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The Names à plein volume…

Issus de l'emblématique label Factory, aux côtés de Joy Division, New Order, A Certain Ratio, Durutti Column et Happy Mondays, The Names a consolidé sa place dans l'histoire de la musique. « Volume », c’est le titre du nouvel Ep de The Names. Il réunit quatre…

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Gomm

4

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Que les médiators s’échauffent ! Voici : comprenez Guillaume, Olivier, Marie et Mathieu. GOMM 4 pour être plus précis. Le chiffre 4 constituant certainement une équation du nombre d’acolytes sévissant, pour leur troisième opus, au sein du line up du groupe. Super punky et tendance à souhait, les boucles répétitives de l’album tentent d’effriter les murs décrépis de nos vies en y jetant un seau d’acide et de vitriole. Oui mais… derrière cette jeunesse bien en forme (mais avançant malgré tout) se profile le revers de l’âge. Le ton est un peu trop répétitif à mon goût et la rage d’expression peu cadrée. Ca hurle, ça pète, ça sature, ça ressemble un peu à une caisse de brocante où plein de chouettes trucs sont à découvrir. Malheureusement, ils sont cachés sous la crasse d’autres objets inutiles. Quoiqu’il en soit, il vous en coûtera après recherche : les doigts sales et un temps de patience non négligeable. De plus, pourquoi chanter en anglais avec cet accent ? Ont-ils l’impression d’avoir plus de crédit en hurlant dans la langue de Shakespeare ? Mi-français, mi-anglais le mélange est assez étonnant à entendre, surtout que les voix se calent mieux dans l’ensemble sans cette pointe de parodie british. Un album bourré d’énergie (et le mot est faible !), pas vraiment nouveau dans le genre et un tantinet lassant de par les voix. A n’écouter qu’un seul morceau, choisissez « Why Can’t I Relieve You », un bon condensé de l’ambiance générale rencontrée sur cet opus. Et de préférence, à écouter à fond… la gomme.

Various Artists

Brownswood ‘bubblers’

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Dj influent dans la sphère de la soul, du jazz ou encore du funk, Gilles Peterson a fondé aussi deux labels qui ont tout de même laissé leurs traces : Talkin’ Loud et Acid Jazz. Sa nouvelle structure « Brownswood » reste dans les mêmes eaux et cette compilation se charge de nous présenter les poulains du label. Beaucoup d’artistes démontrent un goût pour l’expérimentation sonore qui doit beaucoup aux travaux des magiciens du hip hop et du r’n’b américains, de Dj Jazzy Jeff à Timbaland. Mais les rythmiques les plus concassées ne perdent jamais de vue la recherche mélodique. Au delà de l’électro (et un peu de jazz et samba) donc, c’est la soul qui mène la danse, qu’elle soit plutôt sixties (Nicolle Willis & the Soul Investigators) ou bien tournée vers le futur (Benny Sings & The Rednose District). A part les tentations ‘lounge’ de Ben Westbeech et quelques passages un peu trop cérébraux, la (grande) qualité est de mise. Ceux qui apprécient la soul mystique de Bilal, Georgia Anne Muldrow, Erykah Badu, D’Angelo, Jill Scott et les Soulquarians trouveront ici de quoi faire leur bonheur.

 

 

 

 

Various Artists

Blues Harp Meltdown Vol 3

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Le chanteur/harmoniciste Mark Hummel a fondé un espace de rencontre entre souffleurs de renom. En 1991. Baptisé "Harmonica Blowouts", il devient, d'année en année, de plus en plus populaire et s'exporte bien au-delà des limites de la baie de San Francisco. Au fil du temps, Mark a ainsi provoqué la confrontation des meilleurs sur scène. Des pionniers à la peau noire comme Snooky Pryor, Sam Myers, James Cotton et Billy Boy Arnold, ainsi que la crème des musiciens blancs, dont Rod Piazza, Charlie Musselwhite, Rick Estrin, Kim Wilson, James Harman, Paul deLay, Gary Primich, etc. Le label Mountain Top Productions avait déjà sorti les Volumes 1 et 2 de ces collections ainsi que "Rolling Fork Revisited", en compagnie de Johnny Dyer. Pour ce troisième tome, le rendez-vous s’est limité aux musiciens noirs ; et en particulier Carey Bell, Lazy Lester, Willie Smith et Phil Wiggins. Ce double elpee a été immortalisé ‘live’ au Moe's Alley de Santa Cruz, en Californie. En janvier 2004.

