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The Names à plein volume…

Issus de l'emblématique label Factory, aux côtés de Joy Division, New Order, A Certain Ratio, Durutti Column et Happy Mondays, The Names a consolidé sa place dans l'histoire de la musique. « Volume », c’est le titre du nouvel Ep de The Names. Il réunit quatre…

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Slowdive

Slayer

Face The Slayer

Tool et Mastodon le mercredi 8 et le vendredi 10 novembre, et Slayer entre les deux : si nos calculs sont bons ça fait trois jours de metal dans le bide, un acouphène enfin disparu après trois visites chez le nez gorge oreilles, et une envie funeste de repeindre notre salon en rouge sang et noir corbeau, après avoir relu la Bible.

On évitera de s'appesantir sur les prestations heavy metal de Children of Bodom et d'In Flames, ridicules dans leurs futes moule-bites…  « In Your face » : c'est pourtant le titre d'un des morceaux des Finlandais de Bodom, mais 'en pleine poire' on n'a reçu que des paquets de tignasses, le headbanging restant une valeur sûre chez les métalleux de tous poils.

A la pause pipi l'ambiance monte d'un cran, et tous ces valeureux cosaques de la chose trash d'entonner de vigoureux cris de guerre, car c'est le moment du 'plat de résistance', comme on dit en anglais. 'Slayer ! Slayer ! Slayer !': dans ce hall de foire qu'est le Branbanthal quelques hirsutes vident rapidement leur bière, avant de rajuster leur marcel en jean décoré d'écussons à la gloire de Metallifuckin'ca. Il fait noir et fiévreux, Slayer déboule et balance « Disciple », seul track de la période Bostaph : c'est parti pour une heure de riffs sanguinolents et de raclements massifs, un peu comme en quarante (la guerre, vous savez ?) Jeff Hanneman et Kerry King, tous deux postés à chaque extrémité de la scène, tronçonnent leur manche comme des forcenés de la branlette salvatrice. Dave Lombardo, revenu d'entre les morts après ses escapades chez Fantômas, martèle sa batterie avec force et précision : le son est bel et bien énorme, et les titres s'enchaînent sans qu'on ait le temps de dire 'Fuck yeaaaaah !' La guerre ? Slayer n'a jamais caché son intérêt pour l'esthétique martiale, détournant les codes du genre pour mieux les pervertir. Que ceux qui considèrent encore le groupe comme une bande de nazillons relisent leur cours d'histoire, car Slayer n'a rien du bazar facho pour décérébrés en manque de viande fraîche. « War Ensemble », « Jihad », « Cult » : sur l'écran défilent des images de Bush, de Ben Laden, de Riefenstahl et de tours jumelles qui s'écrasent. L'amalgame est dangereux, mais Slayer a toujours aimé jouer avec le feu, sans pour autant se compromettre. Un petit « Seasons in the Abyss » remet les pendules à l'heure, avant le doublon « Mandatory…. Suiciiiiiiide ! » (gueule le public) et « Dead Skin Mask ». Aux premiers rangs certains esprits s'échaudent, les poings volent en cadence et les mâchoires se tendent dans un rictus famélique. « Consfearacy » et « Eyes of the Insane » rappellent que les Américains viennent de sortir un bon disque (« Christ Illusion »), le meilleur depuis quasi quinze ans. Un tremblement de terre surgit alors aux tréfonds de nos tympans en berne : c'est « Raining Blood », hymne métal d'une violence inouïe, suivi des non moins cultissimes « South of Heaven » et « Angel of Death ». L'épitaphe est monstrueuse, et laisse pour mortes nos vertèbres cervicales. La fin des hostilités ? Nos quatre soldats quittent la scène après quelques remerciements, tandis qu'apparaît sur l'écran une photo de Dimebag Darrell, assassiné il y a deux ans. Heureusement qu'avec lui le metal n'est pas mort : la preuve par Slayer, 25 ans au compteur et toujours la 'niak'. Hell yeah !!!

Organisation Live Nation

KT Tunstall

Un souffle de fraîcheur...

Écrit par

KT Tunstall est de nationalité écossaise. Une dame ravissante et charmante qui s'était illustrée lors de sa première apparition au festival de Werchter. Elle y avait accordé un set d'excellente facture. Et sur la scène principale, excusez du peu ! 

