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Limp Bizkit

Poudre à canon ou poudre aux yeux?

Le dernier album de Limp Bizkit, « Results May Vary », est une sacrée daube. La reprise du « Behind Blue Eyes » des Who suffit pour s'en convaincre : de la soupe FM d'une laideur sans nom, reprise pourtant en chœur ce soir par 8000 gamins en folie. Ils ont 15-16 ans. C'est leur « Nothing Else Matters » à eux. L'« Hotel California » de toute une jeune génération, qui a grandi au son du nu-métal, vénère Papa Roach (repris par Janez Dted en première partie) ainsi que Linkin' Park, Sum 41, Slipknot et Avril Lavigne (pour les plus fleur bleue). Et pour qui Fred Durst est un modèle… Pour beaucoup d'autres, le leader de Limp Bizkit est un crétin fini, « l'homme le plus haï du music business », parce qu'il frime, qu'il a vendu son âme de jeune rebelle à Nike et MTV. Parce qu'il s'est fait Britney Spears. Peuh ! Mais Limp Bizkit, c'est aussi « Significant Other », un des albums fondateurs du genre néo-métal (avec « Around the Fur » des Deftones et les deux premiers Korn) : une sacrée claque, bourré de tubes essentiels (de « Nookie » à « Break Stuff »). Un mélange de grosses guitares et de flow rap, qui en 'live' casse la baraque. Parce qu'on a beau dire, Limp Bizkit en concert reste une redoutable machine de guerre : dès les premières notes de « My Generation » (presque un slogan), c'est le délire. 8000 kids pogotent. C'est moins qu'il y a trois ans au Sportpaleis : il faut dire que Wes Borland, guitariste masqué et principal compositeur, s'est entre-temps fait la malle, sans doute un peu saoulé par le comportement mégalo de son pote au micro. Et puis il y a cet album, une belle crasse quand même : heureusement Fred Durst et ses sbires n'insisteront pas, en évitant de trop se la ramener avec leurs ballades de tapettes (« Eat You Alive », rock ?). A la place, que des tubes : « My Way », « Take A Look Around », « Nookie », « Break Stuff », « Hot Dog », « Re-Arranged »,… Et même deux titres du premier album : « Counterfeit » et la reprise de George Michael, « Faith », au cours duquel Fred Durst exhorte les filles à monter sur les épaules de leur voisin mâle. C'est que Fred Durst est un entertainer né. Une fois au milieu de la foule, une fois au fond, une fois sur les escaliers : il ne reste pas en place. Parce qu'il faut bien donner aux fans du spectacle, surtout à 35€ le ticket. En rappel, l'ineffable « Behind Blue Eyes » consacre ses briquets en bonus ; et puis seul sur scène, Fred Durst chantonne à la guitare qu'« il aimerait tant vivre en Belgique, parce que c'est comme sa maison, et puis il y a tant de haine chez lui, même si parfois c'est cool de haïr », et bla bla bla. Sacré Fred : à peine démago, et plus subtil à lui tout seul que tout un club de fans de Manowar. Deuxième (ou troisième ? enfin bref) rappel : lumières allumées, et « Rollin' » achève en apothéose ce concert drôle et défoulant, malgré l'esbroufe, les ballades FM et la preuve évidente que Fred Durst est le plus fier symbole d'une Amérique impérialiste et puante. Ce n'est ni très malin ni très méchant, bref c'est de l'entertainment. Dans un monde où les puissants sont des bouffons, Limp Bizkit joue bien son rôle de punching-ball. The show must go on, isn't it ?

Franz Ferdinand

Jubilatoire...

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My Second Skin est un groupe bruxellois. Il accordait son premier concert, ce soir. La voix du chanteur est calquée sur celle de Mathew Bellamy. Je déteste Muse…