 

La première plaque s’ouvre par la performance de Mark Hummel et de ses Blues Survivors ; c'est-à-dire les mêmes musiciens qui ont participé à la confection de l'album "Ain't easy no more". Tout d’abord le superbe slow blues "City livin" ; une compo qui met en exergue le talent du guitariste Charlie Wheal. Deux reprises de Little Walter, ensuite. "My kind of baby" et l'instrumental "Rollercoaster", au cours duquel Hummel se révèle époustouflant. Le guitariste Steve Freund se joint ensuite aux musiciens. Il a longtemps sévi au sein du backing band du pianiste Sunnyland Slim. Steve est un gratteur affûté, mais également un chanteur inspiré. Il adapte de Slim, son ancien patron, "Done you wrong". Un blues lent, bien dans la tradition du Chicago Blues. Bob Welsh siège derrière le piano et Hummel se charge des chorus d'harmonica. Son intervention nous flanque le frisson. Willie "Big Eyes" Smith a été le batteur de Muddy Waters pendant près de vingt ans. La musique à bouche avait été son premier instrument. Pour la circonstance, il chante et souffle à nouveau lors de la cover du "Hoodoo man blues" de Junior Wells. Six minutes de bonheur rehaussées par la présence d’un Steve Freund insatiable aux cordes! Changement radical de style pour terminer ce premier cd : John Cephas et Phil Wiggins sont réunis lors d’un duo acoustique découpé dans le country blues. L’épisode débute par "Piedmont blues jam" et embraie par des reprises de Willie Dixon, Fred McDowell et Sleepy John Estes. On en retiendra surtout une extraordinaire intervention de Wiggins sur le traditionnel "Walkin' blues". Une bien belle parenthèse.

Le second opus nous présente d'abord le vieil harmoniciste noir Carey Bell. Il a longtemps milité au sein des formations de Muddy Waters et de Willie Dixon. Willie Smith s'est installé derrière les drums. Steve Freund partage les cordes en compagnie de Charlie Wheal. A menu : huit titres de Chicago Southside blues, dont de bonnes reprises du célèbre "I'm ready" et It ain't right" de Little Walter ainsi qu’un splendide slow blues, "Too bad too bad". Ce blues a du vécu. Il reflète le mal vivre de l'artiste. La prestation s’achève par un frétillant "One day". C'est à une légende louisianaise qu'il revient de clôturer cette présentation de souffleurs : Lazy Lester. Dès les années 50, il a enregistré à Baton Rouge sous la houlette de Jay Miller. Son swamp blues paresseux nous va droit au cœur. Le style est ici de toute évidence totalement différent de ce qui précédait. Lazy a déjà mieux chanté que ce soir-là mais ses performances à l'harmonica sont de classe. Et il le démontre tout au long de son interprétation de blues indolents. Tout d’abord "Bloodstains on the wall" et "Rainin' in my heart" de Slim Harpo. Et enfin sa plage la plus connue, "Sugar coated love", un morceau au cours duquel il parvient à faire sonner son harmo comme un accordéon. Plus de deux heures d'excellent blues !

                                                                                 

 

Bikini Machine

Daily Music Cookin with

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Shake-it, shake-it ! Pour les plus anciens, vétérans des 80’s, le nom de Thierry Hazard rappellera sans doute une période de leur vie au cours de laquelle l’homme sévissait sur les ondes et squattait les plateaux télé. Déversant à tout va un ersatz de ‘Jerk’. Matraqué à l’extrême, l’air n’a pu échapper à personne. Pourquoi évoquer ces moments de tortures auditives du temps passé ? C’est que Daily Music Cookin With Bikini Machine nous y oblige un peu, vue la ressemblance des mélodies redondantes et soûlantes avec le sieur Thierry. Terrain hasardeux le style ‘Jerk’ peut vite rendre nerveux à contrario de sa motivation première.

