logo_musiczine

« Hell Stairs », le prochain Ep de CDSM, est à la fois glamour et sombre, chic et délabré, exaltant et écrasant. C'est l'hédonisme qui tinte dans votre verre, le changement qui fait vibrer le creux de votre poitrine. Bien sûr, c'est un mélange de post-punk,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Festivals

Bagnols Reggae Festival 2019 : jeudi 25 juillet

Écrit par

‘D’un côté à l’autre de la rivière, tout le monde y trouve son bonheur…’

Dans un cadre idyllique, plus de 18 000 festivaliers ont foulé la plaine du Parc Arthur Rimbaud de Bagnols-sur-Cèze à l’occasion d’un week-end fédérateur et vecteur d’émancipation. Grâce à une programmation jonglant entre les pointures de la musique jamaïcaine tout en ravissant les aficionados du Sound-System, le pari de la deuxième édition du Bagnols Reggae Festival est réussi.

Un trio d’ambassadeurs français du reggae décide, en 2018, de relancer un grand événement musical aux couleurs vertes, jaunes et rouges dans la capitale française du reggae. A l’initiative, figurent Jérôme Levasseur qui produit des artistes reggae depuis belle lurette et Meziane Azaïche, directeur du mythique Cabaret Sauvage à Paris. Les deux compères se sont associés à la structure Bazar Musique pour ressusciter la culture Roots à Bagnols.

En marge de la programmation, un festival ‘OFF’ s’ouvre dès le mercredi 24 juillet au cœur de la cité. La Médiathèque propose plusieurs diffusions. L’Ensemble National du Reggae réveille le centre-ville chaque matin. La Cave Mallet est investie par une exposition exceptionnelle de Fluoman (1952-2005), précurseur dans l’utilisation de l’acrylique fluorescente et peintre inspiré par l’iconographie africaine et le mouvement rasta ; et enfin, le camping se réveille lors d’une jam session ouverte à tous et animée par Neboty Roots et son projet Roots Jam Session. Inutile de vous préciser la plus-value apportée par ces différents éléments à l’ambiance générale déjà festive et fraternelle.

La journée est chaude, très chaude. Le thermomètre affiche plus de 36°C, le climat sudiste ajoute d’emblée un peu de magie à l’endroit magnifique en bord de Cèze où se déroule l’événement.

Et c’est parti pour une journée marathonienne de bonnes vibrations.

Le Dub Club ouvre le bal par Blackboard Jungle et MC Oliva aux commandes. L’occasion de préciser que les 24 basses du Blackboard Jungle sound-system ont fait vibrer les fous du genre durant tout le week-end grâce à une sono réglée aux petits oignons et une culture de l’accueil inégalable.

Cependant, pas le temps d’assister à la prestation des Rouennais, car l’Ensemble National du Reggae entame déjà un set au plein cœur du site pour accueillir les festivaliers comme il se doit.

Du côté de la grande scène, Samory I ouvre la programmation du jour devant un public peu nombreux mais intéressé. Soutenu par un solide live-band, la voix puissante de ce jeune disciple du new roots fait le job face à un public satisfait de ce premier concert.

Côté Dub Club, Bunny Dread entame un show qui rencontre des difficultés techniques. De quoi mettre à mal la qualité d’écoute d’une sélection plutôt éclectique.

Après cette prestation plutôt inégale, Irie Ites prend les commandes du Sound-System pour une lourde tâche : remplacer King Jammy (absent pour raisons de santé) au pied levé. Fort heureusement, il est soutenu par des MC’s de classe internationale, à savoir Linval Thompson et Trinity. Un concert solide, des animateurs aux anges et une sélection qui se termine par une grosse dubplate d’Eek-a-Mouse.

Pendant ce temps, se sont enchaînés sur la mainstage le Sénégalais Meta Dia & the Cornerstone ainsi que Black Roots. Les premiers ont dispensé un set dans la continuité du new roots proposé par Samory I tout en y mêlant des textures plus typiques de l’Afrique, continent à travers lequel le voyage nous réserve beaucoup de plaisir. Bien que l’ambiance monte crescendo, le public est bien plus ombreux pour le second qui réserve une prestation exclusive en France. Malgré de départ d’un membre du groupe, enregistré au cours des jours précédents, la foule donne la force au band pour délivrer un reggae puissant et sensible à la fois. Une prestation forte en émotions pour un tableau parfait. La virtuosité est au rendez-vous.

On jette un œil et surtout une oreille sur la touche Dancehall proposée par Busy Signal qui s’inscrit plus difficilement dans une programmation plutôt axée roots et foundation.

En outre, quand on rejoint l’arène, de l’autre côté du site, Manudigital enflamme l’assemblée lors d’un set explosif flanqué de Lieutenant Stitchie. Pas une seconde de répit, les tracks s’enchaînent et l’homme derrière le micro est en grande forme. Les dubplates volent, les exclus aussi et Stitchie est littéralement accroché aux barrières crash. Quelques galères du côté de la MPC de Manu mais rien qui ne puisse l’empêcher de brillamment ‘retourner la danse’

La soirée se clôture tout doucement par une grosse tête du reggae jamaïcain : Don Carlos. Le band est calé comme un métronome, ça groove sur un son bien construit, de manière classique. La prestation de l’artiste est au niveau, probablement la plus intéressante de la soirée. Les tubes s’enchaînent : « Hog and Goat », « Lazer Beam », « Natty Dread Have Him Credential », ... Le public ne pouvait espérer mieux pour clôturer cette belle journée.

Le temps d’un petit sprint final afin d’écouter le set de clôture du Blackboard et direction le camping pour les uns et l’after-party pour les plus résistants. Que ce soit d’un côté ou de l’autre de la rivière, tout le monde y trouve son bonheur.

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Bagnols Reggae Festival)

Les Nuits Secrètes 2019 : samedi 27 juillet

Écrit par

Le temps qui règne sur la petite ville post-industrielle d'Aulnoye-Aymeries (NDR : c’est dans le nord de la France), sise à 18 km de Maubeuge et nichée au creux du bassin de la Sambre, est décidément bien maussade. Il pleut comme vache qui pisse depuis ce matin et les gros nombreux nuages bas ne laissent présager rien de bon…

Paradoxalement, les gens se sont pressés en masse malgré tout. On doit assurément frôler le sold out…

Les Nuits Secrètes constituent le fleuron de cette bourgade de quelques centaines d’habitants. Le festival devient une véritable machine de guerre et propose une affiche de plus en plus pointue. Faut dire qu’avec ses 18 berges, le petit est devenu un adulte déterminé. La preuve par M qui, pas plus tard que la veille, tenait la chandelle ici…

Il y a peu de temps encore, la plupart des ‘live’ étaient gratuits. Aujourd’hui, il faut désormais mettre la main au portefeuille si on veut se faire plaisir et dorloter ses acuités auditives. Nécessairement les cachets des artistes et les coûts inhérents à la sécurité ont fait grimper les budgets relatifs à l’organisation.

Les rues jalonnent d’artistes qui jouent encore gratos pour stimuler leur popularité ; mais vu la flotte abondante qui s’abat, pas sûr que le succès soit au rendez-vous.

Pas de changements importants pour cette nouvelle édition. Il existe toujours une grande scène ouverte à bâbord et un espace couvert à tribord. Baptisé l’‘Eden’, il s’agit d’une infrastructure métallique initialement conçue pour accueillir le pôle régional des musiques actuelles. Pas vraiment le paradis, mais de quoi s’abriter en cas de mauvais temps ; ce qui n’est déjà pas si mal…

Les organisateurs ont aussi pensé à celles et ceux qui souhaitent remuer le popotin jusqu’aux petites heures. C’est le seul écueil à éviter, les vieux os de votre serviteur lui rappelant gentiment que l’arthrite frappe dès l’âge mûr…

Le live de Blood Red Shoes est quasi terminé lorsque votre serviteur débarque sur le site ; et c’est bien dommage… Un réel regret !

Il s’agit d’un groupe de rock originaire de Brighton, en Angleterre, réunissant Steven Ansell (voix et percussions) et Laura-Mary Carter (voix et guitare).

Le duo compte plusieurs années d’expérience scénique et déploie sur les planches une énergie débordante pour faire vivre une musique déjà bien punchy à l’état brute.

La distorsion des guitares de Carter s’adoucit au contact des sonorités des claviers ; ce qui rend l’ensemble moins punk-rock qu’il n’y paraît sur certaines compos.