Une chose me turlupine depuis la première écoute du somptueux cd de Franz Ferdinand: il y a une fausse note dans l'intro de « Jacqueline ». Est ce volontaire ? Pour casser le rythme, par exemple ? Ou s'en sont-ils rendu compte trop tard ? Une chose est sûre, en live, la fausse note est jouée. Véritable ouragan, les Franz dévastent tout sur leur passage, un peu à la manière des White Stripes. Il existait déjà une réelle hype derrière eux, même avant la sortie de leur premier ep, paru en décembre. Dès leur entrée sur scène, leur jeunesse étonne, contraste avec la maturité naïve de leur album. Durant tout leur set, le quatuor écossais reste admirablement soudé. Le chanteur, Nick Kapranos, se réjouit de voir des Ecossais s'être déplacés spécialement pour les applaudir  Il les sollicitera de nombreuses fois au cours du concert. Musicalement?? De la folie furieuse. Ils passent du post punk au disco. Leur musique mêle The Fall à New Order, en passant par Adam Ant et même… Blondie. Ils affichent une réelle présence, une attitude propre. Parfois elle me fait penser à Gene Vincent, pour leur façon de plier leurs genoux en jouant de la guitare. C'est totalement jouissif ! Et on se prend au jeu. On exulte lorsque commence « Take me out ». On crie de joie aux premières notes de « Darts of pleasure » (leur prochain ep). On jubile sur « Michael ». Un nouveau grand groupe vient de naître. On les a vu éclore ce soir, devant une salle qui peut accueillir 300 personnes…

 

Vincent Venet

La super forme...

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Yves Ghiot est issu de la région de Tournai. Un tout jeune auteur/compositeur/chanteur/guitariste qui manie la langue de Molière avec beaucoup de verve. Que ce soit à travers les textes poétiques, parfois polissons, de ses chansons que de la manière très humoristique de les présenter. Nul doute qu'il doit beaucoup apprécier Brassens et Léo Ferré. Un petit bijou à l'état brut qui ne demande qu'à être poli. Ce grand timide manque d'assurance sur scène, donc forcément de présence. On s'en rend d'ailleurs compte, lorsqu'il abandonne sa six cordes, ne sachant plus que faire de ses mains. Mais cet aspect de la théâtralisation se travaille. Cet artiste a du talent. Il sait donc ce qui lui reste à faire. Pour la circonstance, Yves s'était entouré d'un trio. C'était la deuxième expérience de ce type. En l'occurrence un certain Thomas à la basse, Wilfart à la guitare et Benoît Chantry à la batterie (NDR : désolé, je n'ai pas retenu tous les prénoms !). Excellents par ailleurs. Mais pensez donc, en les présentant, Yves n'est pas passé à côté du jeu de mots. Un Benoît qui s'assied derrière le piano pour accompagner Yves lors d'une des plus belles et poignantes chansons de son répertoire. L'autre grand moment, « On a volé ma cravate », trempant dans un blues rock que n'aurait pas renié Fred Lani. A suivre, et même de très près…

Dîne à Quatre constitue le nouveau projet de Guillaume Ledent. Au sein de son nouveau line up figure un percussionniste, une flûtiste et une violoniste. Guillaume se réservant la guitare, le piano et le chant. Ces excellents instrumentistes vont malheureusement, tout au long de leur set, oublier qu'ils jouent au sein d'un groupe. Individuellement leur performance est parfaite. Collectivement, elle suscite rapidement l'ennui. Avant de pourvoir dîner à quatre, il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche…

Il ne restait plus qu'une grosse centaine de personnes pour assister à la prestation de Vincent Venet. Et je dois avouer que j'étais fort curieux et surtout sceptique de voir comment il allait se débrouiller en 'live'. D'autant plus que son premier elpee, « 70cl », m'avait laissé mi-figue mi-raisin. Et bien, il faut avouer que je me suis royalement planté. Car ce soir, Vincent Venet et ses musiciens nous en ont mis plein la vue et les oreilles. Depuis la présentation originale de chaque musicien, avant le concert proprement dit, jusqu'au second rappel électro-gothique, au cours duquel la scène s'est transformée en piste de danse. Depuis « Boomerang » à  l'étonnante reprise-traduction d'« Enjoy the silence » de Depeche Mode, en passant par l'inévitable digression sur l'amour et le chewing-gum « Les amants de la chlorophylle », dans une version incisive, très électrique, réminiscente d'Indochine, au cours de laquelle, il vient rejoindre le public le micro à la main, la cover de M, « Le complexe du corn flakes », mise à la sauce funk blanc (Gang of Four ?) et un inédit, « La petite sorcière malade ». Un set hanté tour à tour par les spectres de Daho, Murat et Berger. Une guitare dont les tonalités empruntent régulièrement à la new wave du début des eighties (And Also The Trees, Chameleons, U2). Mais surtout un Venet en super forme, très complice avec le public, parlant même quelques mots en picard ; et qui surtout face à une salle à moitié vide est parvenu à tirer son épingle du jeu. Car si la salle avait été comble, il aurait mis le feu ce soir, c'est une certitude ! Selon la formule consacrée, les absents ont eu tort !