Fruit d'un mélange de pop, de rock, de folk et de country, sa musique est attachante et mélancolique. Un style dominé par son vocal limpide, dont le timbre peut évoquer tour à tour Bonnie Raitt, Melissa Etheridge, Lucinda Williams, Suzanne Vega, Sheryl Crow ou Dido.

Ouvrant son set par 'Eye to the telescope', elle est parvenue à tenir le public en haleine pendant une bonne heure et demie. Flanquée d'un quatuor bien huilé, qui se partage orgue/piano, contrebasse, trompette et percussions, elle aligne pop songs mélodiques, subtiles et empreintes d'émotion, tout en se réservant la guitare. Faut dire que son répertoire est constitué de chansons intimistes, rafraîchissantes et vivifiantes. Dès les premiers accords, "Other side of the world" et l'hypnotique "Miniature disaster" recueillent les applaudissements du public. Tour à tour défileront ensuite le solide et enfiévré "Another place to fall", "Black horse et cherry tree", que la foule reprendra en chœur ainsi que le fragile "Silent sea", fragment balayé par le violoncelle. Dans un style plus atmosphérique, elle nous a gratifié de deux nouvelles chansons : "Girl'n'ghost" et "Dirty water". Solidement construit, "False alarm" s'achevait sous une forme très intense. Et en guise d'apothéose, elle nous a livré "Suddenly I see", un morceau gracile dynamisé par la double percussion. Une interprétation qui a reçu de vives acclamations.

Lors du rappel, KT s'est installée derrière le piano pour nous accorder une version originale, empreinte d'une grande sensibilité du "Fake plastic trees" de Radiohead. Et pour clore son set, elle s'est replongée au cœur de l'intimisme en nous concédant "Through the dark".

Energique et très à l'aise, KT Tunstall livre ses chansons avec grandeur d'âme et passion. Une prestation 'live' impressionnante ! Et son message est clair : 'I said don't look back, just keep on walking'.

En première partie, Willy Mason, s'est produit en solitaire. Après un début timide, son set est devenu progressivement plus énergique et chaleureux ; surtout lorsqu'il s'est décidé à lui imprimer un rythme plus soutenu. Et ma foi, les spectateurs semblent avoir apprécié son récital…

Traduction: Dominique Cordonnier (adaptation Bernard Dagnies)

Organisation: France Leduc Productions

 

Miguel Anga Diaz

Une fin de set sacrifiée sur l'autel de la danse...

Écrit par

C'est dans une ABBox clairsemée que la Brésilienne Cibelle est venue présenter son deuxième album. Intitulé « The Shine Of Dried Electric Leaves », il devrait bientôt atterrir dans les bacs des disquaires. Le single « London London », auquel a participé Devendra Banhart, commence à se frayer un chemin dans les playlists des radios nationales. Il est chargé de faire connaître un peu plus du grand public une chanteuse qui n'a jusqu'ici touché que les amateurs de nouvelle pop brésilienne.

Trois musiciens accompagnent la donzelle habillée de noir pour l'occasion : un batteur et deux guitaristes. L'un d'eux n'est autre que Mike Lindsay, préposé aussi à l'électronique et coauteur (avec Cibelle) de la majeure partie des titres du nouvel album. Certains d'entre vous en ont peut-être déjà eu un avant goût à l'écoute du quatre-titres « About A Girl », paru il y a quelques mois. Le concert débute par ce mélange d'avant-garde électronique et de bossa nova propre à la chanteuse, qui pour ce soir semble avoir du mal à entrer dans son concert. La faute peut-être à une salle un peu trop grande pour sa musique intimiste ou alors à l'éclairagiste de l'AB qui devait s'être endormi sur sa table pour ne laisser qu'une bien triste lumière blanche éclairer une bonne partie du concert, avant que Cibelle le prie gentiment de varier ses effets. La chanteuse lance des boucles vocales dans un de ses micros et se sert de ce tapis pour poser sa voix sur des chansons vaporeuses qui se disloquent aussi soudainement qu'elles sont apparues, renforçant l'atmosphère rêveuse déjà présente sur les disques. Les musiciens ne semblent pas être tout à fait à l'aise lorsqu'ils jouent sur les bandes pré programmées de Mike Lindsay. C'est quand l'électronique passe à l'arrière plan que la magie opère. La musique se simplifie alors dans des structures plus pop qui permettent à la magnifique voix de Cibelle de s'imposer, moments malheureusement un peu trop rares dans ce concert en demi-teintes…

