et l’indie rock, même si parfois, elle emprunte un ton plus gothique.  

Bien rock, « Riddle » traduit toute la rage qu’elle souhaite libérer à travers des riffs de gratte graisseux. Elle nous réserve une superbe reprise du « No Time To Die » de Billie Eilish. Elle met toute sa passion et sa conviction dans la voix, qui peut se révéler tour à tour douce ou puissante…

Instrumental piano/voix, « He Knows » est empreint d’une grande sérénité.  

Et elle attaque son hit « Wasted Time », pour clôturer son set. Un récit, quelque part, autobiographique. Elle met en scène la vie nocturne de la génération Z qui préfère s’ennuyer et feindre l’amusement plutôt que de se lâcher et profiter du moment présent. L’intégralité de l’Ep a été interprété dans le désordre. Elle accordera néanmoins, un rappel de deux titres.

Enfin, Charlotte nous signale que l’on doit être beau pour figurer sur la vidéo tournée pour un des clips, pendant son concert…

Setlist : « Motives », « The Fall », « Gear God », « Far Gones », « He Knows », « Lover Please Stay », « Riddle », « No Time To Die » (cover Billie Eilish), « Without You », « Wasted Time ».

Rappel : « Riddle », « Far Gone ».

Scène Bâbord : Sharko (13h50-14h40)

Ayant assisté à tellement de concerts de Sharko ou de David Bartholomé en solo, votre serviteur préfère en profiter pour se restaurer et se désaltérer. Faut dire que pour une fois, la température est estivale…

Scène Tribord : Dionysos (14h50-15h40)

Votre serviteur n’a plus assisté à un show de la bande à Mathias Malzieu depuis bien longtemps (NDR : la dernière fois c’était à l’Ancienne Belgique, il y a quelques années). Dionysos est un groupe de rock français, originaire de Valence, dans la Drôme. Formé en 1993, le groupe doit notamment son succès à ses prestations scéniques particulièrement théâtrales et à l'univers surréaliste dans lequel il évolue. Les compos sont interprétées autant en anglais qu’en français.

Hormis la claviériste/violoniste, vêtue d’une robe blanche à dentelles, tous les autres musicos sont tirés à quatre épingles, soit en costard/gilet/cravate. Mathias n’a guère changé. Une véritable bête de scène. Casquette brune enfoncée sur le crâne, il se sert cependant d’un téléphone rouge en guise de micro.

Le show s’ouvre par « I love you », morceau au cours duquel le bassiste frotte ses cordes à l’aide d’un archet, comme sur un violoncelle. Mathias a déjà la bougeotte, et il bondit régulièrement sur l’estrade. La troupe va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Time Machine Experience », paru fin juillet dernier. Un disque, au cours duquel elle réinterprète certains anciens titres dans l’esprit du blues du Mississippi ou du jazz de la Nouvelle-Orléans. Comme si elle avait décidé de remonter le temps. Pour s’arrêter aux années 40. En coupant même carrément l’électricité. Mais en ‘live’, question machine, elle est bien huilée. On assiste ainsi à un concert très rock à la limite du métal. Et puis il y a Mathias, un spectacle à lui seul. Il empoigne de temps à autre une gratte sèche ou électrique. Toujours aussi fêlé, il bondit sur les planches comme un kangourou, lorsqu’il ne surfe pas sur la foule. Bref, question ambiance de rock’n’roll, Dionysos connait son taf…

Setlist : « I Love You », « Mc Enroe's Poetry », « Coccinelle », « Giant Jack », « Miss Acacia », « Song For Jedi », « La métamorphose de Mister Chat », « Une sirène à Paris », « Flower Burger », « Paris Brûle-t-Il ? », « Neige ».

Scène Bâbord : Ico (5h50-16h40)

Ico est devenu progressivement une valeur sûre de la scène hip hop. Ce soir, il est soutenu par un second MC, qui se mue parfois en guitariste, d’un préposé aux machines et d’un drummer. Si le crew met une sacrée ambiance, le hip hop pratiqué est une peu trop classique au goût de votre serviteur. Ico sépare la fosse en deux parties, y descend et la traverse pour serrer des mains. Drainant un public jeune, le set provoque de fréquents pogos et round circles. Pour les textes, qui volent souvent, en-dessous de la ceinture, faudra quand même repasser…

Scène Tribord : Pomme (16h50-17h40)

Pomme, c’est le nom de scène que la jeune chanteuse a choisi, parce que sur les bancs du collège, c’est le pseudo qu’on lui avait réservé. On évacuera donc les jeux de mots douteux ou les métaphores hasardeuses, car son véritable nom, c’est Claire Pommet. Suivant la bible, quand Eve, la première femme, croqua ledit fruit, ce fut le début des ennuis ! La légende de Pomme reste à écrire, mais il est déjà évident que ses chansons acidulées les dissolvent, les ennuis. Elle a été consacrée ‘Artiste Féminine de l’Année’ aux dernières Victoires de la Musique. Ce soir, elle va nous livrer un set intimiste et quasi-exclusivement acoustique. Seules une drummeuse et une claviériste grimpent de temps à autre sur le podium, pour apporter leur maigre concours. Pomme s’accompagne tantôt à la sèche ou aux ivoires. La Lyonnaise déclame sa poésie faites de mots simples, mais qui ne sonnent jamais creux. Elle transforme sa fragilité en force tranquille et se démarque en imposant une version moderne de la chanson folk. Pomme chante l'amour, parce que les chansons sont faites avant tout pour cela. Sa poésie est délicate, les mots sont doux. Elle est fragile et timide ; mais, à travers ses chansons, elle nous démontre qu’elle sait ce qu’elle veut, un peu à la manière d’Agnès Obel. Au cours de son concert, elle entraîne l’auditoire, dans son univers feutré, lentement, progressivement. La foule écoute et savoure, religieusement. Claire n’oublie pas d’interpréter « Je Sais Pas Danser », « Les Cours d'Eau » et « Ceux Qui Rêvent » et puis attaque « Désenchantée » à deux reprises, un titre qui parviendra à faire bouger quelque peu le public, et surtout le faire chanter…  

Scène Bâbord : Black Box Revelation (17h50-18h40)

Ce soir, le chanteur/guitariste Jan Paternoster et le drummer/percussionniste Dries Van Dijk sont soutenus par un multi-instrumentiste ? Un certain Jasper Morel qui se charge des synthés, des cymbalettes et parfois de la gratte. Black Box Revelation, c’est un peu le White Stripes néerlandophones. Encore que leurs influences oscillent du blues américain à la British Invasion en passant par le psychédélisme (NDR : surtout celui pratiqué en son temps par Jimi Hendrix !). Dries s’est fendu de son inévitable, mais excellent, solo de batterie, pendant « War horse », alors que ceux arrachés par Jan à la six cordes continuent de décaper les portugaises. Et on n’en oubliera pas le groove passionnant de « Gravity Blues » …

Setlist : « Gloria », « Play Video », « Gravity Blues », « Built To Last », « War Horse », « Tattooed Smiles », « Do I Know You «, « High On A Wire »

Scène Tribord : Måneskin (18h50-19h50)

L’ambiance est en train de monter à ‘Tribord’. Il est temps d’aller se placer dans la fosse, car la capacité du site est full. Et puis, c’est l’occasion d’assister au sound check de la nouvelle tornade transalpine, Måneskin.

Les vainqueurs de la dernière édition du Concours Eurovision devaient se produire dans le cadre des Lokerse Feesten, mais ils ont dû décliner l’invitation, le drummer souffrant d’une tendinite au poignet. Au sein de l’auditoire, on remarque la présence d’un nombre impressionnant de néerlandophones. La présence de BBR n’y est pas étrangère, mais bien sûr, aussi, de Måneskin. C’est également la tête d’affiche.