 

Jeffrey Lewis

Une bonne surprise...

Après de longs et pénibles détours pour trouver la salle, toujours aussi profondément enfouie dans le fin fond du Nord de la France, quelle joie d'apprendre qu'en première partie de Cocorosie et de Devendra Banhart jouait notre vieil ami Jeffrey Lewis ! Pour rappel : l'antifolk, les comics, tout le bazar, en direct de New York, bref un bon petit apéro à cette soirée placée sous le signe du folk hybride et déjanté, tendance Incredible String Band et Linda Perhacs. Il y a du monde au bar, mais Jeffrey et son frère n'en ont cure : ils balancent la sauce et parviennent même à séduire un public pas conquis d'avance (rappel : nous sommes en France – c'est tellement vrai que ça rime, ndr). Grâce à son bagout post-pubère et sa coupe de cheveux complètement ridicule, Jeffrey le bienheureux nous aura rappelé qu'il ne faut ni savoir chanter ni savoir jouer pour donner des concerts (et des bons, en plus). Poète beatnik au verbe acidulé mais drôle (Réf. : Chester Brown, Joe Matt, loosers magnifiques de la BD nord-américaine), Jeffrey Lewis était présent ce soir par surprise, et c'était plutôt une bonne nouvelle.

Mais déjà les sœurs Sourire du revival psyché-folk débarquent avec leurs camions jouets et leur beatbox humaine, un black francophile ayant la triste tendance à parodier MC Solaar, lui-même étant déjà une belle grosse blague (même pas belge, en plus). Mais dès que les sœurs Coco et Rosie (à moins que ce ne soit le contraire ?) commencent à chanter, là c'est le bonheur. Nous sommes dans la Maison de Leur Rêve, à prendre le thé avec une jouvencelle en robe XIXe. Elle nous sourit de sa bouche féline, et entame son chant de sirène : charmés dès les premières roucoulades veloutées qui se glissent en travers de ses lèvres, nous ne pouvons que lui demander encore un peu, euh… oui…, de cet aphrodisiaque sucré. Heureux en amour, malheureux au jeu ? Il en vaut pourtant la chandelle. Et dans cette ambiance on se croirait au grenier, à fricoter sous les bougies, dans le silence interdit d'un rendez-vous coquin. Au début la belle se veut chaste, n'osant murmurer à nos oreilles qu'un souffle léger à faire frémir notre braguette, mais très vite elle se détend, tandis que l'autre, manque d'exploser sous la pression. C'est dans un râle de plaisir que cette histoire aurait dû se conclure. Des gens tapent des mains, à la porte de la Maison : notre union se consume, il est temps de rallumer.

