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En octobre 2015, soit plus de 40 ans après la formation d’Alice Cooper, le propriétaire de magasin de disques et super fan Chris Penn a convaincu le line-up original du band de se réunir pour une performance très spéciale à Good Records, son magasin de…

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Daniel Lanois

Here is what is

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Daniel Lanois enregistre très peu pour son compte personnel. Ce « Here is what is » n’est que son neuvième album. Par contre, on ne compte plus ses collaborations auprès d’autres groupes ou artistes. Parmi les plus notoires Martha and the Muffins, Peter Gabriel, Luscious Jackson, les Neville Brothers et j’en passe. U2 et Bob Dylan aussi, évidemment. C’est même l’Acadien qui a relancé la carrière du Zim. Et puis Brian Eno. Un pote ! Qui est venu apporter son concours pour enregistrer ce « Here is what is ». En fait, il se contente de s’épancher à travers des réflexions philosophiques. Parfois mises en musique. Ce sont les interludes de cet elpee qui compte quand même 18 plages. Lanois a également reçu la participation de musiciens hors normes. Et notamment Garth Hudson (piano/claviers) ainsi que le fantastique drummer/percussionniste Brian Blade. Enregistré entre Toronto, Los Angeles et Shreveport, cet opus est en fait la bande sonore d’un documentaire du même nom. Pour Lanois, ce n’est pas une première. Ce qui explique sans doute la présence de ces commentaires ou de ces dialogues, sans grand intérêt sous leur forme audio. Dommage, car en éliminant ces plages, ce disque aurait mérité qu’on s’y attarde davantage.

Daniel se réserve l’essentiel des vocaux et des parties de guitare ; notamment la pedal steel dont il use et même parfois abuse. C’est encore un motif valable pour ne pas lui accorder une note d’excellence. Pourtant, l’opus recèle des titres incontournables. A l’instar de « Where will I be », une chanson qu’il avait écrite pour Emmylou Harris », lors de la confection de son album « Wrecking Ball », en 1995 (NDR : il l’avait même mis en forme) ; et dont la nouvelle version est dynamisée par les percussions tribales de Brian. Un Brian qui transforme en or tout ce qu’il touche. A l’instar du titre maître, un morceau abrasé par des cordes de guitares bourdonnantes, légèrement reverb, nébuleuses. Une électricité presque ‘crazyhorsienne’ qui se révèle aussi pétillante sur « Duo glide ». Mais dispensée en toile de fond, pour permettre aux harmonies vocales rares, mais limpides d’atteindre le raffinement ultime. Des harmonies vocales qui hantent également « Joy », un fragment fluidifié par un orgue vintage. De cette plaque on épinglera encore les 8’30 de « Lovechild ». La première moitié du morceau est interprétée au piano. De manière classique. Mais une forme de classique légère et contemporaine. Avant d’atteindre un carrefour où après avoir hésité entre psychédélisme, country et ambient, il va finalement choisir la voie du soft rock cosmique. Et puis encore le curieux « Snake #6 ». Balisé par un énorme groove de basse, cet instrumental mêle habilement cordes semi-acoustiques tintinnabulantes et électriques particulièrement effilées. Sans oublier « Moondog » caractérisé par ses drums offensifs et ses jaillissements de piano jazzyfiants ainsi que le gospel « This may be the last time », auquel a participé le père de Blade, échappé des chœurs de son Zion Baptist Church. On passera donc sous silence les quelques ballades atmosphériques romantiques et languissantes (le plus souvent colorées par la pedal steel de Daniel) pour ne retenir que la quintessence de cette œuvre. Et franchement, si on élimine le superflu, la sélection vaut le détour…  

 

Luther Ingram

I Don’t Want To Be Right : The Ko Ko Singles volume 2

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Il y a peu de temps on vous parlait de Tommy Tate, chanteur quelque peu éclipsé par Luther Ingram, star du label Ko Ko, une filiale du label Stax. Le hasard fait donc bien les choses puisque cette galette réunit les singles enregistrés entre 1972 et 1978 (NDR : l’histoire s’est achevée, lorsque le label a déclaré faillite) par… Luther Ingram. Grâce à l’enregistrement de « If Loving you Is Wrong, I Don’t Want To Be Right », Luther Ingram (décédé il y a deux ans) a connu les honneurs des hit-parades américains. Cette compilation se concentre donc sur cette période.

