Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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Haru Nemuri

Expérimental, excitant et inventif…

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Haruna Kimishima aka Haru Nemuri est l’une des artistes émergentes les plus passionnantes du Japon. Sa musique est le fruit d’un mélange unique entre J-rock, noise pop, punk, hardcore et hip-hop. De quoi faire tourner les têtes. Elle chante, bien sûr, dans sa langue natale. Elle se produit ce mardi 17 octobre, à la Rotonde du Botanique. Paru l’an dernier, son dernier elpee, « Shunka Ryougen », recèle de nombreux bangers (NDR : de puissantes sonorités de basse qui incitent à la danse). Elle incarne la parfaite ambassadrice improbable de la scène alternative nippone, riche et fertile qui y a prospéré depuis des décennies.

Dorothy Gale assure le supporting act. C’est une des 5 finalistes du Concours-Circuit qui se déroulera ce 8 décembre au Bota. Il n’y a pas grand monde dans la salle, lorsqu’elle grimpe sur l’estrade. Dorothy Gale est un personnage de fiction dans l'univers imaginaire d'Oz, inventé par l'auteur américain L. Frank Baum. C’est également le patronyme choisi par une jeune Bruxelloise responsable d’une musique électro. Derrière elle s’installent deux collaborateurs qui bidouillent des machines face à une table : Alwis et Jordan Le Galèze.

Tout au long de ce set, Dorothy chante d’une voix pop suave en racontant des histoires ou à travers un cri poignant et punk, dynamisant le tout par les productions électroniques. Face à son pied de micro, elle remue pas mal. Elle danse, sautille et invite le public à la suivre. Et il est réactif. Si la scène est dépouillée, elle se distingue par un contraste entre ombre et lumière. Malheureusement, le son est bien trop fort pour les oreilles de votre serviteur. Alors il préfère les préserver pour la tête d’affiche…

Quelques instants avant que Haru Nemuri ne monte sur le podium, la salle est comble. Elle est vêtue comme une geisha vaporeuse et froufrouteuse rappelant la mode japonaise à la lolita, fière de ses couettes. En retrait, se plante un bidouilleur devant une table sur laquelle sont posés des tas de machines électroniques. Pas de musicos ni d’instruments, seulement son collaborateur, Haru et son scratcher.

Une belle interactivité s’établit entre l’artiste et les premiers rangs, mais elle s’exprime dans un anglais approximatif que l’on comprend à peine. Il faut dire que lorsqu’elle parle, sa voix est fluette, enfantine et très chantante. Mais quand sa prose prend un ton détaché presque clinique, c’est pour mieux exploser en cris gutturaux qui tendent chaque syllabe dans une cadence grotesque. Chaque mot libère alors une certaine émotion. Sur fond de percussion tribale, elle matraque le public de ses ‘Ai ai ai ai ai’. Conquis, celui-ci lui répond en vociférant ces paroles entêtantes. Quant aux machines, elles répandent des sonorités vocales, parfois criées, de guitares bruyantes et de cordes lointaines.

Elle rit très souvent et son rire est communicatif. Elle se balance sur scène et danse comme dans un état de folie.

Une couture de sa tunique a cédé. Elle s’en amuse, mais file dans les loges, deux petites minutes, pour revenir dans un accoutrement aussi vaporeux. Elle récupérera, par la suite, sa tenue raccommodée. Elle n’en n’oublie pas « Angry Angry », une compo co-écrite avec sa compatriote Jaguar Jonze, un hymne au féminisme déterminé en réponse à la prédation et à la tentative de meurtre d'une concitoyenne, par un homme de 36 ans.

Manifestement, ses expérimentations défient le paysage pop japonais d'une manière aussi excitante qu’inventive. Belle découverte !

(Organisation : Botanique)

Adé

Entre pop luxuriante et country lumineuse…

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À la suite de l’attentat perpétré l’avant-veille au Boulevard Sainctelette, peu de monde s’est déplacé pour assister au concert d’Adé programmé ce mercredi 18, au Crique Royal de Bruxelles. Seul les sièges du bas et la fosse sont remplis.

Adélaïde Chabannes de Balsac, aka Adé, a déjà bien baroudé. Elle a milité au sein de Thérapie Taxi avant de se lancer dans une carrière solo. On aimait alors déjà, son aplomb, sa voix claire, son allant et la fougue de sa jeunesse. La chanteuse a choisi aujourd’hui d’entamer sa mue, de développer les registres musicaux de son chant. Elle est venue défendre son premier elpee, « Et alors ? », un disque aux influences folk-pop et aux mélodies entêtantes.

Le supporting act est assuré par Hélène Sio, une jeune artiste de 22 ans qui a suivi des cours au Conservatoire auprès d’Ibrahim Malouf. Autrice, compositrice et interprète, celle qui a fait succomber des milliers de followers via ses reprises, dévoile enfin ses compositions originales. Originaire de Narbonne, elle a débuté le chant lyrique à l’âge de 9 ans. Elle avoue puiser ses influences chez Alain Bashung, Franck Sinatra, Michel Legrand et Juliette Armanet. A tout juste 17 printemps, elle a participé à l’édition française de The Voice où elle a atteint la demi-finale.

