Manu Chao célèbre l’autre…

Manu Chao, l'icône de la scène musicale mondiale, revient sur le devant de la scène en sortant un nouveau single baptisé "Viva tu". Après plusieurs années d'absence médiatique volontaire, l’artiste nous offre un avant-goût de son prochain opus tant attendu.…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 09 janvier 2007 04:00

Tour de Chauffe

‘Tour de chauffe’ est un dispositif d’accompagnement aux pratiques amateurs mené avec le soutien financier de LMCU par trois structures culturelles de la métropole lilloise : le Centre Musical les Araces de Faches Thumenil, la Maison de la Musique-le Nautilys de Comines, la Maison Folie-Ferme d’en haut de Villeneuve d’Ascq.

Cette opération a permis à 18 groupes de la métropole de bénéficier, durant l’année 2006, d’une résidence de travail scénique, d’un enregistrement professionnel de 2 titres, d’une aide à la structuration administrative et à la communication, et de formations diverses et variées (législation du spectacle, MAO, mise en scène, master-class, chant…) Un festival dans les trois lieux et un double cd compilatif concluent cette année de travail. Une compile sur laquelle nous allons nous pencher…

Le premier disque nous entraîne à la découverte de 10 formations. Depuis Automaticq, version electro-pop de Noir Désir à Deinzen, responsable d’une formule electro-pop-jazz lorgnant tour à tour vers Perry Blake ou Thom Yorke, en passant par The Clercks, combo parisien vivant à Manchester dont le post punk (à moins que ce ne soit la cold wave) juvénile puise manifestement ses influences chez Joy Division, Blondie, Bis et Elastica, Day One A Porno et ses atmosphères ténébreuses, sombres, réminiscentes d’And Also The Trees et Sad Lovers & Giants, le post rock singulier de L’Objet, mêlant habilement cold et no wave (imaginez une rencontre hypothétique entre Cure, Sonic Youth et Slint), le hip hop teinté de Philly sound cher à Mic Familia, le post hip hop de MasKgaz, l’electro opératique de Maymun, susceptible de virer au minimalisme sous des accents dub ou empruntés à la chanson française, Valentine’s Day, sorte de Hooverphonic en moins trip hop et le jazz/prog de Six Reine (ou les prouesses vocales de Gentle Giant transposées chez Meredith Monk).

La deuxième plaque épingle 8 artistes ou groupes. Elle s’ouvre par Rodrigue, disciple de la chanson française, évoluant dans un registre plus proche de Cali que de Thomas Fersen, et s’achève par la world fusion de Borka. Un disque qui se révèle globalement plus intéressant. Mon premier coup de cœur va ainsi à Kinski Palace, dont la musique cinématique, à la croisée des chemins d’Enio Morricone, de CharlElie Couture, Calexico et Bashung est hantée par le baryton de Venko. Yukiko The Witch ensuite. Un duo responsable de 18 albums autoproduits à ce jour et pourtant qui végète toujours dans la zone crépusculaire de l’underground. Des artistes complets, puisqu’ils partagent leur passion musicale avec la peinture, la lutherie et la sculpture. Leur pop/rock mélodique semi-acoustique, mélodieuse (pour ne pas dire contagieuse) me rappelle même les meilleurs moments de Travis. Et la troisième bonne surprise nous vient de The Neverending. Parce que sa vision hardcore évolue dans un registre mélodique, cosmique, proche d’Isis. Le reste de l’elpee épingle encore le déglincore de Tronckh, qui se réclame autant de Primus de Cypress Hill que de Faith No More, le rap teinté d’exotisme de Fiensou et enfin nous invite à voyager à travers le riche patrimoine kabyle sous la houlette de Trad’Am…

 

 