Après un rappel expédié en vitesse, Cibelle laisse la place au groupe du percussionniste cubain Miguel 'Anga' Diaz. L'homme possède un solide cv : Irakere, Afro Cuban All Stars, et d'innombrables collaborations. Il vient défendre son album « Echu Mingua », paru en 2005 chez World Circuit. Une œuvre hybride où l'homme touche au funk et le marie aux éléments latins. Plus chaleureux et visiblement contents d'être là, les musiciens livrent une première partie de concert irréprochable. Dee Nasty, dj symbole du hip-hop français, est aux platines et balance des scratches inspirés tout au long du concert. Il en va de même pour les autres musiciens (chant, contrebasse, trompette, instruments traditionnels africains et congas joués par Baba Sissoko) qui se lanceront pendant une heure dans des joutes musicales jamais gratuites et pratiqueront du latin jazz de  tout premier ordre. Seulement voilà les personnes présentes sont quand même là pour danser et le groupe finira par se sacrifier à jouer des titres un peu plus accessibles ; loin d'être indignes, mais quand même beaucoup plus convenus.

 

The Flaming Lips

God Bless The Flaming Lips

Écrit par

Concertzaal du Vooruit, un dimanche soir. La soirée affiche 'complet'. Quelques promo boys tendent aux arrivants des singles gratuits de « Roscoe ». Le groupe Midlake, auteur de ce titre et d'un nouvel album intitulé « The Trials Of Van Occupanther », va bientôt entrer en scène. Leurs vidéos à l'esprit bricoleur et mélancolique sont prêtes à tourner et le groupe fait son entrée sur scène.

Pas facile d'ouvrir pour les Flaming Lips, mais ils s'en sortent bien. La scène est plongée dans l'obscurité. Les 5 membres du groupe sont quasi invisibles devant l'écran vidéo qui conte des histoires d'amours contrariées. Beaucoup de claviers aux sons aériens, un batteur simple mais efficace pour illustrer de longues plages pop psychédéliques plutôt belles, clairement influencées par les maîtres d'Oklahoma City, à qui Midlake dédiera un titre tandis que Wayne Coyne apprécie l'hommage en bord de scène. Le son en salle manque un peu de précision. Après une heure placée sous le calme et la contemplation, Midlake remercie le public pour son accueil chaleureux et quitte la scène. Bonne prestation, mais dommage que le groupe n'ait pas un peu plus de présence scénique.

La voie est libre pour les Flaming Lips. Ils arrivent pour placer leur complexe équipement musical et para-musical qui va transformer la soirée en dessin animé Walt Disney sous acides. Wayne Coyne, fringué classe dans costume beige, s'amuse à tester la caméra placée sur son micro, une caméra qui crée des images étranges sur l'écran derrière la scène. Il a l'air plutôt content d'être présent et adresse de grands signes au public.

Le concert s'ouvre par un instrumental. Wayne Coyne opère son entrée avec ses mains géantes tandis que l'écran vomit des images psychédéliques et multicolores qui nous rappellent que « Our life is a short blimp in an infinity of time and space ». Les ballons et les confettis envahissent le Vooruit et on a tous l'impression de retomber en enfance, le sourire aux lèvres. Les magnifiques cordes de « Race for the Prize » suivent, tandis que Wayne Coyne fait virevolter une lampe au-dessus de sa tête entre deux couplets.

Et entre les morceaux, il présente le groupe d'aliens et de santa claus postés aux deux côtés de la scène. Ils se livreront une bataille cosmique sur l'instrumental « Yoshimi ». Alors que Superwoman prend des photos, les classiques du groupe se succèdent, magnifiés par la scène et joués avec une énergie incroyable par un groupe qui existe depuis 1983 ( !). Quelques titres du tout neuf « At War With The Mystics » sont également interprétés aussi, mais « The Soft Bulletin » et « Yoshimi… » se taillent la part du lion. Quel que soit le morceau, la magie est omniprésente. Wayne Coyne demande au public de chanter son « She don't Use Jelly », joue avec ses marionnettes et invite les couples à faire leurs demandes de mariage : « Tom wil je met mij trouwen ? ». Il fait exploser des ballons gigantesques au milieu d'un jeu de lumière qui transforme la scène en enfer blanc stroboscopique. Le public participe à la fête et manifeste son approbation. Après quelques rappels et une reprise de Black Sabbath où Wayne Coyne tient à faire savoir au combien il pense que George Bush est un imbécile, le rideau tombe. Une heure et demie de pur plaisir qu'on n'oubliera pas de sitôt.

