La cavalcade de Jéhan…

Poussé par un nouvel élan poétique, Jean Jéhan a sorti son nouvel opus, « On ne sait jamais », le 18 novembre 2023. Pour ce cinquième elpee, Jéhan fait le choix de s'affranchir de ses affinités folk rock, pour aller vers des horizons plus dégagés. On retrouve…

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Un Pycholove pour soigner Hoboken Division…

Issu de Nancy, Hoboken publiera son troisième long playing, « Psycholove », ce 14 février 2024. Cette formation est parvenue à teinté son garage/blues/rock râpeux, glacial, furieux et authentique de psychédélisme. En attendant, cette sortie, le groupe a…

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Billy F Gibbons

Chez Billy F Gibbons, la barbe n'est pas dans la gorge, mais la gorge est dans la barbe…

Dusty Hill git peut-être sous le gazon texan depuis 2021, mais ZZ Top est loin d'être mort et enterré. De temps à autre, le patronyme ZZ Top figure encore sur une affiche de festival ; et même lorsque Billy Gibbons se produit sous son propre nom, comme ce samedi 8 juillet, au Cirque Royal de Bruxelles, l’empreinte blues-rock brute et marécageuse spécifique est omniprésente.

Billy F Gibbons a ainsi pu glisser dans la setlist une poignée de chansons de ses albums solo, par ailleurs excellents ; ce qui a permis d'éviter que le set soit aussi prévisible que tous les anciens concerts de ZZ Top auxquels on a eu le privilège d'assister. Ce qui a permis d’apporter à l’ensemble un peu de fraîcheur et de spontanéité très appréciables.

Côté son, les morceaux ne sont pas, non plus, très éloignés de celui, plus familier, de ZZ Top. De délicieux rockers sans chichis comme "More, more, more" et "Missin' Your Kissin'" véhiculent également des accents bluesy.

Bien sûr, les classiques de ZZ Top constituent la majeure partie du répertoire live ; et les fringues, les mouvements, les inévitables lunettes de soleil ainsi que les accords de guitare incarnent le ZZ Top vintage. On ne s’attend, d’ailleurs, à rien d'autre.

Des titres incontournables et intemporels comme "Gimme Al Your Lovin'", "She Got Me Under Pressure", "Sharp Dressed Man" et l'ultime morceau de clôture "La Grange" recueillent inévitablement le plus d’acclamations ; mais c'est le joyau de blues intimiste "Blue Jean Blues", le gros blues rocker "Brown Sugar" et les méchants boogies "Tube Snake Boogie" et "Thunderbird" qui nous ont le plus bottés.

Ceux que l’on préfère, si vous préférez. En outre, ils ont été proposés sous leur forme la plus brute. Des morceaux qui mettent en exergue le génie de Gibbons à la guitare, libre comme l'air, bluesy à souhait et toujours brillant. La sublime reprise d'Hendrix "Foxy Lady" s'y prête donc à merveille.

Gibbons affiche déjà 74 balais, mais l’énergie est encore bien présente et le sombre ‘growl’ texan est intact. Chez Billy Gibbons, la barbe n'est pas dans la gorge, mais la gorge est dans la barbe.

Photos Romain Ballez ici

 

LaSemo 2023 : vendredi 7 juillet

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Il y a maintenant quinze années pile-poil que la Parc d'Enghien accueille le LaSemo. Un anniversaire attendu et couronné de succès malgré les différentes crises sanitaires et économiques que la Belgique a traversées.

Record d’affluence semble-t-il, malgré une météo aléatoire en début de semaine, laissant craindre le désastre.

Grâce à son offre culturelle riche, conviviale et bienveillante, le LaSemo se caractérise par sa familiarité et sa proximité.

Entourés par ses espaces verts exceptionnels, ses pièces d'eau, ses jardins et des bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire, les festivaliers s’y pressent de plus en plus nombreux.