Et d'aller chercher une bière, pour se rafraîchir les idées. Le temps qu'il faut à Coco et Rosie de remballer leur bric-à-brac, pour laisser la place au génie folk de ce siècle nouveau, « the revelation of the year », le gentil gourou du finger picking au poil pachydermique, la réincarnation en éphèbe tatoué de Vashti Bunyan, le plus beau spécimen de 'music freak' en captivité sur cette planète : Devendra Banhart. Fort de deux albums magnifiques sortis en l'espace de six mois (« Rejoicing in the Hands » - album de l'année - et « Nino Rojo »), Devendra Banhart peut se targuer aujourd'hui, chers terriens, d'être l'élu envoyé par le Saint Verbe Acoustique pour nous sauver de la perdition et de la surdité marketée. Ouvrons les yeux, et surtout les oreilles : ce type au look de bédouin white trash shooté à la lavande pourrait bien être notre salut, notre épée de Damoclès face à la médiocrité qui nous assaille tous les jours sur la bande FM. Et comme un beau Jésus, Banhart a invité ses apôtres. Des types aussi barbus que lui (du groupe Vetiver), parce que c'est dans la barbe que crèchent la force et la jeunesse (écouter « This Beard », et pleurer). Sauf que les apôtres parfois se mettent à déconner (rappelez-vous les trois cris du coq – comme chez Coco Rosie d'ailleurs), et c'est Jésus qui trinque. En bref on avait adoré Devendra Banhart en solo ('Mirage au Pukkelpop : des individus en short baggy couverts de boue affirment avoir vu le Christ'), mais entouré d'une bande de saoulards qui auraient bu tout le pinard à la messe, notre sauveur aura bien eu du mal cette fois à prêcher sa bonne parole. Imaginez La Compagnie Créole reprenant Bob Dylan entre deux culs secs au vin rouge (qui a crié 'Judas !' ?) : l'hostie, tout de suite, reste en travers de la gorge. Evidemment, quand en plus c'était - semblait-il - la dernière date de la tournée européenne de Devendra Banhart, on pouvait s'attendre comme de coutume à de longues jams entre musiciens défoncés jusqu'à l'os. A la fin, donc, c'était la fête sur Cène (avec Jeffrey, Coco, Rosie et tout le cirque), mais moins dans la salle : qui aura vraiment tenu jusqu'au bout ? Les derniers seront-ils toujours les premiers ? Qui a lancé la première pierre ? Sans doute que cette soirée restera pour beaucoup un mystère. 

 

Enhancer

En osmose avec son public...

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Vegastar?? Ce nom ne vous dit probablement rien ; mais suite à leur prestation accomplie ce soir, ils semblent promis à un bel avenir. Ainsi vous avez écumé le rayon métal/pop/rock de la Fnac et vous n'avez rien trouvé?? Normal. Ils n'ont qu'un EP 5 titres à leur actif. Et c'est là que leur talent prend toute son ampleur. Pour un si jeune groupe, ils affichent une maturité extraordinaire. Leur fusion, qui lorgne plus vers le rock que vers le rap, surprend par sa fraîcheur et ses mélodies.

Venons en à Enhancer. Ils ont livré le concert parfait. Pourtant, et je l'avoue, je ne suis pas une érudite de ce style musical. Mais pour la circonstance, on a eu droit à la totale. A de l'énergie. Principalement. Et ça fait du bien. A de la fougue. A de la hargne aussi. Leurs compositions sont extrêmement péchues. Ils sont 8 sur scène. 3 chanteurs (David, Bill et Tony), 2 guitaristes (Fred et Matthieu), un bassiste (Marc), un batteur (John) et un DJ. Et aussi le public, qu'ils laissent allègrement les saluer au détour d'un stage diving. Enhancer est littéralement porté par son public et a besoin de lui pour montrer la pleine mesure de son talent. Un exemple? Fabuleux, alors... A l'image de ce chanteur qui grimpe au balcon d'un Bota enflammé, exhorte ses fans à s'amonceler en dessous de lui… avant de faire un sublime saut de l'ange. Oui, il l'a fait. Un autre exemple?? Je vous préviens, il y en a encore quelques uns, malgré la brièveté du moment. David nous demande de nous asseoir pour pouvoir se reposer un peu avant d'attaquer les derniers morceaux. Entonne une chanson douce. Se promène dans la foule, et s'assied auprès d'un ado pour achever l'interprétation du morceau. Et un dernier vrai beau moment qui m'a rappelé d'où on vient et pourquoi on est là, ce soir. Pour les profanes, Nolwenn de la starac jouait à Forest au même moment. Le groupe nous demande de faire du bruit pour elle. Alors que le public crie, David nous demande de la huer. Car c'est Rock And Roll. Comme eux. Ils nous reviendront le 8 mai à Durbuy

 

 

Ozark Henry

La force tranquille d Ozark Henry...

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Responsable d’un nouvel album (« The sailor not the sea »), Ozark Henry est donc reparti en tournée. Un périple qui sillonne généreusement la Belgique et qui transitait par Lessines. Après avoir passé la porte de la salle du centre culturel, l’univers devient fascinant. D’une couleur bleue, semblable à la mer et à l’océan, si chers à l’artiste.