Sur les planches, Hélène, tête blonde bouclée à la Blondie, est soutenue par un guitariste et un bassiste/claviériste. Elle chante tantôt au milieu du podium, face à son micro ou à sa droite, derrière ses ivoires.   

Elle possède une voix profonde, cristalline, douce et aérienne, sorte d’hybride entre Emma Louise, Louane et France Gall. Elle nous réserve de jolies ballades romantiques aux sonorités pop, à l’instar de son premier single « Je Veux Toucher Vous » ainsi que « Fin de Film ».

Solaire, sensible et particulièrement interactive, elle établit un excellent contact avec le public.

Elle nous explique brièvement qu’elle a vécu une relation amoureuse qui s’est terminée brusquement. Son ex l’avait blacklistée sur le net. Elle devait lui transférer des virements de 50 cents via PayPal. Elle a traduit cette mésaventure dans la chanson « Les Virgules », qu’elle interprète aux claviers. Une bonne première partie.

A 21 heures, les lumières s’éteignent pour dévoiler le décor. Des spots accrochés au plafond illuminent la salle d’une lumière bleue. Sur la tenture sise en arrière-plan, apparaît des parties de néons bleus qui finissent par dessiner le nom ‘ADE’ en grand. Il réapparaîtra à plusieurs reprises, au cours du spectacle.

Après une courte intro pré-enregistrée, les musicos débarquent. Les deux guitaristes se plantent aux extrêmes du podium. Les rejoignent un bassiste et un drummer qui s’installe sur une estrade. Telle une princesse des temps modernes, Adé arrive à son tour. Du haut de ses 27 ans, les cheveux de couleur geai au vent, elle est vêtue d’un tee-shirt orange sur une petite jupe portefeuille noire de type trapèze ressemblant fortement à un short court.

Le set s’ouvre par « Les Silences ». Et on est immédiatement balayé par le vent qui souffle d’ordinaire sur les grandes plaines de l’Ouest américain. Il n’y manque que les saloons où traînent les cowboys. Car la musique dispensée ce soir évolue essentiellement dans un mix pop luxuriante et country lumineuse.

Dès « J’me barre », Adé met son public en poche. Toutes les chansons sont bonnes, efficaces, touchantes ou entêtantes. Adé occupe bien la scène libère une belle énergie et affiche un naturel plus qu’assumé. Il existe une vraie fraîcheur dans les mélodies de ses compos. Sa voix, à la fois pure, sucrée et sensible, y est pour beaucoup et porte des textes qui semblent souvent focalisés sur les désillusions amoureuses et le courage nécessaire pour les surmonter (« Solitude imprévue », « Insomnies » et « Side By Side »).

Lors du premier rappel, Adé va nous réserver un petit medley acoustique au cours duquel seront repris « Jolene » de Dolly Parton et « Jimmy » de Moriarty. Toute la formation se serre sur l’estrade du drummer, ce dernier se concentrant sur un petit tambourin. Pendant cet intermède country/folk, la voix d’Adé acquiert ce petit supplément d'âme qui apporte une autre dimension au concert. On l'imagine alors exceller dans un registre crooner jazzy.

Adé accorde un second encore constitué de trois nouvelles chansons : « 20 ans », « Nuit Américaine » et « Juke Box ». Elles seront intégrées à la réédition de son premier opus qui paraîtra en novembre 2023. La setlist a d’ailleurs été essentiellement consacrée à cet LP, enregistré à Paris, Bruxelles et -parce que la Parisienne rêvait de pedal steel, dobro, banjo, mandoline et harmonica- au studio Sound Emporium de Nashville, là où Emmylou Harris et Willie Nelson y ont enregistré…

Aucun titre de Thérapie Taxi n’y a été inclus lors de ce show de très bonne facture, mais malheureusement un peu court…

Setlist : « Les Silences », « J’Me Barre », « 20 Ans », « Berceuse », « Solitude Imprévue », « Nuit Américaine », « Side By Side », « Insomnies », « Juke Box », « Q », « Avec Des Si », « Tout Savoir ».

Rappel 1 : « Eh Alors », Medley « Jolene, Home, Don't Think Twice, It's Alright » (Elvis Presley cover), « America » (Razorlight cover).

Rappel 2 : « Sunset », « Si Tu Partais », « Bonne Année ».

Organisation : (Live Nation en accord avec Uni-T)

 

Festival des Libertés 2023 : mercredi 18 octobre

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Le monde est chaud !      

Le Théâtre Naional est situé à quelques centaines de mètres du lieu de l’attentat qui s’est déroulé à Bruxelles, l’avant-veille. On aurait pu craindre une annulation du festival ou un renforcement des mesures de sécurité. Finalement, par rapport à la soirée de dimanche (Vitalic), rien n’a vraiment changé : pas de longue file ni de fouilles à l’entrée. Pour notre plus grand bonheur, et une façon de ne pas céder à la peur. Même si certaines connaissances présentes le lundi, redoutaient de revivre un deuxième ‘Bataclan’, en apprenant, en direct, la tuerie perpétrée à deux pas de la salle.