Le ‘maillot deux pièces’ a la qualité de ne pas se prendre au sérieux et d’essayer de faire décoller le pied du sol, malheureusement sans succès. Le « Jerk du Gastronome » nous donne même droit à une liste d’aliments et de plats à faire pâlir Bocuse. Batterie roulante, basse répétitive, orgue Hammond, effets electro ‘cheap’ sont les composants-maître de la recette. On pourrait comparer l’album à une grosse sucette fluo ; et tout content d’y coller la langue, on s’apercevrait au final de son interminable taille et de son goût écœurant. Conclusion : on va la coller dans un coin et l’oublier au fil du temps. Peut-être aurait-il été moins vieux-jeux de se vêtir uniquement d’un monokini pour aller danser le ‘Jerk’ sur de la musique Pop !

 

 

The Ataris

Welcome The night

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Anciens adeptes de l'emo-core à tous crins, les membres de The Ataris avaient adopté une approche plus pop sur « So Long », leur premier opus pour une major (Astoria) paru en 2003. Quatre ans plus tard, les Américains nous reviennent avec un album taillé pour MTV et les charts du pays de l'oncle Sam. Un peu à l'instar de Jimmy Eat World, The Ataris propose un rock emphatique et très émotionnel, soutenu par de grosses guitares bien baveuses et une voix n'hésitant pas à jouer la carte du pathos. S'il faut bien évidemment être adepte de ce genre de réjouissances, admettons cependant que, dans le style, The Ataris ne se défend pas mal. Les treize compositions présentes sur le cinquième effort du combo devraient arracher quelques larmes aux teen-agers qui se rueront sans nul doute sur « Welcome The Night » en quête d'un quelconque réconfort masochiste... Pour les amateurs du genre donc...

 

ADULT.

Why bother?

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Chier dans la mer ou faire un disque. Parfois, mieux vaut emmerder les poissons. Mais, visiblement, quand on vient de Détroit, on n’aime pas forcément les soles meunières. Alors, on enregistre des albums. Comme ADULT. Nouveau bordel intégral, volontairement inabouti – comprenez : une cacophonie industrielle de dance-punk –, ce quatrième album des époux Adam Lee Miller et Nicola Kuperus ne contraste pas dans leur discographie. Un débit névrotique, des textes faussement torturés flanqués sur des beats electro minimalistes (et ce n’est rien de l’écrire) confèrent au projet toute son envergure. Depuis « Resuscitation », son premier effort, ADULT. n’a donc pas cherché à grandir, persistant à interpeller le public par ses frasques sonores et indolores. Tel un couple sadomasochiste, les morceaux s’enchaînent. Souvent pour le pire. Et, « Plagued by fear » mis à part, on atteint rapidement la techno limite. Au-delà de cette frontière, ne cherchez plus âme qui vive.

 

The Jai Alai Savant

Une histoire de casquettes...

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The Jai Alai (prononcez The hi-a-lie-sa-vant) est un sport populaire mais particulièrement dangereux pratiqué au nord-est des Etats-Unis. Soit dans le Rhode Island, le Connecticut et la Floride. Ce sont d’ailleurs les seuls états où il est autorisé. Les joueurs le plus talentueux sont surnommés Jai Alai Savant. C’est également le patronyme choisi par un trio fondé par Ralph Darden. Préposé à la guitare, au chant, compositeur et lyriciste, ce musicien noir porte, en outre, de multiples casquettes. Il nous en parle au cours de cette interview. Mais tout d’abord, pourquoi avoir choisi un nom aussi difficile à prononcer pour son groupe ?

