Las Vengeance », il fera suite à « Pray For The Wicked », paru en 2018. La formation pop rock originaire de Las Vegas séduit un public toujours plus large en surfant sur les vagues rock et pop punk, mais également en comblant le fossé entre les différentes…

Le protocole de Territory

« Protocol », c’est le titre du premier elpee de Territory, une formation hexagonale dont…

logo_musiczine

Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo. Two…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Les Nuits Botanique 2022 : jeudi 5 mai

Écrit par

Ce jeudi, le Grand Salon accueille trois formations, dans le cadre des Nuits Botanique. Un espace magnifique habituellement destiné aux expositions d’art. Mais pas grand monde dans cette salle, ce soir, qui peut contenir de 400 à 500 âmes. Trente personnes en début de soirée. Cinquante, au maximum, pour la tête d’affiche, Silverbacks. Les deux autres bands, O et Unik Ubik servent donc de supporting act.

O (NDR : c’est une autre histoire !) ouvre les hostilités. Réunissant Joe Henwood et Tash Kaery, ce duo a été propulsé sur les scènes indie, hip-hop et jazz londoniennes en puisant ses influences chez Radiohead, The Comet Is Coming ou encore Noname. 

Portant de long cheveux blonds, vêtue d’un tee-shirt ‘kickers’, Tash se charge des drums. Elle est entourée de nombreuses cymbales, dont plusieurs sont superposées au-dessus d’un charleston. Elle paraît très à l’aise derrière ses fûts. De grande taille, barbu, Joe est coiffé d’une casquette à penne. Il se consacre au sax baryton, mais dispose de tout un éventail de pédales de distorsion et d’un pupitre équipé de boutons. Un matos qui lui permet de moduler et de déformer les sons de son instrument à sa guise.

Dès le premier morceau, « Ogo », le (maigre) public semble décontenancé. Faut dire que le couple est capable de mêler dub et beats cotonneux.

Poursuivi par les interventions distordues du sax, le drumming semble chaotique. Cependant, cet univers sonore expérimental et capricieux devient progressivement envoûtant. D’ailleurs, les spectateurs commencent à remuer la tête et même à esquisser quelques pas de danse. Un peu comme s’ils étaient ensorcelés par un chamane. Pourtant, la musique est exclusivement instrumentale.

Le band signale qu’il n’a pas encore enregistré sur support, mais que cette étape est proche. Enfin, que des tee-shirts et des gonies sont à vendre au stand merchandising. Un combo à suivre en 2022.

Changement de matos pour Unik Ubik, un quatuor tournaisien qui pratique un punk festif, déjanté, furieux, délirant, transgressif, d’obédience jazz et de tendance psychédélique ; bref, un peu fêlé. Défiant toute tentative d’étiquetage, cette belle équipe est animée par un vrai plaisir de jouer. En outre, les musicos ont opté pour des pseudos à coucher dehors. Jugez plutôt : à la guitare... Orkestralone Seb Dlay (Kofeee) ; à la basse... T.Raznor (Maria Goretti Quartet, Spagguetta Orghasmmond) ; au saxophone… JB (Louis Minus XVI, Cheikh de stael) ; et à la batterie… O'Von Pimpont ; von Basècles.

Répondant au doux nom de « I'm not Feng shui », son troisième opus avait déjà été présenté dans le cadre de l’édition 2021 des Nuits, lors d’un concert accordé à l’Orangerie.

On débute le set par une petite leçon de latin baptisée « Maximum Delirium Maxima ». La jam session débute. La voix est extatique et propice à la méditation. On se croirait au Tibet dans un temple bouddhiste, à moins que ce ne soit un chœur grégorien dont on est tombé sous le charme. Caractérisé par ses riffs répétitifs, « Dan-Jun » nous entraîne en Afrique de l’Ouest. Et lorsque le saxophoniste se déchaîne, tout en affichant une grande maîtrise de son instrument (il est capable de souffler dans deux saxophones à la fois, un baryton et un alto, comme David Jackson du Van der Graaf Generator), on ne peut s’empêcher de penser à l’Orchestre Du Belgistan.

Vraiment cools, le drummer et le saxophoniste ont enfilé des shorts. Légèrement bedonnant, le chanteur/guitariste entretient l’ambiance. Toujours le bonnet rivé sur la tête, il s’aide de deux feuillets pour exprimer des textes brefs et répétitifs. Car la musique est essentiellement instrumentale. ‘Santé’ crie-t-il en s’adressant à la foule tout en empoignant son verre rempli de gin.

Au cours du show, Unik Ubik revisite, à sa manière, 50 ans de musique rock, depuis The Ex à Television, en passant par The Clash, James Chance and The Contortions, et sous un angle contemporain, Black Midi ainsi que Crack Cloud. Et la liste est loin d’être exhaustive ! Funkysant, « Rolled In Flour » réveille en notre fors intérieurs les spectres de Tom Verlaine, Talking Heads et Brian Eno. Unik Ubik n’en oublie pas « I Am Not Feng Shui », le titre maître de son dernier opus, balance quelques riffs bien gras tout au long de « Gypsy’s Revenge » et sort ses griffes pendant « Panther ». A l’issue du set, nul doute que les musicos ont eu une envie irrépressible de se rincer le gosier…

Setlist : « Maximum Delirium Maxima », « Dan-Jun », « Rolled In Flour », « Gypsy's Revenge », « Mesmerize & Vanish », « TSA », « I Am Not Feng Shui », « Cab », « Right Or Contract », « Panther ».

Le renouveau du rock passe aujourd’hui par l’Irlande, et Dublin en particulier. IDLES, Fontaines D.C., Murder Capital ou encore Yard Act en sont les ambassadeurs les plus notoires. Il faudra y ajouter Silverbacks. Le band drivé par les frangins O'Kelly a publié son second LP en janvier 2021. Produit par Daniel Fox, le bassiste de Girl Band (devenu depuis Gilla Band), il s’intitule « Archive Material » et navigue quelque part entre post-punk, art-rock et garage rock slacker.

Impliquant trois guitaristes dont le chanteur (NDR : qui ne joue pas de son instrument en permanence), une bassiste et un drummer, le quintet grimpe sur l’estrade et attaque d’emblée « They Were Never Our People ». La voix de Daniel O'Kelly est plus déclamée que chantée. A la limite du slam, elle emprunte les inflexions de feu Mark E. Smith. Blonde, de petite taille et légèrement enveloppée, Emma Hanlon se charge de la basse, mais assure également les chœurs, d’une voix angélique, créant un élégant contrepoint à l’expression sonore chargée de testostérone.

Entre les morceaux, Daniel s’exprime dans un français maladroitement (en)chanteur ; il répète même, et à plusieurs reprises, la phrase ‘Ils s'entendent pas’, tout au long du titre maître du dernier elpee, le touchant « Archive Material ». Le combo a reconnu que Televison constituait une influence majeure. « Rolodex City » en est la plus belle illustration, même si on décèle des traces glanées chez The Fall, Pavement et même Cate Le Bon. Excellent !

