Le dernier combat de Malween…

Malween est le projet emmené par Julien Buys, auteur, compositeur et interprète, originaire de Nantes. Julien a quitté le monde de la finance, sans regret, en 2017 pour devenir comédien voix-off le jour et chanteur/guitariste a sein de différents projets…

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Vive La Fête - 11/04/2024
Enter Shikari - Ancienne ...

Août en Eclats 2023 : samedi 26 août

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C’est devenu une tradition. A Soignies, le dernier samedi est consacré à la joie et à la bonne humeur !

Depuis 2005, en effet, le Centre culturel concocte un vaste programme destiné à plaire au plus grand nombre. On y trouve une vingtaine de spectacles, un village des enfants, un marché du monde et des saveurs, des animations de rue ou encore une affiche musicale haute en couleur. Toutes ces activités sont regroupées dans le centre historique de la cité millénaire fondée au VIIème siècle par Vincent Madelgaire (Saint Vincent). Ce qui confère à Août en Eclat, un côté bucolique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Alors que certains festivals deviennent hors de prix pour le mélomane, ici c’est gratuit ! Mais pour combien de temps encore ?

Côté pile, il s’agit d’une festivité accessible, multidisciplinaire et bon enfant.  Côté face, la météo capricieuse de ces dernières semaines a probablement impacté l’enthousiasme de la foule, le site ayant été impacté.

Les plus courageux déambulent, s’arrêtent songeurs devant les nombreuses échoppes avant de plonger subrepticement sur les rares sièges disponibles aux terrasses des cafés lorsque le soleil décide, durant quelques minutes, de briller de tout son… éclat.

Nombreux sont les enfants qui profitent de leur avant-dernier jour de congé d’été, comme pour prolonger indéfiniment cette sensation de liberté qui les envahit depuis pratiquement deux mois…

Lorsque votre serviteur débarque sur les lieux, Sharko entame son tour de chant. Le frontman a l’honneur de se produire sur la grande scène.

Après avoir surpris tout son monde en opérant quelques détours contrastés au cœur de son approche musicale, depuis l'acoustique « Hometour » en passant par l'electro-pop « Glucose », l’Arlonais revient aux fondamentaux proches du rock.

Bartholomé, à l’état civil, est soutenu par Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie. Comme il aime à le souligner, ils sont tous deux originaires de Soignies et donc venus en amis et voisins. Info ou intox ? Peu importe, le public y croit dur comme fer !

Sur la scène noir-jaune-rouge, ces musiciens sont loin d’être des inconnus puisqu’ils se sont imposés dans l’univers musical, tantôt comme leaders ou encore comme sidemen dans diverses formations. Enfin, Bartholomé se charge de la basse comme d’hab’, son instrument de prédilection.

Il est parvenu à créer un style ‘pop surréaliste’ ou ‘avant-pop’ pour son aspect bricolé. Nombreux sont ceux qui se sont pressés devant l’estrade pour (re)découvrir le bien nommé.

Le set débute par « Wake up », un morceau épatant, direct et sans concession. La musique est simple voire élémentaire. Une compo à l’image de son auteur, en quelque sorte.

Le trublion belge est parvenu à mettre le public dans sa poche qui ne rate d’ailleurs pas une seule seconde les élucubrations du showman. Une mise en bouche suivie de l’excellent… « Excellent », un morceau caractérisé par la voix rocailleuse de son auteur.

Deux titres radiophoniques qui permettent aux plus anciens de se remémorer les heures de gloire du personnage aux facettes équivoques jusqu’à ce que « Never Alone », un single optimiste qui figure sur son dernier elpee, « We love you David », soit interprété.

Le quinqua en a dans le falzar. Débordant d’énergie, il est quand même moins imprévisible qu’à ses débuts.

Ce qui n’empêche pas sa musique de vous entraîner parfois dans des contrées aux allures magiques, comme lors de cet étrange « Padam », aux accents syncopés et aux envolées de guitare féériques.

Le gars est viscéralement déjanté, à l’instar de « Family », ‘l’histoire d’une famille qui prend l’E411 et puis c’est tout…’, sous les cris hilares d’un public qui a bien dû mal à le cerner.

« I went done » constitue un des moments clé de ce concert. Sans oublier cette chorégraphie surréaliste, lorsque, plongé au milieu du public, son corps s’exprime par saccades. Le visage expressif et les convulsions provoquent chez certains une crainte bien légitime.

Le concert tire doucement sa révérence. « Sweet Protection », autre compo connue, éveille chez la plupart un sursaut de bonheur. Une chanson dont la thématique traite de l’existence et de l’amour, à travers le prisme de la sécurité que lui procurait sa mère. Et par extrapolation la mère patrie. Un manifeste de la bienveillance qui colle bien avec le côté militant de l’artiste.

Un « Président » du tonnerre de Dieu et un « We Sould Be Dancing » solaire, cèdent le relais à un « We Love You David », résultante d’une vision narcissique.

Cet après-midi, Sharko s’est une nouvelle fois transformé en homme de théâtre offrant ci et là des moments inoubliables, sans oublier ce son et cette identité vocale qui le caractérisent si bien.