Rien d’anormal puisqu’à côté d’artistes émergents ou confirmés, ils y trouvent aussi des lieux propices aux débats, de nombreux arts de rue, des espaces dédiés au bien-être, des zones de jeux, un coin pour les enfants, un cabaret, des artisans, une ‘papoterie’, des conférences aussi diverses que variées et bien d’autres animations encore …

Si convivialité et bienveillance sont les maitres-mots, le développement durable n’est pas en reste ! Vous cherchez du neuf ? Rebroussez votre chemin, vous n'y trouverez rien ! Tout est recyclé ! De vieilles bécanes qui permettent de recharger son portable à la force des guibolles, les chaises de mamy dispersées ici et là, afin de poser son popotin, des casquettes fabriquées à l’aide de boîtes en carton, sans oublier les toilettes sèches, évidemment. Inutile de préciser que cette liste est loin d'être exhaustive.

Le soleil est au rendez-vous ! Papy et Mamy accompagnent les têtes blondes qui viennent juste de terminer un nouveau cycle scolaire quelque peu chamboulé cette année et cette réforme qui divise Flamands et Wallons.

Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté, les artistes, est de la partie. Arborant une petite moustache de type ‘british’, il jongle toujours aussi facilement avec les bons mots. Quel obsédé textuel ce Jean-Jean !

Bref, peu de nouveautés ! Le LaSemo mise une nouvelle fois sur une équipe qui gagne ! Et pourtant, des surprises, il y en avait, puisqu’outre le nouvel emplacement du podium de la ‘Tour’, les food truck ont été dispersés différemment. Bref, un détail, mais qui a son importance, puisque l’espace s’avère plus aéré.

Il est aux environs de 18h30 lorsque votre serviteur arrive enfin sur le site. Direction la guinguette, l’endroit le plus atypique. Sans doute aussi l’emplacement qui se prête le mieux à l’esprit et à la culture de ce festival unique en son genre.

La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, afin de lui donner un aspect cosy.

Le podium bénéficie d’une belle surface ombragée, car il se situe au milieu d'arbres. Et vu la température qui grimpe en flèche, autant dire que les places sont chères.

Les spectateurs se sont installés au centre de l'hémicycle et attendent patiemment l’artiste à venir. Une chope à la main évidemment ! C’est Elia Rose qui grimpe sur les planches.

La petite est issue de la téléréalité. En 2011, elle participe à l'émission ‘The Voice’, guidée par son coach, Natacha St-Pier. Quelques années plus tard, la presse la remarque grâce à son clip coloré et psychédélique « Colors ».

Elia Rose s’est rendue également médiatique suite à sa participation au rassemblement organisé en janvier à Bruxelles pour réclamer la libération de son ami Olivier Vandecasteele, détenu arbitrairement en Iran depuis près d’un an.

C’est donc sans surprise si celui-ci figure parmi les badauds comme guest afin d’assister au concert de sa muse. Mais ‘chuuttt’, il y était en parfait inconnu et ne semblait manifestement pas prêt au jeu des questions/réponses des journalistes présents.

Fleurette est venue défendre les couleurs de son premier elpee intitulé « I love it ». Soutenue par les riffs de guitare de Lorenzo Di Maio et les effluves de claviers dispensés par Cédric Raymond, elle entame son tour de chant par un « I love you so » d’une sensualité à l’épreuve du temps avant d’enchaîner quasi immédiatement par un « Oh my » percutant.

Elia Rose et ses chatons, comme elle aime à le rappeler, délivrent un son à la fois doux et optimiste, savant mélange groovy de funk et de pop.

Sa maman est anglaise. Pas étonnant que son univers soit bercé par la musique anglo-saxonne. Et qu’elle exprime les sentiments et états d’âme qui la transpercent, dans la langue de Shakespeare.

Fraîche, elle cultive ce côté vintage qui fait son charme et sa force. Elle (s’)impose un style tout à fait particulier, à l’instar de ce « Criminal » à la rythmique détonante ou encore cet « I Love You To The Moon And Back », à la limite de l’audace.

La voix un brin timorée contraste avec la générosité dont elle fait preuve à l’égard de son public. Souriante, pétillante et dynamique, elle ne cessera de répandre sa joie et sa bonne humeur parmi les heureux aficionados qui le lui rendent bien.

