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Légendes urbaines Spécial

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Bidouilleurs, sampleurs, auteurs et compositeurs, les deux banlieusards de Scenario Rock ont tout écrit : des premiers accords au dernier morceau de " Endless Season ", l'album de la révélation. Autodidactes et passionnés, Mehdi Pinson et Ludovic Therrault ont choisi de mettre leurs rêves en musique. Sans concession ni appréhension, sans foi ni loi, ils nous livrent aujourd'hui le secret de leur détonnant cocktail rock ! Pardon… de leur Scenario Rock…

Sur la pochette du disque, vous apparaissez sur un puzzle. Vos fans peuvent-ils se procurer ce jouet en magasin ?

Medhi : Ben non… Ce puzzle se compose de 1100 pièces. Il est énorme ! C'est vraiment une galère de le reconstruire. D'ailleurs, je ne le conseille à personne ! Pour le refaire, on ne s'adressera pas à nos fans… mais plutôt à des fanatiques de puzzles, des gens expérimentés ! Nous en avons fait réaliser six. Nous avons détaché les pièces et il n'a jamais été possible de les réassembler, c'était trop chaud !

Ludo : A fond, y avait des pièces noires partout, pff…

M. : Mais ce puzzle sur la pochette existe bel et bien. Il ne s'agit pas d'un montage graphique. Pour les plus courageux, il est possible de se procurer un puzzle du visuel de la pochette : un puzzle sur lequel nous sommes occupés de reconstituer un puzzle !

Quand on évoque Scenario Rock, les gens pensent immédiatement à " Skitzo Dancer ", votre premier single. Ne craignez-vous pas d'être réduit à ce single, de devenir le groupe " Skitzo Dancer " ?

M. : Bon, il est vrai que cette chanson a changé des trucs. Mais ce n'est pas non plus le jour et la nuit… Il s'agit effectivement d'un titre fédérateur et il tombe bien dans la mesure où c'est un peu son propos. Ensuite, il titre opère une synthèse et fourmille de références qui nous sont propres. Dès lors, nous ne sommes pas dérangés d'être assimilés à cette compo.

Pourquoi, cette plage est-elle scindée en deux parties distinctes sur le disque ?

M. : Dans la narration de la seconde partie, il y a des réminiscences du début de la chanson. Pour nous, c'est une manière de revenir sur la thématique et de clore le truc simplement. Nous sommes très heureux d'avoir indexé cette chanson sous cette forme. Cela permet à l'auditeur de réécouter la partie jouissive de la fin sans devoir se retaper le début de la chanson. De plus, nous avons appris que la chanson allait être amputée pour sa version radio. Nous préférions donc retrouver notre propre parti pris artistique plutôt que de voir notre chanson massacrée de façon complètement incohérente !

Sur la deuxième partie de " Skitzo Dancer ", vous chantez des paroles que l'on peut traduire littéralement : 'Je suis seulement coupable de danser seul'. C'est quoi cette histoire ? Vous préférez danser à deux les gars ?

En choeur : (Rires) Non, ce n'est pas du tout ça !

M. : Dans cette chanson, nous voulions dénoncer le conformisme moderne qui règne dans les clubs, les soirées et les concerts. A la base, ce sont des lieux où tu es susceptible de rencontrer des gens, d'exprimer ta joie, de danser. Dans ces soirées, il y a toujours un gars ou une fille qui se livre à une danse étrange, voire extravagante. Bref, quelqu'un qui n'est pas forcément à l'aise avec son corps mais qui n'hésite pas à s'exprimer et à s'afficher. Personnellement, je ne comprends pas pourquoi cette personne devrait être montrée du doigt comme le vilain petit canard de l'histoire ! Pourquoi tout le monde regarde cette personne de travers ? Aujourd'hui, à l'occasion d'un concert, les gens sont plus enclins à rester stoïques, à analyser la performance des artistes plutôt qu'à se lâcher… même s'ils apprécient la musique du groupe. Dans ces soirées, ceux qui vivent réellement le concert, ceux qui se trouvent en adéquation totale avec l'artiste seront décriés. Pour nous, cette réaction constitue une moquerie gratuite à l'égard de ceux qui dansent, même de façon ridicule, sur la musique qu'ils aiment. " Skitzo Dancer " se construit comme une véritable métaphore autour de ce concept. La morale de cette histoire : en soirée, si tu as envie de t'exprimer, de profiter de l'ambiance et de danser seul, tu n'as pas à te sentir coupable…

Sur " Frantic Dance of Death ", vous évoquez l'éloignement. La solitude est-elle une sensation qui vous effraie?

