Death Cab For Cutie célèbre son 25ème anniversaire en publiant son 10ème album studio "Asphalt Meadows". Produit par John Congleton (St Vincent, Sharon Van Etten, Wallows), l’elpee inclut le nouveau single "Asphalt Meadows", ainsi que les précédents "Here To…

Goat défie la mort !

Formidable guerrier psychique, canalisateur du mystique et partisan d'une quête…

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Le cinquième opus de Circa Waves paraîtra ce 13 janvier 2023. A propos de cet elpee qui s’intitulera « Never Going Under », Kieran Shudall a déclaré : ‘« Never Going under parle de ce phénomène moderne unique qui consiste à ne pas savoir dans quel type de…

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Evangelista

Hello, Voyager

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Derrière Evangelista se cache Carla Bozulich, chanteuse des Geraldine Fibbers. Ce nouveau projet nous accompagne à travers les élucubrations schizophréniques de la donzelle. Difficile d’accès, l’univers bipolaire de Bozulich déconcerte et donne assez rapidement la nausée aux auditeurs non avertis. Assurément, quelques titres de cet « Hello, Voyager » permettent d’entrevoir la facette plus posée et agréable d’Evangelista (« The Blue Room », « Lucky Lucky Luck », « For The L’il Dudes »). Mais cette dimension analgésique ne fait alors qu’amplifier le côté saumâtre et agaçant des petites expérimentations de Bozulich (« Hello, Voyager », « Winds Of St. Anne »). Evangelista ne semble pas encore avoir choisi entre l’option Noise, gothique ou Sleep Rock. En attendant que la formation qui compte, entre autres, des membres de Thee Silver Mt. Zion, se décide entre les deux alternatives, nous, on passe notre chemin. Très discrètement, histoire de ne pas énerver la demoiselle, apparemment assez tourmentée.

Julien Doré

Les Limites (single)

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Attendu au tournant depuis sa victoire à la Nouvelle Star de M6 l’an dernier, Julien Doré marque l’envol de sa carrière à l’aide d’un premier ‘vrai’ single, plutôt gentillet, aux accents pop folk. Ceux qui ont suivi de près l’émission regretteront éventuellement le grain de folie du jeune homme, quasiment absent de cette première composition, mais seront frappés par le côté très ‘Jean-Louis Murat-esque’ de ses intonations. Petite ritournelle de deux minutes et quelques secondes assez sympathiques, « Les Limites », ne présente manifestement pas le même potentiel tubesque que le « Double Je » d’un certain Christophe Willem. Reste donc à voir ce que le lauréat de la Nouvelle Star 2007 nous réserve sur son premier ouvrage, à paraître incessamment sous peu. Souhaitons que ces ‘limites’ ne soient pas celles de son talent...
 
iTunes:

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dEUS

Vantage Point

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Joli retour pour la bande à Tom Barman. « Vantage Point », successeur de « Pocket Revolution » et annoncé par l’énormissime single « The Architect », est à peu de choses près ce que l’on pouvait attendre d’un dEUS. C’est-à-dire une série de dix tueries aux riffs accrocheurs et aux refrains impossibles à déloger du cortex cérébral. Même s’il est évident que Barman et co. ne prennent plus autant de risques qu’auparavant, l’ère des « Theme From Turnpike » ou « Everybody’s Weird » étant loin derrière eux, ce nouveau recueil démontre que la formation belge est également à mille lieues d’une potentielle perte de régime.

Ce respectable « Vantage Point » convainc dès les premiers accords de « When She Comes Down », sa plage d’ouverture. La cadence est d’ailleurs conservée tout au long de la durée du disque, des délassants « Eternal Woman », « Smoker Reflect » et « Slow » aux addictifs « Favourite Game », « Is A Robot » et le déjà fameux « The Architect ». dEUS réussit là un nouveau sans faute qui ne fait que conforter le statut de formation culte du quintet. Le disque de l’été made in Belgium.

