Un kit de survie pour Bertrand Betsch…

Au crépuscule du grand et joyeux ballet de ses 19 précédents ouvrages, l’exubérant Bertrand Betsch s’inscrit, une nouvelle fois, dans ce qu’il fait de mieux : la belle chanson française en première lecture, l’ironie ensuite, la justesse enfin. Comme toujours,…

logo_musiczine

Glass Beams signe chez Ninja Tune

Glass Beams, groupe énigmatique établi à Melbourne, s'inspire de son héritage indien, infusant son psychédélisme serpentin d'instrumentations cosmiques et de polyrythmies du monde. Son premier album, « Mirage », enregistré en home studio, est une fusion…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

DAF - Bimfest 2023
The Sisters of Mercy - 30...

Dr. Octagon

The Return of Dr. Octagon

Son prénom le prédestinait à devenir l'un des artistes les plus iconoclastes que le hip hop ait connu jusqu'ici : Kool Keith, alias Dr. Octagon, alias Sinister 6000, alias Reverend Tom, alias Tashan Dorrsett, et on en passe. En 1988 il balance en compagnie de trois potes le furieux « Critical Beatdown », sous le pseudo collectif d'Ultramagnetic MC's : un pavé dans la marre du rap encore balbutiant (à peine 10 ans), dont le single « Ego Trippin' » restera comme l'un des tracks les plus séminal à jaillir sous une casquette de sport. En 1996 il s'invente un nouveau pseudonyme, Dr. Octagon, qui lui va forcément à merveille : dans cette tête bien remplie s'entrechoquent les idées les plus folles, on parle de génie, sauf les puristes qui eux crient au scandale. Aujourd'hui Kool Keith ranime son personnage fantasque, mais il est vrai qu'en dix ans le hip hop a fort évolué. Anticon, Rawkus, Def Jux, Ipecac, Timbaland et les Neptunes sont passés par là? D'où cette forte impression de déjà entendu, et même si ça groove à pleines tubes (« Trees », « Aliens », « Perfect World », « Al Green ») aucun morceau ne sort vraiment du lot. Habile dans le détournement des genres (rock, electro, soul, funk) mais peut-être trop boulimique et dispersé (plus de 5 albums en un an !), « Dr. Octagon » a raté quelque peu son retour. To be continued ?

Mad Max

White sands

Écrit par

Formé par des anciens musicos de Jaded Heart et de Casanova, le teutonique Mad Max a tourné intensivement au cours de l’année 2006 en première partie de Deep Purple, d’Alice Cooper et du compatriote Axel Rudi Pell. L’occasion de promouvoir « Night of White Rock », un disque alignant une succession de titres basiques, stéréotypés, trop propres, voire sirupeux.

Son successeur, « White Sands », n’a guère plus d’ambition et rappelle un Stryper fatigué ou un Whiteheart au plus bas de sa carrière. Les amateurs de hard FM musclé trouveront peut-être leur bonheur sur le mélodique et entêtant « We Fight In White », hommage aux rockers chrétiens de Petra ou encore sur le ‘bonjovien’ « Someone like you » qui commence par une guitare passée dans une talk box, sonorité popularisée par Richie Sambora sur le hit planétaire « Livin on a Prayer ». Mais deux bons titres sur une galette qui en propose dix, c’est un peu léger…



Joss Stone

Introducing

Écrit par

Ce 11 avril, Joss Stone aura tout juste 20 ans. Pour fêter cet anniversaire, notre gamine de la soul dévoile un troisième album très attendu. Après le décevant « Mind Body & Soul », elle se devait de nous rappeler avoir été encensée lors de la sortie de ses « Soul Sessions », alors qu’elle n’était âgé de 16 ans… Hélas, mille fois hélas, on est envahi par une curieuse sensation de gâchis. La voix, sublime, domine certes les ébats avec une force qui a de quoi donner des boutons à toutes les Beyoncé du monde. Les arrangements sont également impeccables : le producteur et multi-instrumentiste Raphael Saadiq (Angie Stone, Erykah Badu, Kellis, etc.) a fait du très bon boulot. Mais à force de vouloir rallier trop de monde à sa cause en alternant les rythmes r’n’b, les effets pop et les élans soul, Joss Stone égare son talent dans un bien fade semblant de cohérence. Retenons tout de même quelques titres : « Tell Me What We’re Gonna Do Now » commis en compagnie de Common, le séduisant « Arms Of My Baby » ou encore le duo que partage Lauryn Hill, sobrement intitulé « Music ». Hormis ces quelques plages, on reste sur sa faim, non sans songer au potentiel immense de la diva qui se cache quelque part et risque, dans les années à venir, de gagner en maturité. Et là, ça pourrait faire très mal. 