Korn

Les Korn du diable

Écrit par

Lors de cette soirée placée sous le signe du diable ('Number of the beast 666'), le Zénith s'est converti à la philosophie du métal pour accueillir des groupes aussi solides et réputés que Soulfly et Korn. Les formations en présence partageaient d'ailleurs une devise commune : "Make some fxx noise". Et manifestement, ils ont respecté ce dessein. Ce qui a bien évidemment enchanté le public.

A ce jour, Flyleaf n'a commis qu'un seul Ep ; mais un disque sur lequel figure un hit : 'I'm so sick'. Ce quintet américain peut, en outre, compter sur une chanteuse charismatique : Lacey Mosley. Elle possède un timbre vocal perçant, proche d'une Courtney Love. Le combo pratique un rock dynamique, énergique, mélodique, mais surtout métallique. Et leur set s'est révélé, ma foi, fort agréable.

Soulfly ne disposait que de 40 minutes pour chauffer la salle. Son métal tendu et implacable concentre (speed)metal, hardcore, rock, dub et rythmes brésiliens. Tout au long du set, les guitaristes se sont acharnés à multiplier les envolées de cordes (NDR : surtout Tom Morello). Une prestation enfiévrée par les accès de basse et fouettée par les percussions impitoyables. Une section rythmique en béton, quoi ! Fin de l'an dernier, le band a commis son cinquième opus, 'Dark Ages' ; mais Soulfly n'a guère interprété de titres issus de cette plaque. 'Babylon' et 'Frontlines', quand même. On a eu droit à une cover du 'Roots bloody roots' de Sepultura, l'ex groupe de Cavalera. Les morceaux sont imprimés sur un tempo infernal. Le climat est lourd. Max Cavalera hurle tout ce qu'il a dans les tripes. Comme un animal blessé… De temps à autre, un second vocaliste se met également à rugir. Il en remet une couche. Effrayant ! Bref, un set très court mais puissant et surtout convainquant!

Après une traversée du désert, caractérisée par la confection d'albums sans grand intérêt et de prestations scéniques de piètre facture, Korn s'était enfin de nouveau montré à la hauteur de son sujet, l'an dernier, lors du festival Pukkelpop. On le croyait au bout du rouleau. Et il est ressuscité. 'See you on the other side', son nouvel elpee, aligne des compos lourdes mais mélodiques. Les spécificités de Korn ont retrouvé toutes leurs couleurs : les riffs de guitares tranchants, la ligne de basse ronflante, les drums stimulants et le chant torride de Jonathan Davis. Le line up est aujourd'hui élargi à huit musiciens, impliquant un percussionniste, un second guitariste et un 'backing vocalist'.

La formation a ouvert le set par 'It's on'. Derrière le rideau, on pouvait entrevoir la structure imposante de la batterie et des claviers. Un rideau qui s'est finalement ouvert pour laisser apparaître la gigantesque mise en scène, après trois morceaux. La double percussion a rendu le son plus riche et dynamique. Le band a privilégié les compos issues de son ancien répertoire ; et puis dès le début, a exécuté quelques classiques comme 'Falling away from me' ou 'Here to stay'. En milieu de parcours, le collectif a quelque peu ralenti le tempo. Ce qui ne l'a pas empêché de maintenir la concentration de la foule. Notamment à travers 'Shoots and ladders' et 'Lies'. Ils a, bien sûr, livré l'un ou l'autre fragment issu de son dernier elpee ; et en particulier 'Coming undone' et 'Throw me away'. Traditionnellement Davis interprète une chanson à la cornemuse. Pour 'ADIDAS', l'excitation du public était à son comble ; une manière de conduire le spectacle vers l'apothéose : 'Got the life'…

En rappel, Korn a dispensé trois titres imprimés sur un rythme particulièrement soutenu : 'Twisted radio', 'Freak on a leash' et 'Blind'. Le guitariste fêtait son anniversaire ce jour là (666). Un 'Happy Birthday' diabolique lui a été réservé. Après une heure et demie de prestation, les musiciens se sont retirés. Et il faut reconnaître que leur set s'est révélé à la fois captivant et intense, démontrant ainsi que le groupe s'est enfin reconnecté à la scène métal contemporaine…

Organisation: France Leduc Productions

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

 

The Ex

Après eux, le néant...

