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Les Gens d’Ere 2023 : vendredi 28 juillet

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Ce qui n'était qu'un prétexte à faire la fête entre quelques amis du village est devenu aujourd'hui un événement qui dépasse les frontières de cette petite bourgade de la région de Tournai.

Aujourd'hui, Les Gens d'Ere sont devenus... légendaires ! Si le plat pays regorge de festivals, la simplicité et la camaraderie sont de mise. Ici, pas de prise tête : un stand VIP réduit à sa plus simple expression, une équipe de bénévoles passionnés et souriants, des festivaliers contents de se retrouver entre potes après une semaine de boulot, un site bien aéré et une convivialité à toute épreuve.

Mais simplicité ne rime pas avec facilité. Loin de là ! En effet, si le festival reste un évènement de proximité, l’équipe organisatrice propose d’année en année, une affiche qui a de quoi jalouser ses pairs.

Si de plus en plus, les festivals préfèrent segmenter le line-up pour toucher un public cible, ici on mise encore et toujours sur une affiche la plus éclectique possible. De quoi ravir un public venu en masse. La preuve ? Certains jours affichent sold out !

Côté pile, tout est donc réuni pour passer un moment sous le meilleur des auspices. Côté face, Miss météo a joué les capricieuses. La veille, il a plu comme vache qui pisse et le sol est couvert de boue. Les parkings sont d’ailleurs devenus partiellement impraticables. Heureusement des alternatives sont mises en place, comme ces bus qui assurent le transport des plus prudents.

Il faut malheureusement craindre pour demain et après-demain, car des averses sont à nouveau prévues.

Pourtant des milliers de festivaliers ont décidé de braver ce temps purement belgo-belge pour un week-end, non pas de farniente, mais placé sous le signe des décibels.

A l’instar des éditions précédentes, deux scènes se côtoient, l'une couverte baptisée ‘Le Chapito’ et une autre, ‘Plein Ere’, logiquement outdoor. Elles proposent en alternance un line-up cohérent.

Les prestations sur l’une et l’autre permettent au peuple de se déplacer tranquillement sans devoir se heurter au stress de louper le début d’un set. Un détail qui peut se révéler réconfortant, croyez-en l’expérience d’un vieux de la vieille !

Soyons honnête, la tête d’affiche de ce vendredi reste Machiavel, même si les organisateurs ont misé sur des noms aussi populaires que Mister Cover ou Daddy K pour attirer la grande foule...

Machiavel s’est formé en 1974. Ses heures de gloire, il les a connues au cours des seventies, en pleine période prog, en gravant les albums « Mechanical Moonbeams » (1978) et « Urban Games » (1979), mais avant tout en publiant des hits incontournables comme « Rope Dancer », « Fly » et bien sûr, « After the Crop » …

Si le line up a vécu quelques changements, notamment en raison de divergences artistiques, et le décès de deux de ses membres, sa figure de proue et l’un des membres fondateurs est toujours au poste. Il s’agit bien sûr du charismatique Marc Ysaye, batteur du groupe, ex-boss de Classic 21, et animateur des ‘Classiques’.

Le claviériste Albert Letecheur est décédé en 2004 et Mario Guccio, qui assurait le chant depuis 1977, en 2018, à l’âge de 64 ans. Et il était convenu, avant sa disparition, que Marc Ysaye le remplace aux vocaux pour la tournée baptisée ‘The Early Years’.

Il aura fallu attendre 2022, pour que le micro soit confié à Kevin Cools. Il avait déjà tapé dans l’oreille de Guccio lorsqu’il militait chez Niitch et FEEL. Mario dernier avait même déclaré qu’il était son ‘fils spirituel’. Pour la petite histoire, Cools avait participé à ‘The Voice Belgique’ en 2012 et avait impressionné les jurés lors de son interprétation de « Roxanne ».

Ysaye est placé au centre de l’estrade, caché derrière les nombreux fûts et cymbales. Petit et trapu, il est à peine visible. A sa gauche, Hervé Borbé se charge des ivoires et Christophe Pons de la guitare. Roland de Greef, placé à sa droite, se consacre à la basse.

