Vendredi Minuit l’heure de Sofia Bolt…

Sofia Bolt est le projet de la musicienne, compositrice et productrice d'origine française Amélie Rousseaux. C'est à Los Angeles, où elle vit depuis son départ de Paris en 2017, qu'elle a enregistré son second elpee, « Vendredi Minuit », ce 10 mai 2024. Entre…

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P.Diddy & Snoop Dogg

Bling Bling, Here Comes The King

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La curiosité a parfois de bien vilains défauts. C’est l’esprit plein de regrets que l’on aura prit la route vers Forest National, ce samedi 24 mars. En effet, I’m From Barcelona se produisait du côté du Botanique le même soir. Et entre les deux, il n’y a pas photo, on aurait préféré la seconde option. Mais la confirmation tardive de cet événement nous aura obligés à tenir nos engagements. Grrrr…

La soirée commence bien. A peine a-t-on pénétré dans l’enceinte du bâtiment que des mecs de la sécurité interdisent l’accès au parterre. Leur prétexte : ‘c’est complet ici, désolé’. La mine encore plus déconfite qu’au départ, on se dirige alors vers les gradins. Et là, oh surprise, des escaliers permettent d’accéder sans aucun problème au parterre… Super organisation messieurs ! Mais on ne s’en plaindra pas.

Sur scène, la première partie est assurée par Jibbs, DJ qui se contentera -dans un premier temps- d’enchaîner quelque uns des plus gros hymnes hip hop. Il sera ensuite rejoint par le rappeur C4 et un autre dont le nom nous a échappé. L’un des d’eux n’hésitera pas à aller pêcher une jeune fille du public. Une petite blonde évidemment bien roulée. Invitée à se diriger vers les coulisses, elle sera gentiment insultée par quelques membres masculins de l’assistance apparemment jaloux de ne pas obtenir le même traitement de faveur…

Une fois le set du DJ achevé, Forest National aura droit à un odieux matraquage publicitaire pour le parfum du business man Diddy, diffusé en boucle sur des écrans disséminés sur la scène. A 21h tapante, les lumières s’éteignent et ces écrans changent enfin de programme. En guise d’intro, un montage de clips consacrés de P.Diddy sur un fond sonore saisissant : les basses tellement ronflantes que la salle entière en vibrait. Après quelques secondes du fameux « Going The Distance » de Bill Conti joué par l’orchestre, le rideau se lève devant le rappeur autrefois connu sous le nom de Puff Daddy. Dans son costard tiré à quatre épingles, l’homme se lance soutenu par l’orchestre sur un « Victory » éclatant. Une entrée en matière qui traduira à merveille l’immensité de l’ego de l’homme et nous aura tout de même aidé à oublier que l’on râlait cinq minutes auparavant. Une demi-heure durant, il enchaînera quelques classiques, des extraits de son nouvel album et même deux ou trois reprises (un extrait du « Clocks » de Coldplay et « Sweet Dreams » d’Eurythmics repris en chœur par le public). Il ne manquera évidemment pas de dédicacer le show à la mémoire de feu Notorious B.I.G.

La trentaine de minutes suivante sera réservée à un Snoop Dogg, plus relax (on se demande bien pourquoi) et un chouïa plus simple. « Murder Was the Case » a ouvert un set qui n’aura pas vraiment laissé de souvenirs impérissables. Se sont enchaînés  « Drop It Like It’s Hot », « Gin & Juice », « That’s That Shit », « P.i.m.p » (de -et sans- 50 cent) et autres « Beautiful », agrémentées de chorégraphies plutôt ‘hot’ de danseuses sorties tout droit d’un clip ou d’un strip-club (biffez la mention inutile, s’il y en a vraiment une).

P.Diddy reviendra ensuite seul sur scène pour une nouvelle demi-heure de spectacle ‘m’as-tu-vu’. Accompagné d’un light show à faire exploser la cervelle d’un épileptique, Sean ‘Puffy’ Combs interprétera ses derniers singles « Come To Me » et « Tell Me » singularisés par des apparitions sur écran de Nicole Scherzinger (Pussycat Dolls) et Christina Aguilera avant d’être enfin rejoint par Snoop Dogg pour un avant-dernier acte en duo. Ensemble, les deux entertainers offriront un set plutôt brouillon et maladroit constitué essentiellement d’une sorte de medley mal agencée de titres tels que « Can’t Nobody Hold Me Down », « Been Around The World », « It’s All About The Benjamins », les « Hypnotize » et « Mo’ Money Mo’ Problems » de Notorious B.I.G. ainsi que « Jump Around » de House Of Pain.