Progressivement, le set devient puissant et plus énergique, mais sans jamais perdre le fil mélodique. Plus déjanté aussi, les grattes se répandant en larsens et riffs déstructurés, alors que la voix nonchalante de Daniel semble se vautrer sur ce lit électrique…

O + Unik Ubik + Silverbacks

(Organisation : Le Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Roots And Roses 2022 : dimanche 1er mai

Écrit par

Dimanche premier mai, c’est la fête du travail… et du muguet. Sous un soleil resplendissant, c’est également celle du Rock à Lessines et la seconde journée du Roots & Roses. Onze heures à l’horloge de l’église sonnent. Ce dimanche, l’affiche est celle qui était prévue en 2021. Mais à cause de la pandémie, le festival avait été annulé. Ou plus exactement reporté. La programmation y est cependant beaucoup plus éclectique que celle de la veille…

Scène Roots : Deadline (11h00-11h35)

Curieux, le groupe qui ouvre le bal, aujourd’hui, a choisi pour patronyme Deadline. Il s’agit d’un power trio qui pratique une forme de heavy-rock-punk-blues-roots. Issu de Charleroi, le combo s’est formé en 2013. A l’origine, il aiguisait ses cordes sur des riffs punks saturés, puis il a été touché par le maléfice de Robert Johnson. Depuis, les musicos sont hantés par les fantômes du blues et du roots.

Costards/cravates, ils sont sapés comme des traders de la Bourse de Londres. Les deux chanteurs, Quiet Ben et Simon Wray, échangent constamment leurs instruments (guitare, basse, harmonica), opérant ainsi des duels épiques, que canalise le drumming de Simon Blue King.

La setlist va nous réserver quelques extraits de l’Ep, « Those Who Inhabit This Land », gravé en 2018, de nouvelles compos et des reprises. Le début de concert est plutôt paisible, « Lair » et « The Armadillo Song » débarquant sur la pointe des pieds. Le calme avant la tempête électrique. Rythmique saccadée, cordes saturées, la tempête sonore peut commencer. Deux reprises : le « When I Was A Young Men » d’Allan Coe et le « Mannish Boy » de Muddy Waters. Il n’en manquait plus qu’une de Chuck Berry. A la fin du show, les instruments sont malmenés, jetés sur le plancher et contre les amplis. On se serait cru à la belle époque du Who.

Scène Roses : High Jinks Delegation (11h35-12h15)

High Jinks Delegation est un octuor cosmopolite, puisqu’il réunit des Américains, des Français et des Belges. En l’occurrence David Davoine (banjo, chant, trombone), Nora Helali (chant), Rebecca Samos (trompette, accordéon), Isabel Sokol-Oxman (violon), Nicolas Lebrun (harmonica, chant), Hervé De Brouwer (guitare), Jean-Luc Millot (drums, chœurs) et Simon Breux (chant, contrebassine*).

Le collectif pratique une musique inspirée par la tradition des ‘jugbands’ américains des années 30, en mêlant ragtime, blues, jazz et country. Et il va nous proposer de larges extraits de son album « One For The Road », paru en octobre 2021. Aux washboard, contrebassine trompette, clarinette et banjo se frottent la batterie, la guitare électrique et l’accordéon. Le set est vivifiant et bourré d’énergie. Ce qui incite le public à danser. 

* La contrebassine est un instrument à cordes pincées artisanal fabriqué généralement à partir d'une bassine en tôle galvanisée tenant lieu de caisse de résonance (plus récemment en plastique), d'un bâton (de la taille d'un manche à balai - ustensile généralement utilisé - tenant lieu de manche) et d'une seule et unique corde, souvent du type corde à linge (source Wikipédia).

Scène Roots : Parlor Snakes (12h15-12h55)

Place ensuite à Parlor Snakes, un duo franco-américain établi à Paris. Sur les planches, Eugénie Alquezar et Peter K sont soutenus par des musicos qui varient selon les circonstances. Ce soir, le tandem est épaulé par un bassiste et un drummer. Portée par la voix élastique et intense d’Eugenie, la musique explore les croisements lugubres entre punk, garage/pop et psyché. Dans l’esprit de son dernier elpee, paru en 2019, « Disaster Serenades ». Mais est-ce vraiment du garage, de la pop ou du punk. Peut-être un peu de tout ça à la fois, concentré au sein d’un cocktail explosif et lascif…

Scène Roses : Siena Root (12h55-13h35)

Siena Root n’est pas une formation italienne, mais suédoise, issue de Stockholm, très exactement. Fondée à la fin des 90’s, elle puise ses influences majeures dans le rock psychédélique des années 60 et 70. Le quatuor compte quand même douze elpees au compteur dont le dernier, « The Secret Of Our Time », et paru en 2020. Première constatation, en général, l’orgue domine l’expression sonore, un orgue aux sonorités denses, vintages que se réserve Zubaida Solid. C’est également elle qui se consacre au chant, parfois à la seconde sixcordes, sa voix soul/blues surprenante évoquant même parfois celle de Janis Joplin. Et le tout est dynamisé par les cordes de guitare hurlantes et la grosse section rythmique basse/batterie…

Scène Roots : The Cynics (13h35-14h15)

Encore un groupe de vétérans ! Pratiquant du rock/garage, The Cynics est issu de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Fondé en 1983, il s’est séparé en 1994, avant de se reformer en 2002. Il a souvent changé de line up, et aujourd’hui, il ne reste plus que le guitariste Gregg Kostelich comme membre originel, le chanteur Michael Kastelic ayant rejoint le band en 1985. Le quatuor est aujourd’hui complété par le drummer Pablo González ‘Pibli’ et le bassiste Angel Kaplan.

« Baby What Wrong » ouvre les hostilités. Les sonorités de gratte sont écrasantes. Michael Kastelic ne chante pas, il vocifère. Et Kostelich souffle dans son harmo. Un morceau réminiscent des prémices du punk, lorsque la désorganisation était au pouvoir. L’orgue Hammond infiltre généreusement « Way It's Gonna Be ». Les compos oscillent du punk au rock garage en passant par le rhythm’n’blues. D’abord paisible, « Get My Way » finit pas s’emballer et opère même un crochet par le psychédélisme. Le public jeune semble complètement subjugué. A tel point qu’il reste bouche bée à l’écoute de « You Got To Love » et « All These Streets ». On reprochera quand même au band de pousser un peu trop le volume sonore et puis surtout les hurlements incessants de Kastelic…

Scène Roses : Chatham County Line (13h35-14h15).

Outre-Atlantique, Chatham County Line est considéré comme une figure marquante de la scène roots. Fondé en 1999, à Raleigh, en Caroline du Nord, le band a publié 13 albums, dont le dernier, « Strange Fascination », est paru en 2020. Le trio est actuellement constitué de David Wilson au micro, de John Terer au banjo, à la mandoline et au violon, ainsi que du contrebassiste Greg Readling, parfois reconverti à la pedal steel.

Ces vieux routards s’inscrivent dans le renouveau de la scène bluegrass américaine. Et dès les premiers accords, le combo nous entraîne à travers les grandes plaines américaines. Sonorités acoustiques (mandoline, banjo, harmonia) et électriques (guitares, pedal steel) se fondent dans un bel ensemble. A l’instar de « Crop Comes In ». Parfois, on a l’impression de revivre des moments partagés autour d’un feu de camp, au cours de notre jeunesse. « Free Again » s’avère presque cajun, alors « Girl She Used To Be » bénéficie d’une intervention puissante au violon…

Scène Roots : The Italian Job (14h55-h15h40)

The Italian Job, c’est le nom d’un thriller des années 60. C’est aussi celui d’un projet éphémère, qui se produira une seule et unique fois au Roots & Roses 2022, alors qu’il était prévu déjà en 2020. Le groupe d’un soir réunit la crème des mafiosi du rock’n’roll qui militent en Belgique. On y retrouve ainsi Marcella Di Troïa (Black Mirrors) et Giacomo Panarisi (Romano Nervoso) aux vocaux, Lord Bernardo (Boogie Beasts) à l’harmonica, Jeremy Alonzi (Experimental Tropic Blues Band), qui a troqué sa guitare pour les claviers ainsi que Lucas Lepori (Romano Nervoso) et Mario Goossens (Triggerfinger, Sloper) derrière leurs fûts. Bon, Mario n’est pas vraiment italien. Mais il vu l’origine de son prénom, ça peut passer. Particularité, il y aura deux batteurs. A gauche, Mario Goossens, considéré comme le meilleur en Belgique.