 

Etienne Daho

L’Invitation / Be My Guest Tonight

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En nous adressant « L’Invitation », Daho, le vieux routard de la pop (Etieeeeeeeenne, pour les intimes) dresse, une fois de plus en hôte attentif, la table pour ses convives. Après envoi du bristol de circonstance, l’homme se démène pour servir à ses invités, tout l’arôme de son flegme et la pertinence de ses arrangements musicaux. Pour des hommes de mon âge, dont la carte d’identité affiche froidement le début des années septante, Daho est ce Morrissey dont on comprendrait les paroles. Il est ce dandy posé qui enflamme au premier son de sa voix. Daho est le souvenir d’une époque lointaine et le fil d’Ariane entre le labyrinthe de la pop actuelle. On a tout dit sur lui, une éventuelle homosexualité, une maladie incurable aux prémices de sa mort foudroyante, un dernier album avant la fin complète de sa discographie. L’Homme en rit. Il joue sur cette ambiguïté et parvient même à s’en servir comme fond de commerce. Il trouble quoi qu’on en pense. Derrière lui, traîne une réputation de bête de travail capricieuse et intransigeante. Ce n’est, semblerait-il, que pour mieux mettre en place les idées qui pullulent dans sa tête.

Les dix plages de ce neuvième album, possèdent chacune le copyright indécrottable de l’auteur. Dès l’ouverture de la première partie de l’elpee, on reconnaît la griffe de Daho. Pour les fans de la première heure, ils se sentent en terrain connu. Pour les nouveaux avides d’un revirement, ils doivent bien se demander ce qu’il y a de nouveau dans le chef de « L’Invitation ». Coutumier de la classe, et du bon goût, Daho enfile une fois de plus, le même costume d’apparat, et vient flirter avec nos émotions. Il pousse nos esprits, comme à son habitude, à la réflexion. Il touche aux endroits stratégiques qu’il a pourtant ciblés maintes et maintes fois. Mais ça marche ! On s’emballe vite sur les mélodies, où la voix si discrète mais parfaitement présente du Rennais vient se poser. Et même si il n’y a rien de fulgurant dans l’album, la qualité des arrangements et le travail d’ambiance est remarquable. Après les 45 minutes de cette première invitation, vient s’ajouter une deuxième galette, il s’agit là de Daho qui s’invite lui même sur des covers connues. « Be My Guest Tonight » est le recueil en 5 titres de vieux standards du blues ou du rock. Trahissant un accent ‘frenchy’ à couper au couteau, ses adaptations de morceaux signés Fred Neil, Hank Williams, Billie Holliday ou Smokey Robinson ne sont disponibles qu’en édition ‘de luxe’, et ne s’adressent qu’aux inconditionnels de l’auteur.

 

Pour voir le clip de « La Vie Continuera » 

http://www.wat.tv/video/etienne-daho-vie-continuera-motj_iedf_.html
http://www.wideo.fr/video/iLyROoafYVAh.html
http://fr.youtube.com/watch?v=xfoqbOV8Gpw

Pour voir le clip d’« Obsession »

http://www.youtube.com/watch?v=LKRW2gBLIgA
http://www.wat.tv/video/etienne-daho-obsession-ixip_iedf_.html
http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftOOE.html

Pour voir le clip de « L’invitation »

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/691623/attitude-etienne-daho-invitation.html
http://www.youtube.com/watch?v=IjWmWYgssXY

 

 

 

 

Patrick Bruel

Des souvenirs… ensemble

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Dès les premiers accords, la foule hurle déjà. Le temps des ‘Patriiiiick’ est désormais révolu mais la clameur du public n’en n’est pas moindre pour autant. En guise d’ouverture de son dernier album live, Patrick Bruel nous sert son fameux « Alors regarde » mais l’entonne de manière plus posée qu’auparavant. C’est qu’aujourd’hui, il n’a plus rien à prouver. Son public, toujours présent, lui est acquis d’avance. Il ne lui reste qu’à se faire plaisir. Chose qu’il semble d’ailleurs faire à la perfection. Rien qu’à l’écoute, on l’entendrait presque sourire sur le refrain du deuxième titre « J’m’attendais pas à toi ». Et l’audience de clamer ses paroles en chœur. Tout au long du concert, Bruel retrace son parcours. De la « Place des grands hommes » « Au café des délices », il aborde les grandes étapes de sa carrière. Non, décidément, pas de doute, si vous appréciez Bruel, « Des souvenirs… ensemble », est une bonne compilation destinée à faire plaisir à toutes celles et tous ceux qui en ont…

Quant aux Dvds, le premier immortalise le concert dans son intégralité et dévoile quelques titres supplémentaires (« Décalé », « Mon amant de Saint Jean », « J’te mentirais »,…) Effet probablement escompté : faire craquer les plus accros. Le deuxième nous permet de découvrir, notamment, Bruel lors de sa tournée accomplie aux Etats-Unis. On en retiendra un récréatif Johnny Halliday adressant un ‘toi, tu me donnes l’envie d’avoir envie!’ à un Patrick Bruel qui, sans conteste, semble prendre son pied.