Mais ce soir, l’ambiance est et restera bon enfant. En outre, elle sera définitivement ‘peace’ comme dans tout bon concert de reggae et world music. Et d’ailleurs, celui de Tiken Jah Fakoly est programmé, lors de cette 7ème soirée de festival, entre deux films engagés et de qualité. ‘Behind the line’ raconte le parcours d’une artiste (dessinatrice) syrienne, confrontée à l’instabilité dans son pays et le choix de le quitter ou d’y rester. Puis ‘The mind game’, un film/documentaire de Sajid Khan Nasiri, jeune Afghan de 15 ans, qui a fui le sien pour la Belgique et raconte ses périples. Des thèmes qui correspondent parfaitement aux valeurs sociopolitiques défendues par l’artiste.

Tiken Jah Fakoly est originaire de la Côte d’Ivoire, et a commencé tardivement (à l’âge 30 ans) à chanter du reggae. Mais près de 25 ans plus tard, il s’est forgé une réputation de militant. Un engagement politique qui lui a valu d’être persona non grata dans son propre pays, le forçant à s’exiler au Mali et pendant quelques années, au Sénégal. Responsable de 11 albums intéressants, à ce jour, et assurant de fréquentes tournées (NDR : dont une dernière date sold-out à l’AB, en mars 2023), il est toujours actif sur le circuit musical.

Et le concert de ce soir ne va pas faillir à sa réputation. Les 8 musiciens débarquent d’abord sur les planches : 3 cuivres, 1 bassiste aux allures de Jamaïcain, 1 guitariste, 1 batteur et 1 claviériste. Et surtout une touche d’originalité : un préposé au Xalam (NDR : ce n’est pas le nom d’un médicament, mais un luth sénégalais). Les deux choristes suivent, puis l’ensemble se lance dans une impro de quelques minutes, qui s’achève par la phrase ‘le passager Tiken Jah Fakoly est demandé’. Et le chanteur de s’exécuter en déboulant sur « Dernier appel » (NDR : issu de l’elpee éponyme, paru en 2014). Il embraie par « Le peuple a le pouvoir » et « Africa » (NDR : dans un anglais très approximatif, mais on lui pardonnera). « Tonton d’America » communique son premier message sur le réchauffement climatique, avant un second en soutien à ‘SOS Méditerranée’. Puis « Gouvernement 20 ans » (NDR : issu du dernier opus, « Braquage de pouvoir », sorti en 2022). Et surprise, le ‘capitaine’ Winston Mcanuff débarque pour chanter en duo « I can hear ». Le Jamaïcain, qui collabore régulièrement avec des artistes français, affiche un look plutôt exubérant. Ses pas de danse enragée et sa puissance vocale collent naturellement à la prestation du quinquagénaire (NDR : il est âgé de 55 balais). L’énergie est partagée aussi bien sur les planches que dans le public. « Le monde est chaud » lui permet de faire passer de nouveaux messages sur le dérèglement climatique (‘La planète nous donne des coups’). Il n’en oublie pas « Plus rien ne m’étonne », « Quitte le pouvoir » ou « Ouvrez les frontières », des tubes interprétés en fin de parcours, puis en rappel, « Françafrique » et « Braquage de pouvoir » qui ponctuent plus de deux heures d’un concert intense.

Et la fête va se poursuivre, pour les plus persévérants, dans le couloir de l’étage, où une scène gratuite propose un set de Bantu Continua Uhuru Consciousness (BCUC en abrégé, et affiché en arrière-plan), un groupe issu de l’Afrique du Sud dont la musique mêle allègrement la world, la pop et une sorte de funk. Que d’émotions en cette soirée, et positives cette fois-ci. Cela fait du bien après celles de tristesse, éprouvées deux jours auparavant, à l’issue de l’attentat. Merci Tiken, merci le festival des Libertés !

(Organisation : Festival des Libertés)

 

 

bdrmm

Un final un peu trop expérimental…

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Issu de Hull, au Nord de l’Angleterre, bdrmm se produisait ce mercredi 18 octobre au club du Grand Mix à Tourcoing. Le quatuor réunit les frères Smith, Ryan (chant, guitare, claviers) et Jordan (chant, basse, claviers) ainsi que Joe Vickers (guitare, basse) et Conor Murray (drums). A son actif, de nombreux singles et Eps, mais surtout deux elpees : un éponyme paru en 2020 et « I don’t know », en juin dernier. Le patronyme s’inspire de ‘bedroom’ (Trad : chambre à coucher), alors que la musique navigue quelque part entre post rock et shoegaze. Pas étonnant que la formation ait été choisie par Ride pour assurer sa première partie, lors de sa dernière tournée, et signé chez Rock Action, le label de Mogwai.

Il fait très chaud dans la salle, lorsque bdrmm monte sur l’estrade. Enfin remonte, puisque quelques minutes plus tôt, elle réalisait son soundcheck. Amusant, mais Conor, le batteur, ressemble un peu à Dany Boon, mais en plus jeune. Les musicos sont d’ailleurs très jeunes. Et cette jeunesse est bien représentée au sein de la foule. Derrière le combo, on remarque la présence d’une grande toile, sur laquelle seront projetées, durant tout le set, des images brumeuses, psychédéliques. Quant aux planches, elles sont bien garnies de pédales d’effets de distorsion.