Le collectif a composé un répertoire original spécialement pour la circonstance et va nous interpréter sa version de « Roots & Roses », l’hymne du festival composé par Fred Lani, en 2014.

Le set s’ouvre par « 21 St Century Boy ». Giac est aux drums. On n’entend pas assez la voix puissante de Marcella. Il y a 9 musiciens sur les planches, et ce n’est pas un exercice facile pour l’ingé-son, surtout quand se produisent des musiciens issus de différents horizons. Le temps de quelques réglages et on retrouve son timbre hanté et chamanique. En outre, elle ne tient pas en place. Tout comme l’harmoniciste. A contrario, assis derrière les ivoires, Jeremy affiche une paradoxale sérénité. La maîtrise technique de Mario à la batterie est impressionnante. Le set va osciller entre blues et rock’n’roll. Et lors de titres les plus percutants, la foule danse et même parfois pogote. Faut dire que les aficionados louviérois, liégeois et anversois ont débarqué en nombre…

Mais l’intensité atteint son point culminant sur « Mother Earth » et « May Satan Bless You ». La version du « Roots And Roses » de Fredéric Lani est attaquée sur l’avant-dernier titre de la setlist. Puis, le concert s’achève par « Let Sabath ». La foule en veut encore, mais il n’y aura pas de rappel.

Setlist : « 21 St Century Boy », « Mother Earth », « Child Hood Witch », « May Satan Bless You », « Gentle Boogeyman », « Angels Lullaby », « Roots And Roses », « Let Sabath »

Scène Roses : Equal Idiots (15h40-16h25)

Equal Idiots est un tandem réunissant Thibault Christiaensen (chant et guitare) et Pieter Bruurs (batterie). Originaire d’Hoogstraten, dans la province d’Anvers, il s’est véritablement révélé, l'automne 2016, lorsqu'il a remporté le prix du public lors du concours ‘De Nieuwe Lichting’ et atteint la finale du Humo's Rock Rally.

Le set s’ouvre par le garage/punk « Knife And Gun » et tout au long de « Hippie Men », on entend des chiens aboyer. Des bandes préenregistrées, vous vous en doutez. Le duo sulfureux reprend le « Ça Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand. Ce qui met le souk sous le chapiteau. La foule reprend même les paroles en chœur. Les deux jeunes gaillards ne manquent, en outre, pas d’humour. Rien que le patronyme de la paire, en est une parfaite démonstration. Et musicalement, il s’inscrit dans parfaitement dans la lignée de Black Keys et Black Box Revelation.

Scène Roots : The Lords Of Altamont (16h25-17h10)

Il est assez incroyable qu’après plus de dix ans de Roots & Roses, The Lords of Altamont n’ait jamais figuré à l’affiche. L’injustice est donc réparée en 2022. Le line up réunit le guitariste Dani ‘Dani Sin’ Sindaco, le bassiste Rob Zim, le drummer Barry Bonkers et bien sûr le chanteur/claviériste Jake ‘The Preacher’ Cavaliere. Cet ex-Fuzztones et ex-manager des Cramps s’est installé, depuis quelques années, derrière les claviers pour les Sonics. Originaire de Los Angeles, en Californie, le combo puise ses références majeures dans le hard rock, le psyché/rock américain et le garage. Son sixième opus, « Tune in Turn on Electricity », est paru en 2021. Il constitue l’essentiel de la setlist.  

Les sonorités d’orgue sont véritablement hypnotiques. Ce qui ne signifie pas que les riffs de guitare de Dabi Sin, les lignes de basse de Rob Zinn et la batterie serrée de Barry 'The Hatchet' van Esbroek jouent un rôle secondaire. Non, ces nuances apportent une forme de subtilité et d'originalité au son. Puissant ! Parfois un peu trop. Et des morceaux tempétueux comme « Death On The Highway », « Going Downtown » et « Cyclone » menacent et finissent par vous exploser à la figure…

Scène Roses : Sloper (17h10-17h55)

Il n’y a pas à dire, le timing est scrupuleusement respecté. Sloper, c’est le projet commun de deux batteurs d’exception qui a vu le jour en 2019. Celui de Mario Goossens (Triggerfinger), et la légende néerlandaise César Zuiderwijk (Golden Earring). Le line up est complété par le guitariste Fabio Canini et le chanteur/guitariste anglais Peter Shoulder.

Le chapiteau est plein à craquer pour assister à ce show ! Une estrade a été installée sur le podium. Mario s’y installe à gauche et César à droite. Ils sont séparés d’un énorme tambour placé en hauteur entre les deux. La grosse caisse de Mario est imposante. Assez technique, l’un des deux guitaristes déambule de gauche à droite et inversement. Il lui arrive de reproduire des solos, couché au sol. Pas de bassiste. Britannique, le second gratteur est coiffé d’une casquette en pied de poule. Les deux sixcordistes entrent régulièrement en duel, en se faisant face. César et Mario affichent de larges sourires. Détendus, ils font régulièrement le pitre et viennent même frapper sur les peaux des drums du voisin ; mais le plus génial, c’est que les deux batteurs soient capables de trouver un parfait équilibre dans leurs drummings respectifs. Les deux musiciens y expriment leur personnalité et leur jeu sans tomber dans le piège de la démonstration virtuose, qui n’est jamais loin dans ce genre de projet. C’est inévitable, Mario imite l’avion sur sa grosse caisse et incite l’auditoire à chanter et applaudir. C’était une figure de style attendue ! Un concert solide pour Sloper, dont la musique a parfois rappelé les meilleurs moments d’Eagles of Death Metal…

Scène Roots : The BellRays (18h00-19h00)

C’est la troisième fois que The BellRays se produit au Roots & Roses. Puissante, la voix de Lisa Kekaula se frotte parfois à la soul et au gospel. De temps à autre, elle se sert d’une cymbalette. Bob Vennum ne lésine pas sur les riffs énergiques. Le drumming sauvage voire tribal de Dusty Watson et les assauts de basse commis par Bernard Yin sont vraiment en phase. « Everybody Get Up » et « Perfect » remuent les tripes. « Third Time's The Charm » balance la purée. Sauf, que votre serviteur commence à avoir la dalle et qu’il est donc temps de se restaurer…

Il fait d’ailleurs l’impasse sur le set de Giant Sand

Scène Roses : The Inspector Clouzo. (20h10-21h10)

Car il faut être fit and well pour assister à la prestation The Inspector Clouzo. Un duo gascon originaire de Mont-De-Marsan. Des rockers qui cultivent du bio, élèvent des canards ainsi que des oies. La moitié de l’année est consacrée à la ferme et l’autre au rock’n’roll. Le guitariste Laurent Lacrouts et le batteur Mathieu Jourdain ont fondé ce projet en 2008. Il y a du peuple sous le chapiteau pour assister au show. La combinaison de hard rock et de funk est toujours aussi efficace. Laurent signale ne jamais préparer de setlist, toujours bien militer au sein d’un band indépendant, de s'autoproduire et de se financer à 100%. chez Virgin Angleterre. Le tandem va nous réserver, en exclusivité, des morceaux issus du futur elpee qui sortira en 2023. Après le concert, Laurent a promis de transmettre la setlist à votre serviteur, fin de semaine, car mardi il fallait planter 6 hectares de maïs… N’empêche, à l’issue d’un tel festin gascon, il y avait de quoi être rassasié.  