Le quatuor implique le chanteur Damiano David, la bassiste (NDR : très jolie et sexy, par ailleurs !) Victoria De Angelis, le guitariste Thomas Raggi et le drummer Ethan Torchio. Iggy Pop a prêté sa voix pour sa reprise du « I Wanna Be You Slave », morceau de glam rock percutant qui figure sur le second elpee du band, « Teatro d’ira : Vol. I », paru en mars 2021. Et l’Iguane ne tarit pas d’éloges sur le combo ! Mot emprunté au danois, Måneskin signifie « Clair de lune » …

Ils ont tous opté pour le cuir de couleur noire. Short surmonté d’une ceinture à trois boucles pour Damiano, mais blouse transparente à dentelles pour le haut du corps, il est chaussé de godasses à semelles compensées et les oreilles sont percées de pendentifs à l’effigie d’un crucifix. Pantalon à pattes d’eph’ pour Thomas et moulant pour Vitoria, bottes ainsi que top très court au-dessus desquels dépassent ses seins dont les tétons ont été dissimulés par une croix en scotch de couleur noire.

Très rock’n’roll, le show est à la fois dynamique et sulfureux. La foule est rapidement conquise. Faut dire que les musicos sont particulièrement remuants et vont régulièrement au contact. Et puis, il y a le charisme de Damiano qui va surfer à plusieurs reprises, sur la foule. Une foule au sein de laquelle de nombreux circle pits se déclenchent. La setlist réserve trois morceaux dans leur langue natale (« Zitti e Bruoni, », « In Nome Del Padre » et « Lividi Sui Gomidi »), et puis de nombreuses covers dont, bien évidemment, celle d’Iggy Pop, « I wanna be your slave », au cours de laquelle Damiano lèche le sol. Une reprise que le band va reconduire lors du rappel. Sans oublier une version plutôt étonnante des « 4 saisons de Vivaldi ». Une setlist finalement bien équilibrée ; mais hormis les trois morceaux susvisés, le reste est interprété dans la langue de Shakespeare. 

Après avoir séduit l’Europe, Måneskin est prêt à conquérir le monde…

Setlist : « In Nome Del Padre », « Zitti E Buoni », « Bury A Friend » (cover Billie Eilish), « Chosen », « Take Me Out » (cover Franz Ferdinand) », « Beggin » (cover Fourth Season), « I Wanna Be Your Slave », « Somebody Told Me » (cover The Killer), « For Your Love », « Kiwi » (cover Harry Styles), « Coraline », « Close To The Top », « Lividi Sui Gomiti ».

Rappel : « I Wanna Be Your Slave »

Votre serviteur est fatigué, il fait l’impasse sur L’Or Du Commun et Roméo Elvis. Il revient demain et a intérêt à être en forme… et puis la journée est une réussite…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Ronquières Festival)

The Magician + Romeo Elvis + L’Or Du Commun + Måneskin + Black Box Revelation + Pomme + Ico + Dionysos + Sharko + Charles + David Numwami + Calumny 

Lokerse Feesten 2021 : dimanche 1er août

Écrit par

Enfin le tout premier festival partiellement déconfiné pour votre serviteur, en 2021 ! Le Lokerse Feesten s’est paré de toutes ses belles couleurs. La Groote Kaai est resplendissante. 1 500 bénévoles ont été délégués au service des festivaliers pour veiller aux distanciations sociales ainsi qu’au port du masque. Les consommations sont demandées par scan du code QR. Chaque table dispose d’un code différent et on vient vous servir à table. La foule est estimée à plus ou moins 1 600 spectateurs. Vu les restrictions liées au déconfinement, ce 3ème jour de festival est décrété sold out. Pas étonnant, quand on sait qu’au Nord de la Belgique, Arsenal draine un public assez conséquent. C’est d’ailleurs la tête d’affiche. Le supporting act est assuré par Tin Fingers (Trad : doigts d’étain) et la soirée s’achèvera par le Dj Bart Vermandere.

Formation anversoise, Tin Fingers pratique une pop vintage, catchy et terriblement efficace. Les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école.  Leur premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021.

Le chanteur/guitariste/claviériste, Félix Machtelinckx, est également le leader de la formation. Après avoir gravé l’excellent Ep « No Hero », en 2017, elle a pris une pause et Félix s’est mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Félix se plante au milieu du podium, devant son clavier. Il est épaulé par le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et la jolie bassiste Trui Amerlinck (elle remplace Simen Wouters), qui se charge également des   backing vocaux.

Planté au fond du chapiteau, le light how est assez impressionnant. Il se compose de six rampes de triangles led et en hauteur d’une vingtaine de spots multicolores qui se focalisent sur les artistes.

« Red Socks » ouvre le set. Combinant des outils de séquençages intégrés qui restituent des sonorités de batterie, de basse synthé et de samples, la groove box est omniprésente. Une machine qui semble bien rôdée.  

Malgré de belles envolées vocales et des beats électroniques assez puissants dispensés pendant « Happy Family » et « Red Socks », il n’y a pas grand monde, dans le public qui ose le pas de danse. Même pour « I Am Lost Without Love », une chanson poursuivie par des sifflements de bout en bout. Avant d’attaquer « Privacy », Félix empoigne une gratte semi-acoustique mais ne s’éloigne guère de sa dreambox. La voix de Félix devient carrément fascinante tout au long du paisible « Fomo For Kids ». A vous flanquer des frissons partout ! Douce, grimpant parfois dans les aigus et surtout mélodieuse, son amplitude navigue à la croisée des chemins d’Antony Hegarty, Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. De fameuses références ! Et puis, elle est capable de belles envolées. Une certaine forme de mélancolie envahit régulièrement la dream pop de Tin Fingers ; et ce spleen prend parfois un ton plus sombre, se référant même au suicide…

Quinten et Trui nous réservent régulièrement de belles harmonies vocales ; et elles enrichissent notamment « Wish », un morceau balisé par les ivoires, bien que l’électro ne soit jamais loin. Un set qui a même semblé trop court ; preuve qu’il était de toute bonne facture…  

Setlist : « Red Socks », « Glow », « I Am Lost Without Love », « Privacy », « Fomo For Kids », « Wish », « July », « Happy Family », « Countryside ».

Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, …) ou qu’il est capable de remplir l’AB, 6 soirées, sur une courte période. En outre, à Lokeren, John et Hendrik sont à la maison ! 

Arsenal débarque à 21 heures. Et il est déjà chaleureusement applaudi. Ce soir, la troupe va largement puiser au sein de son nouvel album, « The Rythm Of The Band », pour la setlist. Lorsque la pandémie a éclaté en Chine, John Roan et Hendrik Willemyns étaient à Chongqing, à quelques kilomètres de Wuhan, pour y préparer le tournage d’un film (‘Birdsong’). Ce voyage faisait partie d’un périple que le tandem avait organisé pour évaluer la place de la musique dans le monde contemporain…  

Ils sont nombreux sur les planches. Longs cheveux au vent, Bruno Fevery se charge de la guitare électrique. Les choristes Paulien Matheus (‘The Voice’ 2013) et Judith Okon s’installent derrière lui. Le drummer Dirk Loots siège en retrait. Le bassiste Mirko Banovic, l’excellent percussionniste David Donat (Suarez) la chanteuse Léonie Ghysel complètent le line up. Sans oublier John Roan et Hendrik Willemyns. Une ‘pintje’ toujours à portée de main, ce dernier se charge, comme d’habitude, des synthés et de machines, alors que John se multiplie aux quatre coins du podium.

« Rise & Fall » ouvre le bal. Paulien au lead vocal et les percus déjà bien euphorisantes, la compo baigne au sein d’un climat afro. Après « Amplify », John se pointe en saluant la foule de la main. On reste en Afrique, mais de l’ouest, pour « Amelaka Motinga ». Léonie suit sur la pointe des pieds. Plus discrète, elle est souvent relayée par Paulien. Direction le Brésil à travers « Saudade II ». Et la folie qui règne sur la scène se communique à l’auditoire, comme une traînée de poudre. « Animal » est interprété dans la langue de Voltaire. Davantage electro/funk, « Temul (Lie Low) » met le cap sur le pays au Soleil Levant. Paulien prend les commandes derrière le micro. Le jardinier d’Arsenal, Félix (rires), prête sa voix pour une chanson. Une pluie de hits va ensuite s’abattre sur le public « High Venus », « Estupendo », « Longee », « Black Mountain », avant de s’achever triomphalement par « Lotuk ».

