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Bon groupe de rock’n’roll old school cherche concerts… Spécial

Écrit par - Erik Vandamme (Adaptation BD) -

Lorsqu’on écoute la musique de Shapeshifted, on pense à un vieux groupe de groupe de rock'n'roll sale dont le blues coule dans ses veines (NDLR : aux Rolling Stones, l’évidence saute aux oreilles !). Il a déjà publié plusieurs elpees et ses prestations ‘live’ sont solides. Son dernier opus, ”Gimme me Rock'n'roll” est paru en mars dernier. Dans le cadre de cette sortie, Musiczine s’est entretenu avec le chanteur/guitariste Marc Van der Eecken. Une belle occasion, également, de parler de ses futurs projets...

La dernière interview accordée au website remonte à 2020, alors que vous étiez occupés de bosser sur cet album. Entretemps, la COVID, la guerre en Ukraine et la crise économique ont brisé votre bel élan. D’un point de vue humain, quel impact ces événements ont-ils exercé sur le groupe ?  

Depuis 2019, nous sommes de retour sous le line-up original, c’est-à-dire celui qui existait au cours des quatre premières années d’existence du band. L’enthousiasme est aussi de retour, car les teams qui se sont succédé s’étaient un peu essoufflés. En 2020, le Coronavirus a débarqué au moment où nous venions de graver un nouveau single. En 2021, nous n'avons joué qu'un seul concert. Alors que 2022 annonçait la reprise, nous avons été confrontés à l’indisponibilité de deux musiciens. En fait, notre bassiste et notre batteur étaient extrêmement occupés sur d'autres projets au sein des desquels ils étaient impliqués. Et donc, ils n’avaient plus beaucoup de temps libre pour Shapeshifted. La conséquence la plus dommageable pour la formation, c’est que maintenant qu'elle est terminée, nous n'avons pratiquement plus d'opportunités pour nous produire en concert. J'ai transmis plus de 400 courriels et nous n'avons pratiquement reçu aucune réponse. Les groupes de reprises ou d'hommages ont repris le fil des tournées, mais pour un band de rock pur et dur comme le nôtre qui interprète ses propres compos, il n’y a guère de proposition. En outre, nous n'avons pas pu nous produire pendant près de trois ans. Et puis on est vite oubliés. C'est ce que nous rapportent de nombreux collègues. Nous devons pratiquement repartir de zéro. C'est l'impact majeur causé par cette pandémie. Les (petits) organisateurs préfèrent ne pas prendre de risques et réserver ces cover bands, car ils savent qu'ils sont sûrs d'attirer le public.

C’est une situation que je constate et que je déplore aussi. Il est donc plus difficile pour des formations comme la vôtre de revenir dans le parcours, si j'ai bien compris ?

En effet, c'est beaucoup plus difficile. De plus, nous avions l'habitude d’avoir des retours de la part des radios, mais maintenant nous n'entendons plus rien ou très peu, de leur part, alors qu’elles ont diffusé des morceaux des deux premiers cédés. Mais sur le nouveau, on n’a pas relevé de réaction de leur part. Ce qui est très frappant. Pourtant, nous sommes maintenant au sommet de notre art. Nous avons récemment accordé quelques concerts et le public était réceptif et même enthousiaste. Nous n’y comprenons plus rien. Bien sûr, l’éventail des musiques actuelles s’est élargi et tout le monde a évidemment attendu la fin de cette période de confinement pour sortir ses disques. Son seul avantage est que nous avons eu énormément de temps pour écrire de nouvelles chansons ; j’en ai écrites environ 35, dont 12 figurent sur l'album. 

Quelles ont été les premières réactions des médias et du public après avoir écouté le dernier LP ?

Très bonnes. Même les critiques issues de la presse étrangère. Dans un article, j’ai même lu que l’album rappelait "My Generation" du Who. Notre intention était de réaliser un bon et solide disque de rock'n'roll old school, et nous y sommes parvenus.

Il n’est cependant pas facile de faire revivre ce savoureux rock'n'roll old school, sans qu’il ne sonne ‘daté’. C'est un changement par rapport aux long playings précédents, n'est-ce pas ? D'après vous, où se situe la différence ?