Direction tribord, sur la petite scène. RIVE s’y prépare.

Deux albums encensés par la critique, des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une électro pop envoûtante. Ce sont quelques superlatifs résumant parfaitement la culture de ce binôme convaincu et convaincant.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé en féministe assumée et Kévin Brieuc, le rêveur mélomane.

Le duo nous vient de Bruxelles. Il s’était déjà produit, il y a quelques années, sur la plaine de Soignies. Une opportunité pour l’interviewer, Musiczine constituant un des premiers médias à s’intéresser au projet ; et l’entretien avait séduit les deux artistes.

RIVE est venu défendre les couleurs l’elpee « Collisson », un prétexte pour se plonger dans l’histoire d’une rencontre amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chacun des personnages, sous un angle lumineux et plein d’espoir.

Habitué à se produire à deux, le tandem est aujourd’hui soutenu par un préposé à la basse et aux claviers. Ce qui permet à la musique d’emprunter un format plus organique tout en servant de support aux textes de la jeune femme.

« Dictaphone » est proposé en intro. Une chanson composée alors que Juliette, en Bretagne, avait pris la décision de quitter une relation qu’elle estimait toxique et dans laquelle elle s’était enfermée imprudemment jusqu’à un point de non-retour.

Vêtue de noir et d’un short, Juliette s’avance, sourire aux lèvres, tandis que son comparse s’installe devant les fûts, casquette vissée sur la tête. Le troisième larron, lui, se plante devant les ivoires.

C’est alors que « Rêver grand » se révèle et révèle les désirs d’une femme, partagée entre l’envie de poursuivre cette relation amoureuse, et dans le même temps, de retrouver cette liberté en tant que personne, mais aussi et surtout dans le souci de s’épanouir. Sans doute, faut-il y voir un enjeu féministe de taille, l’objectif de la demoiselle étant de retrouver sa place dans la société et de faire écho auprès de toutes celles qui vivent une situation similaire. Un appel à la vie tout simplement…

Kévin a posé un bout d’étoffe sur la caisse claire, de manière à obtenir un son suffisamment feutré pour laisser la porte ouverte à cette voix sublime, touchante et sensuelle. Parfois son jeu devient tribal, à l’instar de « Justice » ; ce qui lui permet de frapper ses peaux avec davantage d’amplitude et apporter un peu plus de visuel.

Entre rêve et réalité, RIVE a pris le parti de revisiter, le temps d’une tournée, certains titres de son premier bébé sous une nouvelle orchestration, comme pour ce « Vogue », un morceau abordé à l’aide d’une guitare prêtée pour l’occasion, celle de Miss Bossé l’ayant lâchée. Ou encore « Soleil », un titre étonnement paradoxal, ce samedi noir.

Grâce à une production musicale osée, grandiloquente, mais orchestralement portée par une émulsion artistique spectaculaire, la musique de RIVE s’inscrit dans l’air du temps en abordant des thématiques universelles et intemporelles.

Alors que beaucoup d’artistes choisissent l’anglais pour mieux s’exporter, la formation persiste et signe dans la langue de Voltaire, permettant non seulement une expression soignée, mais aussi beaucoup de rondeur à la poétique dialectale.

Même lorsqu’il est question de compositions plus frontales, comme « Tension » ou « Obsession », Juliette dévoile une fébrilité et fragilité extrêmes, les échecs amoureux la transportant sans doute autant que les réussites.

Une thématique qui n’en est pas à son coup d’essai puisque le combo s’était déjà essayé sur ce terrain lors du précédent opus. Comme ce « Fauve », traitant du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. L’intime semble politique et doit être dévoilé…

Bref, RIVE gagne encore en crédibilité et s’impose de plus en plus comme une valeur sûre de la scène francophone. Une bien jolie prestation.

Talisco et son équipe se pressent sur la main stage. Vu ses origines espagnoles, il n’est pas étonnant qu’il ait choisi un pseudo aux consonnances latines.

Les nuages commencent à devenir menaçants. Le public semble relativement pessimiste pour la seconde partie de cette journée. Certains se sont équipés de parapluies ou de K-ways. Quant aux autres…

Le jeune Jérôme Amandi, de son vrai nom, découvre la musique et la guitare à l'âge des premières révoltes. Le conservatoire le saoule, il compose ses chansons dans sa chambre et monte un groupe de rock, sur les traces de Slash, Rod Stewart et Stevie Wonder. Mais la vie l'embarque vers d'autres horizons. Il met sa carrière musicale entre parenthèses, et bosse dans l’univers du marketing. Mais en 2010, il décide d’en revenir à la musique et se lance dans l’aventure. Une voie qu’il ne quittera plus…

Il est soutenu par un bassiste ainsi qu’un drummer et se consacre à la guitare et aux synthés, son expression baignant au sein d’une ‘frenchie pop électro’…

Il éprouve beaucoup de plaisir à exprimer son art au sein du plat pays. Il estime que le public belge est le meilleur, le déclare et le répète, communiquant à l’auditoire présent, un légitime sentiment de fierté.