Écrit par

Quelque part entre un squat, un hangar et un train fantôme, le Magasin 4 est l'endroit rêvé pour vivre le rock'n'roll. L'endroit parfait pour aller applaudir les mythiques The Ex. Une soirée partagée par trois groupes, trois atmosphères pour un même radicalisme.

Zea a pour mission d'ouvrir le bal. Le duo est une sorte d'alternative entre Suicide et Stéréo Total. Un guitariste bricole des airs sombres mais pop, tandis qu'un bidouilleur probablement sous EPO parcourt des kilomètres dans le mince espace qui lui est dévolu. Un set qui inclut le "Ya Ya Ya (Looking For My Baby)" (re)popularisé par les Detroit Cobras et s'achève dans un cataclysme électro-indie du plus bel effet. Attachant à défaut d'être bouleversant.

Lorsque le groupe suivant investit la scène, le public se fait plus dense, l'ambiance monte d'un cran. Combo à la géométrie plutôt insolite qui se compose d'un contrebassiste au micro, d'un batteur et d'un clarinettiste, Rosette ne fait rien comme tout le monde. Comprenez un free jazz syncopé tout en ruptures et soubresauts. Onomatopées, hululements et autres jappements pour tous lyrics, crissements d'ongles sur ballon gonflable et solos de poupée décapitée nourrissent leur univers décalé. Affichant une incroyable cohésion, le trio emporte l'adhésion d'une assistance désormais chauffée à blanc.

Vient le clou de la soirée. Accueilli comme le messie, The Ex incarne depuis 1980 et le fondateur Disturbing Domestic Peace, l'indépendance et l'intégrité les plus respectables qui soient. Véritable objet de culte, la formation néerlandaise va amplement justifier son statut. D'une intensité volcanique, d'une précision d'horloger, le groupe impressionne. La voix d'écorché vif de G. W. Sok empoigne et percute. Les guitares cisaillent jusqu'au sang, Terrie est redoutable d'efficacité. Un rock sec et tendu, violent et hypnotique. On reste sans voix alors que les premiers rangs pogotent à s'en démembrer. The Ex terrasse et fait l'effet d'une balle entre les deux yeux. The Ex écrase tout le monde. Ne les ratez plus. Jamais.

 

Metric

Le système Metric

Écrit par

Fondé par Emily Haines (NDR : la fille du poète Paul Haines, personnage qui a notamment écrit pour Carla Bley, Robert Wyatt et Albert Ayler) et le guitariste James Shaw, Metric compte aujourd'hui 8 années d'existence. Duo à l'origine, cette formation canadienne a depuis recruté un drummer (Joules Scott-Key) et un bassiste (Joshua Winstead). Emily a en outre collaboré à l'enregistrement du dernier opus de Broken Social Scene, « You forgot it in people ». Les deux albums commis à ce jour par Metric (« Grow up and blow away » et « Old world underground, where are you now ? ») privilégient les synthés et l'électronique. J'étais donc très curieux d'entendre ce que le quatuor allait nous réserver sur les planches. Et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Parce que le groupe donne une toute autre dimension (NDR : ou un autre système, si vous préférez !?!?!?) de son répertoire sur scène. Plus rock, plus groovy, plus excitante, plus dansante. Les trois autres musiciens assument parfaitement leur mission de fil conducteur. Barbes de trois jours, le guitariste et le bassiste ont presque l'air de jumeaux ! Emily chante et se réserve bien sûr les synthés. Très sexy dans sa mini robe effilochée, elle partage ses deux rôles avec énormément de conviction, enfonçant les touches de ses claviers avec une frénésie presque 'garage' ! (NDR : qui a dit sauvage ?)