iTunes:

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Chris Andersen

The dreamer

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Pour son troisième opus personnel, Kid Andersen est épaulé par de nombreux amis. Et tout d’abord par la section rythmique de Charlie Musselwhite : le bassiste Randy Bermudes (passé depuis chez les Fabulous Thunderbirds) et le drummer June Core. Les potes du Terry Hanck Band sont également de la partie. Dont Hanck en personne au saxophone. Butch Cousins se réserve les percussions et Bob Welsh (NDR : très souvent partenaire de Mark Hummel) les claviers. L’harmoniciste Jimmy Dewrance a débauché deux de ses musiciens : Hans Bosse et Kedar Roy. Du bien beau monde! Kid signe la majeure partie du répertoire de cette œuvre caractérisée par son homogénéité et l’excellence de sa solution sonore. 

L’elpee démarre par le titre maître. Un divertissement instrumental qui laisse la part belle à sa guitare, dont la tonalité est toujours hantée par l’esprit de Peter Green. Son boss, Charlie Musselwhite, est venu souffler dans son harmo dans un style écorché qui lui est si personnel! Bien blues, “Dig the pain” est imprimé sur un tempo soutenu. Une plage que n’aurait pas renié Howlin’ Wolf. Le travail opéré par la section rythmique est remarquable. Kid est idéalement placé pour dispenser son jeu complexe. Mais si son inspiration majeure oscille d’Hubert Sumlin à Green, il prend le soin de préserver son toucher magique, qui en fait toute son originalité. Son attaque n’est pourtant pas très orthodoxe, mais elle s’avère tellement efficace. Le tempo s’élève pour “Rocket fuel”, un tempo qu’apprécie Billy Boy Arnold. Les changements de rythme sont rondement exécutés par le bassiste et le percussionniste. Une paire de choc ! Le style d’Andersen est clairement rock et véritablement inventif. La voix de Chris n’est guère puissante. Mais son timbre nasillard et indolent s’adapte parfaitement à musique. “Jezebel” nous plonge au sein de son monde aventureux. Il élabore des sonorités, imagine des artifices, les développe à l’extrême. Auprès de ses comparses qui s’expriment dans une liberté contrôlée, il sert de fil rouge. Dewrance en profite pour pousser de petits cris plaintifs à l’harmonica. Andersen avoue modestement des influences majeures. Mais en prendre connaissance, c’est un peu comme parcourir une Bible au sein de laquelle figurent, en lettres majuscules, les grands noms du blues et de la rock music. Surf fiévreux adapté d’un thème western notoire, “Twist of the century” palpite au son du saxophone cracheur de Hanck! Le retour à un blues bien poussiéreux nous rapproche du Delta. Le chant flemmard est talonné par l’harmo de Rick Estrin (des Nightcats) et le piano de Welsh. Chanson légère et divertissante, “Soul city” est couvert d’accents R&B façon Stax! Autre musicien invité à souffler dans la musique à bouche, le Californien Andy Santana nous propose une longue épopée intitulé “The nightmare”. La voix de Kid semble de plus en plus fatiguée. Elle est même très proche, ici, de celle d’un J.J Cale. Les différentes parties musicales de cette plage sont construites suivant le processus adopté par un jam band. Andersen est totalement imprégné par son blues lors de sa reprise du “Serve me right to suffer” de Jimmy Dawkins. Il est vrai que le jeu d’écorché vif de Dawkins lui colle bien à la peau. Lorsqu’il est en forme, Dawkins est sans aucun doute l’un des plus grands guitaristes du Chicago blues. Kid ne trahit jamais de baisse de régime. A chaque décollage, il nous communique le frisson. Slow blues, “A better day” est issu de sa plume. Impérial, il s’y révèle plus Dawkins que nature. Seul Welsh le soutient aux ivoires. L’album s’achève de manière très classique, par la cover du “Take it slow” de Jimmy Reed. Dewrance a empoigné l’harmo. Bob Welsh est passé à l’orgue. Un opus de grande classe !

Chris Andersen

Rock awhile

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Pour enregistrer ce « Rock awhile », le chanteur/guitariste Kid Andersen a reçu le concours du bassiste Kedar Roy, du drummer Martin Windstad, du pianiste Sid Morris et de Johnny Cat –l’actuel gratteur de Terry Hanck– à la rythmique.