M. : (Rires…) Non pas du tout ! Je suis très à l'aise par rapport à mes textes. Les faits et gestes que je dénonce dans les paroles de mes chansons ne me concernent pas directement. Ce n'est pas du tout autobiographique, ni une manière de régler mes comptes. Il y a toujours une part d'humour et de légèreté dans nos paroles car il n'est pas question de devenir complètement militant. Ce n'est pas notre truc… Je ne vais pas sombrer dans le cliché " Fight your right to party " à la Beastie Boys mais quelque part, nous ne somme pas loin de cette optique.

Comment définir Scenario Rock ? Plutôt funk, rock, dance ou soul ?

M. : On est tout ça réuni mec… Et plus encore ! Notre objectif est d'inscrire la musique dans un mode d'expression à part entière. Quand on joue de la musique, il reste essentiel de ne pas sombrer dans les extrêmes, dans un truc complètement égoïste. Le but reste avant tout de faire passer un message. La musique est un grand partage. Après, résumer Scenario Rock n'est pas une mince affaire… Le rock demeure néanmoins la meilleure façon de résumer la musique de Scenario Rock. C'est une musique inventive qui n'a jamais cessé de se réinventer au cours des décennies. Nous souhaitons vraiment inscrire notre projet dans cette voie !

Quand on écoute " Cruisin' ", on décèle immédiatement l'influence 'punkisante' des premiers Beastie Boys. C'est assez drôle d'entendre ce genre de compos alors que les Beastie Boys eux mêmes ne sont peut-être plus capables d'en composer. Que vous inspire cette réflexion ?

M. : C'est peut-être un peu prétentieux de notre part mais j'ai vraiment la sensation que nous empruntons autant qu'ont pu emprunter les Clash ou les Beastie Boys. Quand les Beastie Boys ouvraient pour Minor Threat au CBGB's dans les années 80, ils harponnaient des influences extérieures et s'inspiraient d'un courant qui existait déjà ! De notre côté, nous essayons de travailler en ce sens. Ces influences représentent vraiment quelque chose qui fait partie de nous et qui rejaillit dans nos chansons. Composer un morceau comme Cruisin' s'explique en grande partie au regard de nos expériences, de notre grand folklore et de notre état d'esprit actuel. Quand nous n'aurons plus l'énergie nécessaire pour balancer ce style de musique, alors peut-être passerons-nous à autre chose… Pour revenir aux Beastie Boys : quand tu as 40 ans, je ne pense pas qu'il soit très judicieux de jouer la musique de tes 20 ans… A moins d'être capable de le faire avec la même 'gnac', la même folie ! Pour nous, " Endless Season " demeure une sorte de photographie de nos inspirations et de nos aspirations. Pour Scenario Rock, l'originalité passe donc bien par l'éclectisme… Chez nous, c'est l'authenticité qui prime. Or, la meilleure façon d'être authentique est de faire quelque chose qui te ressemble, que tu maîtrises. Même si la charpente d'un disque s'articule autour de ta personnalité, il y a toujours moyen d'apporter des éléments objectifs…

Et sur scène, que peut-on attendre de Scenario Rock ?

M. : Sur scène, nous sommes cinq. J'assure la voix et la guitare. Ludo la basse et les claviers. Nous avons également un batteur et un deuxième guitariste. En live, nous cherchons vraiment à rester proches du songwriting de l'album…

Une chanson comme " Modern Epicureans " peut-elle être assimilée à un subtil mélange entre la pop scintillante de The Police et l'énergie abrupte des premiers Beastie Boys ? Etait-ce un but pour vous de réaliser ces mélanges osés et un peu fou ?

M. : Il ne s'agit pas d'un exercice de style mais plutôt d'un folklore qui s'exprime de façon inconsciente. A 12 ans, j'avais un groupe de hip hop et j'écoutais aussi bien les Beastie Boys que Minor Threat, Bad Brain ou Slayer. J'accomplissais des figures de Break Dance mais je jouais aussi de la guitare. Tout simplement parce que j'adore les Pixies, Cure ou Police. En réalité, ce sont de faux paradoxes... Evoluer dans le milieu du skateboard a largement contribué à élargir nos horizons et à nous sensibiliser à différents modes d'expression. L'ambition et la témérité, voire l'agressivité se transforment en un processus positif et créatif.