Le petit Kévin est deux fois moins âgé que les autres membres de la formation dont il pourrait être l’un des fils. Néanmoins, il existe déjà une belle cohésion entre eux.

Le frontman est vêtu de ‘jean’. Un look premier de classe, bien loin de celui qu’affichait feu l’excentrique Guccio.

« Mister Madman » ouvre les hostilités. Un titre bien pêchu à travers lequel, conscient de l’héritage qu’il porte sur ses épaules, le nouveau visage de Machiavel semble très à l’aise.

Une mise en bouche qui prouve que le Sieur Cools s’est parfaitement adapté au nouveau rôle qui lui est attribué. Le public semble aussi avoir fait le deuil de Mario en acceptant cet homme à l’âme d’enfant.

Pas étonnant que Machiavel ait signé son dernier album « Phoenix » afin de marquer la transition entre son passé et son futur…

La setlist est particulièrement variée et les sonorités d’un morceau comme « She’s a snake » se perdent dans l’immense enceinte couverte.

Le temps que le chanteur chauffe sa voix et que les musicos se mettent dans le ‘mood’ et « Over The Hill », dont le refrain est toujours aussi entêtant, soulève une immense salve d’applaudissements…

Comme il fallait s’y attendre, « Rope Dancer » rend hommage à Mario Guccio, une ballade magistrale toute en retenue, mais enrichies d’envolées ‘floydiennes’ …

Le band a atteint son rythme de croisière et nous réserve alors « Six Feet Under » et « After The Crop ».

Pour célébrer cinquante années d’une carrière riche en émotion, Machiavel n’en n’oublie pas l’incontournable « Fly », démontrant une nouvelle fois que le son proposé par le combo, en ‘live’, est toujours aussi impeccable…

Il faut cependant attendre « Lay Down » au cours duquel Christophe Pons et Kevin Cools vont se lancer dans un duel de guitares, pour atteindre le point d’orgue d’un concert mémorable.

Une chose est certaine, Machiavel is not dead !

STTELLLA grimpe sur le podium. Kesaco ? Pour faire bref, un truc étrange venu de nulle part qui n’était pas supposé durer…

Ça c’est sur le papier, parce qu‘il y a 45 ans que Jean-Luc Fonck, tantôt seul, accompagné de Mimi (jusqu’en 1993) ou encore soutenu par une poignée de musiciens, fait le zouave en balançant des chansons banales, mais truffées de traits d’esprit qu’il conduit parfois jusqu’au délire. Et en plus de quatre décennies, il a quand même publié 15 albums !

C’est presque un rituel, les loustics ont enfilé des tenues de scène farfelues. Un kilt pour le bassiste, un pyjama à carreaux recouvert d’un peignoir rouge pour le frontman et un costume rose pour le préposé à la basse et aux claviers

Des « Tartines » à « Nagasaki ne profite jamais », on ne peut pas dire que ça vole très haut. Mais bon, peu importe, le public prend du bon temps. La communication entre l’auditoire et les joyeux drilles est optimale. Il pleut des jeux de mots (NDR : c’est toujours mieux que de la flotte). Ce qui provoque sourires, rires et larmes (de joie) …

Enfin, pour terminer la soirée, retour sous le chapiteau pour le concert de Mister Cover.

Fondé en 2002, le combo puise son répertoire dans les standards du rock, de la pop, de la soul, des variétés et de la chanson française. N’hésitant pas à balayer 5 décennies de musique populaire.

Techniquement, rien à redire, les musicios sont de vrais pros. Le groupe parvient à fédérer toujours davantage. Mais pour se frayer un passage sous la tente, il faut vraiment jouer des coudes…

La formation passe d’un titre à l’autre, d’un tempo à l’autre avec une facilité déconcertante. Des heures et des heures de travail sont nécessaires pour en arriver à un tel résultat. C’est carré, c’est sympa et c’est festif. Mais pas très original. Interpréter les chansons d’autres artistes, sans se les réapproprier et leur donner une nouvelle âme, s’avère être un exercice de style assez limite…

Il est dommage de constater que beaucoup de festivaliers se contentent d’écouter la resucée de tubes déjà mille fois entendus plutôt que de s’intéresser à de bons groupes ou artistes qui foisonnent aux quatre coins de la Belgique, sans rencontrer le succès mérité.