La différence entre les deux chanteurs est manifeste. Le style de Luther était un peu plus sophistiqué et policé que celui de Tommy Tate. Ce qui n’enlève rien aux qualités artistiques de Luther Ingram, doté lui aussi d’une très belle voix. L’homme était autant à l’aise dans le répertoire de ballades romantiques (qui constituent l’essentiel de ces titres) et des morceaux plus funky qui émaillent souvent les ‘faces’ b’ de ces singles. La crème des musiciens de Memphis est présente sur ces 19 titres : un jeu et un son reconnaissable entre mille, une instrumentation très riche et des arrangements soignés. On reconnaîtra quelques chansons reprises par Tommy Tate (dans « I’m So Satisfied : The Complete Ko Ko Recordings and more ») mais aussi pas mal de titres originaux, et souvent très bons. On pointera par exemple l’élégant « Missing You », porté par sa rythmique énorme et l’arrangement de cordes, de même que sa flip side, l’enlevé « You Were Made For Me ». De nombreuses plages se maintiennent à ce niveau de qualité, même si certaines, comme « Let’s Steal Away To the Hideaway », sombrent un peu dans le sirupeux. En outre, des morceaux comme les excellents « I’ve Got Your Love In My Life » et « Get To Me » se rapprochent respectivement du meilleur de Al Green et Marvin Gaye (on n’exagère pas). Ils rachètent largement les menus excès de glucose qui entachent l’un ou l’autre fragment.

 

Glorytellers

Glorytellers

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Glorytellers conte de jolies histoires posées sur des arpèges passionnés et des mélodies délicates. Une évolution surprenante pour qui s’est consacré pendant douze ans à fusionner le jazz et le post-rock. A des foulées de ses projets précédents (Karaté et Secrets), Geoff Farina délaisse ici les sons saturés pour une orchestration réduite à sa plus délicate expression. Sans regrets, puisque les ballades sont enchaînées sans heurts, comme peut le faire un écoulement de jours et de semaines au toucher peau de pêche. De l’une à l’autre, le sourire ne s’effiloche pas ; on frissonne de cette pop-folk acoustique et épurée, puisant tantôt chez Nick Drake, tantôt chez Belle et Sébastien. Parfois, le morceau est acheminé aux confins de l’improvisation type free jazz, rappelant le passé du songwriter. Mais le plus souvent, la sécurité l’emporte sur la surprise. S’en plaindront peut-être les zappeurs consommateurs qui voudraient voir exploser la dentelle par pure volonté d’expérimentation ou d’imprévisible. Pour les autres, Glorytellers séduit, non par la surprise ou le cataclysme mais par la chaleur d’une voix de velours et d’une guitare frissonnante d’émotion. L’album est soutenu par quelques envolées solos déchirantes de beauté ; des interludes qui sonnent comme autant d’actes de dévotion, tant l’instrument est mis à l’honneur par la virtuosité du musicien. En filigrane, ce premier album de Glorytellers déroule doucement le fil de la vie à travers ses petits plaisirs et ses mélancolies; mais toujours la nonchalance achève de dédramatiser, la guitare gracieuse, d’enivrer. Aucun reproche à cette narration toute en courbes, si ce n’est que sa douce simplicité ne s’apprivoise pas avec autant d’aisance au quotidien.

 

Panic! at the Disco

Pretty Odd

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Panic At The Disco a perdu bien des choses sur le chemin du deuxième essai. D’abord, des choses de moindre importance telles que le point d’exclamation qui accentuait le ‘Panic’ de sa dénomination. Ensuite, des choses qui pardonnent moins, comme la petite touche d’originalité qui lui donnait une longueur d’avance sur les autres formations concourant dans la même catégorie, comme en attestait le tubesque « The Only Difference Between Martyrdom And Suicide Is Press Coverage ». Sur « A Fever That You Can’t Sweat Out », véritable petit plaisir coupable, le quatuor avait pris le pari, relativement réussi, d’inoculer des éléments électroniques dans un univers baroque propice aux compositions emopop à la structure classique. Aujourd’hui, la formation revient les bras chargés d’un « Pretty Odd » qui ne garde de son prédécesseur que l’aspect le moins attractif.

L’énergie condensée dans la première œuvre a laissé la place à des ballades guimauves et autres formules assommantes aux accents pseudo-folk et sixties. Les plages se suivent sans enthousiasme et les Ricains finissent par lasser très rapidement ; d’autant plus lors qu’ils tentent de se mesurer aux Beatles (des « Mad As Rabbits », « Behind The Sea » ou « The Piano Knows Something I Don’t Know », trop calculés pour être honnêtes). « Pretty Odd » est cependant ponctué par quelques rares passages intéressants durant lesquels la prise de risque est un peu plus réelle et sincère (« From A Mountain In The Middle Of The Cabins », le très court et jazzy « I Have Friends In Holy Spaces ») ; mais ils ne suffisent pas à rattraper les dégâts. Ce second labeur envoie donc Panic At The Disco rejoindre regrettablement la horde de groupes emopop sans grand intérêt.