Un quatrième opus est en préparation. Il serait chargé de surprises ! Et à l’écoute des nouvelles compos, non seulement les aficionados ne seront pas déçus, mais elles permettront de de découvrir une autre facette de cet artiste (d)étonnant.

Considérer Talisco comme une machine à tubes serait réducteur. Il est plus que ça. Sa musique, en multipliant les décors, est une invitation aux fantasmes. Une perspective volontairement lumineuse et subtile. Sans oublier son caractère complexe, l’artiste tirant parti des superpositions tant des sons que de la voix.

Instinctive, la musique de Talisco est franche, directe et immédiate, à l’instar de ce « Thousand Suns » et sa rythmique syncopée ou encore ce « The Martian Man » qui invite à l’évasion interstellaire.

Difficile de la définir, ses chansons baignant tour à tour le rock, la pop ou encore l’électro. Une chose est sûre, il s’impose en artisan bricoleur, humble face au résultat de sa création.

Naturellement, les sonorités de Talisco sont influencées par Ennio Morricone. A cause des sonorités de la guitare. Mais aussi par la musique eighties dont il reste un fan absolu.

Si certains artistes enregistrent en fonction du ‘live’, on prend un plaisir identique à l’écouter aussi bien dans le salon, confortablement assis, cocktail en main, qu’en concert, entouré de centaines de personnes qui partagent une même vision des événements.

Il faut cependant attendre des titres incontournables comme « The Keys », 2ème single extrait de l'album « Run », pour que le public s’enflamme. Une compo restée dans la mémoire collective puisqu’elle a été choisie pour illustrer, en son temps, la nouvelle campagne 4G de Bouygues Telecom.

Selon l’adage toutes les bonnes choses ont une fin. Alors que l’ambiance est à son paroxysme, une véritable trombe d’eau s’abat sur la foule, obligeant la quasi-majorité des festivaliers à s’abriter, soit au sein de bistrots avoisinants, soit sous des abris de fortune, comme l’espace dédié aux ingé-sons, écourtant ainsi au passage l’exaltation naissante. Seule une poignée de courageux (téméraires) braveront la drache, forçant ainsi l’admiration du frontman, qui en est resté bouche bée.

Le déluge passé, le populaire « Sun », générique d’une série sur France2 ‘Un si grand soleil’ achève un concert empreint d’onirisme.

Après avoir réalisé les interviews de RIVE et de Talisco, votre serviteur entend au loin un son électro plutôt intéressant. Le temps d’arriver devant le podium, le set de Kowari vient de commencer…

C’est le projet au patronyme étrange drivé par le violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et le pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane où il se consacre à la basse), tous deux issus de la scène pop/rock belge.

Si Kowari est un petit mammifère à la queue en plumeau, comme dans ‘Le Roi Lion’, le nom de scène évoque plutôt le totem scout d’une amie commune.

Bien qu’à la base, le projet était destiné à la musique de film, très vite on lui suggère le ‘live’, l’univers du duo s’y prêtant admirablement bien.

Tout en s’appuyant sur sa formation classique dans la structure des chansons, Kowari propose une expression sonore qui navigue entre néo-classique et ambiant, Chierici se chargeant d’y apporter de la douceur alors que Louan la sublime de ses sonorités électroniques.

Une musique dont l’approche, la culture et l’instrumentation n’est pas sans rappeler celle du duo berlinois Two Lanes.

Kowari s’inscrit dans cette nouvelle génération d’artistes repoussant les frontières entre l’organique et l’électronique avec un souci de la précision et du show poussés à son extrême.

Secondé par un light show absolument délicieux, les deux comparses livrent un set empreint d’instinct et d’expérimentation, grâce aux synthés et autres loops. Sans oublier les cut-offs sur les instruments. Bref, une panoplie technologique qui leur permet de s’exprimer cinématographiquement.

Sensorielle, profonde et altruiste, la musique de Kowari, entre passages calmes et envolées diaboliques, explore de grands espaces recouverts de sable chaud propices à la sensualité. Des chansons qui se vivent plus qu’elles ne s’écoutent.

Un groupe qui peut surprendre dans un festival où le line-up se veut plutôt populaire et accessible, mais ses élans sauvages et ses air(e)(e)s de liberté s’intègrent plutôt bien dans un tel environnement…

Il fait nuit depuis un moment maintenant. Les températures ont considérablement baissé, plongeant le site dans une atmosphère automnale. La pluie tombe par intermittence. Pourtant la place de Soignies est pleine à craquer. Pas étonnant, Louis Bertignac constitue la tête d’affiche.

Pour tous les fans de rock français, Louis Bertignac restera à jamais intimement lié à l'histoire du groupe Téléphone. Entouré de son compère et complice Jean-Louis Aubert, ainsi que de Richard Kolinka et Corine Marienneau, le quatuor va régner sur le rock français de 1977 à 1986. Au sein de la formation, Lulu s'impose comme un guitariste de grand talent, dont il est aussi chanteur et compositeur.