Kevin Drew monte sur les planches. Seul. Il entame une conversation avec le public, demandant notamment qui parmi les spectateurs avait participé à leur dernier concert accordé à l'AB, l'an dernier. Puis il appelle les musiciens. Pour les présenter au public. Un à un. Avant de les étreindre comme s'ils ne s'étaient plus vus depuis 6 mois. Formation canadienne à géométrie variable, Broken Social Scene repose bien sûr sur une base fixe : Kevin, Brendan Canning, Jason Colet, Andrew Whiteman et Justin Peroff. Encore que chacun d'entre eux possède ses propres projets alternatifs. Aussi, il n'est pas étonnant que suivant les circonstances on remarque la présence ou l'absence de tel ou tel autre musicien. Ce soir au Bota, le line up comptera 11 personnes au maximum, dont la chanteuse Emily Haines. Car selon les compositions, le line up varie. Sans oublier que les musiciens sont capables de changer d'instrument. Kevin passant ainsi de la guitare au clavier. Parmi la flopée de guitaristes (jusque 6 !), trois sont également capables de se consacrer aux cuivres (NDR : un régal pour les oreilles !). Quant aux lead vocaux, ils sont partagés invariablement entre Kevin (NDR : un remarquable qui n'est sans doute pas assez mis en évidence !), Brendan, Andrew et Emily. Sans oublier les claviers au sol (NDR : bien cachés, mais bien présents !). Et le set s'ébroue en douceur, comme si le groupe avait le dessein de nous plonger dans une ambiance relaxante. Puis, peu à peu, l'intensité monte. Et le groupe d'interpréter la quasi-totalité des chansons de son dernier album : « KC accidental », « Stars ans sons », « Looks like the sun »,  « Cause = time » (NDR : ma préférée !), « Lover's spit » ainsi qu'« Anthems for a seventeen old girl », caractérisée par ce chuchotement trafiqué d'Emily. Et une nouvelle ! Qui mettra en présence 6 guitares et une basse. Sans se marcher sur les pieds. Un régal ! Une heure et demie de spectacle au cours duquel ils vont étaler tout leur charisme, leur passion et leur enthousiasme. Sans jamais tomber dans le chaos, même si en final on va entrer dans un délire psychédélique absolument génial. On avait même l'impression qu'un des guitaristes déversait son feedback dans un des diffuseurs. Le plus étonnant, c'est qu'aucun instrument n'étouffe l'autre. Chacun d'entre eux a son importance et participe à créer l'équilibre de la chanson. Une somme d'individualités qui se fondent dans un collectif pour entrer en parfaite osmose. Le tout dispensé par des musiciens talentueux qui prennent un plaisir évident à se produire sur scène. Ah oui, il y a eu un rappel. Mais bon, c'était prémédité. N'empêche, quel concert !

 

Broken Social Scene

La parfaite osmose entre une somme d'individualités...

Écrit par

Fondé par Emily Haines (NDR : la fille du poète Paul Haines, personnage qui a notamment écrit pour Carla Bley, Robert Wyatt et Albert Ayler) et le guitariste James Shaw, Metric compte aujourd'hui 8 années d'existence. Duo à l'origine, cette formation canadienne a depuis recruté un drummer (Joules Scott-Key) et un bassiste (Joshua Winstead). Emily a en outre collaboré à l'enregistrement du dernier opus de Broken Social Scene, « You forgot it in people ». Les deux albums commis à ce jour par Metric (« Grow up and blow away » et « Old world underground, where are you now ? ») privilégient les synthés et l'électronique. J'étais donc très curieux d'entendre ce que le quatuor allait nous réserver sur les planches. Et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Parce que le groupe donne une toute autre dimension (NDR : ou un autre système, si vous préférez !?!?!?) de son répertoire sur scène. Plus rock, plus groovy, plus excitante, plus dansante. Les trois autres musiciens assument parfaitement leur mission de fil conducteur. Barbes de trois jours, le guitariste et le bassiste ont presque l'air de jumeaux ! Emily chante et se réserve bien sûr les synthés. Très sexy dans sa mini robe effilochée, elle partage ses deux rôles avec énormément de conviction, enfonçant les touches de ses claviers avec une frénésie presque 'garage' ! (NDR : qui a dit sauvage ?)