 

 



Mono Kiri

Surviving on dreams and casual sex

Écrit par

Premières mesures, premier beat de « Surviving on dreams and casual sex » et, déjà, le ton est donné. C’est de ‘cubase’ et de programmation dont il va être question, Mesdames et Messieurs, tout au long d’un album aux forts relents new-wave. Mais alors que l’informatique peut se révéler un adjuvant, il faut bien avouer que dans ce cas-ci le constat est plutôt négatif. Habillant des compositions déjà relativement faibles, la production de l’ensemble sonne en effet bien trop plastique pour avoir une chance de relever le niveau global d’une oeuvre à l’atmosphère quelque peu surannée. Mais quelle mouche a donc piqué Caroline Werbrouck (tête pensante du projet) pour avoir ainsi été poussée à utiliser des sons de batterie et de claviers aussi synthétiques ? Tout faire seul, c’est bien, mais encore faut-il posséder le goût nécessaire à une telle entreprise. Et ne pas se ruer sur le premier son disponible dans la base de données d’un logiciel de musique… En outre, comme la charmante demoiselle ne possède pas une voix exceptionnelle, difficile d’accorder davantage qu’un trois ou quatre sur dix à une plaque dont le souvenir ne restera pas dans les annales. On sent tout au long des treize plages l’envie de bien faire et de coller à la hype, mais cette bonne volonté ne suffit malheureusement pas…



Nelson

Revolving Doors

Face aux djeunes rockeurs à la Bijou qui envahissent Paris et la ‘couv’ des magazines de mode, Nelson se pose, là. Quatre types qui ont décidé d’arrêter de se la péter avant d’avoir même commencé, d’autant qu’ils peuvent être fiers de leur premier album, le racé « Revolving Doors ». Après un EP (« Bangkok Riot ») sorti en catimini l’année dernière, voici donc 12 chansons qui ne laisseront pas de marbre les fans de cold wave/post punk à la française (façon Poni Hoax/Bed/Prohibited). On peut s’appeler Nelson et venir de Paris : voilà le véritable esprit frondeur, et pour une fois ce n’est pas qu’une affaire de Converse. Si Joy Division n’a pas fini de hanter les générations de rockeurs qui se suivent et souvent se ressemblent (« The Darkest Parts of Your True Confessions »), Nelson a le mérite d’aller aussi voir du côté de Wire et des Psychedelic Furs (« Inside », « The (over) song »), du Beta Band et du krautrock 00’s à la Secret Machines (« Paid It All », « Freakshows »). La France peut être fière : son revival rock n’est pas qu’en plasticine, ‘je lis Rimbaud et c’est ma mère qui lave mes jeans’. Un peu de maturité sans pose, c’est déjà ça de pris.



My Architects

Grand Designs

Écrit par

On vous arrête tout de suite : My Architects n’est pas un groupe d’Helsinki ! Et pour couper court à l’une ou l’autre rumeur mal placée, la formation ne débarque ni d’Australie ni de Nouvelle-Zélande. Nous sommes ici en compagnie d’un cas classique. Le groupe d’Aid Burrows nous vient, en effet, de Warrington, patelin anglais inconnu au bataillon de la pop, du rock et de l’electro. Certes, après moult recherches, on notera que Ian Brown, éminent chanteur des Stone Roses est né à Warrington (Oh là, on sent l’excitation monter !) mais qu’il quitta les lieux dès l’âge de six ans (quelle déception, hein ?).

Pour sa première sortie discographique, My Architects s’est entouré d’une ribambelle d’hommes du métier, confiant la production à James Sanger (U2, Keane, Dido, Faithless et un fourgon d’autres références à vous faire froid dans le dos) et le mixage à Ian Grimble (Manic Street Preachers, Travis, Texas, etc.). A partir de là, on pouvait craindre le pire. Imaginez le cocktail détonnant délivré par le mélange de ces délicieux antécédents... Au final, My Architects s’en sort... Mais par la petite porte du building : de son timbre lourdaud et nasillard, Aid Burrows aurait tendance à faire passer Rob Crow (Pinback) pour le décorateur d’intérieur. « Grand Designs » reste un bon disque. Mais nous sommes (bien) loin des promesses architecturales présagées par nos confrères d’outre-Manche.