Autre style, autre genre en compagnie d’Odezenne, un groupe français (NDR : il est originaire de Bordeaux, en Gironde) alternatif.

Formé par Alix Caillet, Jacques Cormary et Mattia Lucchini, le combo s’est taillé une place de choix dans le monde du rap et du hip hop. A son actif, onze années de carrière et quatre albums.

Son approche stylistique lui permet de décomplexer une musicalité hybride entre nappes de synthé vintage, rythmes saccadés et expressions narratives nonchalantes. Ce qui les différencie peut-être de leurs pairs et leur confère une empreinte reconnaissable entre toutes.

La manière dont il parvient à fédérer une ligne mélodique souvent monocorde et des textes un peu simplistes comme « James Blunt » ou « Au Baccara » est surprenante. Des centaines de badauds marmonnent les refrains.

L’éventail des thématiques est varié, mais tombe souvent dans des clichés vulgaires très premier degré, à l’instar de « Je veux te baiser » (‘Ton cul, ton cul, ton cul / À la limite ta chatte / Mais toujours à quatre pattes / A dada sur mon bide’).

Un spectacle destiné à un public averti, mais une belle découverte quand même.

Flavien Berger est programmé à l’Eden. Un chançard vu du temps qui se dégrade…  

Curieux, mais sans grande motivation, votre serviteur pousse une pointe jusque-là.

Il s’agit d’un artiste français sont la musique hybride agrège électro et psychédélisme, un mariage de sons qui peut surprendre, mais interpelle assurément.

Pour la petite histoire, Berger découvre la composition musicale sur sa Playstation 210 avec Music 2000. C’est dire… Son univers est très particulier. Difficile de le cataloguer. Entre le bidouilleur de bruits et le manipulateur de machines. En parfait autodidacte, il (ré)invente un genre à la Kraftwerk, ponctuant ses compos de jeux de mots incompréhensibles du style ‘faut-il parler pour ne rien dire ?’ Question inutile ! Mais qui suscitera tout de même son flot de réponses chez les quidams…

C’est sympa dix minutes, mais l’ennui guette votre serviteur qui n’a que faire d’un saltimbanque.

La pucelle de va bientôt faire son entrée. N’y voyez là aucune insulte ou insinuation, il s’agit tout bonnement de la signification danoise de son nom de scène.

A même pas trente berges, la blonde platine possède un joli curriculum vitae. Son succès décollera en flèche en 2015 grâce à Major Lazer qui lui demande d’y poser sa voix sur un titre.

On est bien loin de MOR (‘mère’ en Danois), un groupe punk qu’elle a drivé.  Karen Marie Ørsted, à l’état-civil, arbore un look sporty-vintage qui lui va comme un gant.

Aux premières nappes atmosphériques, les soubresauts envahissent son corps qui s’emballe follement à chaque mouvement ondulatoire de ses quatre membres, tel un pantin désarticulé. Elle bouge, sautille et court dans tous les sens.

Son univers est souvent comparé (à juste titre d’ailleurs) à celui de vocalistes electro/pop tels que Grimes, Purity Ring ou Twin Shadow.

Sa présence aux Nuits suscite un engouement sans précédent. La foule est compacte et il est impossible d’atteindre le frontstage depuis plus de trente minutes déjà.

Un podium trône au centre du parterre côté public. Elle s’y lance tout à coup, affranchie d’une pinte dans la main droite. Elle y monte d’un pas décidé, accompagné d’un comparse, et danse alors frénétiquement en éclaboussant les convives qui ne demandaient rien.

Son corps félin exulte, ravive la senteur de l’été et procure des sensations brûlantes dans le bas ventre. Pour une personne issue des pays nordique, on peut affirmer qu’elle n’a pas froid… aux yeux.

Elle devient femme lascive et ténébreuse lorsque ses doigts flirtent avec l’ivoire pour chantonner un « Mercy » d’une sensualité forte, soulignée par une voix douce et suave. Le paroxysme est atteint à cet instant.

L’étincelle finement perceptible dans ses yeux se transforme alors en un brasier géant sur « Blur », dont l’intro et les riffs de gratte ne sont pas sans rappeler le lointain « Where is my mind » des Pixies, pour ensuite déclencher un véritable feu d’artifice à travers « Leon On ».

Après un show d’une bonne heure, quoi de mieux pour achever un set qui restera l’un des meilleurs de cette journée ? « Final song » bien évidemment …

Fils du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot, Roméo Elvis s’est affranchi de son pote Le Motel et fait désormais cavalier seul. Une époque bien révolue. Mais, il n’en oublie pas ses origines « Lenita ».

Aujourd’hui, sa renommée s’étend au-delà des frontières. La rançon de la gloire…

L’artiste a bien bourlingué depuis ses débuts en multipliant des collaborations aussi nombreuses qu’internationales : Todiefor, Vladimir Cauchemar, Matthieu Chedid, Témé Tan ou encore Damon Albarn (Blur). Pas étonnant puisque le gaillard a acquis une certaine expérience en côtoyant, notamment, L’Or du Commun, Caballero & JeanJass, Angèle (évidemment), Lomepal, Thérapie Taxi ou encore HER…

Il aime rappeler, qu’il y a dix ans, il figurait au milieu des festivaliers. Comme quoi, il ne faut jamais abandonner ses rêves les plus fous… La messe est dite !

« Chocolat » résonne que déjà la foule comprend ce rapport particulier que le zinneke et cette friandise entretiennent...

Rien de tel pour se chauffer les esprits que « Pogo », une plage chantée en duo en compagnie de M, sur disque, qui provoque inévitablement une danse des plus viriles dans la fosse. Pourquoi pas, selon ses dires, profiter du moment pour mettre son nez dans le trou du cul de sa voisine…

Grâce à des compositions qui sentent bon la bonne humeur et la joie de vivre, le frère d’Angèle s’offre le luxe de proposer un live varié et (réellement) engagé en dispensant des compos satiriques (parfois) ou introspectives lorsqu’il s’agit d’évoquer les ruptures qui rendent « Malade ». Une chanson paradoxalement pétillante, reprise en chœur par des milliers des personnes. C’est dire la popularité du petit Belge dans l’Hexagone !

Sur le fond, la plupart des compositions n’apportent en réalité pas grand-chose. Sur la forme elles provoquent un raz-de-marée collectif. Et c’est sans doute le plus important. Les chansons existent davantage pour être vécues que pour être entendues.

Un concert chargé d'intensité au cours duquel le ket va multiplier les comportements excentriques, tout en remerciant chaleureusement les musiciens.

Quoi de plus normal enfin que de mettre en exergue la belle capitale lors d’un « Bruxelles » ravageur qui laisse un goût de trop peu.

En guise d’happy end, il encourage le peuple à acheter son album deux fois… Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ?

Le reste du festival ne sera qu’une suite de prestations électroniques.

Il est temps de rejoindre ses pénates. En espérant que la prochaine édition soit au moins aussi bonne que celle-ci

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

Blood Red Shoes + Odezenne + Flavien Berger + MØ + Romeo Elvis

Les Gens d’Ere 2019 : dimanche 28 juillet

Écrit par

Le paysage d’Ere a bien changé. Rien à voir avec celui de l’avant-veille. L’herbe verte a laissé place à une gadouille monumentale. La faute aux pluies torrentielles qui se sont abattues en fin de soirée.

Côté température, pareil. Si vendredi, les festivaliers suaient comme des cochons, la brise de ce dimanche a de quoi faire regretter la canicule.

Après un vendredi riche en émotions, place à une programmation orientée vers les plus jeunes en compagnie d’artistes aux univers très variés.

Sur la scène ‘Plein Ere’, Beautiful Badness est à l’affiche. Quatre musiciens : Olivier à la guitare, Gilles à la batterie, Antoine au clavier et Raphaële à la basse et aux cordes, autour de l'auteur, compositeur et chanteur, Gabriel Sesboué.

Autant de personnes hyper connectées autour d’un même et unique pôle, celui d’une musique enivrante et envoûtante.

En puisant son inspiration aussi bien chez Radiohead que Queen, la formation est parvenue, avec tact et intelligence, à réaliser une forme d’équilibre entre noirceur et légèreté.

Le tout sublimé par une palette de polyphonies hallucinantes proposées par Sesboué ; que ce soient dans les graves ou dans les aigus haut-perchés. Cet équilibre entraînant vite l’auditeur dans un univers fantasmagorique où règne la volupté et la bienveillance, à l’instar du somptueux « Sunny Morning ».