 

mardi, 02 octobre 2018 13:29

Intramuros

Non, Oscar Wallas n’est pas un artiste (NDR : cette pratique devient une habitude !) qui se produit en solitaire, mais le patronyme d’un quatuor parisien. Une formation qui réunit trois ex-membres des Peulvens (Chritian Rouillé au chant et à la guitare, Jean-Marie Briand à la basse ainsi qu’Erwan Moreau aux drums) et Renaud Lhoest. Ce dernier est arrangeur. Bruxellois, il a notamment bossé pour Venus, Dominique A et joué en compagnie de Yann Tiersen. Mais surtout, joue du violon. Et c’est précisément cet instrument qu’il se réserve chez cette formation. « Intramuros » a bénéficié, en outre, de la collaboration d’Yves Baudhuin, mais surtout du mixing de Gilles Martin, dont la carte de visite mentionne quand même des participations aux mises en forme des albums de Miossec, Hector Zazou, Pierre Bondu, sans oublier de Colin Newman et de Tuxedomoon. Et puis de Venus aussi. Pas étonnant dès lors de retrouver Marc A. Huyghens comme guest. Pour un titre : « A musical day ». Mais venons-en à ce premier opus. Découpé en 11 fragments, il navigue quelque part entre pop, rock, chanson française et expérimentation classico-contemporaine. Enigmatique, inspiré, envoûtant, riche (les arrangements, les cuivres et les cordes sont souvent dignes d’un Tuxedomoon !), il peut évoquer tour à tour le lyrisme de Bertrand Cantat, mais sans l’électricité (le post boogie « La routine »), Kat Onoma (l’obsessionnel « La condition »), Robert Plant (la vision orientale de « Jérusalem », mais sans la voix de Bob), et même un Ravel qui aurait intégré une trompette mariachi dans sa boucle symphonique (« A musical day », compo à laquelle participe le leader de Venus). Le tout est enrichi par des lyrics décalés, hantés (NDR : Christophe Rouillé y cause, entre autres, de ses doutes, de la liberté, du clonage et de la routine), mais terriblement actuels. Une œuvre originale. Très originale même. Et surtout hors du temps et des modes…

 

 

 



mardi, 22 janvier 2019 16:41

Hellelujah

The Experimental Tropic Blues Band vient enfin de sortir son tout premier album. Mais il aura quand même fallu près d'un an avant qu'il n'atterrisse dans les bacs des disquaires. Fondé fin 2000, la formation n'avait jusqu'à présent commis que deux mini elpees, « Bastards » et « Dynamite Boogie ». Pour enregistrer cet opus, le trio a reçu le concours de quelques invités de marque, et en particulier d'Arno. Pour deux titres. Et pas pour chanter, mais pour souffler dans un harmonica. A la manière de John Mayall. Tout d'abord sur le déjanté « Twice blues », plage qui bénéficie également du concours de Stinky Lou à la basse, et puis sur le blues lent « Dry whiskey », réminiscent de Howlin' Wolf. Parmi les autres invités figurent Lio (Electric Ladies Blues et Le Prince Harry), un des musiciens d'Adrian Bouldt, sans oublier l'ingénieur du son John Roo, dont la participation a été très active, tout au long des sessions d'enregistrement. Musicalement, cet « Hellelujah » oscille entre psycho boogie hérité en ligne droite des Cramps, dont ils reprennent même ici le célèbre « Garbage man », rock'n roll, et blues. Psycho boogie (NDR : certains préfèrent le terme psychobilly) frénétique chez « Jealous rock » (titre qui figurait sur le précédent Ep) ou à couper le souffle sur « Mexico dream blues », mais aussi hypnotique pour « Rising from the dead »). Rock'n roll âpre, sauvage et dévastateur (« Snake vs Wolf ») et allègre, presque hymnique du titre maître (NDR : particulièrement virils, les refrains sont même repris en choeur). Blues inspiré par John Lee Hooker (« The gambler »), Bod Diddley (NDR : féroce, imprimé sur un tempo infernal, « Voodoo rise » me rappelle quelque part son « Who do you love »), mais aussi soumis à l'exercice du blues lent (voir ci-dessus). L'elpee s'achève par un titre plus roots, presque acoustique, « Evil can't be done ». Beaucoup de groove donc tout au long de ce disque, mais aussi de subtiles interventions produites à l'aide du bottleneck ; sans oublier le timbre vocal caverneux de Dirty Wolf qui hante régulièrement les mélodies. Un superbe album ! Et si vous souhaitez en connaître davantage, je vous invite à prendre connaissance de la longue interview que Dirty Wolf et Boogie Snake ont accordée à Musiczine.

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