Cette partie sera également agrémentée d’une apparition (toujours sur écran) de Busta Rhymes dans un prétendu duplex ‘live’ pour un « Pass The Courvoisier » au cours duquel toute l’assistance va se mettre à sautiller. Les deux personnages se retireront après un déballage de fausses flatteries, du style ‘Belgium, you’re the greatest audience’, certainement adapté sur-mesure pour chacune des villes qu’ils auront visité. Le spectacle s’achèvera pour nous sur le grand classique « I’ll Be Missing You », plutôt ennuyeux. De quoi en profiter pour se diriger vers la sortie avant la cohue.

En conclusion, l’ensemble du show à l’américaine valait bien le déplacement. Et même si l’on déteste royalement le personnage, il faut avouer que P.Diddy est un putain de showman. Quant à Snoop Dogg… Ben c’est Snoop Dogg, quoi, tranquille !

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

Kristin Hersh

Et si les Throwing Muses se reformaient?

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Retrouver le Handelsbeurs de Gand est un véritable plaisir. Une salle dont l'esthétique et l'acoustique valent autant le coup d'œil que le confort de l'oreille. Et un concert de Kristin Hersh se prête très bien à une semblable infrastructure, surtout lorsque le groupe bénéficie du concours d'une violoniste et d'un violoncelliste, c'est-à-dire Kimberley et Martin McCarrick, couple qui avait notamment participé aux sessions d'enregistrement de l'excellent dernier opus de Kristin, « Learn to sing like a star ». Un duo qui s'est chargé du supporting act, par ailleurs.

Assis face à face, mais de profil par rapport au public, les époux Mc Carricks nous ont proposé un set fort bien construit, pulsant mais assez austère. Et pour faire passer la pilule, le ménage a eu la bonne idée d'illustrer sa prestation de clips, projetés au fond de la scène. Des vidéos filmées tantôt en noir et blanc (celle relative aux contorsionnistes est absolument impressionnante et d'une élégance rare) ou en couleurs (des scènes de la vie urbaine) au cours

desquelles les différentes techniques de 'ralenti' sont judicieusement utilisées. Le duel instrumental entre mari (pas n'importe qui, puisque la carte de visite de Martin mentionne des collaborations auprès de Siouxsie & The Banshees, Dead Can Dance, Marc Almond et même de Therapy ?) et femme (aussi talentueuse que jolie !) est balisé de samples, de boucles et de boîtes à rythmes. Une indication : imaginez un hybride entre Laurie Anderson, Kraftwerk et Apocalyptica. Pour la musique, of course !

Kristin Hersh monte sur scène. On ne peut pas dire qu'elle soit sexy ! Mince, quand même. Un tee-shirt délavé, une jupe mi-longue à (grosses fleurs). Pas ou très peu de maquillage. Des sandalettes montées sur grosses semelles. Pas de tape à l'œil, c'est une certitude. Tout est dans l'expression du visage pour faire passer ses sentiments de tendresse, de douleur de colère ou de mélancolie. Et aussi dans le timbre gémissant de sa voix aux inflexions si particulières. Entre chaque morceau, elle badine tantôt avec le public ou son drummer. Un rôle pour lequel on retrouve l'incontournable David Narcizo. Et à la basse, Bernard George (impliqué chez 50 Foot Wave, il avait également milité chez Throwing Muses). Elle va interpréter une majorité de titres issus de son dernier album, dont l'énergique « Day glo », « Wild Vanilla », « Nerve endings », le single « Under the gun », « Winter », « In shock », le légèrement psyché « Sugar baby » ainsi que « Thin man », s'accompagnant tantôt à la guitare électrique, tantôt à la sèche. Deux compos issues de « Sunny border blue » (l'orchestral « Dirty answer » et « Listerine »), une de « Hips and makers » (l'hypnotique « Your ghost »; il ne manquait que Michael Stipe) et une autre de Space angels (« Gazebo tree »). Régulièrement, les compos adoptent le rythme d'une valse ou sont imprimées sur un mid tempo. Ce qui n'empêche pas certaines d'entre elles de libérer une intensité électrique impressionnante (Kristin dispose de quatre pédales de distorsion !) David ne se contente pas des drums et des percus (il est franchement impressionnant lorsqu'il agite des maracas de la main gauche, tout en battant la mesure du pied et en frappant ses fûts sur un autre rythme de l'autre main ; il me rappelle même un certain Jonathan 'Butch' Norton, le drummer d'Eels), mais assure de temps à autre les backing vocaux. Dommage d'ailleurs qu'il ne se consacre pas davantage à cet exercice de style, car sa contre-voix se conjugue parfaitement en harmonie avec celle de Kristin. Et toute cette solution sonore est balayée par les interventions de cordes intenses, majestueuses ou vertigineuses des McCarricks. En rappel, la formation va nous réserver une compo de Throwing Muses, « White bikini Sand » absolument remarquable. Et cerise sur le gâteau, Hersh va revenir en solitaire, pour interpréter « Snake oil », issu de « The grotto », en s'accompagnant uniquement à la sèche. Kristin, tu reviens quand tu veux ! Et si c'est en compagnie des Throwing Muses, c'est encore mieux…