Il reste deux groupes à l’affiche : The Limiñanas et la formation helvète The Monsters qui clôture ce Roots & Roses. Votre serviteur a assisté à 26 concerts sur 29. C’est bien, il est fatigué et il décide de rejoindre ses pénates… Merci Fred Maréchal et Myriam Boone. A l’année prochaine, sans faute !

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

 

Roots & Roses 2022 : samedi 30 avril

Écrit par

Après deux années d’interruption, suite à la pandémie covid 19, le Roots & Roses est de retour. Et le festival se déroulera sur deux journées. Soit le 30 avril et le 1er mai. Il y a du soleil, mais le vent est glacial. Heureusement, la musique réchauffe les corps et les cœurs.

Le 30 avril a programmé l’affiche de 2020 et le 1er mai, celle de 2021. Il y a quand même quelques changements et surtout la défection de Pokey LaFarge (la guerre en Ukraine a créé une certaine confusion chez certains artistes américains) ; cependant Fred Maréchal a déniché quelques perles pour pallier à ces absences. Trois nouveaux noms sont ainsi venus rejoindre l’affiche. En l’occurrence Monsters, les BellRays et le Giant Sand de Howe Gelb. Au total, 29 groupes ou artistes étalés sur les deux jours. Une affiche ambitieuse, généreuse, riche de découvertes et d’inattendus. La programmation fait cependant la part belle aux groupes belges :  Bertrand Lani & The Mudbugs, SONS, Deadline, Equal Idiots, High Jinks Delegation et Sloper. Et bien-évidemment, le supergroupe noir-jaune-rouge, créé pour la circonstance : The Italian Job qui réunit Marcella Di Troïa (Black Mirrors), Romano Nervoso, Lord Benardo (Boogie Beasts), Jérémy Alonzi (Experimental Tropic Blues Band) et Mario Goossens (Triggerfinger, Sloper !) Le collectif a enregistré le traditionnel hymne consacré au Roots & Roses ; ce sera assurément un moment à ne pas manquer le dimanche. Nouveau : un camping est accessible aux festivaliers. Et puis on retrouve les chapiteaux, l’espace détente, les stands food locaux ainsi qu’une foire aux vinyles et albums rares, à prix démocratique.

Passons donc en revue la journée du samedi :

Scène Roots : Bertrand Lani & The Mudbugs (11h30-12h05)

Bertrand, c’est le frère cadet de Frédéric, le leader de Fred and The Healers. Il a fondé son propre band, Bertrand Lani & The Mudbugs. Si la famille a biberonné ses fils au rock, au blues et à la country, il faut croire que la guitare servait déjà de hochet. Bertrand s’intéresse davantage à l’americana. Son backing group implique Valentin Marchal-Marchant (basse, contrebasse), Jean-Philippe Jasienski (batterie), Stéphane Pigeon (sax), Philippe Eliaers (trompette) ainsi que Jérémy Frisch (claviers). Bertrand se consacre au chant et aux guitares (électriques et semi-acoustiques). A ce jour, le combo a publié deux elpees, « Small Bowl » (2016) et « It Gets Bluer In A While » (2021). Ce n’est pas la première fois que Bert ouvre le festival.

Si Bertrand se plante au centre du podium, les cuivres (saxophone basse et baryton, trompette et trombone à coulisse) s’installent à gauche.

« Black Beard And blue Mood » nous entraîne à travers les grandes plaines du Far West. Titre maître du second opus, « It Gets Bluer In A While » embraie (NDR : en studio, Fred, Bruno Castellucci et Jack O Roonie avaient participé aux sessions). Bert est particulièrement cool et assure également à la sèche, notamment en picking. Tout au long de « A Amazing Journey », la richesse de la mélodie et la justesse des arrangements servent les mots de l’artiste.

« Countryside », titre maître du dernier opus, évoque la campagne de Maredret, où Bertrand et Fred ont passé leur enfance. On épinglera encore une superbe reprise de « Tout l’Amour » de Dario Moreno ainsi que « I’m Not A Cheater » qui achève un set bien équilibré, partagé entre titres paisibles et plus rythmés, d’une musique oscillant entre country (surtout), blues et soul…

Setlist : « Black Beard And Blue Mood », « It Gets Bluer In A While », « An Amazing Journey », « Somes Faces », « Countryside », « Tout L’Amour », « Movin’ With The Times », « Ice Cold Kisses », « I’m Not A Cheater ».

Scène Roses : Trixie And The Trainwrecks (12h10-12h50)

Fondé à Londres, ce duo réunit Trinity Sarratt et Charlie Hangdog. Elle est américaine et vit à Berlin depuis l’âge de 18 printemps. Il est britannique et s’est également établi dans la capitale de l’Allemagne.

Casquette vissée sur le crâne, lunettes fumées chaussées sur le nez, Trixie chante, joue de la guitare et en même temps se consacre aux percus : un charleston, une cymbale et une grosse caisse actionnée par une pédale au pied. Mais en début de concert, l’accessoire va se détacher ; ce qui va forcer un roadie à jouer au dépanneur. Charlie se réserve l’harmonica. Il a le souffle inépuisable. Elle a une voix puissante. La setlist privilégie les morceaux issus du troisième et dernier LP, « 3 Cheers To Nothing, gravé en 2018. Sarratt exprime ses sentiments de solitude et d'éloignement sur la ballade, « No Good Town ». Lorsqu’elle s’est rendue à San Francisco pour se produire en concert, elle a eu l’impression de ne plus être qu’une étrangère, dans sa ville d’origine. Country/blues ou americana, l’expression sonore dispensée par Trixie And The Trainwrecks, au cours de ce set, est à la fois harmonieuse et rythmée, parfois même sauvage, lorsque les cordes s’enflamment. Dommage que la prestation soit aussi courte…

Scène Roots : The Black Wizards (2h55-13h35)

The Black Wizards nous vient du Portugal. Ce soir, le quatuor est réduit à un trio. Comme ils se plaisent à le colporter, ces jeunes musicos sont nés à l’heure du numérique mais se consacrent à un son analogique.  

Apre, la rythmique contraste avec la voix de la chanteuse/guitariste Joana Brito. Une voix tellement puissante qu’elle domine la section rythmique basse/batterie. Parfois, cette voix rappelle celle de Janis Joplin. Le stoner psychédélique de ce band puise manifestement ses sources dans les 60’s et les 70’s. Le volume sonore est peut-être un peu excessif, mais le concert est particulièrement au point, le power trio affichant une technique irréprochable. Ce qui n’empêche pas les compos de libérer une belle énergie et de procurer d’excellentes sensations…

Scène Roses : Moonshine Wagon (13h40 - 14h20)

Après le Portugal, cap sur l’Espagne. Ou plus exactement le pays basque.

Jean-Paul Wiseman (Classic 21), le présentateur signale que les musicos de Moonshine Wagon se produisaient la veille, à Bordeaux. Ils ont effectué le trajet en tour-bus et c’est Jack Daniels (NDLR : le musicien ou celui qui se siffle ?) qui les a tenus éveillés. Bien que se limitant à des instruments acoustiques (guitare, violon, contrebasse, percussions et banjo), le combo libère une belle énergie sur les planches. Il pratique une forme de bluegrass parfois teinté de punk. Les textes sont interprétés le plus souvent en anglais, mais également en basque. Ils vont littéralement mettre le feu dans l’auditoire. Et Jack Daniels est également de la partie, sur l’estrade. Barbus, trois d‘entre eux ont un look à la ZZ Top.

C’est la première claque du festival !

Scène Roots : Nine Pound Hammer (14h25- 15h05).