Il est déjà l’heure de se dire au revoir. « Moon and back » aura la lourde tâche de mettre un terme à un set parsemé de jolies surprises.

Soyez attentifs, Elia Rose est une artiste qui pourrait tout à fait suivre les pas d’une certaine Angèle. Affaire à suivre…

Selah Sue se produit maintenant sur la scène principale.

Flanquée d’un kimono léopard à faire bondir GAIA (NDR : l’association de défense des animaux la plus influente et une des plus connues en Belgique), Sanne Putseys, à l’état civil, s’avance d’un pas décidé sur les planches, se saisit d’une gratte acoustique et pose alors sa voix tout en douceur sur un premier morceau.

Elle est rapidement suivie par son claviériste (Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon), un batteur et un guitariste/claviériste.

Elle se place de manière stratégique sur l’estrade, permettant aussi aux plus curieux d’admirer son ventre plat laissé nu par un ‘crop top’ sensuel.

Elle entame sa carrière dès 2008 en publiant des vidéos de ses performances sur MySpace, avant de devenir rapidement populaire en Belgique grâce à sa participation à des festivals de musique locaux.

En 2010, Selah Sue sort son premier opus –un éponyme !– qui récolte un énorme succès en Europe. Ce qui la propulse sur le devant de la scène internationale. Depuis, elle a publié trois elpees studio et collaboré avec des artistes tels que CeeLo Green ou encore Ronny Jordan.

Ce soir, l’artiste flamande est de retour pour présenter son troisième LP, « Persona » (sept ans après « Reason »), paru l’année dernière.

Une œuvre ‘pansement’ diront certains, la jeune fille ayant traversé des périodes dépressives relativement importantes durant sa vie. La thérapie qu’elle a suivie l’a d’ailleurs inspirée pour l’écriture de ses chansons.

Cette longue absence n’a en tout cas nullement affecté cette voix reconnaissable entre mille. Une voix soul, solide, puissante, profonde, légèrement éraillée et faussement fragile l'instant d'après.

Une voix en tout cas qui respire l’authenticité et l’assurance, à l’instar de ce « Kingdom », aux relents hip-hop. Une ode au bien-être d’une personne qui a retrouvé une confiance absolue en elle.

La jeune femme poursuit son concert intelligemment, mêlant chansons douces et mélancoliques aux compos très énergiques. Pas étonnant puisque son nouvel opus, « Persona », constitue une confession sur ses moments de doute, de bonheur et d’anxiété. Un savant mélange de sentiments en quelque sorte.

Brassant plusieurs titres de son dernier long playing, « All the way down » ou encore « When it alls fall down », c’est sans nul doute dans un registre reggae-ragga-soul qu’elle se distingue le mieux.

Respectant une ligne de conduite blues, soul et groovy, l’artiste n’en oublie pas ses titres incontournables comme « Alone », mais surtout « Raggamuffin », l’hymne qui l’a catapultée en tête des charts.

Proche du public, Selah Sue est parvenue, semble-il, à faire fi des démons du passé, en proposant un show propre, dynamique et tout en relief.

Le temps de s’hydrater et de se remplir la bedaine qu’Odezenne se prépare doucement dans le ‘backstage’, tels des boxeurs avant de monter sur un ring.

Alix Caillet (chant), Jacques Cormary (chant) et Mattia Lucchini (clavier/guitare) sont au taquet. Une batterie trône au milieu de la scène. Stefano Lucchini y siège derrière.

Originaires de Bordeaux, les gars ne font pas dans la fine dentelle. Les textes de certaines de leurs compos sont très susceptibles de heurter les oreilles les plus chastes, les mots frôlant parfois l’indécence…

Une kyrielle de filles en chaleur n’hésitent d’ailleurs pas à se servir de mots les plus salaces afin d’obtenir les faveurs sexuelles des artistes qui sont pourtant loin d’être des Apollons.

A 23 heures pétantes, Caillet et Cormary se positionnent en frontmen. L’un a enfilé un pull couleur saumon qui met en exergue une bedaine arrondie, tandis que l’autre arbore une tenue colorée nettement plus décontractée. Quant à Mattia Lucchini, il se cache derrière de grosses machines, armé d’une guitare électrique prête à en découdre.

