Fuji-Joe présage la canicule…

Après avoir accordé des concerts pendant un an à Paris et accompli un passage en Angleterre en début d'année, Fuji-Joe sort son premier Ep, « Soleil brûlant ». À travers 3 titres, Fuji-Joe revendique être à l'origine du meilleur Ep de ‘post-punk noisy french…

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Les synthés analogiques de Franck Marchal…

Une belle échappée pour Franck Marchal du groupe Batz ! Il publie le 24 juin 2024 un Ep 6 titres, « Maeltrom Metronomy » qui témoigne de son amour pour les synthés vintage et les ambiances électro cinématographiques. Le maxi « Maelstrom Metronomy » est une…

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Slowdive

The Kooks

Who's Kookin Who?

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Forts du succès de leur single « Naive » et de l'album « Inside In/Inside Out » dans leur Grande-Bretagne d'origine, les garnements de The Kooks s'apprêtent à prendre d'assaut les States, où le premier essai sera disponible dès octobre. En attendant, ils continuent leur conquête de l'Europe à coup de mini-showcases.

'Lunch With The Kooks', tel était l'intitulé de cette opération promotionnelle à laquelle seuls étaient conviés les médias et quelques privilégiés, lauréats de concours. A 13 heures de l'aprèm, embarquement immédiat à bord du Ric's Boat, Quai des Péniches à Bruxelles. Après le verre de bienvenue, l'assistance se dirige vers l'étage du bas où une mauvaise surprise l'attend. En effet, le lieu dépourvu de scène est des plus exigus et seuls les photographes et caméramans du premier rang peuvent véritablement profiter du spectacle. Peu importe, le son est nickel. L'essentiel. Le quatuor entame alors un set acoustique au cours duquel se succèderont des extraits de l'album tel que l'excellent « See The World » ainsi que les tubes « Naive », « Eddie's Gun », « You Don't Love Me » ou « She Moves In Her Own Way ». Ils gratifieront également le public de leur sympathique version du hit de Gnarls Barkley, « Crazy », initialement enregistré pour la radio britannique Radio 1. Expédié en une vingtaine de minutes, le set aura convaincu les novices et ravi les admiratrices qui semblaient connaître chaque chanson par coeur ! Le court showcase se termina ensuite sur un lunch 'Without The Kooks'. En bref, on n'aura pas vu grand-chose mais ce qu'on a entendu suffit à dire qu'un bel avenir attend la formation…

Katerine

Le numéro de 4trine...

Un homme s'avance seul sur la scène, il s'appelle Czerkinski (rappelez-vous son single « Natacha »). Accompagné de sa guitare, il chante sur un ton aigri des histoires de filles. On passe une très mauvaise demi-heure à l'écouter gémir : ce n'est pas drôle, c'en est même agressif. Notre homme file un mauvais coton ou alors son cynisme ne fait rire que lui.

Peu importe : on est là pour Katerine, dont le dernier album, « Robots après tout », tourne en boucle dans notre lecteur depuis sa sortie printanière. Entouré des Little Rabbits, le Français débute son concert par quatre titres déjà bien festifs : « Etres humains », « Excuse-moi » (une ode à l'éjaculation), « Qu'est-ce qu'il a dit » et « Le train de 19h ». Le groupe assure côté rythmique : dans un style rock et couillon qui prend toute sa mesure en live, Katerine énumère ses TOC littéraires en badinant avec les premiers rangs. Le torse maquillé (un dessin de ses organes vitaux) et les genoux tout rouges, il chante d'une voix contrite des histoires numéraires. Personne ne sait si Katerine est 'triskaïdékaphobe', mais en tout cas il aime collectionner les chansons à chiffres, de « 100% VIP » à « 1978-2008 ». Après deux ou trois vieux tubes (« Les Grands Restaurants », « Parlez-vous anglais Mr. Katerine ? », « Le Simplet »), les Rabbits quittent la scène et Katerine de tapoter à la batterie en chantant les premières paroles de « Louxor j'adore », son dernier (et plus gros) tube en date. Pause. Retour du groupe pour un « Louxor » en bonne et due forme, qui ravit le public et ravive l'ambiance, jusqu'ici bon enfant. Les gens dansent, et Katerine les regarde : il adore ça, et il le chante aussi. « Je vous emmerde » et « Borderline » (dont le riff rappelle celui d'« Overkill » de… Motörhead) finissent par mettre tout le monde d'accord : le nouveau Katerine se veut diablement rock'n'roll et groovy, quasi taillé pour le dancefloor. Il est loin, le temps de la pop yé-yé à la Tricatel-Duhamel ! C'était les années 90, un bail dans une carrière discographique…

Au moment du rappel, Katerine revient seul, à la guitare ('C'est Philippe Catherine, mon homonyme, qui m'a appris à jouer !'), chantonner « Le Jardin Botanique » ('Je l'ai écrit ici, à Bruxelles… Ce n'est pas une blague !'), « Barbecue à l'Elysée », « Vacances à l'hôpital », et des histoires de poulets, précisément celle du n°728. Après ces badinages, les Rabbits déguisés en Boulette reviennent chanter « Derrière la porte », et puis c'est « Titanic » et « Louxor », bis. Nouveaux costumes, et des invitées surprise : les Vedettes, 'plus ou moins majorettes', qui donnent la réplique à un Katerine gai luron, en roue libre. Il adore 'regarder danser les gens', et on adore danser sur sa musique. Que demander de plus ?