Two Star Hotel

Bien le bonjour de la voie lactée?

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Moins de monde que prévu pour cette belle affiche programmée par ' Rock it Mourcourt', une organisation particulièrement dynamique issue de la région de Tournai. Fondée début 2004, sa programmation privilégie la mouvance punk rock garage 60's/70's. Et la configuration du Centre culturel de Mourcourt se prête très bien à ce type d'évènement. Par contre, pas mal de spectateurs (dont plusieurs médias) découvraient pour la première fois cette petite salle. Et il ne fait aucun doute, qu'ils auront apprécié la convivialité de cet espace perdu au beau milieu de la campagne tournaisienne.

Les Lunar Tiki's, vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et pourtant, hormis la chanteuse, ce quintet est composé de vétérans de la scène rock. On y retrouve ainsi le claviériste Simon Rigot (ex- Bernthøler), le bassiste Philippe 'Flupke' De Clercq (il a milité chez les Moonshades et The Nervous Shakes), le guitariste Roland Bettenville (fan de surf music, cet ingénieur en électronique s'est illustré au sein de diverses formations locales au cours des nineties) ainsi que le drummer Michel Zylbersztajn. Alias Michel Z, il a enregistré un album sous le patronyme NOH MASK, sévi chez les Streets et surtout les Names. Pour ceux qui s'en souviennent encore, The Names s'était produit en première partie de A Certain Ratio, à Manchester en 1980, avait commis un single remarquable l'année suivante (« Calcutta ») et un excellent album en 1982 (« Swimming »), sur le label 'les Disques du Crépuscule' et sous la houlette de Martin Hannett. La chanteuse n'a que 18 ans. Mais sa voix est puissante, claire, sensuelle et bien timbrée. Et quoique de petite taille elle possède une véritable présence sur les planches. Musicalement, les Lunar Tiki's pratiquent un rock/garage/psyché/surf assez efficace. Surtout lorsqu'ils interprètent leurs compos personnelles. Une solution sonore délicieusement rognée par l'orgue Hammond. Un regret : le choix de deux reprises : « L'aventurier » d'Indochine et « Tainted love » de Soft Cell, enfin immortalisée par Soft Cell. Pas assez revues et corrigées suivant le code garage. Donc pas assez originales. Mais dans l'ensemble, cette entrée en matière s'est révélée plutôt réussie…

Fort d'un premier album épatant (« Hellelujah »), dont les ventes ne décollent toujours pas (un phénomène invraisemblable !), The Experimental Tropic Blues Band est donc reparti en tournée. Après leur set, le trio devait filer sur Mons pour clôturer un mini festival. Ce qui explique pourquoi, en début de prestation, on avait l'impression qu'il en gardait sous la pédale. Par rapport aux concerts auxquels j'ai pu assister du combo, Dirty Woolf semble plus effacé. C'est Boogie Snake qui se charge davantage des vocaux. Il s'agite, se secoue la longue chevelure blonde et dirige les débats. Il se laisse même porter par le public. Bien équilibré, le tracklist alterne compos bluesy et titres plus trash. L'électricité fait rage. A un tel point que Dirty Wolf, commence enfin à se réveiller et empoigne le fil alimentant  les loupiotes pendues au dessus de la scène. L'effet est immédiat : une panne de courant. Mais le groupe en a vu d'autres et Boogie Snake se lance dans un show improvisé au milieu du public, le temps de remettre le jus. Faut croire que cet incident a eu le don de survolter Wolf, puisqu'il s'est enfin lâché, se laissant, à son tour, porter par le public, et se déchaînant à son tour sur scène. L'intensité est alors maximale ; mais le groupe doit encore prester 50 km plus loin. Et en un éclair, remballe le matos, remercie vivement le public et prend la clef des champs. Dommage, car on a eu l'impression de n'avoir eu droit qu'à un échauffement. Question quand même : pourquoi une guitare rectangulaire (elle me rappelle celle de Bo Diddley) est demeurée dans son rack ?