 

Merz

Moi et Mon Camion

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Merz est le projet de Conrad Lambert, musicien accompli originaire de Bristol dont le très beau « Loveheart », paru en 2005, est parvenu à séduire les critiques. Sur son troisième album, l’Anglais distille des ambiances paisibles, bucoliques, bien servies par un jeu de guitare raffiné et des orchestrations légères et subtiles.

«  Moi et Mon Camion » est le nom de la société de transport qui s’est chargée des déménagements successifs que Conrad Lambert a vécu ces dernières années. Et l’on sent effectivement le thème du voyage en filigrane, tout au long du disque. Qu’il soit présent au travers des paroles, de la diversité des sons ou des sentiments évoqués, ce voyage est introspectif mais jamais autiste. On y sent au contraire une générosité exemplaire.

Evoquant parfois Ozark Henry ou Coldplay, Merz évite toutefois les arrangements pompeux et l’emphase de ces derniers en privilégiant l’émotion brute et la simplicité. Tout en affichant une personnalité affirmée, « Moi et mon camion » sonnerait plutôt, dans son ensemble, comme une rencontre rêvée entre la folk délicate de Sufjan Stevens et la mélancolie paresseuse de Eels.

Si certains titres se révèlent plutôt anecdotiques, l’album recèle quelques pépites qui justifient à elles seules son acquisition. Je pense notamment au rêveur « Silver Moon Ladders » ou à l’insouciant « Lucky Adam », malicieux et pétillant. La qualité du disque s’intensifie sensiblement au fil des chansons, jusqu’au doublé final (« No Bells Left To Chime » et « The First And Last Waltz »), véritable sommet émotionnel du disque, tout en apesanteur, beau à en pleurer.

Quoique pour l’instant injustement méconnu, Merz mérite un succès planétaire tant sa pop immédiate mais jamais lisse possède de nombreuses vertus. Ne vous fiez donc pas au titre, car cette musique n’évolue pas en catégorie poids lors, mais elle s’élève au contraire, légère et malicieuse, dans les airs.

 

Tommy Guerrero

Return of The Bastard

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Le printemps ramène dans ses bagages « Return Of The Bastard », le nouveau recueil de Tommy Guerrero. Le retour du bâtard sonne l’heure des longues ballades sous le soleil, des crèmes UV et des draps de plage. Fêtant dignement les dix ans de sa carrière, Guerrero plonge les auditeurs dans une douce torpeur, aussi efficacement qu’un gros spliff en pleine période de stress. Le guitariste entame la ballade par un « And The Folklore Continues » aux chœurs aériens invoquant sérénité et délassement avant de poursuivre sur une série de titres acoustico-instrumentaux presque tous aussi irradiants les uns que les autres.

Savant mélange de rock et de funk latin, de surf rock et même de samba, « Return Of The Bastard » regorge de rythmes délassants et entêtants comme ceux des séduisants « La Califas Perdido », « Zapata’s Boots », « No Time For Time », « What Have I Been Doing Since I Was Gone ? » et « 40 Summers ». Mais malgré la grande technicité de Guerrero, son apparent manque d’inventivité sur quelques morceaux dénature malencontreusement un peu l’ensemble (« Calling For Ya ! », « The Simple Man », « New Terrain »). Des petites imperfections qui, par ailleurs, n’empêchent aucunement le Californien de convaincre sans mal celui qui ne jure que par le farniente lorsque le thermomètre dépasse les 20 degrés. « Return Of The Bastard » est un disque de saison dont il faut amplement profiter avant la réapparition des nuages.

Retribution Gospel Choir

Retribution Gospel Choir

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Récemment, Alan Sparhawk, leader des inépuisables Low, a décidé de monter un projet parallèle pour réinterpréter, en grande partie, des compositions de la formation de Minneapolis. Pour la circonstance, il s’est adjoint les services du batteur Eric Pollard et d’un ex-bassiste de Low, Matt Livingston. La fidèle Mimi Parker, complice d’Alan à la scène comme à la ville, se contente ici de distiller quelques chœurs vaporeux. Mark Kozelek, des Red House Painters, produit l’ensemble. Au vu du résultat, il est hélas difficile de s’emballer outre mesure pour cette nouvelle aventure ou d’y trouver un quelconque intérêt.