« Avant de fonder la formation, je savais déjà que j’allais l’appeler The Jai Alai Savant. Cette idée remonte à l’époque où j’étais coursier à Philadelphie. Ce métier fait partie de la liste des 10 activités les plus dangereuses au monde. Parmi les autres, on y trouve plongeur, chauffeur de taxi à New-York et la pratique du Jai Alai. Ce sport puise son origine au Pays Basque (NDR : on suppose qu’il s’agit de la pelote basque revue et corrigée suivant la philosophe yankee ; pensez au soccer devenu aux States le football américain) et a émigré en Floride via Cuba. On y dénombre de nombreux blessés à l’issue des rencontres, parfois graves ; et 3 à 4 personnes y perdent la vie tous les ans. En outre, ce sport suscite des paris clandestins… J’ai réfléchi à cette situation et en choisissant ce patronyme, j’ai voulu souligner ses risques » Tiens quelque part, ce Jai Alai me fait penser au film culte ‘Rollerball’. L’occasion de lui poser la question. « Non, sincèrement, je ne l’ai jamais vu. Mais au vu du scénario que tu me décris, je ne vais pas tarder à essayer de me le procurer pour le visionner… » Avant de s’installer à Chicago, Ralph a donc vécu à Philadelphie. Mais quel est son parcours comme musicien ? « Il y a neuf ans, je jouais au sein d’un groupe qui répondait au nom de Franklin. Lorsque cette aventure s’est terminée, j’ai essayé de développer mes talents comme producteur. J’ai toujours aimé toucher un peu à tout. Comme jouer de différents instruments. Ou écrire des chansons. Finalement, je me suis lancé dans un projet solo. Et j’ai commencé à chercher des collaborateurs pour me produire en ‘live’. J’ai toujours été attiré par la scène. C’était il y a 5 ou 6 ans. Depuis, le line up a subi six changements avant de trouver sa formule définitive. La dernière en date est celle en compagnie de laquelle je tourne actuellement… »

Deuxième casquette, Ralph s’est forgé une réputation de DJ sous le pseudonyme de Major Taylor à Philadelphie, auprès des Diplo et autre Hollertronix. Mais depuis qu’il a émigré à Chicago, enflamme-t-il encore les soirées des dancefloors ? « Plus à Philly ! Mais bien à Chicago. J’aime jouer sur cette dualité de mon identité. Et passer de l’une à l’autre. Avant même de jouer au sein de Franklin, j’assumais déjà ce rôle de DJ. Et personne ne soupçonnait que je jouais aussi dans un groupe. La séparation entre ces deux registres est claire et nette. Très tranchée même. Oui, j’accomplis encore ce double job. Parce que ce sont des expériences à la fois très chouettes et excitantes. » Mais comment s’est-il débrouillé pour signer son groupe chez City Slang ? « C’est une histoire amusante. Un de mes amis était producteur à Chicago. Et il avait invité un de ses potes chez lui. Un Allemand (NDR : Christof Ellinghaus, le boss de City Slang). Il l’a conviée à une soirée, au cours de laquelle Dj Major Taylor se produisait ( ?!?!?) et lors de la soirée, ce Christof a confié à son ami que le DJ était terrible. Et mon ami de lui répondre ‘Et encore, tu ne l’as jamais vu quand il se produit avec son groupe’. Je l’ai rencontré et je lui ai remis une démo. Il est retourné en Allemagne et puis il nous a oubliés. Puis un beau jour, la démo est étrangement réapparue. L’avait-t-il retrouvée ? Toujours est-il qu’il a décidé de sortir l’ep, puis nous a invités à enregistrer l’album. Cependant, on est parti en tournée européenne avant qu’il ne paraisse… » (‘Flight of the bass delegate’ est sorti le 7 avril). Pour enregistrer cet opus, TJAS a reçu le concours de quelques collaborateurs et notamment de cuivres. Ralph précise : « Oui, oui, tout à fait ! Bruce Lemon, tout d’abord. Un saxophoniste qui joue chez Jacuza (orthographe non garantie). Le trompettiste Fred Erskine. Il était chez Hoover. A une certaine époque nous nous sommes côtoyés au sein de Just A fire. Un musicien fantastique ! Il joue aussi du clavier. Damon Locks du groupe The Eternals (mais aussi de Trenchmouth) aux backing vocaux. Damien Thompson des Watchers. Il se charge des percus sur deux ou trois plages. Si jamais ces gars tournent à Chicago, ils mettront un point d’honneur à venir nous voir sur scène. Et ils n’hésiteront pas à monter sur les planches pour nous rejoindre. J’estime que recevoir la collaboration d’invités est une expérience très enrichissante… » Et pour la production ? (sur le ton de la boutade) « Major Taylor (NDR : c’est lui !) Je suis très satisfait de son travail. Il a été très coopératif sous tous les domaines. J’émets les idées, fixe les objectifs et il les met en pratique. En outre, il n’est pas avare de suggestions. Non, vraiment, nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler ensemble » (NDR : comme quoi le dédoublement de personnalité…) Troisième casquette ! Le tout premier Ep, ‘Thunderstatement’ était paru sur le label d’Omar Rodriguez (Mars Volta), Gold Stadard Lab. En 2005. A-t-il encore des nouvelles d’Omar. « Il y a un bon moment que je ne lui ai plus parlé. Il possède un appartement à Brooklyn, mais il n’y habite pas. La dernière fois, c’était lors d’un festival musical à New York. Et j’ai séjourné quelques jours chez lui. Dès qu’on aura l’occasion de se revoir, ce sera les grandes retrouvailles… »