Kit

Broken voyage

Écrit par
Amis lecteurs, j'attends vos remerciements : je suis arrivé au bout, tout seul, comme un grand, des 22 minutes de ce bref mais éreintant « Broken Voyage ». Premières impressions à chaud : euh? Oui. Mais non. Enfin? peut-être. Impressions après réflexion : allez, d'accord, il y a une certaine recherche dans ce brouhaha noisy-punk aussi surréaliste que profondément décadent. Derrière les guitares torturées et la voix épileptique de la dénommée Kristy, on parvient même à déceler quelques mélodies. Mais la sensation d'étouffement est constante et épuisante, tant ce fascinant chaos détient quelque chose de carnassier qui n'arrive pas à exciter nos tympans. La cohérence est inattaquable, mais difficilement écoutable malgré la courte distance du trip. Une expérience, rien de plus.

Eleni Mandell

Miracle of five

Écrit par

Une voix douce et des mélodies distinguées : c’est à peu près tout ce qu’Eleni a à nous proposer. Mais c’est beaucoup. Car elle nous détend, cette voix chaleureuse posée sur des airs semi-folk, semi-jazz qui ne demandent rien d’autre que d’être écoutés d’au moins une oreille… Ancien enfant de chœur, initiée au piano et au violon depuis l’âge de cinq ans et demi, Eleni signe un cinquième album certes court (36 minuscules minutes) mais lascif, tendre et clairsemé, presque trop simple pour être beau. D’histoires d’amour jazzy en comptines country, elle love ses sentiments dans une sorte de voile caressant, nous invitant à des voyages calmes et voluptueux qui s’offrent souvent le luxe d’être troublants. Et faussement insignifiants.



AaRON

Artificial Animals

Écrit par

Aaron, duo composé de Simon Buret et Olivier Coursier, frappe un premier coup. Un crochet gauche ferme, asséné droit au cœur. Profitant d’un étourdissement succinct, les deux Français nous plongent dans un univers sans concession. A peine y est-on pénétré que l’emprise de leurs animaux artificiels se fait irrépressible. Impossible d’en réchapper. Tel un Ghinzu baigné dans une mélancolie inapaisable, Aaron envoûte, enflamme, éblouit. Tout ça à la fois et bien plus encore. Le charme de Neverland opère dès l’ouverture crescendo d’un « Endless Song » habité d’une légère mais exquise nappe électro. S’ensuivent, entre autres, l’enivrant single « U-Turn (Lili) », un « Lost Highway » qui n’aurait pas dépareillé en fond sonore du film éponyme et une reprise osée mais étonnamment brillante et belle à en frissonner de « Strange Fruit », poème d’Abel Meeropol (alias Lewis Allan) immortalisé par la grande Billie Holiday. Aaron se risque même à poser « Le tunnel d’or », petite composition dans la langue de Molière, au beau milieu d’une œuvre anglo-saxonne. Et l’audace paie. Intelligent et touchant, « Artificial Animals Riding On Neverland » est une œuvre prodigieuse propulsant Aaron au grade de plus belle découverte française en 2007.

 

Various Artists

Roots of rumba rock: Congo classics 1953-1955

Écrit par

Publiée il y a une dizaine d’années sous forme de vinyle, « Roots of rumba rock » connaît enfin les honneurs du cd. Quarante titres enregistrés entre 1953 et 1955 pour le label Loningisa par les musicien(ne)s qui vont contribuer à définir la rumba congolaise. Un témoignage des premiers pas d’un genre musical qui allait essaimer sur le continent africain comme un souffle de liberté et d’émancipation dans un continent colonisé. Mélange de musique traditionnelle congolaise (usage fréquent des likembés), des rythmes caribéens (popularisés dans un premier temps par…Tino Rossi) et de fanfare, la rumba congolaise est aussi le fruit de la grande mixité culturelle qui avait cours dans les années 50 à Léopoldville, vitrine officielle de l’empire colonial belge. L’auditeur y découvrira les stars de l’époque (Bowane en tête) mais aussi une musique richement mélodique et percussive, conçue pour la fête, dont les paroles amusées et ironiques constituent une véritable chronique sociale du Congo Belge. Au fil des titres, la guitare électrique fait son apparition, de même que le Solovox, un clavier ancêtre des synthétiseurs, belle preuve de l’approche résolument moderniste des musiciens impliqués. Chaque titre est abondamment commenté dans un livret fort intéressant enrichi par des photos de toute beauté. Musicalement, c’est surtout la ressemblance avec la musique des Caraïbes qui surprend. Pour s’en convaincre on vous conseille de (re)découvrir la compilation « Mento Madness, Motta’s Jamaican Mento 1951-56 » dont les traits communs sont évidents ; bel exemple du ‘zeitgeist’ ayant sévi dans les années 50.