C'est dans leur combinaison intergalactique que Two Star Hotel avait décidé de se produire. Sous cet accoutrement, la formation de Al et Ben Plastic n'a jamais été aussi proche de Devo. Même dans l'attitude. Robotique, mécanique, hypnotique, son funk blanc me rappelle même parfois Gang Of Four, mais sans les breaks. C'est sans doute ce qu'ils appellent du plastic-avant-rock. Fatalement, mis sur orbite par une musique semblable, on a envie de danser. Un excellent chanteur, une énergie sidérale, un jeu de scène bien en place, il ne manque plus à Two Star Hotel que de baliser ses compos de ruptures pour s'extraire d'une certaine linéarité mélodique et peut-être le concours d'un clavier pour donner davantage d'amplitude à leur odyssée sonore. C'est un avis que partageaient bon nombre de spectateurs lors de ce rendez-vous cosmique. Et sans doute une condition pour que T.S.H. s'extirpe de la zone nébuleuse de l'underground (encore que vu les costumes on se serait cru catapulté dans un épisode de la 'Guerre des étoiles'). Faut-il encore qu'il le veuille…

Au cours de cette soirée, on a eu droit au show théâtral d'Interlude. Dans les chiottes, dans le public et même sur le podium. Quatre types habillés comme des agents secrets du KGB (devait faire chaud là-dessous) qui chantent –notamment– des comptines de Noël pendant que l'un d'entre eux gratte un ukulélé. Le spectacle est très humour second (voire troisième) degré et s'achève par le strip-tease d'un des membres tournant sur lui-même, la tête surmontée d'une bougie et exhibant des boules (de Noël, bien sûr) accrochées à la taille. Apparemment, le sexe féminin a beaucoup apprécié l'effeuillage…

!!!

Shake Shake Shake

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Ok, on l'avoue. Au point où nous en sommes, tout ce que l'on pourra écrire sur !!! relèvera d'une subjectivité absolue (et assumée). Il faut dire que l'on a eu beau chercher des poux sur la tête de chacun des membres de la formation, ils finissent toujours par s'en sortir immaculés. Et ce n'est pas leur première tournée européenne en salle qui y changera grand-chose. Mais comment font-ils pour être aussi bons, bordel ???

Arrivés au Splendid vers 20h, on se dirigera presque aussitôt à l'intérieur afin de jeter un coup d'œil à la configuration de la salle. Le premier constat sera plutôt satisfaisant, le Splendid ayant des allures d'Atelier 240 un chouïa plus petit et donc encore plus convivial. Un large sourire au visage, on attendait impatiemment le début des festivités jusqu'à ce que le groupe assurant la première partie débarque sur scène. Boogie Balagan, combo franco-israelo-palestinien distilla en une demi-heure un blues rock approximatif et insupportable. Interprétés en anglo-franco-arabe ou d'autres mélanges indicibles, les compositions étaient entrecoupées de pathétiques interventions du leader, usant et abusant d'un accent cliché et totalement factice. Clairement influencé par des formations telles que Led Zeppelin, AC/DC ou les Stones, Boogie Balagan est un groupe de garage qui aurait bien mieux fait de ne jamais s'en extirper.

Quelques médisances et un achat de t-shirt trop court plus tard, les dieux du live entraient enfin sur scène devant un parterre bien rempli mais pas tout à fait comble. Parfaite entrée en matière, « Myth Takes » servira d'échauffement avant la déferlante d'énôôôôrmes tubes interprétés en majorité par Nic Offer. « All My Heroes Are Weirdos » précédera des grandioses « Pardon My Freedom » ou « Heart Of Hearts », agrémentés de l'inimitable déhanché de Nic. John Pugh s'emparera ensuite du micro pour l'électrisant « Dear Can ». Comme de tradition, il se joindra ensuite à la foule pour un « Yadnus » retentissant. Un peu plus d'une heure durant !!! fera vibrer le Splendid et suer le public à grosses gouttes avant de finir en beauté sur l'épique « Me and Giuliani Down by the School Yard » et un « Intensify » repris en chœur par une (petite) partie de l'assistance. Fidèle à leur réputation, les huit de Sacramento auront à nouveau livré un show inoubliable dont il est impossible de retranscrire le niveau de qualité à sa juste valeur. Tout simplement splendid(e). Ceux qui les manqueront le 12 avril prochain à l'AB risquent fort de s'en mordre les doigts. A bon entendeur…