Low possède une discographie riche et passionnante à suivre. Le groupe a emprunté avec succès de doux chemins slowcore, dont il est considéré comme le parrain (tous les premiers albums), des pentes rock abruptes et, récemment, de surprenants détours électroniques, sur le magnifique « Drums and Guns ». Si cet elpee fait clairement partie de la seconde catégorie, il n’apporte toutefois rien de bien neuf à l’édifice. Certes, la voix d’Alan parvient toujours à émouvoir, tandis que l’instrumentation aride et furieuse fait parfois mouche ; mais l’ensemble laisse un goût d’inachevé, d’inconsistant, au vu de la troublante homogénéité affichée par les disques de Low. En outre, certaines versions restent en deçà des originales. Un exemple : là où « Breaker » fascinait sur « Drums and Gums » par ses boucles suaves et dérangeantes, le morceau se transforme ici en hymne power pop sympa, mais un poil bourrin.

On espère donc voir Low reprendre sa route magique, à la fois sensuelle et déstabilisante, lors de prochaines aventures moins anodines.

 

Les Nuits Botanique 2008 : mercredi 7 mai

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La chaleur du jour imprègne encore les allées du Botanique ce mercredi soir. Les mélomanes y flânent dans une ambiance moite et nonchalante.

A l’intérieur d’une Orangerie déjà bien remplie, les Bruxellois de Cafeneon entament un de leurs premiers concerts. Les plages lancinantes, teintées de guitares et de claviers new-wave évoquent Cure ou New Order. Frisant par moment la léthargie, le set du quintet parvient tout de même à conquérir une bonne partie du public, servi notamment par une section rythmique inventive.

Les six musiciens de Tunng s’installent ensuite, bien en ligne. Durant plus d’une heure, ils vont parcourir leurs trois albums, en privilégiant toutefois le petit dernier, « Good Arrows ». Les harmonies subtiles illuminent des chansons qui n’oublient jamais d’être intelligemment construites, entre folk apaisée et électro minimaliste. Si quelques baisses de régime peuvent mollir le propos à mi-parcours, Tunng nous surprend par une attitude généreuse et quelques décalages judicieusement placés (le nerveux « Soup », en forme d’hommage à… Metallica !) L’univers des Anglais peut tour à tour se montrer enjoué, voire dansant (l’irrésistible « Bullets »), puis déchirant (le magnifique doublé « Jenny Again » et « Sweet Williams » tiré du second album, « Comments of the Inner Chorus »). C’est peut- être dans cette dualité que réside la part la plus captivante du groupe : toujours bienveillante, la petite musique de Tunng n’en possède pas moins un caractère nuancé qui la rend tellement humaine. Et après nous avoir bercés, chacun peut rentrer chez soi le nez dans les étoiles, en attendant de nouvelles nuits qu’on espère aussi belles.

Tunng + Cafeneon

Organisation Botanique

The Notwist

La musique est notre façon d’exprimer nos sentiments…

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On ne les attendait plus, mais on espérait. Aujourd’hui, les Notwist persistent et signent un album intitulé « The devil, you + me », une œuvre écrite partiellement par l’Andromeda Mega Express Orchestra, ensemble berlinois dont la musique oscille entre jazz et classique. Six ans se sont écoulés depuis l’excellent « Neon Golden », six années au cours desquelles les membres du groupe n’ont pas vraiment chômé. Martin Gretschmann, alias Console, raconte…

Après la sortie de « Neon Golden », The Notwist a beaucoup tourné. Un an et demi plus ou moins. On a ensuite réalisé d’autres disques, au sein de nos différents groupes. On a alors envisagé de se concentrer sur un nouvel album de Notwist ; mais auparavant on a voulu terminer celui de 13 & God. En fait, au départ, nous ne devions pas lui consacrer trop de temps, puisqu’il était envisagé de se limiter à un mini elpee. Mais finalement au fil des sessions on a changé d’avis, et on a opté pour un full cd. Et pour corser le tout, on s’est tapé une nouvelle tournée. Longue de surcroît. Ainsi le temps à passé. Puis on s’est fixé deux ans pour concocter celui de Notwist. Mais quand on l’a finalement achevé, on a réalisé que 6 ans s’étaient écoulés depuis le dernier. C’est conséquent, mais on ne s’est pas ennuyé au cours de toute cette période.