 

Konono n°1

Cérémonies funéraires dans la bonne humeur

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Il y a des signes qui ne trompent pas… A la vue du nombre de personnes inscrites sur une liste d'attente, pour pouvoir assister au concert (complet) de Konono n°1, une conclusion s'imposait : la formation de Kinshasa à réussi à conquérir l'Occident. Avec ses traditionnels de cérémonies funèbres passés par le filtre d'une distorsion furieuse, ils ont réussi à réconcilier tout le monde : des rockers aux fanatiques de sonorités d'avant-garde en passant par les néo hippies en sandales, nonobstant le froid carnassier qui figeait encore Bruxelles. 

Cette faune se presse donc dans un Beurs rénové pour le meilleur et pour le pire, afin de vivre deux heures d'un set efficace et sans accroche. Les 3 likembes sont toujours amplifiés par deux haut-parleurs de gare, et les percussions diverses et bricolées dynamisent ce magma hypnotique dans une ambiance de carnaval de Rio, projeté en l'an 2085. D'une nonchalance sans faille, les musiciens s'échangent les instruments entre et pendant les morceaux, adressent des clins d'œil aux premiers rangs et rigolent avec des connaissances, tandis que le chanteur/ambianceur incite la foule à danser. Cette dernière coopère facilement et la salle se transforme progressivement en piste de danse. D'autres préfèrent agiter la tête à l'audition d'une musique qui malgré la réécoute reste toujours aussi mystérieuse. Au bout d'une heure et demie, les moins résistants se rabattent vers le bar, saoulés par l'énergie de la troupe, qui pourrait encore jouer des heures sans sourciller ou montrer des signes de fatigue. Un rappel est concédé sans peine. Chaque membre refait son entrée sur un pas de danse. Un riff de basse est lancé. Les percussions s'ajoutent une à une et tout le monde est reparti pour une bonne demi-heure de fête. Futé, le chanteur termine le spectacle par une bonne session d'auto promotion en brandissant le disque sorti l'an passé pour le compte du label belge Crammed. Opération réussie, retour au bercail.

dEUS

Sur une autre planète?

En Belgique, dEUS jouit d'un statut presque divin. A l'étranger, il n'est qu'un groupe comme les autres et doit mettre les bouchées doubles pour conquérir le public. Et finalement ce n'est pas plus mal ; car cette situation les oblige à ne pas trop planer sur la vague du succès. Mais aussi à rester concentrer sur l'essentiel : faire de la bonne musique. dEUS ce produisait donc à La Luna de Maubeuge, une salle sise à la frontière française, pas tellement loin de Mons. Pas d'auditorium comble, cependant, mais un parterre évalué à plus ou moins 800 personnes ; alors que paradoxalement, quelques jours plus tôt la formation anversoise jouait devant 16.000 fans.

Assister à un set du band à une échelle plus humaine s'est avéré une expérience très agréable. D'autant plus que dans cette situation, il a encore tout à prouver. Et en pleine forme, dEUS n'a pas manqué cet examen de passage. Manifestant un enthousiasme et une conviction jamais pris en défaut, le combo a mis le public français dans sa poche.

Le groupe parfaitement soudé, la machine bien huilée, dEUS a accordé un concert sans faille. Sans pour autant arrondir les angles. Au contraire ! Parfois même les musiciens ont érigé un mur sonore impressionnant ; des instants au cours desquels on avait l'impression que le groupe était sur une autre planète…

Tantôt violent et intense, tantôt sobre (le splendide et bouleversant « Serpentine »), le set a puisé très souvent dans le tracklist de l'excellent dernier opus, 'Pocket Revolution'. Et les nouvelles chansons se sont révélées aussi puissantes que les classiques (5 plages d''In a bar under the sea').

Les meilleurs moments du set ? Tous ! Même si j'ai flashé sur un « Theme from Turnpike » empreint de quiétude, le menaçant « Worst Case Scenario » et le somptueux « Instant Street », à l'intensité graduelle.

Lors du rappel dEUS se surpassait à nouveau, en dispensant le phénoménal « Bad Timing », le venimeux « If you don't get what you want » et le frénétique « Suds and soda » qui ponctuait le spectacle dans l'exubérance la plus totale.

Ce qui m'a cependant le plus frappé, c'est le talent incroyable de Mauro Pawloski. Manifestement, c'est du bonus pour dEUS. Et tant pis pour Stef Kamil Carlens, Craig Ward, Rudy Trouvé ou Tim Vanhamel, mais le line up actuel est, sans la moindre contestation, la meilleure formule de dEUS ! Après une longue absence, l'ensemble a démontré qu'il est bien le seul à pouvoir briguer le titre de meilleur groupe rock en Belgique ; et qu'il est également un 'headliner' judicieux pour le Rock Werchter.