(Organisation : A gauche de la lune)   

Broomheads Jacket

Toujours du bon côté

Si chaque semaine l'Angleterre décharge sur nos côtes des ferrys entiers de jeunes groupes pop-rock à la gouaille frondeuse, peu nombreux sont ceux qui arrivent à la bonne destination ; bref jusqu'à nos oreilles. Car il faut bien l'écrire : pour vraiment apprécier le brit rock mieux vaut être né de l'autre côté de la Manche, surtout quand on ne comprend que pouic à l'accent d'un Mike Skinner ou d'un Singe de l'Arctique. Et les Bromheads Jacket, comme tout bon groupe rock de Sheffield, chante ses comptines prolétaires avec l'intonation qu'il faut – celle de la rue, des petites galères et de la frime post-pubère. Pas étonnant qu'au premier rang l'on retrouve ce soir des couples de 'teenies' surexcitées, qui reprennent en chœur les paroles en sautillant sur place. Des Anglaises, forcément, total look de lectrices NME, Converse en lambeaux et T-shirt plein de lignes.

En une grosse demi-heure les trois lascars balanceront vite fait bien fait leurs chansons cascadeuses, en conjuguant l'humour accablant d'Art Brut à l'affolement d'Eighties Matchbox B-Line Disaster. A part ça l'on ne sait pas grand-chose sur Tim (chant, guitare), Jono (basse) et Dan (batterie), si ce n'est que Tim ne ressemble pas trop au mec à lunettes qu'on a pu voir dans les magazines. Mais pourquoi donc ces jeunes filles se déchaînent comme si la gym n'était plus au programme de nos écoles secondaires ? Aurait-on raté un quelconque épisode du dernier Plan Langue de la radio publique ? A la fin, Tim posera son micro au milieu de la foule (80 personnes, en gros), le temps d'un titre dont on a bien du mal à se souvenir. C'est du pop-rock qui donne envie de réécouter nos disques de Supergrass, plein de bons petits riffs et de textes tout simples. Ca parle d'Angleterre, de la déconvenue d'être un ado de la 'génération perdue', de croire encore qu'un riff peut mouiller la culotte. Le mieux serait sans doute de prendre le Thalys pour vraiment comprendre ce qui se trame dans la tête de ces types. 'Les Bromheads Jacket ? C'est le groupe de Laurent Broomhead ?!?', me demanda l'autre jour un ami néophyte. 'Désolé mais moi je préfère Nagui, lui au moins il aime la musique'. Qui prendra la place des Bromheads Jackets la semaine prochaine ? La réponse après une page de pub.

OK Go

Oh yes !

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Ce vendredi, l'Ancienne Belgique accueillait deux concerts 'sold out' fort différents : tout d'abord Sniper, rappeur français et pote de Diam's ; et au club, les Américains d'OK Go, moins notoires chez nous, mais néanmoins assez connus pour remplir cet espace très convivial.

Mais parlons surtout d'OK Go. Fondé en 1998, il a gravé son premier album en 2002 et rencontré un certain succès lors de la sortie des tubes "Get over it" et "Don't ask me", des compos issues d'un opus éponyme. Son second elpee, "Oh no", est paru fin 2006. Contrairement à certains groupes, ce n'est pas MySpace qui lui a filé un coup de pouce, mais YouTube, lors d'un concours au cours duquel OK Go a proposé à ses fans de recréer librement la chorégraphie de son clip vidéo pour la chanson "A million ways". Autre clip, "Here it goes again" constituera une performance à toute épreuve : danser sur des tapis roulants. Un court métrage que la formation est allée défendre lors du dernier MTV Awards.

En apéritif, le combo nous a servi "The House Wins". Embrayant successivement par l'énergique "Television, Television" et "Don't ask me", issus de son premier album. Notre charmant enchanteur qu'est Damian Kulash (il en fait crier plus d'une) dédie "Your so damn hot" à la gente féminine, très nombreuse… au premier rang. Il nous met ainsi en appétit avant de passer à table. Très à l'aise face à son public, Kulash s'autorise un petit bain de foule et se réserve un bref set acoustique en compagnie de deux de ses compagnons ; un épisode au cours duquel il est parvenu à faire asseoir les trois quarts du club (pas évident lorsqu'il est bondé !) Un moment intimiste, style showcase (manquait plus qu'une torche!), qui nous a rappelé incidemment, une troupe scoute réunie autour d'un petit feu de joie (NDLR: de bois?)