En conclusion, Mister Cover est à la musique ce que la nourriture est au MacDo’. A petites doses, c’est sympa, mais faut pas en abuser !

Les journées qui suivent seront focalisées sur des groupes ou artistes aux compos originales. Vivement le week-end !

(Organisation Les Gens d’Ere)

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Other Houses

Didactic Debt Collectors

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Other Houses, c’est le projet de Morgan Enos, un auteur-compositeur-interprète-multi-instrumentiste issu du New Jersey, responsable de deux elpees, de quelques Eps et d’un mini album (sous forme de cassette), à ce jour. Et il nous propose son nouvel Ep, « Didactic Debt collectors ». Cinq plages qui oscillent entre lo-fi, folk, country, glam et psychédélisme.

Ballade mid tempo, « Captive audience » s’ouvre paisiblement avant de se charger d’électricité bruitiste. On retrouve la versatilité de GBV sur l’épique « Jacket’s Creed ». Et cette abrasivité dépouillée chère à Centro-Matic sur « Swine among the relics ». Enfin, Morgan emprunte les intonations de Peter Doherty tout au long de « Drab vocabulary », alors que la guitare libère des riffs caustiques et éruptifs pendant « Arc of the arrow », un peu à la manière de Robert Fripp sur le « Fashion » de David Bowie…

 

SQÜRL

Silver haze

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SQÜRL est un projet monté par Jim Jarmusch et Logan Carter, en 2009, pour réaliser la B.O. du film « The limits of Control » de Jarmusch, évidemment. « Silver haze » constitue leur tout premier opus, un disque dont plusieurs plages pourraient également servir de musique de film.

Pour le réaliser, le duo a reçu le concours de Randall Dunn (Sun O))), Zola Jesus, Björk, Thurston Moore, Six Organs of Admittance, etc.) à la mise en forme, mais également de la Berlinoise Anik, de Charlotte Gainsbourg et du guitariste Marc Ribot.

La première partage un duo avec Jim sur « She don’t wanna talk about it ». Ils échangent une forme de conversation ; lui d’un baryton profond, elle d’une voix caverneuse, au cœur d’un long couloir de sonorités de guitare dispensées sous forme de drone.  

La fille de feu Jane Birkin pose la sienne en spoken word, dans la langue de Shakespeare ou de Molière, sur le très électrique mais atmosphérique « John Ashbery takes a walk ».

Mar Ribot se réserve la six cordes sur « Garden of glass flowers » et le psyché/rock aride et lancinant, « Il deserto rosso » …

Dense et indolent, l’instrumental « Berlin ‘87 » est entraîné dans une agonie de guitares, un peu comme chez Swans. Et lorsque sa voix devient sépulcrale, à l’instar de « Queen Elizabeth », le spectre de la bande à Michael Gira se met une nouvelle fois, à rôder.

Jarmush récite une nouvelle postapocalyptique, tout au long de « The end of the world. Un titre de circonstance !

L’opus s’achève par le titre maître, un instrumental atmosphérique et psychédélique.

Jam Hades

The edge of regret

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Jam Hades est un trio dublinois qui nous propose un premier long playing plutôt singulier. Tout d’abord à cause de la voix de son leader Mark McManus. Tour à tour incantatoire, gémissante ou inconstante, elle rappelle parfois celle de David Byrne. Mais aussi Peter Doherty. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « The edge », une compo qui évolue sur une sorte de rumba.

Un disque surprenant à cause de l’expression sonore, dont les références oscillent de Père Ubu à Monochrome Set, en passant par Talking Heads (NDR : évidemment). Mais pas seulement ! Ainsi le plus complexe « People’s habits » bifurque vers la prog (Peter Hammil ?), alors que « Fit in ! » parvient à combiner drumming ample, nœud de guitare insidieux et vocaux inspirés du hip hop. On a même l’impression d’entendre une mélopée amérindienne en filigrane de « Chazy suit ». Enfin, « Japonaise blind » se distingue par des changements de rythme vertigineux.  