Les membres du groupe travaillent sur différents projets (Lali Puna, Console, 13 & God…) Vos expériences individuelles influencent-elles The Notwist ?

Ces expérimentations exercent toujours une répercussion sur le groupe. On en tire toujours des enseignements. Une idée concrétisée chez Console, par exemple, est très susceptible de servir à The Notwist. Mais en même temps, on a le souci de bien mettre des balises entre ces groupes afin qu’ils puissent sonner différemment. C’est le but du jeu.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de cet album ?

A l’instar de « Neon golden », on a opéré beaucoup d’expérimentations. On teste tout ce qui nous passe par la tête. Tous les mois on se retrouve une semaine en studio et on bosse ensemble. Le reste du temps, chacun travaille chez soi : on écoute les chansons et on y réfléchit. Lorsqu’on se réunit en studio, c’est pour voir si nos desseins correspondent. On enregistre des tas de chansons, mais la plupart finissent à la poubelle.

Vous avez également reçu le concours de l’Andromeda Mega Express Orchestra…

En fait, Andy Haberl, le batteur des Notwist, se produit également au sein de l’Andromeda Mega Express Orchestra. On a parlé de ce projet au compositeur Daniel Glatzels. Et il nous a répondu être disposé à écrire pour nous. Il a travaillé sur 8 ou 9 chansons différentes. Nous sommes allés en studio à Berlin pour enregistrer l’orchestre. Ce qu’il a écrit était brillant ; mais on n’a pas tout utilisé, car certaines compos ne collaient pas à l’ensemble. Dans le même esprit, nous avons écarté des dizaines de nos chansons enregistrées, parce qu’elles étaient trop ou… que sais-je ? C’était vraiment une bonne expérience ; mais il n’est pas dans notre ligne de conduite de travailler en compagnie d’un orchestre. Quand on imagine ce type de collaboration, on le conçoit comme quelque chose de grand, de pathétique… On n’a jamais vraiment imaginé quelque chose de semblable. On préfère intégrer des sonorités différentes, inédites aux chansons. Et c’est ce qu’il a fait.

Quel est, en tant qu’être humain, votre rapport aux machines?

Personnellement, j’aime les machines. Les machines ne sont pas parfaites, elles sont créées par des êtres humains. Elles peuvent être très différentes. Tout dépend de la personne qui les utilise. Ce qui est intéressant, c’est justement l’usage que chacun peut en faire. Les machines m’inspirent…

« The Devil, You & me », qui ou qu’est ce diable?

Ce que vous voulez que ce soit. Ce n’est pas défini. Pour le commun des mortels ce titre signifie le mal.

C’est une idée, une forme intouchable ?

Oui, exactement, quelque chose de négatif…

Les paroles de vos chansons sont claustrophobiques. Les mélodies vous permettent-elles de vous évader ?

Parfois oui. C’est une façon de nous exprimer sans paroles. Mais je pense qu’il y a toujours une interaction entre les textes et la musique. Parfois la mélodie n’est pas triste mais calme ou légère. Quant aux paroles elles sont plus sombres ou abordent des sujets difficiles. On aime ces contrastes.  

Vos chansons (“Alphabet” par exemple) jouent sur les mots comme des instruments à part entière. Un véritable exercice de style…

Oui, Markus écrit les paroles et y consacre beaucoup de temps. Il accorde de l’importance à l’agencement des mots, pour voir comment ils sonnent ; et s’ils ne sont pas adéquats à la musique, il les élimine. Ils doivent sonner juste.

Comprenez-vous toujours ce qu’il écrit ?

Non, mais on n’a pas besoin de comprendre. Il les écrit toujours d’une manière assez abstraite. Les gens n’ont pas besoin de déchiffrer ce qu’il dit. L’idée oui, mais il faut pouvoir l’interpréter individuellement. C’est toujours critique et obscur, il n’aime pas les slogans. Il est très important pour lui que ces textes ne se réduisent pas à des clichés du genre : ‘le capitalisme, c’est mal’ ou ‘n’allez pas au MacDonald’. Il cherche toujours un sujet susceptible d’être compris de différentes manières. Lorsque vous lisez ou écoutez les paroles, vous pouvez leur attribuer une signification. Après les avoir lues ou écoutées, un peu plus tard, vous pouvez les appréhender très différemment. Il suffit d’avoir repéré un mot pour que la phrase prenne un autre sens. Et si vous y rencontrez un autre point de vue, cette perception devient très intéressante.