Les premières notes de « Au baccara » donnent le ton d’un show survitaminé. Les deux vont et viennent, se croisent, s’adressent du regard au public vraiment très nombreux et ravi de la présence de telles vedettes.

Une mise en bouche convaincante qui va laisser place à un gros « Caprice ». Cette chanson émeut autant qu’elle surprend puisqu’elle a été écrite lorsque Priska, la sœur d’Alix, était atteinte d’un cancer.

Un titre composé dans la foulée de « Hardcore » destiné donc à soutenir la jeune fille et lui donner un maximum de courage. Aujourd’hui décédée, le sens de cette chanson prend donc un sens tout particulier. Inutile de dire que l’émotion est alors à son comble.

Les morceaux sont accessibles, mais sont à prendre au second, voire au troisième degré. En quelques mots, incisifs, marrants, mais jamais méchants

Peut-être que l'universalité des thèmes abordés participe grandement à cette ouverture. Loin d'être moralisateurs, les comparses sont parvenus à toucher, au fil de leur carrière, la frange la plus large de leur auditoire. Il suffit de l’écouter reprendre en chœur chacun de ses titres.

Grâce à des compositions qui font mouche telles que « Nucléaire », « Bitch », « Vodka » ou encore « Salope d’amour », Odezenne sublime un quotidien de Monsieur Toutlemonde. Il aligne des mots d’une simplicité extraordinaire sur fond de spleen joyeux et délicatement déclamé.

C’est sublimement construit, instinctif, faussement foutraque et intensément vivant. Les instrus religieusement aériennes de Mattia viennent apporter de temps à autre cette touche floydienne.

Durant plus d’une heure, les amis d’enfance ont réussi le pari d’allier nonchalance, mots ciselés et beats planants.

Le set touche doucement à sa fin. Quoi de plus naturel que de siroter une « Vodka » ?

Il est plus de minuit lorsque le live s’achève pour de bon. La plupart des badauds quittent le site. Au loin, sur la scène de la ‘Tour’, la musique électronique tente de maintenir éveillé les plus téméraires.

Trop peu pour votre serviteur quinqua qui préfère regagner ses pénates. Les deux jours qui viennent risquent d’être chargés.

(Organisation La Semo)

 

The Damn Truth

Micro-flower power…

Écrit par

C’est la seconde fois que The Damn Truth débarque au Zik-Zak. Il s’y était déjà produit l’an dernier, au mois d’avril. Ce quatuor montréalais est drivé par la chanteuse/guitariste charismatique, Lee La Baum. Le line up implique également le soliste Tom Shemer, le bassiste PY Letellier et le batteur Dave Traina. Il compte neuf années d’existence et compte 4 elpees à son actif, dont le dernier, « Now Or Nowhere », remonte à mai 2021. Six morceaux de cet album ont été produits par le légendaire Bob Rock (Metallica, Aerosmith, Motley Crue, Bon Jovi, Bryan Adams, The Cult, The Offspring) au studio d’enregistrement ‘The Warehouse’ de Bryan Adams, à Vancouver. La soirée est placée sous le signe du revivalisme, les deux bands programmés puisant leurs principales influences dans les 60’s et les 70’s. Une bonne centaine de personnes se sont déplacées pour assister aux sets de ces deux formations.

Le supporting act est assuré par Black Orchid Tribe, un groupe belge dont le leader, ex-Black Mirrors et ex-Mango Moon, Loïc Videtta, a traversé de nombreuses épreuves dans l’existence, puis vécu au sein de tribus mongoles, dans la forêt Sibérienne, pour se reconstruire. Trentenaire, il a appris sur le tas et a été confronté au réel, à la vie et à la mort...

Après avoir gravé un premier single blues/rock, presque stoner, intitulé « Numb My Beast », en 2021, puis un morceau plus acoustique baptisé « Better Run », en avril 2022, le combo a publié un Ep 5 titres, en novembre dernier.