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

Oasis

Une résurrection...

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Mauvaise nouvelle, les Stereophonics ont déclaré forfait à la dernière minute. Motif ? Des problèmes familiaux. Ils ont donc été remplacés par Yeti. Ce quintet britannique est fort inspiré par les sixties, et notamment par les Beatles. Mais également par des formations britpop issues des nineties comme les LA ou The Verve. Le line up implique l'ex bassiste des Libertines, mais on ne retrouve, chez Yeti, aucune trace du rock/punk chaotique du sulfureux combo londonien. D'ailleurs, leur répertoire est constitué de chansons pop-rock atmosphériques et empreintes d'innocence, autant de tubes potentiels qui ne demandent qu'à truster les charts…

Toujours drivés par les frères Gallagher, Oasis s'est refait une santé en concoctant un nouvel album l'an dernier, 'Don't believe the truth'. Un disque qui recèle quelques tubes remarquables comme "Layla", "The importance of being idle" ou "The meaning of soul" ; mais surtout une œuvre dont les compos pop/rock orageuses baignent au sein d'une atmosphère très sixties. Un retour en forme qui leur permet à nouveau de tutoyer leurs œuvres majeures ; c'est-à-dire 'Definitely maybe' ('94) et 'What's the story Morning Glory' ('95). Pas pour rien qu'en 'live', Oasis met l'accent sur ces trois albums. Sur les planches, Liam et Noël sont soutenus par 4 autres musiciens. Manifestant une grande homogénéité, le line up a laissé une fort bonne impression. En outre, ils ont mis fin à leur statut de 'Fxx Oasis' du début des années 2000. Suffit d'ailleurs de se rappeler leur prestation dénuée de toute inspiration dispensée à Werchter ! Ce qui n'empêche pas Liam d'être toujours aussi imbu de lui-même. Sa mentalité 'pissed off' ainsi que son attitude arrogante et hautaine ne font rien pour arranger les choses. Mais que dire alors de son dédain pour ses fans. Passé l'instrumental "Fuckin' in the bushes", le sextuor est passé aux choses sérieuses. Et au solide "Turn up the sun" a succédé rapidement l'inévitable "Layla", un titre que le public connaît par cœur, et qu'il reprend déjà en chœur. Le groupe n'a évidemment pas oublié de passer en revue ses albums à succès du milieu des nineties, épinglant au passage des compos comme "Bring it on down", "What's the story Morning Glory" ou "Cigarettes & Alcohol". Une interprétation, pour la circonstance, bien trempée dans le rock'n'roll. Energique tout en restant mélodique, ce flash-back a rencontré un vif succès. Lorsque Liam s'éloigne un moment de la scène, c'est pour laisser Noël se réserver deux morceaux en solitaire ; et en particulier "The importance of being idle", caractérisé par son vocal intense et son jeu de guitare raffiné. Plus atmosphériques, "Songbird" et "A bell will ring" se sont signalés par une construction davantage élaborée. Avant que l'ensemble ne décide de relâcher la bride. Passant même au galop lors de "Live forever" et surtout "Mucky fingers", un clin d'œil très appuyé – mais dans le rétroviseur ! - aux Stooges, nonobstant le recours à l'harmonica. Oasis rencontre The Stooges and The Black Crowes! Le point culminant sera atteint par "Wonderwall", "Champaign Supernova" et "Rock'n'roll star" ; trois hits planétaires qui ont clôturé ce set particulièrement convaincant, de presque une heure et demie.

En rappel, Oasis s'est d'abord attaqué à "Guess God thinks I'm Abel". A cet instant, l'ambiance était vraiment très chaleureuse. Puis Noël a repris le micro pour interpréter un "Don't look back in anger" chargé d'émotion ; instant privilégié au cours duquel le public a repris la chanson massivement en chœur. Et l'apothéose a été atteinte par le puissant et dense "The meaning of soul" ainsi que la cover du "My generation" du Who, un hymne classique qui a fait froncer les sourcils des jeunes filles… Franchement, vu son passage à vide vécu depuis quelques années, il faut reconnaître que le groupe de Manchester s'est montré à la hauteur sur les planches, ce soir. Et c'est une excellente surprise ! En outre, les frères Gallagher ont regagné notre respect. Ce qui n'est pas rien…

Organisation: France Leduc Productions

Traduction Nico Verhelle/ Adaptation Bernard Dagnies)

Peter Von Poehl

En toute simplicité...