Le rappel est inévitable, même s’il est programmé. Moment au cours duquel Arsenal va nous réserver « Some Times » et « Melvin ». Arsenal a gagné la coupe haut la main ! Prochain match au Lotto Arena d’Anvers le 12 décembre 2021. Comme dans le passé, sans masque, ni distanciation sociale…

Pas de prolongation pour votre serviteur, la rencontre est terminée…

Setlist : « Rise & Fall », « Amplify », « Amelaka Motinga (L) », « Saudade Ii (L) », « One Day At A Time (L) », « Wanderer (F) », « Animal (F) », « Temul (Lie Low) », « High Venus », « Estupendo (L) », « Bend In The River (L) », « Longee (L) », « Black Mountain (L) », « Lotuk (L) ».

Rappel : « Sometimes », « Melvin »

(Voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : Lokerse Feesten)

D.J. Bart Vermandere + Arsenal + Tin Fingers

Ceci n'est toujours pas LaSemo 2021 : dimanche 11 juillet

Écrit par

Seconde et dernière journée pour ce semblant de festival comme à la bonne vieille époque où tout était permis sans aucune restriction.

Les pluies diluviennes de la veille ont laissé place à quelques rayons de soleil. Et c’est de bon augure ! Les pulls et parkas sont d’ailleurs remplacés par les lunettes de soleil et les t-shirts à manches courtes. Les canards et les vers de terre, quant à eux, tirent la gueule.

La boue et les flaques d’eau se sont substituées à une herbe d’un vert éclatant. Le contraste est saisissant. Même, le marchand de glaces est pris d’assaut ; une image rendue impossible il y a encore vingt-quatre heures.

Vu la programmation un peu plus pop que la veille, ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’ risque d’attirer un public un peu plus mainstream...

En débarquant sur la plaine du Château d’Enghien, c’est Kid Francescoli qui s’y colle. Le gaillard est derrière ses machines.

Il est accompagné pour l’occasion de deux belles et plantureuses demoiselles figées derrière les touches d’ivoire. Une black et une brune à la plastique avantageuse.

Mathieu Hocine à l’état-civil a constitué ce projet musical en 2002. À partir de 2009, il accueille Julia Minkin en compagnie duquel il co-écrit les chansons.

Mais, c’est véritablement en 2013 qu’il rencontre le succès populaire grâce à son titre phare, « Blow up ».

Le Marseillais d’origine n’est pas un inconnu puisque sa musique à maintes fois servi à sonoriser des spots publicitaires (Façonnable, Lanvin, Lacoste5, Chanel, Lancôme, Aldi, Citroën...)

Le trio empiffre les spectateurs d’une multitude de sons électro. Comme une oie qu’on gave, on se sent obligé d’écouter, d’apprécier et d’attendre le morceau suivant. On en redemande encore et encore. C’est captivant à souhait. Mais un set qui ne prend jamais le parti d’une direction affirmée ; c’est soit planant ou dansant.

Il est venu défendre les couleurs de « Lovers », un nouvel album qui marque deux changements notables. La fin de sa collaboration avec Julia et l’expérimentation de différentes voix, dont le portugais.

Le timbre grave du Kid et les vocalises de ses deux demoiselles d’honneur flirtent allègrement, au sein d’un climat très sensuel, mais également suave et cosy qu’alimentent des sonorités chaudes et latines inspirées par sa région d’origine.

La black qui possède un corps sculpté à faire damner un Saint, prend un malin plaisir à émoustiller les nombreux mâles postés aux premiers rangs. Les mouvements de son fessier en disent longs sur ses intentions. De quoi rendre jalouses toutes les compagnes.

Direction la Guinguette, pour y assister au set de David Numwami. Sans doute la plus belle surprise de cette édition.

Ce jeune Africain, ayant élu domicile à Bruxelles, monte sur les planches. Vêtu de noir, il ne possède pour seules armes qu’une sèche bariolée de jaune et rouge et d’une gratte électrique d’une blancheur classieuse. Quoique, cette dernière a certainement bien bourlingué, quand on voit les quelques traces essuyées par sa carcasse…

Plutôt discret, le claviériste semble s’ennuyer ferme…  

Numwami a autrefois milité au sein de Le Colisée, formation pop qu’il avait créée à l’aide de ses potes de lycée. Les fidèles aficionados l’ont aussi aperçu sur scène auprès de Frànçois and The Atlas Mountains et Charlotte Gainsbourg, entre autres. Il a aussi enregistré l’album « Concrete And Glass » en compagnie de Nicolas Godin, la moitié du groupe Air, en 2019.

Depuis, il se produit en solitaire. Il puise son inspiration au sein du post-rock dans l’esprit et du rock dans l’attitude. Entre joie et tristesse, humour et mélancolie, ses compos correspondent parfaitement à l’air du temps ; et si elles ne se distinguent pas par leur originalité, elles atteignent une grâce incomparable.

Sur scène, il se révèle décontracté, chaleureux ou (super) rêveur. Ses compos libèrent un spleen très communicatif. On l’écoute religieusement, sans un bruit, sans un mot.

Ce garçon est vraiment très doué. Sa technique n’a rien à envier à Gilmour ou Knopfler. Impressionnant pour quelqu’un de vingt-six printemps, à peine.

Né au Rwanda, une semaine avant le début du génocide, il aime s’évader au quotidien et sortir de l’ombre, à l’instar de son titre « Beats ! ».

Après un set plutôt feutré et statique, l’artiste sort tout à coup de ses gonds, quitte le podium et se trouve nez à nez avec les spectateurs du premier rang médusés, avant de slalomer entre les chaises au plus grand bonheur des aficionados. Sa seule limite émanant du câble de son micro.

On le sent très fortement impliqué dans son monde, comme il le rappelle à travers « Numwami World ».

La fin de sa prestation est plus étonnante encore. Il frotte son instrument contre le bord du podium comme un schizophrène. Ce qui provoque la rupture de deux de ses cordes. Pas facile dès lors de poursuivre dans de telles conditions.

Bref, on peut en conclure que son concert était à la fois hors norme, sympa mais quand même décalé…

Le concert de Naâman and co vient de démarrer sur l’estrade du Château.

De son vrai nom Martin Mussard, il est issu d'Offranville, près de Dieppe en Normandie.

Ses influences oscillent entre reggae, raggamuffin, hip-hop et soul. Pas vraiment de quoi susciter un intérêt particulier chez votre serviteur qui préfère se remplir l’estomac d’une nourriture thaïlandaise dont les qualités diététiques laissent cependant à désirer.

Direction la Guinguette et son Saule. Le gaillard bâti comme un rock et à l’explosion capillaire ébouriffante, ne laissera pas un bon souvenir dans la mémoire des préposés à la sécurité.

Baptiste Lalieu s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs, pour la circonstance ; mais Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse ce rôle avec une facilité déconcertante. Effet différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à trois donc, puisque guitariste et chanteur sont accompagnés pour l’occasion d’un drummer qui impressionne par sa dextérité.  

Le combo fonctionne à merveille. Le Montois d’origine enchaîne ses chansons dare-dare à l’instar du titre de son dernier album… qui a failli ne pas voir le jour. En fait, l’artiste avait jeté à la poubelle une première mouture qui ne lui convenait pas au grand dam du label qui voyait là une dépense budgétaire à laquelle il ne s’attendait pas.

Un concert audacieux (Dare se traduit par audace en français), au cours duquel le spectre de Gainsbourg s’est mis à planer ; mais surtout qui a permis de combler l’urgence à (re)donner de la musique au peuple.

Une prestation unique où riffs de guitare et rythmiques syncopées viendront surligner la voix légèrement ébréchée de l’auteur procurant à l’ensemble davantage de hargne et vergogne.

La déferlante de compos « Tu boudes », « Rebelle Rêveur », mettent en évidence un réel amour de la chanson française et cette exigence de la précision. Sans oublier les doubles sens à la Antoine Hénaut, un artiste bien de chez nous.