« Alps » ouvre le set. Déjà, la voix de Ryan se révèle à la fois douce, fragile, atmosphérique, mais angoissante. En outre, il commence déjà à manipuler les potentiomètres des effets de pédales. La compo (comme la plupart de celles du concert) monte progressivement en crescendo avant d’atteindre un premier pic d’intensité. Après le très shoegaze « It’s just a bit of blood », le plus connu « Gush » recueille tous les suffrages. « We fall apart » nous offre un véritable duel de grattes. La voix de Jordan et plus puissante. Faut dire que physiquement, il en impose. Pendant « Hidden camera », alors qu’il se déchaîne sur sa guitare, Ryan renverse malencontreusement son clavier. Ce qui ne l’empêche pas d’achever le morceau, en manifestant une même exaltation. Avant de tout remonter, à l’aide de Joe. Plus de peur que de mal, le Korg fonctionne normalement. Le groupe embraie par « Pulling stitches ». Alors que le drummer imprime un tempo binaire, le light show devient aveuglant. A mi-parcours de « Mud », les musiciens s’éclatent littéralement. Ryan se consacre aux claviers au début de « Push/Pull », une compo qui change de rythme à mi-parcours ; moment choisi pour reprendre sa gratte. Les deux sixcordistes conjuguent leurs instruments pendant « Happy », libérant alors des tonalités tintinnabulantes. Des sonorités qui deviennent carillonnantes, tourbillonnantes, sur le quasi-instrumental (Un)happy ». Les deux frangins ont les genoux au sol et font varier les boutons d’effets de pédales. Puis le morceau retrouve un mid tempo, avant que la déferlante ne fasse son retour, dans un univers sonore plus expérimental, tout comme lors du dernier long titre du set, pourtant entamé sur un rythme martial, mais au cours duquel les cordes sont très (trop) souvent triturées, frappées et les boutons à nouveau sollicités. D’ailleurs, totalement déjantés, les deux derniers morceaux se sont un peu trop égarés, au goût de votre serviteur, dans une forme d’impro qui s’est soldée par un bruitisme dévastateur et un peu hasardeux. Dommage, car le reste de la prestation était vraiment de bonne facture…

Setlist

Alps
Be Careful
It's Just a Bit of Blood
Gush
We Fall Apart
Hidden Cinema
Pulling Stitches
Mud
Push/Pull
Happy
(Un)happy
Port

(Organisation : Grand Mix)

The Boxer Rebellion

Une belle soirée qui est passée trop vite…

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La dernière fois que The Boxer Rebellion s’était produit en Belgique, c’était en 2016, au Botanique. Un final mémorable, puisque les fans avaient envahi alors la scène, pendant que le groupe jouait « Dreamers ». Il revient de nouveau dans la capitale de l’Europe, ce samedi 14 octobre, mais à l’Ancienne Belgique. Son dernier elpee, « Ghost Alive », remonte à 2018. Et un single, « Powdered Sugar », vient de sortir, précédant la parution d’un sixième opus qui s’intitulera « Promise ». Le concert est complet depuis un bon bout de temps ; il aurait d’ailleurs pu se dérouler dans la grande salle.

Le line up réunit le chanteur/claviériste/guitariste Nathan Nicholson (NDR : il est originaire du Tennessee, aux States), le second sixcordiste Andrew Smith, le bassiste Adam Harrison et le drummer Piers Hewitt.

Le supporting act est assuré par Richard Walters, un parfait inconnu pour votre serviteur. Et pourtant, ce quadragénaire (NDR : il est issu d’Oxford, mais vit aujourd’hui à Paris) a milité chez Theremin, avant de se lancer dans une carrière solo. Il compte cinq albums à son actif et a relevé du même management que Radiohead. Une première partie qui suscite, donc, la curiosité.

La banane aux lèvres, Richard grimpe sur le podium. Cheveux roux comme Ed Shearan, il est coiffé d’une casquette de rappeur ou de basketteur, selon. Il a enfilé une salopette et est chaussé de baskets de marque Converse All Star. Il paraît, au moins, dix ans plus jeune que son âge. Il est armé d’une gratte semi-acoustique. Il possède une belle et suave voix de tête. On se rend bien compte que le gaillard a joué dans des pubs et la rue. Il a bossé en compagnie de Thom Yorke et l’Irlandais Damien Rice. La délicatesse des mots de l’artiste se ressentent dans ses moindres murmures. C’est une sorte de poète. La foule l’écoute attentivement. D’ailleurs, pendant son set, on pourrait entendre une mouche voler. Richard la remercie, à plusieurs reprises, pour le respect de son écoute.

De son récital, on épinglera le morceau d’entrée, le romantique « King Of Leaves » (extrait de l’album « Regret Less », publié en 2012), « Unconditional » et « Awards Night », deux titres au cours desquels sa voix devient atmosphérique, ainsi que la reprise du « Roads » de Portishead. De toute beauté ! Dommage qu’il n’ait pas interprété son dernier single, « Lost in Your Light » …

Setlist : « King Of Leaves », « Unconditional », « After Midnight », « Roads » (Portishead cover), « Awards Night », « Infatuation ».

A 21 heures pile, The Boxer Rebellion débarque. Nathan exécute un discret salut et le concert s’ouvre par le puissant « Step Out of the Car ». On entend la voix du chanteur qui est couverte par l’instrumentation. Il signifie à l’ingé son le souci et demande de régler le volume de son micro. Problème résolu !