Reste « Saloirs mast », une piste dont la mélodie est portée par une voix de baryton. Probablement celle d’un invité. Un certain David Laye.

 

CIEL

Make it better

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CIEL est un trio cosmopolite, puisqu’il réunit la Batave Michelle Hindriks, l’Espagnol Jorge Jimenez et l’Anglais Tim Spencer. La première se consacre à la basse et au chant, le deuxième, la guitare et le troisième, la batterie.

« Make it better » constitue le premier Ep de CIEL. Il a été produit par Steven Ansell, le drummer de Blood Red Shoes. Le groupe a même signé sur son label, Jazz Life.

Quelque part entre shoegaze, dream pop et grunge, pimentée par quelques touches électro, la musique de CIEL est transportée par la voix angélique et vaporeuse de Michelle. Traversé d’éclairs électriques sinusoïdaux, « So scared » lorgne même parfois vers My Bloody Valentine. 

Accrocheur, « Jealousy » aurait pu figurer au répertoire de Garbage. Euphorique, « Somebody », morceau qui ouvre l’Ep, s’autorise des déflagrations malsaines. Imprimé sur un tempo enlevé, le titre maitre libère un fuzz gémissant…

On devrait en savoir plus lors de la sortie d’un album…

Caleb Nichols

She’s not your shadow (Ep)

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Figure queer, Caleb Nichols milite au sein de la communauté LGTBQ+. Mais c’est également le fondateur de Kill Rock Stars, un label qui a hébergé des groupes ou des artistes comme Bikini Kill, The Melvins, Sleater-Kinney ou encore Elliott Smith ; une écurie qu’il avait dissoute, il y a 13 ans, lorsqu’un des architectes de l’écurie était parti chez une major et qu’il vient de réactiver l’an de dernier, en la quittant.

Quatre titres figurent sur son dernier Ep, « She’s not your shadow ». Qui s’ouvre par « Waylaid », un morceau enlevé, légèrement cuivré, au cours duquel Caleb chante d’une voix versatile, un peu à la manière de Robert Pollard (Guided By Voices). Après la ballade mid tempo « Shadow step », « Night song » est une compo dont la mélodie en boucle est tramée à la fois sur des variations d’accords de guitare cristallins et d’harmonies vocales. Des harmonies qui deviennent réminiscentes de Supergrass, sur le titre qui clôt cet Ep, « Idiot ».

Stef Kamil Carlens

Stef Kamil Carlens & The Gates of Eden play Bob Dylan – Live 2021-2022

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Stef Kamil Carlens & The Gates of Eden

Le 24 mai 2021, dans le cadre du 80ème anniversaire de Bob Dylan, Stef Kamil Carlens a diffusé en streaming un concert préenregistré au sein de son studio à Hoboken. Pour ce set, il avait réuni un solide backing group afin d’interpréter des compos, pour la plupart, méconnues du Zim. C’est cette session ‘live’ qui figure sur le premier cédé de cet opus. Dans la foulée, le team est parti en tournée et a remis le couvert, mais en public ; et ce sont des enregistrements immortalisés à De Roma (Anvers), Merz (Breda) et au Tivoli (Utrecht) qui figurent sur le second compact disc.  

Stef a toujours été un grand fan de Dylan. Mais ici, il ne se contente pas de reproduire ses chansons. D’abord, le collectif se les réapproprie, les rafraîchit, alors que Carlens les chante, sans jamais calquer sa voix sur celle de son idole.

Un bel exercice de style en 17 versions, consacré à une partie du répertoire, trop souvent ignoré, d’un monstre sacré de l’histoire du rock…

The Utopiates

The sun also rides

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The Utopiates est une formation londonienne fondée en 2020 ; et « The sun also rides » constitue son premier elpee. Ses sources d’inspiration majeures ? L’acid house des 80’s et la britpop des 90’s. On pense ainsi alternativement à Primal Scream, The Happy Mondays, aux Charlatans ou encore aux Stone Roses. Certaines plages (« Making history », « Ups and down » et son piano jazzyfiant) nous replongent même carrément dans l’univers ‘madchester’. Claviers fluides, percus tropicales, rythmes funkysants et solos de guitare psychédéliques alimentent alors l’expression sonore. Encore que parfois, on perçoit des réminiscences empruntées à Steely Dan (« Devolution »), Spencer Davis Group (« Sick love ») et même Santana (ces sonorités de sixcordes et ces claviers fluides !). Mention spéciale au percutant titre maître, dont le tempo irrésistible vous incite spontanément à danser ou à frapper du pied…