Un talent et une imagination sans limite donc ! Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder à la reprise magistrale de « I’ll be there for you », un titre de Rembrandts mieux connu pour avoir figuré dans le générique de la série ‘Friends’.

Les fans de l’artiste Cascadeur devraient s’y retrouver.

Sous le chapiteau, se produisent Les déménageurs. A voir les dizaines de bambins qui frétillent d’impatience, les compos du band doivent probablement s’adresser aux gosses de pas plus hauts que trois pommes.

Effectivement, accoutrés comme des lutins, les joyeux lurons, drivés par la charmante Lilli, s’en donnent à cœur joie pour émoustiller un parterre qui ne doit pas dépasser à tout casser les 8-10 ans, grâce à des chansons telles que « Pas la peine d’aller au zoo », « Un hippopoquoi », ou encore « Grasse matinée »

Votre serviteur observe quelques instants et déménage courageusement…

Place ensuite à Naya qui va nous réserver une excellente prestation. Probablement l’une des meilleures surprises du jour. Vêtue d’un rouge rappelant la couleur du rubis (comme la couleur de son album s’amuse-t-elle à rappeler), la belle a récolté un succès certain, grâce à un duo partagé auprès de Tom Grennan, pour « Quelque chose de toi »…

De sa voix tantôt légèrement éraillée, tantôt nasillarde à la Zaz, cette fausse timide révèle une maturité et une franchise impressionnantes pour quelqu’un âgé d’à peine dix-neuf ans.

Son « Great Ocean Road » donne le ton de ce qui va devenir une suite de jolies chansons sur fond de légèreté et de nostalgie.

Plus punchy, « Belunivers » révèle une couleur différente. Avant que la suite du set ne rencontre une succession d’incidents techniques, son MAC lâchant prise et la privant d’accompagnement.

Courageuse, elle mène, malgré tout, la barque dans une atmosphère bon enfant à travers des titres comme « Ego KO », « Cat Song » (en hommage à son chat) ou encore « Une fille de la lune », dont le clip a été réalisé par l’équipe du Temple Caché qui a notamment bossé pour Rive, un duo électro pop belge.

Il y a des rencontres qui ne s’oublient pas et celle-ci en fait assurément partie !

Typh Barrow ramène manifestement du peuple. La popularité de la jeune femme acquise dans le télécrochet ‘The voice’ y est certainement pour quelque chose…

C’est toute fleurie qu’elle intronise un concert qui restera intimiste. Les musiciens qui l’entourent ont eux aussi arboré des chemises à courtes manches aux motifs hawaïens.

Jouer dans cette partie du pays est une première pour elle. Elle s’installe devant le piano spécialement acheminé et de ses doigts posés délicatement sur l’ivoire, enflamme un « The Whispers » des plus surprenants.

Son grain de voix, proche de Amy Winehouse, lui confère un côté chaleureux et se marie parfaitement à un style pop et soul lorgnant vers le jazz et le blues.

A vrai dire, hormis l’une ou l’autre chanson, le live est plutôt gnangnan et ne décolle pas des masses, sauf lorsqu’elle s’agite comme un shaker pieds nus « Taboo ».

Finalement, on ne retiendra que cette compo et la reprise du « Gangsta's Paradise » de Coolio….

L’une des personnalités les plus en vogue ces derniers temps est la Saint-Ghislainoise Alice on the roof.

Remarquée dans le cadre de The Voice Belgium, où elle atteint la demi-finale, Miss Dutoit peut se targuer aujourd’hui d’être devenue une artiste à part entière…

Drivée par Marc Pinilla, le charmeur du groupe Suarez, la jeune femme a réussi à imposer un style qui n’appartient qu’à elle, notamment grâce à un premier opus baptisé « Higher », largement diffusé sur les ondes noir-jaune-rouge...

L’évidente qualité des compositions lui a permis de conquérir une critique médiatique et populaire unanimes bien utiles pour oser et acquérir un crédit scénique auprès des puristes.

Flanquée d’un masque, elle s’avance tambour battant dans une robe rose trop ample pour ses menues hanches tout en insistant sur le fait que sa grand-mère se trouve dans le public. C’est alors qu’elle chantonne « Madame », ode à la femme sans verser dans un féminisme primaire.

Le temps de troquer sa tenue pour un bleu paillettes, son « Mistery Light » défroqué confirme que les compos de la belle ont acquis en maturité. « On My Own » qu’elle enchaîne immédiatement en est la preuve formelle. Comparaison n’est pas raison paraît-il…

L’humour (un peu facile) est devenu une nouvelle qualité chez celle qui était encore une grande timide il y a peu de temps. Elle se rappelle de son inexpérience lorsqu’elle s’était produite à la Maison de la Culture de Tournai, il y a trois ans à peine…

S’accordant une pause bien méritée, elle interroge ensuite l’auditoire pour s’enquérir de la présence de célibataires. Evidemment, la gente masculine ne tarde pas à se manifester en masse. Même son petit copain, à la grande surprise de l’artiste… Ou encore, lorsqu’elle se remémore se regarder dans le miroir et se trouver la plus belle.

Bref, plus qu’une suite de chansons, on assiste à une véritable mise en scène au cours de laquelle une Alice versus ‘2.0’ s’émancipe enfin et se livre sans concession dans un exercice de style qui lui va comme un gant, finalement…

Sa voix éthérée et candide se pose pudiquement sur chacun des textes, comme pour les épouser. La plume est devenue plus incisive, joviale et sautillante grâce à Vianney qu’elle connaît bien, aime-t-elle à souligner.

Assurément, le Français permet d’ajouter une dimension supplémentaire fort intéressante sur « T’as quitté la planète ». Gageons qu’elle exploite davantage ce terrain dans le futur…

Madame Dutoit n’oublie pas pour autant l’anglais qu’elle pose parfaitement (elle a vécu une année en Oregon) ci et là sur des lignes mélodiques parfois parfumées d’une électro-pop léchée par « Easy come easy go ».

Ces quelques années à s’essayer et à s’apprivoiser lui ont été manifestement bénéfiques et lui ont procuré une certaine crédibilité en s’appropriant les codes du genre, malgré une prestation cousue de fil blanc.

Au loin, un tout autre jeune homme s’épanche sous les bâches tentaculaires. Il s’agit de Amir, encore un gars issu de la télé-réalité qui s’est illustré en gravant notamment « J’ai cherché », un morceau extrait de l’elpee « Au cœur de moi ».

Trop peu pour votre serviteur qui préfère se rincer le gosier avant de reprendre la route …

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Beautiful Badncess + Les déménageurs + Naya + Typh Barrow + Alice on the roof + Amir

Les Gens d’Ere 2019 : vendredi 26 juillet

Écrit par

Le festival Les Gens d’Ere est né d’une initiative peu commune entre une bande de copains qui, pour fêter la fin des examens, avait décidé de boire un godet autour d’un peu de musique dans l’enceinte d’un hangar. C’était en 1998.

Aujourd’hui, il s’agit d’un véritable festival dont le succès et la renommée croissent au fil du temps et dépassent les frontières.

Sans oublier les têtes d’affiche à faire pâlir de jalousie ses grands frères tout en gardant à l’esprit un côté intimiste, bon enfant et une mixité sociale rarement observée dans ce genre d’événements. Comme quoi, on peut faire du sérieux, sans s’y prendre vraiment…

A l’instar de l’année précédente, les festivités s’étalent sur trois jours. Le premier est essentiellement destiné aux (re)découvertes, à travers une programmation plutôt intergénérationnelle, le second est consacré aux covers bands et enfin, le dernier s’adresse à un public un peu plus jeune. Un line-up dont la diversité est intéressante et très susceptible de satisfaire un large public…  

Si au cours des jours précédents, il n’était vraiment pas indiqué de pointer le bout du nez, vu la température caniculaire, la prudence est aujourd’hui conseillée, car des orages violents sont attendus. Les K-ways sont d’ailleurs visibles à perte de vue…

Lorsque votre serviteur débarque, déjà s’envolent les dernières gammes de la jeune singer/songwriter belge Tanaë.

A entendre sa voix soul et ses mélodies pop accrocheuses, nul doute que sa prestation aura laissé quelques bons souvenirs auprès de la poignée de spectateurs présents.

Epsylon prend immédiatement le relais. Pas des jeunes premiers puisqu’il y a plus de dix ans qu’ils militent dans l’univers du rock celtique. Le groupe a déjà tourné en Chine, au Koweït, au Kazakhstan, Chine, Canada, Angleterre et un peu partout en Europe.