Nathan est enrhumé et il le signale, mais ce refroidissement n’aura pas d’influence sur sa voix empreinte de douceur et bercée de mélancolie…

Pendant « Locked in the Basement », les grattes s’emballent. Avant d’attaquer « Love Yourself », le frontman plaisante en signalant que la salle est tellement cosy qu’il a l’impression de se produire dans un salon privé, en showcase. « What the Fuck » libère davantage de puissance que sur l’opus. Une transition idéale pour nous interpréter le nouveau single, « Powdered Sugar », paru il y a à peine deux jours.

A partir de « Caught By The Light » le set grimpe en intensité et le light show est au diapason. Tous les musicos descendent dans la fosse pour nous réserver une version acoustique de « Big Ideas ». Les harmonies sont parfaites. Ce qui se traduit par un grand moment de recueillement a sein du public qui connaît et reprend en chœur les paroles de la chanson.

Hormis le drummer, polyvalents, les musiciens changent régulièrement d’instruments.

Pendant « New York » le guitariste Andrew Smith et le bassiste Adam Harrison rejoignent la drummer sur son estrade exiguë. « Evacuate » et « Semi-Automatic » charment littéralement l’auditoire ; d’ailleurs tout au long de ces deux titres, des applaudissements fusent de partout. « The Gospel of Goro Adachi » est dédié à Richard Walters. A l’issue de ce morceau, le quatuor salue la foule et se retire.

Mais nous aurons droit à un rappel de deux compos. Pour la circonstance, le batteur a enfilé des chaussettes de couleur rouge. « Diamonds » était attendu, mais ne provoque pas d’intrusion sur la scène. Nathan évoque l’interruption dans le parcours du band pendant cinq ans, mais sans rentrer dans les détails. Il promet d’ailleurs, de revenir bientôt. Une belle soirée qui est passée trop vite et surtout une chouette découverte, Richard Walters…

Setlist : « Step Out of the Car », « Spitting Fire », « Let's Disappear », « Love Yourself », « Locked in the Basement », « We Have This Place Surrounded », « Flight », « Semi-Automatic », « Here I Am », « What the Fuck », « Powdered Sugar », « Caught by the Light », « New York », « No Harm », « Big Ideas » (acoustique), « Evacuate », « The Gospel of Goro Adachi » (dedicated to Richard Walters).

Rappel : « Diamonds », « Let It Go ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Soulcrusher 2023 : reportage photos

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Au plus grand bonheur des amateurs de doom/sludge/black metal, le Soulcrusher s'est déroulé, une nouvelle fois, cette année, au Doornroosje.

Pour cette nouvelle édition, le festival s'est doté d'une très appréciée 3ème scène.

Si celle-ci reste de faible capacité, elle a permis de limiter l'engorgement de la Red Stage, mais aussi et surtout de mettre en avant des projets plus intimistes.

Parmi ceux-ci, on notera tout particulièrement la performance de Mütterlein. L'impressionnante voix de Marion Leclercq, installée seule avec ses instruments au centre d'une rangée de faucilles, est parvenue à captiver l'audience. Si ce n'est déjà fait, nous vous invitons fortement à découvrir son dernier album en date, "Bring Down The Flags".

Mais les autres scènes n'ont pas été en reste et ont vu défiler un grand nombre de représentants du genre.

Le premier jour a été ponctué par le set de The Devils Trade, actuellement en tournée avec Alcest. Panzerfaust et Misþyrming ont, sans surprise, asséné des sets brutaux. Les amateurs de stoner se sont réjouis face au concert de Belzebong. Enfin, comment ne pas citer le techno/black metal/indus des Japonais de Violent Magic Orchestra, set le plus déjanté de toute cette édition.

Le dimanche a, quant à lui, été marqué par les sets de GGGOLDDD, portant son nouvel Ep, "PTSD", la douce mélancolie du concert de Fvnerals, mais aussi et surtout par la prestation sans faille de Cult of Luna.

Le reportage photos est disponible ici

Le festival a d'ores et déjà annoncé ses prochaines dates.

A vos agendas : le Soulcrusher nous reviendra le 11 et 12 octobre 2024.

https://www.doornroosje.nl/festival/soulcrusher/

 

 

 

Larkin Poe

Ce blues profond qui vient des States…

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Larkin Poe est une formation drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Géorgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du band est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. Le combo s’est formé après la séparation du groupe de bluegrass familial, The Lovell Sisters. Si à l’origine, la formation pratiquait du folk, elle a depuis viré au blues/rock. Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) à la seconde voix et à une dobro trafiquée, dont elle se sert en position debout, comme une lap steel. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Publié en 2022, le dernier elpee s’intitule « Blood Harmony ». Mais un Ep 4 titres, « An Acoustic Companion », est paru début de ce mois d’octobre. Le band se produit pour la quatrième fois en Belgique et votre serviteur assiste à sa prestation pour la troisième. La grande salle de l’AB est blindée.