Les premières notes du « Nevermind » de Nirvana, jouées seulement quelques secondes, histoire d’éviter de payer des droits à la Sabam (dixit les dires du gaillard), ont mis le feu aux poudres, provoquant l’exaltation des festivaliers.

Pogos, embrassades et danses de Sioux – honteusement encouragés par l’artiste, il faut aussi le souligner – ont certes mis une ambiance de feu fort compréhensible, mais ont surtout provoqué une profonde injustice face à tous ceux qui se battent chaque jour pour maintenir des conditions sanitaires acceptables depuis près d’un an et demi. Un comportement déplorable qui aurait le mérite d’être sanctionné !

Bref, une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes à l’instar de son auteur, entre part d’ombre, enthousiasme et joie de vivre.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du « Lac des signes » se remémore les gestes qu'elle faisait autrefois. Sans doute, une compo hors du temps et bien trop tristounette en un jour qui se doit de tourner la page vers quelque chose de nettement plus positif…

Saule salue le public et clame haut et fort avoir une pensée pour les sans-papiers en grève de la faim à l’église du Béguinage sous une belle salve d’applaudissements.

‘Ceci n’est toujours pas Lasemo’ en version minimale aura en tout cas le mérite d’avoir surmonté un ensemble de contingences entre conditions sanitaires difficiles, météo capricieuse et envie furieuse de recouvrer la vie … la vraie !

Voir aussi notre section photo ici

(Organisation LaSemo)

Ceci n'est toujours pas LaSemo 2021 : samedi 10 juillet

Écrit par

Après avoir vécu une vague successive de (dé)(re) confinements, qui aurait pu imaginer une seule seconde qu'il serait un jour possible de se rincer à nouveau les portugaises comme au bon vieux temps ? Pas grand monde !

Pourtant les organisateurs du LaSemo y ont cru jusqu’au bout et déployé des moyens (in)humains pour perpétuer ce qui fait le fleuron du parc du château d’Enghien depuis toujours : de la musique, de la culture et surtout de la curiosité.

Rebaptisé pour l'occasion ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’, le festival a de nouveau mis en pratique ses principes de développement durable. Ainsi, outre le tri des déchets, on récupère aussi le fruit des entrailles déposé délicatement dans les toilettes sèches (NDR : pas besoin de faire un dessin) pour nourrir les légumes du jardin de bobonne. On demande aussi aux festivaliers ne pas fumer dans les espaces publics (en plein air). Une première en Europe paraît-il ! Ou encore, on préfère la récupération du vieux mobilier et des tourets dispersés çà et là, sur le site, histoire de boire son godet en toute tranquillité. Parfois sur un ton décalé et rempli de bonne humeur.

A l’instar des années précédentes, toute une série de stands permettront aux parents de chiner en toute quiétude en attendant que bambin termine son petit tour de tourniquet avec, pour seul moteur, la seule force d’une paire de guibolles.

Quand on vous dit durable, il ne s'agit pas d'un doux euphémisme.

Parka trop grand et pantalon trop court, l’inimitable et incontournable JeanJean est prévu dans le casting. Le géant givré de service est chargé d’introduire avec humour et légèreté les artistes. Et la verve qui le caractérise est demeurée intacte.

Mesures sanitaires oblige, afin de contenir un maximum de festivaliers, la programmation a été établie en demi-journées identiques.

Un festival mi-figue mi-raisin donc puisque les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières heures ont fait craindre le pire. De la boue et de grosses flaques d'eau parsèment le parcours et il faut faire des pas de géant pour atteindre sa cible. Ce qui ressemble presque à un décor de film post-apocalyptique.

La programmation est une fois de plus relativement éclectique. Il est 17 heures, lorsque votre serviteur passe le traditionnel portique de sécurité. Cette année, plus aucune fouille n’est permise. Ce qui n’est pas pour autant très rassurant.

La fournée d'avant-midi vient de quitter le parterre, laissant place à quelques centaines de nouveaux spectateurs venus se délecter de l’affiche.

Nicolas Michaux est fin prêt à grimper sur les planches de la Guinguette, un espace joliment décoré de palettes et de vieux vinyles.

Quelques courageux rafistolent le toit de la baraque en y posant une toile de manière à rendre imperméable l’endroit, tandis que d’autres s’évertuent à chasser l’eau du sol à l’aide d’une raclette.

L'ex-chanteur d’Eté 67, une formation qui a sévi de 1998 à 2002, est venu défendre son second album solo studio, « Amour Colère », un opus qui s’inscrit parfaitement dans la lignée parfaite des années 60-70.

Nico est soutenu par deux comparses. Ses soldats amoureux comme il aime les appeler.

Tout en soignant ses arrangements et étalant une dextérité sur sa gratte à faire frémir, celui qui se partage entre le Danemark et la Belgique, interprétera durant près d'une heure des chansons tantôt en français, tantôt dans un ‘franglais’ impeccable et amusant, une série de compositions empreintes de candeur, de douceur et de fraîcheur, dans un style qui oscille entre pop et folk.

D’une voix timorée, le chanteur survole autant les titres de son dernier bébé que ceux du précédent opus, « A la vie, à la mort », sur fond de déclinaisons dichotomiques de la vie (l’amour, le déchirement, etc.).

Plutôt nonchalant et la plupart du temps la bouche ouverte (voulait-il gober les mouches ?), on ne peut pas dire que le gaillard se soit évertué à mettre une ambiance de feu. De l’amour, oui, mais pas une once de colère.

Bien que sa prestation soit quelque peu maniérée, elle a été avant tout réussie, se reposant surtout sur des accords de cordes, sensibles et délicats.

Un bon moment de partage d’une musique de qualité reflétant une finesse dans l’écriture. De quoi rappeler un certain Dominique A dont il pourrait être le parfait héritier...

Que demander de plus ?

Direction la grande scène, derrière l'édifice du château pour entendre une jeune demoiselle, subtilement rebaptisée pour la circonstance ‘L'Impératrice’.

Impliquant 6 membres –Charles de Boisseguin (clavier), Flore Benguigui (chant et texte), Hagni Gwon (claviers), David Gaugué (guitare basse), Achille Trocellier (guitare électrique) et Tom Daveau (batterie)– ce groupe atypique se nourrit clairement de pop chic, d’électro débridée, de french touch et de disco/funk cosmique à coloration 70’s.

Non seulement la gonzesse s'est affublée d'un accoutrement à la Star-Trek, mais elle arbore une chevelure de couleur bleue, telle une Schtroumpfette des temps modernes.

Révélé au grand public par un troisième Ep intitulé « Odyssée », le sextuor embarque immédiatement le public à bord de son vaisseau spatial où les sons disco, funk et groove se succèdent pour le plus grand bonheur des popotins qui trouvent là un bon moyen de s'exprimer chacun derrière sa chaise. Ambiance post-nuke on vous le disait.

Le groupe est venu défendre les couleurs de son nouveau joujou, « Tako Tsubo » (une expression japonaise ‘pièce à poulpe’ signifiant ‘le syndrome des cœurs brisés’) qui marque un tournant dans sa direction artistique post-nuke. Manifestant un sens de l’érotisme décomplexé, les musicos s’appuient sur des synthés rétros, des cuivres chaloupés et des percussions tribales. Et vu l’approche très Frech touch de l’expression sonore, la filiation avec le défunt Daft Punk est inévitable.

Taillé pour le live, le band n’hésite pas à balancer ses tubes (« Peur des filles », « Hématome »), tout en proposant des textes à l’esthétisme léché et visionnaire.  

En naviguant entre mystère, féminité et l'élégance, L'Impératrice ressemble finalement à son avatar.

Les quatre joyeux lurons de La Rue Kétanou embraient. Dès les premières notes, on se rend compte que les chansons seront festives, mais aussi réalistes et engagées très second degré.

Si la liberté de ton et d'expression y est, ce n’est pas du tout la tasse de thé de votre serviteur qui préfère profiter de l’offre proposée par la poignée de food-trucks dispersés sur la plaine.