La veille, il se produisait en Bretagne. Aussi avant d’entamer le concert, comme pour se justifier, le porte-parole signale avoir roulé 10 heures pour assurer sa participation dans le plat pays. Un effort vite récompensé par une salve d’applaudissements bien méritée.

Le bassiste a le pied dans le plâtre. Il doit rester en position assise ; ce qui ne facilite pas ses mouvements.

La formation, née entre Nantes et la Vendée, est responsable d’une musique qui mêle rock, folk et pop, mais surtout notoire pour créer une ambiance celtique. Ce qui lui permet de se positionner un peu en marge par rapport à la palette de sons proposée aujourd’hui. Pourquoi pas après tout ? Il en faut pour tous les goûts !

Interprétées dans la langue de Molière et à l’aide d’instruments traditionnels, les compos, telles que « La même histoire », sentent l’air marin, le vent iodé et le coquillage ensablé.

Si la ballade « Aux hommes debout ! », soulignée par un accordéon, marque les esprits, c’est surtout « Requiem » qui incarne le mieux l’univers mystérieux voire mystique de ces hommes venus d’ailleurs.

Mustii est maintenant attendu par une horde de femmes en chaleur sous un chapiteau tout aussi brûlant. Faut dire que le gaillard est plutôt beau gosse. Dents blanchies pour sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques, il profite de sa plastique de mannequin pour lécher du regard, sans trop de scrupules, les plus jolies filles. Et apparemment, elles sont ravies. Ceux qui les accompagnent un peu moins…

La salle est pleine à craquer. Les quelques piliers de comptoir à moitié éméchés ont déserté le bar, déposé leur pinte et sont venus tendre l’oreille.

Un grand drap blanc trône au milieu du podium. Il est agité par de gros ventilos plantés en arrière-plan. Chaque balancement laisse entrevoir un ‘21st Century Boy’ luminescent.

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois.

La trentaine, le gamin diplômé de l'IAD jouit déjà d’une sacrée expérience scénique. Depuis pas mal de temps, il écume à tour de rôle des centaines de salles de concerts et des festivals.

Il arbore une tenue pour le moins étrange ce soir : une cape noir ornée de brillants. Ses musicos sont habillés de blanc. Seul le drummer est drapé d’un vieux marcel, histoire de ressembler à un vieux belge…

Thomas Mustin, à l’état-civil, s’est fait connaître auprès du grand public en publiant un Ep fraîchement réussi baptisé « The Darkest Night ».

Aujourd’hui, c’est un premier album qu’il est venu présenter. C’est donc par un « What a day » qu’il entame un tour de chant, rythmé par des chorégraphies à couper le souffle.

Sueur perlant sur le front, il avoue que la canicule n’a pas fini son œuvre et enchaîne de suite par le puissant et inévitable « 21st Century Boy ».

Tom fait bien davantage que chanter. Il vit sa musique, la respire, la transpire, joue avec le son et les rythmes. Tout est millimétré. Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est très énergique. Lorsqu’il ne sautille pas, il court d’un bout à l’autre de l’estrade, monte sur les praticables, se roule par terre ou se met à feindre une gestuelle quasi-érotique.

De nombreux spectateurs sont surpris de constater que lorsqu’il s’agit de mouiller sa chemise, il n’a pas froid aux yeux. D’un pas décidé, il s’élance dans la foule pour s’essayer au crowdsurfing… avec succès !

Les chansons conventionnelles et de jolies ballades ténébreuses alternent. Etrangement, la puissance de sa voix haut-perchée contraste avec son physique de jeune premier.

Sa reprise du tube séculaire « Tainted Love », un titre signé Ed Cobb du groupe The Four Preps, et popularisé par le duo britannique Soft Cell, emmené par Marc Almond, constitue un des moments forts du spectacle. Une compo très intelligemment réappropriée.

Les détracteurs estimeront le set sans doute un peu trop prévisible. Mais manifestement, le petit sait y faire et attire un public de plus en plus réceptif aux frasques pourtant parfois poussives.

Torse nu, Mustii clôt sa prestation d’une rare intensité par « Feed Me »…

Skip the use, va mettre le souk pour cette première journée !

Fondé en 2008, ce combo a vu sa notoriété grimper en flèche au point d’être rapidement invité à se produire lors des festivals internationaux, en assurant même des premières parties pour Trust et Rage Against the Machine.

Le line up a connu quelques changements depuis ses origines, notamment lors du départ d’une de ses chevilles ouvrières, Mat Bastard, qui va embrasser une carrière solo auprès de ses potes de Carving, tandis que d’autres membres formeront The NoFace. Un divorce par consentement mutuel acté fin 2016.

De courte durée puisque le couple Bastard/Yan Stefani est à nouveau en lice pour une nouvelle aventure que l’on espère la plus longue possible.

L’explosivité du black n’est pas une légende. Dès les premiers riffs entraînants, irrésistibles même, son corps transgresse les lois de la gravité. Une seule certitude, le ‘live’ sera explosif !

Le son est bien rock. Il lorgne même souvent vers le punk. Comme l’attitude des musiciens d’ailleurs.

Très vite, on ressent l’envie de sautiller, de se déhancher et de pogoter. D’ailleurs, à quelques mètres du podium, un noyau réunissant une centaine de personnes s’excite. Ils s’évertuent à se cogner corps contre corps.

Il ne faudra pas cinq minutes pour que le public succombe dans une frénésie schizophrène. Et tout particulièrement, lorsque l’illuminé lui demande de réaliser un déplacement de masse de la gauche vers la droite et inversement provoquant une certaine cohue. Le tout dans un esprit bon enfant, bien évidemment.

De temps à autre, le singer égratigne les VIPs en justifiant le fait qu’il a l’envie de leur casser les couilles parce qu’ils ne paient pas…

Plus qu’un showman, le saltimbanque de la chanson marque un engagement assumé à travers ses compositions très incisives, notamment lorsqu’il évoque son indignation envers des partis politiques de droite et au cours desquelles il ne manquera pas de brandir un majeur en hurlant ‘fuck you’. Certains y verront de la provocation, les autres une démarche militante…

Moment d’émotion lorsque la petite fille de Yann vient lui rendre une petite visite sur les planches, le temps d’un bisou.

« More Than Friends » rappellera combien le talent du combo est puissant.

Il est difficile de se frayer un chemin pour assister à la prestation de Kyo. Pour les distraits, c’est le groupe de midinettes qui s’est fait connaître en gravant sa « Dernière Danse », ballade soutenue par une rythmique nonchalante figurant sur « Le Chemin », second opus du band, mais premier à être popularisé auprès du grand public, le premier du nom, éponyme, ayant passé complètement inaperçu.

Fondé en 1994, ce combo français est drivé par Benoît Poher (chant et guitare) et implique ses potes Florian Dubos (guitare), Nicolas Chassagne (guitare) et Fabien Dubos (percussions et saxophone). Ce soir, un gars est flanqué au synthé.

Kyo semble clairement incarner le groupe destiné aux ados vu les centaines de milliers de jeunes filles qui poussent des coudes pour débarquer les premières sur le site.

D’un bleu profond, la pénombre laisse à peine entrevoir le minois du chanteur qui approche maintenant la quarantaine…

Le drummer habituel est remplacé par un inconnu. Impossible de connaître la cause de cette défection aussi soudaine qu’imprévue. Il semble d’ailleurs qu’elle ne soit pas la première…

C’est alors que « Le Chemin », autrefois interprété en compagnie de Sita, ouvre les hostilités. Une histoire d’amour de presque vingt ans.

Si la recette de Kyo repose avant tout sur des textes introspectifs et des accords passe-partout, elle n’en demeure pas moins efficace.

Des textes incisifs couchés sur une bande son moderne et modulaire comme « Je cours », chanson racontant le destin d'un adolescent, rejeté de tous, qui cherche le bonheur malgré lui dans un univers ténébreux. Un sujet toujours autant d’actualité.

Dans un registre aussi sombre, sur fond de violence familiale, de maltraitance et d'alcoolisme, « Sarah » prend une dimension très profonde lorsque Benoît pose son grain de voix délicat et éthéré sur une nappe synthétique du plus bel effet.

C’est alors que les smartphones illuminent une chanson dont la morosité est vite mise au placard à cause de « Ton mec », dont la thématique brosse un adultère devenu la règle et non plus l’exception.