Chambrant parfois son collègue qui joue dans l'autre salle, il n'oublie pas de s'attaquer au fameux et très attendu "Here it goes again", lors d'une interprétation qui fera l'unanimité. La pause café reviendra à l'énergique "Do what you want", dernier single en date sorti sur les ondes ; et en guise de dessert surprise il nous livrera l'"OK Go Dance" de YouTube, en play-back. Cependant, on ne leur adressera pas de reproche, car le spectacle fut, tout au long de ce repas musical, un vrai plaisir.

On espère d'ailleurs les revoir lors des festivals cet été… Huuuum… croisons les doigts !

 

Cloé

Microclimat à la Rotonde

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Mercredi 31 janvier 2007. 20 heures. La Rotonde accueille Cloé du Trèfle, invitée à présenter son nouvel album, « Microclimat ». Sitting dans la salle et attente paisible. Bientôt, elle sera là. Bientôt…

Confiant, convaincu d'avoir  choisi le bon rendez-vous, le public sourit déjà. Drôle d'ambiance, si calme et si désirante. Accompagnée de Joël Grignard (contrebasse, basse et guitare) et de Fabrice Dumont (violon), Cloé s'empare de la scène. « Le doute » dissipe, s'il y en avait, ceux des retrouvailles. « Laure » emballe et, premier retour dans le passé, elle nous offre son « Petit présent », toujours présent, à notre esprit, à ce moment. Pas théâtrale mais un brin comédienne, elle expose joyeusement sa perception de la vie (« La vie est un cirque »).

Contente d'être là, elle communique sa joie au long de discussions auxquelles le public réplique en riant. Elle enchaîne en clouant le bec à ces gens qui nous agacent (« Assez causé ») avant de dénoncer l'envahissement des « Insectes modernes ». Mais la multi-instrumentiste, troquant volontiers les claviers pour une guitare ou une basse, peut se montrer d'une timidité émouvante lorsque « L'heure arrive ». 

Maladroite quand elle présente « L'amour et la folie », dont l'auteur est inconnu, mais sympathique en diable, elle n'hésite pas à discourir sur la SABAM. De la douceur à une certaine brutalité, il n'y a qu'un pas que Cloé franchit grâce à la confusion maîtrisée d'une « Emotion diffuse » qui prend toute sa puissance sur scène. Après un souvenir de Clover's Cloé (l'intime « Plus qu'une aurore »), la chanteuse dévoile trois nouveaux titres, ludiques : le single « Si j'étais voleuse », « Europe » ('Cette femme qui n'en est pas une mais qui aurait pu l'être', commente-t-elle) et « Recyclage ».

L' « Instant flou » de « Sapristi » cède la place aux questionnements de « Toujours » qui, déjà, annonce la fin. Mais le parterre de fidèles et curieux ne peut s'y résoudre et réclame les prolongations. « C'est important » pousse sa voix aux sommets tandis que « Drôle de scénario » émeut, encore. Rappelée une nouvelle fois, elle reprend dans une autre version « Le doute »… et la boucle est bouclée.

Timide et spontanée, espiègle aussi, Cloé du Trèfle a naturellement charmé.

Jarvis Cocker

Souvenir d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître?

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Le rassemblement de trentenaires devant l'AB ce 24 janvier au soir ne trompait pas ! Ils attendaient là une vedette leur appartenant comme une histoire entre potes, comme l'ami qui revient après un long voyage. Et l'ami, c'est lui : Jarvis Cocker ou Jèèrvis pour les intimes. Question intimité, le roi de la pop, ex chef de feu Pulp, est parvenu à abreuver sa troupe contemplative. Certains sont venus pour lui ou pour compenser leur frustration de n'avoir pu assister aux concerts accordés du temps de la splendeur Pulp. D'autres encore parce qu'ils connaissent l'artiste sous d'autres formes : l'écriture des textes de l'album de Charlotte Gainsbourg, son association avec Kid Loco ou sa participation à divers projets.