Une petite intro nous plonge au cœur d’une ambiance légèrement chamanique. Loïc, barbu et cheveux longs, est entouré de 2 guitaristes (Giovanni et Raphaël), d’une charmante bassiste (Laura) et d’un batteur (Paul), dont la frappe sur son imposant kit Pearl, est à la fois efficace et tribale. Le guitariste est coiffé d’un stetson de couleur noir. Tous les gratteurs sont en ligne.

Le concert s’ouvre par « Numb My Beat ». Les accords du soliste sont incisifs. La voix de Loïc est chargée d’émotion. Plus musclé, « Feel The Tribe » émarge au stoner pur et dur. Accrocheuse, la mélodie est colorée par un solo de guitare pêchu et enflammé. On pense alors à Black Mirrors. Tout au long de « Dirty Road », la section rythmique percute en parfaite symbiose. Une reprise : le « Come together » des Fab Four. Et puis des morceaux qui naviguent à la croisée des chemins du grunge, d’un blues sioux à la Dead Men et d’un folk des grandes plaines…

Pour les photos, c'est ici

Setlist : « Intro » « Numb My Beast » « Feel The Tribe » « Dirty Road » « Lonewolf » « Come Together » (cover Beatles ») « Black Home » « Emperor » « War » 

Une intro préenregistrée précède l’arrivée des musicos. Il s’agit du « White Rabbit » de Jefferson Airplane. Ils en profitent de s’installer sur les planches et saluent chaleureusement la foule. Vu leurs fringues, on se demande s’ils ne débarquent pas directement de Woodstock, après avoir traversé le temps… A moins qu’ils ne les aient récupérées dans le grenier de leurs grands-parents. Jugez plutôt : pantalons à pat’ d’eph’ ou strié noir et rouge, colliers, chemises à fleurs, poils sur le torse qui dépassent chez les mâles, sans oublier les tatouages. Le look parfait des hippies ! Et pour corser, dès le premier morceau, les cheveux se mettent à voler sous le souffle des ventilateurs placés à côté de chaque membre du band. On se croirait revenu à l’époque de la flower power !

« This Is Who We Are Now » nous réserve un drumming fulgurant. La guitare de Tom Shemer est brûlante, la voix de Lau Baum, puissante. Capable de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves avec une facilité déconcertante, elle évolue dans un registre qui navigue quelque part entre Janis Joplin, Beth Hart et Grace Slick. Fumante, « Full on You » est une ballade mid tempo extraite de « Now Or Nowhere », un long playing paru en 2021. C'est un départ en trombe ! Baignant dans une atmosphère bluesy, « Too Late » et « Pirates and Politicians » démontrent la polyvalence du groupe et sa volonté d'aborder des sujets plus lourds. Toujours bluesy, mais lent et sensuel, « Lonely » permet au band de souffler. Place ensuite au single « Only Love » et une nouvelle version de « Look Innocent ». La mélodie de « Only Love » est livrée avec passion et détermination, tout comme le hit single, « Look Innocent ». Lau est particulièrement interactive. Chaque chanson est acclamée avec enthousiasme et le quartet est visiblement ému par la réaction de la foule. Dans la fosse, tout le monde danse, saute ou est pris de soubresauts incontrôlables. Svelte comme un boa, Tom affiche une dextérité sur les cordes qui me fait penser au guitariste indien Imaad Wasif. Le set s’achève par le palpitant « Tomorrow », une compo hantée par le Jefferson Aiplane. C’est également la préférée de votre serviteur.  

The Damn Truth revient accorder un rappel de deux morceaux : une cover du « Love Is Blindness » de U2 et un trippé « Heart Is Cold ».

Bref, on a eu droit, ce soir, à un show dynamique, addictif et électrique, dispensé à haute Intensité.

À la fin du spectacle, il y a une longue file d'attente au stand merchandising. Les musiciens posent volontiers pour des selfies et discutent avec les spectateurs. Si vous appréciez ce style musical, n’hésitez pas à aller les voir et écouter en concert. Et surtout s’ils passent près de chez vous. Car sur les planches, ils sont vraiment excellents…

Pour les photos c'est

Setlist : « White Rabbit » (Jefferson Airplane song) « This Is Who We Are Now » « Full On You » « Too Late » « Pirates & Politicians » « Lonely » « Only Love » « Look Innocent » « The Fire » « Devilish Folk » « Get With You » « Tomorrow ».