Nine Pound Hammer est issu de Lexington, dans le Kentucky. A sa tête, le chanteur Scott Luallen et le guitariste Blaine Cartwright, par ailleurs leader de Nashville Pussy, déjà vu au Zik-Zak d’Ittre. Son mélange huileux voire graisseux de blues, cow punk, hard et southern rock dépote et nettoie les portugaises, nonobstant un souci de préserver le sens mélodique…   

Scène Roses : Jesse Dayton (15h10-15h50)

Né à Beaumont, mais établi à Austin, Jesse Dayton est un pur texan au parcours de vie incroyable. Il mène désormais une carrière solo indépendante, après avoir collaboré avec quelques-uns des plus grands noms de la scène américaine : de Willie Nelson à Townes Van Zandt en passant par Johnny Cash, Supersuckers et Social Distortion. Ce dernier a également collaboré avec le réalisateur de films d'horreur Rob Zombie pour composer quelques musiques de films. Ce sont toutes ses expériences qu’il répercute sur son dernier elpee, « Beaumonster ».

Jesse grimpe sur les planches, accompagné par une section rythmique classique basse/batterie. Entre bluegrass, country, americana et hillbilly, la musique proposée est harmonieuse, paisible et entraînante. Dayton rend de nombreux hommages à Johnny Cash. Et il est même capable de moduler sa voix qui ressemble alors étrangement à celle du Man In Black. En outre, il manifeste beaucoup d’interactivité. Ce qui colle parfaitement au style de ce power trio.

Scène Roots : The Morlocks (15h55-16h35)

Malgré 20 années de carrière The Morlocks n’a gravé que trois albums, à ce jour. Faut dire que fondé en 1984, le groupe s’est séparé en 1987 avant de se reformer en 2011. Originaire de San Diego, en Californie, il est responsable d’un garage/rock teinté de rock’n’roll et de punk.

Devenu une véritable institution dans le style, il libère une sauvagerie et une énergie qui évoquent tour à tour, Ramones, Jim Jones Revue, les Stooges et même les Stones. Faut dire que le quintet implique des ex-membres de groupes cultes comme Fuzztones, Cheeks, Link Wray ou encore Sonny Vincent.

Le band est toujours mené de main de maître par son charismatique chanteur à la voix écorchée, Leighton Koizumi. Riffs de guitares acérés, chargés de fuzz, drumming tribal, The Morlocks célèbre un retour aux sources de l’underground garage bien sale des années 60…

Scène Roses : GA-20 (16h40-17h20)

GA-20 est une formation issue de Boston dans le Massachussetts. Son patronyme n’est autre que le nom de l’amplificateur de guitare fabriqué par Gibson de 1950 à 1961.

C’est Matthew Stubbs qui a fondé le groupe, en 2018. Il a aussi accompagné Charlie Musselwhite (le binôme parfait de Ben Harper), à la guitare.

Le band pratique principalement du ‘chicago blues’. Pas de bassiste, mais deux guitaristes qui se servent de grattes issues des années 60 à 70 et de pédales de distorsion, communiquant à l’expression sonore des accents psychédéliques (NDR : une empreinte qui s’explique, puisque Matthew, barbu et la chevelure bouclée, est également le leader d’un combo psyché répondant au nom de The Antiguas).

Belle découverte !

Scène Roots : Sons (17h25- 18h10).

Sons est la première formation belge à se produire, dans le cadre de cette édition 2022 du Roots & Roses. Un quatuor anversois impliquant le guitariste/chanteur Robin Borghgraef, le bassiste Jens De Ruyte, son frère Arno à la seconde six cordes et le drummer Thomas Pultyn. Le magazine américain Rolling Stone n’en dit que du bien. Il a fait un tabac, au Trix d’Anvers, il y a quelques jours.

Il vient de publier son second long playing « Sweet Boy ». Et la setlist va privilégier les titres de cet LP.

Ces petits jeunes ont de l’énergie à revendre et dispensent un punk/rock/garage brut de décoffrage.

« Succeed » ouvre les hostilités. Les riffs de guitares sont lourds et particulièrement graisseux. Le band embraie par « LOVE », un morceau percutant et efficace de deux minutes qui raconte l’histoire d’une personne assassinée par un groupe d’homophobes. Et le reste du set va se révéler aussi saignant, démontrant que Sons est vraiment taillé pour le live….

Scène Roses : Jake La Botz (18h15- 19h00)

Jake La Botz est un habitué du festival, où il est apparu régulièrement, depuis 2004, en solo ou au sein de diverses formations. C’est un peu le chouchou du public lessinois. Jake mène une double carrière. Celle de musicien, d’abord. Puis d’acteur de cinéma. Il a ainsi été révélé par Steve Buscemi. Son dernier album, « They're Coming For Me », remonte à 2019.

Avant de véritablement lancer sa carrière musicale, il a joué dans la rue, les bars, les salons de tatouage, et même dans les églises, à Chicago. C’était au cours des 80’s. Et ce vécu se ressent dans sa musique. Il puise ses sources d’inspiration chez David ‘Honey Boy’ Edwards, l’ancien compagnon de route de Robert Johnson, mais également Homesick James et Maxwell Street Jimmy Davis. Que de belles références ! Enfin, sa musique oscille entre blues, delta blues et americana.

Le concert s’ouvre par le marécageux « Nickels and Dimes ». Puissante et claire, sa voix évoque celle de Fred Lani. Entraînant, « Shaken & Taken » baigne dans la country. Il n’en oublie pas son dernier single, « First McDonell's on the Moon » …

Scènes Roots : The Godfathers (19h05-20h05)

C’est au tour d’un des plus dignes représentants du pub rock anglais, encore en activité, de monter sur l’estrade. La naissance de The Godfathers remonte quand même à 1985. La formation est surtout connue pour son hit planétaire, « Birth, School, Work, Death » sorti en 1988. Et c’est la seconde fois qu’elle se produit au Roots & Roses.

Outre le chanteur Peter Coyne, le line up implique les guitaristes Steve Crittal et Alex McBain, le bassiste Darren Bitch et le drummer Tim James.

Peter Coyne affiche toujours la même rage matinée de classe british. Le combo nous propose un étonnant « Johnny Cash Blues », rendant ainsi un second hommage au maître de la country, ce samedi. « Unreal World » véhicule des accents funky. La setlist nous réserve « Lay That Money Down », un extrait du futur album qui s’intitulera « Alpha, Beta, Gamma, Delta ». « One Good Reason » constitue une petite perle pop énervée. Les chœurs montent en crescendo tout au long de « She Gives Me Love ». The Godfathers s’est montré convainquant tout au long du show grâce à une présence effective et un jeu de guitare tranchant comme un fil de rasoir. Une prestation qui s’est clôturée par l’inévitable « « Birth, School, Work, Death » …

Scène Roses : Flamin’ Groovies (20h10-21h10)

Les Flamin’ Groovies, c’est une autre légende du rock. Le groupe s’est formé en 1965, à San Francisco, par Ron Greco, Roy Loney et Cyril Jordan. Du line up originel, il ne reste plus que ce dernier. A l’origine, le band ramait à contre-courant du mouvement flower power célébré, alors, sur la West Coast, en proposant un rock’n’roll/blues survolté et hargneux.