Ozark Henry ne pouvait plus se faire attendre. Venu en masse, le public était impatient d’entendre la voix mélodieuse du Courtraisien. Les morceaux qui s’enchaînent ressemblent à des poésies. Envoûtants, ils nous entraînent tantôt à planer, tantôt à remuer. Mais une chose est sûre, on ne contrôle plus rien. La qualité du timbre ne trompe pas, il est bien unique et pur, même si parfois il est comparé à celui de Chris Martin, chanteur du groupe Coldplay. Armé d’un synthé, Piet Goddaer s’appuie sur des musiciens friands de sonorité jazz-rock ou trip hop ; mais surtout bénéficie du concours d’une excellente choriste, Nina Babet. Une chanteuse dont le timbre très présent se fond cependant à merveille à celui du charismatique Piet. Bref, un concert magistral et à la force tranquille, au cours duquel, il a étalé tout son talent. Si vous avez manqué l’événement, il reste heureusement encore quelques dates. Et pour en savoir plus, je vous invite à consulter notre agenda. A moins que vous ne préfériez vous contenter du nouvel opus ; mais là, ce sera sans les images…

 

Etienne Daho

Le minimum syndical...

Si on peut être déçu par « Réévolution », le dernier album d’Etienne Daho, le voir en concert reste un authentique plaisir. Dans un Forest National presque plein, le Français n’aura eu aucun mal à mettre le public dans sa poche, grâce avant tout à ses innombrables tubes eighties : de « Tombé Pour La France » à « Saudade »… Le show, cette fois, était cependant moins spectaculaire : moins de visuels, mais un jeu de lumières quand même bien foutu, bref élégant sans être tape-à-l’œil… Comme sa musique, en somme. Dommage que Daho, sans doute un peu fatigué par d’innombrables concerts donnés dans toute la France, ait choisi l’option karaoké pour bon nombre de ses classiques. Une fois c’est drôle, cinq fois beaucoup moins : le public chante tout seul, devant un groupe qui se tourne les pouces en attendant le signal du boss… Qui essaie quant à lui de jouer le jeu mais se plante à chaque couplet. Etienne Daho est un grand timide, c’est un fait : qu’il essaie ce genre d’exercice foireux pour communier avec ses fans, c’est une erreur. A la demande du public, il entonne « Le Premier Jour » mais abandonne après quelques vers. Rires. Gêne. Un téléprompteur, quelqu’un ? On se souviendra quand même d’un enflammé « Bleu Comme Toi », et d’un très beau « Ouverture », « sa chanson préférée » (c’est lui qui le dit). Mais on en attendait davantage d’Etienne Daho, qui pour la circonstance s’est contenté du minimum syndical (surtout dans la deuxième partie). Et ce n’est pas « Réévolution », son nouveau single, qui lui aura sauvé la mise : joué quatre fois (! ! !) en 1h30 (au début et en toute fin), ‘pour le clip’, on aura frôlé l’overdose. ‘Vous êtes trop gentils !’, clame-t-il, l’air embarrassé… Y a intérêt qu’on nous voie tous dans le clip sur MCM, sinon ça va barder. Notre patience a des limites, même si c’est pour la bonne cause.

Damien Rice

Le monde merveilleux et onirique de Damien Rice

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La plus grande partie du public était clairement venue pour applaudir Damien Rice. Je considère plutôt qu'il s'agissait d'une double affiche partagée entre deux songwriters responsables d'un répertoire mélodieux et envoûtant. Le ton est donné dès la première chanson du set de Josh. Fort de deux albums aériens, l'Américain nous a montré qu'il avait du potentiel. Assez folk, ses chansons nous semblent tout de suite familières et flattent nos oreilles sensibles. Ses mélodies sont influencées par Leonard Cohen, Bob Dylan, mais surtout par les musiques traditionnelles irlandaises. Ritter est aussi à l'aise dans le rythme, flanqué de son groupe, que lorsqu'il entonne des chansons acoustiques, armé de sa guitare. Mais le clou du show arrive en fin de spectacle, lorsqu'il interprète, sans micro, une dernière chanson. A cet instant l'AB (NDR : comble pour la circonstance) retient son souffle et sa voix. Merveilleux ! Josh Ritter nous revient le 2 juin à l'AB club, salle intime à souhait. 