A 20h45, The Sheepdogs monte sur le podium. Un combo canadien issu de Saskatoon, dans la province du Saskatchewan, actif sur le circuit depuis 20 ans. En 2016, il figurait en tête d’affiche au sein d’un club de l’AB, comble. Ce soir, il assure le supporting act. Enregistré ‘live’, son dernier Ep, « Jam In The Van », est sorti en juin 2023.

Le line up réunit Ewan Currie (lead singer, guitariste et claviériste), son frère Shamus Currie (claviériste, guitariste, seconde voix), Ryan Gullen (basse, backing vocaux), Ricky Paquette (guitariste soliste) et, installé sur une estrade, Sam Corbett (drums). Ils arborent tous une chevelure abondante. Et trois d’entre eux sont coiffés d’un stetson. Cinq énormes rampes de spots montées sur support entourent le combo.

Les gratteurs s’installent en ligne. En arrière-plan, le logo du quintet brille de mille feux. Manifestement, le band a emmené son fan base dans ses bagages. Le light show est particulièrement efficace. Bien qu’issu du pays à la feuille d’érable, le groupe pratique une musique ‘sudiste’. Blues lent, « Bad Lieutenant » se distingue par un duel de guitares qui monte progressivement en intensité, avant d’atteindre son pic en fin de parcours. Gullen est très interactif. Il invite les premiers rangs à applaudir dès le début de « Southern Dreaming », un bon rock aux grattes huileuses et graisseuses, rappelant tour à tour The Allman Brothers, The Eagles ou Thin Lizzy. Mais lorsqu’elles entrent en duel, pendant que les guitaristes prennent la pose, dos à dos, on ne peut s’empêcher de penser à Lynyrd Skynyrd. On se croirait alors revenu au cœur des seventies. Chaude, la voix d’Ewan campe un hybride entre celles de John Fogerty (Creedence Clearwater Revival) et de Randy California (Spirit). Un excellent set de 45 minutes !

A 20h55, les lumières s’éteignent. En arrière-plan, un faisceau lumineux représentant le logo de Larkin Poe, sur fond bleu, est projeté sur un écran géant. Le drummer grimpe sur une plate-forme à l’extrême-gauche et le bassiste se plante à droite, derrière un clavier et devant une contrebasse. Pendant que les baffles diffusent le « White Room » du Cream, les frangines, toutes habillées de blanc, débarquent, à leur tour. La scène est immense, ce qui leur permettra de disposer d’un bel espace pour y déambuler.

« Strike Gold » ouvre le set. Une composition qui donne le ton. Alors que Megan joue, le plus souvent, en slide, Rebecca libère des riffs serrés ou des soli puissants, huileux, graisseux, plutôt longs. Et elle finit religieusement par s’agenouiller. C’est d’ailleurs sur cette structure que repose, en général, le répertoire. Régulièrement, elles se dressent l’une à côté de l’autre ou se font face, les yeux dans les yeux. Sablée, rauque même parfois, la voix de Rebecca semble naviguer aux confins d’illustres chanteuses comme Beth Hart ou Janis Joplin. Megane, elle, épouse les harmonies vocales.

Toute la musique américaine vient du blues profond comme Rebecca aime bien le signaler. Et « Summertime Sunset » en est la parfaite démonstration.

Exclusivement instrumentale, la version plutôt psychédélique du « Jessica » de l’Allman Brothers Band rappelle le ‘flower power’ de la fin des sixties. Megan s’autorise un copieux solo à la slide. Le spectre de feu Duane Allman se met alors à planer…

A l’issue d’une autre reprise, celle du « Preachin' Blues » de Son House, Rebecca plaisante sur le classique du « Georgia On My Mind » de Ray Charles pour introduire « She's A Self Made Man », un blues qui s’enfonce dans le bayou. Elle le dédie aux nombreuses femmes présentes au sein du public.

Le batteur descend de son piédestal en emportant un tambourin. Le bassiste empoigne une contrebasse et on apporte des grattes semi-acoustiques à Rebecca et Megan. Cette dernière la pose devant elle et en joue comme une lap steel. Quatre morceaux sont alors interprétés sous cette forme, dont une cover du « Crocodile Rock » d’Elton John qui s’emballe en fin de parcours, lorsqu’elles reprennent leurs guitares électriques. Ce qui va leur valoir une ovation de 5 bonnes minutes. Elles portent alors un toast en levant leur mug au Sud des States. 

Le set tire à sa fin. Pendant « Bad Spell », qui rend hommage à Screamin' Jay Hawkins, on assiste à un nouveau fantastique duel de guitares. A mi-parcours de l’adaptation du « Wanted Woman » d’AC/DC », le tempo s’emballe et plonge le concert dans une ambiance torride. Et « Bolt Cutters & The Family Name » clôt ce set en force.

On aura droit à « Deep Stays Down », en rappel. Un moment étrange au cours duquel les sœurs sont revenues sans leurs guitares, mais avec deux tambours…

Setlist : « Strike Gold », « Kick The Blues », « Summertime Sunset », « Jessica » (The Allman Brothers Band cover), « Georgia Off My Mind », « Preachin' Blues » (Son House cover), « She's a Self Made Man », « Back Down South », « Blue Ridge Mountains », « Might As Well Be Me » (acoustique), « Southern Comfort » (acoustique), « Crocodile Rock » (Elton John cover) (acoustique), « Holy Ghost Fire » (acoustique), « Bad Spell », « Wanted Woman (AC/DC cover), « Bolt Cutters & The Family Name ».