Sinead O’Connor

Décès de Sinéad O'Connor, une voix incomparable, à l’âge de 56 ans

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Lorsqu’on évoque Sinéad O'Connor on pense inévitablement à son tube paru en 1990, « Nothing Compares 2 U », une reprise d’une chanson signée Prince. Mais on pense aussi à ses attitudes. Crâne rasé, rebelle, polémiste et provocatrice, elle n’a jamais laissé indifférent. Elle n’en était d’ailleurs pas à un scandale près. En 1992, elle avait déchiré, à la télévision américaine, une image du pape Jean Paul II, stigmatisant l'Eglise catholique pour ne pas avoir protégé les enfants victimes de pédophilie. Elle s’était fâchée avec les musiciens de U2, alors que c’est The Edge qui lui avait permis de faire décoller sa carrière, leur reprochant de ne pas avoir soutenu l’IRA. Aux Etats-Unis, elle avait refusé de monter sur les planches, après la diffusion de l’hymne national, soulevant l’indignation de la presse et de… Frank Sinatra… Elle avait de nouveau attiré les foudres du clergé, en 1999, quand une église irlandaise dissidente l’avait ordonnée, ‘prêtresse’…

Sinéad a traversé une enfance difficile après la séparation de ses parents à l'âge de huit ans. La chanteuse a affirmé très tôt que sa belle-mère, avec laquelle elle vivait après la séparation, la maltraitait physiquement. À 15 ans, elle a séjourné dans une maison de correction, à la suite de vols à l’étalage, puis dans un internat, dont elle s’était échappée.

Dépressive, diagnostiquée bipolaire, en 2003, elle avait tenté, à plusieurs reprises, de mettre fin à ses jours et partageait sa détresse sur les réseaux sociaux. Le 14 janvier 2022, son fils Shane, dont elle avait perdu la garde, s’était suicidé, après avoir fugué d'un hôpital où il était suivi pour tendances suicidaires. Elle ne s’en est jamais remise. Elle avait eu quatre enfants, avec lesquels elle avait des relations difficiles.

Après s'être installée un moment en Jamaïque et adhéré aux croyances rastafari, en 2018 elle s’était convertie à l’Islam, changeant son nom en Sudada’ Davitt ou Shuhada' Sadaqat.

Née à Glengeary, en Irlande, au mois de décembre 1966, elle a gravé dix albums, dont le deuxième, « I do not want what I haven’t got », s’est vendu à plus de sept millions d’exemplaires.

Depuis la sortie de son dernier elpee, « I'm Not Bossy, I'm the Boss », en 2014, on n’entendait plus guère parler d’elle, hormis l’étalement de ses états d’âme, via les réseaux sociaux.

Elle avait même annulé une série de concerts l’an dernier, en raison de son ‘deuil’, déclarant par ailleurs arrêter sa carrière…  

Dans ses mémoires, ‘Rememberings’, parues en 2021, elle se qualifiait de ‘chanteuse engagée’ affirmant n'avoir aucun désir de célébrité…

C’était quand même une fameuse voix, particulière, puissante mais sinusoïdale, libérant une fameuse dose d’émotion. Une voix reconnaissable entre mille…

RIP

Jane Birkin

Jane Birkin est partie rejoindre son pygmalion…

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De son véritable nom Jane Mallory Birkin, Jane Birkin est décédée à l’âge de 76 ans. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile parisien ce dimanche 16 juillet 2023. Elle avait récemment annulé des concerts pour des raisons de santé. En septembre 2021, elle avait déjà été contrainte d’annuler sa tournée après avoir été victime d’un léger AVC.