Retour à la Guinguette pour y découvrir La Yegros, combo menée de front par la grande et plantureuse Mariana Yegros, chanteuse argentine originaire de Buenos Aires.

L’estrade est jonchée de (fausses) plantes qui laissent planer une (fausse) impression d’être plongés dans la jungle.

A l’arrière-plan, une nana un peu rondelette siège derrière les fûts.

Accusant un accent à la Cristina Cordula, la donzelle entame tout de go un show rythmé par des musiciens dont la joie communicative et l’insouciance reflètent bien le tempérament sud-américain…

D’ailleurs les compos sont issues d’un mélange subtil entre différentes influences latino-américaines ; de la cumbia au chanamé, en passant par le carnavalito, la Yegros a le chic pour dégripper les corps les plus rouillés, même si cette musique est plutôt répétitive et finalement sans grand relief.

Son énergie folle, sa liberté de ton et d’action irradie les plus léthargiques. Mais bon, il faut vraiment apprécier ce style pour s’en s’imprégner.

Hormis le plaisir des yeux face à la sensualité de ces corps en mouvement, la prestation n’apporte pas vraiment de plus-value à la soirée.

Malgré les paillettes et l’ambiance festive, il est sans doute plus opportun de regagner ses pénates que de rester les yeux écarquillés devant une telle plastique.

Mais comme le trio invite au lâcher prise –et y parvient– de concert restera, selon les spectateurs présents, comme l'un des plus stimulants de cette édition sur le plan festif.  

Voir aussi notre section photos ici

Organisation LaSemo     

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 11 octobre

Écrit par

Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

C’est la dernière soirée à laquelle votre serviteur assiste, dans le cadre des Nuits Botanique.  A l’affiche : Sage Comme Des Sauvages et en supporting act, Kùzylarsen.

Power trio infernal, Kùzylarsen a choisi le nom de famille de Mathieu Kùzylarsen, comme patronyme. Mathieu se charge de l’oud électrique et du chant. Il est soutenu Alice Vande Voorde à la basse et Julieta au beatbox. Ces deux dernières participent également aux vocaux. Interprétées dans la langue de Molière, les chansons parlent de la condition humaine, mais aussi d’amour et de sensualité. Julieta pratique le human beatboxing (Trad : boîte à rythmes humaine), technique qui consiste à créer de la musique en imitant des instruments, le plus souvent des percussions, uniquement avec la bouche). Cette pratique est fascinante et c’est d’ailleurs Julieta qui focalise toute l’attention du public. L’oud entretient un climat arabisant au concert. A l’instar de Juicy, Mathieu, dont le discours est engagé, dédie une de ses chansons à l’ex-secrétaire d’Etat à la migration, Théo Francken, pour ses accointances avec les partis néo-nazis. A l’issue de la prestation, la foule va réserver une véritable ovation à Kùzylarsen. Pas étonnant qu’il ait été récompensé dans la catégorie chanson française aux derniers Octave de la musique.

Setlist : « Le long de ta douceur », « Clarisse », « Le château vide », « Fils de tous », « La luciole », « 30 ans de voyage », « Fer de Lance », « Plus personne ne chante ici » (en version exceptionnellement ‘a cappella’).

Place ensuite à Sage comme des Sauvages, un duo réunissant Ismaël Colombani et Ava Carrère. Lui est Corso-belge et militait au sein du combo noisy expérimental Vitas Guerulaïtis. Franco-Américaine, elle est diplômée des Beaux-Arts et a fourbi ses armes dans le monde du cabaret à Berlin. A l’actif de ScdS deux albums, « Large La Peau », paru en 2015 et « Luxe Misère », en mars de cette année. Nourri d’humour noir et de rêves exotiques, l’imaginaire du tandem s’est depuis enrichi de rencontres aux quatre coins de la francophonie.

Une estrade est dressée sur le podium, à gauche, pour le percussionniste ; et une autre à droite pour le tandem infernal. Derrière eux on remarque la présence d’un rack sur lequel sont posés deux grattes semi-acoustiques, un oud, un bouzouki et un ukulélé.

Ils sont tous les 3 coiffés d’une couronne de roi épiphanique. Elle est vêtue d’une robe brune à paillettes et lui a enfilé un t-shirt à l’effigie d’une tête de loup et une sorte de smoking fantaisiste à queue de pie…

Le concert démarre en trombe par « Mon Commandant ». On ressent immédiatement de la sympathie pour ces musiciens. Le sourire radieux et les yeux pétillants d’Ava ne sont pas étrangers à cette impression. Parfois, elle me fait penser à Bianca Casady (CocoRosie). Le duo se partage le chant. Ismaël balance ‘Bruxelles vous êtes belle’. Puis ajoute ‘Vous êtes beaux, masqués’. Dynamisé par les percus, « Rouge Colère » baigne au sein d’un climat africain. Tout comme le tribal « Les Oiseaux Parents ». Les singes déboulent de la forêt tropicale et crient à tue-tête.

La musique est le fruit d’un savant cocktail entre chanson urbaine et percus tribales, où se mêlent joyeusement maloya, calypso et rebétiko (une musique issue du répertoire populaire grec). Hormis celle en cajun (« Panier su la tête »), toutes les compos sont interprétées en français. Les textes sont à la fois beaux et imprévisibles, poétiques et pertinents.

Tout est prétexte à nouer le dialogue avec le public. Le combo n’en oublie évidemment pas son single « Inattendu » (?!?!?). En général Ismaël se charge de l’ukulélé, parfois des autres instruments à cordes et Ava, assise, du tambourin marocain. Ava ne l’abandonne que pour 2 chansons afin de se consacrer à la gratte semi-acoustique…

Et à l’issue du set, le trio va nous accorder « Yassou Evropi », en rappel. A revoir, assurément !

Setlist : « Mon commandant », « Rouge Colère », « Inattendu », « Panier su la tête (Alain Peters) », « Les oiseaux parents », « Les Angoisses », « Lailakomo », « Garçon », « De L'eau », « Le goût de la fumée », « Luxe Misère »

Rappel : « Yassou Evropi »

Sage Comme Des Sauvages + Kùzylarsen

(Organisation : Le Botanique et FrancoFaune)

Les Nuits Botanique 2020 : mardi 6 octobre

Écrit par

Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées ; et comme votre serviteur débarque assez tôt, il s’installe au premier rang. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

En juin 2017, les Parisiens Théo Cholbi (chant) et Florian Serrain (bassiste) fondent Süeür, une sorte de créature sonique explosive. Un an et demi plus tard, le batteur Léo Goizet rejoint le tandem. Eponyme, son premier elpee est paru en janvier dernier. Pourquoi 2 trémas sur les ‘u’ du patronyme ? Parce que lors d’une fête de la musique, il faisait encore 38 degrés, à 21h00…

La musique du trio mêle post-punk, drum & bass, noise, techno et hip-hop, un rap underground qui dresse constamment des passerelles entre la scène francophone (Vald, Fianso, Damso, Booba) et yankee (Ho99o9, XXXTENTACION, Death Grips, …) Death Grips surtout ! Issu de Sacramento, il agrège rap ténébreux et névrosé au punk.   

Avant de monter sur le podium, les baffles crachent de la musique signée Hollywood Undead. Et l’idée est judicieuse.

Constituée d’un drummer et d’un bassiste, la section rythmique est particulièrement dynamique. Le son est puissant et truffé d’électronique générée par un ordinateur et un MPD placé devant le drummer.   

Déchaîné, le chanteur se déplace constamment et pose ses textes incisifs avec une grande précision, des paroles qui s’inspirent de Rimbaud, Booba, Brel, de dialogues de cinéma et de la vie de tous les jours…

Pendant « MTM (Sur Ma Vie) », morceau paru en single avant la sortie de l’album, il déclame : ‘Manger des morts ou vomir des vivants. Ça veut pas dire grand-chose mais ça nourrit ma prose’. Ce qui se traduit pour Théo par ‘Viens partager ta peine avec moi’. Les textures sonores syncopées et profondes rappellent alors Massive Attack et Nine Inch Nails. Süeür, pour les rappeurs, c'est du rock. Et pour les rockeurs, c'est du rap…

Un set littéralement incendiaire !