Le premier a été enregistré très rapidement, en trois sessions. Le deuxième qui, tout comme le premier, a été très bien accueilli, nous lui avons consacré davantage de temps et il ne propose pas que du rock and roll pur et dur. En outre, si vous écoutez attentivement, vous discernerez qu’il existe, comme sur un vinyle, une face A et une B. La première est ‘full steam ahead’ sans regarder en l'air, et sur la seconde on ressent davantage les influences des Stones. En fait, les deux côtés sont différents, mais se complètent.

Ce qui me frappe aussi, c'est qu'il s'agit d'une musique qui, à mon avis, ne prend tout son sens que sur une scène. Mais on peut sentir ces uppercuts qui vous frappent en pleine face. Ce qui rend votre musique unique en son genre. Avez-vous une méthode particulière pour parvenir à reproduire ces coups de maître ?

C'était vraiment un choix conscient. On a enregistré l'album en jouant après avoir appuyé sur un bouton, tout simplement. On n’a pas dû prendre plusieurs prises. C’était du ‘live’ ! On voulait reproduire cette sensation dans le salon. C'est aussi ce que tu entends. La méthode a bien marché pour le premier long format. Un peu moins sur le deuxième. Mais sur celui-ci, cette impression de direct constitue absolument le fil conducteur...

Ce disque pourrait-il devenir celui qui vous permettra de percer ? Quel espoir entretenez-vous ? Quel public comptez-vous atteindre ?

Je le répète, mais nous avons écrit à tout le monde, à tous les magazines habituels, aux radios et autres, et nous n'avons pratiquement pas eu de retour. C’est une situation malheureuse, mais je crains qu’elle soit inextricable. Cependant, nous sommes restés enthousiastes à l'idée de nous produire en concert. Après tout, c'est notre point fort.

Il existe également une sorte de mur entre la Wallonie et la Flandre. Si je ne me trompe, à une certaine époque, le groupe était pourtant plus populaire de l'autre côté de la frontière linguistique. Ce mur s’est-il à nouveau reconstitué ?

Grâce aux animateurs de la RTBF, et notamment Walter de Paduwa, Laurent Debeuf, Francis Delvaux et Etienne Dombret, nous avons pu tourner en Wallonie. Nous sommes ainsi parvenus à nous y créer une base de fans. Et elle existe toujours. D’ailleurs, nous recevons régulièrement des messages de leur part pour venir nous produire dans cette région. Cependant, les organisateurs disposent de moins de budget qu’auparavant. En Flandre, les gens attendent de voir. Si vous les faites monter à bord, le toit s'écroulera, c’est sûr. En Wallonie, le public est moins critique et semble plus ouvert au rock que nous pratiquons. Nous devons y faire moins d'efforts. Enfin, c’est mon impression. Et puis, il y a toujours ce mur qui se dresse entre les deux communautés. Il y a peu d’échanges entre ces deux parties du pays. D’ailleurs, il n’y a pas que nous qui en faisons les frais. Il y a de très bons groupes là-bas. En mai, nous assurerons la première partie de The Bombsite Kids. Il est totalement inconnu ici, mais il est responsable d’un punk rock très solide. C’est incompréhensible que de telles formations ne soient pas connues de ce côté de la frontière linguistique.

Après la pandémie, les réseaux sociaux sont devenus encore plus importants. Même l'écoute de la musique se fait malheureusement de plus en plus par voie numérique. Alors pourquoi continuer à sortir un disque au lieu de tout balancer sur Spotify et poster une vidéo sur Tik Tok, par exemple ?

Nous ne disposons pas de compte sur Tik Tok. Lors des sessions d’enregistrement, nous nous sommes demandé s’il était encore judicieux de sortir un disque physique à notre époque. En fait, nous vendons nos cédés lors des concerts. Ce qui explique aussi pourquoi nous espérons nous produire plus souvent en live. Il y a toujours une demande, dans le milieu. La tranche d’âge de notre public est très large, et oscille de 16 à plus de 60 ans. Dans d'autres styles, c'est peut-être différent, mais pas le nôtre...