Il y a bien longtemps, dans les années 90, un type au teint livide chantait sa déprime sur fond de folk acariâtre : il s'appelait Polar, et portait un bonnet noir qui lui donnait des airs de cambrioleur à la petite semaine. Pas drôle, le mec, mais forcément touchant : ses deux premiers albums, « 1 » et « Bipolar », recelaient quelques perles à s'écouter toutes lumières éteintes, le doigt sur les tempes et la bouche crispée dans un rictus rageur. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de Genève, et l'on se demandait si Polar ne s'était pas noyé, lui aussi, tel un Buckley helvète. Dix ans plus tard, Polar refait pourtant surface et sort un quatrième album, « Jour Blanc », écrit en compagnie de Miossec. Qui pour le coup n'a pas l'air de s'être foulé le coude, tant les paroles s'avèrent naïves et dénuées de toute métaphore. Quand Polar monte sur scène, seul, sans bonnet, il nous balance donc ses nouvelles chansons, en français dans le texte, sans penser un instant à ses fans de la première heure. Et du Polar en français, c'est comme de la choucroute sans clou de girofle : ça passe mal. Chez lui, les 'roses sont des épines', à moins qu'il ne s'agisse d'un problème de liaison, mais en tout cas on ne peut s'empêcher de sourire. Etre ou avoir, peu importe, puisque les textes de ses autres chansons sont tout aussi à l'avenant : ni rimes, ni vigueur syllabique, Eric Linder devrait lire Flaubert. Heureusement que le mec est sympa : il nous raconte la genèse de quasi chacun de ses titres avant de les chanter, d'où la redondance, et l'ennui. Sympa, le mec : dommage qu'il se soit mis à la chanson française, et que d'un coup on croirait presque entendre Pascal Obispo chanter dans la montagne, au milieu des vaches violettes (cette voix, irritante à force de yodle démonstratifs). 'C'était mieux avant' ? Evidemment.

Peter Von Poehl, lui, peut se targuer d'avoir gravé un des meilleurs disques pop de l'année : l'excellent « Going to where the tea trees are », dont il interprétera 5 titres seul, à la guitare. On peut regretter l'absence de toute enluminure (synthés, cuivres, batterie, basse,…), mais présentées telles quelles, en toute simplicité, ses jolies mélodies gardent pourtant leur pouvoir d'attraction… Et quand le Suédois demande à l'assemblée de hululer en chœur sur « The Lottery », personne ne se fait prier et l'humeur monte doucement, jusqu'à envahir le parterre comme du sirop de liège. Même assis, le public réagit : il est conquis. Peter Von Poehl chante alors « The Story of the Impossible », la chanson-Mobistar, mais heureusement aucune sonnerie de GSM ne vient gâcher ce grand moment de poésie lo-fi. Avant de clôturer par « Going to where the tea trees are », Peter Von Poehl hasarde de sa voix cajoleuse quelques mots en français (il connaît bien la langue), plaisante à propos de Tricatel ; bref met tout le monde dans sa poche. Vivement la tête d'affiche en 'full live band' !

Mais les trentenaires dans la salle étaient surtout présents pour le concert de Dominique A, dont le dernier album avait déjà été présenté lors des dernières Nuits Botanique. 'Vous n'aviez pas envie d'aller voir Motörhead ?', ironise d'entrée de jeu notre homme en noir avant de balancer « Revoir les choses ». Pas d'« Overkill » en cover, mais la plupart des titres de « L'Horizon » joués pied au plancher, dans une ambiance glaciale qui en laissera plus d'un perplexe. C'est un Dominique A sec et rageur qui se présente à nous, le corps rigide et le regard frondeur : on n'est pas là pour rigoler, à moins d'aimer l'humour très pince-sans-rire du Français exilé à Bruxelles. « La Relève » et « Rouvrir » ne détendent pas l'atmosphère : il faut attendre « Le Camion », semblant de tube radiophonique, pour oser remuer les orteils en position assise. « La Mémoire Neuve » ranime de vieux souvenirs, mais la question semble être ailleurs : Dominique A aurait-il mal digéré son souper ? A part deux rappels où se succèdent enfin vieux tubes moins féroces (« Antonia » et « Le Courage des Oiseaux »), on ne peut s'empêcher de rester circonspect : il a fait froid pendant deux heures, et notre veste était consignée au vestiaire.

Piers Faccini

Fascinant Faccini...

C'est dimanche, lendemain de la veille, le genre de soirée qu'on préférerait passer chez soi...A moins qu'une belle affiche de concerts ne nous en dissuade. Ca tombe bien : l'Argentine Juana Molina et l'Italo-anglais Piers Faccini se partagent, en cette fin de semaine pluvieuse, la petite scène de la rotonde. C'est Nicolas Sirkis qui nous accueille dans la salle, en hennissant tel un cerbère Pure FM. Il est là, en direct des enceintes, et son laïus post-ado nous tanne les oreilles. Pire : le cd est griffé, et on résiste vaillamment à la chute de tension en écoutant ces trente secondes en boucle d'Indochine, comme si c'était une mauvaise blague ou une visite médicale. Peut-être était-ce aussi une (basse) manœuvre du francophile Faccini (il habite l'Hexagone) pour nous donner vraiment envie de le voir arriver, et fissa.