Setlist : « Pleure », « Ride To Paris », « Petit Jack », « Malfamée », « QLL », « MTM (Sur Ma Vie) », « Peut Être », « En Equilibre », « Coupe Moi ».

Glauque réunit Louis Lemagne et Aaron Godefroid au chant, Baptiste Lo Manto aux claviers et à la batterie, Aadrieian Montens à la guitare et aux claviers et Lucas Lemage, également aux claviers. Encensé par la critique, le collectif namurois est également très apprécié en Wallonie. Faut dire que dans le style, c’est sans doute ce qui s’y fait de mieux. A son actif, deux Eps, parus pendant le confinement : « Glauque » et « Réécriture ».  Glauque c’est d’abord un style hybride, instinctif, qui évolue entre la rage du rock, le côté frontal du rap, les rythmes entêtants de l’électro, invitant parfois des sonorités très métalliques et industrielles ; mais aussi et surtout des textes singuliers, poétiques, parfois névrosés, mais résolument contemporains. Une musique chargée de nuances, subtile, qui reflète bien son époque.  

Il y a du matos sur les planches dont un piano à queue qui sert lors des deux premières chansons. Les interventions aux ivoires sont précises et délicates. Il faut se réveiller ! C’est le début de la compo interprétée en slam à la manière d’un Grand Corps Malade au sommet de son art. Après un départ lent et paisible, les événements se précipitent ensuite. Toujours slammé, « Vivre r2 » se révèle un peu plus électro. Une électronique qui va progressivement envahir l’expression sonore, tout en se mêlant au rap. On aura même droit à de la techno !

Le light show est impressionnant. Le band n’oublie pas « Robot », le single qui l’a fait connaître. Le refrain de « Vivre » est scandé en chœur par la foule debout (‘On est tous voués à vivre’). Les deux chanteurs arpentent les planches de long en large. Les musicos dansent sur place. Parfois Glauque me fait penser au groupe bruxellois Glù…

Et le concert de s’achever en forme d’apothéose par « Deuil ».

Setlist : « Plane r2 », « Robot r2 », « Vivre r2 », « Ego », « Venaire », « Personally », « Will I Be », « Vivre », « Robot r1 », « ID8 r1 », « Plane r1 », « Deuil »

Glauque + Süeür

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 4 octobre

Écrit par

Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. Ce soir, pour accueillir River Into Lake soutenu par un quatuor à cordes ainsi qu’Offo Vrae, la salle de l’Orangerie est en configuration assise et peut accepter 150 personnes. C’est une formule qui plaît à votre serviteur, même si le port du masque obligatoire finira par devenir pénible au fil de la soirée.

Offo Vrae, c’est le nouveau projet de Jawhar Basti. Une nouvelle création qu’il a décidé de chanter dans la langue de Molière et non plus en arabe, et pour laquelle il a reçu le concours du producteur et arrangeur Lennart Hendels.  

Jawhar monte sur le podium vêtu d’une jupe-culotte marron et d’un pull brun foncé. Il porte un collier rouge autour du cou et sa tête est surmontée d’un turban de couleur bordeaux.

Jawhar raconte des histoires chargées de spleen qui parlent de devenir étranger à toutes les rives quittées pour un refuge ultime. Du rêve d’une pergola. D'un balcon qui donne sur la mer. D’une maison que frôle un sable doré. D’un corps qui ne ferait qu’un avec une forêt. Une véritable incitation au voyage. Un set léger et parfaitement maîtrisé au cours duquel, pour deux compos, il reçoit le concours de Yannick Dupont au synthé, qui leur instille quelques petites et délicates touches électro.

Setlist : « Si Ivre », « Souvenir de demain », « En chemin », « L’arabe de vos guerres », « Ces Ombres », « Oh », « Sein Masculin », « Blow », « Pergola »

Boris Gronemberger est loin d’être un inconnu. Non seulement il a apporté sa collaboration à Girls in Hawaii, Françoiz Breut, Castus et le duo Blondie Brownie, mais a surtout drivé V.O. pendant une quinzaine d’années, band bruxellois qu’il a finalement rebaptisé River Into Lake. Et dont le premier elpee, « Let the beast out », est sorti en septembre 2019. Un opus de pop orchestrale combinant malicieusement mélodies pop acérées, harmonies complexes et sonorités héritées des 70’s.

Boris se charge des claviers et des guitares. Il est soutenu par une section rythmique montée sur une estrade constituée de Franck Baya (Cloe du Trèfle, Sarah Carlier, Fugu Mango) à la batterie et de Frédéric Renaux (Coffee Or Not) à la basse et aux claviers. Mais aussi d’une préposée au glockenspiel et au saxophone (Aurélie Muller), d’un claviériste/trompettiste, d’un guitariste et d’une section à cordes (trois violonistes et un violoncelliste).

Et ce sont ces cordes qui vont donner une remarquable dimension au concert.

Paradoxal, mais le drumming de Franck est à la fois sauvage et particulièrement technique. A l’avoir vu en ‘live’, à plusieurs reprises, au sein de différents projets, il est manifeste que ce musicien est un prodige des baguettes.

Elaborées sous la forme de montagnes russes, les mélodies sont raffinées. Les duels entre les différents instruments sont permanents. Le spectre de Grizzly Bear plane. Celui de Beirut également, lorsque les cuivres s’enflamment et supplantent momentanément les cordes généreuses. Mais aussi du Pink Floyd, lors des longues envolées instrumentales. La musique pénètre alors dans une sorte de prog/rock souligné par des harmonies vocales parfois délirantes, dans l’esprit de Dave Penny (Archive). Mais une expression sonore qui tout en évoluant entre seventies et eighties, est très susceptible de virer au shoegaze, au jazz, à la pop classique et à la musique de chambre, tout en conservant une forme contemporaine.

Les neuf petites perles présentées ce soir constituent autant d’hymnes à l’amour, à la vie et à la beauté de l’univers dont la plupart d’entre nous s’écartent un peu plus chaque jour.

Un excellent concert à voir et à revoir…

Setlist River Into Lake

“The book on your chest”, “Far from knowing”, “Misunderstanding”, “Let the beast out”, “Downstairs”, “Between”, “Fiberglass”, “Dig your own way”, « Devil's hand »

River Into Lake (String Quartet) + Offo Vrae

(Organisation : Botanique)

Songe d’une nuit BW 2020 : dimanche 19 juillet

Écrit par

Le cadre est magnifique. Les trois scènes ont été installées à des endroits différents, mais en prenant soin de préserver le coup d’œil sur les étendues d’eau des carrières, considérées comme formant un des plus beaux sites de Wallonie. Eclairé, le parcours réunit des groupes de 50 spectateurs accompagnés par des guides bénévoles. Un petit trajet de 1 200 mètres qui longe le haut de la carrière afin d’accéder aux 3 scènes. La distanciation sociale est très bien respectée. Pour une première organisation, c’est vraiment parfait et chaque équipage est complet. Un équipage constitué de 3 ou 4 artistes qui joueront chacun à 5 ou 6 reprises des sets de 30 minutes.

Noah Moon est la première artiste programmée. Votre serviteur suit attentivement son parcours depuis plus ou moins dix ans. Elle se produit, en général, au sein d’un trio. Aujourd’hui, elle est soutenue par un drummer (NDR : un nouveau !) et la claviériste Laetitia Collet. Et elle se sert d’une gratte semi-acoustique. Le podium est entouré de fleurs et de roseaux. Manifestement, Manon est boostée par cette opportunité de pouvoir rejouer devant du public, après 4 mois de confinement, une période au cours de laquelle, pour ne pas perdre la main, elle avait accordé de petits concerts intimistes, relayés par les réseaux sociaux.