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, depuis vos débuts. Vous deviez célébrer votre dixième anniversaire d’existence en 2021. Mais la corona n’a pas permis de l’organiser. Envisagez-vous, quand même, de réserver une surprise pour marquer le coup ?

Au début, nous pensions que le ressort était cassé et que cette célébration n’avait plus d’intérêt, puisque la date était passée. Mais finalement nous avons décidé d'organiser quelque chose cet automne. Je ne peux pas encore en dévoiler davantage, mais si nous parvenons à le goupiller, ce sera une belle fête d'anniversaire…

Quels sont vont projets pour 2023 ? Des concerts et/ou des festivals sont-ils prévus à l'étranger ?

Dans un premier temps, nous nous produirons autant que possible en Belgique. Mais en raison de problèmes budgétaires au sein des petits clubs, on ne nous offre que peu d’opportunités. On en a déjà parlé. J’ai entamé l’envoi d’un mailing pour l’Allemagne, afin d’y décrocher des concerts. Et on a des retours, y compris dans les clubs de jazz. En Wallonie, en France, en Italie et en Espagne, nous en avons également. Beaucoup moins en Flandre. Même dans les clubs de blues nous ne sommes pas programmés, alors que des fans veulent nous voir en concert. Manifestement, la Flandre est un problème…

Et pourtant, vu la qualité de votre musique, si vous étiez un groupe anglais ou américain, vous vous produiriez sur les grandes scènes des festivals. Est-il si difficile de réussir, en Belgique ?

En Wallonie, nous ne sommes pas parvenus à nous imposer, alors qu’à une certaine époque, nous avons eu une ouverture, en Italie. Ainsi, nous avons décroché un petit succès avec "Spit it out". De fin mai à octobre, nous avons été dans le top 20 de Virgin Radio, là-bas. Nous avons même figuré dans le top 10 de la revue annuelle de Rolling Stone Italie. A la neuvième place, ce qui n'est pas rien. D'ailleurs, ce premier single et le suivant, "Tonight", y sont encore régulièrement diffusés. "Spit it out" figure également sur une compilation de Virgin (Universal) aux côtés de compos signées Kasabian, Placebo, Franz Ferdinand et quelques autres. Mais en Belgique, l’accueil de cette compile a été quasiment nul, même si nous avions mentionné sa sortie dans notre communiqué de presse, pour en faire la promotion. C'est très regrettable. Mais nous restons fiers de notre aventure italienne.

Lors de nos interviews précédentes, nous avions évoqué vos ambitions, à plusieurs reprises. Vu la tournure des événements, ont-elles changé ? Et quelles sont-elles, aujourd’hui ?

Se produire dans des clubs comme l'AB, le Trix, le Depot, etc., c’est notre ambition. Avoir la chance de se faire un nom dans ce circuit. C’est possible, quand même ! Ou fouler les planches de festivals comme le Blues Peer ou du style. En Wallonie, nous avons joué dans un certain nombre de petits festivals, mais très sympas et bien fréquentés : Acosse, Pepinster, Nandrin, DLB on Stage, pour n'en citer que quelques-uns. En Italie, nous serions ravis de nous produire à nouveau.

Merci pour cette agréable conversation, si vous avez quelque chose à ajouter, n'hésitez pas.

Nous avons sorti un bon cédé, et nous espérons toujours avoir plus de retours et de diffusion. Nous n'abandonnerons pas, nous restons ambitieux.

J'espère que vos souhaits seront exaucés, et si cette interview peut vous aider quelque peu, tant mieux ! Cependant, suivant la métaphore sylvestre, ne seriez-vous pas l’arbre qui cache la forêt ? En d’autres termes, le manque de reconnaissance de votre musique n’est-elle pas due au style que vous pratiquez ?

Il est vrai qu'on pourrait penser que nous sommes l’arbre qui cache la forêt. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle nous n'avons pas de concerts. Le public est là, j'en suis sûr.  Et nous comptons beaucoup d'adeptes sur les médias sociaux. Ce n'est donc pas le motif. Mais quel est-il alors ? Je ne veux pas le dire (clin d'œil).

En espérant que ça marchera. On vous soutient dans vos démarches…

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