Quand il déboule c'est donc le soulagement, d'autant que le beau brun débute son concert par une cover a capella du grandiose « Grinnin' In Your Face » de Son House, le 'bluesman préféré de Jack White'. Classe. Frissons. Piers Faccini est pote avec Ben Harper (sur album et en tournée), mais heureusement il ne nous affecte pas d'agaçantes bondieuseries. Rejoint ensuite par un batteur et une contrebassiste réservés, Faccini se balade de minuit (« Midnight Rolling ») à midi (« Come My Demons ») sur le cadran du blues, et tout ça en un peu plus d'une heure. Folk, tarentelle, country, rock : le chanteur jongle avec les styles, en plein bayou sonore qui nous rappelle Wenders. Assis sur les gradins et dans la fosse, le public fait preuve d'une attention dévote : un concert de musique qu'on écoute vraiment, ce n'est pas tous les soirs. Il faut dire que Piers Faccini chante de très belles chansons, dont les racines se trouvent en plein Mississippi, voire en Afrique. Et il les chante d'une voix profonde et sensuelle ; une voix qui hérisse le poil mais dans le bon sens du terme. On pense aux fantômes des Buckley (Jeff et Tim) et de Spain, au gospel qu'on aimerait entendre dans nos rêves (« Each Wave That Breaks », « Talk To Her »). C'est distingué en plus d'être abordable, sans pour autant verser dans le consensuel : il n'en fallait pas plus pour terminer le week-end en beauté. 

(Setlist : « Grinnin' In Your Face », « Fire In My Head », « Circles Round You », « Midnight Rolling », « All The Love In The World », « Come My Demons », « Each Wave That Breaks », « Taste Of Tears », « Talk To Her », « Sharpening Bone », « If I », « Where Angels Fly », « Sons And Daughters », « Uncover My Eyes »)

Et ce n'est pas fini ! Deux artistes tête d'affiche, ça veut dire deux fois plus de plaisir. Si l'on cherche toujours dans les bacs des disquaires le dernier album de Juana Molina (« Son ») sorti il y a six mois, on ne pouvait décemment pas rater sa venue en concert. Un look de Sorcière Bien-aimée, une gouaille typiquement latino, et des chansons en espagnol qui rappellent à la fois Barbara Morgenstern et Astrud Gilberto : Juana Molina pourrait être notre mère, et pourtant elle manie mieux les loops et l'auto-sampling que Lionel Solveigh. De « Segundo » et « Tres Cosas » la chanteuse n'interprétera que quelques titres, dont « No Es Tan Cierto » et « Insensible », son seul morceau dans la langue de Molière. 'Parfois le français sonne trop français', avouera-t-elle d'ailleurs avant de se jeter à l'eau. Le public est conquis, même si la salle s'est vidée de moitié après le concert de Piers Faccini… Au menu donc, surtout des titres de « Son », qui frappent par leur envergure : les couches de guitare et de synthés se superposent jusqu'à former de jolies mélopées au parfum psyché-folk, sur lesquelles Molina pose sa voix si tendre. On reste bouche bée, et l'oreille tendue : si la maternité semble cette fois l'avoir inspirée, on lui souhaite encore beaucoup de gosses. Ca nous fera d'autres excellentes chansons, et des concerts d'une belle intimité... A quand un album de berceuses pour fans d'ambient folk et de tropicalisme ?

Killing Joke

Un décor digne des pères de l'indus...

Écrit par

Situé à moins de 200 mètres des berges de l'Escaut, le Petrol club est un ancien bâtiment du service de la voierie de la ville d'Anvers, reconverti en boîte techno underground. En plein quartier industriel, les lieux évoquent les décors les plus glauques des road movies américains. Tôles rouillées, bâtiments désaffectés, murs tagués, véhicules abandonnés, il est difficile de trouver plus inhospitalier que les abords du Petrol club. C'est pourtant dans cet endroit paumé que Jaz Coleman et compères ont décidé de roder la tournée promo du nouvel album décapant « Hosannas from the Basements of Hell ». Une date surprise, ajoutée en dernière minute, avant d'entamer la tournée européenne qui sillonnera la France, l'Allemagne, l'Italie, et qui repassera par la Belgique, le 26 avril à Louvain. D'une capacité de 1000 personnes, le Petrol club n'a rien d'une salle de concert traditionnelle. Des divans en cuir blanc sont disposés pêle-mêle à quelques mètres du bar éclairé par des luminaires sphériques rouges et bleus. Des films pornos « kitsch » des années 70 sont projetés sur un écran géant, tandis qu'un dj, confortablement installé sur un podium mixe des vinyles de Black Sabbath, Siouxsie and the Banshees, Bel Canto, Led Zep pour faire patienter une partie du public qui a fait le déplacement pour Red Zebra, institution new wave flamande dans les années 80.

Il est 22h30 lorsque le combo désigné pour assurer le supporting act des Jokes débarque sur la scène dissimulée par une tenture noire. Nettement plus rock qu'à ses débuts, Red Zebra revisite une bonne dizaine de classiques. « I Can't live in a living Room » fait un carton, et les refrains de « Man comes from ape » et « Innocent people » sont repris en chœur par un public chaud comme de la braise. Deux rappels seront nécessaires pour calmer les ardeurs des nostalgiques de new wave punkysante.