Si en ‘live’ « Tore Me Down » et « Way Over My Head » se révèlent toujours aussi sauvages et incisifs, les titres les plus rock comme « Yes, It's True », « First Plain Home » et l'incontournable « Teenage Head » sonnent finalement très actuels, et pourraient facilement figurer au répertoire de bon nombre de bands qui ne jurent que par les sixties…

Scène Roots : The King Khan & BBQ Show (21h15-22h15)

King était annoncé comme le roi du Roots & Roses. Accompagné de son comparse Mark ‘BBQ’ Sultan, il devait repousser, au sein de sa troupe, les limites du blues doo-wop avant de les faire voler en éclats à coup de garage rock débridé. Il débarque sur le podium, en calbutte, torse nu et revêtu d’une cape noire. Il n’a vraiment pas l’air dans son état normal. Il est tellement défoncé qu’au cours de sa prestation, il part gerber du côté droit de la scène. On attendait que The King Khan & BBQ Show consacrel’apothéose du garage rock et de la soul psychédélique. On a eu droit à une vulgaire pantomime. Si bien que votre serviteur est allé voir ailleurs, si la nourriture était plus ragoûtante. Ce qui était, heureusement, le cas…

Scène Roses : The Black Lips (22h20 – 23h30)

The Black Lips clôture donc cette longue journée. Issue d’Atlanta, en Georgie, cette formation a connu, depuis sa naissance, de nombreux changements de musiciens. Si bien que du line up originel, il ne demeure plus que le chanteur/guitariste Cole Alexander et le bassiste Jared Swilley. Le duo est soutenu par le drummer Oakley Munson, le second sixcordiste Jeff Clarke et la saxophoniste Zumi Rosow, une véritable icône de la scène underground à Los Angeles qui s’est imposée dans l’univers de la mode, devenant l’ultime muse de Gucci.

Le rock garage de The Black Lips est interprété avec un maximum de dérision et sous une forme nihiliste, afin de pouvoir déboucher sur un grand moment festif et heureux. Le combo est venu nous présenter de larges extraits du nouvel album, « Sing In A World That's Faling Apart », dont le single « Odelia » constitue un futur hit en puissance. S’il est réputé pour ses shows provocateurs, cette outrance déborde d'énergie positive. Après « Sea Of Blasphemy », « Holding Me Holding You », « Gentleman » et « Dirty Hands », le public est sur les rotules. Bref une belle clôture pour ce premier jour de festival un peu frisquet. The Black Lips a démontré que le rock n’est pas mort, qu’il peut toujours être subversif et synonyme de contre-culture…

A demain !

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

 

 

 

Mad Dog Loose

Décès de Kurt Van Peteghem : c’est l’hécatombe chez Mad Dog Loose

Écrit par

Kurt Van Peteghem, le guitariste de Mad Dog Loose, et décédé, dix jours après Alain Allaeys.

Kurt était le guitariste de Mad Dog Loose. Il a participé aux divers EPs et au seul album du groupe en quatuor, « Material Sunset », paru en 1996. Il n'avait ensuite pas souhaité participer à la reformation en 2015.

Après le split de Mad Dog Loose en 1997, Kurt avait fondé Plastic Fish Factory (en compagnie de Kristel Eggers, Bart Westerduin et Luc Waegeman) et sorti un album intitulé « Get Out ». Ensuite il a monté Sticky Monster en 2003 en compagnie de Lode Sileghem, Ludo Huyge et Marnix Calsyn. Vers 2010, Kurt avait rejoint le groupe garage gantois The Mudgang auprès de Luc Van den Berghe, Jo De Bondt et Kurt De Waele.

Kurt a succombé à une hémorragie cérébrale, probablement le mardi 3 mai chez lui à Gand. Un voisin a découvert son corps sans vie. Kurt avait 56 ans.

Tom Barman, qui programmait des concerts sous le cinéma Cartoons à Anvers, avait ajouté sur l’affiche annonçant Mad Dog Loose ‘beetje Beatles, beetje Velvet, beetje fantastisch!’

RIP

Fletcher

Sexy et juvénile…

Écrit par

La grande salle de l’Ancienne Belgique est en mode Ballroom, c’est-à-dire que les balcons et les places assises ont été condamnées. Le concert est complet depuis belle lurette. La queue débute à l’entrée de l’AB, s’étend tout le long de la rue des Pierres et atteint l’entrée de ‘Music village’. Jamais vu une telle file d’attente ! La majorité du public est composé de jeunes adolescentes dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les 17 printemps. Votre serviteur se sent un peu perdu au milieu de ces grandes ados…

Depuis la sortie de « Undrunk », Cari Elise Fletcher (28 ans), aka Fletcher, a le vent en poupe. Ce single remonte à janvier 2019. Depuis, l’artiste a gravé deux Eps et une volée de singles. Elle devrait bientôt publier son premier elpee.

Le supporting act est assuré par Taylor Cameron Upsahl, aka Upsahl. Née le 28 novembre 1998, cette auteure/compositrice/interprète et multi-instrumentiste américaine est issue de Phoenix, dans l’Arizona. A son actif, un album studio, un live, deux Eps et une volée de singles.

Vêtue d’un body et de bas noirs, elle alterne, guitare, basse et ivoires. Elle est soutenue par un sixcordiste et un drummer.  

Puissantes, les interventions d’Upsahl à la guitare évoluent à la limite du métal. Très interactive, elle affiche une présence scénique dynamique qui fascine l’auditoire. Tout au long de « Drugs », « Lunatic » et « Lady Jesus », elle parvient à faire chanter et danser la foule. Faut dire que ses refrains sont accrocheurs. On est sans doute en présence d’une future star. Enfin, c’est un avis qui n’engage que votre serviteur…

Fletcher débarque sur le podium vêtue d’un bermuda et d’une veste à franges aux épaulettes d’officier de l’armée. Elle est soutenue par un drummer et deux guitaristes, dont une de sexe féminin, très complice avec Fletcher.

Agressif, le light show se focalise aussi bien sur les musicos que sur la foule.

Fletcher réinvente « I Kissed A Girl » de Katy Perry, en utilisant quelques paroles de la version originale afin de raconter sa propre histoire lorsqu’elle est passée à l'âge adulte. Les paroles sont significatives de l’esprit de la chanson : ‘J'ai embrassé une fille et je l'ai aimée. Je l'ai sirotée comme une démodée’. La pop star du New Jersey l’interprète sur le refrain du hit décroché par la Californienne, en 2008, au cours duquel elle racontait : ‘J'ai embrassé une fille et elle a aimé ça. C'est mieux que ce que j'imaginais’.

Après ce morceau dansant, elle nous réserve le plus paisible « Forever », un morceau dont les lignes de guitares particulièrement souples canalisent sa voix qui fluctue constamment.

Elle n’oublie pas « Cherry », enregistré en compagnie de l’icône lesbienne Hayley Kiyoko. Et exécute son dernier Ep, « The s(ex) tapes », dans son intégralité. Manifestement, Fletcher est également devenue une sorte de symbole lesbien au sein de la communauté LGBTQ (NDR : dans la salle, il y avait pas mal de couples féminins). Sa version du « Happier Than Ever » de Billie Eilish est particulièrement entraînante.

Le show va traverser quelques moments cocasses ; notamment, lorsque des sous-vêtements féminins atterrissent sur la scène, mais munis de leur étiquette et du prix. Fletcher a de quoi s’habiller pour l’hiver prochain. Et puis, lorsqu’elle a failli perdre son bermuda. Ce qui a déclenché l’hilarité dans la fosse, la forçant à aller se réajuster en coulisses. De retour sur l’estrade, elle entame alors une danse sensuelle avec sa guitariste.

Un peu de funk ou d’électro plus tard, elle n’oublie pas son tube « Undrunck ». Au sein des premiers rangs, les aficionados connaissent les paroles et les reprennent en chœur. Moment choisi par les spectateurs pour allumer leurs smartphones afin de parsemer l’auditoire d’étoiles. Pendant « If I Hated You », Fletcher s’allonge puis lève sensuellement les jambes en chantant « Sex (With My Ex) », une compo au cours de laquelle elle raconte avoir mal vécu une rupture amoureuse difficile. Très interactive, au cours du show, Fletcher prend plusieurs bains de foule, mais près du front de scène. Et le concert de s’achever par le très rock « Bitter », une nouvelle chanson.