Après la dissolution du groupe, l'artiste fonde Bertignac et les Visiteurs. Une aventure qui va durer cinq ans, sans jamais s'approcher de l'immense succès de Téléphone. Pas de quoi décourager l’homme qui va alors se lancer en solo dans les 90’s.

Le presque septuagénaire vient de sortir son dernier album « Dans le film de ma vie » et s’est lancé dans une tournée de près de 50 dates, parmi lesquelles figure Août en Eclats.

Accompagné d’un bassiste, d’un batteur et d’un claviériste, l’idole des jeunes commence son tour de chauffe par un « Ca c’est vraiment toi », suivi du mash up d’un célèbre titre des Rolling Stones « (I can‘t get no) satisfaction ». Deux titres forts qui lui permettent d’explorer pleinement les sonorités de sa célèbre guitare Gibson SG Junior pour le plus grand plaisir de la foule.

Résolument rock, Bertignac aligne alors, dans la foulée, quelques plages de son dernier opus, dont « Jamais », un titre fédérateur aux relents fondamentaux.

On le sent à fleur de peau, notamment lorsqu’il évoque sa femme Laetitia Briche, de trente-quatre ans sa cadette, à travers « Peut-être un jour ». Une chanson écrite durant la période de confinement et sur laquelle elle pose d’ailleurs la voix dans la version studio ; mais surtout, une étape difficile vécue par le couple en proie à des querelles au sujet de leur fils, Jack, les obligeant à faire chambre à part pendant deux à trois mois, se souvient-il, amusé.

Une composition légère, fraîche, qui a permis à son auteur de renouer le dialogue avec sa promise par échange de sms aime-t-il à détailler sous les cris hilares des spectateurs, ayant aussi connu, eux aussi, probablement pareille mésaventure.

Bertignac s’épanche ensuite sur une autre histoire d’amour, celle de sa célèbre Gibson SG Jr achetée à Londres en 1974. La même Gibson que John Lee Hooker détaille-t-il, laissant surgir ce qu’il y a de plus profond chez chacun des musiciens.

Bref des compos dans lesquelles l’artiste se confie tout à tour sur le temps qui passe, sur l’amour, les séparations ou encore la drogue.

Véritable touche-à-tout, Bertignac est un curieux qui se laisse bercer par la vie. Un artiste qui ne cesse de s’inventer et se réinventer.

Mais aussi, un homme attaché au passé et aux valeurs sûres de la chanson française. A commencer par ce « Cendrillon » qui ravit la fan base ou « Un autre monde », autre titre phare de Téléphone, issu du cinquième et dernier elpee du quatuor, gravé en 1984.

Il est déjà presque temps de tirer le rideau et de laisser cette petite ville vaquer à ses occupations.

Bertignac s’exécute en personnage iconique et véritable institution, en s’appuyant sur un « Purule Rain » du regretté Prince, une version impressionnante, jouée tout en retenue et sublimée par le jeu down tempo du drummer.

Encore une fois, le Centre culturel et plus largement la Ville de Soignes sont parvenus à démontrer leur savoir-faire en proposant des concerts de qualité et totalement gratuits. Des faits tellement rares qu’ils méritent d’être soulignés, dans un monde gangréné par cette course effrénée aux profits.

Mais combien de temps résisteront-ils encore ?

(Organisation : Août en Eclats)

 

 

 

W-Festival 2023 : samedi 26 août

Écrit par

Tout avait pourtant bien mal commencé ! Après un peu plus de 90 minutes de route, votre chroniqueur est à la recherche d'un emplacement pour son véhicule ! Trouvé ! Et Waze renseigne une distance de 1,7 kms à parcourir pour atteindre la ‘Klein Strand’, où se déroule le festival. Après une marche de 200 mètres, dans la direction indiquée, le GPS rectifie : le trajet sera de 6,5 kms ! Il faut donc reprendre la voiture, mais tous les parkings sont complets ! Il y a bien quelques places libres le long des rues principales, mais il n’est pas autorisé de rester garé plus de 2 heures ! Pas envie de se farcir une prune ou pire, de retrouver le véhicule en fourrière... Après avoir tourné inlassablement, on finit par s’éloigner. Un stationnement sans risque est enfin déniché, mais il se situe à 4,5 kms du site. Et cette marche forcée, il faudra se la retaper en sens inverse, à l’issue des concerts... après être resté debout pendant 7 heures…

En arrivant sur place, il faut déjà dire ‘adieu’ à nos sandwiches ! Interdiction d'amener de la bouffe et des boissons à l'intérieur de l'enceinte ! Ok ! That's my very big mistake ! Il aurait été préférable de bien lire les conditions d’accès au site ! Enfin ! On ne va quand même pas balancer des sandwiches au filet américain à la tête des artistes !