Minuit et quart. Les lumières faiblissent, la sono joue la superbe bande sonore du film « Barry Lyndon » avant d'enchaîner sur le classique « The faith Healer » du Sensationnal Alex Harvey Band, intro officielle de la tournée 2006 de Killing Joke. Le visage barbouillé de noir, et les yeux complètement éclatés, Jaz Coleman fait son entrée sur « Communion », un classique issu de l'album très heavy « Pandemonium ». Coiffé d'un béret, Geordie triture sa guitare tel un enragé sur le final bruitiste du particulièrement tribal « War Dance » qui provoque un pogo général sur le dance floor du Petrol club. Si la rage et la folie sont toujours bien présentes, on déplore la qualité sonore, plutôt brouillonne. Dommage, car les rares titres interprétés du nouvel album perdent en intensité, et le public réagit timidement aux compos hyper speedées d'« Hosannas from the Basement of Hell ».

Retour aux classiques avec un « Requiem » plus mou qu'à l'accoutumée, un « Asteroïd » épileptique, avant le discours coutumier de Jaz en faveur de l'Amérique du Sud, contre le dollar et fatalement contre le président des Etats-Unis. Très attendu, le tube punk « The Wait », popularisé par Metallica, transforme le Petrol Club en véritable fourmilière. Pascal, notre photographe de la soirée, s'évertue à mitrailler un Jaz excité et grimaçant, au péril de la vie de son appareil flambant neuf ! Le concert se referme sur le titre d'ouverture du fabuleux « Pandemonium ». Il est minuit et demi, et l'assistance en délire n'aura droit à aucun rappel ! Soulignons néanmoins le prix très démocratique des billets (12€) et l'aspect événementiel de ce concert qui, même s'il laisse un goût de trop peu dans la bouche, restera gravé dans les mémoires des privilégiés qui ont eu la chance d'y assister. On en parlera encore dans dix ans !

 

 

Tool

Le Jour de la Marmotte

Il y a un bail qu'on attendait Tool venir refaire un petit tour en salle pour un véritable concert. Il nous avait certes gratifié de quelques shows vite faits bien faits (Werchter 2001, Ozfest en 2002 à Anvers et Werchter 2006) mais rien d'aussi consistant. C'est donc à guichets fermés que la bande à Maynard a mis le feu à Forest National, deux jours après sa prestation au Brabanthal.

Fort d'un nouvel album signé chez Warner, Mastodon ouvre les hostilités. Une gigantesque affiche représentant la pochette de « Blood Mountain » tapisse l'arrière de la scène. Le trio fait hurler ses instruments à travers des baffles qui ne restituent malheureusement qu'un son presque pourri. Entre chaque titre, une bande d'ados s'impatiente à coups de doigts d'honneur et de mots doux. Trop rebelles. Rien que pour cette raison, on aurait bien aimé que le set de Mastodon se prolonge indéfiniment.

Maynard James Keenan est un maniaque, on le sait, mais à ce point… Avant l'arrivée de sa bande, les roadies qui ont eu la délicate tâche de vérifier si tout était en ordre question logistique, portent des espèces de protège chaussures pour ne pas salir le sol. Après un dernier coup de balai (si, si), les lumières s'éteignent sur le décor aseptisé. Le groupe, mené par un Keenan caché sous un masque à gaz, débarque sur scène et « Stinkfist » s'échappe des baffles. Les inévitables vidéos commencent également à défiler sur des écrans disposés à l'arrière-plan. Tool fait alors la part belle à son dernier album « 10,000 Days » en balançant « Vicarious », « The Pot » ou encore « Jambi ». Grande surprise, le son est nickel. A l'écoute du set de Mastodon, on aurait pu craindre le pire, surtout dans une salle comme Forest National. Côté vieilleries, « Aenima », « Schism », « Lateralus » ou encore « Swamp Song » contentent les fans exigeants. Visuellement impeccable, le concert s'achève par un 'laser show' impressionnant, entamé quelques secondes après la menace proférée par Keenan déterminé à tordre le cou au casse c******* qui s'amusait à l'aveugler à l'aide d'un laser de poche. C'est sur la promesse de revenir nous voir cet été que le quatuor s'en est allé, après nous en avoir mis plein les yeux. Que du bonheur, comme ils disent.

Pour finir, mention spéciale à la meute de sécurité de Forest National. On connaissait l'interdiction de fumer et celle de prendre des photos. Apparemment, il est désormais tout aussi interdit de sauter ou de pogoter. Quelques fans l'auront d'ailleurs appris à leurs dépens.

R.S.

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Pour son retour automnal, Tool offrait au public belge une double prestation espacée de deux jours. Le concert du Brabanthal de Louvain ayant été ajouté suite au raz de marée qui s'était abattu sur la billetterie de Forest National. Réputé pour son perfectionnisme, Tool a offert un set d'une rare qualité.