Ralph est un grand amateur de BD. Américaine, bien sûr. Et de science fiction en particulier. Pensez à Batman et Spiderman. On lui prête même des talents de dessinateur. Et ce septième art inspire inévitablement les lyrics de ses chansons. « Batman et Spiderman, je les adore. Ils m’inspirent. Hulk également. Sans oublier les personnages qui illustrent Gorillaz. En chacun de nous vit le combat entre le bien et le mal. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, je suis davantage fan d’artistes que de personnages. Personnellement, l’auteur qui m’a le plus marqué est Frank Miller. L’influence de la BD américaine est énorme dans mes textes ; et j’y insère volontiers des messages cachés. Quelque part, il faut être initié pour comprendre leur signification. Dans cet univers, j’ai créé un super héros et mon écriture est guidée comme si c’était le scénario d’un comic book. Un concept album, si tu préfères, mais adapté à la BD. » Quatrième casquette !

Le reggae, le ska, le dub et le punk sont les principales composantes de la musique de The Jai Alai Savant. Les influences majeures sont ainsi partagées entre Bob Marley, Peter Tosh, King Tubby, Jah Wobble, Fugazi, The Specials, Madness et The Clash. Ralph acquiesce : « Tous ces groupes ont manifestement eu une influence majeure sur notre musique. King Tubby, bien sûr. Fugazi ? Tout le monde aime Fugazi. Mais en particulier The Clash. C’est un peu un modèle pour moi. Sa production musicale est énorme et pourtant, il n’avait jamais eu peur d’expérimenter. On y recelait du punk, du reggae, du rockabilly, du rock, mais aussi du disco, n’ayons pas peur des mots. Même du rap. Mais je ne voudrais pas que le public imagine que nous n’incarnons que la somme de toutes ces influences. C’est une erreur. Ecoute attentivement notre album, et tu te rendras compte que note musique possède sa propre personnalité. Quarante ans plus tôt, quand un groupe avait emprunté un créneau, tous les albums subséquents étaient de la même trempe. Du même style. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. D’ailleurs, j’ignore encore comment notre prochain va sonner. » Ralph Darden possède un timbre vocal qui rappelle tantôt Perry Farrell, tantôt Sting. De là à aimer Janes’s Addiction, Porno for Pyros ou The Police… Pirouette, je lui demande s’il s’est procuré un ticket pour un des concerts qu’accordera The Police lors de la tournée mondiale de reformation qui passera par les States. (rires) « J’aimerais bien, effectivement. C’est un groupe énorme. Mais je reste méfiant. Ceux qui ont pu les voir au cours des années 80 risquent d’être déçus. C’est un peu triste. Oui, je compte y aller. Ils sont à l’affiche, à Chicago. Mais les tickets ne sont pas pour rien… » En ce qui concerne Perry Farrell, Ralph est conscient des affinités que son timbre partage avec Perry Farrell. « Tu nous compares à Jane’s Addiction ? C’est bizarre. Lorsque j’avais16 ans, absolument. Et en particulier le groupe Franklin. Un power rock band avec deux guitares. A l’époque, l’objectif était de fonctionner comme groupe. Et mon chant était comparable à celui de Farrell. Mais plus celui de Porno for Pyros que de Jane’s Addiction, parce que je n’y ressentais pas de provocation. Et puis j’ai toujours eu un petit faible pour leur tout dernier album (NDR : ‘Good God's Urge’ paru en 1996). » Certains médias n’ont pas hésité à étiqueter The Jai Alai Savant comme le TV On the Radio du reggae punk. Qu’en pense Ralph ? « Franchement je ne vois vraiment pas de similitude. Ce n’est pas une insulte, mais quand même. Mais il faut être conscient d’un phénomène, une fois que ton disque est sorti, tout t’échappe et on est parti pout les comparaisons en tous genres. Et il faut accepter ce jeu là. Maintenant, si cette analogie te satisfait, alors je peux le considérer comme un compliment. Ce n’est pas un problème. Mais personnellement la seule comparaison valable qui puisse exister, c’est que le chanteur est noir comme moi. Finalement, je préfère qu’on me compare à The Police, les affinités sont plus évidentes… »