Rappel : « Deep Stays Down ».

(Organisation : Gracia Live)

 

Festival des Libertés 2023 : dimanche 15 octobre

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C’est toujours au Théâtre National de Bruxelles (sur le Boulevard Jacqmain, à 2 pas de la gare du Nord et la rue Neuve) que se déroule le traditionnel festival des Libertés. Un événement qui pointe ses projecteurs sur des valeurs essentielles de la démocratie : libertés physiques, idéologiques, intellectuelles, religieuses et morales. Son programme propose des séances de cinéma et des documentaires, suivi de débats, des expositions, des performances... et en seconde partie de soirée, des concerts. Compte-rendu des spectacles de Mezerg et Vitalic qui se sont déroulés ce dimanche 15 octobre.

Marc Merzergue (alias Mezerg) ouvre les hostilités. Il a suivi une formation classique au conservatoire de Bordeaux, est remonté vers Paris avant de se proposer des compos techno inspirées de différentes sonorités électro. Une recette qui a fait son succès dans de nombreux festivals européens majeurs (NDR : il a débuté au Sziget, à Budapest). Véritable homme-orchestre, il nous offre ce soir un one-man show très particulier. Une sorte de Rémy Bricka de l’électro. Outre ses synthés, sa prestation se distingue par son utilisation d’un thérémine qu’il met bien en exergue. Le thérémine est cet instrument électro ancestral, dont l’artiste use et abuse pour faire varier la hauteur de la note. Le tout en ne touchant pas cet appareil, mais en faisant varier la distance entre sa main et l'antenne verticale sur son extrémité. Ajoutez-y des caissons de basse que Mezerg fait kicker à l’aide de ses pieds, et vous aurez le tableau du show de cet artiste hors pair, devant nous ce soir. Toutes ses sonorités viennent heureusement casser le rythme répétitif et assez ‘tchack tchack boum’ des morceaux. Par moments, on se croirait à une rave party. D’autant qu’il fait sombre dans la salle et l’éclairage sur l’estrade est assez atomisant. En outre, Mezerg, dont le visage est souvent caché derrière sa longue chevelure, est disposé latéralement au centre du podium, tournant presque le dos à une grande partie du public. On comprend alors beaucoup mieux pourquoi de nombreux spectateurs rejoignent le bar pendant le set (NDR : il n’y en a qu’un seul à l’étage ; et vite saturé, il provoque de longues files, rappelant les pires moments de celui du Botanique). Il faut attendre la fin du set pour voir l’artiste se lever, faire face et saluer le public. C’est à cet instant, qu’on découvre son visage de mousquetaire. Et sa chemise à fleurs. Un style vestimentaire aussi éclectique que sa musique, finalement.

Vitalic nous avait déjà gratifiés d’un tout grand concert, à l’Ancienne Belgique, en mars 2022. Un moment d’autant plus particulier, que non seulement la date avait été postposée plusieurs fois, mais qu’il s’agissait du premier concert après Covid où la foule pouvait s’en donner à cœur joie, sans masque. Et ce soir, l’ambiance est déjà bien fiévreuse, dès les premières notes. Le light show est à nouveau impressionnant. Il faut dire que l’artiste se sert d’architectures et des technologies de pointe (faisceaux lumineux très précis), créant ainsi une scénographie toujours aussi bluffante, constituée de tableaux de lumières. Il semble même avoir inspiré certains ingénieurs des plateaux de TV. Ses compos aussi figurent dans de nombreuses BO de films, spots publicitaires, génériques TV ou de jeux vidéo. Bref, ce pro a acquis une belle notoriété. Et ce soir, on sait qu’il va encore nous balancer du lourd, comme il y parvient régulièrement, dans les grands festivals (NDR : ses passages à Dour entre 2005 et 2017 ont toujours fait recette).

A côté des titres de son dernier double elpee, « Dissidænce » (paru en 2021 et 2022), le Français nous gratifie de tubes plus anciens comme « Poison lips » ou « Second lives » qui ont le don de faire siffler et danser la foule. Même aux balcons des étages, les premiers rangs sont debout, les bras en l’air ! Les morceaux sont à chaque fois revisités, parfois expérimentaux, sans jamais tomber dans le snobinard. La musique de Vitalic a une âme, des mélodies tantôt dépouillées, tantôt densifiées par les beats et les basses, sans jamais chercher à être dans l’air du temps. Une ambiance et un show dont on ne se lasse pas, même après 20 ans d’existence.

Mezerg + Vitalic = Sunday Night Fever         

(Organisation : Festival des libertés)

 

Baxter Dury

Celebrate me !

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Début novembre 2002, Baxter Dury accordait son tout premier concert à la Rotonde du Botanique. Près de 21 ans plus tard, et après de fréquents passages dans ce parc urbain bruxellois, il est de retour à l’Orangerie et le concert est archi sold-out.