Née à Londres en 1946, elle s’était installée en France à la fin des 60’s. Naturalisée française, elle a toujours gardé son accent britannique et son timbre de voix d’une indicible douceur. Après un premier mariage avec le compositeur John Barry, avec qui elle aura une fille Kate, décédée en 2013, elle rencontre Serge Gainsbourg. Ils vont former ensemble un couple iconique. Il sera son pygmalion. Elle sera sa muse. De ses dix ans d’union avec Serge Gainsbourg est née une fille, Charlotte Gainsbourg, en 1971. En 1980, l’idylle s’achève ; le couple se sépare mais continue de collaborer artistiquement. Après cette rupture, l’Anglaise préférée des Français a partagé la vie, de 1980 à 1992, du réalisateur Jacques Doillon, avec lequel elle a eu une fille, Lou Doillon.

Lorsqu’on a été DJ itinérant, au cours des seventies, et même si on privilégiait la programmation rock, on a inévitablement inclus les 45 tours « Je t’aime… moi non plus » et « La décadance » du couple sulfureux Gainsbourg-Birkin, lors d’une série de slows. Devenu numéro 1 dans les charts, en Grande-Bretagne, alors qu’il était censuré sur la plupart des ondes radiophoniques, le premier titre a fait couler beaucoup d’encre. A l’origine, la compo était destinée au duo Bardot/Gainsbourg, mais BB s’était opposée à cette sortie. Caractérisé par ses paroles aussi sexuellement explicites, le second ne récoltera cependant par le même succès… Mais la libération sexuelle était en route. En 1969, le couple chantait d’ailleurs déjà « 69 année érotique » …

Mais si Jane a longtemps interprété les chansons de Gainsbourg, à la disparition de ce dernier, elle a reçu la collaboration de nombreux autres compositeurs, dont Miossec, Dominique A, Cali, Zazie, Mickey 3 D et plus récemment Etienne Daho, et puis elle s’est décidée à écrire ses propres textes.

Elle avait également goûté à la world a travers l’album « Arabesque », en adaptant des compos signées Gainsbourg à l’aide de musicos arabes et tout particulièrement algériens. Elle était partie en tournée en compagnie de cet orchestre oriental, où ils s’étaient notamment produits à la maison de la Culture de Tournai. C’était en février 2003 (NDR : le compte-rendu est à lire ou à relire ). 

Et dans le même esprit elle bénéficie du concours de l'orchestre symphonique de Montréal pour enregistrer « Birkin / Gainsbourg : le symphonique », en 2017. Une aventure qu’elle va poursuivre, lors d’une tournée, mais soutenue par des ensembles philarmoniques issus de pays différents.

Parmi les morceaux les plus célèbres de son répertoire, outre le 3 titres dont question dans le premier paragraphe, on peut citer « Melody Nelson », « La gadoue », « Elisa », « Ex-fan des sixties », « Les dessous chics », « Je m’appelle Jane ‘feat. Mickey 3D’ », « Di Doo Dah » et la liste est loin d’être exhaustive.

Chanteuse, mais aussi actrice, scénariste et réalisatrice, elle a fait ses débuts au cinéma dans les sixties. Elle crée un premier scandale en jouant une mannequin séquestrée et nue dans ‘Blow-Up’, de l'Italien Michelangelo Antonioni. Une première dans un film britannique ! Elle jouera dans près de 70 films au total, dont ‘La Piscine’ de Jacques Deray aux côtés de Romy Schneider et Alain Delon ; ‘Don Juan 73’ de Roger Vadim, avec Brigitte Bardot ; ‘La Moutarde me monte au nez’ et ‘La Course à l'échalote’ de Claude Zidi, en compagnie de Pierre Richard ; ‘Mort sur le Nil’, de John Guillermin, auprès de Peter Ustinov...

Elle était engagée, tant pour l’écologie, l’humanitaire, les droits des femmes que les LGBTQI.

En compagnie de Françoise Hardy, elle avait chanté « Comment lui dire adieu ? » et en 1992, après la disparition de Gainsbarre, « Je viens te dire que je m’en vais ». Ce sont des chansons de circonstance. Il ne lui manque plus que « Les clefs du paradis » …

RIP

 

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