Sur la chanson ‘Scarlett Johansson why don’t you love me’ (Née à New-York en 1984, Scarlett Johansson est une actrice de théâtre et surtout de cinéma qui a notamment joué dans ‘L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux’, ‘Lost translation’, ‘Match point’, ‘La jeune fille à la perle’, ‘The Island’ ou encore ‘Scoop’. En 2007, elle s’est lancée dans la musique et a décidé d’enregistrer un album de reprises consacrées à Tom Waits), il y a un riff calqué sur le ‘My Sharona’ de The Knack. Etait-ce délibéré ? « Ah non, pas du tout. Ce n’est pas un problème pour moi d’effectuer l’un ou l’autre emprunt, mais pas le ‘My Sharona’ de The Knack. Je déteste cette chanson ! (je lui mime le riff) Ouais, mais tu n’es pas le seul à me l’avoir fait remarquer. Damon Locks de The Eternals, également. Mais ce n’est pas un emprunt » (il mime à son tour le riff). Et dans le même registre, ‘Arcane theories’ prélève quelques notes à ‘Can you feel it’ des Jackson 5. « Oui, petite canaille. Tu l’as décelé. Mais j’ai écrit cette chanson, il y a quelques années (il chantonne). Elle figure sur le dernier bon album enregistré par les Jackson 5 ; et je me suis dit que ce serait cool de l’utiliser. » Je sors une photo du groupe pour lui demander un autographe et instantanément, il réagit : « Ce n’est pas une bonne photo ; depuis les deux autres musiciens ont été remplacés ». Je lui explique que ce n’est pas grave et que c’était simplement pour immortaliser notre rencontre à travers quelques mots transcrits de sa main sur cette photographie… Ajoutant qu’il ne n’était pas possible de recueillir son seing sur la pochette, car elle était trop noire (il éclate de rire).

Merci à Vincent Devos

 

 

Xiu Xiu

The Air Force

Écrit par

Jamie Stewart, dandy postmoderne à la voix théâtrale, rejeton malade de Mark Hollis et de Michael Gira, exorcise ses démons à chacun de ses disques, ici le cinquième. L’amour, la haine, la foi, déclamées avec l’emphase d’un damné de la terre, qui gigote sur le bûcher des vanités en espérant l’absolution ultime. Intime : onze ‘fioretti’ d’un créateur dément qui hésite sans cesse entre l’ascèse et le courroux, la nudité et la pudeur. Des chansons pop, aux ailes brûlées, à la colonne de travers : s’y entremêlent beats criards et guitares foudres, drones d’amour et folk plaintif. Produit par Greg Saunier, des incroyables Deerhoof, « The Air Force » résonne d’une étrange fureur qui tourmente en même temps qu’elle fascine. Une œuvre qui brave tous les interdits, comme si Scott Walker et Kid 606 dansaient la gigue sur les berges du Styx. Un truc de ouf !