« Alive » ouvre le set. Allègres et sautillantes, les sonorités électro/pop sont stimulées par de généreuses percus. Souriante, jolie, épanouie, Manon a toujours le (petit) mot pour (sou)rire. Ivoires et percus entretiennent le climat paisible mais chargé de feeling de « Found Me ». Il faut dire que la voix Manon s’adapte aisément à cette atmosphère empreinte de quiétude. Un filet de sonorités semi-acoustiques amorce « Paradise », avant que la plage nous entraîne vers celles, plus ensoleillées, de Kingston. Le soleil est au rendez-vous, mais il y manque le sable et la délicatesse des embruns marins. Mid tempo, « Sparks » évolue au rythme synthétique d’un cheval au trot. Après « Run », le plus acoustique « At Last We Tried » retrouve une certaine forme de sérénité. Et en guise de rappel, « Now » clôt ce concert qui a mis du baume au cœur de votre serviteur, même si Manon n’a pas interprété de nouvelle compos…

Setlist : « Alive », « Found Me », « Paradise », « Sparks », « Run », « At Last We Tried », « Now »

Direction seconde scène que Juicy squattait vendredi. Lubiana est venue nous présenter de larges extraits de son Ep éponyme. Découpé en 5 pistes, il est paru en avril dernier. Elle compose, chante et se sert d’une kora, un instrument de musique à cordes originaire du Mali que l'on trouve dans toute l'Afrique de l'Ouest. Agée de 26 ans, cette jeune Belgo-camerounaise est considérée comme la nouvelle sensation de la scène musicale belge. A cause de deux ses deux premiers singles, « Self Love » et « My Man Is Gone », et de son style qui mêle pop, soul, jazz et world. Elle avait fait forte impression lors de sa prestation, dans le cadre du festival Esperanzah, il y a deux ans ; mais également en première partie de Youssou’n’Dour, au Palais 12.

Avant d’entamer son set, elle raconte que dans son pays, la kora est réservée aux griots qui ne sont que des hommes. Ce sont les poètes et les chantres de l’Afrique de l’Ouest.

Plutôt imposant, cet instrument est posé en hauteur, sur un support, afin qu’elle puisse en pincer les 10 cordes. Epreinte de douceur, la compo est interprétée en solo. Un titre soul, qu’elle chante aussi bien en anglais qu’en dialecte camerounais. A partir du deuxième morceau, elle est rejointe par un préposé aux synthés et IPad. Elle n’en n’oublie pas son hit « I Think ’bout You », un morceau dont les percus électroniques vont faire grimper la température ambiante. En symbiose avec la foule et tout en pinçant les cordes de sa kora, elle lui demande de participer au refrain de « Sunday Last ». Satisfaite, elle le remercie en le qualifiant de lumineux…  

Setlist : « Break Free », « Self Love », « I Think ’bout You », « Sunday Last ».

Le grand podium est réservé, aujourd’hui, à Sarah Carlier. Encore une artiste que votre serviteur soutient depuis plus d’une décennie. Comme d’habitude, la trentenaire a revêtu sa large chemise marocaine. Elle est, bien sûr, épaulée par d’excellents musicos. En l’occurrence le gratteur Yannick Werther (Selah Sue), le bassiste/claviériste Clive Govinden, le programmateur Fabrice Blin et un nouveau drummer qui remplace Boris Tchango, dont le kit a de quoi impressionner.

Sarah ne va pas nous proposer de nouveaux morceaux, mais des versions revisitées d’anciens titres. Soit à la sauce électro/pop. Pas étonnant que le claviériste tire son épingle du jeu. Clive joue de sa basse en slap et tapping. Toujours aussi inspirée par Richie Havens son idole, Sarah s’autorise une cover du regretté New-yorkais. Sa gratte semi-acoustique, Sarah ne va s’en servir que lors du troisième et quatrième set, soit en fonction du répertoire proposé. Bref, une bonne petite répétition générale post covid 19…

Setlist : « Big Planet », « Nation Of Love », « Watch Tower », « Deep Down », « My Dear ».

Organisation : Inc’ Rock BW + Festival Songe d’une Nuit BW + Le Coup de Pouce ASBL

Sarah Carlier + Lubiana + Noa Moon

Songe d’une nuit BW 2020 : vendredi 17 juillet

Écrit par

Le cadre est magnifique. Les trois scènes ont été installées à des endroits différents, mais en prenant soin de préserver le coup d’œil sur les étendues d’eau des carrières, considérées comme formant un des plus beaux sites de Wallonie. Eclairé, le parcours réunit des groupes de 50 spectateurs accompagnés par des guides bénévoles. Un petit trajet de 1 200 mètres qui longe le haut de la carrière afin d’accéder aux 3 scènes. La distanciation sociale est très bien respectée. Pour une première organisation, c’est vraiment parfait et chaque équipage est complet. Un équipage constitué de 3 ou 4 artistes qui joueront chacun à 5 ou 6 reprises des sets de 30 minutes. C’est un peu court, mais le showcase est d’autant plus captivant. De quoi espérer une prochaine édition en 2021. Dix-huit artistes belges vont se succéder sur les quatre podiums pendant trois jours. Blanche remplace Saule au pied levé. Il s’est blessé au pied. Le soleil est au rendez-vous. Quoi de mieux pour espérer une superbe rentrée musicale des festivals intimistes

Le premier podium est planté au milieu des fleurs et laisse apparaître, en arrière-plan, des roseaux. Elodie Delvaux, aka Blanche, va s’y produire. D’origine namuroise, la jeune fille s’est révélée lors de sa participation à la saison 5 du ‘télécrochet’ The Voice Belgique, en 2016, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Elle a également été sélectionnée pour représenter la Belgique, lors de l’édition 2017 du concours Eurovision, qui s'était déroulé à Kiev, et au cours duquel elle avait interprété « City Lights », une chanson écrite par Pierre Demoulin, le chanteur et leader du band liégeois Roscoe. Elodie avoue ne pas être habituée à se produire en mode piano/voix. Elle est généralement accompagnée d’un groupe. Elle demande un autre siège et de l’aide afin que le synthétiseur soit à la bonne hauteur. Timide, elle signale qu’elle doit encore regarder son clavier et sentir ses doigts parcourir les ivoires. Sa voix est douce et mélodieuse. De son répertoire, elle a choisi cinq extraits de son premier album « Empire », paru en mai dernier. Elle ouvre son set par le titre éponyme de son elpee. Si le morceau est ténébreux, sa voix est cristalline, et sa montée en puissance dans les aigus est impressionnante. Une compo empreinte de mélancolie qui évoque une certaine Lanna Del Rey. Hymnique, « 1.2. Miss You » traite du manque d’affection et de la perte d’un être cher. Blanche s’épanche avant d’attaquer « Only You ». Elle aime bien être seule, mais le partage est quelque chose de primordial. En version dépouillée, donc sans percus et électro, les émotions sont davantage palpables. « Moment » parle de la vie au présent. Il faut essayer d’oublier ses doutes et ses peurs. On doit apprendre à se laisser vivre et à profiter du moment présent… Elle accorde un encore sous la forme d’une reprise de London Grammar. Blanche est programmée comme artiste ‘découverte », ce 11 septembre à l’AClub.  

Cap vers la seconde scène où nous attend le duo Juicy. Sasha et Julie sont en pleine forme et impatientes de retrouver le ‘live’ après ce long confinement. La setlist prévoit 5 chansons. Montée sur ressorts, Sasha met d’emblée le feu aux poudres. Dans sa danse folle, elle laisse tomber son I-pad placé au-dessus de ses claviers. Lors d’un concert de Juicy, il se produit toujours un incident technique. Ce qui rend finalement chaque prestation différente. Après « Seed And Ride », le tandem attaque « Mouldy Beauty ». C’est au tour de Julie d’être perturbée. La cymbale est tombée sur les planches. On n’y voit pas grand-chose, mais le show est plaisant. Le public est chaud-boulette et la pression monte encore d’un cran. Les filles esquissent un pas de danse et certains spectateurs se mettent également à leur emboîter le pas. D’autant plus que l’entraînant « Mama Told Me » dynamite littéralement l’assemblée. Sasha néglige la guitare, ce soir. Mais votre serviteur est aux anges, puisqu’on lui réserve « La boulette » de Diam’s. Rien que pour lui ! Et puis, par gourmandise, il va assister à un second set de Juicy. Sans la moindre anicroche côté matos. Un concert particulièrement vitaminé. Partout ou Juicy passe, le public est incapable de rester de glace. Juicy se produira le 3 octobre 2020, dans le cadre des Nuits Botanique, accompagnée de 23 musiciens. Les places sont limitées. A l’issue du set, les filles ont confié être heureuses d’avoir pu retrouver les planches, et que cela faisait un bien fou…

Setlist : « Seed And Ride », « Mouldy Beauty », « What You Can’t Confess », « Mama Told Me », « Count Our Fingers Twice ».

