Double affiche ce lundi 15 septembre, puisque le club de l’Aéronef accueille la formation italienne New Candys et canadienne Preoccupations.
Formé en 2008, à Venise, par le chanteur-compositeur-guitariste Fernando Nuti et le bassiste-synthétiseur Dario Lucchesi, The New Candys se produit aujourd’hui en configuration trio. Dario Lucchesi est absent, laissant Fernando Nuti (guitare/chant) accompagné d'Emanuele Zanardo (guitare solo/chœurs) et de Francesco Giacomin (batterie/sampler), tous deux membres du combo depuis 2023.
À 20 heures précises, New Candys ouvre le set par « Cagehead » - un morceau caractérisé par des riffs sombres et lourds - devant une centaine de personnes ; mais la salle va se remplir progressivement.
Le drummer est installé au centre du podium, tout devant. Il porte des lunettes fumées, qu’il ôtera après deux ou trois morceaux. Les deux sixcordistes se placent aux extrémités de l’estrade. Le lookd es musicos est soigné, jusqu’aux chaussures. Ce qui colle bien au style shoegaze.
Incisives, les guitares construisent un mur de son pénétrant, sans doute appuyées par les samples de basse.
Et c’est le batteur qui fédère l’ensemble de son drumming souple et efficace.
Peu loquace, Fernando Nuti laisse la musique parler d'elle-même. Les influences de The Jesus & Mary Chain sont palpables, notamment dans les parties instrumentales où Zanardo laisse parler sa guitare avec précision. D’ailleurs, ce qui apporte ce petit plus d’âme à la musique de New Candys, ce sont ces accords surf, dispensés çà et là, mais judicieusement, par Emanuele.
Le band interprète des morceaux de ses quatre elpees précédents, mais met particulièrement l'accent sur son plus récent, « The Uncanny Extravaganza ».
Tout au long du concert, de nombreux spectateurs se balancent au rythme de la musique et bon nombre d’entre eux, qui ne connaissaient pas la formation, sont agréablement surpris de la qualité du show, certains regrettant même d’être arrivés en retard.
De quoi mieux comprendre pourquoi New Candys est signé sur le label 'Fuzz Club'.
(Photos Ludovic Vandenweghe ici)
Setlist :
Cagehead
Dark Love
Crime Wave
Breathe Me In
Tempera
Aphrodite in Leather
Night Surfer
You'll Never Know Yourself
Begin Again
Mercenary
Rising
Regicide
Overall
Place ensuite à Preoccupations. Ce groupe post-punk canadien (NDR : il est issu de Calgary) formé en 2012, a gravé son cinquième album, « Ill at ease », en mai dernier. Un opus au cours duquel le combo a pris un nouveau virage. Plus synth pop, mais dans l’esprit de New Order, tout en soignant le sens mélodique.
En février 2023, il s’était produit ici même, après avoir sorti un excellent long playing, intitulé « Arrangements » ; et sur les planches, le leader, Matt Flegel, avait cédé la basse à son frère, pour se consacrer exclusivement au chant. Mais de gros soucis de balances avaient gâché le concert.
Dès l'entrée en scène, la configuration du groupe attire l'œil : Matt Flegel, le leader, se place au centre, reprenant sa basse tout en assurant le chant, tandis que le batteur s'installe légèrement en retrait. De chaque côté, les deux guitaristes, véritables alter ego avec leur look de faux jumeaux, manipulent chacun un clavier identique, ajoutant une dimension synthétique au son du quatuor.
La prestation débute par ces fameuses lignes de basse frémissantes et des percussions précises, signature du combo. L’expression sonore enveloppe littéralement la salle, créant une atmosphère homogène. Les thèmes abordés sont pesants, parfois troubles, mais interprétés avec une maîtrise indéniable. Les morceaux du dernier opus, « Ill at ease », entrecoupés d’anciens titres, défilent sans fausse note. L’écoute est plaisante, sans toutefois jamais surprendre réellement l’auditeur. On se laisse envahir par ce climat, mais cette immersion devient rapidement lassante.
Si Preoccupations s’inscrit historiquement dans la mouvance post-punk, la prestation de ce soir flirte davantage avec la synth pop : les guitares se fondent parfois derrière les nappes de synthé, renforçant l’aspect monotone du concert.
Mais à force de linéarité, le concert finit par manquer de relief. Aux trois quarts du set, la lassitude s’installe, et il devient difficile de rester captivé. Si la qualité d’exécution est indéniable et le sens mélodique préservé, l’absence de moments forts ou d’envolées inattendues provoque un ennui certain. Si bien que nous préférons rejoindre nos pénates… (Page ‘Artistes’ là et photos Ludovic Vandenweghe ici)
(Organisation : Aéronef, Lille)