The Shake

Trippin’ the whole colourful world

Écrit par

Issu du sud de l’Espagne (d’Almeira, très exactement), ce quatuor pratique une musique on ne peut plus revivaliste. Mais son grand mérite est de le reconnaître. Les références ? Sonics, Easybeats, Spencer Davis Group, Standells, Searchers, le Them et surtout la période mi-sixties des Who, Fab Four ainsi que des Kinks. En d’autres termes la pop sous sa forme la plus garage, subtilement teintée de psychédélisme ou alors imprimée sur un ‘mod’ pétillant et musculaire. Refrains contagieux, harmonies vocales limpides, ensoleillées, beatlenesques, riffs de guitare croustillants ou plaqués, basse mélodique, drums explosifs mais arides sans oublier le chouia de hammond rogné : secouez le tout et vous obtiendrez un mélange plutôt homogène qu’on croirait vraiment né il y a quatre décennies. Le combo a même poussé l’audace en restituant le son caractéristique de l’époque. A quand le retour du 45 tours ?

Rush

Snakes n’ Arrows

Écrit par

L’exercice de chroniquer un CD ou un concert du célèbre trio canadien sans utiliser les termes ‘perfection’, ‘technique’ ou ‘sublime’ n’a jamais été chose aisée. Car, force est de reconnaître que depuis 1973, le groupe n’a cessé de produire des albums de plus en plus fouillés, d’une finesse peu commune. Le sommet a d’ailleurs été atteint lors de la sortie du monstrueux « Moving Pictures » incluant le hit interplanétaire « Tom Sawyer ». Rush, contrairement à bon nombre de combos de sa génération, ne cesse de bonifier, et ses prestations scéniques ne sont en fin de compte qu’une magistrale leçon de bon goût et d’ingéniosité. 

Il aura quand même fallu attendre cinq ans pour voir sortir « Snakes n’Arrows ». Une plaque résolument ambitieuse, au cours de laquelle Alex Lifeson, Geddy Lee et Neil Peart (considéré par bon nombre de musiciens comme un des meilleurs batteurs du monde) se mettent au service de l’expérimentation sans pour autant négliger le sens du groove. Rush abandonne peu à peu ses premières amours progressives et insuffle à ces nouvelles compos un son résolument heavy. Dans cet écrin sonore, on se prend à succomber au style unique d’Alex Lifeson, dont les sons de guitare n’ont jamais été aussi inventifs et captivants. Alex brille particulièrement sur le titre final « We hold on » ou encore tout au long de l’époustouflant « Workin them Angels » qui évoque la période eighties de ces monstres du hard mélodique. Le travail de production est hallucinant de clarté. Il faut dire que la tâche a été confiée à Nick Raskulinecz (Stone Sour, Foo Figthers etc…) qui n’est pas né de la dernière pluie diluvienne ! L’imparable single « Far Cry » ouvre de façon magistrale un album dont les sept premiers titres rivalisent d’efficacité. Le combo s’essaye une fois de plus à l’exercice périlleux du titre instrumental. Le captivant « The main Monkey Business » n’est pas sans évoquer un certain Porcupine Tree, et les 2 minutes 10 de « Malignant Narcissim » suffisent à démontrer la virtuosité des Canadiens à la discographie irréprochable. Bien sûr, il y a quelques temps ‘moins forts’ sur ce disque. Dont « Snakes n’ Arrows » qui fait parfois penser à « Presto », comme les plus classiques « Faithless » ou « Bravest Face » ; mais dans son ensemble, l’œuvre est d’une parfaite cohérence. 

Peu de groupes de la génération de Rush sont capables d’une telle remise en question, et d’entretenir une créativité qui semble ne pas avoir de limites. On s’incline…