Nik Kershaw ! Quelle idée de programmer un tel artiste à 14h20 ! Pas grave, on s'avance, mon Kéké (Kelian Mongin) et votre serviteur ; et puis, tout à coup, c'est le déluge ! Des trompes d'eau s'abattent sur les festivaliers. On se précipite sous le chapiteau et... stop ! Défense d’entrer ! Il y a trop de monde à l'intérieur !!! Pendant que le préposé à la sécurité nous explique cette décision, une dizaine de personnes pénètrent à notre gauche et à notre droite ! Frustrant ! ‘The Riddle’, ‘Wouldn't it be good’, ‘I won't let the sun go down on me’ (the sun ? The rain, yess) plus tard, trempés jusqu'aux os, on capitule et on se dirige vers une friterie ! Ben oui, on n'a plus de sandwiches... 7 € le (petit) paquet de frites ! 5,50 pour la barquette + 1,50 pour la sauce ! Et elles n'étaient même pas bonnes ! On comprend mieux l'histoire des sandwiches qui finissent à la poubelle.

Bon, maintenant, on a soif ! 45 minutes de queue pour pouvoir déguster 1 Wittekerke Rosée ! Une blanche avec de la grenadine quoi ! Enfin, ça désaltère et c'est déjà ça ! Il est l'heure de la première conclusion partielle : le W-Festival n'apprend pas de ses erreurs et les reproduit d'une année à l'autre...

Mais il est l'heure aussi du Earth Wind and Fire Project ! Et là, première claque ! Ils sont bons les bougres ! Et le son l'est tout autant ! Et ils ont l'excellente idée de terminer leur prestation par les titres les plus connus : "September", sur lequel l'ombre de Omar Sy et François Cluzet plane, mais aussi "Boogie Wonderland" et "Let's groove" qui viennent ponctuer une prestation de grande qualité. Le public est déjà conquis, et la bonne humeur revient. Tout comme le soleil.

On profite du va-et-vient de la foule pour se faufiler vers les premiers rangs ; et, déjà, Wet Wet Wet grimpe sur le podium ! D'abord annoncé comme ‘dismissed’ pour raison de COVID d'un des membres, la formation est bien présente ! Ce qui, au vu de l'état des fringues de votre chroniquer et de son patronyme, n'est que logique ! Si elle avait opté pour ‘Dry Dry Dry’, il aurait été plus difficile d'assurer une belle prestation... Parce qu’elle a été tout bonnement excellente ! Si les deux Graeme (Clarke et Duffin) sont toujours bien au poste, et en très grande forme, Marti Pellow a été remplacé par Kevin Simm. Le nouveau chanteur du groupe écossais va-t-il tenir la comparaison ? Près de 15 ans plus jeune que les membres fondateurs, il va faire mieux que ça ! Le mec a une voix de malade et un charisme de dingue. Il improvise même une partie de football, agrémentée de quelques jongles de qualité avec le public qui lui renvoie sans cesse un ballon de plage, et lance un petit débat sur la qualité des bières belges.

"Sweet surrender", "Love is all around" mais surtout "With a little help from my friend" et "Wishing I was lucky" font un véritable tabac au sein d'un auditoire de plus en plus déchaîné !

Il faut attendre 45 minutes avant l'arrivée de Nena ! Aaah l'attente est longue, mais le plaisir n'en sera que plus intense...

Les lombaires de votre chroniqueur commencent à le rappeler à l'ordre et lui imposent un ‘sitting’ dans le sable. Le retour en position debout entraîne une chute en avant sur les pieds d'une voisine francophone... Heureusement, son copain de 2 mètres n’en tiendra pas rigueur... Et voilà enfin la Reine de la soirée ! Gabrielle Suzanne Kerner, alias Nena !

Elle entame son gig par "Genau Jetzt". Et d'entrée, elle fait chanter le public qui n'attend que ça ! Elle a une pêche d'enfer du haut de ses ??? 63 printemps et est toujours aussi belle. Elle est soutenue par une équipe extraordinaire. Ses 2 guitaristes, John Andrews et Gabriel Holz (NDR : merci Philippe), sont tout bonnement époustouflants et accompagnent Nena dans ses sprints et multiples sauts sur scène. Même s’il semble que ce soit Philippe Palm à la batterie, une recherche approfondie sur le Web ne permet pas de retrouver les noms de tous les membres du combo. Mais de la qualité, il y en a à revendre !

Les morceaux s'enchaînent lors d’une prestation plus ‘rock’ que jamais : "Nur getraümt", "Kreis", "Lied Nummer 1", "Willst du mit mir gehn ?" et le public, en chœur, de répondre ‘Jaaaaa’ !

Un petit moment de répit est accordé à travers un de ses tout derniers titres : "Karawane". Et puis, le set repart de plus belle, Nena se chargeant de la guitare rythmique ! "Noch einmal", "Zaubertrick", "Leuchtturm", "Blitzkrieg Bop" qui se s’achève en version ‘ramonesque’ et on en arrive déjà à la fin du show. Alors que le claviériste entame les premiers accords du légendaire "99 Luftballons", Nena reçoit un ballon blanc, géant, qu'elle dédicace, avant de le balancer dans la fosse en délire !

Hast du etwaß Zeit für mich
Dann sänge ich ein Lied für dich
Von 99 Luftballons
Ihren Weg zum Horizont
Denkst du vielleicht gerade an mich
Dann sänge ich ein Lied für dich
Von 99 Luftballons...