Ruacutane assume l'accueil de cette soirée qui se veut de qualité. Pas simple pour ce groupe belge un peu fade choisi par l'Anglais-parisien himself via une plateforme web. L'ambiance molle de leur set est agrémentée d'effets de voix dispensés via des cornets de téléphone. Ajoutez-y une touche d'électro et rien de tel pour rendre le tout un peu confus. On les sent mal à l'aise et ils donnent l'impression de s'ennuyer. Ils remercient cependant leur hôte d'un soir à l'issue de leur prestation. Pas marquant comme accueil !

21 h. Arrive ensuite la tête à lunette d'affiche, l'air détendu. Flânant sur scène, Mr. Cocker entame son album très professionnellement - malgré un réglage 'son' imprécis, les deux premiers morceaux, "Don't Let Him Waste Your Time" et "Heavy Weather, sont joués bien forts - et ponctue ses chansons d'un trait d'humour en franglais potable. S'enchaînent les ballades du reste de son nouvel opus qui rendent l'atmosphère beaucoup plus calme. Peut-être trop ? Pas avare de petits mots voire de petites 'jokes', Jarvis Cocker réunit musiciens et public pour le même spectacle : il en est l'acteur et s'en amuse lui-même. Le punchy « Black Magic » donne au concert un bon coup de boost, surprenant et enflammant l'assemblée. Ce débordement d'énergie annonce la fin imminente du concert. Il se produit après le symbolique et curieux rappel. Deux morceaux : la chanson cachée et bannie « Cunts Are Still Running The World » et une cover de Prince (ah bon !), interprétée à l'aide d'un copion pour les paroles. Ce qui démystifie un peu l'ambiance et met un terme à la soirée. Un rappel concédé sans grande passion, mais qui n'ôte en rien les sensations perçues au cours des 70 premières minutes. On rallume les lumières, on ramène les gobelets. Finalement, à la sortie de la salle, tout le monde à l'air content… d'avoir vécu un chouette moment. En effet ! Merci l'ami !! 

The Magic Numbers

Les 4 font la paire

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Après nous avoir servi un premier album éponyme d'une fraîcheur incomparable, Les Magic Numbers reviennent sur scène afin de nous présenter leur deuxième affaire familiale, « Those The Broke », un essai moins immédiat mais toujours aussi résolument pop. 

20h20. Arrivé un peu à la bourre, on n'aura pu apprécier que deux agréables petits morceaux de la formation qui se produisait en première partie et dont le nom nous aura échappé dix minutes plus tard. Pourtant, c'était facile à retenir, non ? Bref. Pas bien grave, on finira bien par s'en rappeler.

Les lumières se rallument, les roadies s'activent sur une scène derrière laquelle un gigantesque drapeau représentant la pochette de « Those The Brokes » est déroulé. L'Ancienne Belgique est bien remplie, mais pas sold out, nous semble-t-il. Encore une demi-heure à attendre. Et, n'ayant rien d'autre à faire que de contempler la salle et réfléchir, cette saloperie de première partie commence à tourner à l'obsession. C'était quoi leur nom, bordel ?!  Patience, ça va nous revenir. De toutes façons, le concert commence. L'intro du dernier single, « This Is A Song », se dégage des baffles et les deux paires de frangins débarquent devant un parterre véritablement extatique. A gauche, Angela et Sean Gannon. A droite, Romeo et Michele Stodart. Un air de Woodstock (où « Those The Broke » a été enregistré) et une belle harmonie règnent aussi bien sur scène que dans le public. Par ailleurs, celui-ci acclamera davantage le quatuor entre chaque titre. D'autant que les Anglais balancent tubes sur tubes. A savoir, « Forever Lost », « Love's A Game », « Take A Chance » et un  « I See You, You See Me » triomphal, les vocalises d'Angela sur ce morceaux ne laissant apparemment personne indifférent. The Magic Numbers piochera ensuite dans le meilleur des deux disques. S'enchaîneront « Long Legs », « You Never Had It », « Undecided », « The Mule », « Slow Down (The Way It Goes) » couplé à une jolie reprise du « Running Up That Hill » de Kate Bush ainsi qu'une nouvelle composition sans titre.

Proche de son audience, Romeo entonnera ensuite un « Wheels On Fire » dont le refrain sera étonnamment repris par l'ensemble du public. Une belle surprise pour la formation, car ce genre de phénomène est en général réservé aux gros singles. Romeo ne manquera pas, d'ailleurs, de remercier le public belge en le qualifiant de 'particulier'. Le show arrivant bientôt à son terme, on s'inquiète. Va-t-on se souvenir du nom de la première partie avant de quitter les lieux ? La formation clôturera son set sur des excellents « Love Me Like You » « Mornings Eleven » ou encore « You Might As Well Live In My Head », B-Side du single « This Is A Song ». Un concert somme toute sympathique, donc. Même si l'on aurait préféré que la formation se produise une nouvelle fois dans une salle plus intime comme celle de l'Orangerie du Botanique. Mais c'est la loi du plus grand nombre qui règne. Et c'est donc certainement à Rock Werchter que nous reverrons les Stodart et les Gannon lors de leur prochaine visite en Belgique.