Le temps de quelques compos, Florian Dubos, bassiste/guitariste, s’empare du micro et de sa voix suave, livre de belles ballades, pour ensuite revoir Ben « Tout envoyer en l’air » avec ses « Poupées russes », deux chansons qui ont permis au groupe de montrer toute l’étendue de son énergie et de sa maîtrise de la musique.

Bref, un live à la hauteur de ce que tout festivalier est en droit d’attendre. Résultat : « Je saigne encore ».

Enfin, le singer revient armé d’une GoPro (une caméra d’action) pour tourner le clip d’une nouvelle chanson qui devrait figurer sur le prochain album. On ne mesure pas toujours la sincérité des propos, mais force est de constater qu’ils communiquent le sourire aux organisateurs et renforcent leur confiance pour les années futures…

Fort du succès rencontré, gageons que la bande à Benoît s’efforcera, comme lors du rappel, de garder le « Contact » !

Enfin, l’Orchestre Zénith joue les prolongations. Un cover band issu du coin. Un de plus. Peut-être un de trop. Comme quoi, l’affiche d’un tel événement peut également receler des faiblesses…

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Tanaë + Epsylon + Mustii + Skip the use + Kyo + Orchestre Zénith

Dour Festival 2019 : dimanche 14 juillet

Écrit par

Le soleil se lève pour la dernière fois sur l'édition 2019 du festival de Dour. La fatigue se lit maintenant et de plus en plus facilement sur le visage de tous les festivaliers et nombreux sont ceux qui rêvent de retrouver leur bon lit douillet. Mais avant de revenir au bercail, tous doivent encore affronter une journée entière de concerts.

Et le programme commence, pour votre serviteur, au Labo, en compagnie d'It It Anita. La musique proposée par la formation liégeoise est à l'image des son chanteur : robuste ! Pas étonnant que le groupe figure régulièrement dans les colonnes des sites spécialisés en metal. Et s'il n'y avait ce sens mélodique très soigné, il y mériterait absolument sa place. Ce qui est clair par contre, c’est que ça claque, et pas qu’un peu ! Certains passages plus hypnotiques semblent simplement destinés à nous faire baisser la garde avant une surenchère de batterie et de guitares. Bref, un set à éviter en cas de gueule de bois.

Ce sont les petits phénomènes flamands du moment qui embraient sur les planches du petit chapiteau. Whispering Sons a largement franchi les frontières du pays et est maintenant reconnu sur la scène internationale comme une étoile montante du post-punk. Fort de leur album « Image », paru en 2018, les Limbourgeois peuvent également compter sur le charisme androgyne de la chanteuse Fenne Kuppens. Sa voix grave, presque masculine, et son comportement scénique impressionnent d’emblée un public majoritairement néerlandophone. Ténébreuses, les compos flirtent avec la cold wave des années 80. L’intensité est totale et l’atmosphère autant menaçante que passionnante. La température grimpe au fil du show et atteint son paroxysme lors du tube « Alone », un single qui est resté cinq semaines d’affilée au sommet du classement dressé par les auditeurs de Stu Bru. En trois-quarts d'heure, Whispering Sons est parvenu à mettre l'auditoire dans sa poche...

On change complètement de style lors du set de Viagra Boys. Les ‘bad boys’ suédois débarquent tous les cinq sur le podium la clope au bec et une bière en main. Le contexte est posé bien que le patronyme laissait déjà présager la folie du quintet. Sebastian Murphy, le chanteur, n’attend qu’un seul morceau pour faire tomber la chemise et exhiber son torse complètement couvert de tatouages. Il hurle, recrache sa bière et vacille sur les compositions bien punks du groupe. C’est une véritable bête de scène, en fait. Comme dans ses chansons, il manie humour noir et ironie à merveille. Ainsi, il se réjouit de pouvoir faire la fête un samedi soir (alors qu’on est dimanche) et avoue adorer jouer en… France… Bonjour le déphasage ! Aussi surréaliste que le personnage, c’est le single « Sports » qui permet au concert de prendre une autre dimension. Murphy n’hésite pas à exécuter une dizaine de pompes (NDR : volontairement ridicules) sur les planches pour illustrer son propos. Les autres membres ne sont pas du genre à s’effacer non plus. Bassiste et batteur assurent également le show. Les Suédois finissent par se retirer avec classe et courbettes. Une dernière touche d’ironie pour un concert complètement décalé dans lequel on en n’oublierait presque la musique. Un vrai spectacle quoi !

‘C’est le dernier jour du festival, vous pouvez tout casser’. Ces mots émanent de la bouche du Roi de Dour : Romeo Elvis. Sur le pont dès mercredi comme DJ, il était de retour en tête d’affiche dimanche sur la Last Arena pour mettre le feu à la Plaine des Éoliennes. Et il ne va laisser que quelques secondes de répit aux festivaliers, pourtant épuisés. Seul son titre « J’ai Vu » marquera une pause dans un concert chargé d'intensité durant lequel Roméo va multiplier les comportements excentriques. Torse nu, grimpant sur les pylônes, le ket bruxellois a régalé la véritable marée humaine qui s’était déplacée pour assister à son show, sur la scène principale. Pas de doute, c’était bien lui la grosse tête d’affiche de Dour 2019.

Avant de terminer le festival, il nous reste un moment à passer auprès de Fat White Family. Le groupe le plus déjanté d’Angleterre était de retour à Dour pour présenter, entre autres, son nouvel album « Serf’s Up ». Le collectif londonien s’est forgé une solide réputation en live et va à nouveau confirmer tout le bien qu’on pense de lui. La bande à Lias Saoudi pratique un punk aussi nonchalant que provocateur. Ce dernier disque est clairement l’aboutissement de leur carrière. Moins brouillon et mieux construit que ses précédents essais, il est également la preuve que les Insulaires ont enfin réussi à canaliser leur énergie. Heureusement sur l’estrade, il n’en est rien… à quelques exceptions près. Il est dommage en effet que la puissance du set soit à deux reprises cassée par des titres plus lents et moins adaptés au show. En outre, déchaîné, Saoudi va confirmer qu'il est un grand amateur du bain de foule. Les nouveaux single « Feet » et « Fringe Runner » s’insèrent à merveille dans un set presque aussi fou que le leader du groupe. Car derrière son regard d’ange, Saoudi cache une rage qui ne cesse d’exploser. Dans certains morceaux comme sur « Touch The Leather », on a même l’impression qu’il rentre en éruption tel un volcan trop longtemps endormi. Bref, Fat White Family en live, c’est tout simplement un régal et une parfaite manière de terminer ce Dour de bien bonne facture. Du grand spectacle !

En accueillant 251.000 festivaliers sur les cinq jours, Dour a battu son record d’affluence lors de cette édition 2019. Le festival conserve, malgré son succès, son ADN qui fait la part belle aux découvertes et aux artistes ‘Made in Belgium’. 20% de la programmation était en effet consacrée aux artistes qui battaient pavillon noir-jaune-rouge. Une énorme réussite pour la deuxième année sur la Plaine des Éoliennes qui est maintenant complètement adoptée par le public. Et qui ne va cesser de s’améliorer lors des prochaines éditions, on en est sûr. A l’année prochaine donc… Et merci Doureeeuuuh !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

It It Anita + Whispering Sons + Viagra Boys + Romeo Elvis + Fat White Family

Dour Festival 2019 : samedi 13 juillet

Écrit par

L’affluence gonfle, au fil des jours, à Dour. Le week-end arrivé, les pauvres travailleurs qui n’ont pu prendre congé durant la semaine affluent. Le site commence donc à être bien rempli.

Du moins en soirée, car à 16h, la Last Arena sonne encore bien vide au moment où MNNQNS (NDR : prononcez Mannequins) monte sur les planches. Les quatre français pratiquent un post-punk dynamique, aux refrains aguicheurs. Les guitares se superposent également sur certains morceaux comme « If Only They Could ». Une bonne dose de punch dès l’entame de la journée pour les plus Gallois des Rouennais (NDR : le projet est né à Cardiff).

C’est la touche de douceur de la journée qui nous attend ensuite. Et une jolie découverte. No Vacation effectue en effet cet été sa toute première tournée en Europe. Inconnu vous dites ? Et bien pas forcément car La Petite Maison dans la Prairie est déjà bien remplie. A la plus grande surprise du groupe californien, impressionné par cette assistance. Et les musicos vont signifier leur étonnement plus d’une fois durant le concert. Concernant la musique, les Américains proposent une dreampop souvent douce mais aussi parfois déchainée. Ils nous entraînent au sein d’un voyage paisible, traversé de quelques turbulences judicieuses. Le tout teinté d’une candeur touchante comme tout au long de « Lovefool ». Les vacances les plus tranquilles de nos vies !