L’opus démarre par “Rock awhile”. Du West Coast jump qui rocke et rolle à souhait. Sid est virevoltant au piano. L’ami Terry Hanck honke à souhait sur son sax tenor. Le Kid possède une très bonne voix. En outre, il excelle à la six cordes. Notre Scandinave a tout compris ; et lorsqu’il décolle, difficile de le récupérer! L’album s’inspire du meilleur Chicago blues. Et tout d’abord celui du maître : Muddy Waters. Mark Hummel chante “Walking thru the park” et assure, évidemment, les parties d’harmonica. Les sonorités de cordes de Chris sont particulièrement sales ; mais au passage, il arrache des notes incroyables. La même équipe remet le couvert sur le “She’s got it” du même Waters. La reprise du “All your love” de Magic Sam nous entraîne dans le Chicago Westside, tout en manifestant beaucoup de respect pour son créateur. La complicité entretenue entre ses cordes et le sax de Hanck est un véritable régal. Slow blues dépouillé à l’extrême, “Hangover day” constitue un pur joyau. C’est également un hommage flagrant au Peter Green des débuts. Tout au long de cette plage, on y retrouve cette même tonalité, reverb à l’appui! Imprimé sur un tempo plus enlevé, “You ain’t so pretty no more” baigne au sein d’un climat fort proche ; mais le doigté semble davantage calqué sur celui d’Otis Rush. Chapeau! Andersen est capable de changer de registre. Nonchalant, “Someday you got to pay” exhale un parfum de Louisiane. La voix de Chris est alanguie. Sid Morris brille au piano ; mais surtout permet au Kid de dispenser des accords très ‘relax’. Andersen est avant tout un musicien. Il privilégie donc les plages instrumentales, parfois proches de la surf music. A l’instar de “Lil’ earthquake”, rehaussé par la présence du sax de Hanck. A contrario, “Hobbnobbing’ with Hoy Poy” est empreint de douceur et de légèreté, un morceau parcouru par l’harmonica chromatique de Mark Hummel, invité pour la circonstance. L’intervention du génial Jr Watson, sur le swinguant “Bald headed woman”, est à la fois subtile, délicate et pétillante. Toujours dans un registre swing, Kid chante son “Aquavit boogie”. La section rythmique est percutante. Il a beau vivre loin de sa terre natale, il n’en oublie pas son élixir favori. Bénéficiant du concours d’un autre invité, Paul Ivy, “I really love my monkey” est une bonne partie de rock’n’roll. C’est la cerise sur le gâteau. Cet excellent opus s’achève par l’enlevé “Stompin’ with the Kid”, un ballet pour sax et cordes.

 

Chris Andersen

Greaseland

Écrit par

Paru en 2006, « Greaseland » constitue une sorte de concept album. Largement autobiographique, il retrace les aventures d’un musicien fauché, un rien éthylique, qui a perdu une bonne partie de ses illusions et s’enferme dans son blues. Lors de l’enregistrement de cet elpee, Chris a reçu la participation de plusieurs compatriotes.