Au cours du rappel, elle interprète « For cari », un inédit qu’elle déclare avoir écrit à un moment particulièrement déprimant de sa vie…

Setlist : « Girls Girls Girls », « Forever », « Cherry », « If You're Gonna Lie », « All Love », « Undrunk », « If You're Gonna Lie », « Fuck You for Ruining New York City for Me, Happier Than Ever » (cover Billie Eilish), « Silence », « If I Hated You », « Feel », « Sex (With My Ex) », « The One », « Shh...Don't Say It », « Bitter ».

Rappel : « For Cari », « Healing ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2022 : lundi 2 mai

Écrit par

Another night in with Tindersticks…

Tindersticks célèbre les 30 ans de la sortie de son premier album (NDR : un éponyme), mais également celle d’un ‘best of’ (en mars dernier). Et quoi de mieux que les Nuits du Bota (et la classieuse salle Henry le Bœuf du Bozar) pour fêter cet événement, lors de sa tournée programmée dans des auditoires prestigieux. On se souvient, entre autres, de leur passage aux mêmes Nuits, en 2001, pour un quadruple concert, bénéficiant alors du concours de différents guests et ensembles musicaux.

Et ce soir, l’affiche nous promet fièrement, et à nouveau, la présence d’invités et d’un orchestre. Le concert est bien entendu sold out. Les portes se ferment sur le coup de 20h15, et les trois membres originaux du groupe s’emparent du front de scène, soit David Boulter, Neil Fraser et bien sûr Stuart Staples (moustache et grand chapeau vissé toute la soirée sur la tête). Ils sont suivis par Dan McKinna (NDR : il milite au sein du line up depuis 2007) qui alternera la basse et les claviers, durant toute la soirée.

La set list débute déjà par une surprise, en l’occurrence le délicat « Willow », issu du dernier opus solo de Stuart. Le batteur Earl Harvin (dernier arrivé dans le band, en 2010), rejoint discrètement le reste de la troupe, dans un début de concert toujours empreint de sérénité. Un violoncelliste intervient en fin de parcours pour « She’s gone », avant que l’orchestre annoncé, une douzaine de musiciens d’un ensemble à cordes, s’installe sur le côté droit du podium. Ce qui va communiquer une toute autre dimension au spectacle ! Véhiculant des accents empruntés à Calexico, le très rythmé « Her » réveille soudainement la foule. Et déclenche une première salve d’ovations.

Mais le point d’orgue de la soirée est atteint lors du mélancolique « Another night in », transcendé par les violonistes qui vous flanquent des frissons à chaque accord. Pas de temps mort, puisque « City sickness » embraie, un moment savouré, car ce titre figure rarement dans la set list de Tindersticks.

La tension retombe quelque peu pendant « How he entered » et la cover de Peggy Lee, « Johnny Guitar ».

Pendant ce temps on se demande également quand les guests annoncés vont donc débarquer ? Première réponse : lors du « Travelling light », en compagnie de Gina Foster.

Petite parenthèse et souvenir : l’une des rares fois où le duo original s’était produit sur les planches, pour interpréter ce titre, c’était dans le cadre du Cactus festival, à Bruges, en juillet 2000. En effet comme les Walkabouts étaient à l’affiche, Carla Togerson avait rejoint Stuart sur le podium et les deux artistes avaient dû s’aider d’aide-mémoires, avouant n’avoir jamais pu interpréter cette chanson ensemble, en live, auparavant.

Après ce deuxième pallier, orchestre et backing vocal renforcés, le show ne baissera plus d’intensité. Tout comme l’enthousiasme du public. Lors du dernier titre, « For the beauty », feutrée, l’instrumentation (principalement les claviers) laisse toute la place à l’amplitude vocale de Stuart, que l’on constate intacte malgré le poids des années.

Après déjà près de 2 heures de prestation, le public se demande s’il aura encore droit à un rappel, qu’il réclame ardemment. Il sera gâté par pas moins de quatre titres supplémentaires. Proposé sous une version longue, « My sister » bénéficie du concours d’un trompettiste qui y ajoute un crescendo. Sur « Tiny tears », l’orchestration, ici mélancolique et douce, tranche avec les tons graves poussés par la voix de fossoyeur baryton du leader. Un titre qui résume à lui seul une des grandes caractéristiques de la formation.

Et en final, après de longs remerciements, le leader entame un « For those… » qui sonne comme un au revoir, soutenu par Dan McKinna en backing vocal.

Une prestation de haut vol, sonnant comme un ‘best of’, qui cadre donc bien avec la compilation sortie en mars, « Past Imperfect : The Best Of Tindersticks '92-’21 ». A (re)découvrir d’urgence, pour parcourir la riche et longue carrière du band de Nottingham…

Setlist : ‘Willow”, “A Night So Still”, “Medicine“, “She's Gone“, “Sleepy Song“, “Her“, “Another Night In“, “City Sickness“, “How He Entered“, “Trees Fall“, “Pinky in the Daylight“, “Both sides of the blade“, “Johnny Guitar (cover de Peggy Lee)“, “Travelling Light“, “My Oblivion“, “Show Me Everything“, “This Fire of Autumn“, “For the Beauty“

Encore : ”My Sister“, “Harmony Around My Table“, “Tiny Tears”, “For those…”

(Organisation : Les Nuits Botanique)

Tindersticks

Voir aussi notre section photos ici

Selah Sue

La transfiguration de Selah Sue…

Écrit par

Ce soir Selah Sue est de retour pour présenter son troisième elpee, « Persona », paru le 25 mars 2022. Il aura fallu attendre 7 longues années entre « Reason » et ce nouvel opus. Entretemps, elle a gravé un Ep 5 titres (« Bedroom » en 2020) et surtout donné naissance à deux fils. Ce concert a été programmé dans le cadre d’une tournée mondiale, entamée depuis début janvier. 

Mot latin, « Persona » possède plusieurs définitions. L’une d’entre signifie ‘les différents masques que l’on porte sur scène’. Aujourd’hui, il évoque l’image publique et les facettes multiples et parfois paradoxales qui constituent chacun d’entre nous. Pour cet LP, Selah Sue n’a pas choisi ce titre au hasard. En passant en revue certaines personnalités qu’elle a incarnées au cours de son existence (l’amoureuse, l’hédoniste, l’angoissée…), la Louvaniste explore son propre moi à travers des morceaux sincères et lumineux, après plusieurs années de pause.

C’est Pomrad, le projet d’Adriaan Van De Velde, qui assure les supporting act. Anversois, il pratique une forme d’électro/hip hop mâtiné de funk, de trip hop et de drum&bass. A son actif, une volée de singles, Eps et deux albums.

Seul sur les planches, il est entouré de trois synthétiseurs installés en triangle afin de lui permettre de se dandiner au milieu de ses instruments. Et derrière son micro, il incite la foule à danser et applaudir. Toutes les sonorités, y compris les cuivres (trompette, bugle et saxophone) sont samplées et reproduites par les synthés. Une prestation qui a permis de faire monter la température dans la fosse avant l’arrivée de la tête d’affiche…

Vêtue d’un ensemble plutôt large et à franges, de couleur jaune, Selah Sue monte sur le podium. Elle est suivie par son claviériste (NDR : Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon) ainsi que deux nouveaux musicos, un drummer et un guitariste/claviériste. Une estrade basse est destinée aux musiciens, de manière à laisser tout la place à Selah sur la scène. Les trois choristes sont plantées l’une à côté de l’autre, à l’extrême gauche.

Le set s’ouvre par « Kingdom », un morceau qui tire quand même en longueur.  Selah est bien moins statique que dans le passé. Elle déambule constamment sur les planches, de long en large. Un va-et-vient qu’elle va accomplir pendant les 90 minutes du spectacle.

Chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée et fragile, la voix si caractéristique de Selah Sue est à la fois gorgée de soul chaleureuse et traversée de fêlures blues.

Le rappeur Tobi débarque sur le podium pour partager le chant avec Selah sur « Hurray », une compo agrégeant judicieusement soul rap. Mais pas de Damso ce soir pour interpréter le single « Wanted You To Know ».

Au sein des choristes, la voix grave et puissante de Rika supplante parfois celle des deux autres.

Très interactive face au public, Selah signale est heureuse de reprendre la scène après 7 ans. Selah a réussi à chasser tous ses démons et n’est plus addict aux antidépresseurs, c’est une nouvelle femme transformée, bien dans sa peau, qui se produit devant nous.

Fusion de blues et de gospel, la ballade « All The Way Down » est parcourue d’un long solo de guitare ; moment choisi par Selah pour changer de fringues (NDR : elle va les troquer à trois reprises), et opter pour un pantalon et un tee-shirt de couleur rouge incandescent.

C’est Zwangere Guy vient enflammer la salle de son rap démoniaque pendant « Celebrate ».

Elle rend hommage à Arno en reprenant son incontournable « Putain, Putain ».

Bercé de tonalités jazzyfiantes, à la limite du lounge, le single « Pils » baigne dans une ambiance feutrée. D’abord funky, « Alone » vire à la pop puissante et sauvage. Avant d’attaquer « You », Selah déclare avoir composé cette chanson pour ses fils.

Selah n’a pas renié le reggae et le ragga de ses débuts en nous réservant « Peace Of Mind », « Raggamufin » et en clôture du show « This World », morceau qui nous entraîne jusque Kingston.

Sur les 11 titres de la setlist, une majorité était issue du dernier long playing, « Persona ». Nous avons retrouvé une Selah Sue transformée et épanouie. Espérons que ses démons ne reviennent pas la hanter. Une belle soirée au cours de laquelle les spectateurs sont repartis plein de petites étoiles dans les yeux…

Setlist : « Kingdom », « Hurray », « Karma », « Wanted You To Know », « Free Fall », « Peace Of Mind », « Raggamufin », « All The Way Down », « Celebrate », « Putain, Putain », « Pils », « Alone », « You », « This World ».

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Mélanie Isaac

Surface

Écrit par

Voix fiévreuse, sens inné de la mélodie, Mélanie Isaac nous invite à plonger sous la “Surface”. Ce nouvel album découpé en neuf pistes voyage subtilement entre variété française et pop indé, tel un long baiser de Barbara à Dominique A sous les yeux de Sanson. Suite d’une escale à Astafort et d’une rencontre parisienne avec Antoine Graugnard, ce disque produit et arrangé en compagnie de Julien Lebart dans un studio de Rivesaltes, mixé et masterisé à Bruxelles par Erwin Autrique, nous plante dans un décor aux sonorités tant organiques qu’atmosphériques, fixant comme point de mire cet horizon intemporel.

Posant ses valises à Bruxelles dès 2012, elle remporte la ‘Biennale de la Chanson Française’ (parcours FrancoFaune de l’époque) mais aussi le premier prix ‘Franc’OFF’ aux Francofolies de Spa en 2019, après la sortie de son Ep “L’inachevée”, enregistré à distance entre Manchester et Gand. Elle foule les scènes avec puissance, délicatesse et la promesse de toujours y proposer, en groupe ou en solo, des interprétations uniques de son répertoire. On la retrouve, entre autres, en première partie de Jean-Louis Murat ou de Dani...

Dès ce printemps 2022, c’est seule sur les planches, équipée de sa Gibson firebird et de son piano, que Mélanie Isaac fait vivre son album.

Mélanie Isaac écrit de beaux textes, poétiques, soutenus par une musique de qualité. Et cela fait un bien fou.

Elle est décrite comme le nouveau coup de cœur des médias francophones publics belges. Le nôtre aussi.

Son magnifique single « Paradis Nord » chroniqué précédemment sur Musiczine (à lire ou relire ici)

ouvre ce nouvel opus.

« Surface », qui donne le nom à l’album, embraie. Très belle chanson, touchante, qui décrit la dure réalité parfois subie par le monde extérieur. Par extension, on comprend ce que Mélanie a dû traverser en tant qu’artiste pour arriver là où elle est aujourd’hui. Elle a tenu bon pour son bonheur et le nôtre.

« T’aimer plus fort » commence par cette géniale accroche au piano et à la batterie. Un message un peu flou que l’on devine bienveillant à propos d’une rupture mêlée à l’espérance que la relation continue.

« Rouge Indigo » ? Quel texte ! Baignant au sein d’un climat éthéré, cette compo permet de voyager d’îles en îles, de rivages en rivages ensoleillés. Un instant, un tableau, suspendu de plénitude avant l’orage annoncé.

Pour terminer, « Ne la regarde pas dans les yeux » célèbre une très belle alliance entre batterie, piano et une formidable ligne de basse. Un titre invitant à l’amour véritable, au-delà de la surface. La boucle est bouclée.

En concert

9 Juin - Saint-André-lez-Lille, FR - Le Zeppelin

23 Juillet - Spa, BE - Les Francofolies

Méthode chanson

Quickly Quickly

Quickly Quickly

Écrit par

Quickly, Quickly, c’est le projet de l’américain Graham Jonson dont l’ambition, depuis sa base arrière à Portland, est de transformer sa pop de chambre en un monde psychédélique complexe ! Inspiré par J Dilla, The Pharcyde et Burial, sur un premier album au titre mystérieux (« The Long & Short of It »), il développe des harmonies bien au-dessus de la moyenne. Plus question de parler de ‘bedroom pop’ tant l’ampleur de ses mélodies, pas si lo-fi que ça, fait mouche. Courrez, ‘vite vite’, découvrir Quickly Quickly !

Flock of Dimes

Head of Roses

Écrit par

Jennifer Lynn Wasner est à la tête de deux projets (un troisième baptisé Dungeonesse, auquel participait John Ehrens, semble abandonné, pour l’instant). Tout d’abord, son principal, Wye Oak, en compagnie d’Andy Stack, dont le dernier elpee remonte déjà à trois ans. Puis un solo, qu’elle a réactivé, au cours de la pandémie et pour lequel elle est choisi comme patronyme, Flock of Dimes, dont le premier opus, « If You See Me, Say Yes » remonte à 2016.  

« If You See Me, Say Yes » constitue son second et il est paru chez Sub Pop.

Lors des sessions, l’Américaine a reçu le concours de toute une belle brochette d’invités dont Matt McCaughan derrière les fûts (notamment auprès de Bon Iver), Nick Sanborn à la production et aux synthés (moitié de Sylvian Esso) et encore Meg Duffy à la guitare (il milite au sein du band de Kevin Morby mais également chez Hands Habbit). Parcimonieuses, les orchestrations sont particulièrement léchées. La voix et le lyrisme de l’artiste font le reste.

Si « Head of Roses » fait la part belle aux guitares, on y rencontre également des éléments synthétiques, mais savamment dosés. L’œuvre alterne les climats malgré le ton ténébreux et des compos aux accents pop clairement définis. Ainsi, « Price of Blue » s’avère dense et entraînant tandis que « Walking » et « Lightning » se révèlent davantage minimalistes et introspectifs. On épinglera également le cotonneux « No Question », traversé par une magnifique intervention jazzy au saxophone ou encore le plus folk « Awake for the Sunrise ». 

Un album intimiste au cours duquel la songwritrice parvient à nous émouvoir…

Page 4 sur 1292