Etes-vous des collectionneurs de disques avant d'être des musiciens ?

M. : Les disques de mes parents m'ont rapidement intrigué. Mon père s'écoute plein de morceaux de groove, de funk ou de soul jazz rarissimes ; ma mère est plus branchée sur les trucs rock et easy listening. Plus jeune, mon grand frère jouait dans un groupe de heavy métal. L'oncle de Ludo était deejay dans les 80's ; et sa programmation oscillait entre Big Beat et New Wave, voire de la production plus funk. Nous avons donc grandi au milieu des années 80. Notre génération se tournait davantage vers le punk ou le hip hop et naturellement vers le vinyle. J'ai vite collectionné les originaux pour mixer ; cela m'avait toujours passionné. Les instruments sont arrivés plus tard pour la bonne et simple raison que c'est quelque chose d'onéreux, d'inaccessible lorsque tu es plus jeune. Au fil du temps, notre culture s'est étoffée. De son côté, la musique s'est démocratisée et décomplexée. Cependant, bien que nous jouions de nombreux instruments, nous nous considérons avant tout comme des producteurs.

Sur le titre " Endless Season ", nous avons l'impression d'entendre une douce référence au " London Calling " de The Clash ? Que pensez-vous du punk ?

M. : L'urgence et la mélancolie se dégagent de ce titre et de son riff de guitare. En réalité, le punk peut devenir nostalgique lorsqu'il sous-tend une référence implicite. Essentiellement pour ceux qui y voient un clin d'oeil aux Clash. Pourtant, de nombreux groupes se sont illustrés en empruntant des éléments à d'autres genres musicaux pour réinventer le rock. Cette démarche nous motive. Nous sommes le produit d'un environnement où le Do It Yourself et l'authenticité comptent encore énormément. Mais il est évident que le punk est devenu un cliché de mode, un univers fantasque où l'esthétique a remplacé l'artistique. Aujourd'hui, tout devient tellement superficiel…

Que pensez-vous des concerts gratuits ? En jouez-vous parfois ?

M. : Les concerts gratos ? Mais ça n'existe pas ! Les représentations nous coûtent toujours de l'argent: alcool, 'etc'... Plus sérieusement, il nous arrive de jouer des concerts gratuits pour des anniversaires, des fêtes ou d'autres événements bien précis. Il n'est pas dérangeant de jouer gratuitement pour une cause caritative. Mais la plupart du temps, ce sont des prétextes avancés pour réduire les coûts et s'en mettre plein les poches. Notre premier concert était d'ailleurs une initiative de ce genre, un concert de soutien,... qui s'est terminé par une disparition de la caisse…

Connaissez-vous quelques artistes belges ?

M. : Des artistes belges ? Quelle drôle de question ! Bon alors… Je pense à dEUS, à Vive la Fête, à Ghinzu, à Girls in Hawaïï, aux 2 Many DJ's ou encore à Soulwax. Les artistes belges francophones, ce n'est pas vraiment notre tasse de thé, à quelques exceptions près !

Quel est l'album préféré de Scenario Rock ? Et dans votre collection, quel est le disque que vous avez vraiment honte d'écouter ?

M. : Ouah, il y a trop de concerts, trop de disques, trop de qualités et de producteurs pour n'en citer qu'un… Par contre, les artistes que nous avons honte d'écouter, on ne les écoute pas. On les fuit ! Ben ouais, faut assumer ces goûts, mec!

Quel est le disque que vous offririez à votre pire ennemi ?

M. : Malheureusement, nous n'avons pas d'ennemi vivant sur la planète terre… Mais si j'en avais un, je lui offrirai notre disque rien que pour lui foutre les nerfs en boule ! Mais j'espère que ça n'arrivera jamais…

Quel est le prochain concert auquel vous assisterez ?

M. : Là, nous sommes impatients de découvrir le LCD Soundsystem de James Murphy à l'Elysee Montmartre ! J'ai l'impression que ça va faire très mal…

 

 

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