Le disque s’ouvre par “It’s dark in here”. En effet, l’atmosphère est sombre. Bercée par l’harmonica de Richard Gjems (NDR : il joue dans l’esprit de Charlie Musselwhite !), sa musique est très personnelle. La guitare du Kid est savoureuse. A cause de cette tonalité très reconnaissable, née du recours au vibrato qu’il utilise à la manière de Peter Green, mais dans un esprit bien distinct. Divertissant, “C’mon Johnny, let’s hit that town” est sculpté dans le pur rock’n’roll. Le son est pourri comme ce n’est pas possible. Gjems est très complice et leur complémentarité fait plaisir à entendre. Quoique subtilement teinté de rock, “I’m tired” poursuit dans ce registre blues. Dans ce style, il est comme un poisson dans l’eau. Il en profite pour adresser un clin d’oeil à Chicago, mais en adoptant un feeling contemporain. “Jennifer, Jennifer” marque un retour brutal au rock’n’roll. Les vocaux sont sensiblement trafiqués. Un peu comme des Beatles sous leur forme la plus rudimentaire qui se seraient mis à consommer du blues en quantité industrielle. Le travail sur les voix est certainement délibéré, et le résultat souvent curieux et réussi. A l’instar de cette cover originale du “Devil got my woman” de Skip James. Ou encore de “Slimy town”. Très imprégné du Delta, ce morceau conjugue parfaitement voix, lignes de guitare et harmo. “The dirt people” prend un virage à 180°. Direction : la Nouvelle Orléans. Les accents sudistes planent inévitablement sur ce fragment. Et la présence de l’orgue et du piano, dispensés dans l’esprit de Dr John et de Little Feat, y est sans doute pour quelque chose. Le Kid est passé à la slide pour marquer son retour à Chicago. Son attaque au bottleneck sur “Brandy!” est rugueuse. L’influence d’Elmore James, voire encore de Hound Dog Taylor est indéniable, notamment lorsque les accents se font plus métalliques. Andersen adapte le “Strange land” de son boss Charlie Musselwhite. Un exercice de style sans harmonica, mais avec orgue. Nerveuse, cette version est caractérisée par de bien jolies phrases de guitare. Le Kid lorgne vers BB King et donc Memphis sur “The bender”. L’orgue Hammond s’intègre judicieusement dans la section rythmique. Les lignes de guitare sont fluides et inventives. “Mexico kid!” nous rappelle sa nette propension à emprunter les accès métalliques et largement amplifiés de la surf music! Boogie royal, “Greaseland boogie” déménage et nous réserve la surprise attendue : l’arrivée du boss Charlie armé de son harmonica magique. Excellent! On est également très étonné lorsqu’il reprend “Jumping at shadows”, un slow swamp blues signé par le regretté Britannique Duster Bennett. Pour mémoire, sur la version originale, ce dernier était accompagné par Peter Green. Et cela s’entend dans la version du Kid. Enfin, on a encore droit à un bonus : le participatif “Whiskey!”. Une compo qui baigne dans la bonne humeur et laisse libre cours à une guitare exubérante. Un excellent album !

White Williams

Smoke

Écrit par

C’est en septembre 2007 qu’apparaît la frimousse du petit Joseph Williams, aka White Williams. A cette époque, pas si lointaine, il nous proposait sous le label Tigerbeat6, un EP fort prometteur, intitulé « New Violence ». Certes, White Williams a une tête de premier de classe, et ressemble un peu à un communiant qui vient de recevoir son orgue Bontempi. Mais ce qui sort de ces touches enfoncées est susceptible de damner l’âme d’un bigot averti. Et c’est l’oreille tendue que l’on attendait la suite des festivités. Ce nouvel opus est la suite logique de la mini galette. On y retrouve d’ailleurs comme morceaux, « New Violence », « Violator » ainsi que l’inévitable « Smoke ». Mais aussi seize nouveaux morceaux, dont dix plages confirmant tout le bien et la tortueuse idée que l’on se faisait de l’univers de l’Américain. Et c’est paru chez la même écurie.

Dès la mise en marche de la machine, « Headlines » dépose à nos pieds une surprenante ressemblance dans la voix et les arrangements, celle d’Alexis Taylor, le leader de Hot Chip. Ces deux ‘nerd’ possèdent exactement le même timbre et la même dégaine. Un trouble vite escamoté, par un truchement d’effets electro proche de l’expérimental, et un concept plus abrupt dans les compositions. Le petit parfum eighties ajouté, volé à Gary Numan ou aux Sparks, laisse derrière lui une flagrance dynamique qui a vite fait d’activer nos parois nasales et auditives. Pas toujours simple à décoder, mais toujours très fraiches, les 36 –courtes– minutes de l’elpee méritent une attention particulière. Il y a fort à parier que le gamin de New-York ne s’arrêtera pas en si bon chemin. D’ailleurs, il n’est pas difficile d’entrevoir, dès à présent, les prémices d’une longue série d’albums. Gardons nos esprits en éveil !

 

Times New Viking

Rip It Off

Pour son troisième album, Times New Viking nous propose seize titres atteignant une durée totale de trente minutes. Vous l’aurez compris, nous sommes en présence de punk pure souche. Et pour couronner le tout, le groupe semble avoir enregistré cet elpee en se servant des moyens de l’époque. Résultat des courses : malgré une recherche probable au niveau des compositions, il est impossible d’apprécier l’opus à sa juste valeur. Dès que la batterie et la guitare en mode ‘accords de puissance’ s’en mêlent, le son sature et la voix devient totalement inaudible. C’est dommage, car si la formation avait utilisé un home studio, elle aurait pu obtenir un produit de bien meilleure qualité, tout en conservant une étique DIY (‘Do It Yourself’). 

Etre ‘roots’ c’est bien, mais il y a des limites.