Retour sur la Main Stage pour la fin du set de Montevideo. Les gars de Jean Waterlot n’ont rien perdu de leur énergie et, malgré une fosse encore plus vide que pour MNNQNS, ils semblent ravis de retrouver Dour. Leur rock propice à la danse dance réussit en tout cas à faire bouger les quelques spectateurs, obligés de dribbler entre les gouttes de pluie qui commencent à tomber sur le site, pour se mettre à l’abri.

Mais le bon Dieu est dourois, et le soleil revient pile au moment même où débute le show de Metronomy. Ce que le chanteur du groupe, Joseph Mount, ne manque pas de souligner : ‘Pour une fois que nous amenons le bon temps’. Faut-il encore présenter ces Anglais ? Responsable de cinq albums à ce jour, et un sixième prévu pour la mi-septembre, ils constituent une référence mondiale dans l’univers de l’électro-rock. Et excellent toujours en live. Ce nouveau passage à Dour ne va pas modifier leurs très bonnes habitudes. Malgré un set largement revu par les nouvelles compos, le quintet va offrir une sublime prestation. Le répertoire partagé entre anciens et nouveaux titres est bien équilibré. Car des tubes, Metronomy en a décrochés et continue à en dégoter. C’est ainsi que le tout neuf « Salted Caramel Ice Cream » cartonne autant que le célèbre « The Bay ». Ajoutez-y des morceaux retravaillés comme « The Look », le final nerveux de « You Could Easily Have Me » ainsi que la sympathie manifestée par les cinq acteurs et vous vous vous prenez une véritable claque qui confirme la réputation de valeur sûre du combo.

C’est au tour de BATTLES de faire son apparition. On est de nouveau à La Petite Maison dans la Prairie. Les Américains reviennent sous un nouveau format. Quatre sur scène dans le passé, ils ne sont aujourd’hui plus que deux. Alors évidemment, cette situation se ressent en ’live’. Si leurs sonorités sont toujours excellentes (NDR :  mention spéciale pour « Atlas »), le set manque de dynamisme. Heureusement que John Stanier nous réserve une véritable démonstration de batterie math-rock. A un tel niveau, battre devient de l’art. Il attire d’ailleurs toute l’attention. Mais en duo, BATTLES manque clairement de charisme et gagnerait vraiment à récupérer quelques membres…

On termine la soirée sur l’Elektropedia. D’origine perse, la Canadienne REZZ est venue proposer son gros son ‘bass music’ à Dour. On en prend plein la tronche et nos oreilles vibrent une heure durant. Nos yeux s’écarquillent également grâce aux visuels éblouissants de couleurs projetées sur les incroyables écrans de la scène sponsorisée par la célèbre boisson énergétique.

Après cette déferlante de basse, c’est Slushii qui clôt la journée par un set techno classique mais efficace. La recette magique est simple : un hit célèbre en intro (comme par exemple le « Bohemian Rhapsody » de Queen), avant d’embrayer par des sonorités puissantes. Le gamin (22 ans) atteint du syndrome d’Asperger a mis une sacrée ambiance !

Plus qu’un jour et c’est déjà terminé !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

MNNQNS + No Vacation + Montevideo + Metronomy + BATTLES + REZZ + Slushii

Dour Festival 2019 : vendredi 12 juillet

Écrit par

Dour, c’est aussi le festival des découvertes. Ce vendredi, il n’y avait pas vraiment de groupes connus durant la première partie de journée. L’occasion était donc belle de se balader entre les scènes pour faire connaissance avec les pépites que les programmateurs ont dénichées.

On commence au Labo, par Martha Da’ro. La Belge aux origines congolaises s’est fait connaître en militant au sein du groupe de hip-hop Soul’Art avant de se lancer dans un projet solo, pour y mêler des sonorités soul, funk et bien sûr hip-hop. Celle qui est également actrice (NDR : dans le film ‘Black’) livre à Dour un set délicat, à toucher du bout des doigts. La douceur de certains titres comme « Sugarman » éblouissent le petit chapiteau. C’est beau et c’est tendre à la fois. Que demander de plus pour débuter la journée ?

Direction ensuite la Salle Polyvalente pour Koffee. La dernière merveille reggae, issue de la Jamaïque, n’a que 18 ans mais possède déjà tous les atouts qui la guideront, sans doute, au sommet du genre. Ce n’est pas pour rien si Mikayla Simpson, de son vrai nom, a déjà charmé Glastonbury il y a quelques semaines ou encore un certain Usain Bolt. Flanquée de son live band, elle est venue présenter son premier Ep sur la Plaine. Un set groovy à souhait qui connait quelques temps forts comme « Thrones » ou surtout « Toast », que le public fredonnait encore quelques minutes après le concert. Une performance vraiment impressionnante. De l’énergie, elle n’en manque pas mais quelle sérénité pour son âge !

Vous êtes fan du band hexagonal Fauve ? Et bien son digne successeur est belge ! Et Namurois pour être précis. Les gamins de Glauque impressionnent la scène wallonne depuis quelques mois, multipliant les récompenses notamment lors du Concours Circuit 2018. C’est dans un Labo bien rempli qu’ils entament le set. Son électro et chant rap, les cinq potes semblent partir à la guerre sur chaque morceau. De colère à la rage, il n’y a qu’un pas chez ce quintet. La puissance des mots sur certaines chansons comme « Robot » fait vaciller un public qui avait déjà un genou à terre après une première partie de set d’une violence inouïe. Bref, Glauque nous a asséné une grosse claque. Et c’est exactement le genre de band qui possède l’ADN du Dour Festival. Des gamins qu’on reverra sans aucun doute sur la Plaine des Eoliennes dans le futur. Mais dans un chapiteau d’une autre taille…

Adoubé par le maître Drake, Octavian débarquait à Dour à la Boombox. Le plus ‘chti’ des rappeurs UK ne se produisait pas loin de sa ville natale : Lille. On dit de lui qu’il est l’avenir du grime britannique. Rien que ça ! C’est en 2017 et grâce à son titre « Party Here » que le gamin s’est révélé au grand public à seulement 21 printemps. Deux ans plus tard, le petit a bien grandi et n’est plus seulement le gosse de l’avenir. Le présent lui appartient déjà et il bouge sur scène comme un vieux briscard. De gauche à droite et vice-versa, le kid ne manque pas d’énergie et d’audace. Comme quand il demande au public d’hurler ‘Free Rocky’. L’hommage au rappeur Asap Rocky emprisonné en Suède –et qui a dû annuler son passage à Dour– est évident. Après quelques mots peu élogieux destiné à la police suédoise, il reprend avec une énergie qui semble décuplée. Et oui, dans le rap on ne touche pas à la famille ! En tout cas, le môme de l’est de Londres aura bien retourné le plus grand chapiteau du site. Un show mémorable.

Il faut courir ensuite vers la Last Arena pour assister à la prestation de Vald. Le rappeur français attire évidemment les foules. Il faut dire qu’il y a toujours autant de représentants d’outre-Quiévrain sur le festival dourois. Et Vald est un grand nom de la musique urbaine française. La Main Stage est donc gonflée à bloc. Et même si le style musical ne plait pas forcément à votre serviteur, il faut reconnaitre que Valentin Le Du a une sacrée tchatche. Et une bonne humeur communicative. En voilà un qui est content d’être là ! Les tubes les plus connus comme « Bonjour » font en tout cas un carton dans la fosse et Vald se permet même un hommage à son pote JUL. Les amateurs du style auront apprécié l’enthousiasme du Parisien.

A 22h, on retourne au Labo. Le duo montois La Jungle y joue presque à la maison. C’est un des seuls moments rock du jour, alors autant en profiter. Et on ne regrette pas le détour. La combinaison batterie-basse, à la Royal Blood, accouche d’un un son brut et immédiat sans aucun chichi. Une véritable tempête dans laquelle tout le monde est entrainé, sans exception. Les morceaux sont assez compliqués à décrypter. Ils ont pour unique objectif de déboucher nos oreilles. On attribuera néanmoins une mention spéciale à « Ape in a Python », qui parviendra même à nous faire danser. Du bon boulot les mecs.