Kevin Drew monte sur les planches. Seul. Il entame une conversation avec le public, demandant notamment qui parmi les spectateurs avait participé à leur dernier concert accordé à l'AB, l'an dernier. Puis il appelle les musiciens. Pour les présenter au public. Un à un. Avant de les étreindre comme s'ils ne s'étaient plus vus depuis 6 mois. Formation canadienne à géométrie variable, Broken Social Scene repose bien sûr sur une base fixe : Kevin, Brendan Canning, Jason Colet, Andrew Whiteman et Justin Peroff. Encore que chacun d'entre eux possède ses propres projets alternatifs. Aussi, il n'est pas étonnant que suivant les circonstances on remarque la présence ou l'absence de tel ou tel autre musicien. Ce soir au Bota, le line up comptera 11 personnes au maximum, dont la chanteuse Emily Haines. Car selon les compositions, le line up varie. Sans oublier que les musiciens sont capables de changer d'instrument. Kevin passant ainsi de la guitare au clavier. Parmi la flopée de guitaristes (jusque 6 !), trois sont également capables de se consacrer aux cuivres (NDR : un régal pour les oreilles !). Quant aux lead vocaux, ils sont partagés invariablement entre Kevin (NDR : un remarquable qui n'est sans doute pas assez mis en évidence !), Brendan, Andrew et Emily. Sans oublier les claviers au sol (NDR : bien cachés, mais bien présents !). Et le set s'ébroue en douceur, comme si le groupe avait le dessein de nous plonger dans une ambiance relaxante. Puis, peu à peu, l'intensité monte. Et le groupe d'interpréter la quasi-totalité des chansons de son dernier album : « KC accidental », « Stars ans sons », « Looks like the sun »,  « Cause = time » (NDR : ma préférée !), « Lover's spit » ainsi qu'« Anthems for a seventeen old girl », caractérisée par ce chuchotement trafiqué d'Emily. Et une nouvelle ! Qui mettra en présence 6 guitares et une basse. Sans se marcher sur les pieds. Un régal ! Une heure et demie de spectacle au cours duquel ils vont étaler tout leur charisme, leur passion et leur enthousiasme. Sans jamais tomber dans le chaos, même si en final on va entrer dans un délire psychédélique absolument génial. On avait même l'impression qu'un des guitaristes déversait son feedback dans un des diffuseurs. Le plus étonnant, c'est qu'aucun instrument n'étouffe l'autre. Chacun d'entre eux a son importance et participe à créer l'équilibre de la chanson. Une somme d'individualités qui se fondent dans un collectif pour entrer en parfaite osmose. Le tout dispensé par des musiciens talentueux qui prennent un plaisir évident à se produire sur scène. Ah oui, il y a eu un rappel. Mais bon, c'était prémédité. N'empêche, quel concert !

 

Low

Comme si demain n'existait pas...

Il y a trois ans, dans une église située en plein centre de Louvain, résonnaient les arpèges lents et douloureux de Low, trio baptiste à l'aura incandescente, géniteurs sensibles d'un genre aujourd'hui adoubé par tous les gobeurs d'anxiolytiques : le slowcore. Un rock pesant mais lumineux, surtout dans la tourmente. Et de ce brouillard électrique surgissait, le temps d'une messe spectrale, l'image d'une musique fébrile, en prise directe avec le cœur. A l'intérieur chacun priait, que ce spectacle dure à jamais.

Ancienne Belgique, 2005 : Alan Sparhawk, Mimi Parker et Zak Sally sont de retour avec un nouvel album, « The Great Destroyer », plus rock et plus tendu, mais toujours aussi gracieux. « Monkey » en ouverture, et déjà l'ambiance est à l'anesthésie : percussions ouateuses mais insistantes (Mimi au milieu de ses deux hommes, debout derrière ces fûts – une Moe Tucker des temps modernes), riffs qui bourdonnent, chant presque liturgique. Le public, subjugué, arrête de boire et de parler, pour contempler cet instant en suspens : Rubens en aurait fait un surprenant tableau. Scènes de foi. En un rock qui prend aux tripes, parce qu'il envisage sans ego la détresse sentimentale : Low, c'est du Tranxène sonique pour romantiques en herbe, de la morphine rythmique pour ralentir l'excitation. Il faut tâter de ce pouls, de temps en temps, pour se rappeler combien 'rien ne sert de courir…', surtout qu'autour de nous le monde sature. Kundera-Low, même combat ? La lenteur comme répit, face au dépit ressenti chaque jour par chacun, qu'il soit sentimental, professionnel, existentiel. Sur scène, Low déballe ses nouveaux titres (« California », « Silver Rider », « When I Go Deaf », « Everybody's Song »,…) dans l'urgence, comme si demain n'existait pas. « Amazing Grace » sonne l'heure de l'hostie : nos péchés expiés, on se rappelle notre mortalité, et donc la vie. Avant d'être notre oraison funèbre, la musique captivante de Low rythmera encore souvent nos crises de doutes. Et même de joie. La destruction est en chacun de nous, indissociable de toute (r)évolution.

The Magic Numbers

Un concert d une précision d'orfèvre...