Rappel : « Love Is Blindness » « Heart Is Cold ».

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Photos : Vincent Van Wesemael

 

Beach Fossils

Bunny

Écrit par

Fondée en 2009, Beach Fossils est une formation issue de Brooklyn, dans l’Etat de New York, drivée par Dustin Payseur. Ce chanteur/guitariste/compositeur est également un artiste peintre dont les œuvres naviguent entre l’expressionisme abstrait et l’art figuratif.

« Bunny » constitue le quatrième opus de Beach Fossils, une œuvre qui baigne au sein d’une forme d’indie pop rêveuse, mélancolique et particulièrement cool, baptisée également dream pop. Les arrangements sont soignés, le son est nickel. Limpides, les harmonies vocales sont même très susceptibles de rappeler les Byrds. A l’instar de « Tough love », une plage à la texture complexe et dont la ligne de basse cold véhicule des accents empruntés à Simon Gallup (The Cure). Une ligne de basse qui crée la contre-mélodie tout au long de « Anything is anything ».

Plusieurs titres opèrent la synthèse entre les différentes étapes vécues par le band : post punk délavé, jangle pop, psyché pop et shoegaze. Chatoyants, cristallins, délicats, les accords de guitares (électriques, acoustiques, à 12 cordes, traitées en slide) caressent une expression sonore qui navigue aux confins des univers des groupes de la ligne claire du label Flying Nun (The Bats, The JPS Expérience), de Luna, de Pale Saints et du plus contemporain The Red Pinks & Purples. Les lyrics parlent de ruptures amoureuses, de relations difficiles, de drogues, de personnes disparues et même de New York, des chansons qu’interprète Dustin d’une voix fragile, brumeuse et feutrée…

Un bien bel album !

En concert

24/02/2023 Trabendo, Paris

25/02/2024 Grand Mix, Tourcoing

3/03/2024 Botanique, Bruxelles

Texas

The very best of 1989 - 2023

Écrit par

En 38 ans de carrière, Texas en a sorti des hits ! Et son premier, « I Don't Want A Lover », remonte déjà à 1989. « The very best of 1989 – 2023 » nous en propose 22, ainsi que deux nouveaux titres « Keep On Talking », une cover de Nothern soul datant de 1965, signée par Dan Penn et Spooner Oldham et produite par ce dernier au studio Muscle Shoals et le nouveau single « After All ».

Sans quoi y figurent, inévitablement, « Say what you want » auquel participe Wu-Tang Clang. « Start a family » avec en featuring, l’acteur, le réalisateur et le metteur en scène britannique, feu Alan Rickman. « Sleep » qui avait reçu le concours Paul Buchanan, le chanteur du groupe écossais The Blue Nile. Le très ‘morriconesque’ « Hi » qui recèle un sample de « Love’s unkind » de Donna Summer. « Inner smile », coécrit en compagnie du grand mélodiste Gregg Alexander (New Radicals). « So called friend » qui est devenu le générique de la sitcom, Elien Degeneres ». « Summer sun » qui sera ensuite remixé par Georgio Moroder ; ainsi que « Mr Haze », mais par GBX et Paul Keenan. La reprise du « Tired of being » d’Al green. Et comme on aime bien Sharleen, on vous file le tracklisting ci-dessous…

Say what you want
Black eyed boy
Inner smile
Mr. Haze
Halo
I don't want a lover
Summer son
Keep on talking
The conversation
In our lifetime
In demand
Put your arms around me
Let's work it out
When we are together
Hi
Say what you want (all day everyday) feat. Wu-Tang Clan
Tired of being alone
Start a family feat. Alan Rickman
So called friend
Everyday now
Insane
After all
Sleep feat. Paul Buchanan
So in love with you

 

Bully

Lucky for you

Écrit par

Bully, c’est le projet de la chanteuse/guitariste/bassiste Alicia Bognanno, une Américaine dont le quatrième elpee a été mis en forme par JT Daly (également crédité pour sa participation comme multi-instrumentiste), mieux connu pour avoir apporté son concours à Pvris et K. Play. Changement radical quand on sait qu’elle avait produit les deux premiers albums et coproduit le troisième. Peu d’invités, par ailleurs, pour ce « Lucky for you ». Une violoncelliste : Emily Nelson Rodgers. Et puis Soccer Mommy qui partage les vocaux avec Alicia sur l’entraînant « Lose you ».