Pour terminer cette journée, c’est Namdose qui monte sur les planches laissées toutes chaudes par la Jungle. Il s’agit d’une collaboration entre le célèbre groupe belge BRNS et français Ropoporose. Ce qui devait être un one-shot pour les Nuits du Botanique a finalement pris une autre tournure et a donné naissance à un album. Le résultat est saisissant. Un mix des plus originaux entre math-rock et post-rock. Des titres aux constructions décousues qui n’ont qu’une chose en commun : une explosion systématique. Mais pas toujours en fin de morceau. Non, Namdose nous surprend et nous piège en envoyant en pleine figure toute la puissance de son duo de batteries à n’importe quel moment de ses chansons. Du coup, on sursaute mais la surprise est à chaque fois jouissive. Notamment sur « Wake Up », de loin un des titres les plus marquants de ce début de festival. Bref, Namdose a séduit tout son monde et on a envie de dire une chose : que cette union dure pour la vie !

Cette journée touche déjà à sa fin. Ce qui est certain c’est que de nombreux morceaux seront ajoutés à nos playlists traditionnelles après autant de découvertes. Dour réussit comme chaque année à garder une identité forte en proposant des petits bijoux qui seront les groupes ou artistes majeurs de demain. Et cette journée en est le parfait exemple.

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

Martha Da’ro + Koffee + Glauque + Octavian + Vald  + La Jungle + Namdose

Dour Festival 2019 : jeudi 11 juillet

Écrit par

Les nuits sont courtes au camping de Dour. Jusque 5-6h du matin, la musique y résonne toujours et à partir de 9h, la chaleur vous sort de votre sommeil. Il faut ensuite attendre le début de l'après-midi pour pouvoir assister aux premiers concerts.

C'est dans La Petite Maison dans la Prairie que se déroule la première partie de la journée pour votre serviteur. En compagnie tout d'abord de Phoenician Drive. Le groupe belge propose un mix entre post-rock et post-punk agrémenté de quelques sonorités orientales. Et si on peut regretter un certain manque de charisme du band, on doit reconnaître que le son puissant a bien dérouillé les oreilles des premiers festivaliers présents sur la Plaine des Éoliennes, ce jeudi. Une très chouette découverte.

Le chapiteau est déjà bien mieux garni à l'heure d’accueillir Rendez-Vous. Une formation française au charme ‘so british’ qui pratique du pur post-punk. Elle va faire vibrer les planches durant 3/4 d'heure, profitant, en outre, d'une assistance de connaisseurs. Un groupe d'expérience !

On enchaîne ensuite par la révélation irlandaise de l'année. Fontaine DC casse en effet la baraque de l'autre côté de la Manche. Au premier regard, c'est le style du chanteur qui interpelle. Il semble en effet extrêmement nerveux et parcourt la scène de gauche à droite, en observant le public d’un regard plutôt vide. Au moment commencer à chanter, il multiplie les tics de ses bras et ses mains. Bref, une drôle d'allure supposant qu'il ne carbure pas qu'à l'eau claire ; à moins que son attitude ne fasse partie du show, bien sûr ! En ce qui concerne la musique, le combo dublinois pratique un post-punk mélodique aux refrains aussi puissants qu'addictifs. Le public est en tout cas conquis et nul ne doute que ces gamins risquent de faire parler d’eux au cours des prochaines années.

Petit détour par la Boombox, dans la foulée. La foule est tellement dense sur la scène principale qu'il est impossible d'aller voir la star du rap français Orelsan. Aussi, on décide de partir à la découverte de SebastiAn, un autre Français. Mais celui-ci est DJ et aime mixer des sons à tendances new wave. De quoi inciter les quelques irréductibles, allergiques au rap, à se trémousser.

Impossible de rater Cypress Hill ensuite. Le mythique groupe américain était de retour à Dour ; mais les Californiens ont pris quelques rides et, peu aidés par le son assez médiocre de la Last Arena, ils ont livré une prestation assez molle et finalement peu intéressante. Une vraie déception même si, en général, les personnes postées aux premiers rangs de la fosse ont plutôt apprécié. La position, c'est aussi important.

Pour terminer cette première journée complète, l'Elektropedia, c’est ‘the place to be’ ; puisqu’il va être le théâtre de deux shows monumentaux de drum&bass exécutés par autant de maîtres du genre, Pendulum et Wilkinson. Après cette déferlante de gros sons, trouver le sommeil n'a pas été facile tellement les oreilles bourdonnaient. Mais bon la fatigue a fini par prendre le dessus !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour Festival)

Phoenician Drive + Rendez-Vous + Fontaine DC + Orelsan + SebastiAn + Cypress Hill + Pendulum + Wilkinson

Dour Festival 2019 : mercredi 10 juillet

Écrit par

Chaque année c'est la même histoire : on peste à la vue des énormes files à l'entrée du festival. Il faut dire que plus de 30 000 personnes qui débarquent quasiment en même temps, c'est compliqué à gérer. Bref, après les deux heures d'attente, on arrive au camping, fatigué et un peu énervé. Mais dès que la tente est plantée et la première canette ouverte, tout est déjà oublié. On est tellement heureux de retrouver cette Plaine des Éoliennes !

La soirée d'ouverture n'est jamais la plus palpitante mais on se rend, malgré tout, sur le site du festival vers 20h. Juste à temps pour découvrir un Moha La Squale en pleine forme sur la Boombox. Le rappeur français est donc le premier à mettre le feu au festival dourois.

Direction ensuite la Salle Polyvalente pour un des groupes les plus fidèles à Dour : Salut C'est Cool. Chaque année il répond présent et de plus en plus de monde se déplace pour assister à ses concerts. Et à nouveau, il a mis une ambiance exceptionnelle sous le chapiteau. Son electro complètement décalée fonctionne de mieux en mieux et sa facilité à créer des refrains communicatifs permet à la température de grimper, au fil du show. Un premier très bon moment !

Pour terminer cette première (courte) journée, on met le cap vers l'Elektropedia pour vivre le set d’Amelie Lens. L'Anversoise est devenue un véritable porte-drapeau de la techno made in Belgium et au vu du peuple présent ce soir, sa réputation a traversé les frontières. Aucune surprise mais une ambiance parfaite avant d'aller se coucher. La première nuit en camping est souvent la plus dure à supporter, à cause de l'excitation suscitée par les jours suivants. Mais il faut se reposer quelques heures. A demain !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Dour festival)

Moha La Squale + Salut C’est Cool + Amelie Lens

Cactus Festival 2019 : dimanche 7 juillet

Écrit par

On en est déjà au troisième jour du Cactus, un festival dont l’apothéose a été confiée à dEUS qui va donc réinterpréter « Th ideal crash », l’album-phare paru en 1999. Pour votre serviteur, les concerts de Mono, Parquet Courts et Trixie Whitley ne sont surtout pas à manquer. Compte-rendu…

Il revenait à Boy Azooga d’ouvrir le festival en ce samedi 7 juillet. Une formation galloise responsable d’un rock british sauvage et bien électrique. Les compostions les plus âpres pourraient figurer au répertoire de Wallace Vanborn, alors que les plus allègres et chargées de feeling se révèlent particulièrement mélodiques. Parfois, la voix de Davey Newingtonle éprouve certaines difficultés à monter d’une octave ; ce qui ne nuit cependant pas à l’ensemble du set. Et finalement, le quatuor nous a réservé un set aussi excitant que frais…

Hanna Harding, aka Aldous Harding, est une auteure/compositrice/interprète néo-zélandiase. Bien soutenue par son backing group, elle chante d’une voix veloutée des chansons à la fois fragiles et intrigantes. Des morceaux accrocheurs, qu’elle interprète avec une désinvolture naturelle. D’ailleurs l’auditoire ne s’y trompe pas en écoutant religieusement ce concert…

Mono est issu de Tokyo, une formation de post rock qui entame son set par "God Bless", la plage d’ouverture de son dernier opus, "Nowhere Now Here", paru l’an dernier. Elle va d’ailleurs nous proposer de larges extraits dont "Sorrow", un morceau au départ calme et mélodieux mais qui au fil du parcours monte en crescendo avant d’atteindre son point culminant en intensité. La setlist a cependant également inclus des plages plus anciennes comme "Ashes In The Snow" ("Hymn To The Immortal Wind") et "Surrender" ("Rays Of Darkness"), publiés respectivement en 2009 et 2014. Excellent !