Ah ! Enfin ! Ce satané nom ! Il était temps ! C'est donc l'esprit plus léger que l'on quitte l'Ancienne Belgique… Quel soulagement…

Organisation Live Nation

TTC

Minitel rosse

Booty, crunk, acid house et Daft Punk… Jean Nippon, disciple chtimi des rappeurs parigos, se la joue DJ de kermesse : il exhorte les djeunes b-boys à faire 'plus de bruiiiit', ça nous rappelle de vieilles 'fancy-fair' hennuyères, le cervelas fluorescent, les dessous de bras qui sentent le céleri et « This is the sound of C ». « C'est le retour de la new beat, tu savais pas ? ». Mais si couzin, et d'ailleurs « Fanfares » de Vitalic c'est presque aussi bien que le Carnaval de Binche. Et un concert de TTC ? 'C'était mieux avant', houspilleront les fans hardcore – et sans doute qu'ils n'ont pas vraiment tort. Finis les délires vocaux et l'instru jazz-lo fi à la Big Dada, place à l'italo disco, la pop Haribo et les jeux de gros mots. « Ceci n'est pas un disque de TTC » ? Depuis la deuxième moitié de leur tournée précédente (qui date seulement d'hier), Cuizinier, Teki Latex et Tido Berman n'interprètent plus de titres de leur premier album. Erick Morillo a remplacé Dose One, et « Bouge ton cul » « De Pauvres Riches » : TTC aujourd'hui veut se faire de la thune, passer à la radio et se faire passer pour un trio de macs. On n'y croit pas trop mais peu importe : le show continue, et tant mieux puisqu'on est en janvier, période plutôt morose.

« Ambition » en ouverture donne d'ailleurs le ton : embué, rampant, mélancolique – comme du Giorgio Moroder sous codéine. 'On n'est pas encore habitué au laptop, mais voilà c'est nouveau', se sent obligé de nous confier Teki Latex… Et de fait, cette nouvelle manière d'appréhender le live semble indiquer chez TTC une volonté de moins se fatiguer sur scène : 'la rançon du succès', diront les plus cyniques… Qui d'ailleurs sont absents : à la place des jeunes filles qui n'attendent que « Girlfriend » pour monter sur la scène, et deux ou trois 'vieux' fans de hip hop, pour la plupart de bonne famille. « Le chant des hommes », « J'ai pas sommeil » et « Catalogue » réchauffent un peu l'ambiance : ça gueule aux premiers rangs, malgré l'état comateux d'un Cuizi Cuiz 'larveux'. Il rouvrira les yeux quelques minutes plus tard, au moment d'entamer pour de vrai la promo de leur dernière galette. « Quand je claque des doigts », « Travailler », « Paris Paris » (ou, selon le lieu du concert : « Bruxelles Bruxelles », « Liège Liège », « Erps Kwerps Erps Kwerps », etc.) : du TTC qui a choisi de miser tous ses jetons sur l'efficacité FM, avec le risque de se faire battre en finale par Patrick Bruel (le con). David Toop parlerait de 'nostalgie pour le futur' (ce son) et Patriiiick de 'souvenirs devant' : en voilà donc une drôle de coïncidence, eh merde alors ! Il n'empêche que « Téléphone » et « Frotte ton cul par terre » sonnent comme de vrais tubes radiophoniques : même Michael Youn en a vomi sa putain de cagoule ! Ok, TTC n'est plus du tout une histoire de petits snobs qui se la pètent 'avant hop' (avant kwé ?), et on ne va pas vraiment s'en plaindre. Pensez Récré A2, mangez des pommes et rejetez donc une oreille à Milli Vanilli : ça n'a pas pris une ride ! « Dans le club » et « Girlfriend » clôturent le set avant le rappel de rigueur, un « Turbo » trance qui ressemble à de plates excuses ('Désolé les gars, mais on aime vraiment la pop FM eighties et les cols en fourrure !'). Sont-ils toujours les 'plus forts, un peu comme Musclor' ? Demandez donc à Bioman !