Si Alicia a une jolie voix, susceptible de rappeler Suzanne Vega quand elle chante d’un timbre clair, dès qu’elle se met à vociférer sa rage punk, c’est la soupe à la grimace. Dommage, car dans ses meilleurs moments, l’expression sonore rappelle The Breeders. Et tout particulièrement sur « Days move slow », dynamisé par une ligne de basse offensive et déchiqueté par des riffs de guitare bien aiguisés ainsi que « Hard to love » qui s’enroule comme un serpent autour de sa proie avant de la mordre pour lui injecter tout son venin.  Certaines plages barbotent même dans le grunge. A l’instar de « How will I know », nourries aux sonorités de gratte dentelées et bourdonnantes. Ou libèrent un fameux groove. Comme l’oppressant Change your mind » ou l’excellent « A love profound », une compo audacieuse imprimée sur un tempo percutant et traversées de sonorités de sixcordes gémissantes.

Sur ce long playing Alicia aborde pour thèmes le contrôle des armes à feu aux States, le droit à l’avortement, le réchauffement climatique et surtout la perte de son chien…

Tanlines

The big mess

Écrit par

Tanlines est un duo constitué d’Eric Emm et de Jesse Cohen. Mais sur « The big mess », ce dernier a très peu participé aux sessions d’enregistrement, trop occupé par sa carrière parallèle dans le marketing et son podcast musical ‘No effects’. Il a d’ailleurs accepté, de bonne grâce, qu’Éric continue l’aventure sous ce patronyme. Finalement, c’est Patrick Ford, considéré comme le troisième membre du groupe qui l’a suppléé.

Première constatation, la synthpop a cédé le relais à une musique davantage hybride. A cause de la place prise par les grattes. La basse, mais surtout la guitare. Cette dernière adopte même des tonalités surf sur « Clouds », un morceau dont la fin se révèle hymnique. Mais aussi « Hold on » où elle se mettent à carillonner, alors que le timbre d’Eric, enrobé de chœurs féminins, est aussi chaud que celui de Matt Berninger (NDR : curieusement, c’est Peter Katis, notamment producteur pour The National, qui a mixé l’opus). Et même surf/blues. Sur « Endless love », mais surtout tout au long de « Burns effect » (quoique quelques accents flamencos la traversent insidieusement), une plage que chante Emm, d’une voix rappelant ici, plutôt Chris Isaak. Et elle évoque encore celle de Jarvis Cocker (Pulp) sur « The age of innocence », une piste tapissée, en arrière-plan, de pedal steel. Il faut reconnaître que la voix d’Emm est superbe, bien timbrée, vibrante… Ce qui lui permet d’interpréter une ballade soul mid tempo romantique comme « Speed (?!?!).

Elégants, les synthés sont disposés en couches sur « Outer banks », un titre dynamisé par un drumming spasmodique. Cependant, hormis « The big mess », sur lequel John McEntire (Tortoise, The Sea & The Cake) se consacre à la batterie, les 10 autres pistes sont imprimées par une boîte à rythme, un peu trop binaire, malgré une ligne de basse quelquefois caustique (« Arm’s length away »), pour rendre les compos plus percutantes.

Autobahn

Ecstasy of ruin

Écrit par

Fondé en 2023, Autobahn (NDR : un énorme tube de Kraftwerk que le band a choisi comme patronyme) ne compte que 3 elpees à son actif. Quintet à l’origine, le band est aujourd’hui réduit à un quatuor. C’est le drummer qui a quitté la formation. Il a été remplacé par une boîte à rythmes.