Écrit par

Ce soir, le lieu de réception des Magic Numbers est restreint. C'est évident, la Rotonde ressemble à un petit chaudron, le charbon en moins, la boule à facettes en plus. N'empêche, l'endroit est bouillant. Le feu s'est déclaré dans les pages des magazines anglais, il y a quelques semaines. Depuis, il ne cesse de gagner du terrain. De fait, le public attend ardemment ces nouvelles figures de proue de la pop moderne. Mais il lui faudra encore patienter…

En guise d'apéro, un combo garage suédois : Shout Out Louds. Une fille pour quatre garçons, le combat est inégal. Mais l'audience se régale. Le quintette badigeonne sa musique en mode binaire. Une bonne dose de garage rock traverse ainsi une assemblée vouée au culte de Simon & Garfunkel. Dans la fosse, les décharges électriques mêlées de Moog reçoivent un bon accueil. Les Shout Out Louds ne jouent pas dans la même catégorie que les Magic Numbers mais s'imposent d'emblée comme une très bonne première partie. Ce n'est pas ça qui va calmer la micro masse compacte : tout le monde trépigne d'impatience à l'idée d'entrevoir la barbe de Romeo Stodart...

Il est 21 heures. L'intensité des projecteurs devient crépusculaire. Quatre ombres voltigent alors sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Lorsque la lumière s'épanche à nouveau sur la Rotonde, les Magic Numbers se tiennent derrière leurs instruments. A droite, Michele Stodart (la sœur de Romeo), les doigts crispés sur sa basse, regarde anxieusement Angela Ganon, postée à l'autre extrémité de la scène. Au fond, le frère d'Angela, Sean, s'installe paisiblement à la batterie. Romeo Stodart sourit béatement. Encore un peu, on lui accorderait volontiers un rôle dans le « Huitième Jour ». Mais lorsqu'ils commencent le set, les Magic Numbers nous proposent le rôle de leur vie. Leur musique est insupportablement belle, parfaite. Musicalement. Harmoniquement. Devant la scène, les gens se serrent et chantent à l'unisson les comptines power-flower des Anglais. Les hymnes du premier album s'égrènent comme autant de pépites tubesques : le premier single, « Forever Lost », le Mayfieldien « Don't Give Up The Fight » ou l'improbable « I See You, You See Me », où la voix d'Angela Ganon s'étire a cappella. Pour l'instant, cette fille a essentiellement un rôle de faire-valoir de Romeo. Mais elle dispose d'une voix unique, à faire crouler l'industrie du disque. Prions qu'elle résiste à l'appel des billets verts… Car son groupe est fabuleux, magique. Les Magic Numbers, justement, sont anglais mais leurs influences dépassent largement les frontières de la Prude Albion. C'est l'Amérique profonde : les grandes étendues du Nord mais aussi la soul Motown de Detroit. Cependant, l'empreinte nationale des Numbers se reconnaît dans les mélodies sucrées, balancées au détour de trois accords. Pour preuve : l'entêtant refrain de « Love's A Game » recouvre les parois du dôme de la Rotonde et laisse retomber d'infimes gouttelettes de bonheur. Le concert se termine sur les notes de « Hymn For Her ». Quelques minutes d'obscurité, de bruits et d'éclats de rire poussent les Magic Numbers au rappel. Sa croix en bois pendue autour du coup, Sean Ganon s'assied aux abords de sa batterie. Clope au bec, il observe, songeur, ses fidèles, cette assemblée aseptisée – régulièrement un surveillant rigoriste de l'humble institution vient rappeler aux spectateurs qu'il est formellement interdit de s'asseoir et de fumer. Bientôt, il sera interdit de boire et d'applaudir… - Aux avant-postes, Romeo, Angela et Michele se lancent dans une reprise de… Beyoncé : « Crazy In Love ». Les poils se hérissent de plaisir. La cover enfonce irrésistiblement le clou. Une version simplifiée, à faire pâlir une colonie de Black Eyed Peas. Suit alors un hit en or massif, « Mornings Eleven ». Le public est aux anges. Romeo, en digne porte-parole des Magic Numbers, le clame haut et fort : ils se souviendront longtemps de ce passage en Belgique ! Pour l'occasion, ils entament « Close Your Eyes », morceau d'une naïveté confondante, écrite par Romeo pour les Chemical Brothers (ce titre se trouve sur le dernier « Push The Button »). Le final revient à « This is a new song. A wonderful one, especially for you » au cours duquel Romeo et Michele se livrent un duel fratricide. La basse contre la guitare. La sœur contre le frère. Une bagarre psychédélique tumultueuse à en sucer des barres de LSD. Voilà donc l'histoire d'une salle comble comblée par un concert d'une précision d'orfèvre. Un grand numéro !