On ne peut malheureusement pas en dire autant de Mastodon qui ouvrait les hostilités. On attendait pourtant beaucoup de la prestation de ce nouveau poids lourd du métal dont le dernier album « Blood Mountain » constitue une authentique tuerie. C'est devant un énorme et magnifique backdrop à l'effigie de leur dernier bébé que les musiciens de Mastodon ont pilonné les tympans d'un public médusé face à cette bouillie sonore. Les titres sont à peine reconnaissables. Chaque coup de grosse-caisse est une douloureuse onde de choc. Les excellents riffs de guitares se perdent et résonnent dans les gradins de Forest National. Un désastre ! A tel point que certains n'hésitent pas à parler de sabotage ! Nous nous abstiendrons de commenter ces soupçons, même s'il faut reconnaître que Maynard Keenan s'enlise parfois légèrement dans un rôle de rock star imbuvable, non sans une solide dose de second degré.

Sur scène, se prépare un extraordinaire spectacle visuel. Le groupe débarque sur la gigantesque scène. Le public est bouillant. Le son limpide et quasi majestueux contraste avec la prestation des pauvres Mastodon. Derrière les quatre écrans sis au fond de la scène, Keenan apparaît en ombre chinoise flanqué d'un micro-masque à gaz rivé sur son visage, torse nu, lunettes noires, crête en bataille. Des images de synthèse et des vidéos hypnotiques sont projetées durant le set d'une heure trente essentiellement consacré à « 10.000 Days », dernière livraison des Américains avant-gardistes. Tool en extraira cinq titres, dont les irrésistibles « Jambi », « Lost Keys » et « Vicarious ». Invisible derrière sa batterie - elle s'apparente davantage à un engin spatial qu'à un instrument de musique - Dan Carey s'en donne à cœur joie sur le hit heavy « Stinkfist », histoire de faire monter la température et d'affoler les fans des premiers rangs. 'Si vous voulez que je garde ma voix, éteignez ces putains de cigarettes' lance l'Iroquois anti-fumeurs. Peu de place est laissée aux pépites de l'album « Undertow » de 1993, mais « Lateralus », durant lequel le vocaliste se tortille tel un lézard, est retranscrit à la perfection. La scène s'illumine de rayons laser pour un « Aenima » de bravoure, et le public s'étonne de voir l'éclairage de la salle mythique se rallumer à l'issue d'un set impitoyable, mais peut-être un peu court pour un combo ayant atteint un tel statut après avoir écumé le monde depuis bientôt quinze ans. Mais personne ne regrettera d'avoir été présent ce soir là car la prochaine fois que Tool posera son méga show sur un podium belge, ce ne sera sûrement plus sur celui de Forest National, mais bien sur les planches d'un Flanders Expo ou d'un Sportpaleis, au détriment de la qualité de sa prestation et surtout du son.

S.D.

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C'est une histoire à dormir debout, qui se répète dans les moindres détails : Tool et Mastodon de passage en Belgique, pour deux concerts identiques, à une chanson près (« Swamp Song »). Sur le DVD du 'making of' de Blood Mountain, Brent et Bill citent à plusieurs reprises « Groundhog Day », l'excellent film de Harold Ramis. Enregistrer un disque sur le compte d'une major, ce serait donc comme aller à la mine. Et quand on ouvre pour le groupe de metal le plus populaire de ces dernières années, forcément on évite de prendre trop de risques. On est ici pour séduire le quidam rock'n'roll, vendre des disques et des t-shirts à 30 euros.

Mastodon ? Après la Lintfabriek, le Soho, l'ABBOX et la Maison des Jeunes de Tubize (!), les quatre chevaliers de l'Apocalypse Relapse passent la cinquième et comptent bien devenir 'the next big thing', les nouveaux dieux du metal moderne. Pas de bol : leur ingé son s'est assoupi en plein boulot, et malgré quelques tubes balancés à vitesse v-v' (« Capillarian Crest », « The Wolf Is Loose », « Blood And Thunder ») personne ne semble abasourdi par cette débauche de riffs juteux et de refrains dantesques (le final, étourdissant, à la croisée de King Crimson et de Pantera). Tant pis : on les reverra un jour en tête d'affiche, en espérant qu'ils joueront leur cover des Melvins (« The Bit ») et davantage de titres de « Remission » et de « Leviathan ».