Damien Rice avait fort à faire ensuite pour convaincre… Il a passé le test haut la main. Son secret?? Il peut s'appuyer sur un groupe composé de Vyvienne Long au violoncelle et de Lisa Hannigan, dont le timbre vocal délicat, proche d'une Sinead O'connor, réchauffe les chansons de Rice. Dès le premier morceau, on est propulsé dans le monde merveilleux et onirique de Rice. Et quand vient « Eskimo », remodelé de la plus tendre des manières, le public a déjà fondu de bonheur. Le reste du concert est a cette image. On est transporté entre mélancolie et joie. Entre désir de sangloter (comme ce fut le cas pour certaines personnes) et envie de sourire, de s'abandonner dans la béatitude. Puis, vient un moment où le temps s'arrête, où l'AB s'illumine d'une sublime lumière verte et où retentit le début de « Cold water ». Un véritable arrière-goût de paradis. Et une sublime soirée à l'issue de laquelle on rentre chez soi, l'esprit dans les nuages, convaincu que le monde est beau.

 

The Dubliners

L'atmosphère des pubs irlandais...

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Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore les plus dignes représentants de la musique folk celtique, une brève présentation s’impose. Prenez 5 Irlandais pure souche, mettez leurs des instruments traditionnels entre les mains comme la mandoline, le banjo ou encore la célèbre flûte « tin whistle » ; ajoutez-y un chant rocailleux usé par la Guinness ou le bourbon, et vous obtiendrez l’un des meilleurs ambassadeurs d’une musique celtique un peu matraquée par la mode ces dernières années. Pourtant, les changements de line-up se sont multipliés au sein du groupe, dont certains dus au décès d’une partie des membres (n’oublions pas qu’ils sont nés dans les années 30 !). En outre, Ronny Drew a quitté la formation en 1995. Chanteur et guitariste, célèbre pour sa barbe légendaire, il était sans doute lassé d’interpréter les mêmes morceaux folkloriques. Cependant, le retrait du fer de lance du combo n’a guère laissé de traces. Car son remplaçant, Paddy Reilly, traîne plus de 30 années de carrière solo derrière lui, et reste un des « balladsinger » les plus réputé d’Irlande. Dans le domaine du folk, bien entendu. Qu’importe donc ces changements de personnel, puisque deux des membres fondateurs - en l’occurrence le violoniste John Sheahan et Barney McKenna – (NDR : la création du groupe remonte à 1962 !) sont toujours présents pour perpétuer le rite. Ce jeudi 7 octobre, la salle du Cirque Royal avait été transformée en pub géant. Dommage que la célèbre bière sombre, dont on vous parle un peu plus haut, n’était pas disponible au bar. Dès que nos 5 Paddies montent sur scène (NDR : sobrement et avec distinction !), le public se montre enthousiaste. Il faut dire qu’on les attendait depuis longtemps et que leurs visites en Belgique sont plutôt rares. Outre McKenna qui semble avoir du mal à marcher (la goutte ?) et restera la plupart du tant assis pour jouer du banjo, les seniors ont l’air en forme. Rapidement, on en oublie le prix des places (jusque 48€ le sésame !), et on se laisse bercer par cette douce musique traditionnelle, et les agréables ballades dont l’une d’entre-elles est chantée en gaélique. « Rose » et « Black Velvet Band » s’enchaînent avant qu’une partie du groupe ne se lance dans un morceau instrumental, qui y va crescendo. Ca y est, la salle s’enflamme, certains sifflent ou poussent des cris (yiiiihiiiip !), pendant que les autres spectateurs frappent des mains tout en rythme. On la tient l’ambiance de fiesta irlandaise ! Tour à tour Reilly, Campbell et même McKenna, avec son rire contagieux, se relayeront au chant, faisant chacun preuve d’un humour très british (euh…quelle insulte…je voulais écrire Irish, of course). Leur (long) set se terminera par de grands classiques comme «Rocky road to Dublin », « Dirty old town », « Whiskey in the jar », et dans un final où tout le public participe au refrain, « Wild rover », avant une standing-ovation de circonstance. Pendant près de 2 heures (NDR : heureusement pour eux et pour nous qu’une pause bibitive avait été prévue), les Dubliners nous ont distillé un sacré élixir de folk traditionnel et de refrains accrocheurs qui nous on fait taper du pied ou frapper dans les mains ; une recette dont eux seul on le secret depuis plus de 40 ans. Et ils comptent sans doute bien le conserver, pour notre plus grand bonheur, et, pour à chaque écoute, nous replonger dans l’atmosphère des pubs animés. C’est sûr, rien que pour leur longévité, les Dubliners mériteraient d’entrer dans le…Guinness book !