La musique de ce groupe issu de Leeds s’inspire manifestement des eighties. Joy Division en tête. Pas étonnant quand on sait que son premier opus, « Dissemble » avait été produit par Martin Hannett. Et suivant une certaine logique, parmi les autres références on pourrait citer New Order. Mais aussi, pourquoi pas, The Wake, Section 25, Cassandra Complex, The Names, Siglo XX et Red Lorry Yellow Lorry, également originaire du chef-lieu de la région du Yorkshire-et-Humber. Mais qui aurait ajouté un peu plus d’électronique dans sa solution sonore. A l’instar du dansant « Silver » qui vire parfois à l’EBM (NDR : pensez à Front 242). Et le tout est abrasé par la voix ténébreuse, déclamatoire, virulente et parfois sinistre de Craig Johnson.

Certaines compos sont plus enlevées, comme le titre qui ouvre l’opus, « Post-history » ou le redoutable, intense et claustrophobe « Breather », au cours duquel, particulièrement dense, la base gronde. L’interlude instrumental « Cylinder » et le trop brouillon « Fields of blood » s’avèrent, a contrario, dispensables.

On épinglera quand même les excellents « Tension », « Ecstasy of ruin » (le titre maître) et le final « Class war », une plage aux riffs de guitare tranchants et au vocal presque hip hop, qui colle davantage à la vague néo post-punk qui sévit actuellement en Grande-Bretagne…

Altwain

Waltz of the blades (Ep)

Écrit par

Altwain, c’est le projet solo d’Allan Krireche, qui milite également comme chanteur/guitariste chez JP Goulag. « Waltz of the blades » constitue son premier Ep, un disque qu’il a concocté à la maison, dans un 20m2. Vu les conditions d’enregistrement, vous vous doutez que le résultat est lo-fi ; et vous avez raison, même si la musique de ce Lyonnais est alimentée par un très organique guitare/basse/guitare qu’il a overdubbé, tout comme sa voix qu’il parvient également à transformer en backing vocaux.

Découpé en 6 plages, cet Ep s’ouvre par « Just don’t try », une compo qui lorgne avec insistance vers Guided By Voices. Et recèle dans la berceuse mid tempo « Elliott », une compo qui rend plus que probablement hommage à Elliott Smith, une piste au cours de laquelle la basse sert de contre-mélodie. Les interventions de six cordes sont souvent carillonnantes voire tintinnabulantes. Et l’Ep s’achève par le morceau maître, une valse (NDR : vu le titre !) qui nous replonge dans un climat pop aux forts relents sixties…

Wicca Phase Springs Eternal

Wicca Phase Springs Eternal

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Wicca Phase Springs Eternal, c’est le projet du chanteur, compositeur et multi-instrumentiste Adam McIlwee. Originaire de Scranton, en Pennsylvanie, il est également le fondateur du groupe Tigers Jaw, qu’il a quitté depuis. Mais a également sévi chez GothBoiClique, Thraxxhouse, Misery Club et Pay for Pain. Sans oublier ses multiples collaborations. Pour enregistrer cet elpee éponyme, il a quand même reçu le concours de et Zola Jesus qui partage un duo vocal sur « Mystery I’m tied to you. Une des deux plages acoustiques du long playing. La seconde s’intitule « It’s getting dark ». Le reste de l’opus est dominé par l’électronique, même si on y croise des interventions de guitare réverbérées et de basses organiques. Organiques comme certaines sonorités de synthés atmosphériques qui nous replongent dans l’univers krautrock de Tangerine Dream (le titre maître qui ouvre cet LP). Mais en général, Adam se sert de toute la panoplie de synthés de pointe, dont les plus effervescents et tumultueux s’avèrent les plus intéressants, une boîte à rythmes 808 capable de reproduire des breakbeats 80’s et 90’s ainsi que des tas de percus, dont certaines rappellent celles utilisées sur le « Vienna » d’Ultravox (« Open portal », « Assembly »).  Malheureusement, deux morceaux virent un peu trip facilement au ‘tchack, tchack boum’, « One silhouette » et « Who’s watching me ».

Enfin, emphatiques, parfois incantatoires, les intonations vocales de McIlwee rappellent celles de Grian Chatten (Fontaines DC).

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