Les thèmes principaux développés se focalisent autour de la culpabilité, l’abandon et la fuite. Rien d’évident…

Rien de facile, non. Ce sont des événements que nous avons dû vivre au cours de ces six dernières années. Par exemple, le fait qu’ils soient liés à votre propre existence : même si on veut s’y soustraire, on est obligé de les supporter et on ne sait pas s’en débarrasser. Au final, c’est ce que tout le monde vit : des situations heureuses ou malheureuses. Et personne ne peut ou ne veut s’en échapper. On doit faire avec. Dans nos vies personnelles, on a traversé des épreuves extrêmes, comme des amis qui tombent gravement malades ou sont victimes d’accidents. La musique est notre façon d’exprimer nos sentiments : on y pose toutes nos questions, concentre nos espoirs et épanche notre tristesse…

Cet elpee raconte-t-il une seule et même histoire, où chaque chanson serait un chapitre ?

L’ordre est très important pour nous. On y a beaucoup réfléchi et on s’est un peu cassé la tête pour trouver le meilleur agencement des plages. D’une façon oui, c’est une grande histoire découpée en différents chapitres, mais en même temps on ne pense pas que ce soit un album concept ou quelque chose du genre. Au final, on a conclu que pour atteindre toute leur signification, les chansons devaient respecter cet enchaînement.

The Notwist existe depuis près de 20 ans ; quel est votre meilleur ou votre pire souvenir ?

C’est difficile à dire. Il n’existe pas un meilleur ou pire moment. Il y a un événement qui nous a rendus heureux. Le succès enfin récolté aux Etats-Unis. On y joue depuis 1998 ; mais la première année de notre tournée était horrible. Personne n’assistait à nos concerts. Après « Neon Golden », la situation a sensiblement évolué. On peut même dire que ça s’est même très bien passé ; et beaucoup de gens sont venus nous voir. Ils apprécient spécialement les paroles de Markus. Et nous sommes très heureux de cette réaction parce qu’en Allemagne, on entretient toujours le débat de la langue : pourquoi ne chanterait-on pas en allemand ? L’anglais/allemand de Markus a toujours été sujet à la critique. Aux États-Unis, il est perçu comme de la poésie. Les Anglophones de pure souche émettent davantage de réserve ; donc Markus exprime ou décrit les choses différemment. C’est une très bonne chose.

Avez-vous prévu de retrouver Themselves pour un nouvel album de 13 & God?

Il n’y a rien de concret pour le moment mais on veut définitivement s’y consacrer. Ils sont fort occupés sur différents projets en ce moment. The Notwist va repartir en tournée. On a l’intention de réaliser un projet ensemble, mais on ne sait ni quand, ni où.

D’autres souhaits pour l’avenir du groupe ?

Tôt ou tard, on enregistrera un autre album de Notwist. On n’a pas vraiment de souhait précis. On espère juste pouvoir continuer à créer de la musique. C’est le principal. Peu importe la forme qu’elle prendra. Pour le reste, on verra…

 

Marble Sounds

A Painting Or A Spill (EP)

Marble Sounds est le dernier projet de Pieter Van Dessel, personnage également impliqué au sein de Plastic Operator. Dans un style totalement différent du duo electro-pop, le groupe sort son premier Ep intitulé “A Painting Or A Spill”. A la fois doux et mélancoliques, les quatre titres de ce disque naviguent dans les eaux paisibles de l’indie rock. Bien qu’il ait été enregistré à Montréal (Pieter y a séjourné quelques années avant de revenir dans le ‘plat pays’), il identifie un son ‘bien de chez nous’. En effet, la musique de Marble Sounds s’inscrit parfaitement dans la lignée des groupes flamands et hollandais contemporains. Pas étonnant, donc qu’on y recèle des similitudes avec des formations comme This Beautiful Mess ou encore Brown Feather Sparrow.

Hormis “Something that we’d never do”, coécrit en compagnie d’Ivy Smets, il est le responsable de l’écriture (lyrics et musique) de tous les morceaux. Cependant, Van Dessel n’est pas seul pour mener ce projet. Il a ainsi reçu la participation de Johan De Coster (Soon) à la batterie ; mais également de collaborateurs circonstanciels : Alexandre Champigny à la guitare (“Redesign”), Ivy Smits aux vocaux (“Something that we’d never do”) ainsi que du chanteur/compositeur canadien Baptiste aux backing vocaux (“Redesign” et “Good occasions”).

Un début plus que prometteur pour Marble Sounds, mais également un  artiste à surveiller de très près.