Under Byen

A suivre de très près...

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Pour cette longue soirée, l'ordre de passage avait été modifié, suite à des problèmes de transport rencontrés par la formation danoise Under Byen. Au lieu d'entamer les festivités, celle-ci allait donc les clôturer.

Drivé par Miles Kurosky, chanteur dont le vocal campe, nonobstant un timbre plus clair, des inflexions fort proches de Stephen Malkmus, Beulah compte déjà la bagatelle de 4 albums à son actif ; le dernier, « Yoko », étant paru au début de cette année. Un sextuor californien qui pratique une pop plutôt allègre, contagieuse, mais parfois un peu trop dissipée. Pourtant, la moitié des musiciens sont multi instrumentistes et possèdent suffisamment de talent pour faire décoller un set. Et en particulier le trompettiste, dont les interventions cuivrées, parfois rythm'n blues, donnent une coloration plus chaleureuse aux chansons. Et puis les harmonies vocales sont impeccables, rappelant même parfois tantôt les Beach Boys, tantôt ELO. Mais les moments de pure intensité ne sont pas suffisamment développés pour ne pas perdre le fil du sujet. En fin de parcours, le groupe invite deux spectatrices à monter sur scène pour essayer de reprendre une chanson des Beach Boys. Une catastrophe ! Et les gesticulations des deux filles agitant des maracas ou un tambourin, lors du final, faisaient franchement tarte. N'importe quoi !

Les concerts accordés par Sophia, dans le cadre de leur dernière tournée n'ont pas trop eu l'air de plaire à la presse spécialisée. Même Lina, qui avait assisté à leur concert lors de leur passage au Bota, n'est pas repartie emballée par leur prestation. C'est donc avec beaucoup de prudence que je suis allé voir ce qu'il en était réellement. Première constatation, le groupe semble détendu. Il s'agit du dernier concert de ce périple destiné à promotionner leur album, « People are like seasons ». Et en montant sur les planches, Robin Proper Sheppard se rend compte qu'un nombre important de Belges a fait le déplacement. Et leur demande de lever la main. Il a raison… Le set s'ouvre sur un ton semi acoustique, countryfiant (bottleneck oblige !) ; puis le climat s'électrifie progressivement épinglant une version particulièrement réussie d'« Every day » et une de « The see », découpée dans les guitares bringuebalantes. Tout est bien mis en place, mais c'est la prestation du drummer qui, au fil du set, va impressionner. Son style chatoyant, chaloupé, mais bigrement efficace, canalise la prestation du groupe. Et sous le flux d'électricité maintient parfaitement le navire à flots. Après un bref retour acoustique en rappel, Sophia va achever sa prestation par un rock'n roll particulièrement enlevé et un « River song » au cours duquel cette électricité se mue en intensité blanche. Et pour cause, Robin et le claviériste ont alors respectivement troqué leur sèche et leur clavier pour une gratte bien électrifiée. De quoi se délecter d'une bonne dose de décibels, comme à l'époque d'un certain God Machine…

Il était très tard lorsqu’ Under Byen s'est mis à jouer. Et pour cause, il devait d'abord régler les balances. Et lorsqu'un line up se compose de huit musiciens, il y a du boulot. En l'occurrence deux drummers (dont une percussionniste), un claviériste/pianiste, une pianiste, une bassiste, un violoniste, une violoncelliste et une chanteuse. Dont la voix me rappelle Björk, sans les inflexions énervées et furieuses. Une formation qui mélange allègrement pop, folk, jazz, classique et électronique, dans un univers trip hop brumeux, empreint de mystère, qui aurait pu naître d'une rencontre hypothétique entre Sigur Ros et Portishead. Les problèmes de mixage rencontrés au cours de ce set n'ont pas empêché d'entrevoir l'émergence d'un groupe fort intéressant. Mais je dois avouer que j'étais beaucoup trop fatigué pour pouvoir réellement apprécier leur musique. Ainsi, après une bonne demi-heure, je me suis éclipsé. A revoir dans d'autres circonstances : mais à suivre de très près…