Elle termine ce morceau par le final de "Hey Jude" des Beatles repris par 3 500 fans exaltés, avant de tirer sa révérence en affichant un sourire qui ne l'a pas quittée une seule seconde.

Ben quoi ? C'est tout ? Et "Irgendwie, Irgendwo, Irgendwann" alors ?

Surprise ! Nena kommt zurück et nous offre cet autre morceau culte. Pas de Kim Wilde pour l'accompagner ? Certains ont peut-être fermé les yeux, et l'ont rêvée. Mais finalement, pas besoin de Kim ! Nena fait très bien le job seule. Pour notre plaisir, pour le sien ! Une heure (57 minutes exactement) d'un concert empli de professionnalisme, de dynamisme et de très bonne humeur. On se reverra Nena ! Votre chroniqueur ne compte pas, une fois de plus, attendre 35 années avant de la revoir sur les planches.

Human League ? Le dos dit ‘stop’ ! Il faudra faire l’impasse. Au cours de la randonnée pédestre du retour, on entend vaguement la bande à Phil Oakey, et de loin. Le temps de retrouver mon amie Christine et son adorable mari, Frédéric. Et d'aller déguster 2 excellentes ‘Triples Karmeliet’ !

 

The Poison Arrows

Crime & soda

Écrit par

Né en 2000, The Poison Arrows réunit l’ex-Atombombpocketknife Justin Sinkovich au chant et à la guitare, Adam Reach (NDR : il a bossé au sein du fameux label Touch & Go) aux drums ainsi que l’ex-Don Caballero (NDR : un groupe qui était hébergé chez Touch & Go), Pat Morris, à la basse.

« Crime & Soda » ne constitue que le cinquième opus de la formation chicagoan, une œuvre dont le mastering a été assuré par Bob Weston, le bassiste de Shellac.

Il faut plusieurs écoutes avant de s’imprégner de cette expression sonore. Et puis soudain, la lumière jaillit. The Poison Arrows joue dans la même division que FACS. Même la voix de Sinkovich est aussi rêche et déclamatoire que celle de Brian Case. Oh, bien sûr, l’expression sonore lorgne parfois vers Fugazi et la bande à Albini, notamment lorsque ce post hardcore nous entraîne vers des climats atmosphériques.

Le long playing s’ouvre par le remarquable « Mercurial moments erased », une plage aux chœurs bien mâles, alors qu’en fin de parcours les sonorités de la guitare deviennent de plus en plus âpres.

Les mélodies sont complexes, ténébreuses, mais souvent répétitives et parfois obsessionnelles (« All these kids »). Omniprésentes, les lignes de basse sont inventives et expertes. Les polyrythmies amples. Les sonorités de guitare, sauvages, fouillées, lancinantes ou hypnotiques, mais rarement explosives. Et puis un titre comme « Asynchronous empire of dragonflies » s’autorise une symphonie de dissonances à mi-chemin entre noise, free jazz et prog.

Un excellent album, mais à ne pas mettre entre les oreilles du mélomane lambda…

Stephen Steinbrink

Disappearing Coin

Écrit par

Issu de Phoenix, dans l’Arizona, mais établi à Oakland, en Californie, Stephen Steinbrink doit avoir enregistré près d’une vingtaine d’albums solo, cassettes y compris. Difficile d’ailleurs d’établir exactement sa discographie en se servant des infos recueillies sur la toile, les différents sites spécialisés dans le domaine ne proposant pas nécessairement la même liste. Toujours est-il que son dernier elpee, « Utopia Teased », remonte à 2018. A l’issue de l’enregistrement de cet opus, l’artiste a voulu donner une nouvelle orientation à son existence. Il s’était même tourné vers le bouddhisme et avait entamé une formation monastique, avant que n’éclate la crise de la COVID. Brisé dans son élan, il s’est alors replongé dans l’univers de la musique en se consacrant à la production pour d’autres groupes ou artistes.

Pour enregistrer « Disappearing Coin », Stephen a reçu le concours de quelques collaborateurs, dont son fidèle arrangeur, Andrew Dorsett, mais aussi Nick Levine (Jodi), Taylor Vick et Paul Frenzi (Ever Ending Kicks). Ce dernier participe activement au titre qui ouvre le long playing, « Opalescent ribbon ».

Une constante tout au long de l’opus, le soin apporté aux harmonies vocales. Limpides, atmosphériques, superbes, elles rappellent très souvent celles de Crosby, Stills & Nash. Une impression qui s’accentue lorsqu’acoustique, la guitare est jouée en picking et qu’on entend les doigts qui glissent sur le manche. Il y a cependant l’une ou l’autre compo plus électrique, mais elles ont le bon goût de préserver la délicatesse des accords (les deuxièmes versions de « Cruiser » et « Nowhere real », une plage allègre soulignée par des sonorités de piano électrique).