Quand Tool monte sur scène et balance l'hénaurme « Stinkfist », on perçoit directement une sacrée différence, niveau son et ambiance. Le public hurle, lève le poing, balance la tête. Affublé d'une sorte de masque à gaz auquel pend son micro, Maynard James Keenan hurle d'une voix parfois étourdie, voire essoufflée. Mais c'est bien là le seul bémol de ce live implacable, durant lequel s'enchaînent « The Pot », « Forty Six & 2 », « Jambi », « Schism » et « Rosetta Stoned ». Dany Carey se lance ensuite dans un solo de batterie époustouflant, avant le classique « Sober », seul track d'« Undertow » interprété ce soir (à FN il sera remplacé par « Swamp Song »). Nos quatre lascars décident alors de prendre une petite pause et s'asseyent sur le devant de la scène, avant la dernière ligne droite, « Lateralus » et « Vicarious ». Vous avez dit balèze ? Attendez le rappel : un « Aenema » puissant, qui met tout le monde KO. Tool salue, promet de revenir en Belgique durant les festivals d'été : on piétine déjà d'impatience, d'autant qu'il s'agirait, selon des rumeurs persistantes, de l'ultime tournée du groupe. Espérons qu'il ne s'agisse que d'un effet de manche !

G.E.

 

The Veils

Transporté dans un autre monde...

Écrit par

L'Orangerie du Bota était bien garnie pour accueillir le concert des Veils, une formation responsable d'un superbe second album (« Nux Vomica ») paru mi-septembre. Le groupe s'était déjà produit lors du festival Pukkelpop, accordant d'ailleurs un set de bonne facture, mais manifestement pas encore tout à fait au point, le second guitariste semblant un peu trop effacé pour permettre au set de décoller. Il était donc intéressant de voir si certains réglages avaient été opérés…

En première partie, Ruacutane a manifesté d'excellentes dispositions. Signé par l'écurie Carte Postale Records, le quintette pratique une sorte de trip hop particulièrement élégante et délicate, à mi chemin entre Notwist et Portishead. Les drums sont plus caressés que frappés. La contrebasse est jouée à la manière d'une basse (les archets restent le plus souvent dans leur carquois, comme des flèches…), le claviériste/bidouilleur accentue l'aspect atmosphérique des compos, le guitariste (également chanteur) n'hésite pas à opérer de judicieuses incursions dans le psychédélisme et puis Sandra, la chanteuse, possède une superbe voix, parfois soutenue par celle de Jérémie. La formation manque cependant encore de présence sur scène et puis certaines de leurs chansons manquent tout simplement de textes (NDR : répéter le même mot ou la même phrase inlassablement trahit un manque d'inspiration). En travaillant ces point dits 'faibles', le groupe pourrait devenir, d'ici quelques mois, une valeur sûre de la scène pop/rock belge…

Les lumières s'éteignent et les hauts parleurs diffusent la célèbre chanson de Piaff, « Non, rien de rien ». Certains spectateurs se mettent même à la chanter, comme si c'était un karaoké. Puis le groupe monte sur les planches. Finn Andrews, chapeau mormon bien visé sur le crâne, en tête. Et dès le début du set, le groupe commence très fort par les plages les plus intenses, les plus puissantes, les plus blues de leur second opus : « Nux Vomica », le titre maître tout d'abord, puis « Jesus for the jugular », « The guiding light » et « Pan ». Les déflagrations convulsives d'électricité déchirent l'univers sonore. Quand Finn choisit le micro astatique, on entre dans une sorte d'univers vaudou. Sa voix est toujours aussi instable, mais tellement profonde. Les spectres de feus Jeff et Tim Buckley ainsi que de Tom Waits me traversent une nouvelle l'esprit. Bonne nouvelle, le second gratteur est au diapason, et déverse allègrement ses riffs torturés. Sophia Burn, la bassiste joue presque constamment en laissant retomber ses longs cheveux devant le visage, ne laissant apparaître que très épisodiquement son joli minois. A gauche, celui de poupon de Liam Gérard, le claviériste, trahit son jeune âge. Ce qui ne l'empêche pas de démontrer tout son talent. Derrière, le drummer (NDR : son look est tellement efféminé qu'on le prendrait facilement pour une femme !) manifeste une souplesse assez étonnante dans son jeu. Parfois, il passe discrètement au xylophone. Lorsqu'il ne joue pas à la fois des deux instruments. Finn vit sa musique intensément. Lorsqu'il interprète ses chansons il se vide les tripes ; mais son regard semble ailleurs, comme transporté dans un autre monde. Parfois, on a même l'impression qu'il est au bord des larmes. Après 20 bonnes minutes de fièvre et de rage, le groupe décide de passer à son répertoire plus calme, plus tendre, plus pop. A l'instar de "Lavinia », « Under the folding branches », « Calliope! », « The leavers dance » et le single « Advice for young mothers to be ». Et puis d'en revenir à la frénésie du début du concert notamment lors de l'interprétation du très 'smithien' « The wild son » et de "Not yet".

Pour le rappel, le guitariste et la bassiste reviennent le cigare au bec. Comme des hussards ! The Veils interprètent alors « One night on earth » imprimé sur ce fameux tempo new wave et « More heat than light ». L'accueil du public est frénétique. Ce qui nous vaudra un second rappel au cours duquel Andrew viendra chanter en s'accompagnant uniquement de sa guitare l'intimiste et poignant « House were we all live ». Nouvelle ovation ! Mais les lumières se rallument et Finn remercie chaleureusement le public avant de se retirer. Reste dans notre mémoire une heure et quart d'un concert tout simplement magique…