La dernière fois que votre serviteur a assisté à un concert de Parquet Courts, qui se fait aussi parfois appeler Parquet Quartz, c’était en 2004, dans le cadre du Festival des Inrocks, au Grand Mix de Tourcoing. Depuis, il faut reconnaître que si son garage/rock est toujours aussi expérimental, il est devenu plus allègre. La faute à Austin Brown, le guitariste/claviériste qui apporte une touche théâtrale aux prestations ‘live’. Vêtu d’une veste et d’un pantalon en jeans, lunettes rondes et cheveux longs, il a le même look que John Lennon, lorsqu’il était jeune. Si l’énergie punk est bien présente, certaines compos sont davantage élaborées, dans l’esprit de Sonic Youth. Pas étonnant que le groupe ait régulièrement tourné en compagnie de Thurston Moore. Le set s’ouvre par « Master of my craft » et va nous réserver plusieurs compos du dernier album, « Wide awake », paru l’an dernier dont le ‘sydbarretien ‘mais légèrement dub « Almost Had to Start a Fight / In and Out of Patience » et « Freebird ». Mais encore un « Violence » hanté par Beck, le titre maître et surtout « Total football », deux compos au cours desquelles Brown va se servir d’un sifflet pour rythmer la compo, la première baignant dans une ambiance latino funk, lorgnant carrément vers Radio 4 et la seconde, plus funk/psyché, chaloupée, également latino, au cours de laquelle, il va se servir d’une guitare à 12 cordes. Le set va bien sûr nous réserver quelques titres bien percutants et punks, mais au sein d’un ensemble bien équilibré.

Neneh Cherry a certainement ramené du peuple, ce dimanche au Minnewaterpark. Sur les planches, on remarque à ses pieds un trépied recouvert de fleurs. Elle est soutenue par une harpiste/claviériste/percussionniste, un bassiste bidouilleur, deux préposés aux machines et synthés, dont son mari Cameron McVey, et une percussionniste (Rosie Bergonzi) à la chevelure bouclée, qui jongle entre xylophone, marimba et djembés. Au cours de son set, la Suédoise va bien sûr nous réserver les hits « 7 seconds » (NDR : sans Youssou N’Dour, of course), « Manchild », « Woman » et bien sûr « Buffalo stance », un show au cours duquel la musique a oscillé entre trip hop (parfois dubby), funk, jazz, rap et r&b. Un bel éclectisme, mais pas vraiment convaincant. Il faut cependant préciser que sa prestation a rencontré quelques problèmes techniques… Pourtant, c’est en fin de parcours, lorsqu’elle est rejointe par deux percussionnistes londoniens (une fille et un garçon) pour y jouer de la mangrove et régaler nos oreilles de sonorités antillaises que le concert va prendre une autre dimension. On lui concèdera cependant qu’elle est particulièrement interactive ; ainsi lorsqu’un spectateur lui offre un paquet de cerises, elle le remercie, avant d’en redistribuer à ses musiciens ainsi qu’à quelques personnes agglutinées aux premiers rangs. Mais bon, il faut avouer que ce style musical n’est pas trop la tasse de thé de votre serviteur…

Place ensuite à Band of Horses. En 2017, Tyler Ramsey et Bill Reynolds avaient quitté le groupe, remplacés respectivement par le guitariste Richard Fitzpatrick, et le bassiste Matt Gentling, qui opérait son come-back. Ce dernier, secouant constamment ses cheveux longs, aurait pu figurer au sein d’un groupe de grunge du début des nineties. En outre, il tire des sonorités hyper-puissantes de son instrument. Le quintet implique également un claviériste, un drummer et le chanteur Ben Bridwell, dont la voix est aussi écorchée que celle de Daniel Johnson (Centro-Matic). Parfois, elle est noyée sous le volume sonore. D’ailleurs si le décor, en arrière-plan, est représenté par une forêt américaine typique, la musique dépote. En ouverture, Ben joue de la pedal steel, en pinçant ses cordes, avant de se focaliser sur la guitare, dont il va en changer quasiment entre chaque morceau. Si certaines ballades évoquent le Barclay James Harvest, grâce aux harmonies vocales, les plus country/rock lorgnent carrément vers Poco. Mais en règle générale, le groupe a privilégié des compos bien pêchues, même si les musicos semblaient fatigués de leur longue tournée...

Trixie Whitley, c’est la fille de feu Chris Whitley, décédé à l’âge de 45 ans. Un chanteur et gratteur (guitare, banjo, steel) qui s’était forgé une fameuse notoriété aussi bien dans le blues, le rock que le folk. Belgo-américaine, Trixie sait donc bien de qui tenir. Curieusement, son dernier elpee, « Lacuna », est davantage électro, mais sur les planches, elle propose un set davantage organique et minimaliste. Le plus souvent à la guitare, parfois aux claviers voire aux drums, elle est soutenue par le drummer Chris Vatalaro. Elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre Janis Joplin et Annie Lennox. Sa technique sur sa gratte est largement au-dessus de la moyenne, même lors de ses envolées les plus sauvages. Dans ce cas de figure, elle rappelle PJ Harvey, à ses débuts. Vêtue d’un ensemble de sport, bleu-indigo noir et portant des boucles d’oreille aux mêmes coloris, elle communique cependant très peu. Elle y pense quand même en fin de parcours, mais surtout laisse de longues secondes s’écouler entre les morceaux, cassant littéralement l’ambiance qui finit par se figer. Guère interactive, elle garde le silence quand elle casse une corde, alors qu’elle pourrait manifester de l’autodérision, afin de détendre une atmosphère qui au fil du set va devenir de plus en plus lourde…

dEUS a donc décidé de partir en tournée pour y interpréter l’intégralité de son opus, « Ideal crash », gravé il y a 20 ans. Une œuvre dont le thème central est le chagrin d’amour et la guérison. Il a rôdé son spectacle, et notamment lors de 8 dates à l’AB. Donc, ce soir la machine est bien huilée. Le quintet monte sur l’estrade. Toujours aussi charismatique, Tom Barman est vêtu d’une jupe. En arrière-plan, le light show est composé d’une multitude de rectangles aux coloris flous. Le combo attaque « Put the freaks up front ». Aussitôt, habillée de noir, une troupe de 8 danseurs (4 garçons et 4 filles) débarque. Ils se contorsionnent en synchro dans un style digne de Béjart et boostent le morceau. Il faut croire que la troupe a bien répété, car ce soir, sa prestation est impeccable. Elle va d’ailleurs revenir à plusieurs reprises, au cours du show. Tom rappelle que c’est la quatrième fois qu’il se produit au Cactus. Les versions de « The ideal crash » défilent et on sent la différence entre Mauro Palowski et le nouveau guitariste soliste, Bruno de Groot. Si le premier osait l’impro, le second est davantage sur les rails. Ce qui explique pourquoi le set est davantage dans la maîtrise que dans l’audace. Ce qui ne va pas empêcher de superbes envolées, à l’instar de « Dream sequence #1 », qui ponctue le set de superbe manière, en tirant également parti d’une boîte à rythmes ou encore de « Everybody's Weird », un morceau mid tempo qui monte en crescendo. Mais le plus intéressant procède de l’apport des différents musicos, que ce soit le bassiste, dans ses interventions jazzyfiantes, Klaas Janssens (NDR : déjà au sein du line up à l’époque), le violoniste, responsable de montées en intensité, de la basse bien chaloupée et des harmonies vocales impeccables, sans oublier la voix de Barman irréprochable, pour tresser des titres complexes, bien électriques, mais diablement mélodiques.  Le band va accorder un rappel, et lors du premier titre, « Quatre mains » Tom brandit sa guitare d’une main, alors que les danseurs reviennent, les hommes alors torses-nus…  Et le spectacle de s’achever par l’inévitable « Roses », que chantaient deux filles à vélo, en quittant le Minnewaterpark… 

Setlist : 1. ‘Put the Freaks Up Front’, 2. ‘Sister Dew’, 3. ‘One Advice, Space’, 4. ‘The Magic Hour’, 5. ‘The Ideal Crash’, 6. ‘Instant Street’, 7. ‘Magdalena’, 8. ‘Everybody's Weird’, 9. ‘Let's See Who Goes Down First’, 10. ‘Dream Sequence #1’, Encore : 11. ‘Quatre Mains’,  12. ‘Fell Off the Floor, Man’, 13. ‘Roses’  

(Organisation : Cactus, Bruges)

Boy Azzoga + Aldous Harding + Mono + Parquet Courts + Neneh Cherry + Band of Horses + Trixie Whitley + dEUS

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Page 4 sur 57