Au cours de ce long playing, on rencontre des notes d’ivoires sonores çà et là, une ligne de basse élégante, un zeste de synthé, deux instrumentaux (le titre maître et le final, « Is it what I want, but not what I need » et ses tonalités d’orgue de barbarie) et même de subtils arrangements de cordes sur « Who cares », une piste traversée par une pedal steel ; et dans le même esprit, un morceau qui lorgne distraitement vers la country, « Cool & collected ».

Un album plutôt minimaliste, très agréable à écouter, même s’il véhicule des accents revivalistes, empruntés aux seventies…

Activity

Spirit in the room

Écrit par

Après le split de Grooms, le chanteur/sixcordiste Travis Johnson et le drummer (comédien quand il a du temps libre) Steve Levine décident de monter un nouveau projet : Activity. Ils engagent le guitariste Russian Baths et la bassiste Zoë Browne (ex-Empty Country, ex-Field Mouse) pour compéter le line up et enregistrent un premier elpee, « Unmask Whoever », en 2020. Depuis, Bri DiGoia a succédé à Zoë, à la basse.

« Spirit in the room » (NDR : une référence à Smog) constitue le second opus du quatuor, un disque concocté dans des circonstances difficiles, puisque le père de Johnson est tombé gravement malade et sa mère est décédée, des suites d’un cancer du pancréas. Ce qui peut expliquer cette douleur qui transparaît à travers certains morceaux de cet LP. Dont « I saw his eyes », qui évoque l’affection de son paternel, une piste dont le final est particulièrement chargé d’intensité électrique. Et dans le même esprit de vulnérabilité, « Susan medical city » clôt ce long playing. Outre de la mort et la souffrance, les lyrics traitent de la paranoïa, des dégâts causés par le capitalisme et de l’anxiété causée par la COVID 19.

L’expression sonore de cette formation est issue d’une fusion expérimentale entre trip hop, noisy, indie pop, shoegaze, slowcore, post punk, dream pop, indus et electronica. Entre autres. Ainsi, samples, bidouillages, synthés tentaculaires et gadgets se fondent parfaitement dans l’instrumentation organique, basse/batterie/guitare. Les vocaux sont parfois re-échantillonnés féminins sur « Department of blood » et ceux de Travis sur « Sophia »). On a même droit à un chuchotement sur le lo-fi et intimiste « Cloud come here ».

Ethéré et crépusculaire, « Where the art is hung » est enveloppé dans un voile de mystère. Une tension permanente alimente le spectral (ces échos obsédants !) « Careful let’s sleepwalk ». Caractérisé par sa jolie mélodie, « Heaven chords » rend hommage à David Berman, le leader du mythique Silver Jews. Enfin, cafardeux et brumeux, « Icing » est paradoxalement imprimé sur le rythme du chemin de fer.   

Une œuvre tourmentée, sombre et fragile, malgré ses grooves hypnotiques…

The Far Outs

The Far Outs !

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The Far Outs est un projet monté par le chanteur/guitariste de Grand Atlantic, Phil Usher (NDR : il siège également derrière les fûts chez Screamfeeder et Sounds Like Sunset) et le drummer Johnny Pickance (Blonde on Blonde, Fingerless, etc.) En fait lors de l’enregistrement du dernier opus de Grand Atlantic, plusieurs compos avaient été délaissées, car elles ne collaient pas au style du groupe, qui avait pourtant évolué de l’indie à la britpop. Etonnant, quand on sait que tout ce petit monde est issu de Brisbane, en Australie. Et plus étonnant encore, lorsqu’on écoute le premier elpee de The Far Outs. Puisque dans l’ensemble, l’expression sonore baigne dans le garage. Rappelant très souvent celui des Sonics, circa 1963, un orgue rogné, poussiéreux, s’infiltrant quelquefois dans l’expression sonore.

Instrumental cinématique voire ‘enniomorriconesque’, « Get off my shroud » aurait pu servir de B.O. à un western de Sergio Leone, même s’il emprunte le rythme d’un paso doble. Autre instrumental filmique mais enlevé, « El diablo del mar » se distingue par son intensité électrique et curieusement ses accents flamencos. « Keep away » libère des effluves réminiscentes des Beatles du début des sixties. Aride, « Freight train » adopte un riff qui évoque le « You really got me » des Kinks. Une aridité qu’on retrouve tout au long de « Keen away » et « Hey lkittle girl ». Enfin « Some kind of treason » aurait pu figurer au répertoire des Kills ou des Black Keys.

 

Sweeping Promises

Good living is coming for you

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Sweeping Promises est un duo réunissant la chanteuse/bassiste Lira Mondal et le guitariste/batteur Caufield Schnug ; et « Good living is coming for you » constitue son second elpee. Il fait suite à « Hunger for a way out », publié en 2020. La paire a longtemps sévi sur la scène DIY De Boston, avant de s’installer à Lawrence, dans le Kansas.

Première constatation, la voix de Lira est aussi haut-perchée que celle de Kate Pierson et/ou de Cindy Wilson, lorsque qu’elle est dédoublée par la technique de l’overdubbing. Et quand la musique devient sautillante, on ne peut s’empêcher de penser aux B-52’s. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Eraser », de « Connoisseur of salt » à la guitare ‘hoquetante’ et de « Throw of the dice », abordé dans l’esprit d’une compo de new wave dansante.