Ttrruuces ouvre les hostilités. Comme son nom ne l’indique pas, le band s’est formé à Londres, à l’issue d’une rencontre entre le Français Jules Apollinaire et l’Anglaise Natalie Findlay. C’était en 2019. Par la suite, Ben Simon (à la basse) et Connor Burnside (à la batterie) sont venus compléter le line up. Ce dernier est toutefois remplacé par une jeune fille derrière les fûts, ce soir. Bien que tagué comme ‘psychédélique’, dans le communiqué de presse, la formation distille une musique plutôt éclectique, parfois aux relents très (trop) poppy ou parfois enrichie de touches de folk. Et lorsque le violon entre dans la danse, on pense alors à Arcade Fire. On a même droit à du disco kitsch lors d’un mix entre « Funky town » et « Rasputin ». Si le set est assez posé au début, et Jules plutôt relax et discret, Natalie va multiplier les poses sexy, et le finir de façon plus déjantée. Une première partie agréable à suivre, mais pas la découverte de l’année non plus.

Baxter Dury était revenu chez nous aux Lokerse feesten il y a un peu moins de deux mois, en ouverture de Blur. Un show qui avait quelque peu perturbé les fans de la première heure vu son changement de style. Pourtant ce soir, c’est toujours en tenue de dandy british, costume classique et chemise grise, que le natif du Buckinghamshire débarque sur les planches, précédé d’un batteur et d’un guitariste. Bien que leurs interventions s’avèrent particulièrement efficaces, ils resteront en retrait, tout au long de la soirée. A sa droite, sa fidèle et charmante claviériste est toujours au poste. Elle le soutient aux backing vocaux, d’une voix translucide et impeccable, qui contraste toujours avec le chanté/parler du leader.

« So much money » ouvre le bal (NDR : tout comme le dernier opus « I Thought I Was Better Than You », sorti cette année). Avant d’embrayer par deux titres phares de « Happy Soup » (NDR : l’elpee qui l’avait révélé au grand public, en 2011) : « Leak at the disco » et « Isabel ». Parfois Baxter reste figé face à son micro, ne s’autorisant que quelques mimiques, rappelant, quelque part, son paternel Ian (NDR : si vous ne le connaissez pas, on vous invite à découvrir le clip de « I Want to be Straight » ici,

 enregistré le 11 septembre 1979, dans le cadre de l’émission ‘Top of the Pops’, alors qu’il est déguisé en bobby, tout comme ses musicos, les Blockheads ; sachez également que c’est à la mort de son père, début 2000, que Baxter s’est mis à composer).

Mais souvent, ce soir, il abuse d’une gestuelle réminiscente du Tai-chi. Qui finit par irriter. A-t-il passé un séjour trop long en Asie ? Quand il se noue un foulard autour du front, on se remémore Christophe Walken, perdu au sein de la jungle vietnamienne, dans ‘Voyage au bout de l’enfer’. Ses pas de danse semblent hantés voire possédés. Mais il emprunte plutôt une voix rauque et un phrasé à la Sleaford Mods. Les nuances de douceur sont apportées par Madelaine, notamment sur l’un des titres phares de la soirée, « Celebrate me ».

La fin de set souffre d’ailleurs beaucoup moins de monotonie, et tout particulièrement lors d’un « Cocaïne man » au cours duquel Baxter porte un casque lumineux digne de Daft Punk. Il abandonne ses déhanchés pour se rapprocher du public qui l’applaudit et lui permet d’atteindre le sommet de son concert. A un certain moment, on imagine qu’il va se lancer dans un crowdsurfing ; mais après mûre réflexion, il y renonce. Paradoxal, mais pendant le refrain de « Prince of tears » (‘Everybody loves to say goodbye’), le public a envie que ce moment privilégié se prolonge et vire même à la fête. Et c’est ce qui va se produire, au cours d’un ultime rappel électro traduit par le « These Are My Friends », de Fred Again. Les premiers rangs se transforment en véritable dancefloor, et le band partage alors, avec le public, un délire en apothéose.

Un show très varié, très lent à véritablement prendre son envol, mais qui s’est achevé dans une forme de frénésie collective. Baxter Dury s’éloigne, en effet, du côté dandy de ses débuts, mais cette métamorphose n’est finalement pas pour nous déplaire. Un signe distinctif ? L’ovation qu’il a reçue en fin de prestation…

(Organisation : Botanique)

 

KermesZ A L’Est

Octophilia

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Actif depuis 2008, KermesZ à l’Est développe un style assez unique mêlant sonorités jazz, salves métalliques et surtout sonorités traditionnelles issues de l’Europe de l’Est (NDR : vu le patronyme, on s’en doute un peu). « Octophilia » constitue son nouvel elpee. Sa musique pourrait parfois être baptisée de version balkanique de La Jungle, duo dont ils sont très proches dans l’esprit et l’énergie. Les –longs– morceaux sont inspirés de morceaux traditionnels originaires d’Azerbaïdjan, de Grèce ou de Roumanie et plus généralement de la région du Caucase ou alors, pour un titre (« Lullysion »), du « Bourgeois Gentilhomme » de Jean-Baptiste Lully, mais enrichi par un texte poétique d’Oliver Chaltin. Réunissant 8 musicos, cette fanfare belge assez unique en son genre est bien entendu au sommet de son art, en ‘live’ vu l’énergie qu’elle y libère ; mais la version studio vaut le détour grâce à ses tourbillons de tuba, saxo et autres trombones à piston…

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