Le troisième podium est plus grand. Il est réservé à Balimurphy pour 30 minutes de démonstration. Le line up réunit le drummer Mathieu Catala, les deux gratteurs François Delvoye et le barbu chantant Cédric Van Cailli, sans oublier le contrebassiste Rodolphe Maquet et le claviériste/violoniste Martin Lauwers.

Depuis 1999, cette formation bruxelloise est parvenue à créer un univers bien personnel, grâce à des textes signés Catala et Delvoye et la musique, Cédric Van Caillie. En un peu plus d’une décennie, elle a acquis une solide expérience scénique en se produisant aussi bien en Belgique, qu’à l’étranger, tant sur de petites scènes, que lors de grands festivals. A ce jour, elle a gravé 5 elpees, dont le dernier, « Nos voiles », est paru en 2017.

« Echos » ouvre la prestation tout en douceur. Progressivement, les percus s’incrustent alors que d’abord vaporeuses, les sonorités traitées à la slide s’autorisent des envols plus sauvages. Harmonieuse et talonnée par des accords de gratte semi-acoustique, la voix de Cédric vous prend aux tripes. Il ne manquait plus qu’une seconde, mais féminine, pour le soutenir.

Le vocaux se révèlent de nouveau superbe tout au long de « Je Reste Là », une compo qui nous entraîne jusqu’en Afrique…  

Le contrebassiste tire son épingle pendant « Plus Belle Sans Moi », un morceau au cours duquel la foule reprend les ‘la la la’, en chœur.  

Les cowboys traversent les grandes plaines de la Wallifornie, tout au long de « Le Calendrier ». Les accords de piano sont sautillants. Un regret, quand même : l’absence de cuivres.  

Poussé par une légère brise marine aux embruns délicats, « Nos Voiles » se dressent sur l’embarcation qui flotte au-dessus de la mer.

Et en finale, « Plus Belle Sans Moi » s’achève dans un climat paisible, à la limite du recueillement…

Setlist : « Echos », » Je Reste Là », « Le Calendrier », « Nos Voiles », « Plus Belle Sans Moi »

Balimurphy + Juicy + Blanche

Organisation : Inc’ Rock BW + Festival Songe d’une Nuit BW + Le Coup de Pouce ASBL

Gogolfeest 2020 : vendredi 31 janvier

Écrit par

Le Gogolfeest est un festival organisé par Gogolplex, une structure qui compte 10 années d’existence. Elle propose de venir fêter cet événement, en famille, au Recyclart (rue de Manchester à Molenbeek), car le VK est en réfection pour 24 mois. Tous les bénéfices seront reversés à la fondation Gogolplex Vidéo qui contrôle le financement du développement artistico-culturel bruxellois dans la capitale européenne. Pour cette année, le festival est partagé entre concerts et Dj sets, mais, festivités oblige, la consommation de boissons et saucisses est également au menu gastronomique. Sans quoi, à l’affiche musicale figure Stikstof, Juicy, Témé Tam, Les Pandores et parmi les Djs, Vega, YZ, Franco Néro, New Smile, Deer Pony et Alvarez. Mais votre serviteur s’est avant tout déplacé pour Juicy et Témé Tam.

Témé Tan entame les hostilités à 20 heures. C’est le projet de Tanguy Haesevoets. Né quelque part entre Kinshasa et Bruxelles, il a été bercé par les rythmes africains, au cours de sa jeunesse. On l’avait découvert en première partie du duo cubain Ibéyi, à l’Ancienne Belgique. Une prestation décevante, il faut le reconnaitre. En fait, il était venu seul avec ses machines. Ce soir, il est soutenu par trois musicos. En l’occurrence Maï Ogawa aux synthés (Alec et les Japonaises), Mathieu Vandermolen à la basse et la guitare ainsi que Gérard Dubru aux percussions. Les vêtements de ces derniers sont de couleur rouge, alors que Tanguy a opté pour le brun et le gris ; mais ce sont ses chaussures qui focalisent les regards. A leur disposition, il y a pas mal de percus africaines, mais également un ukulélé, une mini-guitare électrique et une semi-acoustique.

La formation est installée en carré au milieu de la fosse, jute devant la table de mixage. Elle rôde ce set acoustique depuis deux bons mois. Il s’agit d’ailleurs de la quatrième prestation sous cette configuration. Tanguy chante sans micro, et se sert d’une gratte, d’un ukulélé, de percus et d’un mpd. L’instrumentation ondule en sourdine, lorsqu’il pose sa voix sur ses chansons. Le set s’ouvre par une nouvelle composition. Précieuse, indolente et atmosphérique. Moment au cours duquel on entendrait presque une mouche voler. Outre 5 titres inédits, il va interpréter, sous une forme plus lente et unplugged, ses tubes « Se Zwa Zo », « Améthys », « Ça va pas la tête ? » et « Matiti », un morceau qui clôt un set captivant, au cours duquel il a permis à notre esprit de voyager entre le Congo et le Brésil, en passant par les Antilles, à travers sa tropical pop, qui plonge ses racines dans la world music et le groove africain, et qu’il épice de nu-soul, de funk, de hip hop, de zouk et de rumba…

Place ensuite à Juicy. Sasha Vovk et Julie Rens forment ce duo explosif, déjanté et un peu féministe. Un premier opus est en préparation et de larges extraits devraient être révélés le 28 avril prochain, dans le cadre des Nuits Botanique…  On annonce même 23 musicos sur les planches, pour cette soirée !

Dans une mise en scène sauvage et désinvolte, les filles font leur entrée, vêtues de pantalons blancs à franches, bodys noir sexy et vaporeux. La salle est bien remplie. La foule se laisse rapidement entraîner par les rythmes hip-hop ainsi que les voix soul/r&b des deux chanteuses. Mais également leur enthousiasme, leur humour au second degré ainsi que leur gestuelle. Les filles vont nous réserver leurs inévitables déhanchements sensuels, les exercices de gymnastique avec le balancement de la jambe d’avant en arrière, la petite pique adressée à Théo Franken, un light show dominé par le rouge et le blanc, assumer une rituelle panne de matos (pied de percu électronique de Julie qui rend l’âme), afficher leur capacité à interchanger leurs instruments, et achever leur prestation par l’excellent « Count Our Fingers Twice ».

Riches, leurs compositions puisent leurs sources dans le jazz. Si la progression des morceaux surprend et déstabilise parfois, on se laisse vite emporter par les voix envoûtantes de Julie et Sasha. Seules sur scène, elles sont à l’aise sur chacun de leurs instruments, que ce soit la guitare, le piano, le synthé, ou la batterie électro… Elles s'en amusent en échangeant leurs rôles au beau milieu des titres. En totale osmose, on assiste à un spectacle coloré et à une expérience musicale de qualité. Le public est conquis comme à chaque concert des filles. On a même droit à une nouvelle compo puissante et envoûtante, « I’m The One ». Ravi votre serviteur vide les lieux avec son fils et son pote, devenus depuis, également aficionados, et prennent alors le chemin du retour, des étoiles pleins les mirettes. Vivement les Nuits Botanique!

 Setlist : « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Not A Hard Nut To Crack », « What You Can’t Confess », «I Wanna, Yes, I Wanna », « Mama Told Me », « See Me Now », « I’m The One », « Count Our Fingers Twice ».

Juicy + Témé Tan

(Organisation : VK et Gogolflex)

Page 2 sur 57