Mais, en général la musiques s‘avère plutôt minimaliste (une sixcordes, une basse, une batterie et des synthés vintage, nonobstant l’intervention fugace d’un saxophone sur « Walk a place »), ludique ou rugueuse (la guitare), alors que les textes vilipendent le capitalisme…

Cory Hanson

Cum

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Troisième elpee solo pour le leader de Wand qui, pour la circonstance peut compter sur le soutien de son autre band, Slowhand (NDR : c’était aussi le titre d’un album d’Eric Clapton, on y reviendra), un quatuor au sein duquel son frangin, Casey, se consacre à la basse.

Alors que le second LP, « Pale Horse » naviguait dans le psych folk, « Cum » s’enfonce dans le rock sudiste, et tout particulièrement celui des Allman Brothers Band et de Lynyrd Skynyrd. A cause de ces guitares jumelées. Encore que parfois, l’ombre du Derek & The Dominos (NDR : pensez à « Layla ») se met à planer (« Driving through heaven »). Ou alors, c’est celle de Thin Lizzy, comme sur « Horsebalt sabotage ». A cause de ces envolées de guitares jumelées, épiques, si caractéristiques et puis parfois de la voix de Cory (NDR : dont le timbre délicat évoque plutôt George Harrison), qui suit la sixcordes (« Wings »). Episodiquement, une steel guitar communique un feeling country à l’expression sonore (la ballade « Ghost ship », « Persuasion architecture » et « Twins). 

Quand on sait que Cory Hanson a été le guitariste de Ty Segall lors de la tournée ‘Emotional Mugger’, en 2016, et que le projet de ce dernier, Fuzz, nous replonge dans le blues/rock de la fin des 60’s et du début des seventies, la nouvelle orientation prise par Cory Hanson peut aisément s’expliquer, d’autant plus qu’il est hébergé chez Drag City, le label de Segall. La boucle est bouclée.

Black Duck

Black Duck

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Black Duck et un trio qui réunit trois musiciens chevronnés ; en l’occurrence, le drummer Charles Rumback (Colorlist, Leaf Bird), le guitariste Bill Mackay (NDR : il a notamment joué en compagnie de Nathan Bowles et Bill Callahan, mais aussi au sein de Broken Things et Sounds of Now) et le guitariste/bassiste Douglas McCombs (NDR : il a sévi chez Eleventh Dream Day et milite encore auprès de John McEntire, chez Tortoise). Ces deux derniers sont issus de la scène de Chicago. Point commun pour les trois musicos : ils ont fréquenté le talentueux chanteur/compositeur/sixcordiste, Ryley Walker.

Instrumental, cet opus éponyme permet aux musiciens de se livrer à l’impro. Et pas seulement dans le free jazz, à l’instar de « Thunder fade that earth ». Mais aussi de s’aventurer dans l’avant-gardisme tout en conservant une fluidité sonore certaine. McCombs signe « Of the lit backyards, une plage cool dont les sonorités de gratte sont empruntées au surf des fifties, MacKay, « Delivery », et Rumback, « The trees are dancing ». Le reste a été improvisé en studio.

Morceau le plus court, « Foothill daze » déploie des vagues de distorsion atmosphériques. De la distorsion qui peut devenir grinçante. Coup de cœur cependant pour « Lemon treasure », une compo qui rend hommage à feu Jaki Libezeit, le légendaire batteur de Can, tout en laissant rôder le spectre de Duruti Column.

Bref, d’excellents instrumentistes, mais dont l’expression sonore s’adresse surtout à un public (très) averti…

Shamir

Homo Anxietatem

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Né à Las Vegas, Shamir est aujourd’hui établi à Philadelphie. En 8 ans, il a publié 9 elpees qui lui ont permis d’explorer des tas de styles différents : heavy rock, indus, pop, dance, punk rock, house circa 90’s, country, etc.

Son dernier LP, « Heterosexuality » est paru l’an dernier, une œuvre qui explorait de nombreux aspects de son existence queer. 

Traduit du latin, « Homo Anxietatem » signifie homme anxieux, un sentiment que l’artiste reflète à travers ses compos introspectives. Tout comme ceux de sa survie et de son adaptation à la société contemporaine.

Mais ce qui frappe d’abord chez Shamir, c’est sa voix. Un falsetto qu’on pourrait comparer à celui d‘Anohni, mais en plus puissant. Ce qui communique une coloration très particulière à son indie pop/rock

L’elpee recèle deux singles potentiels. Tout d’abord, « Without you », une plage qui bénéficie d’une jolie mélodie. Puis de « Obsession », un morceau dynamisé par la ligne de basse cold. « Crime » est imprimé sur un tempo new wave et la ballade mid tempo « Words » est colorée par des accords de guitare semi-acoustiques tintinnabulants. Le long playing s’achève par l‘excellent blues acoustique « The devil said the blues is all I’ll know ». Enfin, « Our song » est stimulé par un drumming offensif. Les autres morceaux sont souvent un peu trop poppy pour une telle tessiture vocale…

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